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lundi, 25 juillet 2011

"Mon premier CdVd" de GiedRé

   C'est la révélation de la saison 2010-2011, que de petits veinards ont eu l'occasion d'entendre aux dernières Francofolies de La Rochelle. Elle sort son deuxième album, qui contient du son, du texte, un livret et des vidéos.

   Attention, c'est un album-concept. Vu que le titre-phare est L'amour à l'envers, la clé de son utilisation est la lecture des étiquettes... Six titres (seulement !) sont proposés.

   On commence donc avec L'amour à l'envers, qui n'est pas ma chanson préférée, mais dont la mélodie, très entêtante, reste longtemps en mémoire. Dans le clip, on voit GiedRé dotée d'un popotin impressionnant !

   Le deuxième titre, Ode à la contraception, est interprété sur un mode nostalgique. Je préfère le ton faussement ingénu. Notons que, dans le clip, la chanteuse porte une écharpe assortie à sa robe... et qu'elle attire les étalons !

   On passe au troisième titre, Les questions, en version non censurée (notamment en ce qui concerne les suppositoires et les prépuces...). J'adore... mais le clip nous réserve une sacrée surprise ! (J'ajoute que GiedRé y danse comme une déesse...)

   Le quatrième titre est Les petits enfants, avec, en guest star, un type patibulaire (mais presque) que les personnes familières de l'univers de GiedRé reconnaîtront. Dans le clip, regardez attentivement les ballons...

   Autre titre "flamboyant" : Jolie chanson. Je me demandais comment elle allait illustrer toutes les déviances dont il question dans la chanson... Je n'ai pas été déçu.

   On termine par un titre inédit : On fait tous caca. C'est sympa, dans le ton de l'album, mais pas assez "pêchu" à mon avis. A la vision du clip, je me demande s'il ne s'agit pas d'une parodie des comédies musicales populaires, voire des chansons chorales interprétées pour de grandes et belles côzes.

   On continue avec le livret, qui a l'aspect d'un petit magazine féminin :

musique,humour

   Il contient une entrevue complètement givrée de GiedRé : je kiffe à donf' !  On y trouve aussi des petites annonces comme on aimerait en lire plus souvent. Les mots-croisés s'inspirent principalement des textes des chansons. Voici quelques exemples :

- "on les fait à la plancha, à la façon des calamars frits" : PR.P.C..

- "crèche belge" : C.V.

- "sous la mousse des bois ou dans ta culotte en lycra"... CHAMP......

- "toi" : M.C.E

   N'étant pas encore assez familier de l'univers "giedréen", je n'ai pas trouvé toutes les réponses.

   Je signale quand même quelques erreurs dans le repérage quadrillé (dans les définitions). Voilà ce que c'est que d'avoir sous-traité la fabrication du CdVd en Chine !

   On peut le commander en passant par le site de GiedRé.

  

17:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musique, humour

jeudi, 21 juillet 2011

Exposition Numa Ayrinhac

   Elle est visible (jusqu'au 9 août 2011) à Espalion, au Vieux Palais. L'entrée est gratuite et, franchement, elle mérite le détour.

   Numa Ayrinhac était un peintre argentin d'origine aveyronnaise. (Ses parents ont rejoint à Pigüé d'autres émigrés rouergats.) En fin de parcours, au sous-sol, un petit film (en espagnol, mais la traduction du commentaire est disponible en français) explique son parcours. Il s'est fait connaître en France avant la Première guerre mondiale, au cours de laquelle il a combattu sous l'uniforme français.

   L'exposition propose échantillon très diversifié de son oeuvre, que je ne savais pas aussi éclectique. Il y a bien sûr les paysages de la pampa argentine, comme celui-ci, datant de 1923 :

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   L'une de ses oeuvres les plus spectaculaires est sans conteste la représentation des gauchos :

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(Duel chez les gauchos, 1912)

   L'artiste s'est aussi attaché à peindre la ville d'Espalion, notamment le Vieux Palais :

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   Moins connues sont les scènes de la vie aveyronnaise. Ayrinhac s'est aussi attaché à représenter des animaux, notamment des ânes ! On lui doit aussi quelques natures mortes très réussies.

   Au cours de la visite, on peut faire d'autres découvertes. L'artiste a par exemple eu une période religieuse. Il a réalisé des vitraux pour l'église de Pigüé (hélas perdus), ainsi que des peintures pour des communautés religieuses. Une figure revient plusieurs fois : Jeanne d'Arc

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   Plus célèbres sont les portraits. Localement, on connaît celui du maire de Rodez de l'époque, Eugène Raynaldy. Mais, en Argentine, Numa Ayrinhac est devenu un proche du couple Peron, au pouvoir juste après la Seconde guerre mondiale. La toile emblématique est celle représentant le président argentin et son épouse, si populaire :

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   Mais il y en a d'autres, consacrées uniquement à "Evita", qui sont très belles.

   Pour compléter la visite, on peut acquérir le livret de l'exposition, très bien fichu :

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Riche et con

   Je viens de voir ça sur le site du Monde, dans la rubrique "Big Browser", qui recense les perles du web. L'information a été sortie par The Sun : il s'agit d'un cheikh d'Abou Dhabi, prénommé Hamad, qui se la pète grave :

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   Ce ne sont pas tant les îles artificielles qu'il faut regarder qu'une inscription (entourée en rouge). Zoomons avec Google Earth :

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   Bon, là, vu que j'ai gardé le nord "en haut", ça le fait moins, mais renversons la tête :

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   Certains individus, qui ne se sont donnés que "la peine de naître", sont vraiment pitoyables. Dire que, dans le même temps, des millions d'individus meurent de faim ou de maladies bénignes...

mercredi, 20 juillet 2011

Des glaces "aveyronnaises" au lait entier

   Elles m'ont été signalées par un article paru dans Midi Libre le 16 juillet 2011. Voici ce que cela donnait en version papier :

MLibre 16 07 2011 bis.jpg

   Le sujet était annoncé en plein coeur de la "une" de l'édition départementale :

MiLibre 16 07 2011.jpg

   Comme il est dit dans l'article, on peut se procurer lesdites glaces (et les sorbets) chez les exploitants, sur certains marchés ainsi que dans deux commerces orientés produits du terroir : les Halles de l'Aveyron (à Onet-le-Château) et Aveyron Gourmet, situé à Rodez, pas très loin de la mairie.

   Concernant les glaces, les parfums disponibles sont très variés, des traditionnels vanille, chocolat, fraise et framboise aux plus originaux tiramisu et caramel - beurre salé. On peut accéder au détail de l'offre sur le site internet dédié.

   J'ai goûté, j'ai acheté... et tout a été vite mangé !

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   Ceux qui lisent ce blog depuis un petit moment reconnaîtront la famille Sanhes, qui a déjà eu les honneurs de la presse, à l'occasion de l'inauguration d'un distributeur de lait cru, à l'entrée de l'hypermarché Leclerc du Causse Comtal.

   Toutefois, dans la version papier de l'article, ce n'est signalé qu'en annexe... peut-être parce que cette activité ne marche pas si fort que cela, hélas. C'est ce qui m'avait été dit un jour que j'étais venu remplir ma bouteille. On peut faire le même constat pour l'autre distributeur de lait cru de l'agglomération, celui installé par le lycée La Roque à proximité des Halles de l'Aveyron.

   Depuis le début du mois de juillet, voici ce qu'on peut voir en arrivant sur place :

19 07 2011 (fin).JPG

   Eh, oui ! C'en est apparemment fini pour ce distributeur. Reste celui des éleveurs de Sainte-Radegonde, qui continuent à se diversifier. Un exemple pour d'autres agriculteurs ?

mardi, 19 juillet 2011

Les bouchons de Rodez

   C'est la polémique du moment, illustrée par la publication de deux tribunes antagonistes, dans le quotidien Centre Presse, ce mardi 19 juillet.

   A droite, nous avons Jean-Claude Luche, le président du Conseil général, fort de son succès aux élections cantonales de 2010, qui a naguère lancé l'idée du "barreau de Saint-Mayme" (une coûteuse fumisterie à mon avis) :

politique,actualité

   Il est parfaitement dans son rôle quand il soutient le désenclavement du Nord Aveyron. Il est pertinent d'agir au niveau du réseau des routes départementales, ce qui, de surcroît, donne du travail à des entreprises locales. Mais M. Luche a aussi en tête d'autres élections, qui auront lieu en 2012 (les législatives) et 2014 (les municipales et les territoriales, si la réforme des collectivités est maintenue en l'état). Lui qui accuse son adversaire de tomber dans la "politique politicienne" est en plein dedans... Notons qu'il a eu l'habileté d'intégrer à son communiqué une batterie de conseillers généraux... dont celui de Mur-de-Barrez, proche des socialistes.

   A gauche, nous avons Christian Teyssèdre, le maire de Rodez (et vice-président de la Communauté d'agglomération), qui a, ces temps derniers, quelques difficutés à fédérer les énergies de sa majorité :

politique,actualité

   A mon avis, il a raison quand il pointe le désengagement de l'Etat, en charge normalement des routes nationales (le grand contournement de Rodez devant s'inscrire dans le doublement de la RN 88). Il est aussi pertinent quand il note le manque d'efficacité des élus de droite qui gèrent le département depuis des décennies... même si seules les routes départementales sont en théorie de leur ressort. Mais surtout, il fait deux propositions concrètes, peu coûteuses au regard des travaux considérables qui nous ont déjà été annoncés. Ces deux propositions méritent examen :

politique,actualité

   Dans le texte comme sur l'image, j'ai souligné en rouge la première proposition. Le problème est que les nombreux véhicules qui descendent l'avenue de Bordeaux et dont la destination est Onet-le-Château sont actuellement contraints de passer par la rue menant au giratoire Saint-Félix (trajet et pointillés noirs), alors qu'ils passent à quelques mètres d'une descente menant directement à leur destination. Sur l'image, en rouge, j'ai souligné le tracé actuel, qui oblige les véhicules à suivre le sens de la flèche. Pour pouvoir emprunter la route de Vabre, il leur faut poursuivre jusqu'à la gare (vers la droite de l'image) pour faire demi-tour. La plupart choisissent de tourner à gauche en bas de l'avenue de Bordeaux, direction Albi. Et bonjour les embouteillages... La proposition du maire de Rodez paraît frappée au coin du bon sens : matérialiser au bas de l'avenue de Bordeaux un grand rond-point de forme elliptique permettrait à ces véhicules d'emprunter la descente (en suivant les pointillés rouges).

   Dans le texte comme sur l'image, j'ai souligné en bleu la seconde proposition. Le problème est que nombre de véhicules venant de Decazeville ou Rignac (en haut à gauche), et désirant emprunter la route d'Albi, sont contraints de poursuivre jusqu'au rond-point Saint-Félix où ils contribuent à l'engorgement. La proposition du maire de Rodez me paraît là encore tomber sous le sens : relier le rond-point précédent (celui de la Gineste) à la route d'Albi, même si cette solution ne peut manquer de créer quelques problèmes au moment de l'entrée de ce flux de véhicules sur la rocade. Mais cela contribuerait incontestablement à fluidifier la circulation à la sortie de Rodez.

   Le maire de Rodez chiffre ses propositions à deux millions d'euros... à comparer aux sommes astronomiques parues dans la presse ces derniers mois.

   A suivre...

lundi, 18 juillet 2011

Harry Potter et les reliques de la mort II

   On part pour deux heures d'action, entrecoupées de scènes de mystères et d'autres, romantiques. C'est, comme les autres films, inégal, mais meilleur que la première partie. On aurait toutefois pu pratiquer quelques coupes.

   Les effets spéciaux sont très réussis. On est tout de suite mis dans le bain avec cette vue de Poudlard, avec ces esprits guetteurs en suspension. Les poursuites sont aussi très impressionnantes. Mais c'est le merveilleux qui est le mieux servi par le numérique : un bâtiment démesurément grand, un tableau qui s'anime, un objet qui s'ouvre, un sortilège qui agit... voilà la clé du succès. (La meilleure séquence est à mon avis celle de l'entrée frauduleuse dans la chambre forte Lestrange, dragon à la clé.)

   Mais certaines scènes sont à la limite du ridicule. Les affrontements à la baguette, décalques des duels au révolver des westerns, sont peu intéressants et les acteurs sont souvent obligés de grimacer pour faire croire qu'il se passe quelque chose.

   J'ai aussi été un peu ennuyé par l'accumulation des amourettes qui se nouent en cette partie ultime.

   Notons que les effets spéciaux du Seigneur des anneaux ont sans doute servi de modèles pour les scènes de bataille générale. Celles-ci sont d'ailleurs fort spectaculaires.

   Moins "tape-à-l'oeil", une autre séquence détonne dans l'ensemble. Elle se déroule dans une gare virtuelle, sorte d'antichambre du paradis. L'un des deux protagonistes y fait l'éloge du maniement de la langue. C'est évidemment en lien avec les sorciers et leur usage des formules magiques. Mais, au second degré, c'est l'évocation du travail d'écrivain, celui de J. K. Rowling.

   Sans trop en dire, je suis quand même un peu déçu par la fin. Je sens que l'auteur a dû être "conseillée" par la production des films. Vu que la série de romans était en cours d'écriture quand les adaptations cinématographiques ont été lancées, je pense qu'à Hollywood, on avait intérêt à ce que certaines choses se passent... ou ne se passent pas.

   De la saga, je retiens deux personnages particulièrement attachants : Hermione Granger, adorable et insupportable bonne élève, et Severus Rogue, intrigant et déroutant professeur.

23:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

dimanche, 17 juillet 2011

Une rumeur infondée ?

   Le dernier numéro du Nouvel Hebdo est, comme les précédents, nourri du matraquage des municipalités de gauche de Rodez et d'Onet-le-Château... alors que la semaine précédente, le président du Conseil général y a été félicité pour l'obtention de la légion d'honneur !!!

Luche 183.jpg

   L'hebdomadaire (parfois satirique) est décidément impitoyable avec la majorité départementale !

