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dimanche, 18 avril 2010

Fantastic Mr Fox

   Cela fait déjà un petit moment qu'il est sorti dans les salles, mais je ne l'ai vu que tout récemment. Le risque avec ce genre d'animation est de se retrouver avec une bande d'insupportables moutards dans la salle. Ceux qui ont vu le film avec moi étaient assez agités avant le début de la séance, se sont un peu calmés pendant les bandes-annonces. Durant le film, les plus âgés (10-15 ans) se sont complètement tus. Un des plus jeunes (moins de 6 ans, je dirais) a eu du mal à suivre : je crois qu'il a décroché au bout de trois quarts d'heure.

   Fantastic Mr Fox peut se voir comme un film d'adultes ou une animation élaborée, qui joue un peu le rôle de certains contes de fées d'antan : elle donne une morale en divertissant. Tout d'abord, ce ne sont pas des dessins qui nous sont proposés, mais des poupées articulées, qui sourient, parlent, pleurent, mangent, lèvent les sourcils... C'est vraiment bien foutu ! Le souci du détail a poussé les manipulateurs à faire bouger le pelage des renards en particulier.

   Les petits animaux sauvages (renards, belettes, taupes, opossum, blaireaux etc) sont opposés à de méchants fermiers industriels (un éleveur de poules, un de canards et un fabricant de cidre). Les chiens sont présentés comme des ennemis. L'histoire donne donc le beau rôle à des animaux souvent considérés comme nuisibles.

   Plusieurs éléments moraux sont glissés dans l'intrigue. Il y a l'insatiable voleur de poules, reconverti en journaliste gagne-petit, père de famille, qui ne fait pas le deuil de son ancienne vie de délinquant. Son égoïsme ainsi que son goût du flamboyant vont provoquer des dégâts considérables. Il y a aussi l'apprentissage de son fils, qui voudrait être à la hauteur de la réputation de son père, mais il est en plein âge con... De surcroît, un cousin vient lui voler la vedette !

   Si le film comporte peu de gags "hénaurmes", on sourit souvent. La musique d'accompagnement est chouette. On peut la retrouver sur le site officiel, excellent. Il contient de nombreux bonus. On peut accéder à des éléments de "making of"... et même à des jeux, comme la chasse aux poules et le whackbat, sorte de base-ball pour animaux sauvages !

16:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

Green Zone

   C'est la "zone verte" de Bagdad, celle à l'intérieur de laquelle est concentré le pouvoir occupant, celui des États-Unis après l'invasion de l'Irak. C'est de là que partent les initiatives plus ou moins foireuses (avec Washington en arrière-plan). Le héros, le commandant Miller (brillamment interprété par Matt Damon, récemment vu dans Invictus), est chargé de retrouver les armes de destruction massive que Saddam Hussein est censé avoir cachées... selon la propagande états-unienne.

   C'est donc à la fois un polar (dont tout Frenchie qui se respecte connaît une partie de la fin), un film de guerre, un film d'action et un film politique. On n'a pas confié ça à n'importe qui. Paul Greengrass est l'excellent réalisateur de Bloody Sunday, Vol 93 et de deux des films de la trilogie "dans la peau". C'est un spécialiste du "caméra à l'épaule", dont la maîtrise lui a jadis permis de décrocher un Ours d'or à Berlin. Sa technique est particulièrement au point ici et je peux vous dire que les scènes de poursuite sont magistrales. De manière générale, l'intensité de l'action peut se comparer à ce que l'on peut voir dans Die hard 4. C'est dire ! (Greengrass est toutefois plus habile que Len Wiseman : il n'a pas besoin de faire exploser autant de bâtiments ou de véhicules pour suggérer le tumulte : il filme un dédale urbain avec un art consommé.)

