dimanche, 22 mai 2011
Football ethnique en France
Je ne vais pas revenir sur toute la polémique déclenchée par la série d'articles de Mediapart, juste en tirer quelques conclusions. La première est une déception : alors que ce site a bonne réputation (il s'est notamment illustré dans les affaires Woerth-Bettencourt), sa présentation des discussions internes à la Fédération française de football semble avoir été tendancieuse. (Sur ce point, je me retrouve dans l'analyse de Variae, un blogueur associé à Marianne2.)
Au final, à l'exception des propos tenus par une personne, il apparaît qu'au-delà de quelques maladresses d'expression, les participants à la fameuse réunion se soient surtout souciés de deux problèmes :
- le choix d'une proportion non négligeable de jeunes joueurs (talentueux) binationaux de défendre finalement les couleurs du pays de leurs ascendants
- le profil physique et technique de la majorité des titulaires de l'équipe de France, jugés pas suffisamment complets
Concernant le premier problème, on a négligé un phénomène observable par tous : le décalage dans l'arrivée à maturité des jeunes joueurs. Certains connaissent leur pic de forme dès 18-20 ans, d'autres vers 23-25 ans, certains même plus tard. Mais il n'est pas facile d'attendre une hypothétique sélection alors que plusieurs camarades de promotion sont déjà sous les feux des projecteurs... d'autant plus que le fait de jouer en équipe nationale (de France ou d'ailleurs) n'est pas forcément vu comme un honneur, mais comme une opportunité de carrière : c'est un moyen d'obtenir une meilleure rémunération des sponsors et de se faire repérer par le manager d'un grand club.
Dans cette affaire, on a peut-être surestimé la part d'ethnicisme, alors qu'il est essentiellement question de pognon et de concurrence effrénée, comme l'a justement rappelé Thierry Pech (membre de la rédaction d'Alternatives économiques) dans l'émission L'Esprit public du 15 mai dernier.
On n'en est peut-être pas arrivé là par hasard. Lors de la dernière coupe du monde en Afrique du Sud, plusieurs journaux (Le Monde, L'Express, La Dépêche du Midi) ont évoqué l'existence de clans au sein de l'équipe de France, clans dont la formation pourrait être liée aux origines "ethniques" des joueurs. (On a même parfois suggéré que des relents d'homophobie pourraient nuire à la bonne entente du groupe... Voilà un sujet tabou dans le petit monde très très viril du sport professionnel !)
A cette époque (l'été 2010), j'avais apprécié la réaction de Lilian Thuram, qui a rué dans les brancards sans langue de bois. (Bien que n'étant pas un inconditionnel du foot -encore moins depuis une dizaine d'années, je garde en mémoire la demi-finale France-Croatie de 1998, durant laquelle ce joueur, bien qu'ayant commis une grosse erreur de défense, s'était si brillamment illustré. Pour la petite histoire, c'est lors de ce match que Laurent Blanc avait été injustement expulsé -et donc privé de finale- à cause d'une simulation d'un joueur adverse, Slaven Bilic... aujourd'hui sélectionneur de l'équipe nationale croate ! Les deux hommes se sont retrouvés à l'occasion du match amical joué en mars dernier. Score final : 0-0.)
Mais revenons à Lilian Thuram (auquel on prête des ambitions politiques... pourquoi pas, après tout). Lors de l'affaire des supposés quotas, il s'en est pris notamment à Laurent Blanc, ce qui lui a valu une réaction inattendue de Christophe Dugarry (et là on se rend compte qu'un joueur blanc vient au secours d'un autre... on n'en sort pas !), qui a rappelé une anecdote remontant à juillet 1998 et que je ne connaissais pas.
Au-delà de ces polémiques, deux choses sont claires pour moi :
- Le football est pourri par le pognon ; il a besoin de davantage de régulation.
- La société française n'est pas gangrenée par le racisme, mais plutôt par le communautarisme : la nature humaine fait que l'on a parfois tendance à se regrouper avec des personnes d'origines semblables (c'est une sorte d'instinct grégaire... un truc censé disparaître à l'âge adulte, quand on choisit ses fréquentations sur des critères plus objectifs, en théorie). Cela a toujours existé, mais ce n'était pas forcément apparent, encore moins revendiqué. Le football illustre bien, dans ce domaine comme dans d'autres, les changements survenus dans la société française depuis une vingtaine d'années.
14:37 Publié dans Société, Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : société, france, football
vendredi, 20 mai 2011
Petite histoire des colonies françaises
C'est le titre d'une série de quatre ouvrages de bandes dessinées (signés Grégory Jarry et Otto T.) d'un genre très spécial. L'oeuvre a une prétention historique... et elle semble bien documentée (elle fourmille d'anecdotes qui souvent, hélas, ne sont pas inventées). Mais ce qui pourrait être un horrible pensum est dynamité par la verve satirique : c'est méchant, sarcastique, sans pitié... souvent à hurler de rire.
La forme est originale : les livres sont rectangulaires ("à l'italienne", comme on dit dans le milieu de l'édition), précédés d'une petite introduction (dont le ton parodie celui des manuels de la Troisième République) centrée sur le narrateur de ces histoires : "papy de Gaulle". Ensuite, chaque page est organisée suivant le même modèle : la partie supérieure contient un court texte explicatif, parfois sérieux, parfois ironique, parfois complètement barré ; le reste de la page est dessiné, en théorie pour illustrer le propos, souvent en contrepoint.
Le premier tome a pour sous-titre L'Amérique française :
Il est découpé en six chapitres :
- La rivalité franco-anglaise
- La Floride
- Le Canada
- La Louisiane
- Les Antilles
- L'effondrement
Il aborde une période méconnue de notre histoire, durant laquelle la France tenta de s'implanter dans des régions que l'on a oubliées aujourd'hui, comme ce fut le cas en Floride :
Il est aussi bien évidemment question des pionniers... mais sans légende dorée :
Le deuxième tome a pour sous-titre L'Empire :
Les faits racontés dans cet album sont mieux connus. Il est ainsi question de la conquête de l'Algérie... qui ne s'est pas effectuée dans la dentelle :
(Je recommande aussi la représentation de l'incident qui a servi de prétexte à l'invasion française.)
Dans le cadre de la prise de contrôle du Maroc, les positions de Jean Jaurès sont abordées... de manière ironique évidemment :
Le tome 3 a pour sous-titre La décolonisation :
Les dessinateurs excellent à mettre en images les arrière-pensées des acteurs de cette période (toujours avec une distance ironique), comme Hô Chi Minh :
Il est aussi fortement question des violences, avec (notamment) l'exemple de l'Algérie :
Le tome 4 a pour sous-titre La Françafrique :
Là, ô surprise, papy de Gaulle cède la parole à ses successeurs, papy Pompidou et papy Giscard (qui parlent peu), "Tonton" (Mitterrand)... et même un peu papy Chirac et cousin Sarko (vêtu d'un costume très révélateur...). Dans ce volume, les plus jeunes découvriront un personnage-clé de cette époque, Jacques Foccart :
Le livre vaut aussi pour la dénonciation du comportement prédateur des élites françaises... et africaines :
Moi je trouve que cela pourrait constituer un beau cadeau de fête des mères !
12:19 Publié dans Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, france, livre, humour
lundi, 16 mai 2011
Domi nique qui ?
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
A l'époque Nico le Fier
La France mit aux abois
Dominique notre Père
Combattit les grands bourgeois
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
Certain jour un érotique
Petit cul rose l'éconduit
Mais notre Père Dominique
Le soumit à sodomie
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
Sans porno ni manigance
Il parvient à prendr' son pied
Tient son vit quelle potence
Méprisant la chasteté
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
Enflamma de tout l'hôtel
Le très féminin personnel
Et pour répandre sa semence
Comprima ses flatulences
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
A Dominique pervers
Le sein s'en vint à manquer
Et deux anges se présentèrent
Dotés de mamelles dorées
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
Dominique vit en rêve
Les lécheuses du monde entier
Sous le manteau sa belle Verge
Adroitement titiller
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
Dominique mon bon Père
Garde nous fort bien montés
Pour exposer à nos frères
Nos vits en pleine santé !
Dominique nique nique
S'en allait tout simplement
Frustré, chaud et bandant
En sortant d'la salle de bains
Il ne pense qu'à sa queue
Il ne pense qu'à sa queue
Soeur Sourire édenté
17:53 Publié dans Bouts rimés, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, société, actualité, dsk, poésie





