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dimanche, 15 avril 2012

La Nuit nomade

   C'est un documentaire d'1h30, tourné par Marianne Chaud dans une région froide (!) située dans le Nord de l'Inde, le Ladakh.

   La réalisatrice, passionnée par l'Himalaya, s'est intéressée plus particulièrement aux éleveurs nomades. On suit principalement deux couples, l'un âgé (on voit surtout l'homme), l'autre plus jeune, composé du fils du premier (avec un petit côté "djeunse") et de son épouse, qui se révèle assez caustique.

   Ce sont des semi-nomades. Ils évoluent entre plusieurs bases, perdues dans la montagne. (Notons que les paysages sont magnifiques.) Chacune est composée d'un village formé de maisonnées que jouxtent ce qui peut sembler être de prime abord des ruines. Ce sont en fait des enclos, pour les bêtes (des chèvres).

   On voit à la fois les travaux quotidiens et les évolutions saisonnières. La réalisatrice, que l'on entend interroger les protagonistes (elle parle leur langue), n'apparaît jamais à l'écran. On se doute qu'elle ne doit pas être vilaine, puisqu'elle suscite quelques remarques soupçonneuses de l'épouse du jeune homme.

   L'action montrée à l'écran se déroule essentiellement de jour. Le titre est donc métaphorique : ce monde est en train de disparaître. Chaque année, une partie des villageois part pour la ville, où se trouvent déjà certains des enfants du couple. Le documentaire aborde tous les aspects de cet exode : économiques, sociologiques, culturels.

   C'est joli à regarder, mais peut-être un peu long. A la télévision, cela donnerait un format d'une cinquantaine de minutes. Mais la qualité des images est vraiment grande. Cela méritait un grand écran.

21:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

samedi, 14 avril 2012

Titanic en 3D

   C'était la première fois que je voyais ce film au cinéma. Il y a 15 ans, face au matraquage, j'avais obstinément refusé de m'y rendre, me contentant d'une vision ultérieure sur petit écran. La découverte des bonus du DVD m'a donné envie d'en savoir plus. Alors, même si cela dure 3h20, j'ai tenté l'expérience.

   C'est globalement très plaisant. Même sans la 3D, le film doit être spectaculaire. Qu'apporte cette technologie ? Pas énormément, à mon avis. Elle est surtout utile à partir de la rencontre de l'iceberg, dès que des objets et des personnages commencent à déambuler un peu partout sur l'écran. (Le moment où le bateau se casse en deux, avec mouvements de la poupe, est particulièrement impressionnant.)

   Dans la première partie du film, on la remarque au moment du chargement du paquebot (notamment avec une voiture). Elle a aussi servi à mieux distinguer les personnages à l'écran, qui ne sont pas tous mis sur le même plan.

   Alliant reconstitution historique, grand spectacle, effets spéciaux, histoire d'amour et réflexion sociale (oui !), Titanic mérite vraiment le détour, même si, dans la dernière demi-heure, il y aurait des coupes à pratiquer.

   P.S.

   Ceux qui veulent en apprendre davantage peuvent visionner un documentaire diffusé il y a peu sur France 2. Comme il est en grande partie composé de scènes reconstituées, on peut s'amuser à voir les différences d'interprétation avec le film de James Cameron.

   P.S. II

   Le magazine National Geographic, dans son dernier numéro, publie des images inédites du bateau. Sur son site internet, on peut accéder à une série d'articles et de vidéos fort intéressants.

   P.S. III

   Les gros fans de leur race peuvent se rendre sur un site personnel consacré au Titanic, sous toutes ses formes. Il est très documenté.

   P.S. IV

   Les amateurs de drogue dure auront peut-être envie de consulter les documents liés aux deux enquêtes menées en 1912 (l'une par le Sénat des États-Unis, l'autre sous l'autorité du ministère du Commerce, au Royaume-Uni). Attention, c'est en anglais !

11:42 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

vendredi, 13 avril 2012

Colonel Blimp

   C'est une réédition, celle d'un film de Michael Powell, sorti initialement en 1943. Il se présente sous la forme d'un long retour en arrière biographique, qui nous offre un panorama de l'histoire internationale (vue du côté britannique) de la première moitié du XXe siècle.