   Visuellement, ce film tourné en Espagne et au Maroc nous donne l'impression de nous retrouver au cœur de la capitale irakienne (merci les effets spéciaux). Les figurants s'expriment en arabe et deux personnages irakiens ont droit à un vrai rôle : "Freddy" le traducteur unijambiste et le général Al Rawi, dit "le valet de trèfle" :

 
DSCN2558.JPG

   Hé, oui ! Je possède un exemplaire du fameux jeu de cartes représentant les 52 dignitaires irakiens les plus recherchés à l'époque par l'envahisseur américain. (Pour la petite histoire, les facétieux Yesmen en ont créé un autre, pour les dirigeants occidentaux...)

   Mais revenons au film. Le scénario s'appuie sur la manipulation à l'origine de l'invasion de l'Irak. Une source locale, nommée "Magellan", supposée sûre, aurait donné des indications précises permettant de trouver les sites de stockage des armes de destruction massive. Pourquoi n'y trouve-t-on rien ? Qui est cette source ? Qu'a-t-elle dit exactement au représentant du gouvernement américain ?

   Le scénario modifie un peu l'histoire. Dans le film, la C.I.A. apparaît sous un jour favorable, alors qu'à l'époque elle a été "enfumée" par les inventions d'Ahmad Chalabi. Ce personnage est d'ailleurs présent dans le film, sans qu'il soit fait allusion à ses manipulations. La fin montre bien son échec politique... mais il essaie actuellement de revenir dans le jeu. D'autres personnages ne sont pas mieux traités, notamment la journaliste du Wall Street Journal Lawrie Dayne, qui a colporté les mensonges de l'administration Bush (elle représente une journaliste bien réelle, Judith Miller, du New York Times). Mais le pire sort est réservé à Paul Bremer, incarné par Greg Kinnear sous les traits de Clark Poundstone, un enfoiré de première.

00:13 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

vendredi, 16 avril 2010

"Le Ruthénois" numéro 7

   A ma grande satisfaction, le nouveau numéro du Ruthénois titre sur le problème du traitement des ordures ménagères aveyronnaises. Le sujet est abordé sous deux angles : la fermeture annoncée du centre du Burgas, à Sainte-Radegonde (commune à l'honneur cette semaine) et la possible installation d'un quai de transfert (a priori temporaire...) à Sébazac-Concourès. C'est bien présenté, je trouve : on a des points de vue différents, mais tous issus d'une des communes périurbaines de Rodez, de surcroît des communes qui n'ont pas développé d'offre de logement pour les bas revenus : ce sont toutes les deux des bastions de la classe moyenne, une classe moyenne propriétaire de sa maison finalement très NIMBY : "not in my backyard".

   Le grand entretien de la semaine est consacré à Stéphane Mazars, deuxième adjoint au maire de Rodez, en charge des sports. (Il a été le suppléant d'Anne-Marie Escoffier aux élections sénatoriales de septembre 2008.) C'est un type sympa, qui s'est élevé à la force du poignet. Quand il évoque son cursus, il est trop modeste pour préciser que le bac qu'il a décroché était, sauf erreur de ma part, un bac technologique... pas facile quand on veut ensuite poursuivre des études de droit ! Il m'a juste énervé dans l'une de ses réponses au questionnaire traditionnel. Quand on lui demande de choisir "Soulages ou Fenaille ?", il répond : "Soulages c'est la Ligue des champions, Fenaille c'est la Ligue 2." Carton rouge !

   Sur la même page, on trouve le dessin de la semaine de Stéphanie Gras, qui fait allusion aux qualités de communicant du maire Christian Teyssèdre...  Les véhicules électriques sont d'ailleurs à l'honneur cette semaine, à travers l'article consacré, page 9, à l'entreprise aveyronnaise Innovep, dont il faudrait vraiment soutenir l'activité. Vous aurez remarqué que l'article auquel mène le lien est signé Nathalie Dijols, qui travaille donc pour Le Ruthénois et La Dépêche du Midi ! Par contre, celui du Ruthénois est de Benjamin Laumaillé. Cela me paraît conforme à la déontologie. Un dernier mot sur cette entreprise : en cherchant sur la Toile, j'en ai trouvé une présentation professionnelle :

Innovep web.jpg

   L'hebdomadaire aborde aussi la politique locale, avec les débats peu dignes du Conseil général et le manque d'organisation de l'opposition municipale à Rodez. Vient ensuite le sujet polémique du moment : l'école François Fabié. Je trouve qu'Hugues Robert s'en sort plutôt bien, dans un article balancé où il rappelle au passage que l'ancien maire Marc Censi a laissé quelques peaux de bananes à son successeur...

