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lundi, 06 février 2017

Jackie

   Ce faux biopic est centré sur les moments et les jours qui ont suivi l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, vus par sa veuve. Cette trame est encadrée par des retours en arrière (des extraits d'un programme télévisé auquel la First Lady avait participé) et l'entretien accordé par l'héroïne à un journaliste (une fois le tumulte passé). Il s'agit donc d'un film à entrées multiples, sur le pouvoir, sa représentation, le poids des médias, la vie d'une femme mal considérée (avant d'être adulée) et sur le(s) deuil(s).

   Natalie Portman a pris le phrasé et la démarche de Jackie Kennedy. Par son jeu, elle nous montre aussi l'évolution du personnage : à la nunuche de 1961 a succédé, en 1963, une femme certes tenaillée par la souffrance, mais plus sûre d'elle et capable d'utiliser les rouages du système.

   Le reste de la distribution est de bon niveau. On ne voit pas trop les autres acteurs, dont le jeu est réduit à la portion congrue. On remarque néanmoins la bonne prestation de Peter Sarsgaard (en Robert Kennedy). Je note aussi qu'on a trouvé un acteur qui a une certaine ressemblance avec le défunt président.

   Le problème vient, en partie, de la réalisation. Oh, c'est du travail propret, avec un petit côté vintage dans la recréation du grain de l'image télévisuelle (pour les scènes anciennes). Mais c'est trop sage, trop millimétré. On finit par s'ennuyer terriblement, d'autant qu'on a veillé à ne pas égratigner la légende Kennedy.

   A mon avis, il aurait été plus pertinent d'élargir l'ampleur chronologique du sujet, pour évoquer les études suivies par Jacqueline Bouvier (qui n'était pas une idiote) et, après la période Maison Blanche, sa tentative de refaire sa vie avec le milliardaire Onassis.

   P.S.

   Quitte à aller voir un film qui rende hommage à une femme célèbre (incarnée par une actrice très talentueuse), autant choisir Dalida.

dimanche, 05 février 2017

La Vallée des loups

   Cette vallée alpine (de cheval) nous demeure secrète, le réalisateur Jean-Michel Bertrand voulant la préserver de l'intervention humaine. Je pense malgré tout qu'une personne connaissant la région peut, en s'appuyant sur les images et sur les remerciements qui figurent dans le générique de fin, arriver à retrouver les lieux de tournage.

   Commençons donc par ces images superbes de paysages de montagne, d'un lever de soleil brumeux ou de surfaces enneigées. C'est évidemment une ode à la nature, à travers le minéral, le végétal... et l'animal. Bien avant de voir les loups, on entre en contact avec les chouettes (succès garanti auprès du public, à condition qu'il n'attrape pas de torticolis), les blaireaux (il n'y en avait pas dans la salle, apparemment), les cerfs, les biches, les chamois, les lièvres, les corbeaux, les fourmis, les renards... C'est beau à voir, parce que les animaux sont filmés dans leur milieu naturel et parce que la photographie n'est pas dégueu.

   C'est aussi souvent drôle, parce que le comportement des bestioles prête parfois à sourire et parce que J-M Bertrand se met en scène, avec une bonne dose d'autodérision. Précisons qu'il n'est pas tout seul à tenir la caméra. Les prises de vue ont été réalisées par deux personnes, Marie Amiguet épaulant le réalisateur. C'est particulièrement visible sur certaines scènes, où les prises de vue ne peuvent pas avoir été réalisées par une caméra fixe disposée par l'unique personne présente sur les lieux.

   Cela me conduit à une petite critique. Ce qui nous est présenté comme le fruit de l'immersion aventureuse d'un baroudeur passionné est aussi le résultat d'une mise en scène. Certains moments, présentés comme fortuits, ne le sont pas tout à fait.

   L'un des exemples les plus flagrants est la première vision d'un loup. Elle semble survenir alors que le réalisateur nous est montré en train d'uriner. Il se retourne et -contrechamp- on voir un loup, au loin, qui semble l'observer. C'est évidemment le résultat au mieux d'une reconstitution (seules les images du loup sont une capture sur le vif, les autres ayant été rejouées pour les besoins du film), au pire d'une invention (le réalisateur a bien filmé par hasard ce loup, de jour, et a décidé ensuite d'ajouter une scène le montrant en train d'uriner à ce moment-là pour "pimenter" son histoire).

   Un autre exemple est cette scène qui voit le réalisateur marcher devant un arbre dans lequel se cache une chouette, dans une niche située en hauteur. La caméra, posée latéralement au chemin, semble capter une rencontre fortuite. En réalité, il y a fort à parier que la chouette a été repérée auparavant et qu'il a été décidé de mettre en scène le passage de J-M Bertrand devant cet arbre-là.

   On va me dire : ce ne sont là que de menus détails, mais ce procédé de fausse rencontre, tout comme le tournage a posteriori de plans contrechamp nuit à la rigueur du propos (qui est militant).

   On n'en est pas moins passionné par le périple du réalisateur. D'abord attiré par les rapaces, il décide de se concentrer sur les loups, dans ce parc naturel où l'activité humaine ne vient pas déranger la vie des animaux sauvages. La vision, assez précoce, du premier loup, l'incite à croire qu'il va rapidement arriver à ses fins... Que nenni ! La première année d'observation s'achève sans nouvelle rencontre. Il doit se résoudre à installer des caméras à déclenchement automatique (si elles repèrent du mouvement dans leur champ de vision). Cela nous vaut d'étranges images nocturnes (pour la plupart) de la faune sauvage, vraiment captivantes.

   J'ai particulièrement aimé la séquence qui montre la compétition qui existe, à distance, entre les loups et le renard pour l'occupation d'un territoire. Le chef de la meute commence par marquer le terrain à l'aide d'excréments. Plus tard, le renard vient uriner dessus. De retour, les loups grattent le sol à proximité... là où, plus tard, le renard va à son tour faire ses besoins. Je vous laisse découvrir à quelles extrémités se laisse porter le canidé à la queue touffue !

   Le résultat est un passionnant documentaire, très engagé en faveur du loup... et c'est à mon avis sa principale limite. Si l'on ne nous cache pas le mode alimentaire de canis lupus, jamais on ne le voit réellement chasser ni tuer ou dépecer une proie. Par contre, on a tenu à nous montrer des images de louveteaux jouant comme des chiots. Dans un parc national, la présence des loups se justifie pleinement : ils contribuent à l'équilibre de la chaîne alimentaire. Par contre, dans un parc naturel régional (dont la vocation est de concilier protection de la nature et activités humaines), la présence du loup est une menace pour l'élevage extensif, qui a besoin de grandes pâtures sans danger pour les animaux domestiqués.

23:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Vallée des loups

   Cette vallée alpine (de cheval) nous demeure secrète, le réalisateur Jean-Michel Bertrand voulant la préserver de l'intervention humaine. Je pense malgré tout qu'une personne connaissant la région peut, en s'appuyant sur les images et sur les remerciements qui figurent dans le générique de fin, arriver à retrouver les lieux de tournage.

   Commençons donc par ces images superbes de paysages de montagne, d'un lever de soleil brumeux ou de surfaces enneigées. C'est évidemment une ode à la nature, à travers le minéral, le végétal... et l'animal. Bien avant de voir les loups, on entre en contact avec les chouettes (succès garanti auprès du public, à condition qu'il n'attrape pas de torticolis), les blaireaux (il n'y en avait pas dans la salle, apparemment), les cerfs, les biches, les chamois, les lièvres, les corbeaux, les fourmis, les renards... C'est beau à voir, parce que les animaux sont filmés dans leur milieu naturel et parce que la photographie n'est pas dégueu.

   C'est aussi souvent drôle, parce que le comportement des bestioles prête parfois à sourire et parce que J-M Bertrand se met en scène, avec une bonne dose d'autodérision. Précisons qu'il n'est pas tout seul à tenir la caméra. Les prises de vue ont été réalisées par deux personnes, Marie Amiguet épaulant le réalisateur. C'est particulièrement visible sur certaines scènes, où les prises de vue ne peuvent pas avoir été réalisées par une caméra fixe disposée par l'unique personne présente sur les lieux.

   Cela me conduit à une petite critique. Ce qui nous est présenté comme le fruit de l'immersion aventureuse d'un baroudeur passionné est aussi le résultat d'une mise en scène. Certains moments, présentés comme fortuits, ne le sont pas tout à fait.

   L'un des exemples les plus flagrants est la première vision d'un loup. Elle semble survenir alors que le réalisateur nous est montré en train d'uriner. Il se retourne et -contrechamp- on voir un loup, au loin, qui semble l'observer. C'est évidemment le résultat au mieux d'une reconstitution (seules les images du loup sont une capture sur le vif, les autres ayant été rejouées pour les besoins du film), au pire d'une invention (le réalisateur a bien filmé par hasard ce loup, de jour, et a décidé ensuite d'ajouter une scène le montrant en train d'uriner à ce moment-là pour "pimenter" son histoire).