   Ce long retour en arrière nous ramène à la séquence du début du film, qu'on ne voit plus du tout sous le même angle. On en sait plus sur les personnages qui y figurent. C'est habile. (N'oublions pas que cela a été tourné il y a environ 70 ans.)

  On suit donc Clive Blimp de la guerre des Boers à la Seconde guerre mondiale, en passant bien entendu par la première. Les relations avec l'Allemagne (et un Allemand en particulier, incarné avec brio par Anton Walbrook) sont au coeur de l'intrigue. Cela commence par un drôle de duel, continue par un mariage, la capture de prisonniers et finit par un retour au pays.

   La première partie du film fait découvrir au spectateur non initié la mentalité nationaliste dans laquelle baignaient les associations étudiantes (et la majorité des élites) sous le IIe Reich. Le film évite toutefois de tracer un raccourci entre le militarisme prussien et le nazisme. Il propose néanmoins une intéressante mise en perspective.

   Ces quelque 2h40 (avec 1h30 de rêve au début) passent vite aussi parce que les dialogues sont très bien écrits, émaillés de traits d'humour. Les personnages se "chambrent"... et font aussi preuve (parfois) d'autodérision.

   La personne-clé de ce film n'est paradoxalement pas le héros, un peu Matamore, mais l'actrice Deborah Kerr, qui incarne trois personnages successifs : l'indépendante fille de bonne famille britannique qui tente de faire carrière à Berlin, l'infirmière future épouse dévouée et le chauffeur intrépide du vieil officier. Elle excelle dans les trois rôles... et introduit une touche féministe inattendue dans cette histoire au prime abord très masculine. Ce film de 1943 était, de ce point de vue, plutôt en avance sur son époque.

jeudi, 12 avril 2012

Le Policier

   Ce film israélien est construit en trois parties. La première nous présente un groupe de jeunes hommes très sportifs, la seconde une bande d'étudiants rebelles, la troisième mène à la confrontation des deux.

   L'habileté de la mise en scène ne permet pas à un spectateur ignorant de l'intrigue de déduire immédiatement que le groupe de mecs est composé exclusivement de policiers, membres d'unités d'intervention (genre le R.A.I.D.). Ils ont la trentaine, sont musclés (sauf l'un d'entre eux, dont on apprend vite qu'il a un cancer). Ils semblent très soudés, très virils (et va-z-y que je flanque une tape dans le dos, et c'est parti pour une accolade entre mecs... on s'attend presque à les voir se rouler des pelles, tellement ils ont l'air de s'aimer). Les femmes sont secondaires dans cet univers : elles sont les compagnes (plutôt effacées) de ces messieurs et portent leur progéniture.

   Le portrait de groupe n'est donc pas unilatéral. On perçoit le rôle dominant de l'un d'entre eux et la pression qui existe pour que les individus se soumettent au clan. Il est même question de faire porter le chapeau d'une bavure à celui qui est gravement malade, histoire que personne ne soit sanctionné !

   L'objectif du réalisateur est de montrer que l'autre groupe, quoique très différent en apparence, fonctionne sur des schémas semblables. On y trouve aussi un chef charismatique (un fils de bourges qui se la joue rebelle), ainsi qu'un acolyte dévoué, un puceau amoureux (couvé par son papa)... et une jeune femme ténébreuse, révoltée, au regard intense, incarnée par Yaara Pelzig. On sent que son personnage a été inspiré par certains membres de la Fraction Armée Rouge.

   Mais, si cette actrice éclabousse l'écran de son talent, on ne peut malheureusement pas en dire autant des autres. J'ai beau ne pas comprendre l'hébreu de la version originale (sous-titrée en français), j'ai pu me rendre compte que certains dialogues sonnent faux, que le ton des acteurs n'est pas toujours naturel. Cela nuit à l'intérêt du film, qui se termine de manière assez prévisible.

13:12 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

mardi, 10 avril 2012

The Plague Dogs

   Les Chiens de la peste est un film d'animation datant de 1982, jamais sorti en France avant aujourd'hui. Attention : ce n'est pas pour les tout petits. Ces chiens sont un terrier (peut-être un jack russel) et un labrador, qui parviennent à s'échapper d'un centre d'expérimentations animales.