   Et pis, tiens ! J'ai envie de ne pas être gentil avec le chroniqueur cinématographique de l'hebdomadaire. Tout d'abord, il nous conseille deux films, Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec de Luc Besson et New-York I love you... alors qu'il me semble qu'aucun cinéma aveyronnais ne programme le second cette semaine. Ensuite, il se permet de traiter de manière négligente le nouveau film de Paul Greengrass, Green Zone : selon ce monsieur, "le film sent le réchauffé" ! Se fondant sur les derniers films tournés par le réalisateur, il passe par pertes et profits le fait que cette fiction grand public, spectaculaire, place au coeur de l'intrigue le mensonge des autorités américaines concernant la présence d'armes de destruction massive en Irak en 2003. Si cela peut permettre au grand public d'outre-Atlantique d'en finir avec cet aspect de la présidence Bush, ce n'est déjà pas si mal.

   On termine par l'article consacré à la commune de Sainte-Radegonde par Jean-Pierre Cosson, très intéressant... et qui m'a poussé à reconsulter son excellent Dictionnaire de l'Aveyron : la partie consacrée à  Antoinette Durand de Gros, dite La Sorgue, est en effet un copié-collé de cet ouvrage :

La Sorgue 1.JPG

C'est un extrait de l'article du Ruthénois...

La Sorgue 2.JPG

... et voilà un extrait du Dictionnaire !

Petit coquin !

   Je n'ai pas intitulé ce billet "Le combat des magazines ruthénois IV"... parce que le dernier numéro de A l'oeil fait preuve d'une certaine confraternité. En page 3, on peut trouver un article qui se réjouit du dynamisme de la presse aveyronnaise :

DSCN2549.JPG

   J'ai souligné le passage dans lequel le magazine cite le chiffre sans cesse répété, celui de "plus de 60 000 lecteurs". Il faut quand même relativiser. D'abord, si le journal gratuit n'est distribué que dans les communes du Grand Rodez, il n'a qu'un potentiel de 55 000 lecteurs... si l'on en compte tous les habitants ! Il faudrait en retrancher tous les bébés et enfants encore illettrés... mais on pourrait y rajouter les habitants de l'extérieur du Grand Rodez, qui viennent y travailler (plusieurs milliers de personnes) : le magazine est disponible dans certains commerces, comme des boulangeries. Cependant, je dois révéler ce que beaucoup de personnes savent déjà : dans de nombreux cas, les magazines gratuits distribués avec les publicités atterrissent directement dans la poubelle (celle réservée aux éléments recylables). Bon, moi je le lis, mais je crois pouvoir affirmer qu'au maximum 1 personne sur 2 est dans ce cas. Et encore : parmi celles qui le gardent, beaucoup se contentent du programme télévisé. Donc, à vue de nez, au doigt mouillé, je crois pouvoir affirmer qu'entre 10 000 et 20 000 personnes liraient vraiment A l'oeil, ce qui serait déjà considérable. (Cela en ferait le premier organe de presse du Grand Rodez.)

   Cette quinzaine, c'est le maire d'Onet-le-Château qui en prend pour son grade ! Cela commence par la caricature (la deuxième en un mois) de DAF (tiens, à propos du dessinateur : j'ai retrouvé certaines de ses oeuvres en feuilletant mes numéros d'Aveyron Magazine), assez drôle ma foi :

Geniez à l'oeil.JPG

   Ensuite, une série d'articles cassent du sucre sur le dos du premier magistrat castonétois. Pour rester dans le ton, l'éditorial de Paul d'Orsini s'en prend à Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées. Il l'accuse d'avoir mal servi l'Aveyron et le Grand Rodez. Je ne rejoins cette analyse qu'en partie. J'ai déjà écrit ailleurs que, si Christian Teyssèdre n'a pas obtenu ce qu'il convoitait, la tête de liste aveyronnaise de la gauche, Marie-Lou Marcel, a été bien servie.

