dimanche, 05 juin 2011
La zigounette de DSK, encore et toujours
Après tout, ce n'est que la quatrième fois que je m'exprime sur le personnage (depuis l'éclatement du scandale). Cette fois-ci, après le détournement de chanson, après la référence aux satiristes, après le lien avec New York Unité Spéciale, il va s'agir d'une information qui ressurgit (une de plus...).
Ce n'est que tout récemment que je suis tombé sur un article du Monde publié en "page trois", dans le numéro daté du 25 mai dernier. Le titre de la version papier est La police (politique) des moeurs :
Notons tout de suite que la version numérique de l'article porte un titre plus racoleur : Sexe, politique et police des moeurs. Même l'illustration diffère quelque peu. Dans les deux cas, il s'agit d'une photographie de la Préfecture de police (de Paris). Dans la version papier, on se contente de montrer le bâtiment, de manière neutre, alors que la version numérique propose une vue en contreplongée de l'entrée. Ici encore, on a tranché en faveur d'un traitement plus spectaculaire.
La comparaison des mises en page est aussi éclairante. Sur la version papier, le texte encadre la photographie ; il n'est aéré que par un seul intertitre, qui fait allusion aux journalistes. Sur la version numérique, les paragraphes se détachent plus nettement et deux intertitres (différents de celui de la version papier) ont été ajoutés, en gras : ils évoquent un pouvoir occulte. Cette organisation sous-entend que les lecteurs de la version numérique ont davantage besoin d'être aidés...
Venons-en aux faits. Il est question de Dominique Strauss-Kahn. Selon l'article (qui s'appuie sur des sources policières), DSK aurait été "surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l'ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l'occasion d'un banal contrôle".
En bon français, cela veut dire que l'ancien candidat à l'investitude du P.S. avait été gaulé par les flics alors qu'il culbutait une prostituée (ou qu'il se faisait faire une gâterie par la dame) du côté du Bois de Boulogne... ah ben tiens, juste à côté de Neuilly ! (L'article ne précise toutefois pas si DSK a payé la dame en liquide...)
L'histoire a été étouffée... pour ressurgir lorsque DSK a commencé à apparaître comme un concurrent dangereux pour le président sortant. Et pourtant, les journalistes qui ont eu l'info n'en ont absolument pas parlé et, dans les médias, on a continué à nous présenter le couple Strauss-Kahn - Sinclair comme un modèle d'amour partagé...
21:56 Publié dans Politique, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, presse, dsk
samedi, 04 juin 2011
Première Chinoise à Paris
Rassurez-vous, je ne vais pas faire semblant de me lancer dans l'exégèse tennistique. J'ai juste quelques remarques à faire à propos de la première victoire d'une Asiatique au tournoi de Roland-Garros... et de son suivi médiatique.
La première chose est de rappeler que la gagnante, Li Na, a un profil atypique : elle se destinait d'abord au badminton et, plus tard, a interrompu le tennis pour reprendre ses études. (Au passage, je remarque que les parcours originaux semblent plus fréquents chez les championnes que chez les champions.)
La deuxième chose à rappeler aux profanes est que l'arrivée de cette joueuse au haut niveau n'est pas une surprise. Depuis l'année 2006, sur le circuit, elle est connue comme une adversaire redoutable sur surface rapide : elle a atteint deux fois les demi-finales à Wimbledon (en 2006 et 2010), deux fois les huitièmes et une fois les quarts à l'US Open ; elle a obtenu ses meilleurs résultats en Australie (demi-finaliste en 2010, finaliste en 2011). Signalons de surcroît qu'elle ne fut pas loin de décrocher une médaille aux Jeux Olympiques de Pékin : après avoir éliminé Venus Williams en quarts de finale, elle a été battue par Dinara Safina puis Vera Zvonareva pour la médaille de bronze.
Cette année, Li Na n'a pas croisé ses bêtes noires sur sa route : Serena Williams était absente, tout comme Dinara Safina ; Kim Clijsters et Vera Zvonareva ont été éliminées prématurément. Elle a quand même dû affronter Maria Sharapova (qui l'avait battue plusieurs fois en Grand Chelem), au cours d'une deuxième semaine brillante : elle a aussi éliminé la Tchèque Petra Kvitova (une étoile montante du tennis féminin, qui a déjà gagné trois tournois cette année) et la Biélorusse Victoria Azarenka, présentée par beaucoup comme une future numéro 1.
Je dis tout cela mais... je n'ai pas regardé la finale ! J'ai quand même suivi l'évolution du score à la radio et sur la Toile. Deux sites proposaient un suivi "à chaud" des échanges : lemonde.fr et voila.fr. Or, voilà-t-y pas que je remarque qu'il s'agit exactement des mêmes textes ! En voici un exemple, avec d'abord une capture d'écran du monde.fr :
... et maintenant l'équivalent, en temps réel, sur voila.fr :
L'habillage étant légèrement différent, la similitude n'en est pas moins frappante ! Le plus drôle est que les deux sites n'étaient pas mis à jour en même temps. Au début, c'était plutôt voila.fr qui était en avance, alors qu'à la fin du match, les modifications survenaient d'abord sur lemonde.fr !
Alors, qui copie qui ? Le service live de voila.fr étant le plus ancien, je me suis d'abord dit que lemonde.fr s'était rapproché de lui. Autre possibilité : que les deux sites utilisent la même source d'information.
18:37 Publié dans Presse, Sport, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualite, médias, presse, actualités, tennis
La défense Lincoln
Le titre est bien choisi : le héros est un avocat pas très scrupuleux, beau gosse qui présente bien ,et son cabinet de travail est... sa voiture, une Ford Lincoln à l'arrière de laquelle il gère ses rendez-vous, pendant que conduit son homme à tout faire.
Le gars est un vrai renard, mais il va découvrir aussi rusé que lui. C'est donc l'histoire d'un avocat qui se retrouve piégé. Je ne vous dis pas comment. L'un des ressorts de l'intrigue est de comprendre la machination qui est construite autour de lui. Le suspens porte sur la résolution de l'affaire : va-t-il s'en sortir ? Comment ?
L'autre aspect concerne la vie privée du héros, divorcé d'une charmante procureure, papa pas très présent, alcoolique sur les bords... et sans doute (ancien) coureur de jupons. Une rédemption serait-elle à l’œuvre ? (Ouais, on est à Hollywood, man.)
Je recommande ce film, qui risque hélas de disparaître rapidement des écrans. C'est un bon polar, bien filmé, avec une musique pas dégueu (un mélange de soul et de rap, et des paroles en adéquation avec le film, pour ce que j'ai pu en comprendre). Les acteurs sont très bons... mais aucun n'est une vedette de premier plan. Matthew McConaughey s'est surtout fait connaître par ses rôles de beau gosse. (Le film s'appuie dessus, d'ailleurs.) Marisa Tomei a trop souvent été confinée au second plan, alors qu'elle mérite mieux. Ajoutez à cela des pros des seconds rôles (William H Macy et Bob Gunton) et un jeune qui tarde à éclater (Ryan Philippe, remarqué dans Mémoire de nos pères), et vous obtenez un très bon cocktail.
On nous ménage de l'incertitude jusque dans le dernier quart d'heure... et, si la fin n'est pas d'une moralité au-dessus de tout soupçon, elle est très américaine : elle concilie droit et pognon !
15:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma
vendredi, 03 juin 2011
"Le Ruthénois" numéro 66
L'hebdomadaire titre sur le congrès des Jeunes Agriculteurs, qui va se tenir à Rodez. L'entretien de la semaine est donc consacré au président de la section locale, Bruno Montourcy (qui est sur le départ).
Benjamin Laumaillé titille un peu le syndicaliste, sans toutefois trop insister. Il titre sur la volonté des agriculteurs de chahuter un peu le ministre Bruno Lemaire, qui va faire le déplacement. (Mais je doute qu'il fasse de même pour le congrès de la Confédération paysanne...) Moi, à la place des paysans, je ruerais dans les brancards ! Ce mec (ou plutôt le gouvernement dont il n'est que l'un des rouages les plus dévoués) est en train de laisser tomber l'agriculture familiale.
Dans l'entretien, je trouve piquant que Bruno Montourcy exprime de fortes réserves envers le nouveau président de la FNSEA, Xavier Beulin (qui, rappelons-le, a été élu face à un candidat aveyronnais, Dominique Barrau, dont B. Montourcy est proche). Cela ne va pas l'empêcher de rejoindre le syndicat dominant : il a atteint la limite d'âge pour adhérer à JA... et, quoi qu'il dise, tout le monde sait que ce syndicat est l'antichambre de la FNSEA.
Le journal aborde ensuite les faits marquants de la semaine, à commencer par le tragique accident survenu au Monastère. Par rapports aux autres médias locaux, Le Ruthénois apporte une précision : le jeune homme renversé aurait fait un écart qui l'aurait déporté sur la route, où il a été percuté par la voiture qui arrivait de derrière. (Il reste à savoir pourquoi le garçon aurait commis cet écart...)
Fort heureusement, l'actualité est parfois plus légère. Les vicieux de base auront ainsi plaisir à reluquer deux jolies concurrentes au titre de Miss Rodez. (Je leur conseille de poursuivre leur lecture jusqu'à la rubrique sportive, où l'on peut voir de charmantes triathlètes.) On apprend aussi comment le maire de Rodez peut se trouver à deux endroits au même moment. Quel homme !
Comme il n'y a pas que des mauvaises nouvelles dans la vie, Le Ruthénois, à l'image de ses confrères, salue la réussite du rond-pont de la Croix Grande, au faubourg. Je ne peux qu'être d'accord. Habitant le quartier, je constate que, depuis qu'il a été mis en service, la circulation automobile est plus fluide. (Il faudrait toutefois mieux aménager l'entrée du côté de l'avenue des Fusillés.) De surcroît, les piétons peuvent plus facilement traverser.
L'information ne concerne pas directement l'agglomération ruthénoise, mais, comme on peut y acheter les vins de tout l'Aveyron, on ne peut que se féliciter du classement AOC des Côtes de Millau ainsi que des vins d'Estaing et d'Entraygues-Le Fel (très bon petit blanc).
On a droit aussi à quelques nouvelles des églises ruthénoises, où l'on tente d'installer des rapaces et des chauves-souris ! Ce serait un moyen "écologique" de lutter contre les fientes de pigeons et la prolifération d'insectes.
Mon coup de coeur de la semaine va au "Coup de gueule d'une lectrice", publié par l'ami Gédéon :
(Rappelons l'une des dernières péripéties : l'achat, par le Grand Rodez, de la maison natale de l'artiste, pour plus de 160 000 euros, comme le confirme le compte-rendu de la réunion du conseil de la Communauté d'agglomération du 29 mars dernier, pages 18-19. Pour la petite histoire, le projet d'achat a recueilli 36 suffrages, 5 élus osant s'opposer à cette dépense fastidieuse et 3 autres se contentant de s'abstenir.)
Il est rassurant de constater que, de temps à autre, la raison l'emporte dans les médias locaux, trop souvent tentés de relayer la propagande des partisans du musée Soulages. On en a eu un nouvel exemple tout récemment, Midi Libre se réjouissant du record atteint par la vente d'un tableau du maître de l'outre-daube :
Sur la même page, à côté du "coup de gueule", on peut lire la tribune de Jean-Louis Chauzy, déjà publiée dans Le Nouvel Hebdo de vendredi dernier. (Je trouve le numéro de cette semaine moins inspiré.)
La suite du Ruthénois est composée des nouvelles locales et des nombreuses pages sportives. Il y en a pour tous les goûts.
22:31 Publié dans On se Soulages !, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, médias, actualité, actualite
jeudi, 02 juin 2011
Bientôt un épisode sur l'affaire DSK ?
Très vite, l'arrestation de Dominique Strauss-kahn a donné naissance à une foule de blagues plus ou moins lourdes. Des humoristes s'en sont donné à coeur joie. Pour nous Frenchies, ce fut l'occasion de découvrir par le détail la procédure judiciaire des Etats-Unis (de New York, plus précisément)... enfin pas de découvrir totalement, puisqu'elle sert d'arrière-plan à quantité de séries américaines... au point que nombre de Français se révèlent meilleurs connaisseurs de la justice d'outre-Atlantique que de celle de l'Hexagone.
L'une de ces séries a pour héros les policiers de l'unité spéciale pour les victimes. Elle est actuellement diffusée le lundi soir, tard, sur TF1, sous le titre New York Unité spéciale. Aussi étonnant cela puisse-t-il paraître, il en a été question dans un billet de l'avocat blogueur "Maître Eolas" ainsi que dans les commentaires.
Il m'arrive de regarder cette série, de temps en temps. Figurez-vous que, lundi 30 mai, les téléspectateurs français ont dû sourire durant l'épisode (particulièrement sordide) intitulé Brandy à jamais, lorsque cet insert est apparu à l'écran :
Il est piquant de noter que, pour les fans de série télé, on croit nécessaire de traduire (avec une faute) le nom de la prison de Rikers Island, alors que la chronique judiciaire, à ma connaissance, a, la plupart du temps (à l'image du Monde), conservé le nom anglais.
22:42 Publié dans Politique, Société, Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, presse, médias, etats-unis
Rio
Ce dessin animé est encore programmé, ce qui permet à des retardataires dans mon genre d'en profiter... en deux dimensions. (Je n'ai pas cherché à le voir en "3D".)
Le héros est Blu, un drôle d'oiseau : un ara bleu qui, enlevé tout petit et devenu par hasard le compagnon d'une libraire du Nord des Etats-Unis, ne sait pas voler. L'histoire va le ramener au Brésil, à Rio de Janeiro. (Au passage, signalons que ce type d'oiseau se trouve en général plus au nord du continent sud-américain.)
La première séquence de forêt (qui se conclut de manière abrupte), nous en met plein la vue. C'est virevoltant et les couleurs sont vives. Vient ensuite la vie américaine de celui qui va être nommé Blu. Les traces d'humour débarquent et ne quittent plus le film qui, bien que comportant quelques moments semi-tragiques et/ou émouvants, reste sur le ton du divertissement bon enfant... parfois légèrement graveleux.
Dans ce domaine, l'un des meilleurs moments est sans conteste l'irruption de la famille Toucan, avec ces bambins insupportables... et un papa plein de ressources ! J'ai aussi bien aimé le gang des singes... à qui il arrive des bricoles.
Les scénaristes ont eu l'habileté de vraiment faire se chevaucher les péripéties humaines et les péripéties animalières. Cela donne du rythme et de la variété à l'intrigue. De surcroît, la musique n'est pas insupportable.
Il ne faut pas y chercher grand chose de plus. On apprécie que personnages masculins et féminins soient mis sur le même plan. On approuve la dénonciation du commerce d'animaux exotiques. On compatit aux malheurs du gamin des favelas... mais cela ne va pas plus loin. On a juste droit à une balade chaotique en moto dans les ruelles d'un quartier pauvre. (Si vous êtes à la recherche de quelque chose de plus puissant, tournez-vous vers l'excellent La Cité de Dieu.)
De Rio restent des images de carte postale : la baie, le Christ rédempteur, les lumières de la ville et le carnaval. En matière d'animation, le savoir-faire est indéniable. C'est suffisant pour passer un bon moment.
P.S.
Dans la version française (celle que j'ai vue), c'est Lorant Deutsch et Laetitia Casta qui prêtent leur voix (avec talent) aux héros.
16:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema
lundi, 30 mai 2011
Deux prises de re-cul sur le "DSKgate"
Une fois passé le temps de l'émotion, de l'indignation, des libelles et du voyeurisme, vient le temps de la réflexion. De grands penseurs du début du XXIe siècle se sont récemment exprimés sur le sujet.
Le premier à nous avoir fourni le résultat de ses cogitations est Nicolas Bedos. Dans l'émission présentée par Franz-Olivier Giesbert, Semaine critique !, il a croisé des considérations d'une grande finesse sur Penelope Cruz, le Sofitel et la grossesse de Carla Bruni.
Samedi dernier, ce fut au tour de l'équipe de Groland.con, qui révéla d'abord un aspect méconnu de l'enquête policière sofitélienne. Puis Michael Kael tenta de comprendre ce qui avait pu pousser Dominique Strauss-Kahn à commettre l'irréparable :
01:48 Publié dans Société, Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, société, femme, actualité, dominique strauss-kahn, médias, humour