   La première séquence nous "met dans le bain" : ces animaux sont torturés. On est d'ailleurs sidéré par la manière neutre dont l'un des scientifiques (dont on ne voit jamais le visage) raconte, plus loin dans le film, les expériences que son laboratoire impose aux animaux. Je me demande si les auteurs n'ont pas voulu que les spectateurs fassent le rapprochement avec les camps nazis. Il n'est pas non plus impossible que ce film ait inspiré une partie de La Planète des singes : les origines.

   Le titre fait référence à la crainte des humains : que les animaux échappés du laboratoire y aient contracté le virus de la peste, puisqu'il semble que des expériences ultra-secrètes y sont menées à ce sujet. Le bien-être animal ne vient qu'en second, quand il est abordé.

   Notons que l'histoire nous est racontée du point de vue des animaux. L'un des deux chiens, Snitter, a la voix de John Hurt, very British ! Ils rencontrent d'autres canidés, ainsi que des moutons, qui deviennent leur proie de prédilection. En cela, ils sont aidés par un curieux renard, fourbe à première vue, mais qui va s'avérer une aide précieuse.

   Les animaux et leurs mouvements sont dessinés avec un grand soin, ce qui fait que cette animation n'a pas trop vieilli. Il aurait peut-être fallu retravailler la bande son. Les décors sont moins aboutis que ce que l'on a pris l'habitude de voir dans les productions japonaises, par exemple.

   L'histoire est dure. Celui qui semble avoir le plus souffert est Snitter, qui a connu un maître bon, mais dont il a provoqué (involontairement) la mort. Parvenus à regagner la liberté, les deux chiens jouent leur survie. On ne nous cache pas comment ils se nourrissent. Ils finissent même par manger de la chair humaine (celle d'un chasseur payé pour les abattre), passage escamoté dans la version courte du film.

   On peut comprendre la toute fin de plusieurs manières, mais c'est quand même globalement triste. Il reste un plaidoyer efficace contre la vivisection.

12:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

lundi, 09 avril 2012

La Dame en noir

   Daniel Radcliffe tente de sortir du personnage d'Harry Potter dans ce film d'épouvante dont l'action est principalement située dans le fin fond de la campagne britannique. Il est épaulé par une brochette de seconds rôles chevronnés, à l'image de Ciaran Hinds (récemment vu dans La Taupe, L'Affaire Rachel Singer, Life during wartime) et de Janet McTeer (épatante dans Albert Nobbs).

   Ceux qui ont vu beaucoup de films de ce genre ne seront pas surpris par le déroulement de l'histoire. On comprend même assez vite de quoi il retourne. Les effets de terreur sont classiques, soulignés par une musique idoine.

   Le ressort de l'intrigue est religieux, comme souvent dans ce type d'oeuvre anglo-saxonne. Ceux dont le corps n'a pas été retrouvé et ceux qui se sont suicidés deviennent des âmes errantes. La clé se trouve dans une injustice ancienne, à laquelle le héros se doit de remédier. Le jeune employé d'une étude de notaire va donc mener une sorte d'enquête... à ses risques et périls. Mais il faut dire qu'il n'a pas trop le choix (il est au bord du licenciement) et que la perte de sa femme le rend -au départ, du moins- peu sensible aux "histoires de bonne femme" qui circulent à propos du manoir et de cette mystérieuse dame.

   Voilà un personnage à part entière de ce film : le manoir. A marée haute, il est isolé du reste du monde. Il a son propre cimetière, son jardin... et surtout ses marais, si dangereux. Il regorge de pièces tantôt closes tantôt ouvertes. Certaines dissimulent des secrets. Cette bâtisse est une sacrée trouvaille ! Et la réalisation la met bien en valeur. De manière générale, c'est filmé avec beaucoup de soin, joli à voir, avec de multiples effets. Cela compense le caractère convenu de l'intrigue... même si la fin nous réserve une petite surprise.

   Cela donne un divertissement de bonne facture, d'environ 1h30.

22:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film