samedi, 28 avril 2012
Tucker et Dale fightent le mal
C'est une parodie de film d'épouvante (le tout début est un clin d'oeil à [Rec]), qui en retourne une partie des codes, tout en en respectant le schéma général. Le titre pourrait laisser croire qu'il s'agit d'un nanard... et c'est peut-être un peu le cas, en fait. Mais c'est un bon nanard !
L'argument est classique : un groupe de djeunses (la plupart insupportables... on a donc vite envie qu'il leur arrive des trucs très très moches) part kiffer la life dans la forêt, dans une zone quasi désertique où ne vivent que quelques "bouseux" attardés. La rencontre avec deux d'entre eux va transformer l'escapade en réjouissante boucherie. S'ajoute à cela la révélation que le lieu d'excursion a été le théâtre d'un drame horrible quelque 18 ans auparavant... Un tueur en série rôderait-il dans la région ?
Le principal retournement à l'oeuvre ici est le fait que les vrais héros sont les deux "bouseux", Tucker et Dale. L'un d'entre eux est un gros gentil, super cultivé, mais hyper timide et pas franchement canon. Si vous ajoutez à cela des goûts vestimentaires très contestables, on comprend qu'il puisse inspirer de la méfiance, de prime abord. Son pote est plus à l'aise dans sa tête... mais il est quand même un peu frappadingue.
L'autre retournement concerne le personnage féminin principal (interprété par Katrina Bowden, superbe plante que l'on va voir dans American Pie IV). Au départ, on la prend pour une blondasse insipide. La suite du film la montre pleine de ressources... et plutôt futée.
La rencontre entre les deux héros et la bande d'ados attardés maladroits tourne mal à cause d'une série de quiproquos, qui deviennent de plus en plus sanglants. Il faut reconnaître au réalisateur un certain savoir-faire dans la manière de mettre en scène l'étripage successif des campeurs bourges. Si l'on ajoute à cela quelques traits d'humour dans les dialogues (l'un des personnages, qui vient de perdre plusieurs phalanges, dit qu'il était "à deux doigts de mourir"...), on passe finalement un agréable moment.
13:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film
vendredi, 27 avril 2012
Le Fils de l'autre
Lorraine Lévy s'est embarquée dans un sujet "casse-gueule" : le conflit israélo-palestinien, vu par un biais familial. Un échange (involontaire) de bébés, survenu des années plus tôt, a des conséquences dramatiques.
Une banale visite médicale fait comprendre à un couple de classe moyenne que celui qu'ils prennent pour leur fils est en réalité le rejeton de Palestiniens ! Ceux-là ont aussi du mal à admettre qu'il ont élevé un enfant de l'ennemi.
La nouvelle est d'autant plus mal perçue du côté du couple israélien que le père (Pascal Elbé, excellent) est un officier de Tsahal ! En face, l'autre père vit mal son déclassement social, attribué à l'occupant israélien. C'est donc des femmes que la solution pourrait émerger. Autant le dire : Emmanuelle Devos (la maman franco-israélienne) a su trouver le ton juste, toujours sur la corde raide. Orith a compris qu'on lui reproche (implicitement) de ne pas avoir senti que le bébé à peine né qu'on lui avait remis dans les bras n'était pas le sien. Elle aime finalement ces deux garçons, tout comme la Palestinienne.
Le film mérite aussi le détour pour certains aperçus des sociétés israélienne et palestinienne. On mesure l'importance du service militaire chez les jeunes Israéliens... et le sentiment ambigu de celui qui en est dispensé, grâce au piston paternel croit-on, parce qu'il n'est pas considéré comme juif en réalité. On touche aussi du doigt le degré d'enfermement de la plupart des Palestiniens, soumis au contrôle de l'armée occupante.
La réalisatrice n'a pas craint de se coltiner l'intégrisme juif (avec ce rabbin si pétri de certitudes)... sans oublier son pendant musulman, incarné par le frère palestinien de l'un des héros (Mahmud Shalaby, déjà remarqué dans Les Hommes libres, très bon), une vraie tête de con.
Les deux fistons sont bien interprétés, par Jules Sitruk et Mehdi Dehbi.
Le principal défaut du film est sa conclusion. Pendant 1h30, la réalisatrice fait monter la tension, laissant entrevoir plusieurs fins possibles. Même si un accès de violence survient, cela reste un peu trop "politiquement correct" à mon goût.
20:09 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
jeudi, 26 avril 2012
Avengers
Une fois de plus, on se demande pourquoi le distributeur n'a pas cru bon de traduire : "Les Vengeurs" est porteur de sens en français, puisque c'est sous ce titre qu'est connue l'équipe de super-héros popularisée par les bandes dessinées.
Après la séquence qui sert de déclenchement (bien foutue), on nous présente successivement chacun des futurs membres. La deuxième partie voit évoluer le groupe de manière maladroite, avec des tensions. La troisième partie montre l'équipe en train de vraiment se constituer et de fonctionner dans la castagne.
Ce film est dans la tradition du genre : les costumes sont parfois ridicules, les situations à la limite du vraisemblable et certains dialogues sont à chier. Mais il regorge aussi de qualités, faisant preuve parfois d'un peu d'audace. Ainsi, lorsque Natasha Romanoff est sur le point d'être contactée par le Shield, le spectateur (non russophone) est laissé pendant plusieurs minutes dans l'ignorance de ce qui se dit en russe, sans le moindre sous-titrage. La fin de la scène apporte des éléments d'explication et l'on comprend que ce que l'on a vu au début ne rendait pas compte de la réalité de la situation. C'est d'ailleurs souvent le cas des scènes faisant intervenir la Veuve Noire (Scarlett Johansson, très excitante) et l'un de ses adversaires : elle excelle à se faire passer pour ce qu'elle n'est pas.
Au niveau des dialogues, j'ai apprécié les scènes où Tony Stark (Robert Downey Junior, qui progresse dans sa composition de Iron Man) laisse libre cours à son ironie (ainsi, il appelle Thor "Point Break" !!!). Mais le reste n'est pas du même niveau.
Ceci dit, des pointes d'humour sont judicieusement placées en plusieurs endroits du film. Le personnage de Hulk est d'ailleurs souvent lié à ces moments de décompression. Je recommande la scène qui le montre, en compagnie de Thor, en train de dézinguer quantité de méchants envahisseurs... scène qui se termine de manière inattendue, puérile... et tordante. Le public appréciera aussi la façon dont le gros bonhomme vert manifeste son respect au dieu Loki (doté d'un costume vraiment très moche) ou encore la manière dont Tony Stark revient à lui, vers la fin du film...
La dernière partie est constituée principalement de bastons, avec des effets numériques à gogo. New York est le siège d'une bataille impitoyable... et, franchement, ça déchire sa race.
P.S.
Comme tout cela est une grosse entreprise commerciale, on nous ménage bien évidemment une suite... et le film est émaillé de références aux précédentes aventures (individuelles) des héros. Courez acheter les DVD, bonnes gens !
19:31 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma
mardi, 24 avril 2012
Flanby strikes back !
Le candidat du Parti socialiste a été souvent moqué durant cette campagne électorale. Qualifié de "mou", de "fade" voire de "capitaine de pédalo", il a même fini par être associé à un dessert peu glorifiant. Voilà que le résultat du premier tour donne lieu à un retournement de sens. De péjorative, la référence au "Flanby" devient valorisante, au second degré. C'est la revanche du Mou !
On partait de loin. Fin 2011, non sans talent, un blogueur gauchisant greffait une tête de François Hollande (non amaigri) sur un corps "flanbesque", plutôt pour suggérer le pathétique du personnage :
Six mois plus tard, la même image peut se lire comme un surgissement victorieux inattendu... et plutôt sympathique. Cela n'a sans doute pas vaincu les réticences de ceux qui se voyaient mal glisser un bulletin "François Hollande" dans l'urne. Encore fallait-il parvenir à réaliser ladite opération :
Alors, pas assez mou pour rentrer dans une enveloppe... mais trop pour faire prise à une persécution vaudoue ? Les avis divergent sur la Toile (et, comme tous les fans de Desproges le savent, "dix verges, ça fait beaucoup") :
Du coup, on est moins étonné de voir Sondron dessiner le dessert en question remporter une course aussi importante :
A l'extrême-gauche (!) de la caricature sont disposés deux éléments de l'anatomie du troisième de la course : une jambe féminine et un groin, allusion peu délicate à Marine Le Pen, bien entendu.
De vainqueur, Flanby devient même source d'humiliation pour son concurrent direct :
Notons que l'internaute s'appuie ici sur une caractéristique importante du désormais célèbre dessert. Il manque toutefois une référence à la languette. Ajoutons que le perdant est mauvais joueur. S'il est devancé, c'est forcément que les gens ont mal compris ou voté pour de mauvaises raisons. Il y a aussi l'idée que Nicolas Sarkozy ne supporte pas d'être mis en difficulté par quelqu'un qu'il méprise.
Du coup, Flanby jubile, tantôt discrètement...
... tantôt plus ostensiblement :
Devrait-on désormais écrire "Flamby" le flambeur, nouveau candidat rayonnant ? Le paradoxe est que ces deux dernières représentations, qui pourraient rendre compte fidèlement de l'humeur du candidat arrivé en tête du premier tour de la présidentielle, datent des primaires socialistes. Faut-il en conclure que Nicolas Sarkozy et l'UMP ont, tout comme ses camarades socialistes, sous-estimé le potentiel du Corrézien d'adoption ?
Mais le symbole le plus réussi est à mon avis le détournement du poing à la rose, devenu "poing au Flanby", dans un geste aussi culinaire que révolté :
Ici encore, à l'origine de l'image se trouve un blogueur (de gauche... décidément) très critique vis-à-vis du supposé manque de fermeté des convictions de François Hollande. Aujourd'hui, après le premier tour de la présidentielle, ce symbole peut être retourné en faveur du candidat rassembleur, qui a su passer outre le mépris de certains bien-pensants de son propre camp.
04:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, élections, présidentielle, hollande, ps, parti socialiste, élection présidentielle
lundi, 23 avril 2012
Qui a gagné ?
C'est la grande question. On a évidemment pensé à cette personne-là :
On s'est aussi dit qu'une autre personne semblait avoir beaucoup gagné à cette élection, même si les profits qu'elle en retire sont pour l'instant indirects :
Les véritables vainqueurs sont peut-être très nombreux, des dizaines de millions :
En tout cas, il est difficile de croire que ce soit lui :
A la télévision, le président sortant est toutefois apparu pugnace. C'est un battant, qui va jouer sa carte jusqu'au bout. J'apprécie cette attitude, qui rend hommage à tous ceux qui croient en lui... et qui va contraindre François Hollande à montrer un peu plus ce qu'il a dans le ventre.
Ceci dit, il m'est quand même paru très agressif. Quand on sait à quel point les comportements publics sont calculés au millimètre, on ne peut s'empêcher de penser que, derrière le candidat qui a mûri (par rapport à l'excité de 2007) se cache encore l'enfant chéri de sa maman, un brin colérique, habitué à voir ses désirs exaucés... l'enfant qui s'est emparé de la mairie de Neuilly au nez et à la barbe de Charles Pasqua, à 28 ans... l'enfant qui a conquis Cécilia, presque sous les yeux de son mari Jacques Martin... l'enfant qui a pris le contrôle de l'UMP, en dépit de l'opposition de Jacques Chirac... l'enfant qui a écarté tous ses rivaux de droite sur le chemin de l'Elysée... l'enfant qui a terrassé aussi bien le FN que le PS (en 2007)... l'enfant qui a mis le grappin sur l'un des mannequins les plus en vue des années 1980-1990... enfin l'enfant qui voit pour la première fois depuis longtemps un jouet menacer de lui échapper. Pour sûr, il n'est pas content !
22:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, élections, présidentielles, présidentielle, élection présidentielle