   Cette semaine, c'est un propos a priori anecdotique qui a retenu mon attention. Page 2, la rubrique des "Castonétoiseries" rapporte des propos perfides qu'aurait tenu Fabrice Geniez (le maire d'Onet), à propos de l'inscription de la cité épiscopale d'Albi au patrimoine mondial de l'Unesco :

"il n'y aurait plus qu'un endroit au monde où l'on réalise des briques de terre cuite identiques pour réparer la cathédrale... et c'est en Afrique dans une bourgade dont le maire... était aussi le Président de la Commission d'attribution du label UNESCO"

   Au passage, admirons la précision de la citation, sans doute due à l'excellence de la mémoire de la personne qui l'a rapportée... à moins que ces propos n'aient été enregistrés ?

   Mais qu'est-ce qui a pu faire croire au maire d'Onet-le-Château que certains éléments extérieurs au dossier aient pu favoriser la candidature d'Albi ? Plusieurs choses en fait.

   En cherchant sur le site de l'Unesco, on peut trouver le compte-rendu de la 34e session du Comité du patrimoine mondial. Voici ce qu'on peut y lire page 297 :

Unesco.jpg

   Peut-on trouver un lien entre ce Malien et la ville d'Albi ? Peut-être... Ce M. Ould Sidi Ali occupe une fonction importante dans son pays, plus précisément à Tombouctou, où il s'est occupé, à l'aide de l'Unesco, de la conservation des mosquées (voir page 24) :

Tombouctou.jpg

   Pour restaurer les bâtiments, on utilise soit du banco (un mélange d'argile et de ciment, compressé), soit des briques de terre cuite, fabriquées à partir d'une argile spéciale qu'on ne trouve que dans quatre villes maliennes, entourées sur la carte :

Mali carte.gif

   Parmi ces villes figure bien Tombouctou, la ville de M. Ould Sidi Ali, dont il n'a toutefois, à ma connaissance [voir plus bas pour une précision supplémentaire], pas été maire (les trois derniers s'appellent Mohamed Ibrahim, Saïd Mohamed et Haley Ousmane). On ne sait pas non plus si le Mali est le seul pourvoyeur possible de briques pour la cathédrale d'Albi.

   Il est probable aussi que le maire d'Onet ait confondu deux personnes, le rapporteur malien du Comité du patrimoine mondial et le maire d'une commune béninoise, Abomey, avec laquelle Albi entretient d'étroites relations. Ce maire, Blaise Ahanhanzo-Glélé (qui vient d'être nommé ministre de l'Environnement dans son pays), était présent à Brasilia auprès de son collègue d'Albi. Mais le journaliste qui a écrit l'article publié dans La Dépêche du Midi le 1er août 2010 s'est un peu emmêlé les pinceaux : il présente d'abord Abomey comme une "ville malienne", avant de rectifier en qualifiant Blaise AHanhanzo-Glélé d' "élu béninois" ! L'article ajoute que le fait qu'Albi ait contribué à la sortie des palais royaux d'Abomey de la liste du patrimoine mondial en péril a été vu d'un bon oeil par le jury...

samedi, 16 juillet 2011

Arnaque au faux remboursement

   J'ai reçu il y a peu un courrier électronique des plus bizarres :

Arnaque SFR 2.jpg

   Tout d'abord, il fait allusion à un prélèvement du 30 juin, qui, vérification faite, n'a jamais eu lieu. Le message est de surcroît rédigé dans un français très approximatif, ainsi que je me suis plu à le souligner.

   Enfin, il m'incite (enfin, je crois, puisque je n'ai pas cliqué sur le lien proposé) à donner mes coordonnées bancaires (pour bénéficier de ce supposé remboursement)... ce que je me suis bien gardé de faire !

   Ma messagerie avait classé ce courrier dans la catégorie "pourriels"... et avait ajouté un avertissement :

Arnaque SFR.jpg

   Il faut dire que j'avais de quoi douter : l'expéditeur n'a pas une adresse SFR (info@adslbox.fr : un nouveau venu dans le monde de l'escroquerie numérique ?)... et, surtout, je ne suis pas client de cette boîte !

vendredi, 15 juillet 2011

Et une breloque de plus !

   La lecture de la liste des nommés et promus dans l'ordre de la Légion d'honneur réserve toujours d'agréables surprises. Celle publiée au Journal Officiel du 14 juillet mérite un coup d'oeil.

   Je passe sur les proches du pouvoir, les (anciens) ministres et élus (locaux et/ou nationaux), les cadres d'entreprises de renom, les hauts fonctionnaires, les gens du spectacle. C'est le classique menu fretin.

   Une fois de plus, l'Aveyron est concerné. Après Jean-Claude Luche (récemment décoré, mais nommé chevalier en janvier dernier), c'est le tour d'une de ses chères collègues du Conseil général, Simone Anglade (élue du canton d'Espalion), elle aussi nommée chevalier, mais sur le contingent du Premier ministre (voir page 2 du décret) :

Anglade.jpg

   On ne dira jamais assez combien ces élus "divers droite" (ou "sans étiquette") sont sensibles aux honneurs distribués par le pouvoir UMP...

   Je termine sur une note humoristique. Page 18 du même décret, on peut lire que, sur le contingent du ministre du Budget, est promu au grade d'officier un certain Jacques Potdevin (!), expert-comptable de son état :

Potdevin.jpg

   Il reste à espérer que cette décoration a été obtenue dans les règles !

jeudi, 14 juillet 2011

GiedRé aux Francofolies de La Rochelle

   L'artiste, révélée par l'émission de Laurent Baffie, est passée mercredi 13 juillet... et je fais partie des malheureux qui ne l'ont pas vue. Heureusement, on peut grapiller quelques pépites sur la Toile.

   On n'ira pas regarder le site de France Inter. Pourtant, une émission quotidienne, L'été comme je suis, suit le festival musical, invite les artistes au programme peu avant leur prestation... mais pas GiedRé ! Dans l'émission du 13 juillet, on  n'a pu entendre qu'un rappeur, Kingju, de Stupeflip, que notre chanteuse atypique connaît bien. (Dans cet entretien, en gros, il dit la même chose que dans la vidéo avec la jeune femme.)

   C'est sur le site du "Chantier des Francos" qu'on peut trouver un petit sujet consacré à GiedRé. Elle y répond assez sérieusement aux questions (voilà qu'elle devient pro maintenant !). La séquence se termine par un extrait de Jolie Chanson, que j'aime beaucoup...

   En regardant la vidéo, un détail que je n'avais pas remarqué auparavant m'a sauté aux yeux : les sourcils de GiedRé. Ils sont épilés (en pointillés noirs sur l'image) :

musique

   C'est peut-être par goût, mais je pense aussi que cela fait partie de la construction de son personnage de fausse bêtasse (avec la coiffure en pétard, la robe démodée et les expressions du visage... si, si : observez-la bien quand elle chante).

   Sur le blog des Francofolies, en compagnie d'autres artistes méconnus, elle a répondu, avec sa fantaisie habituelle, à quelques questions. Par contre, je ne partage pas ses recommandations musicales...

   Pour les amateurs de drogue dure, j'ai retrouvé quelques saynètes créées pour présenter son spectacle au Sentier des Halles, à Paris, il y a quelques mois de cela. Nous avons donc droit à plusieurs épisodes :

GiedRé @ la laverie (Elle lave ses tampons !)

GiedRé dans le métro (Qui a dit qu'elle n'aime pas les enfants ?)

GiedRé fait la manche (la suite du précédent... je n'en dis pas plus !)

GiedRé au Bois (sur un thème cher à l'artiste...)

Enfin GiedRé attend

   Comme moi, vous aurez peut-être remarqué que ces mini-sketchs, comme bon nombre de vidéos consacrées à la chanteuse, ont été mis en ligne par la même personne, nadidier. Tout récemment, c'est la présentation du CD-DVD qui a été ajoutée.

15:55 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique, youtube, humour

L'Affaire Rachel Singer

   Ce film entrecroise trois époques : la Seconde guerre mondiale (très peu présente à l'écran, mais qui sert de soubassement à l'intrigue puisqu'il est question de retrouver un criminel nazi), la Guerre froide et la fin du XXe siècle.

   Après le prologue contemporain, une scène de lecture nous plonge dans le Berlin-Est des années 1960. Ce grand retour en arrière est très bien fichu : c'est visuellement réussi, rythmé sur le plan de l'action et très fort sur le plan des sentiments.

   Ensuite, on apprend que les choses ne se sont pas tout à fait passées comme on vient de nous le raconter. Le film alterne désormais entre les deux époques.

   Parmi les moments les plus forts, je relève les séquences chez le gynécologue, qui mêlent avec brio tous les éléments de l'intrigue : la traque du criminel, la mémoire familiale de la seconde guerre mondiale, le poids du régime communiste et la vie sentimentale de la principale protagoniste (remarquablement interprétée par Jessica Chastain pour la jeune femme, Helen Mirren, pour la même avec 30 ans de plus).

   Cela se termine en Ukraine, de manière un peu rocambolesque. A certains moments, j'ai trouvé que le réalisateur en faisait trop, que les effets étaient particulièrement appuyés. Mais cela reste un bon suspense, tragique sur le fond.

13:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

mercredi, 13 juillet 2011

Lagarde les pieds dans le Tapie

   ... ou comment la lecture d'un ouvrage consacré à l'affaire Tapie - Crédit Lyonnais nous mène à la nouvelle directrice générale du FMI. Cet ouvrage est sorti à la fin de l'année 2008 ; il s'agit de Sous le Tapie, de Laurent Mauduit, un ancien du Monde aujourd'hui membre de la rédaction de Médiapart.

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   L'auteur reprend en détail tous les aspects de l'affaire, qui remonte en fait au second septennat de François Mitterrand. C'est dire que, si l'ouvrage (comme on va le voir) dresse un portrait sombre du pouvoir sarkozyen, le mitterrandisme triomphant n'en sort pas plus grandi.

   L'un des points clés est le choix, par le gouvernement Fillon, de l'arbitrage pour régler le conflit qui oppose Bernard Tapie au C.D.R., une structure chargée de gérer les "affaires pourries" du Crédit Lyonnais. Deux arguments principaux sont développés par L. Mauduit : l'illégalité d'une telle procédure et surtout son inutilité. L'arbitrage n'est pas légal car, pour accepter cette procédure, le CDR devait avoir l'autorisation de sa maison mère, l'EPFR (Etablissement Public de Financement et de Restructuration), qui n'avait juridiquement pas le droit de la lui donner. Cela n'a pas empêché le gouvernement (par l'intermédiaire de sa ministre) d'ordonner à ses représentants aux conseils de ces organismes de voter le recours à l'arbitrage...

   Qui plus est, c'était inutile, puisque la Cour de cassation, en séance plénière (fait rarissime), venait d'annuler le jugement de la Cour d'appel favorable à Bernard Tapie. Une autre Cour d'appel devait donc examiner l'affaire et, compte tenu des attendus de la décision de la Cour de cassation, il ne faisait aucun doute que Bernard Tapie allait subir une déconvenue. (On pourrait ajouter que, vu les circonstances, l'arbitrage n'était pas non plus la procédure la plus adaptée.)

   Dans cette histoire, en gros, la puissance publique a constamment joué contre son camp. L'intérêt du livre de L. Mauduit est de donner une vision nuancée de la chose : à chaque étape, si de mauvais esprits ont oeuvré en faveur des intérêts de B. Tapie, d'autres se sont élevés contre les manigances. C'est tout à leur honneur.

   Un autre élément important est la personnalité des trois "arbitres", Pierre Mazeaud, Jean-Denis Bredin et Pierre Estoup. Les deux parties ont dû se mettre d'accord sur ces noms. On peut donc penser qu'on a choisi des spécialistes des questions en cause, présentant de surcroît des garanties d'indépendance incontestables.

   Cela semble être le cas pour Pierre Mazeaud. Même s'il était encarté à l'UMP, ce gaulliste historique, docteur en droit (tout juste retiré du Conseil constitutionnel), traînait avec lui une réputation d'intégrité. Il était de surcroît chiraquien, désigné dans une procédure initiée par le pouvoir sarkozyen... mais il n'était pas du tout familier de l'arbitrage, au contraire des deux autres. Précisons aussi qu'à l'époque où Pierre Mazeaud présidait le Conseil constitutionnel (début 2007), l'institution a censuré une disposition législative (introduite en douce... peut-être à l'instigation d'un ministre de l'Intérieur...) autorisant un établissement public à recourir à l'arbitrage. Pierre Mazeaud devait donc être conscient que la procédure à laquelle il participait n'était pas irréprochable sur le plan juridique.

   Jean-Denis Bredin faisait aussi figure de personnalité incontestable. Il est avocat de formation. Le cabinet auquel il appartient est coutumier de l'activité d'arbitrage. Il s'est aussi fait remarquer par plusieurs ouvrages historiques de bonne facture, notamment L'Affaire (sur l'affaire Dreyfus) et une biographie de l'abbé Sieyès. C'est aussi un militant "de gauche"... plus précisément un ancien vice-président du M.R.G., le Mouvement des Radicaux de Gauche... qui a compté Bernard Tapie parmi ses membres ! Aïe ! A cela s'ajoute un vieille affaire d'arbitrage, à laquelle J-D Bredin a participé. Il était question des frégates de Taïwan et de rétrocommissions, à travers des personnes aussi dignes de confiance qu'Alfred Sirven et Christine Deviers-Joncour.

   Mais c'est sans conteste la figure de Pierre Estoup, ancien président de la Cour d'appel de Versailles, qui a le plus pesé sur la rédaction de la décision d'arbitrage. A priori, il semblait donner toutes les garanties de rigueur et d'indépendance. Mais l'analyse de son activité laisse planer quelques doutes...

   Dans le livre de Laurent Mauduit, on trouvera aussi de quoi méditer sur le "préjudice moral" subi par Bernard Tapie : il est bien sûr inexistant... et, quand il est malgré tout reconnu valable, on le chiffre à des millions d'euros, somme à comparer avec les vrais préjudices, subis par exemple par les victimes de l'amiante ou d'erreurs judiciaires... (Tout compris, B. Tapie aura touché quelque 130 millions d'euros, devenant ainsi par la grâce d'une procédure de complaisance, l'un des hommes les plus riches de France... et ce alors qu'à l'origine, il n'a pas déboursé un sou pour prendre le contrôle d'Adidas !)

   L'un des apports les plus intéressants du livre reste son analyse des liens entre Bernard Tapie et la droite, plus précisément Nicolas Sarkozy. Les deux hommes se connaissent depuis 1983. Mais, à l'époque, l'homme d'affaires cherche en priorité à se rapprocher du pouvoir mitterrandien, ce à quoi il est finalement parvenu. C'est durant la deuxième cohabitation (entre 1993 et 1995) que, sentant sans doute le vent tourner, Tapie, aux prises avec la justice, rejoint les balladuriens. Le livre de Laurent Mauduit décrit en détail les détours de la procédure judiciaire en fonction des aléas politiques du moment : le gouvernement Balladur a envisagé d'utiliser la candidature Tapie pour torpiller celle de Jacques Delors ! Une fois celle-ci écartée, l'homme d'affaires a vu sa protection se déliter...

   Curieusement, le livre ne relève pas de relation particulière entre Tapie et Jacques Chirac. Pourtant, les deux hommes ne sont pas sans point commun. Mais, sous la troisième cohabitation (entre 1997 et 2002), Bernard Tapie s'est rapproché de la gauche. C'est d'ailleurs à cette époque que, sous l'impulsion de Laurent Fabius, l'idée d'un arbitrage est lancée... mais le Premier ministre Lionel Jospin ne pouvait pas encadrer l'homme d'affaires...

   C'est donc sous le quinquennat de Jacques Chirac que les petites affaires de B. Tapie se remettent à prospérer. Le livre trace les liens qui mènent à Nicolas Sarkozy, soit comme ministre de l'Intérieur, soit comme ministre de l'Economie et des Finances. Moins connu est le rôle d'intermédiaire joué par "l'ami de trente ans" Brice Hortefeux.

   Depuis 2007, les choses se sont accélérées. C'est là qu'intervient Christine Lagarde. Elle a été un bon petit soldat du sarkozysme, assumant des décisions qu'elle n'a pas dû prendre seule... et mentant publiquement à plusieurs reprises. Le livre insiste aussi sur l'action de son ancien directeur de cabinet, Stéphane Richard (aujourd'hui PDG de France Télécom...). Le récit de la manière dont le monsieur a fait fortune (et celui de son redressement fiscal) mérite le détour.

   Après cette salve anti-droite, ne croyez pas pour autant que le livre épargne la gauche. C'est quand même elle qui a contribué à créer le phénomène Tapie. Plusieurs chapitres évoquent les années Mitterrand, loin du vernis doré dont on a récemment tenté de les parer. Quelques piques bien senties sont lancées en fin d'ouvrage. Force est de remarquer la lâcheté de nombre de députés socialistes...

   L'affaire Tapie n'est pas terminée. Certains croient encore en la justice. Des procédures sont en cours.

   Reste le cas Lagarde. Je laisse de côté (pour l'instant) la Cour de Justice de la République. Parlons plutôt de sa nomination à la tête du FMI. De deux choses l'une : soit c'est une personne hyper-compétente, et alors le gouvernement Fillon s'est séparé d'un talent difficilement remplaçable, soit elle n'est qu'une baudruche médiatique.

   Dans le premier cas, on peut se demander ce qui a motivé les dirigeants français. On peut penser que, s'ils jugent Christine Lagarde compétente, elle servira les intérêts de la France (et de l'Union européenne) à la tête du FMI. C'est oublier un peu vite l'exigence d'impartialité qui va lui être imposée, même si, au sein du Conseil d'administration de l'organisme, les pays de l'UE disposent ensemble d'une minorité de blocage.

   Dans le second cas, on se dit que le gouvernement français a voulu réaliser un "coup" médiatique. Christine Lagarde "passe" bien et elle ne semble pas aussi marquée politiquement que nombre de ses collègues UMP. C'est un moyen de rehausser le prestige du gouvernement aux yeux des électeurs, qui seront tentés de se dire : ah ben tiens, c'est bien, on a une Française à la tête du FMI. C'est aussi une manière comme une autre de faire passer au second plan d'autres sujets d'actualité.

   Un élément pourrait accréditer la deuxième thèse : la négligence avec laquelle on a procédé au remplacement de la ministre de l'Economie. Le ballet des importants et les crises de gamins qui ont abouti à la nomination de François Baroin laissent penser que ce n'est pas là que se décide la politique économique de notre pays.

mardi, 12 juillet 2011

Omar m'a tuer

   C'est donc le deuxième film de Roschdy Zem (coproduit par Rachid Bouchareb, qui, au départ, devait le réaliser, et qui a participé aux dialogues), avec Sami Bouajila dans le rôle principal. On retrouve donc, Jamel Debbouze en moins, l'équipe qui s'est fait connaître avec Indigènes et Hors-la-loi. Pour la petite histoire, on notera que, lorsqu'il a été question de l'Algérie, c'est le Français d'origine algérienne qui a tenu la caméra, alors que, pour le film traitant du jardinier marocain, c'est le Français d'origine marocaine qui a assuré la mise en scène.

   Sur la forme, c'est un bon film, dont l'esthétique se rapproche néanmoins parfois de ce que l'on peut voir à la télévision. Les interprètes sont excellents, seconds comme premiers rôles. Parmi ceux-ci, Denis Podalydès nous fait oublier qu'il vient d'incarner Nicolas Sarkozy (dans La Conquête) : son personnage d'écrivain parisien qui prend fait et cause pour Omar Raddad est bien campé, avec un mélange de grandeur (la volonté de défendre une "juste cause"), de snobisme (les goûts de luxe)... et de comédie (il se prend pour un détective privé... au risque du ridicule).

   Sami Bouajila est lui particulièrement impressionnant. Par souci de réalisme, il a appris l'arabe dialectal marocain (il connaît celui de Tunisie), a maigri (c'est devenu un quasi-passage obligé pour tout acteur qui désire se fondre dans un rôle), réussissant en quelque sorte à intérioriser son personnage. (On apprend une foultitude de choses dans les secrets de tournage d'Allociné.)

   Les séquences les plus intéressantes sont à mon avis celles qui montrent des aspects de l'affaire qui n'avaient pas été particulièrement médiatisés (dans mon souvenir) : la vie de famille d'Omar Raddad et son séjour en prison. (Ces scènes-là sont les meilleurs moments de cinéma.) Les efforts de l'écrivain du Figaro (en réalité Jean-Marie Rouart, qui n'en démord pas) sont souvent source de comique, même s'ils pointent certains aspects de l'enquête criminelle qui n'ont sans doute pas été suffisamment fouillés.

   Cela nous amène au fond. Même s'il s'en défend, Roschdy Zem ne nous donne pas une vision objective (ou tout du moins impartiale) de l'affaire. C'est globalement à décharge. Ceci dit, le trait n'est pas gras. Je m'explique. On aurait pu s'attendre à ce que les membres des forces de l'ordre soient dépeints comme de gros beaufs racistes. Tel n'est pas le cas. Ils sont cependant accusés d'avoir bâclé l'enquête. Le film ne cache pas non plus quelques points faibles de l'accusé (notamment sa passion pour le jeu).

   Mais il s'agit surtout de rétablir l'honneur d'un innocent. Au bout d'un moment, on a vraiment l'impression de se trouver devant une autre affaire Dreyfus. C'est ce qu'a affirmé à l'époque l'avocat Jacques Vergès (bien interprété par Maurice Bénichou). Le scénario, la réalisation et le montage ont été conçus à mon avis pour favoriser ce rapprochement. Dans les deux cas, avant enquête approfondie, c'est le membre de la minorité qui fait figure de coupable désigné. Dans les deux cas, une analyse graphologique joue un rôle capital dans la mise en accusation : l'expression "Omar m'a tuer" et le fameux bordereau (qui n'était pas de la main de Dreyfus, mais du commandant Esterhazy). Dans les deux cas, un document modifié a été utilisé pour condamner le suspect : une date a été changée après coup sur le rapport des médecins légistes (concernant la mort de Mme Marchal), ce que le public cultivé est amené à rapprocher (de manière excessive, peut-être) du "faux Henry" de l'affaire Dreyfus. Ajoutons que l'accusé Raddad, dans sa raideur, son silence, n'est pas sans rappeler Alfred Dreyfus, qui n'avait rien du condamné sympathique non plus. (Depuis, il a appris le français ; il a même récemment accordé un entretien fort intéressant à l'hebdomadaire Le Point.)

   Restent les doutes. Le gendarme qui a mené l'enquête à l'époque (Georges Cenci) est lui convaincu que l'enquête a été bien conduite et il avance des arguments (pas fallacieux) sur un site internet dédié. On peut aussi l'écouter développer son propos dans une vidéo de 45 minutes datant de 2010. Dans le même esprit, on lira avec profit le billet de Philippe Bilger (avocat général près la Cour d'appel de Paris) du 22 juin dernier... ainsi que les commentaires qu'il a suscités. Un autre haut magistrat, Laurent Davenas (avocat général à la Cour de cassasion), a exprimé le même point de vue dans un entretien publié dans Le Point.

14:09 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema

dimanche, 10 juillet 2011

Ein Saucisse, ein Bier !

   On a coutume de dire qu'à Onet-le-Château, si l'on excepte le parc de Vabre, l'absence de jardin public est flagrante. Pourtant, ce n'est pas la place qui manque : la commune a une superficie de 40 km² (presque quatre fois celle de Rodez, qui, elle, n'est pas dépourvue d'espaces verts à vocation distractive, comme on dit dans le milieu).

   Eh bien on se trompe ! Depuis un an environ, peu après le pont des Quatre-Saisons (c'est-à-dire à l'entrée sud d'Onet), un jardin public a été aménagé :

Jardin public bières.jpg

   Je l'ai entouré en vert. En rouge, j'ai souligné le tracé de la route d'Espalion, tandis qu'avec un T noir j'ai marqué l'emplacement du futur théâtre, qui enthousiasme tant une partie de la bourgeoisie locale. Comme la capture d'écran a été réalisée à partir d'une vue satellite de Google Earth datant de janvier 2008, le jardin n'a pas encore été créé. Les arbres qui longeaient la rue sont même encore présents. Ils ont depuis disparu, mais le parc est devenu l'un des endroits les plus agréables de l'agglomération : les bancs sont relativement confortables et ils bénéficient à tour de rôle de l'ombre projetée par les arbres. Voici comment il est présenté sur le site de la commune d'Onet-le-Château :

Nouveau jardin public.jpg

   La semaine passée, j'ai remarqué la présence d'un nouveau panneau à l'entrée, où il est question de bière. Mais quel est ce mystère ? La réponse se trouve au fond du parc, où se trouve une cabane que, jusqu'à tout récemment, j'avais toujours vue fermée.

   Cet été, elle sert de Q.G. à un employé de l'usine Bosch (dont la récente journée portes ouvertes a été un grand succès), elle-même située à proximité : on peut la rejoindre en passant par l'avenue de Bamberg, repassée en vert sur la première image.

   Cet employé a obtenu de la mairie l'autorisation de tenir une sorte de mini-snack germanique : on peut y consommer (contre une somme modique) deux sortes de bière (servie fraîche !) et une délicieuse saucisse grillée, que l'on peut agrémenter de moutarde (on a le choix entre une moutarde classique, forte, et une sucrée... délicieuse !).

   La cabane au fond du jardin... public vient de faire l'objet d'un article de Midi Libre. Mais, curieusement, c'est la mairie de Rodez qui y est à l'honneur, en raison du jumelage avec Bamberg. Il m'aurait semblé logique qu'Onet-le-Château y soit associée.

   Sur la photographie publiée par le quotidien de Montpellier, vous noterez la présence d'une charmante jeune femme (à droite) : c'est sans doute une étudiante qui bénéficie d'un stage d'été rémunéré, prévu dans la convention de jumelage (voir le lien précédent).

vendredi, 08 juillet 2011

Gianni et les femmes

   Gianni a dépassé la cinquantaine, il a été mis à la retraite un peu de force... mais il vit entouré de femmes peu ordinaires.

   Il y a d'abord sa mère, qui jette son argent par les fenêtres pour son bon plaisir... et ne se laisse pas entourlouper par son fils obséquieux, toujours à tirer le diable par la queue.

   Il y a sa femme, que l'on voit peu. On sent que le couple est distendu. L'amour n'est plus là, mais, comme on est plutôt à l'aise financièrement et que l'appartement est grand, on reste ensemble, pour conserver un peu de cette ambiance familiale qui réchauffe le coeur dans les moments difficiles. L'épouse a encore de beaux restes... et c'est visiblement une femme de tête.

   Il y a sa fille, qu'il adore. Elle est étudiante. On la sent un peu paumée dans ce monde sans repères. Du coup, par habitude, elle ne repousse pas le copain lourdaud qui s'incruste. Lui incarne une sorte de Tanguy italien, un beauf feignasse et fan de foot. Cela nous vaut quelques moments croquignolesques, notamment lors du repas de famille (vers la fin du film).

   Et puis il y a toutes les autres femmes, celles que le héros convoite à un moment ou à un autre. Aucune n'est moche. Toutes ont une jolie poitrine... rarement contrainte par un soutien-gorge ! (Moi j'vous dis qu'il y a eu un sacré casting !) Parmi elles, il y a la fille de l'amie de sa mère, une chanteuse très matrone. La concurrence l'ancienne petite amie du héros, qui a fait sa vie sans lui. Il y a aussi l'accompagnatrice de sa mère, un peu trop jeune peut-être... mais tellement mignonne ! On trouve aussi deux petites malines, jumelles, qui savent bien profiter de la concupiscence des "vieux beaux". Mais il y a surtout cette habitante de l'immeuble, une fêtarde qui s'est entichée de Gianni... un canon sub-atomique qui ferait bander un mort !

   Le ton est entre Woody Allen et Nanni Moretti. C'est à la fois frais et grave, bien joué (sauf parfois par l'interprète principal, qui n'est autre que le réalisateur, Gianni di Gregorio). Une petite comédie d'été, à l'italienne, sans prétention, mais savoureuse.

21:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema

jeudi, 07 juillet 2011

Le directeur de l'usine Bosch d'Onet-le-Château décoré de la légion d'honneur

   La cérémonie s'est somme toute déroulée tardivement, puisqu'Albert Wetten a été nommé chevalier de la légion d'honneur (sur le contingent du ministère de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique) il y a plus de six mois (voir page 16) :

Weitten.jpg

   D'après Centre Presse d'hier mercredi, la cérémonie s'est déroulée devant un public volontairement restreint :

Weitten CPresse 06 07 2011.jpg

   Au passage, l'esprit mesquin qui est le mien relève deux fautes (et même trois en fait) d'expression française dans l'article : A. Weitten n'a pas été promu, puisqu'il débute dans l'ordre de la légion d'honneur... et la préfète l'a décoré et non promu ; enfin, la dernière phrase contient une belle coquille, avec le "s" à "payants".

   Mais l'intérêt de l'article est de révéler que le directeur de l'usine Bosch a mal encaissé l'absence générale des élus locaux lors de la journée portes ouvertes du mois dernier. A l'époque, la presse locale (à l'exception du Nouvel Hebdo) n'avait pas mis le doigt dessus. Du coup, Albert Weitten n'a invité personne... ah ben si au fait, il a quand même accepté la présence de Jean-Claude Luche (qui -fait exceptionnel- ne figure pas sur la photographie publiée par le journal). Il faut dire que ce dernier est au mieux avec Danièle Polvé-Montmasson, la préfète de l'Aveyron, qui avait été choisie par le directeur de la Bosch pour la remise de la décoration. Ajoutons que le président du Conseil général fait partie de la même promotion qu'Albert Weitten... mais qu'il a choisi d'être décoré par l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, que l'on croise de temps à autre dans le département.

   Notons que, dans leurs comptes-rendus, ni La Dépêche du Midi, ni Midi Libre n'évoquent la petite revanche d'Albert Weitten. Au-delà des erreurs de détail, on peut donc féliciter le journaliste de Centre Presse (José Torres), qui a fait preuve d'un peu d'esprit critique.

"Fringe", saison 3

   Si vous ne connaissez pas encore la série la plus originale du moment, c'est le moment de la découvrir ! Vous pouvez louer ou acheter les DVD des deux premières saisons (ou encore essayer de les visionner d'une autre manière...), tellement c'est puissant ; mais vous pouvez aussi commencer par l'épisode 1 de la nouvelle saison, que l'on a eu la bonne idée de faire débuter par un résumé du coeur de l'intrigue.

   Bon, tout cela est bien joli, mais Fringe, c'est quoi ? Ben l'histoire d'une équipe d'enquêteurs du F.B.I. qui s'intéresse à des phénomènes que l'ont pourrait qualifier de paranormaux. Durant la saison 1, les épisodes autonomes s'intercalent entre ceux qui déroulent la trame de fond : la coexistence de deux univers parallèles, qui entrent périodiquement en contact. Ajoutez à cela un zeste de complot et vous aurez l'ambiance générale, bien servie par une photographie soignée, dans les tons sombres, avec des incrustations pertinentes.

   Avis aux âmes sensibles : c'est parfois un peu glauque et saignant... mais c'est trop le kiff !

   L'équipe d'enquêteurs finit par former une sorte de famille (c'est le secret de la réussite de séries comme NCIS par exemple). Il y a Walter le savant fou qui cache plein de choses, son fils Peter, un jeune homme plein de ressources (et d'une farouche indépendance d'esprit : un geek en joli et moins con, rien que pour vous, mesdames), son assistante super sympa et compétente (une Black... c'est pour les quotas, man) et surtout Olivia Dunham, un agent qui semble doté d'étranges pouvoirs. Celle-ci est interprétée par la délicieuse Anna Torv, au physique appétissant, mais au mental très déroutant (il lui faut bien une faille hein... ceci dit, on n'a pas fait l'inverse : elle n'est pas un cageot à la beauté intérieure sublime... allez savoir pourquoi).

   Cerise sur le gâteau, pour nous les Frenchies : c'est très bien doublé.

01:13 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : médias, cinéma

mardi, 05 juillet 2011

Humour corrézien, aveyronnais...

   C'est un petit encadré, publié dans Le Canard enchaîné du 22 juin dernier, qui m'avait échappé :

Sarkozy Laguiole 22 03 2011.jpg

   C'est évidemment une référence aux propos tenus par Jacques Chirac, à Sarran, une dizaine de jours auparavant.

   J'aime  beaucoup le dessin d'Escaro. Ce trait d'humour "aveyronnais" s'appuie sur un produit local (enfin presque local...), le couteau Laguiole. Qu'est-ce qui peut expliquer que le caricaturiste ait songé à ce type de couteau ? Est-ce le Massif Central, territoire commun à la Corrèze et à l'Aveyron ? (Vu de Paris, c'est la porte à côté.) Est-ce la venue du président l'an dernier dans notre département ? Est-ce parce qu'il s'en était fait offrir un en 2008, lors du Salon de l'Agriculture ?

   Je me demande dans quelle mesure c'est une bonne publicité pour le couteau...

lundi, 04 juillet 2011

GiedRé chez Laurent Baffie

   L'ancien complice de Thierry Ardisson a animé pendant plusieurs saisons, sur Europe 1, une émission dominicale qui s'est finalement appelée C'est quoi ce bordel ? Il a eu le mérite de révéler (au grand public) la chanteuse franco-lituanienne GiedRé (prononcer "guiédré"), dont j'ai récemment parlé.

   Au départ, je pense qu'elle n'était venue que pour une émission. Elle revenue au moins sept fois, signe que l'on avait repéré sa singularité... et son besoin de promotion : ce n'est pas avec le style des chansons qu'elle interprète qu'elle risque de passer à la télévision (enfin, tant qu'elle ne sera pas devenue célèbre).

   Grâce à la Toile, on peut (ré)écouter ces émissions, à commencer par la première, diffusée le 30 mai 2010. On peut y entendre GiedRé interpréter Trop de questions (vers la quatorzième minute), L'amour par derrière (vers la dix-huitième minute), Tu baves quand tu dors (vers la trente-quatrième minute) et enfin ma préférée Tu pues du cul (vers la quarante-cinquième minute).

   Elle est revenue le 13 juin 2010, pour interpréter un titre évoquant la mollesse érectile de son copain (vers la seizième minute)...

   Elle a été de nouveau invitée le 27 juin 2010. On peut l'entendre vers la trente-cinquième minute se lâcher dans une chanson où il est question d'une langue bien chargée (que les mauvais esprits auront prise, au début, pour un pénis)... L'émission dans son entier mérite le détour, avec des blagues potaches réalisées avec des vuvuzelas !

   On sent qu'on lui a demandé quelque chose de moins "épicé" pour le 4 juillet 2010 : elle a d'abord chanté un texte plutôt autobiographique, Je m'appelle GiedRé, où il est beaucoup question de la SACEM (vers la huitième minute). Vers la trente-cinquième minute, elle nous a proposé un titre assez élaboré, La vie peut être cruelle, à ne pas écouter quand on est dépressif !

   On l'a retrouvée à la rentrée, dans l'émission du 12 septembre 2010 (vers la trentième minute), avec La petite camionnette, fable cruelle sur une prostituée.

   C'est un thème qui l'a décidément beaucoup inspirée, puisque, le 19 septembre 2010, Une belle qui dormait au bois (diffusée vers la trente-et-unième minute), bien que différente par le style, évoque le cas d'un travesti (du Bois de Boulogne, pense-t-on) qui vend ses "charmes".

   Le 26 septembre 2010, elle a chanté Les beaux côtés de la vie (vers la trente-et-unième minute), un titre qui joue évidemment sur l'antiphrase, où elle justifie en quelque sorte son goût pour ce que les autres appellent le macabre, le scabreux. (Au XIXe siècle, la critique bien-pensante faisait les mêmes reproches à l'écrivain Emile Zola.)