   Le magazine propose un intéressant dossier sur "La révolution numérique", à l'intérieur duquel une page est consacrée à l'utilisation que les hommes politiques locaux font de ces nouveaux outils... et, ô surprise, aucun n'est encarté à gauche ! Ce sont Serge Julien (ancien candidat aux municipales de Rodez sur la liste Soulié-Censi), Jean-Claude Luche... et Jean-Philippe Murat, le directeur de la publication de A l'oeil, dont je vous propose les réponses aux questions de son quinzomadaire :

auto interview.JPG

   Ce numéro 34 est donc dans la lignée du numéro 32, où le grand entretien était consacré à J.-P. Murat. Au passage, il serait intéressant de savoir ce que J.-P. Murat entend par "le succès que rencontraient mes deux médias".

 

 

lundi, 12 avril 2010

La Révélation

   Le titre original est Sturm (Tempête), à l'image des conséquences que des enquêtes commes celles menées par le T.P.I.Y. (Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie) peuvent avoir... à l'image aussi de ce qu'il se passe dans la tête de certains protagonistes.

   Cette fiction internationale, où l'on entend parler anglais, allemand et serbe, se veut didactique. A travers une histoire inventée (mais fortement inspirée par des événements réels), on nous fait découvrir le fonctionnement de cet étrange tribunal... et les pressions qui sont exercées sur lui.

   Les acteurs sont épatants. Il faut évidemment souligner la performance de Kerry Fox (que les cinéphiles avaient découverte dans Petits meurtres entre amis et retrouvée avec plaisir dans Intimité, de Patrice Chéreau), qui incarne la procureure Hannah Maynard... en réalité, Carla del Ponte, qui occupa cette fonction de 1999 à 2007. (Un documentaire lui a été consacré il y a trois ans.) Celle-ci a récemment publié un livre (où, apparemment, elle règle quelques comptes) qui a provoqué un scandale.

   Le film est multiple. C'est d'abord un portrait de femme(s), notamment l'héroïne, entre deux âges, pas tout à fait stable sur le plan sentimental et surtout d'une grande rigueur morale. Sa confrontation avec le monde politico-diplomatique, où tout n'est que concession, négociation, est parfois présentée comme le combat de David contre Goliath. Car, si le droit permet de protéger les faibles et de poursuivre les malfrats, ceux-ci, s'ils sont puissants, savent s'appuyer sur le droit (en plus de la force) pour tenter de passer entre les mailles du filet. L'autre beau personnage féminin est celui de la soeur du premier témoin, réfugiée en Allemagne, dont le rôle s'amplifie au fur et à mesure que l'intrigue suit son cours.

   On (re)découvre la guerre en ex-Yougoslavie avec toutes ses horreurs. L'accusé Duric pourrait être ce Mladic qui n'a toujours pas été arrêté, ou feu le milicien Arkan ou encore Vojislav Seselj.

   N'oublions pas que c'est d'abord un bon thriller. Il y a tout d'abord l'incertitude ménagée autour de ce que certains personnages ont vécu. Il y a aussi les risques que prennent ces personnages pour faire triompher la vérité. C'est vraiment un très très beau film... hélas peu diffusé dans notre pays.

   Un site dédié (hé, oui : c'est produit par la boîte de Luc Besson !) permet d'accéder à différents documents, notamment un dossier bien fichu.

P.S.

   Il est fort possible que l'écriture du scénario se soit inspirée du livre Paix et châtiment, écrit par Florence Hartmann, une ancienne journaliste du Monde, devenue porte-parole de la procureure du TPIY. Poursuivie par le TPIY pour divulgation d'informations confidentielles ("outrage au Tribunal", dans le jargon officiel), elle a été condamnée en première instance... à cause de quelques pages.

 

ALLEZ VOIR CE FILM !