   Un autre exemple est cette scène qui voit le réalisateur marcher devant un arbre dans lequel se cache une chouette, dans une niche située en hauteur. La caméra, posée latéralement au chemin, semble capter une rencontre fortuite. En réalité, il y a fort à parier que la chouette a été repérée auparavant et qu'il a été décidé de mettre en scène le passage de J-M Bertrand devant cet arbre-là.

   On va me dire : ce ne sont là que de menus détails, mais ce procédé de fausse rencontre, tout comme le tournage a posteriori de plans contrechamp nuit à la rigueur du propos (qui est militant).

   On n'en est pas moins passionné par le périple du réalisateur. D'abord attiré par les rapaces, il décide de se concentrer sur les loups, dans ce parc naturel où l'activité humaine ne vient pas déranger la vie des animaux sauvages. La vision, assez précoce, du premier loup, l'incite à croire qu'il va rapidement arriver à ses fins... Que nenni ! La première année d'observation s'achève sans nouvelle rencontre. Il doit se résoudre à installer des caméras à déclenchement automatique (si elles repèrent du mouvement dans leur champ de vision). Cela nous vaut d'étranges images nocturnes (pour la plupart) de la faune sauvage, vraiment captivantes.

   J'ai particulièrement aimé la séquence qui montre la compétition qui existe, à distance, entre les loups et le renard pour l'occupation d'un territoire. Le chef de la meute commence par marquer le terrain à l'aide d'excréments. Plus tard, le renard vient uriner dessus. De retour, les loups grattent le sol à proximité... là où, plus tard, le renard va à son tour faire ses besoins. Je vous laisse découvrir à quelles extrémités se laisse porter le canidé à la queue touffue !

   Le résultat est un passionnant documentaire, très engagé en faveur du loup... et c'est à mon avis sa principale limite. Si l'on ne nous cache pas le mode alimentaire de canis lupus, jamais on ne le voit réellement chasser ni tuer ou dépecer une proie. Par contre, on a tenu à nous montrer des images de louveteaux jouant comme des chiots. Dans un parc national, la présence des loups se justifie pleinement : ils contribuent à l'équilibre de la chaîne alimentaire. Par contre, dans un parc naturel régional (dont la vocation est de concilier protection de la nature et activités humaines), la présence du loup est une menace pour l'élevage extensif, qui a besoin de grandes pâtures sans danger pour les animaux domestiqués.

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samedi, 04 février 2017

Sahara

   Ce film d'animation franco-canadien est porté par une pléiade de voix connues du grand public : Omar Sy, Louane, Vincent Lacoste (très bon en en serpent djeunse), Ramzy, Jean Dujardin, Grand Corps Malade, Sabrina Ouazani, Jonathan Lambert ou encore Clovis Cornillac (que j'ai adoré en ver luisant).

   Pourtant, la première partie ne m'a pas du tout emballé. Non que ce soit mauvais, mais je me suis senti comme exclu de l'histoire, visiblement destinée au (très) jeune public. A un moment, j'ai même piqué du nez !

   Fort heureusement, cela change vers le milieu du film, avec deux séquences capitales : la rencontre des vers luisants dans la grotte et l'introduction du personnage du charmeur de serpents. La première est à la fois drôle et superbe sur le plan visuel. On s'attend bien sûr à de jolis effets d'éclairage, mais on est aussi ravi quand cela prend un tour psychédélique. Quant à l'arrivée du charmeur de serpents, elle débouche sur une scène de danse très réussie.

   La suite maintient l'intérêt : les héros vont faire la rencontre de touristes du désert... humour garanti ! On rit aussi beaucoup lors de la rencontre du poisson des sables (Michaël Youn, étonnamment bon). La virtuosité est plus flagrante lors de la séquence de battle dance, qui va opposer deux femelles. Les animateurs ont réussi à faire se mouvoir les serpents de telle manière qu'à l'écran, on a quasiment l'impression de voir des jeunes femmes.

   La dernière partie de l'intrigue est la plus trépidante. Cela devient un film d'action très prenant... et visible par tous.

   Voilà. Si l'on supporte la première partie, cela constitue un bon divertissement.

17:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Sahara

   Ce film d'animation franco-canadien est porté par une pléiade de voix connues du grand public : Omar Sy, Louane, Vincent Lacoste (très bon en en serpent djeunse), Ramzy, Jean Dujardin, Grand Corps Malade, Sabrina Ouazani, Jonathan Lambert ou encore Clovis Cornillac (que j'ai adoré en ver luisant).

   Pourtant, la première partie ne m'a pas du tout emballé. Non que ce soit mauvais, mais je me suis senti comme exclu de l'histoire, visiblement destinée au (très) jeune public. A un moment, j'ai même piqué du nez !

   Fort heureusement, cela change vers le milieu du film, avec deux séquences capitales : la rencontre des vers luisants dans la grotte et l'introduction du personnage du charmeur de serpents. La première est à la fois drôle et superbe sur le plan visuel. On s'attend bien sûr à de jolis effets d'éclairage, mais on est aussi ravi quand cela prend un tour psychédélique. Quant à l'arrivée du charmeur de serpents, elle débouche sur une scène de danse très réussie.

   La suite maintient l'intérêt : les héros vont faire la rencontre de touristes du désert... humour garanti ! On rit aussi beaucoup lors de la rencontre du poisson des sables (Michaël Youn, étonnamment bon). La virtuosité est plus flagrante lors de la séquence de battle dance, qui va opposer deux femelles. Les animateurs ont réussi à faire se mouvoir les serpents de telle manière qu'à l'écran, on a quasiment l'impression de voir des jeunes femmes.

   La dernière partie de l'intrigue est la plus trépidante. Cela devient un film d'action très prenant... et visible par tous.

   Voilà. Si l'on supporte la première partie, cela constitue un bon divertissement.

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jeudi, 02 février 2017

L'Histoire officielle

   C'est le titre d'un film argentin (oscarisé), sorti en 1985 et tourné en secret dès la chute de la dictature militaire, en 1983. Il ressort aujourd'hui dans une version restaurée. C'est une oeuvre majeure, d'abord par la qualité de l'interprétation, mais aussi par la force du sujet qu'elle aborde (les disparus de la dictature), ultra-brûlant à l'époque.

   Le titre est à double-sens, puisqu'il fait allusion à la censure qui sévit en 1982-1983 sur les crimes de la dictature... et au métier de l'héroïne Alicia, qui enseigne l'histoire dans un lycée de garçons. Cultivée et autoritaire, elle impose une certaine vision du passé, qui va être contestée par certains élèves.

   La remise en question va aussi toucher son histoire personnelle. On apprend vite qu'elle est stérile et que sa fille Gaby a été adoptée il y a environ 5 ans... en réalité, elle a été apportée au domicile conjugal par l'époux de l'héroïne, un homme d'affaires très en cour auprès des officiers qui dirigent le pays depuis 1976.

   Mais l'on sent que l'ambiance est à la fin de règne. Plusieurs scènes sont chargées de nous montrer que l'on parle beaucoup par sous-entendu, y compris au sein de l'élite privilégiée. La glace va craquer une première fois lors d'une soirée "entre filles" : l'héroïne revoit sa meilleure amie, de retour au pays après une absence de six ans. La scène s'engage sur un ton très futile, limite agaçant. Et, soudain, elle bascule dans le drame, notamment grâce au talent de l'actrice qui incarne Ana.

   La grande bourgeoise sent ses certitudes vaciller et décide de mener sa propre enquête sur l'origine de sa fille. Cela va la conduire à rencontrer une de ces grands-mères de la place de Mai, dans une scène de café absolument étourdissante, qui voit une femme changer petit à petit d'attitude en écoutant la seconde, qui se livre et se décompose.

   C'est donc un film de femmes, très fort bien qu'un peu daté. Soulignons aussi la très bonne composition d'Hector Alterio, qui interprète le mari d'Alicia.

   Je pense que ce film a inspiré d'autres réalisateurs sud-américains, comme Adrian Caetano (auteur de Buenos Aires 1977), Lucia Cedron (Agnus Dei) ou encore les Chiliens Patricio Guzman (Nostalgie de la lumière et le génial Bouton de nacre) et Pablo Larrain (Santiago 73 et No).

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L'Histoire officielle

   C'est le titre d'un film argentin (oscarisé), sorti en 1985 et tourné en secret dès la chute de la dictature militaire, en 1983. Il ressort aujourd'hui dans une version restaurée. C'est une oeuvre majeure, d'abord par la qualité de l'interprétation, mais aussi par la force du sujet qu'elle aborde (les disparus de la dictature), ultra-brûlant à l'époque.

