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dimanche, 08 avril 2012

My Week with Marilyn

   Le paradoxe de ce film est qu'il est à la fois consacré à un mythe (l'actrice qui incarna jadis le summum de l'érotisme féminin) et à une femme fragile. Il nous présente le côté cour et le côté jardin.

   Il associe des acteurs britanniques et américains. Parmi les premiers se distinguent Kenneth Branagh (en Laurence Olivier), Judi Dench et Emma Watson... oui, Hermione dans Harry Potter ! Côté américain, Michelle Williams fait une prestation remarquable... qui n'est pas due qu'à sa plastique (fort appétissante). On a déjà pu admirer son talent dans La Dernière Piste. Elle est ici d'une troublante ressemblance avec M. Monroe... peut-être plus jolie encore, même si elle ne "dégage" pas autant que son modèle.

   Lorsque M. Williams joue l'actrice, elle est à mon avis moins convaincante que lorsqu'elle interprète la femme, dans le "civil". Je fais partie de ceux qui ont vu les films de Marilyn et, un peu comme certaines personnes face au Coluche interprété par François-Xavier Demaison, si je note la performance d'acteur, je reste gêné par rapport au personnage d'origine.

   Deux séquences m'ont particulièrement marqué. La première voit la vedette passer l'après-midi en compagnie du narrateur de l'histoire, l'homme à tout faire du réalisateur. La seconde montre les deux tourtereaux fuyant la pesanteur des lieux de tournage, pour une journée champêtre, un brin érotique. Michelle Williams excelle ici à faire revivre la jeune femme éprise de fantaisie et de douceur.

   Le tour de force du réalisateur est d'avoir tourné un film qui peut intéresser aussi bien les admirateurs que les non admirateurs de Marilyn Monroe. Les premiers y retrouveront sa fraîcheur, sa spontanéité, sa faiblesse, plus ou moins simulée. Les seconds y verront la confirmation qu'elle n'était pas une grande actrice, juste une fille superbe, qui prenait bien la lumière et qu'on a utilisée comme une vivante "machine à cash".

15:13 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film

samedi, 07 avril 2012

2 days in New York

   4 ans et demi après le drôlissime 2 days in Paris, Julie Delpy revient, sans Adam Goldberg, avec un nouveau petit copain, Chris Rock... et une famille toujours aussi frappadingue.

   La situation familiale a toutefois quelque peu changé. Un jeu de marionnettes-chaussettes est chargé de nous l'expliquer, au début. Nous sommes à la place de l'enfant auquel maman raconte le passé récent. (On retrouve ce petit jeu à la fin, pour nous relater les dernières évolutions.)

   On retrouve donc papa Delpy, qui n'a pas changé. Il est peut-être un peu moins excessif que dans le premier film, ce dont on ne se plaindra pas. La sœur est aussi de retour. Elle est toujours aussi pétasse, jalouse de son aînée, allumeuse voire nymphomane. Elle amène avec elle un horrible blaireau, sorte de beauf de gauche, crétin et suffisant. (Alexia Landeau et Alexandre Nahon rendent vraisemblables ces personnages hautement inintéressants.)

   Julie Delpy ne se donne pas forcément le beau rôle, comme dans le premier volet. Elle a pris quelques kilos et ne fait pas preuve d'une grande recherche dans son habillement. (Elle prend néanmoins soin de préciser qu'elle n'est pas sans atouts, entre sa jolie poitrine et sa maîtrise de la caresse bucco-génitale...) Ceci dit, cette fois-ci, ce n'est pas autour de ses ex que tourne le débat, mais du comportement de la troupe familiale, certes attachante, mais franchement envahissante, voire sans-gêne.

   Cela nous donne une kyrielle de moments savoureux, entre les quiproquos linguistiques, les a priori culturels respectifs et les coups du sort qui semblent s'accumuler. (La meilleure trouvaille scénaristique est sans doute le mensonge autour de la maladie de l'héroïne, de son invention -à cause d'une scène d'ascenseur- à l'inattendu dénouement autour de ses photographies !)

   J'ai toutefois trouvé cela un peu moins drôle que 2 days in Paris. La première raison est que le couple formé par la frangine et son copain est vraiment insupportable. J'ai d'ailleurs été ravi de voir partir le type un peu après la moitié du film. Il a aussi manqué un fil rouge narratif. Le film accumule les saynètes comiques, mais le liant n'est pas assez développé.

   Ces moments foufous méritent quand même à eux seuls que l'on se déplace. Je pense notamment à cette séquence au cours de laquelle il est question de la bite du garçon. Le grand-père se voit débordé par le débat virulent qui oppose ses deux filles, les deux "chiffonnières", comme il les a appelées dans le repas.

   P.S.

   Il n'est pas impossible que Julie Delpy ait aussi cherché à faire passer quelques messages à ses amis Frenchies. Dans ce film, nos compatriotes passent vraiment pour des gens à la ramasse, nombrilistes et arrogants. Dans le milieu "bobo" que fréquente Delpy des deux côtés de l'Atlantique, les Américains semblent être partis de plus loin, mais il ont peut-être plus progressé...

23:51 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

jeudi, 05 avril 2012

Les Pirates, bons à rien, mauvais en tout

   La "patte" des studios Aardman (créateurs de Wallace et Gromit et Chicken run, entre autres) se retrouve dans cette animation qui mélange pâte à modeler et images de synthèse.

   Les héros forment une bande de pirates d'opérette, qui amasse bien peu de butin et qui, quand elle réussit à prendre le contrôle d'un navire, s'aperçoit qu'il s'agit, au choix, d'un bateau de lépreux, d'un vaisseau fantôme ou d'un navire-école !

   Le capitaine est fait du même bois. C'est une sorte de Matamore gentil, à la barbe fleurie. Il est secondé par un lieutenant qui tient la baraque. Le reste de l'équipage n'est pas aussi réussi. Signalons toutefois une femme à barbe... et un dodo, qui va se retrouver au cœur de l'intrigue.

   Le patron de cette fine équipe voudrait enfin remporter le titre de "pirate de l'année", statuette à la clé (il s'agit bien entendu d'une allusion aux Oscars, le film étant lui-même une gigantesque métaphore du monde du cinéma). Sur son chemin, il croise Charles Darwin... et finit par rencontrer la reine Victoria, qu'on croirait tout droit sortie d'Alice au pays des merveilles.

   C'est vivant et truculent, plein de clins d’œil, de détails qui font sourire, voire rire. Les "grands" peuvent s'amuser à relever les invraisemblances et les anachronismes. Les petits rient aux ridicules du Capitaine Pirate, apprécient les rebondissements. Ceux qui sont un peu plus âgés peuvent goûter toute la saveur des cartons du domestique-singe muet (qui ressemble curieusement à celui que l'on voit dans Un Monstre à Paris...).

   C'est bien fichu, enlevé, pas vulgaire. On passe un bon moment, sans plus. Mais c'est déjà ça !

00:09 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

lundi, 02 avril 2012

L'Hiver dernier

   La titre sous-entend que le film est construit sur un retour en arrière. Il faut aussi le comprendre comme l'expression "jugement dernier" : il s'agit du dernier hiver pour ce jeune éleveur attaché aux traditions et à une certaine idée de l'agriculture.

   Cependant, le réalisateur n'a pas choisi de donner un tour militant à son propos. Il est souvent contemplatif, pour le plus grand plaisir du spectateur calé dans l'un des confortables fauteuils de la salle 2 du cinéma le Club à Rodez. Les paysages sont magnifiques. Lever et coucher de soleil sont à couper le souffle. Mais il faut reconnaître que l'action n'est pas trépidante.

   On nous fait comprendre que, par son attachement aux traditions (certains diraient son entêtement), le héros Johann passe à côté de plein de choses. Il laisse ainsi filer l'occasion de rendre son élevage plus profitable et n'approfondit pas sa relation sentimentale avec la charmante Anaïs Demoustier.

   Comme le film a été tourné en partie en Aveyron, on croise quelques belles Aubrac, mélangées à d'autres races. (Il m'a semblé reconnaître des Limousines... mais je ne suis pas aussi compétent en la matière que Bruno Lemaire !) Normalement, un éleveur de races à viande du Nord Aveyron aurait dû s'engager dans une démarche de qualité (Boeuf Fermier Aubrac ou Fleur d'Aubrac). Mais le réalisateur a voulu rester dans le flou quant au territoire concerné et à l'orientation de l'exploitation. On saura juste qu'il vent ses veaux.

   Notons qu'un éleveur de La Terrisse a conseillé le réalisateur, ainsi qu'il le précise dans un entretien publié dans le dossier de presse téléchargeable sur le site de son distributeur français, Le Pacte :

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   Au-delà de la beauté de certaines scènes (la messe en pleine montagne, l'incendie d'un bâtiment d'élevage), le film, à mon avis, tourne à vide... et l'on sort de là un peu déçu. Si vous êtes amateur-trice de film rural, je vous conseille plutôt l'original Bovines... et surtout le fantastique polar belge Bullhead.

23:31 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema