dimanche, 03 juin 2012
Kikicé kakollé les zaffiches ?
Après avoir été évoqué par KaG et moi-même, le sujet fait cette semaine la "une" du Ruthénois :
Benjamin Laumaillé revient sur les circonstances de la découverte du "tapissage" des panneaux électoraux... et émet une ou deux hypothèses sur la cause du délit. La plus vraisemblable reste quand même pour moi l'excès de zèle d'un militant UMP.
J'arrive à cette conclusion en croisant les différents sources, y compris un encadré paru dans Centre Presse le 31 mai :
Tous les témoignages concordent pour dire que c'est le samedi matin que les dégâts ont été découverts. (Les photographies que j'ai publiées dans la note du 28 mai datent de cet après-midi-là.) C'est dans la nuit de vendredi à samedi que des affiches du candidat Censi auraient été volées.
Tout dépend de l'heure à laquelle on fait démarrer la nuit. Je me souviens très bien avoir vu les panneaux du carrefour des Quatre-Saisons recouverts dès vendredi soir. (Il devait être entre 20h et 22h.) Alors, soit les affiches ont été volées plus tôt qu'annoncé dans la presse, soit celles qui ont été apposées là-bas ne peuvent pas avoir été collées par un supposé voleur.
Et puis, pourquoi est-ce l'attachée parlementaire (Stéphanie Lacombe) et non Yves Censi lui-même qui a porté plainte ? Est-ce parce que le député n'était pas sur place ? Est-ce pour lui éviter de perdre la face quand la plainte sera discrètement retirée - ou classée sans suite (vu qu'on n'aura pas trouvé de "voleur"), après le second tour des législatives ?
(Ceci dit, ce n'est pas l'affaire du siècle. Il n'y a pas mort d'homme et tout me semble à présent rentré dans l'ordre.)
09:56 Publié dans Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, ump, élections, législatives 2012
vendredi, 01 juin 2012
La maman de la candidate socialiste
Un passage de la première page du Nouvel Hebdo de cette semaine a attiré mon attention. Gérard Galtier y écrit qu'il se serait fait menacer d'un procès pour avoir osé parler (brièvement) de la mère de Monique Bultel-Herment, elle-même candidate à la députation sur la première circonscription de l'Aveyron. Que diable avait-il pu bien écrire qui suscitât l'ire socialiste ? Et surtout, pourquoi n'avais-je rien remarqué la semaine dernière à la lecture du journal ?
Je me suis donc replongé dans le numéro 229 du Nouvel Hebdo. Voici ce que l'on peut y lire, page 4 :
Le journal ne fait que reprendre une information connue, au moins depuis la parution de l'excellent livre (on ne le dira jamais assez) de Roger Lajoie-Mazenc, Maires de famille, en 2005. Voici ce qu'on peut y lire, page 178 :
- HERMENT : Jacqueline HERMENT, née DURAND, conseillère municipale de Wissous (Essonne) de 1965 à 1976, adjointe supplémentaire de 1976 à 1977, 1ère adjointe de 1977 à 1983, maire de 1983 à 1995
Il n'y a là rien d'infamant... sauf que... Maman Herment n'était pas socialiste, mais divers droite ! Les vieux routiers de la politique n'y verront pas matière à sourire. On sait depuis belle lurette que, fort heureusement, les convictions politiques ne se transmettent pas génétiquement. Demandez donc à François Hollande, dont le père était engagé à l'extrême-droite. (J'en ai parlé dans un billet consacré au patrimoine du nouveau président de la République.) Demandez donc à Ségolène Royal, fille d'un militaire traditionaliste.
Bien au contraire, Monique Bultel-Herment devrait mettre en avant sa filiation, sa mère étant classée dans les modérés de droite, une catégorie-clé dans l'Aveyron, encore plus dans la première circonscription. Maman Herment a même été décorée de l'Ordre national du mérite, en mai 1997, sur le contingent du ministre de l'Intérieur Jean-Louis Debré (membre du gouvernement Juppé) !
C'est à ce moment-là que ma voisine de droite, toujours très soupçonneuse dès qu'il s'agit de hiérarques du PS, me suggère de creuser davantage : et si la maman avait des choses à cacher ?
Il se trouve que Maman Herment a eu affaire au moins deux fois à la justice :
- en 2000, elle a été poursuivie, en compagnie de l'un de ses anciens adjoints, pour prise illégale d'intérêt
- en 2002, c'est son successeur à la tête de la mairie de Wissous qui a tenté d'obtenir sa condamnation pour diffamation
Je n'ai pas trouvé trace des verdicts. Il est donc probable que Maman Herment ne fut pas condamnée, surtout dans la deuxième affaire. Elle était opposée à un personnage haut en couleur, Richard Trinquier, qui fut maire de la commune de 1995 à 2008, année qui le vit se faire battre dès le premier tour par une liste d'union. Maman Herment a sans doute contribué à la défaite de celui-ci : elle soutenait la liste (à majorité de gauche) qui l'a emporté. Quelques années auparavant, elle s'était déjà jointe à la gauche pour dénoncer l'anticommunisme primaire du maire RPF.
Cerise sur le gâteau, Maman Herment est restée proche de la nouvelle équipe municipale de gauche, qui a mis en place un Conseil des sages, dont elle a accepté d'être une des figures de proue :
La question est : où est Maman Herment sur la photographie ?
23:59 Publié dans Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, législatives, france, élections, législatives 2012
jeudi, 31 mai 2012
Dark Shadows
Tim Burton a réuni une pléiade d'acteurs brillants pour ce film aux accents "gothiques", qui fait se percuter ambiance d'Ancien régime et seventies triomphantes (avant la crise, donc).
Il n'innove pas vraiment. L'histoire est un mélange de La Famille Adams, des Noces funèbres (excellent film d'animation qu'il signa naguère), de Twilight (genre le vampire qui tombe amoureux d'une mortelle...)... et de Mr and Mrs Smith... Si ! Le (faux) couple formé par Depp-le-vampire et la sorcière Eva Green fonctionne un peu sur le registre Pitt-Jolie... en mieux. La composition d'Eva Green (inoubliable Sibylle dans Kingdom of Heaven) est à signaler. A une plastique parfaite, elle ajoute un entrain, une "pêche" maléfique qui troublent quelque peu le cul-pincé amateur de sang frais.
Les scènes qui confrontent ces deux personnages sont souvent très réussies. D'autres, plus languissantes, répétitives même, auraient dû être coupées au montage, ce qui aurait fait du bien au film, qui souffre de quelques longueurs.
La séquence du début explique l'origine de la malédiction. On atterrit ensuite à l'époque contemporaine, où l'on suit la future nouvelle nounou du garçon perturbé de la maison. Elle semble cacher de lourds secrets. On pense que les scénaristes en ont fait le personnage féminin principal... avant de découvrir la "méchante" (Eva Green donc, redoutable chef d'entreprise... et surtout sorcière amoureuse et extrêmement possessive). Du coup, la miss-propre-sur-elle-qu-on-n-effraie-pas-comme-cela passe au second plan, et son passé chargé, tout comme sa quête, ne sont pas très bien traités par la suite de l'histoire.
Le film est évidemment émaillé de traits d'humour. A la base, on a joué sur le contraste entre les propos et la conduite guindés du vampire (à entendre en VO sous-titrée, of course) et la trivialité du monde dans lequel il atterrit... et dont il doit acquérir certains codes. Rien de très nouveau donc, mais c'est bien fichu. Les amateurs de macabre goûteront aussi la manière dont le héros hématophage s'occupe d'une équipe d'ouvriers et d'une bande de baba cools assez mous du bulbe.
Ajoutons que l'image est superbe. La propriété qui sert de cadre à l'histoire est magnifique (et truffée de recoins secrets). Certaines scènes sont particulièrement enlevées. J'ai particulièrement aimé la dernière confrontation avec la sorcière et cette peau de porcelaine qui se craquelle... avant que le cœur ne s'éteigne.
23:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
mercredi, 30 mai 2012
Moonrise Kingdom
De Wes Anderson j'ai vu La Famille Tenenbaum (de facture classique), La Vie aquatique (surprenant) et Fantastic Mr Fox (plaisant). Ce film ne détonne pas : il est bien dans le style de ce réalisateur peu commun, dans l'univers duquel il faut arriver à entrer.
Ici, l'île de la côte atlantique semble surmontée de maisons de poupées et l'ambiance de la fin des années 1960 contribue à renforcer l'impression d'étrangeté. Le réalisateur oppose le monde des adultes, géométrique, triste, sans fantaisie, au monde des (pré)adolescents, fait de folie douce, d'aventure et de rondeurs.
Le paradoxe est que ce sont les adultes qui sont le mieux interprétés. Bruce Willis est excellent en flic esseulé qui vit une histoire sans avenir avec une femme mariée. Celle-ci est incarnée par l'égérie des frères Coen, Frances McDormand, dont l'époux soupçonneux mais débonnaire prend les traits d'un Bill Murray somme toute assez sobre. Edward Norton et Tilda Swinton sont plus dans la démesure, le premier en chef scout plein de bonne volonté mais dépassé par les événements, la seconde en Dame Services Sociaux acariâtre et arrogante.
A l'image de ce qui se passe dans Aloïs Nebel, les intempéries surviennent en pleine crise. Elles vont exacerber les sentiments... et créer quelques situations comiques. L'humour de Wes Anderson n'est pas du registre de la farce, mais du cocasse. Il introduit l'incongru dans une histoire qui pourrait paraître convenue. Cela se suit avec plaisir, mais le film ne laissera cependant pas une impression mémorable.
15:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film
lundi, 28 mai 2012
La guerre des affiches
La campagne des législatives est bien lancée dans la première circonscription de l'Aveyron, où se présentent huit candidats :
Les panneaux d'affichage ruthénois se sont garnis de belles images en couleurs, collées, arrachées, puis recollées... Précisons qu'il existe deux types de panneaux : les officiels, avec un numéro attribué à chaque candidat, et les non officiels, dédiés à l'affichage libre, occasionnellement politique (les affiches politiques y sont d'ailleurs régulièrement et rapidement recouvertes par d'autres, annonçant qui un concert, qui un repas, qui une animation diverse...).
En fin de semaine, en passant à proximité de la gare SNCF, j'ai machinalement jeté un coup d'oeil aux panneaux officiels... et j'ai été surpris par ce que j'y ai vu :
Et encore, la photographie ayant été prise samedi, après le passage de militants du Front de Gauche et du PS, une partie des "dégâts" avait été réparée. Mais l'on peut quand même constater que quelques membres de l'UMP auraient laissé libre cours à leur fougue militante... et recouvert tous les panneaux d'une affiche à la gloire du député sortant ce qui, d'après KaG (alias "Olivier le Jardinier"), a quelque peu embarrassé son équipe.
Ces fervents militants n'avaient apparemment pas été interloqués par le fait que les colleurs d'affiche du Front de Gauche, des Verts, du Parti Radical de Gauche et de Lutte Ouvrière s'étaient contentés d'un panneau numéroté pour leur propagande. On peut d'ailleurs en voir deux conséquences cocasses. Si vous regardez attentivement la photographie ci-dessus, vous verrez que de deux des affiches apposées frauduleusement dépasse une partie de l'originale, au point de provoquer une certaine confusion.
Voici donc Yves Censi devenu un chantre de l'écologie :
Le plus drôle est que vendredi, tous les panneaux étant recouverts de la même affiche, le slogan "Votre voix pour une autre voie", prenait un sens tout particulier !
Un peu plus loin, Yves Censi semble avoir complètement retourné sa veste :
Si les militants ne sont même pas capables de recouvrir correctement l'affiche du candidat du PRG, c'est à désespérer de tout !
Plus loin, en se rapprochant de la gare SNCF, on rencontre un panneau d'affichage libre, d'où la propagande en faveur du député sortant a été rageusement arrachée... ou seulement recouverte, ce qui là encore peut donner naissance à une situation assez ubuesque :
La palme revient toutefois aux militants UMP. Figurez-vous qu'ils ne se sont pas contentés "d'arroser" les panneaux, officiels ou non. Ils se sont aussi permis de laisser une trace de leur passage à certains endroits inattendus. Ainsi, lorsqu'on se trouve devant les panneaux susmentionnés, il suffit de se retourner pour voir, sur le trottoir d'en face, ceci :
Faut-il en conclure que le député sortant (en place depuis 10 ans) est à ranger au rayon des vieilleries ? En tout cas, cet affichage sauvage n'a pas laissé indifférent un-e passant-e (que je soupçonne d'être venu-e coller une affiche pour un-e autre candidat-e), qui a griffonné un message :
12:45 Publié dans Politique, Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, ump, ps, législatives, législatives 2012