   Le titre est à double-sens, puisqu'il fait allusion à la censure qui sévit en 1982-1983 sur les crimes de la dictature... et au métier de l'héroïne Alicia, qui enseigne l'histoire dans un lycée de garçons. Cultivée et autoritaire, elle impose une certaine vision du passé, qui va être contestée par certains élèves.

   La remise en question va aussi toucher son histoire personnelle. On apprend vite qu'elle est stérile et que sa fille Gaby a été adoptée il y a environ 5 ans... en réalité, elle a été apportée au domicile conjugal par l'époux de l'héroïne, un homme d'affaires très en cour auprès des officiers qui dirigent le pays depuis 1976.

   Mais l'on sent que l'ambiance est à la fin de règne. Plusieurs scènes sont chargées de nous montrer que l'on parle beaucoup par sous-entendu, y compris au sein de l'élite privilégiée. La glace va craquer une première fois lors d'une soirée "entre filles" : l'héroïne revoit sa meilleure amie, de retour au pays après une absence de six ans. La scène s'engage sur un ton très futile, limite agaçant. Et, soudain, elle bascule dans le drame, notamment grâce au talent de l'actrice qui incarne Ana.

   La grande bourgeoise sent ses certitudes vaciller et décide de mener sa propre enquête sur l'origine de sa fille. Cela va la conduire à rencontrer une de ces grands-mères de la place de Mai, dans une scène de café absolument étourdissante, qui voit une femme changer petit à petit d'attitude en écoutant la seconde, qui se livre et se décompose.

   C'est donc un film de femmes, très fort bien qu'un peu daté. Soulignons aussi la très bonne composition d'Hector Alterio, qui interprète le mari d'Alicia.

   Je pense que ce film a inspiré d'autres réalisateurs sud-américains, comme Adrian Caetano (auteur de Buenos Aires 1977), Lucia Cedron (Agnus Dei) ou encore les Chiliens Patricio Guzman (Nostalgie de la lumière et le génial Bouton de nacre) et Pablo Larrain (Santiago 73 et No).

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dimanche, 29 janvier 2017

Dalida

   Presque cinq après Cloclo, le cinéma français replonge dans le biopic d'une vedette populaire morte prématurément. Coïncidence ou pas, les deux chanteurs ont passé leur enfance en Egypte, dans la communauté européenne. Ils ont aussi l'Italie en commun, plus précisément la Calabre, dont est originaire la famille de Iolanda Gigliotti, tout comme celle de la mère de Claude François. On note que les deux enfances ont été bercées par la musique, notamment celle jouée au violon.

   Là s'arrêtent les ressemblances. La vie de Dalida est un écheveau de moments d'intense bonheur et de drames, qui l'ont conduite à deux tentatives de suicide, la seconde réussie. Autre différence : la chanteuse n'a pas eu d'enfant, elle qui aurait tant voulu être mère, quitte à laisser un peu tomber sa carrière.

   Contrairement à Cloclo, Dalida nous fait découvrir le passé par touches, à l'aide de retours en arrière. Cela donne au film un côté puzzle qui n'est pas déplaisant, ni déstabilisant : on sait toujours où et quand l'action se déroule. De plus, à l'écran, les tons varient en fonction du lieu et de l'époque. C'est le moment de signaler la grande qualité de la photographie et les efforts pour mettre en scène de manière un peu originale le parcours d'une personne qui a tant occupé les écrans.

   J'ai en tête deux moments particulièrement bien filmés : la demande en mariage de Lucien Morisse, acceptée mais qui vient trop tard (ce qui nous est montré à l'aide de la dissociation des glaces du miroir de la loge) et l'entrée puis la sortie de la scène du palais des sports de Paris. La réalisatrice Lisa Azuelos a su porter à l'écran le monde des paillettes et sa face cachée.

   Pour cela, elle a pu aussi s'appuyer sur la distribution. Tout le monde le dit mais je vais le répéter quand même : dans le rôle-titre, Sveva Alviti est une révélation. Certes, à la base, il y a bien une ressemblance physique entre l'actrice et la chanteuse qu'elle est chargée d'incarner. Mais elle a su acquérir les attitudes et une partie du phrasé de la vedette. Signalons que le film est polyglotte, principalement tourné en français et en italien, avec des touches d'anglais et d'arabe. Quel plaisir que d'entendre la langue de nos amis transalpins !

cinéma,cinema,film,films,musique

   Sveva Alviti est épaulée par une batterie d'acteurs chevronnés, de Jean-Paul Rouve à Riccardo Scamarcio (excellent en Orlando), en passant par Patrick Timsit et Nicolas Duvauchelle. J'ai cité des comédiens de sexe masculin, parce que la vie de Dalida a été marquée par ses rencontres, aussi bien artistiques que sentimentales, les deux s'entremêlant souvent. Ce biopic est donc aussi le portrait d'une femme (qui tente d'être) libre, qui a aimé l'amour et la chanson d'amour, avant de découvrir, sur le tard, qu'elle pouvait aussi interpréter des titres plus "exigeants".

   Du coup, même si on n'est pas un inconditionnel de la chanteuse (dont les titres illustrent les principaux moments de l'histoire), on peut s'attacher à ce portrait de femme, très bien interprété.

Dalida

   Presque cinq après Cloclo, le cinéma français replonge dans le biopic d'une vedette populaire morte prématurément. Coïncidence ou pas, les deux chanteurs ont passé leur enfance en Egypte, dans la communauté européenne. Ils ont aussi l'Italie en commun, plus précisément la Calabre, dont est originaire la famille de Iolanda Gigliotti, tout comme celle de la mère de Claude François. On note que les deux enfances ont été bercées par la musique, notamment celle jouée au violon.

   Là s'arrêtent les ressemblances. La vie de Dalida est un écheveau de moments d'intense bonheur et de drames, qui l'ont conduite à deux tentatives de suicide, la seconde réussie. Autre différence : la chanteuse n'a pas eu d'enfant, elle qui aurait tant voulu être mère, quitte à laisser un peu tomber sa carrière.

   Contrairement à Cloclo, Dalida nous fait découvrir le passé par touches, à l'aide de retours en arrière. Cela donne au film un côté puzzle qui n'est pas déplaisant, ni déstabilisant : on sait toujours où et quand l'action se déroule. De plus, à l'écran, les tons varient en fonction du lieu et de l'époque. C'est le moment de signaler la grande qualité de la photographie et les efforts pour mettre en scène de manière un peu originale le parcours d'une personne qui a tant occupé les écrans.

   J'ai en tête deux moments particulièrement bien filmés : la demande en mariage de Lucien Morisse, acceptée mais qui vient trop tard (ce qui nous est montré à l'aide de la dissociation des glaces du miroir de la loge) et l'entrée puis la sortie de la scène du palais des sports de Paris. La réalisatrice Lisa Azuelos a su porter à l'écran le monde des paillettes et sa face cachée.

   Pour cela, elle a pu aussi s'appuyer sur la distribution. Tout le monde le dit mais je vais le répéter quand même : dans le rôle-titre, Sveva Alviti est une révélation. Certes, à la base, il y a bien une ressemblance physique entre l'actrice et la chanteuse qu'elle est chargée d'incarner. Mais elle a su acquérir les attitudes et une partie du phrasé de la vedette. Signalons que le film est polyglotte, principalement tourné en français et en italien, avec des touches d'anglais et d'arabe. Quel plaisir que d'entendre la langue de nos amis transalpins !

cinéma,cinema,film,films,musique

   Sveva Alviti est épaulée par une batterie d'acteurs chevronnés, de Jean-Paul Rouve à Riccardo Scamarcio (excellent en Orlando), en passant par Patrick Timsit et Nicolas Duvauchelle. J'ai cité des comédiens de sexe masculin, parce que la vie de Dalida a été marquée par ses rencontres, aussi bien artistiques que sentimentales, les deux s'entremêlant souvent. Ce biopic est donc aussi le portrait d'une femme (qui tente d'être) libre, qui a aimé l'amour et la chanson d'amour, avant de découvrir, sur le tard, qu'elle pouvait aussi interpréter des titres plus "exigeants".

   Du coup, même si on n'est pas un inconditionnel de la chanteuse (dont les titres illustrent les principaux moments de l'histoire), on peut s'attacher à ce portrait de femme, très bien interprété.

mardi, 24 janvier 2017

Un Sac de billes

   C'est Christian Duguay (auteur récemment de l'inégal Belle et Sébastien : l'aventure continue) qui s'est chargé de cette deuxième adaptation du récit autobiographique de Joseph Joffo. Il s'est appuyé sur une distribution de luxe, les parents du gamin étant interprétés par Patrick Bruel et Elsa Zylberstein (tous deux très bien). De plus, au détour d'une scène, on croise Christian Clavier (en médecin patelin) et surtout Bernard Campan, excellent en libraire pétainiste.