   Enfin, le 3 octobre 2010, on l'a entendue pour la dernière fois (à ma connaissance) avec Je ne suis pas méchante (vers la trente-cinquième minute), une chanson qui fonctionne un peu sur le même principe que la précédente.

   Depuis, sa carrière a commencé à décoller.

18:35 Publié dans Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : musique, médias, humour

Noir Océan

   Après Beau Travail de Claire Denis (consacré aux membres de la Légion), voilà une autre cinéaste, Marion Hänsel, qui s'intéresse aux hommes de guerre. Ici, ce sont des marins, dans le Pacifique, à l'époque des essais nucléaires français (dans les années 1970).

   La parenté entre les deux films est patente. Les deux femmes sont fascinées par les corps de ces hommes jeunes et, normalement, en excellente santé. Dans les deux films, l'accent est mis sur l'un des militaires. On finit par s'apercevoir que ces "hommes forts", soumis à une discipline stricte, sont plutôt des gens hors norme... et cachant une faille.

   La différence principale réside dans les dialogues, remplacés par de la musique, des chants ou un monologue intérieur chez Claire Denis (qui a un parti pris esthétisant), alors que Marion Hänsel a conservé une forme plus classique.

   Les séquences situées en métropole évoquent l'enfance de l'un des personnages, qui a su vaincre sa peur. Dans le Pacifique, le plus dur est la cohabitation avec les autres, à l'étroit sur le navire. Tous ceux qui sont passés par le service militaire reconnaîtront l'ambiance tantôt joyeuse tantôt lourde des chambrées.

   Le scénario ne met pas en valeur les "grandes gueules", mais les types réfléchis. Après le passage sur l'enfance, on a droit à une longue attente, ponctuée de divers incidents... et d'une forte consommation de cigarettes ! Finit par venir l'essai nucléaire, qui suscite beaucoup de questionnements chez les jeunes soldats.

   L'image est soignée et, si l'on supporte le rythme un peu dolent, on appréciera ce film original.

  P.S.

  On peut glaner plus d'infos sur le site internet dédié.

12:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema

dimanche, 03 juillet 2011

Balada triste

   C'est le nouveau film d'Alex de Iglesia, qui s'est précédemment illustré aussi bien dans la comédie sarcastique (Mes Chers Voisins, Le Crime farpait) que le polar (Crimes à Oxford).

   Dans ce film perce aussi l'influence du Labyrinthe de Pan, de Guillermo del Toro : la guerre civile espagnole et ses conséquences se mêlent à un peu de fantastique, même si l'oeuvre d'Iglesia reste ancrée dans le réalisme.

   Trois moments se succèdent : le temps de la guerre civile, le temps du cirque et le temps de la vengeance. La première partie propose une vision nuancée de l'affrontement entre franquistes et républicains : les deux commettent des massacres, avec, du côté républicain, un clown qui se révèle diablement efficace. La réalisation alterne la rigueur de la reconstitution historique avec la fantaisie tragi-comique. C'est, à mon avis, la partie la plus réussie sur le plan visuel. (Cela aurait même pu constituer la base d'une histoire complète, centrée sur les années 1930.)

   Des années plus tard, le fils, devenu clown à son tour (mais triste, au contraire de son père, le rieur, qui était tête d'affiche) rejoint un cirque, où il devient un peu le souffre-douleur de son rival en amour. On retrouve la description soignée d'un milieu, ici le monde des itinérants du spectacle, le côté paillettes des spectacles alternant avec le sordide de leur vie quotidienne.

   La dernière partie voit la troupe éclater et chacun tenter de s'en sortir de son côté. Ils vont bien entendu se retrouver... plutôt pour le pire. C'est le moment des règlements de comptes (qui ont déjà commencé à la fin de la partie précédente). Les deux clowns voient leurs personnages évoluer, l'un d'entre eux subissant même une transformation étonnante, à l'image de ce qui pourrait se passer dans un film d'horreur américain. C'est assez saignant et la fin, filmée au sommet d'un monument (qui existe vraiment : La vallée de ceux qui sont tombés), ne manque pas de brio.

12:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

samedi, 02 juillet 2011

Une Séparation

   Au départ, je n'étais pas très "chaud" pour aller voir ce film iranien de deux heures. C'est l'un des avantages de la fête du cinéma : on prend quelques risques... et cela paie ou pas. Autant le dire tout de suite : j'ai été plus qu'agréablement surpris.

   C'est donc l'histoire d'un couple qui se sépare... et même qui divorce. Dès le début, on apprend ce qui reste sous-jacent le reste du film : la mère ne supporte plus le climat étouffant qui règne en Iran (mais elle va vite arrêter d'en parler... ne serait-ce que pour permettre au film de passer la censure) et voudrait que sa fille ait toutes les chances de réussir dans la vie. Le mari lui, a une bonne situation (il travaille dans une banque) et a choisi de s'occuper de son père qui souffre de la maladie d'Alzheimer (je ne sais pas si c'est un acteur qui campe ce personnage, mais il est criant de vérité). On a donc un film sur les déchirements familiaux, assez classique, mais très bien interprété.

   Se greffe là-dessus un portrait de la société iranienne, notamment du fonctionnement de la justice. Les citoyens se retrouvent devant le juge, soit pour le divorce, soit pour la procédure criminelle (je ne vous dis pas laquelle), sans l'aide d'un avocat (c'est sans doute mieux pour le divorce, mais c'est peut-être regrettable pour le reste). Et le tribunal est un de ces capharnaüms !

   Le film met aussi en scène l'opposition de deux familles, les bourgeois qui divorcent, très occidentalisés, et le couple qui galère, très pointilleux sur les questions de morale religieuse (enfin en apparence). Le noeud de l'affaire est l'embauche d'une personne pour s'occuper du père qui s'oublie. Une violente dispute finit par éclater, qui se conclut par un accident qui va avoir des conséquences multiples.

   Car ce film est aussi, à ma grande surprise, un polar. A partir de l'accident, une enquête est menée, à la fois officiellement (une procédure judiciaire est engagée) et par le réalisateur, qui nous mène par le bout du nez. (Il a pratiqué une ellipse dans le premier tiers du film, qui nous empêche d'avoir toutes les données du problème en mains. Du coup, on se dit que quelque chose cloche dans l'histoire.) Les spectateurs vont petit à petit découvrir que presque tout le monde ment à un moment ou à un autre, soit pour des questions d'honneur, soit pour l'argent. On sort de là avec l'idée que l'Iran est une véritable cocotte-minute sociale.

NE PAS LIRE SI VOUS N'AVEZ PAS ENCORE VU LE FILM

(sinon ne venez pas vous plaindre après, hein !)

   Le film n'est pas neutre. Il prend insidieusement parti. Au final, c'est le mari qui avait raison... et son épouse qui est montrée comme la responsable de l'enchaînement des faits. L'auteur semble avoir voulu un peu égratigner le personnage de la bourgeoise occidentalisée, finalement assez égoïste. Ou alors, au bout du bout, il incrimine sans oser le nommer le régime en place en Iran. Difficile de trancher.

10:53 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma