Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 13 juillet 2016

Du Nutella customisé

   Récemment, j'ai contribué à relancer la consommation des ménages. Dans le chariot (que je poussais avec puissance et dignité) s'est retrouvé un étrange pot de Nutella, aux couleurs de l'Euro 2016 de football :

france,société,euro 2016,football,actualité

   Notez la disposition des représentants nationaux. Les Français sont en grand, au sommet, entourés des Italiens et d'un Portugais. A l'opposé se trouve un Allemand. Les commerciaux du groupe Ferrero ont eu du nez, puisque la finale du dernier championnat d'Europe a opposé (comme personne ne l'ignore) la France au Portugal. On remarque que seuls douze pays sont représentés : outre les précédemment cités, on trouve la Belgique, l'Autriche, la Roumanie, la Pologne, la Russie, l'Espagne, l'Angleterre et peut-être l'Irlande du Nord (ou la Turquie).

   Qu'en est-il dans les autres pays ? Je n'ai trouvé des pots aux couleurs de la compétition que dans trois pays. Bien entendu, l'Italie figure dans le lot :

france,société,euro 2016,football,actualité

   En Allemagne, la présentation est plus sobre :

france,société,euro 2016,football,actualité

   La palme de l'originalité revient au "pot belge", qui existe sous deux versions, égalité des sexes oblige :

france,société,euro 2016,football,actualité

france,société,euro 2016,football,actualité

   En creusant un peu le sujet, je suis tombé sur un article publié à l'occasion du décès de Michele Ferrero, la "père" du Nutella. On y apprend que les Français sont les plus gros consommateurs mondiaux de la pâte à tartiner chocolatée, devant les Allemands, les Italiens et les Suisses. Quant à la Belgique, elle occupe aussi une place à part : le Nutella y détient plus de 50 % de parts de marché, le groupe Ferrero y possède une importante usine... et l'équipe des "diables rouges" faisait partie des favoris, avant le début de la compétition.

samedi, 09 juillet 2016

L'équipe de France de la diversité

   C'est la conclusion à laquelle on arrive quand on analyse la composition de l'effectif (les 23) sélectionné par Didier Deschamps pour l'Euro 2016 de football. En complétant les informations glanées sur le site de L'Equipe par des recherches complémentaires, on fait même quelques trouvailles.

   La première remarque est que cette équipe est composée massivement de joueurs nés en France (20 sur 23). Les trois nés à l'étranger (Patrice Evra au Sénégal, Samuel Umtiti au Cameroun et Steve Mandanda en République Démocratique du Congo) sont arrivés très jeunes en France (avant l'âge de trois ans). Il n'y a donc pas de naturalisés de complaisance dans ce groupe. Notons que 19 des 20 joueurs nés en France ont vu le jour en métropole (dont 1 en Corse : Adil Rami), le vingtième (Dimitri Payet) étant originaire de La Réunion.

actualité,presse,médias,journalisme,france,football,actualité,euro 2016

   L'outremer est en réalité davantage présent dans l'effectif. En effet, Anthony Martial est né dans l'Essonne de parents martiniquais, tandis que Kingsley Coman est né à Paris de parents guadeloupéens. Cela nous amène à nous intéresser aux départements métropolitains de naissance de 19 des 23 sélectionnés.

actualité,presse,médias,journalisme,france,football,actualité,euro 2016

   Sans surprise, la région Ile-de-France domine, avec 7 joueurs (2 de Paris, 2 de Seine-et-Marne, 1 d'Essonne, 1 des Hauts-de-Seine et 1 de Seine-Saint-Denis). Sinon, tous les coins de l'Hexagone sont représentés, sauf la Bretagne.

   En piochant un peu plus, je suis tombé sur des informations portant sur les ascendants (parents, grands-parents) des joueurs. 8 d'entre eux ont des parents étrangers et 4 autres ont au moins un grand-parent étranger. Cela donne la carte suivante, avec, en rouge, les pays d'origine des parents, et, en jaune, les pays d'origine des grands-parents non français :

actualité,presse,médias,journalisme,france,football,actualité,euro 2016

   Sans surprise, l'Afrique domine chez les parents étrangers. Ceux de Moussa Sissoko et de N'Golo Kanté sont maliens. Ceux d'Adil Rami sont marocains. Ceux de Paul Pogba sont guinéens. Ceux de Blaise Matuidi sont angolais. Ceux d'Eliaquim Mangala sont congolais (de R.D.C.). Enfin, le père de Bacary Sagna est sénégalais. Complète le tableau Hugo Lloris, dont le père est originaire d'Espagne, plus précisément de Catalogne.

   Quand on remonte jusqu'aux grands-parents, les résultats changent. Ainsi, c'est l'Europe qui est l'origine la plus fréquente. Sachez qu'Olivier Giroud a deux grands-mères italiennes, que Laurent Koscielny a un grand-père polonais... et que la nouvelle icône du football français, Antoine Griezmann, a deux grands-parents (du côté maternel)... portugais ! La palme de l'origine la plus exotique revient à Yohan Cabaye, dont l'une des grands-mères est d'origine vietnamienne.

   Qu'en est-il de ceux qui jouent le plus ? Prenons l'exemple de la récente demi-finale, contre l'Allemagne. Deux des trois joueurs nés à l'étranger se trouvaient sur le terrain, tout comme six des huit joueurs (remplaçants inclus) qui ont au moins un parent étranger. Les quatre joueurs qui ont au moins un grand-parent étranger ont foulé la pelouse, ce qui n'est le cas que d'un seul des joueurs qui n'ont aucune ascendance étrangère proche : Dimitri Payet, le Réunionnais. J'ai comparé avec la composition de l'équipe qui a disputé le premier match (contre la Roumanie) : remplaçants inclus, 11 des 14 joueurs qui ont foulé la pelouse du Stade de France ce vendredi 10 juin ont une ascendance étrangère. Les trois autres (D. Payet, A. Martial et K. Coman) ont des parents domiens.

   Ce sont aussi très majoritairement des joueurs qui évoluent à l'étranger. En demi-finale, 12 des 14 rentrés sur le terrain évoluaient l'année écoulée dans un championnat étranger. (Les deux exceptions sont Blaise Matuidi, du PSG, et Samuel Umtiti, de Lyon.) C'était même pire lors du match contre la Roumanie, qui a seulement vu Matuidi fouler la pelouse.

   Voyons ce qu'il en est pour l'ensemble des 23 sélectionnés. 18 évoluent dans un championnat étranger, dont 11 au Royaume-Uni ! D'ailleurs, en demi-finale, 8 des 14 Français qui ont foulé la pelouse jouaient la saison passée dans un club anglais ! Cela me rappelle la "promotion" de 1998 (celle des champions du monde), dans laquelle les salariés de clubs italiens étaient nombreux (Zidane, Desailly, Deschamps, Boghossian, Djorkaeff et Thuram), même si les clubs anglais pointaient déjà le bout de leur nez. En 2016, 5 des sélectionnés jouaient dans un club londonien, 4 dans l'un des deux clubs de Manchester, 1 à Newcastle et 1 à Leicester.

actualité,presse,médias,journalisme,france,football,euro 2016

   Après le championnat britannique viennent les championnats français (5 sélectionnés), italien (3 sélectionnés), espagnol (2 sélectionnés), allemand (1 sélectionné)... et mexicain (1 sélectionné : André-Pierre Gignac).

actualité,presse,médias,journalisme,france,football,actualité,euro 2016

   Conclusions ? Les sélectionnés en équipe de France sont d'abord des joueurs nés et formés en France. Ils ont souvent une ascendance étrangère. Le football a pu être perçu comme un bon moyen de réussir dans la vie (plus que l'école, en tout cas). Enfin, ces très bons joueurs sont partis gagner leur croûte à l'étranger, dans des championnats relevés, pas très loin de la France métropolitaine.

   P.S.

   Si l'on considère le cas des "grands absents" (côté français) de cet Euro (évoqués dans un article du Monde), on constate qu'ils rentrent dans ce schéma. Tous sont nés en France métropolitaine (Raphaël Varane ayant un père martiniquais). Trois recrues potentielles sont nées de parents étrangers : sénégalais pour Mamadou Sakho, maliens pour Lassana Diarra, centrafricains pour Kurt Zouma. Sur les sept grands absents, deux évoluaient dans le championnat français (Diarra à Marseille, Debuchy à Bordeaux). Des cinq autres, deux jouaient en Angleterre, trois en Espagne.

mercredi, 31 décembre 2014

Prédictions

   En cette fin 2014, divers astrologues et autres gourous pour décérébrés y vont de leurs prédictions pour l'année à venir. Il est parfois bon de se retourner sur le passé récent pour prendre un peu de recul. Il y a quelques jours, je suis retombé par hasard sur un article du Monde datant du début de la coupe du monde de football : Et à la fin, c'est... l'Espagne qui gagne.

   Il y est question de plusieurs prédictions quant au déroulement et au résultat final de la compétition. Le journaliste commence par évoquer le cas des animaux : en 2010, Paul le poulpe avait fait des merveilles. Les pandas n'ont pas pu lui succéder et, quand on analyse les résultats des bébêtes qu'on a présentées comme des successeurs fiables, il y a de quoi rire.

   Faute de pouvoir se fier aux animaux, on s'est tourné vers des humains dotés de pouvoirs spéciaux. Chamans comme sorciers se sont lamentablement plantés, tous prédisant la victoire du Brésil. Précisons qu'on n'a interrogé que des Sud-Américains, dont les "perceptions" ont pu subir quelques influences...

   Mais revenons à l'article du Monde. Il évoque des prédictions (censées être) plus rationnelles, s'appuyant sur des chiffres et des modèles d'analyse... du lourd, quoi !

   On commence par les économistes de Goldman Sachs. Ils se sont aventurés à proposer des scores pour tous les matchs du premier tour. On remarque que, très souvent, ils prédisent un match nul 1-1. Ils ont désigné le bon vainqueur ou trouvé le bon match nul dans à peine plus d'un tiers des cas. Quand ils ont désigné le bon vainqueur, c'est presque toujours une "grande équipe". Pour la suite, ils voyaient bien le Brésil et l'Allemagne se rencontrer en demi-finale, et l'Argentine se qualifier dans l'autre match. Mais, pour eux, c'est le Brésil qui devait sortir vainqueur... et l'Espagne était le quatrième participant. De surcroît, aucun huitième de finale n'était juste. Par contre, en quarts, les économistes anglo-saxons voyaient bien l'Allemagne l'emporter sur la France.

   L'article du Monde s'étend davantage sur les prédictions du CIES (Centre International d'Etude du Sport), qui s'est appuyé sur l'analyse de l'état de forme des joueurs. Globalement, ces spécialistes ont sous-estimé les performances de plusieurs "petites" équipes (le Mexique, le Chili, le Costa Rica, l'Algérie et les Etats-Unis) et ils ont surestimé celles de quelques "cadors" (l'Espagne, l'Angleterre, l'Italie et le Portugal). Ils ont trouvé la composition exacte d'un seul huitième de finale (France - Nigeria). Fort logiquement, aucun quart n'est juste... mais deux des quatre participants des demies ont été trouvés : le Brésil et l'Argentine, qu'il était prévu de voir finir respectivement 2e et 3e, l'Espagne remportant le trophée (d'où le titre de l'article).

   Signalons que l'illustration n'est pas la même dans la version numérique et la version papier de l'article. La première est accompagnée d'une photographie de l'équipe espagnole, fournie par l'agence Reuters. La seconde est illustrée d'un schéma des matchs à élimination directe qui s'inspire de celui proposé par le CIES, qui a été traduit en français. Quoique... Voici le schéma publié dans la version papier :

société,médias,presse,sports

   Déjà que le choix des couleurs n'est pas très heureux (le vert gênant la lecture des noms des pays), mais, par dessus le marché, une erreur de débutant a été commise à propos de l'Angleterre, dont l'équipe est improprement désignée comme étant celle du Royaume-Uni. Voilà qui a dû ravir les lecteurs écossais du journal (s'il y en a)...

   Dans la version d'origine, il n'y a pas d'erreur :

société,médias,presse,sports

   Ah les stagiaires !

   L'article fait quand même état de "prévisionnistes" qui ne se sont pas plantés, ceux de l'éditeur de jeux Electronic Arts, qui ont bien prédit une victoire finale de l'Allemagne... mais contre le Brésil. Leur réussite est toute relative : ils voyaient l'Allemagne terminer derrière le Portugal en phase de groupe, ce pays allant jusqu'en demi-finale, tout comme l'Espagne !

mercredi, 25 juin 2014

Zidane entraîneur du Real

   Attention, hein : ce n'est pas l'équipe première que l'ancien footballeur vedette va entraîner (il était l'assistant de Carlo Ancelotti jusqu'à présent), mais l'équipe seconde, le Real Castilla. Celui-ci vient de connaître une saison très décevante, avec 13 victoires, pour 10 matchs nuls et 19 défaites, finissant à la vingtième (et antépénultième) place de la Liga Adelante (la Ligue 2 espagnole).

actualité,football,presse,médias,journalisme

   La conséquence en est la relégation en division 3... un défi à relever pour Zizou ! Ce n'est pas sans parenté avec le parcours de l'actuel sélectionneur de l'équipe de France, Didier Deschamps, qui avait jadis pris les rênes de la Juventus de Turin alors rétrogradée en série B italienne. Là s'arrêtent les similitudes. Dès ses débuts d'entraîneur, Deschamps avait géré une grosse équipe (l'AS Monaco), avec laquelle il avait rencontré le succès.

   Zinedine Zidane, comme à l'accoutumée, fait preuve de prudence. Il s'est placé sous l'aile d'un prestigieux aîné, a décroché son diplôme et se lance vraiment avec une équipe modeste. Ce parcours a de quoi étonner les amateurs d'histoire à paillettes. Depuis des mois, on a successivement annoncé la venue de Zidane comme entraîneur à Marseille, Monaco, Bordeaux... et même Rodez... mais c'était le 1er avril ! Cette dernière information paraissait tellement invraisemblable qu'elle a servi de matière à un article parodique de La Dèche du Midi.

   Des raisons familiales sont peut-être aussi entrées en ligne de compte dans le choix de Zidane de poursuivre sa carrière à Madrid. En effet, l'équipe A junior du Real a récemment intégré le jeune Enzo Fernandez... du moins c'est ainsi qu'il est présenté sur le site de l'équipe madrilène :

actualité,football,presse,médias,journalisme

   Né à "Burdeos" (Bordeaux !), ce jeune joueur pourrait être rapidement amené à figurer dans la réserve du Real, en attendant mieux. A ceux qui l'ignorent, il faut préciser qu'Enzo a choisi de garder le nom de famille de sa mère, Véronique Fernandez, qui n'est autre que l'épouse de Zinedine Zidane. Cela fait plusieurs années que l'on parle du fils aîné de Zizou comme d'un futur prodige. En tout cas, le papa semble avoir choisi, pour l'instant, de lier sa reconversion à la carrière de ses enfants.

samedi, 14 juin 2014

Un groupe pas si facile que cela pour l'équipe de France de football

   En France, on s'est peut-être un peu vite réjoui du résultat du tirage au sort de la phase finale de la coupe du monde football 2014. Dans le groupe E, la France est opposée au Honduras, à la Suisse et à l'Equateur. Aucun des vainqueurs potentiels ne se trouve sur sa route immédiate. "Du tout cuit pour les huitièmes de finale", ai-je entendu à l'époque. Les récents succès de l'équipe tricolore en matchs de préparation ont fait ressurgir une armée de Footix dans notre pays. L'ancien fan que je suis regarde cela avec plus de recul.

   Commençons par le Honduras, l'adversaire de dimanche. A priori, il ne paie pas de mine. C'est seulement la troisième fois qu'il se qualifie pour une phase finale... mais la deuxième de suite. Même si, les deux fois précédentes (en 1982 et 2010), il n'a pas passé le premier tour, il dispose peut-être de la meilleure équipe que le pays ait connue.

   Le Honduras a en effet terminé troisième des éliminatoires de la zone Concacaf (qui regroupe les pays d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes), derrière les Etats-Unis et le Costa Rica... mais devant le Mexique (qui vient de battre le Cameroun 1-0, dans le groupe A) :

brésil,coupe du monde,football,société,france

   Dans son parcours, le Honduras s'est signalé par la qualité de ses attaquants, infligeant un cinglant 8-1 au Canada (avec de très jolis buts... même si la défense canadienne comptait sans doute plus de trous que les chaussettes d'un clochard). Plus tard dans la compétition, l'équipe centre-américaine s'est fait remarquer par un autre exploit : une victoire contre le Mexique, à Mexico. Rappelons enfin qu'il y a quatre ans, la Suisse n'était pas parvenue à vaincre le Honduras en phase de poules, perdant ainsi toute chance d'accéder aux huitièmes de finale.

   Voilà qui nous mène à nos voisins helvétiques. Il y a quatre ans, il avaient, dans un premier temps, fait forte impression, battant l'Espagne (futur vainqueur), avant de rater la suite de la compétition. Les observateurs avaient déploré la faiblesse de l'attaque suisse.

   La formation de 2014 semble avoir remédié (au moins partiellement) au problème, puisqu'elle a fini les éliminatoires avec la meilleure attaque (17 buts) de son groupe... et la meilleure défense : 6 buts encaissés en 10 matchs, dont 4 lors d'une rencontre épique contre l'Islande... et donc seulement 2 lors des 9 autres matchs. Ajoutons à cela que la Suisse est restée invaincue, remportant 7 rencontres et concédant 3 matchs nuls.

brésil,coupe du monde,football,société,france

   Des 7 victoires, on retiendra notamment celle remportée en Norvège (0-2), contre une équipe qui était beaucoup plus motivée que celle que la France a facilement vaincue en match amical à Saint-Denis.

   Passons au troisième adversaire des Bleus : l'Equateur. Comme pour le Honduras, c'est sa troisième participation à une phase finale de la coupe du monde, après 2002 et surtout 2006, édition au cours de laquelle les Sud-Américains avaient atteint les huitièmes de finale. Dans les conversations, c'est le pays dont le nom échappe le plus souvent à la mémoire des interlocuteurs. Tout le monde se souvient (en la redoutant, parfois) de la présence de la Suisse dans le groupe de la France. Minoritaires sont ceux qui ignorent le nom du premier adversaire, le Honduras, présenté (à tort ?) comme un "petit Poucet". Pour le troisième, l'utilisation d'un smartphone se révèle (souvent) nécessaire...

   Et pourtant. L'Equateur n'a pas eu besoin de recourir aux barrages pour se qualifier. Il a terminé quatrième de la zone Amérique du Sud, juste devant l'Uruguay :

brésil,coupe du monde,football,société,france

   Pour en arriver là, les Equatoriens ont réalisé plusieurs belles performances à domicile, battant notamment le Chili (4-0 !... Il vient de battre l'Australie 3-1, dans le groupe B), l'Uruguay (1-0)... et le Paraguay (4-1). C'est cette dernière équipe que la France n'est pas parvenue à vaincre en match amical, au début du mois, à Nice. Même si les conditions sont aujourd'hui différentes, ces quelques données devraient inciter les Bleus à prendre très au sérieux chacun de leurs adversaires.

   P.S.

   La rencontre de dimanche (contre le Honduras) aura une saveur particulière, au moment de l'écoute des hymnes nationaux. En effet, celui du Honduras contient un couplet entièrement dédié à la France... mais celle de la Révolution et de Georges Danton !

dimanche, 22 mai 2011

Football ethnique en France

   Je ne vais pas revenir sur toute la polémique déclenchée par la série d'articles de Mediapart, juste en tirer quelques conclusions. La première est une déception : alors que ce site a bonne réputation (il s'est notamment illustré dans les affaires Woerth-Bettencourt), sa présentation des discussions internes à la Fédération française de football semble avoir été tendancieuse. (Sur ce point, je me retrouve dans l'analyse de Variae, un blogueur associé à Marianne2.)

   Au final, à l'exception des propos tenus par une personne, il apparaît qu'au-delà de quelques maladresses d'expression, les participants à la fameuse réunion se soient surtout souciés de deux problèmes :

- le choix d'une proportion non négligeable de jeunes joueurs (talentueux) binationaux de défendre finalement les couleurs du pays de leurs ascendants

- le profil physique et technique de la majorité des titulaires de l'équipe de France, jugés pas suffisamment complets

   Concernant le premier problème, on a négligé un phénomène observable par tous : le décalage dans l'arrivée à maturité des jeunes joueurs. Certains connaissent leur pic de forme dès 18-20 ans, d'autres vers 23-25 ans, certains même plus tard. Mais il n'est pas facile d'attendre une hypothétique sélection alors que plusieurs camarades de promotion sont déjà sous les feux des projecteurs... d'autant plus que le fait de jouer en équipe nationale (de France ou d'ailleurs) n'est pas forcément vu comme un honneur, mais comme une opportunité de carrière : c'est un moyen d'obtenir une meilleure rémunération des sponsors et de se faire repérer par le manager d'un grand club.

   Dans cette affaire, on a peut-être surestimé la part d'ethnicisme, alors qu'il est essentiellement question de pognon et de concurrence effrénée, comme l'a justement rappelé Thierry Pech (membre de la rédaction d'Alternatives économiques) dans l'émission L'Esprit public du 15 mai dernier.

   On n'en est peut-être pas arrivé là par hasard. Lors de la dernière coupe du monde en Afrique du Sud, plusieurs journaux (Le Monde, L'Express, La Dépêche du Midi) ont évoqué l'existence de clans au sein de l'équipe de France, clans dont la formation pourrait être liée aux origines "ethniques" des joueurs. (On a même parfois suggéré que des relents d'homophobie pourraient nuire à la bonne entente du groupe... Voilà un sujet tabou dans le petit monde très très viril du sport professionnel !)

   A cette époque (l'été 2010), j'avais apprécié la réaction de Lilian Thuram, qui a rué dans les brancards sans langue de bois. (Bien que n'étant pas un inconditionnel du foot -encore moins depuis une dizaine d'années, je garde en mémoire la demi-finale France-Croatie de 1998, durant laquelle ce joueur, bien qu'ayant commis une grosse erreur de défense, s'était si brillamment illustré. Pour la petite histoire, c'est lors de ce match que Laurent Blanc avait été injustement expulsé -et donc privé de finale- à cause d'une simulation d'un joueur adverse, Slaven Bilic... aujourd'hui sélectionneur de l'équipe nationale croate ! Les deux hommes se sont retrouvés à l'occasion du match amical joué en mars dernier. Score final : 0-0.)

   Mais revenons à Lilian Thuram (auquel on prête des ambitions politiques... pourquoi pas, après tout). Lors de l'affaire des supposés quotas, il s'en est pris notamment à Laurent Blanc, ce qui lui a valu une réaction inattendue de Christophe Dugarry (et là on se rend compte qu'un joueur blanc vient au secours d'un autre... on n'en sort pas !), qui a rappelé une anecdote remontant à juillet 1998 et que je ne connaissais pas.

   Au-delà de ces polémiques, deux choses sont claires pour moi :

- Le football est pourri par le pognon ; il a besoin de davantage de régulation.

- La société française n'est pas gangrenée par le racisme, mais plutôt par le communautarisme : la nature humaine fait que l'on a parfois tendance à se regrouper avec des personnes d'origines semblables (c'est une sorte d'instinct grégaire... un truc censé disparaître à l'âge adulte, quand on choisit ses fréquentations sur des critères plus objectifs, en théorie). Cela a toujours existé, mais ce n'était pas forcément apparent, encore moins revendiqué. Le football illustre bien, dans ce domaine comme dans d'autres, les changements survenus dans la société française depuis une vingtaine d'années.

mercredi, 08 septembre 2010

Le fiston de Zidane

   Il se prénomme Enzo. C'est l'aîné des enfants du couple. Comme papa, il est passionné de football... et il évolue dans le club de la région de Madrid (la famille réside officiellement en Espagne depuis huit ans). Du coup, les rumeurs vont bon train sur l'avenir de l'adolescent. S'il est aussi doué qu'on le dit, il pourrait bientôt atterrir dans une sélection nationale... mais laquelle ?

   Il a beau être né en France de parents citoyens français, il vit en Espagne, y est scolarisé. Une partie de sa famille, du côté de sa mère, est d'ailleurs originaire de ce pays. Il y en a trace dans son nom complet : Enzo Alain Zidane Fernandez (la maman est Véronique Fernandez). C'est un système propre aux pays hispaniques. Ainsi, le Premier ministre espagnol, qui a pour identité complète José Luis Rodriguez Zapatero, est le fils d'un Rodriguez et d'une Zapatero. Autre exemple : Che Guevara, dont le véritable nom est Ernesto Rafael Guevara de la Serna (la maman est une de la Serna).

   Notons toutefois que, si la belle-famille de Zidane a des origines espagnoles, elle est devenue aveyronnaise. Le champion lui aurait payé une belle maison à Onet-le-Château. Il arrive donc qu'on le croise à l'aéroport de Marcillac (les personnes à qui c'est arrivé confirment la réputation de simplicité et de discrétion du bonhomme). L'hiver dernier, il a été vu sur le nord Aveyron.

   L'ancien champion de football veille aussi à la sécurité matérielle de sa propre famille, comme on peut le découvrir dans un passionnant dossier de L'Express.

   Si vous lisez l'anglais, je vous recommande un portrait publié en 2004 par le magazine britannique The Observer. Il mérite vraiment le détour.

samedi, 19 juin 2010

Un voyou dans une équipe de mafieux ?

   Je vais bien sûr causer des propos attribués au footballeur Nicolas Anelka, mis en exergue par le quotidien sportif L'Equipe. Tout d'abord, je vais me répéter, mais je persiste à penser que les joueurs de l'équipe de France sont dans l'air du temps sarkozyste.

   En effet, si les propos qui lui sont prêtés sont confirmés, on peut affirmer que son "Va te faire enculer, sale fils de pute" n'est qu'un digne prolongement du "Casse-toi, pauv' con" présidentiel. Le buteur du championnat anglais et notre chef de l'Etat partagent aussi l'amour de l'argent et des belles choses qui vont avec, ce qui a conduit Anelka, tel un vulgaire Johnny Hallyday, à tenir des propos peu amènes pour la France.

   Reste que le footballeur a manqué de respect à un entraîneur qui semblait auparavant avoir plutôt ses faveurs. En l'insultant devant ses coéquipiers, il a contribué à la décrédibiliser, alors que l'équipe va déjà mal. Un esprit mal intentionné pourrait voir dans cet incident la résurgence du passé banlieusard de Nicolas Anelka. La vedette (et ses deux frères, qui veillent jalousement sur sa carrière), qui a de surcroît refusé de s'excuser, a adopté un langage et un comportement plus "dignes" d'une "racaille" que d'un modèle pour la jeunesse.

   Notons toutefois que, s'il ne nie pas l'altercation, le joueur conteste l'exactitude des propos rapportés par L'Equipe. Peut-être sa colère est-elle tombée... ou peut-être a-t-il pris conscience de l'indignation soulevée par ses injures. Qui sait si les contrats publicitaires en jeu ne l'ont pas aussi incité à faire preuve de plus de modestie... (On remarque que le joueur de Chelsea, club dont le propriétaire est l'oligarque russe Roman Abramovitch, a réservé l'exclusivité de ses premières déclarations au quotidien français France Soir, passé sous la coupe d'Alexandre Pougatchev, fils d'un autre oligarque surnommé "le banquier de Poutine"...)

   En tout cas, on ne peut pas dire que le capitaine de l'équipe de France (elle-même divisée en clans) ait laissé tomber son coéquipier. Au lieu de dénoncer les insultes, il s'en prend à un hypothétique "traître". En gros, les joueurs et le staff auraient dû garder le silence sur l'altercation, respectant une sorte d'omerta ! On nage en plein délire ! On se rend compte à quel point les "valeurs" des sportifs qui sont censés représenter la France ne sont pas celles des citoyens de base.

   Dans cette affaire, les plus à plaindre sont les joueurs qui ont envie de "mouiller le maillot", sans faire de chichi, et qui sont sous la coupe des forts en gueule, supposés être les meilleurs ou les plus exemplaires.

jeudi, 17 juin 2010

Coup de gueule

   Certains vont penser que je suis sur le point d'exprimer ma colère, ou une grande déception, quant aux performances de l'équipe nationale de football. Que nenni ! D'abord, je n'ai pas regardé le match (j'ai préféré aller voir le dernier film de Kim Ki-Duk). Ensuite, le résultat ne m'étonne pas. Que voulez-vous que fasse une bande (je n'appelle pas cela une équipe) de frimeurs, obsédés uniquement par la célébrité, le pognon et les filles faciles ? Tiens... ce portrait me rappelle quelqu'un... mais oui ! Les footballeurs français sont, finalement, assez représentatifs, non pas du pays réel, mais de celui qui le dirige. Leurs résultats sportifs sont d'ailleurs à l'image des résultats économiques obtenus par l'incompétent immature de l'Elysée.

   Mais passons à l'objet de ma chronique, l'émission des Grosses Têtes de mercredi 16 juin 2010. J'aime bien écouter de temps à autre ce groupe de misogynes gentiment réactionnaires, dans lequel se glisse(nt) une (ou deux) femme(s) de tempérament. Comme ce n'est pas possible à mon boulot, je profite du site internet de R.T.L., bien fichu, pour en jouir à ma guise.

   Le programme n'a plus le lustre d'antant, quand on pouvait entendre d'aussi éminentes personnalités que Jacques Martin, Jean Yanne, Sim, Léon Zitrone, Jean Dutourd ou encore Robert Sabatier. Heureusement, Philippe Bouvard est encore là. Il a quelque peu reformaté l'émission, qui compte davantage de séquences désormais. On a ainsi régulièrement droit à un moment avec "l'auditeur du bout du monde" et, chaque jour, l'invité d'honneur doit vider ses poches en début d'entretien.

   La première partie de l'émission voit l'un des intervenants nous livrer son "coup de sang", de préférence avec style. Ce mercredi, Jacques Mailhot s'y est collé. D'habitude, je l'aime bien, mais là il m'a sérieusement agacé. De manière fort injuste, il s'en est pris à Eva Joly, une femme pour laquelle j'ai beaucoup de respect. Cela commence par des jeux de mots très plats et une attaque sur le physique de l'ancienne magistrate. D'abord, je ne la trouve pas si laide... pour quelqu'un de 66 ans :

eva-joly.jpg
   Combien de vieilles badernes officiant aux Grosses Têtes peuvent se vanter d'être aussi bien conservées ? Et puis, regardez comme elle était belle à 15-16 ans ; on comprend qu'elle ait fait tourner des têtes :
Eva gro Farseth.jpg

   (Eva Gro Farseth est l'identité première de celle qui épousa par la suite un certain Pascal Joly, cousin de l'humoriste Sylvie Joly.)

   J. Mailhot continue en dénigrant son travail de juge alors que, contrairement à nombre de ses collègues masculins, de pitoyables carriéristes qui n'ont rien dans le pantalon, elle n'a pas hésité à s'en prendre à quelques "intouchables" comme Roland Dumas et Loïk Le Floch-Prigent, qui ont leur rond de serviette dans les médias, mais qui ont coûté cher à la collectivité. Elle s'est faite toute seule, à la force du poignet, contrairement à d'autres nés une cuillère en argent dans la bouche. C'est de son exemple qu'il faudrait plutôt s'inspirer.

   Mailhot continue dans l'ignominie en ironisant sur le bégaiement de François Bayrou et les toilettes sèches de José Bové, deux personnes qui valent mieux que lui. Il termine, très classe, en suggérant qu'avec Marie-George Buffet et Martine Aubry, on aurait trois "horreurs" candidates à la prochaine présidentielle, ce qui suffirait à expliquer une abstention élevée. Pauvre banane ! Les électeurs sont bien plus intelligents que toi (ou que le pauvre scribouillard qui a pondu ta chronique maladroite) ! Ils s'abstiennent d'abord parce qu'ils trouvent creux (ou mensongers) les discours et les projets des politiques. De ce point de vue, l'arrivée d'Eva Joly serait au contraire une salutaire bouffée d'air frais !

lundi, 03 mai 2010

La catin, le vautour et le blaireau

Damoiselle Catin, au corps mince et formé

Soutenue par Vautour, muni des bonnes clés

Dans un joli palais trouva moyen d'entrer

Pour assouvir Blaireau, qui s'en laissa coûter.

 

Dans son nid parisien, Vautour le magnifique

Rêve de briller dans la lucarne magique.

Il y fit figurer damoiselle Catin

Qui fort se déhancha, médiatique tapin

Sous un zodiacal nom qui n'était pas le sien.

 

Pauvre petit Blaireau, son désir assouvi

Réalise trop tard que la catin mineur(e)

Lui coûtera moins que Femme de footballeur

Et que ses burnes, même vides

Paraissent plus que sa tête remplies.

 Henri Cool de Source