   Mais la meilleure surprise fut pour moi la prestation de Kev Adams, surprenant en résistant juif. Le concernant, on sera attentif au dialogue qu'il entretient avec un officier SS, auquel il finit par lâcher : "Je suis juif... et je t'emmerde !" Je pense que, dans ce cas comme à quelques autres occasions dans le film, les situations ou les dialogues, qui s'écartent parfois un peu de l'oeuvre d'origine, répondent à des problématiques contemporaines.

   La première partie de l'histoire est assez emballante. Le film reprend la fameuse scène des clients allemands du coiffeur parisien, l'image lui donnant une tension supplémentaire par rapport au papier. Mais le plus marquant des moments est sans conteste cette soirée au cours de laquelle le père, naguère très fier de sa judéité, donne à ses fils une leçon qu'ils ne sont pas prêts d'oublier...

   Peut-être est-ce dû à mon grand âge, mais j'ai davantage apprécié les scènes faisant intervenir les adultes... peut-être tout simplement parce qu'ils jouent mieux que les enfants... surtout mieux que celui qui incarne le héros, à qui j'ai eu plus d'une fois envie de coller des gifles. Il n'y a pas que son jeu qui m'a agacé. Son personnage n'évolue quasiment pas. Il est trop souvent dans la chialerie, alors que le livre de Joffo montre bien qu'il s'est petit à petit endurci, qu'il a beaucoup mûri et, surtout, qu'il est devenu très débrouillard (tout comme son aîné d'ailleurs). Autant de choses qui sont mal rendues dans le film.

   Il reste plusieurs très jolis moments à savourer, comme ce morceau de violon en pleine cavale, ou les éructations du libraire antisémite devant son jeune protégé, qu'il prend soin d'emmener à l'église... Je suis donc sorti de là partagé. Le film est tout à fait visible et contient de très bonnes scènes, mais il est gâté par certains défauts. On pourrait aussi regretter que, par rapport au livre, il ait passé sous silence trop d'épisodes marquants (je pense notamment aux rencontres de paysans).

cinéma,cinema,histoire,film,films

   P.S.

   La déportation des juifs de Nice fut l'oeuvre notamment d'Aloïs Brunner, une des pires crapules auxquelles le IIIe Reich ait offert une carrière inespérée. On a récemment entendu à nouveau parler de lui. Une enquête publiée dans le magazine XXI affirme qu'il serait mort en 2001, dans les geôles syriennes, après avoir beaucoup servi le père de Bachar el-Assad.

Un Sac de billes

   C'est Christian Duguay (auteur récemment de l'inégal Belle et Sébastien : l'aventure continue) qui s'est chargé de cette deuxième adaptation du récit autobiographique de Joseph Joffo. Il s'est appuyé sur une distribution de luxe, les parents du gamin étant interprétés par Patrick Bruel et Elsa Zylberstein (tous deux très bien). De plus, au détour d'une scène, on croise Christian Clavier (en médecin patelin) et surtout Bernard Campan, excellent en libraire pétainiste.

   Mais la meilleure surprise fut pour moi la prestation de Kev Adams, surprenant en résistant juif. Le concernant, on sera attentif au dialogue qu'il entretient avec un officier SS, auquel il finit par lâcher : "Je suis juif... et je t'emmerde !" Je pense que, dans ce cas comme à quelques autres occasions dans le film, les situations ou les dialogues, qui s'écartent parfois un peu de l'oeuvre d'origine, répondent à des problématiques contemporaines.

   La première partie de l'histoire est assez emballante. Le film reprend la fameuse scène des clients allemands du coiffeur parisien, l'image lui donnant une tension supplémentaire par rapport au papier. Mais le plus marquant des moments est sans conteste cette soirée au cours de laquelle le père, naguère très fier de sa judéité, donne à ses fils une leçon qu'ils ne sont pas prêts d'oublier...

   Peut-être est-ce dû à mon grand âge, mais j'ai davantage apprécié les scènes faisant intervenir les adultes... peut-être tout simplement parce qu'ils jouent mieux que les enfants... surtout mieux que celui qui incarne le héros, à qui j'ai eu plus d'une fois envie de coller des gifles. Il n'y a pas que son jeu qui m'a agacé. Son personnage n'évolue quasiment pas. Il est trop souvent dans la chialerie, alors que le livre de Joffo montre bien qu'il s'est petit à petit endurci, qu'il a beaucoup mûri et, surtout, qu'il est devenu très débrouillard (tout comme son aîné d'ailleurs). Autant de choses qui sont mal rendues dans le film.

   Il reste plusieurs très jolis moments à savourer, comme ce morceau de violon en pleine cavale, ou les éructations du libraire antisémite devant son jeune protégé, qu'il prend soin d'emmener à l'église... Je suis donc sorti de là partagé. Le film est tout à fait visible et contient de très bonnes scènes, mais il est gâté par certains défauts. On pourrait aussi regretter que, par rapport au livre, il ait passé sous silence trop d'épisodes marquants (je pense notamment aux rencontres de paysans).

cinéma,cinema,histoire,film,films

   P.S.

   La déportation des juifs de Nice fut l'oeuvre notamment d'Aloïs Brunner, une des pires crapules auxquelles le IIIe Reich ait offert une carrière inespérée. On a récemment entendu à nouveau parler de lui. Une enquête publiée dans le magazine XXI affirme qu'il serait mort en 2001, dans les geôles syriennes, après avoir beaucoup servi le père de Bachar el-Assad.

samedi, 21 janvier 2017

Julieta

   Séance de rattrapage cette semaine, grâce au Festival Télérama, qui permet de (re)voir certains des films art et essai qui ont marqué l'année dernière. Dans la liste, je me permets de recommander Elle (ne serait-ce que pour Isabelle Huppert), Café Society (un bon Woody Allen), Frantz (malgré Pierre Minet), Midnight Special (inclassable), Ma Vie de courgette (une animation audacieuse sur le fond). Pour la beauté des images (et pour 3,5 euros), on peut aussi éventuellement tenter La Tortue rouge.

   L'auteur de ces lignes fut un fan de Pedro Almodovar, jusqu'au milieu des années 1990. J'aimais son côté déjanté, un peu obsédé sexuel, hein, et je trouvais qu'il savait choisir ses actrices. Ce dernier point n'a pas changé, mais, depuis vingt ans, le cinéaste a pris du bide et semble bander mou. Voilà pourquoi je n'étais pas allé voir Julieta à sa sortie. Concernant Almodovar, je m'étais arrêté définitivement à Volver.

   Nous voilà en présence d'un mélo, dont les personnages principaux sont des femmes, en particulier l'une d'entre elles, dont le prénom a donné son titre au film. Elle est incarnée par deux actrices, à deux époques différentes. Celle qui nous guide dans l'histoire a plus de quarante ans. A l'aise financièrement, elle s'apprête à quitter l'Espagne pour partir vivre au Portugal avec son nouveau compagnon, qu'elle a rencontré dans sa "deuxième vie". Mais, soudain, la première va ressurgir.

   On la découvre par l'entremise du journal intime que l'héroïne se décide à écrire, en forme de lettre à sa fille qu'elle a tant aimée et qu'elle n'a pas revue depuis plus de dix ans. Les retours en arrière nous font découvrir les débuts de vie d'adulte, avec la séquence marquante du train, puis le séjour en bord de mer. C'est là que tout s'est joué. Les actrices sont épatantes. On retrouve même avec plaisir Rossy de Palma, dans un second rôle piquant voire inquiétant...

   Le problème est que c'est cousu de fil blanc. N'importe quel spectateur doté de quelques neurones comprend la véritable raison de la séparation de la fille et de la mère. Les rares péripéties de l'intrigue sont quand même téléphonées (du compagnon pécheur qui prend la mer en pleine tempête à la gamine qui s'éloigne soi-disant pour vivre une retraite spirituelle). Il reste heureusement le savoir-faire d'Almodovar, qui joue avec nous dès la première image, intrigante. Cela donne un film plaisant, sentimental dans le bon sens du terme, mais loin des chefs-d'oeuvre qu'il a réalisés auparavant.

20:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Julieta

   Séance de rattrapage cette semaine, grâce au Festival Télérama, qui permet de (re)voir certains des films art et essai qui ont marqué l'année dernière. Dans la liste, je me permets de recommander Elle (ne serait-ce que pour Isabelle Huppert), Café Society (un bon Woody Allen), Frantz (malgré Pierre Minet), Midnight Special (inclassable), Ma Vie de courgette (une animation audacieuse sur le fond). Pour la beauté des images (et pour 3,5 euros), on peut aussi éventuellement tenter La Tortue rouge.

   L'auteur de ces lignes fut un fan de Pedro Almodovar, jusqu'au milieu des années 1990. J'aimais son côté déjanté, un peu obsédé sexuel, hein, et je trouvais qu'il savait choisir ses actrices. Ce dernier point n'a pas changé, mais, depuis vingt ans, le cinéaste a pris du bide et semble bander mou. Voilà pourquoi je n'étais pas allé voir Julieta à sa sortie. Concernant Almodovar, je m'étais arrêté définitivement à Volver.

   Nous voilà en présence d'un mélo, dont les personnages principaux sont des femmes, en particulier l'une d'entre elles, dont le prénom a donné son titre au film. Elle est incarnée par deux actrices, à deux époques différentes. Celle qui nous guide dans l'histoire a plus de quarante ans. A l'aise financièrement, elle s'apprête à quitter l'Espagne pour partir vivre au Portugal avec son nouveau compagnon, qu'elle a rencontré dans sa "deuxième vie". Mais, soudain, la première va ressurgir.

   On la découvre par l'entremise du journal intime que l'héroïne se décide à écrire, en forme de lettre à sa fille qu'elle a tant aimée et qu'elle n'a pas revue depuis plus de dix ans. Les retours en arrière nous font découvrir les débuts de vie d'adulte, avec la séquence marquante du train, puis le séjour en bord de mer. C'est là que tout s'est joué. Les actrices sont épatantes. On retrouve même avec plaisir Rossy de Palma, dans un second rôle piquant voire inquiétant...

   Le problème est que c'est cousu de fil blanc. N'importe quel spectateur doté de quelques neurones comprend la véritable raison de la séparation de la fille et de la mère. Les rares péripéties de l'intrigue sont quand même téléphonées (du compagnon pécheur qui prend la mer en pleine tempête à la gamine qui s'éloigne soi-disant pour vivre une retraite spirituelle). Il reste heureusement le savoir-faire d'Almodovar, qui joue avec nous dès la première image, intrigante. Cela donne un film plaisant, sentimental dans le bon sens du terme, mais loin des chefs-d'oeuvre qu'il a réalisés auparavant.

20:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 19 janvier 2017

The Birth of a Nation

   Ce biopic rend hommage, d'une certaine manière, à Nat Turner, un esclave noir américain qui s'est révolté en 1831, dans l'Etat de Virginie. Derrière et devant la caméra, l'acteur-réalisateur Nate Parker a tenté de concilier film militant et production hollywoodienne.

   Pour cela, il a réuni une brochette de comédiens très convaincants, les méchants comme les gentils. Au niveau de la mise en scène, on remarque la volonté d'appuyer là où ça fait mal, sur les nombreuses (et diverses) violences dont les esclaves ont été victimes. Impressionnante est la scène au cours de laquelle un red neck esclavagiste casse les dents de l'une des ses "propriétés", calmement,  à coups de marteau. Le metteur en scène n'a toutefois pas osé aller "trop" loin : les viols ne sont que suggérés. On en perçoit toutefois parfaitement les conséquences, grâce au talent des actrices.

   La réalisation est assez scolaire et, à ce que j'ai pu en juger, s'inspire de prestigieux précédents. Ainsi, l'inévitable scène du fouet n'est pas sans rappeler ce que l'on voit dans 12 Years a Slave... mais en moins bien. Vers la fin, la bagarre de rue qui oppose esclaves révoltés et milice esclavagiste est un évident décalque du magnifique début de Gangs of New York... sans le talent de Scorsese. Enfin, l'esprit de révolte est bien mieux mis en scène dans l'excellent Django unchained du non moins excellent Quentin Tarantino.

   A part cela, c'est du cinéma très correct, mais qui souffre de la comparaison avec d'autres productions, assez récentes et bien meilleures. De surcroît, je soupçonne les scénaristes d'avoir un peu (beaucoup) "tordu" la réalité historique pour servir leur propos (fort louable), à savoir la dénonciation de l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est l'impression que j'ai eue après avoir lu  Confessions de Nat Turner, un excellent petit livre, publié aux éditions Allia (qui ont eu l'intelligence d'en mettre un extrait en ligne).

cinéma,cinema,histoire,film,films

   Encadré par une présentation et une mise en perspective, on trouve le récit du rebelle, mis par écrit par son avocat juste avant son exécution. On en regrette davantage le film auquel cela aurait pu donner naissance.

The Birth of a Nation

   Ce biopic rend hommage, d'une certaine manière, à Nat Turner, un esclave noir américain qui s'est révolté en 1831, dans l'Etat de Virginie. Derrière et devant la caméra, l'acteur-réalisateur Nate Parker a tenté de concilier film militant et production hollywoodienne.

   Pour cela, il a réuni une brochette de comédiens très convaincants, les méchants comme les gentils. Au niveau de la mise en scène, on remarque la volonté d'appuyer là où ça fait mal, sur les nombreuses (et diverses) violences dont les esclaves ont été victimes. Impressionnante est la scène au cours de laquelle un red neck esclavagiste casse les dents de l'une des ses "propriétés", calmement,  à coups de marteau. Le metteur en scène n'a toutefois pas osé aller "trop" loin : les viols ne sont que suggérés. On en perçoit toutefois parfaitement les conséquences, grâce au talent des actrices.

   La réalisation est assez scolaire et, à ce que j'ai pu en juger, s'inspire de prestigieux précédents. Ainsi, l'inévitable scène du fouet n'est pas sans rappeler ce que l'on voit dans 12 Years a Slave... mais en moins bien. Vers la fin, la bagarre de rue qui oppose esclaves révoltés et milice esclavagiste est un évident décalque du magnifique début de Gangs of New York... sans le talent de Scorsese. Enfin, l'esprit de révolte est bien mieux mis en scène dans l'excellent Django unchained du non moins excellent Quentin Tarantino.

   A part cela, c'est du cinéma très correct, mais qui souffre de la comparaison avec d'autres productions, assez récentes et bien meilleures. De surcroît, je soupçonne les scénaristes d'avoir un peu (beaucoup) "tordu" la réalité historique pour servir leur propos (fort louable), à savoir la dénonciation de l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est l'impression que j'ai eue après avoir lu  Confessions de Nat Turner, un excellent petit livre, publié aux éditions Allia (qui ont eu l'intelligence d'en mettre un extrait en ligne).

cinéma,cinema,histoire,film,films

   Encadré par une présentation et une mise en perspective, on trouve le récit du rebelle, mis par écrit par son avocat juste avant son exécution. On en regrette davantage le film auquel cela aurait pu donner naissance.

samedi, 14 janvier 2017

La Mécanique de l'ombre

   Ce polar hexagonal a puisé sa matière dans l'histoire politique récente de la France, en mêlant plusieurs époques, à ce qu'il m'a semblé. Ainsi, en toile de fond, on reconnaîtra des aspects aussi bien de la campagne présidentielle de 1988 (avec la libération des otages du Liban en jeu) que de la rivalité Chirac-Balladur de 1995 ou encore de l'ascension politique de Nicolas Sarkozy (puisqu'il est question d'argent libyen).

   Au coeur de l'intrigue se trouvent des écoutes téléphoniques, sans doute illégales. Mais le véritable mystère porte sur le(s) commanditaire(s), que l'on va mettre du temps à découvrir. Nous voilà donc embarqués aux côtés d'un homme ordinaire, cadre moyen qui se retrouve au chômage, en dépit de réelles qualités professionnelles. Cet homme bienveillant, méthodique, qui tente de surmonter sa dépendance à l'alcool et une séparation douloureuse est incarné avec beaucoup de retenue par l'excellent François Cluzet (déjà très bon dans le récent Médecin de campagne).

   Mais le film ne serait pas aussi prenant s'il n'était pas épaulé par une formidable batterie de seconds rôles. Parmi eux, qui distinguer ? Evidemment Denis Podalydès, froid et mystérieux. Mais aussi Simon Abkarian, étonnant en agent de terrain fougueux voire incontrôlable. Je n'oublie pas non plus Sami Bouajila, Philippe Resimont (un visage connu des amateurs de séries télévisées) et Alba Rohrwacher (que l'on a pu voir récemment dans L'Ami, François d'Assise et ses frères).

   L'autre bonne surprise de ce film est la qualité de la mise en scène. Thomas Kruithof est pour moi un illustre inconnu, mais il fait preuve d'un incontestable savoir-faire. Son principal talent est de savoir susciter le malaise et l'étrangeté autour de l'ambiance de barbouzes. On perçoit très bien la paranoïa qui gagne progressivement le personnage principal, qui va d'ailleurs beaucoup évoluer dans l'histoire. Notons que les scènes d'action comme les moments intimistes sont réussis.

   Le scénario est habilement construit. Il associe la vie quotidienne d'un homme qui tente de ne pas perdre pied à la mise en place d'un complot à visée politique. Assez austère sur la forme, le film n'en constitue pas moins une excellente surprise.

La Mécanique de l'ombre

   Ce polar hexagonal a puisé sa matière dans l'histoire politique récente de la France, en mêlant plusieurs époques, à ce qu'il m'a semblé. Ainsi, en toile de fond, on reconnaîtra des aspects aussi bien de la campagne présidentielle de 1988 (avec la libération des otages du Liban en jeu) que de la rivalité Chirac-Balladur de 1995 ou encore de l'ascension politique de Nicolas Sarkozy (puisqu'il est question d'argent libyen).

   Au coeur de l'intrigue se trouvent des écoutes téléphoniques, sans doute illégales. Mais le véritable mystère porte sur le(s) commanditaire(s), que l'on va mettre du temps à découvrir. Nous voilà donc embarqués aux côtés d'un homme ordinaire, cadre moyen qui se retrouve au chômage, en dépit de réelles qualités professionnelles. Cet homme bienveillant, méthodique, qui tente de surmonter sa dépendance à l'alcool et une séparation douloureuse est incarné avec beaucoup de retenue par l'excellent François Cluzet (déjà très bon dans le récent Médecin de campagne).

   Mais le film ne serait pas aussi prenant s'il n'était pas épaulé par une formidable batterie de seconds rôles. Parmi eux, qui distinguer ? Evidemment Denis Podalydès, froid et mystérieux. Mais aussi Simon Abkarian, étonnant en agent de terrain fougueux voire incontrôlable. Je n'oublie pas non plus Sami Bouajila, Philippe Resimont (un visage connu des amateurs de séries télévisées) et Alba Rohrwacher (que l'on a pu voir récemment dans L'Ami, François d'Assise et ses frères).

   L'autre bonne surprise de ce film est la qualité de la mise en scène. Thomas Kruithof est pour moi un illustre inconnu, mais il fait preuve d'un incontestable savoir-faire. Son principal talent est de savoir susciter le malaise et l'étrangeté autour de l'ambiance de barbouzes. On perçoit très bien la paranoïa qui gagne progressivement le personnage principal, qui va d'ailleurs beaucoup évoluer dans l'histoire. Notons que les scènes d'action comme les moments intimistes sont réussis.

   Le scénario est habilement construit. Il associe la vie quotidienne d'un homme qui tente de ne pas perdre pied à la mise en place d'un complot à visée politique. Assez austère sur la forme, le film n'en constitue pas moins une excellente surprise.

vendredi, 13 janvier 2017

Passengers

   Ces "passagers" sont les 5 000 personnes en hibernation sur un vaisseau spatial en route pour une lointaine colonie. Mais l'on va s'attacher au sort de deux d'entre eux (dans un premier temps), un électro-mécanicien (Chris Pratt, très musclé et très débrouillard) et une journaliste (Jennifer Lawrence, dont le corps -magnifique- a visiblement tapé dans l'oeil du metteur en scène...).

cinéma,cinema,film,films

   Autant le dire tout de suite : j'ai été passionné par ce film, alors que les deux acteurs principaux font partie des vedettes que j'estime "surcotées". Oh, ils ne jouent pas mal (heureusement !), mais leurs performances n'ont rien d'exceptionnel. (Pour moi, c'est Michael Sheen qui est le plus convaincant, dans le rôle d'un barman-androïde !)

   Par contre, derrière la caméra, il y a un type (Morten Tyldum, auquel on doit notamment Imitation Game) qui connaît son affaire. Ce que l'on voit à l'écran est un habile assemblage de décors futuristes très variés et de paysages numériques d'une beauté somptueuse. Dès le début, j'ai été cueilli par cette vision du vaisseau dans l'espace. Et que dire des deux "promenades en terrasse", au cours desquelles les héros profitent de la vue, en scaphandre ! On pourrait aussi parler des plans du réacteur, très réussis.

   Mais la scène la plus emballante est celle qui se déroule à l'occasion d'une des pertes de gravité. L'héroïne est alors en train de nager dans la piscine-hublot (une excellente trouvaille, soit dit en passant). La voilà piégée dans une gigantesque bulle d'eau, alors que tous les objets flottent dans la pièce ! Quand on n'a pas l'oeil rivé sur le maillot de bain (exquis) que porte J. Lawrence, on peut pleinement profiter du spectacle.

   Ceci dit, le scénario n'est pas d'une grande originalité. Si plusieurs mystères planent sur le vaisseau et son fonctionnement, l'intrigue suit un chemin assez linéaire. La première partie est assez surréaliste : on suit un homme (presque) seul dans une immensité technologique. Les plafonds ont beau être très hauts, c'est parfois étouffant. Puis commence une histoire d'amour un peu particulière, qui va connaître ses hauts et ses bas. Là-dessus se greffe un joli suspense. A un moment, j'ai pensé que l'on se rapprochait un peu trop de Mission to Mars.

   On nous ménage suffisamment de rebondissements pour que l'intérêt soit maintenu jusqu'à la fin, que j'ai toutefois trouvée décevante. Mais cela reste un très bon divertissement grand public (moins prise de tête que Premier Contact), à voir absolument sur (très) grand écran.

23:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Passengers

   Ces "passagers" sont les 5 000 personnes en hibernation sur un vaisseau spatial en route pour une lointaine colonie. Mais l'on va s'attacher au sort de deux d'entre eux (dans un premier temps), un électro-mécanicien (Chris Pratt, très musclé et très débrouillard) et une journaliste (Jennifer Lawrence, dont le corps -magnifique- a visiblement tapé dans l'oeil du metteur en scène...).

cinéma,cinema,film,films

   Autant le dire tout de suite : j'ai été passionné par ce film, alors que les deux acteurs principaux font partie des vedettes que j'estime "surcotées". Oh, ils ne jouent pas mal (heureusement !), mais leurs performances n'ont rien d'exceptionnel. (Pour moi, c'est Michael Sheen qui est le plus convaincant, dans le rôle d'un barman-androïde !)

   Par contre, derrière la caméra, il y a un type (Morten Tyldum, auquel on doit notamment Imitation Game) qui connaît son affaire. Ce que l'on voit à l'écran est un habile assemblage de décors futuristes très variés et de paysages numériques d'une beauté somptueuse. Dès le début, j'ai été cueilli par cette vision du vaisseau dans l'espace. Et que dire des deux "promenades en terrasse", au cours desquelles les héros profitent de la vue, en scaphandre ! On pourrait aussi parler des plans du réacteur, très réussis.

   Mais la scène la plus emballante est celle qui se déroule à l'occasion d'une des pertes de gravité. L'héroïne est alors en train de nager dans la piscine-hublot (une excellente trouvaille, soit dit en passant). La voilà piégée dans une gigantesque bulle d'eau, alors que tous les objets flottent dans la pièce ! Quand on n'a pas l'oeil rivé sur le maillot de bain (exquis) que porte J. Lawrence, on peut pleinement profiter du spectacle.

   Ceci dit, le scénario n'est pas d'une grande originalité. Si plusieurs mystères planent sur le vaisseau et son fonctionnement, l'intrigue suit un chemin assez linéaire. La première partie est assez surréaliste : on suit un homme (presque) seul dans une immensité technologique. Les plafonds ont beau être très hauts, c'est parfois étouffant. Puis commence une histoire d'amour un peu particulière, qui va connaître ses hauts et ses bas. Là-dessus se greffe un joli suspense. A un moment, j'ai pensé que l'on se rapprochait un peu trop de Mission to Mars.

   On nous ménage suffisamment de rebondissements pour que l'intérêt soit maintenu jusqu'à la fin, que j'ai toutefois trouvée décevante. Mais cela reste un très bon divertissement grand public (moins prise de tête que Premier Contact), à voir absolument sur (très) grand écran.

23:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 10 janvier 2017

Your Name

   Au Japon, Makoto Shinkai est un auteur reconnu, dont les précédents longs-métrages ne sont pas sortis en salles en France. C'est donc avec cette oeuvre ambitieuse que le grand public va le découvrir. Le scénario mêle la tradition japonaise (les relations entre adolescents), le fantastique et un romantisme échevelé, surtout vers la fin.

   Cependant, dès le début, on est frappé par la qualité des images. Sur un grand écran, c'est un réel plaisir des yeux. S'y ajoute une incontestable virtuosité technique, visible par exemple quand une femme fume une cigarette ou quand des personnages se retrouvent dans une voiture : ils sont "filmés" de l'extérieur, à travers le pare-brise et les multiples reflets.

   La première partie de l'histoire est assez cocasse : une lycéenne qui s'ennuie dans son village montagnard va vivre temporairement dans la peau d'un garçon de Tokyo qui, à cette occasion, se réveille avec une jolie paire de nichons : le voilà dans le corps de la lycéenne. Cela donne naissance à de bons moments de comédie, un peu appuyés parfois.

   Les ados qui ne se connaissent pas vont apprendre à communiquer (leur interversion n'est qu'intermittente). Chacun va essayer d'améliorer la vie de l'autre. Ainsi, le garçon un peu bourru se découvre une part de féminité, ce qui ne laisse pas indifférent une partie de son entourage. Quant à la jeune fille, elle devient tout à coup plus audacieuse et même caractérielle.

   Les deux histoires vont évidemment finir par se rencontrer, une fois qu'un mystère aura été résolu. Je ne peux pas en révéler la teneur, mais l'intrigue est marquée par un coup de théâtre qui donne une autre ampleur au film. Il prend alors le chemin d'une mission impossible, à laquelle on a envie de croire... jusqu'à la toute fin, qui n'est pas sans rappeler (partiellement) celle de L'Effet papillon.

   En attendant, on aura découvert un peu le "Japon de l'envers", montagnard, rural, où subsistent certaines traditions... et des pouvoirs magiques.

21:58 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Your Name

   Au Japon, Makoto Shinkai est un auteur reconnu, dont les précédents longs-métrages ne sont pas sortis en salles en France. C'est donc avec cette oeuvre ambitieuse que le grand public va le découvrir. Le scénario mêle la tradition japonaise (les relations entre adolescents), le fantastique et un romantisme échevelé, surtout vers la fin.

   Cependant, dès le début, on est frappé par la qualité des images. Sur un grand écran, c'est un réel plaisir des yeux. S'y ajoute une incontestable virtuosité technique, visible par exemple quand une femme fume une cigarette ou quand des personnages se retrouvent dans une voiture : ils sont "filmés" de l'extérieur, à travers le pare-brise et les multiples reflets.

   La première partie de l'histoire est assez cocasse : une lycéenne qui s'ennuie dans son village montagnard va vivre temporairement dans la peau d'un garçon de Tokyo qui, à cette occasion, se réveille avec une jolie paire de nichons : le voilà dans le corps de la lycéenne. Cela donne naissance à de bons moments de comédie, un peu appuyés parfois.

   Les ados qui ne se connaissent pas vont apprendre à communiquer (leur interversion n'est qu'intermittente). Chacun va essayer d'améliorer la vie de l'autre. Ainsi, le garçon un peu bourru se découvre une part de féminité, ce qui ne laisse pas indifférent une partie de son entourage. Quant à la jeune fille, elle devient tout à coup plus audacieuse et même caractérielle.

   Les deux histoires vont évidemment finir par se rencontrer, une fois qu'un mystère aura été résolu. Je ne peux pas en révéler la teneur, mais l'intrigue est marquée par un coup de théâtre qui donne une autre ampleur au film. Il prend alors le chemin d'une mission impossible, à laquelle on a envie de croire... jusqu'à la toute fin, qui n'est pas sans rappeler (partiellement) celle de L'Effet papillon.

   En attendant, on aura découvert un peu le "Japon de l'envers", montagnard, rural, où subsistent certaines traditions... et des pouvoirs magiques.

21:58 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 08 janvier 2017

Faut pas lui dire

   A première vue, on serait tenté de classer cette production franco-belge dans la catégorie des chick flicks, une expression anglo-saxonne parfois abruptement traduite en "films de gonzesses". Comme les héroïnes sont issues de la classe moyenne, on pense à Sex and the city.

   La principale qualité est le rythme. Le tempo est rapide, sur une musique entraînante... et ça ne dure qu'1h30. Les actrices (qu'on a voulues assez différentes les unes des autres) ont la pêche. Toutes les quatre sont belles, amoureuses... et trompées, d'une manière ou d'une autre.

   Au coeur de l'histoire se trouve la préparation du mariage de Yaël (Stéphanie Crayencour, qui a des airs d'Alexandra Lamy), un peu la nunuche du groupe. Ses cousines apprennent que le futur, Maxime (Arié Elmaleh, à qui l'on a envie de filer des claques), n'est pas irréprochable. Son infidélité est même un peu plus "corsée" que ce qui est dévoilé dans la bande-annonce. Pour compliquer le tout, l'ancien grand amour de Yaël (caricature d'ex-djeunse qui a gardé sa barbe de trois jours... comme la plupart des personnages masculins, d'ailleurs) est de retour.

cinéma,cinema,film,films

   Mais la véritable héroïne est la femme de tête du quatuor, Laura l'avocate, dont le personnage s'inspire sans doute du vécu de la réalisatrice, Solange Cicurel, à laquelle ressemble physiquement Jenifer Bartoli, qui interprète le personnage. Elle s'en sort d'ailleurs plutôt bien. Elle aussi se retrouve coincée entre deux mecs, son futur ex-mari (qui semble penser avec sa bite) et un nouveau client, charmeur mais un peu dépassé par les événements.

cinéma,cinema,film,films

   Ma préférée, la plus drôle de la bande, est Anouch, l'Arménienne folle de son papa (qu'aucun homme ne peut égaler). Du coup, elle batifole, évite de s'attacher... et traite les mecs assez durement. Tania Garbarski donne toute sa fougue à ce personnage moins lisse que les autres.

cinéma,cinema,film,films

   On termine avec Eve, celle qui semble la plus heureuse, au début. Elle s'agace que tout le monde lui répète sans cesse à quel point elle a de la chance d'avoir un mari séduisant, attentionné et fidèle. Le problème est que cela dure depuis vingt ans et qu'elle s'emmerde un peu ! Comme ses cousines, elle va se retrouver coincée entre deux mecs... et avec une rivale. Dans le rôle, Camille Chamoux est vraiment très bien :

cinéma,cinema,film,films

   Par contre, si les personnages féminins sont globalement sympathiques, leurs homologues masculins sont plutôt à pleurer. Grosso modo, ce sont des mous et/ou des lâches et leurs interprètes ne contribuent pas à leur donner du relief... sauf Laurent Capelluto (qu'on a vu incarner Imad Lahoud dans L'Enquête). Cela se vérifie au niveau des scènes : celles qui ne font intervenir que les femmes sont très bonnes. Par contre, quand un couple est seul à l'écran, c'est plus inégal.

   Heureusement, les dialogues sont assez bons, avec beaucoup de réparties (certaines graveleuses) qui font mouche. Alors, on se laisse volontiers entraîner dans les aventures du sympathique quatuor, en sachant que la conclusion de l'histoire risque d'être prévisible, voire politiquement correcte.

16:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Faut pas lui dire

   A première vue, on serait tenté de classer cette production franco-belge dans la catégorie des chick flicks, une expression anglo-saxonne parfois abruptement traduite en "films de gonzesses". Comme les héroïnes sont issues de la classe moyenne, on pense à Sex and the city.

   La principale qualité est le rythme. Le tempo est rapide, sur une musique entraînante... et ça ne dure qu'1h30. Les actrices (qu'on a voulues assez différentes les unes des autres) ont la pêche. Toutes les quatre sont belles, amoureuses... et trompées, d'une manière ou d'une autre.

   Au coeur de l'histoire se trouve la préparation du mariage de Yaël (Stéphanie Crayencour, qui a des airs d'Alexandra Lamy), un peu la nunuche du groupe. Ses cousines apprennent que le futur, Maxime (Arié Elmaleh, à qui l'on a envie de filer des claques), n'est pas irréprochable. Son infidélité est même un peu plus "corsée" que ce qui est dévoilé dans la bande-annonce. Pour compliquer le tout, l'ancien grand amour de Yaël (caricature d'ex-djeunse qui a gardé sa barbe de trois jours... comme la plupart des personnages masculins, d'ailleurs) est de retour.

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   Mais la véritable héroïne est la femme de tête du quatuor, Laura l'avocate, dont le personnage s'inspire sans doute du vécu de la réalisatrice, Solange Cicurel, à laquelle ressemble physiquement Jenifer Bartoli, qui interprète le personnage. Elle s'en sort d'ailleurs plutôt bien. Elle aussi se retrouve coincée entre deux mecs, son futur ex-mari (qui semble penser avec sa bite) et un nouveau client, charmeur mais un peu dépassé par les événements.

cinéma,cinema,film,films

   Ma préférée, la plus drôle de la bande, est Anouch, l'Arménienne folle de son papa (qu'aucun homme ne peut égaler). Du coup, elle batifole, évite de s'attacher... et traite les mecs assez durement. Tania Garbarski donne toute sa fougue à ce personnage moins lisse que les autres.

cinéma,cinema,film,films

   On termine avec Eve, celle qui semble la plus heureuse, au début. Elle s'agace que tout le monde lui répète sans cesse à quel point elle a de la chance d'avoir un mari séduisant, attentionné et fidèle. Le problème est que cela dure depuis vingt ans et qu'elle s'emmerde un peu ! Comme ses cousines, elle va se retrouver coincée entre deux mecs... et avec une rivale. Dans le rôle, Camille Chamoux est vraiment très bien :

cinéma,cinema,film,films

   Par contre, si les personnages féminins sont globalement sympathiques, leurs homologues masculins sont plutôt à pleurer. Grosso modo, ce sont des mous et/ou des lâches et leurs interprètes ne contribuent pas à leur donner du relief... sauf Laurent Capelluto (qu'on a vu incarner Imad Lahoud dans L'Enquête). Cela se vérifie au niveau des scènes : celles qui ne font intervenir que les femmes sont très bonnes. Par contre, quand un couple est seul à l'écran, c'est plus inégal.

   Heureusement, les dialogues sont assez bons, avec beaucoup de réparties (certaines graveleuses) qui font mouche. Alors, on se laisse volontiers entraîner dans les aventures du sympathique quatuor, en sachant que la conclusion de l'histoire risque d'être prévisible, voire politiquement correcte.

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samedi, 07 janvier 2017

Père fils thérapie !

   Tout d'abord, l'intrigue est plus complexe que ce que laissait supposer la petite bande-annonce que j'avais vue avant : ce n'est pas qu'une histoire de deux duos père-fils qui vont tenter de se rabibocher. C'est aussi une enquête policière. Sans que cela soit transcendant, cela donne un peu de piment à l'intrigue.

   Ceci dit, elle en avait besoin, parce que le début du film m'a fait craindre le pire. La mise en scène des conflits familiaux est très appuyée, mais ces scènes sont indispensables pour que la pelote se déroule complètement par la suite. Bref, l'un des duos est composé de flics, l'autre d'un avocat et de son fils drogué. Dans les deux cas, la personnalité du père (Richard Berry, Jacques Gamblin) est écrasante. Se greffe là-dessus un troisième "couple" père-fils, celui du truand intouchable (Féodor Atkine, très bien, comme d'hab') et de son rejeton un peu crétin, qui vient d'être incarcéré.

   Une fois posées les fondations, le film peut vraiment décoller avec le début du "stage de réconciliation", géré par la pétulante Julie Ferrier, qui nous livre ici une excellente composition, quelque part entre Benoît Poelvoorde et Bérengère Krief.

   Très drôles aussi sont les présentations des autres duos père-fils. Les seconds rôles sont formidables. On est encore plus emballé quand commence la série d'épreuves de réconciliation. Dès la première (le choix d'une poupée ou d'un objet pour représenter l'autre), on rit beaucoup. J'ai aussi adoré la séquence du cri primal ainsi que celle du combat de boue.

   Ah, j'oubliais : l'un des (autres) duos de participants ment, pour une raison que je ne peux pas révéler. En outre, les flics père et fils sont assistés à distance par deux collègues, l'ex-petite amie du fils (Alice Belaïdi, toujours aussi  craquante... et qui a droit à sa minute féministe) et le subalterne préféré du père (qui cache plus ou moins bien son secret).

   Du côté des papas, j'ai préféré Jacques Gamblin, qui a un rôle plus difficile que Richard Berry, et qui développe une plus grande palette de jeu, à mon avis.

   Evidemment, les pères et les fils vont se réconcilier (après moult péripéties), d'une part parce que les "vieux" vont finir par faire l'effort de se tourner vers les "jeunes", d'autre part parce que les fils vont davantage s'affirmer.

   Ce n'est pas la comédie du siècle, mais elle permet de passer un agréable moment.

20:52 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Père fils thérapie !

   Tout d'abord, l'intrigue est plus complexe que ce que laissait supposer la petite bande-annonce que j'avais vue avant : ce n'est pas qu'une histoire de deux duos père-fils qui vont tenter de se rabibocher. C'est aussi une enquête policière. Sans que cela soit transcendant, cela donne un peu de piment à l'intrigue.

   Ceci dit, elle en avait besoin, parce que le début du film m'a fait craindre le pire. La mise en scène des conflits familiaux est très appuyée, mais ces scènes sont indispensables pour que la pelote se déroule complètement par la suite. Bref, l'un des duos est composé de flics, l'autre d'un avocat et de son fils drogué. Dans les deux cas, la personnalité du père (Richard Berry, Jacques Gamblin) est écrasante. Se greffe là-dessus un troisième "couple" père-fils, celui du truand intouchable (Féodor Atkine, très bien, comme d'hab') et de son rejeton un peu crétin, qui vient d'être incarcéré.

   Une fois posées les fondations, le film peut vraiment décoller avec le début du "stage de réconciliation", géré par la pétulante Julie Ferrier, qui nous livre ici une excellente composition, quelque part entre Benoît Poelvoorde et Bérengère Krief.

   Très drôles aussi sont les présentations des autres duos père-fils. Les seconds rôles sont formidables. On est encore plus emballé quand commence la série d'épreuves de réconciliation. Dès la première (le choix d'une poupée ou d'un objet pour représenter l'autre), on rit beaucoup. J'ai aussi adoré la séquence du cri primal ainsi que celle du combat de boue.

   Ah, j'oubliais : l'un des (autres) duos de participants ment, pour une raison que je ne peux pas révéler. En outre, les flics père et fils sont assistés à distance par deux collègues, l'ex-petite amie du fils (Alice Belaïdi, toujours aussi  craquante... et qui a droit à sa minute féministe) et le subalterne préféré du père (qui cache plus ou moins bien son secret).

   Du côté des papas, j'ai préféré Jacques Gamblin, qui a un rôle plus difficile que Richard Berry, et qui développe une plus grande palette de jeu, à mon avis.

   Evidemment, les pères et les fils vont se réconcilier (après moult péripéties), d'une part parce que les "vieux" vont finir par faire l'effort de se tourner vers les "jeunes", d'autre part parce que les fils vont davantage s'affirmer.

   Ce n'est pas la comédie du siècle, mais elle permet de passer un agréable moment.

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vendredi, 06 janvier 2017

Le Fondateur

   Le titre appuie là où ça fait mal : qui est le véritable créateur de la chaîne de restaurants McDonald's ? Les deux frères éponymes, Dick et Mac, inventeurs d'un nouveau type d'établissement, de "recettes" particulières, ou bien Ray Kroc, le commercial qui a contribué à répandre l'enseigne et structurer un groupe devenu tentaculaire ?

   Le scénario évite de trancher dans le vif, sans doute parce que les trois hommes sont des incarnations de la réussite à l'américaine. Dick et Mac McDonald's sont des archétypes de petits patrons besogneux, économes, honnêtes et ingénieux. Ray Kroc est une grande gueule entreprenante, avide de conquête(s) et d'enrichissement.

   Le début de l'histoire nous prend toutefois presque à contrepied. On nous présente les frères McDonald's comme des types très à cheval sur la qualité de leurs produits et la présentation de leurs restaurants. Ils sont incarnés par des acteurs "de second rang" (très bons au demeurant) : Nick Offerman (dont le public américain connaît surtout la voix, entendue dans de nombrex films d'animation) et John Carroll Lynch (un habitué des séries télévisées).

   Face à eux, Michael Keaton (ressuscité depuis Birdman) est grandiose. Dans un premier temps, on le trouve pathétique, en commercial adepte de la méthode Coué, mais qui accumule les échecs. On le sent aussi en porte-à-faux avec le milieu social dans lequel évolue son épouse, visiblement issue de la "Haute". Ceci dit, on rit volontiers de ses mésaventures. De plus, la rencontre entre le vibrionnant VRP et les taiseux frères McDonald's ne manque pas de saveur.

   La suite tente de ménager la chèvre et le chou. On nous montre Kroc comme un type très entreprenant, ayant parfois des intuitions géniales, mais ne s'embarrassant pas de scrupule pour arriver à ses fins. Quant aux frangins californiens, ils sont dépeints de telle manière que chaque spectateur en tire les conclusions qui l'arrangent. Les partisans de Kroc relèveront leur frilosité et leur côté vieux garçons coincés. Les adversaires du commercial souligneront l'éloge de leur intégrité et de leur ténacité au quotidien.

   Le basculement va s'opérer autour de la propriété des restaurants (qui commencent à ouvrir dans tout le pays) et du fonctionnement du système de franchise. Un conflit va aussi naître à propos des ingrédients. Notons que le scénario s'est efforcé d'intégrer des aspects économiques et commerciaux à l'intrigue, sans que cela soit difficile à suivre.

   Le plus cocasse est que, lorsqu'il est question de prendre un bon repas, tout ce beau monde (y compris le personnel que Kroc va recruter pour diriger les nouveaux restaurants ou gérer la société commerciale qui commence à grossir) se rend dans un établissement traditionnel, à l'opposé de la machine alimentaire fordiste dont ils assurent le développement... sans que cela paraisse contradictoire. Le film est donc assez ambigu, n'ayant pas réellement choisi de point de vue. Mais il nous raconte une formidable histoire.

Le Fondateur

   Le titre appuie là où ça fait mal : qui est le véritable créateur de la chaîne de restaurants McDonald's ? Les deux frères éponymes, Dick et Mac, inventeurs d'un nouveau type d'établissement, de "recettes" particulières, ou bien Ray Kroc, le commercial qui a contribué à répandre l'enseigne et structurer un groupe devenu tentaculaire ?

   Le scénario évite de trancher dans le vif, sans doute parce que les trois hommes sont des incarnations de la réussite à l'américaine. Dick et Mac McDonald's sont des archétypes de petits patrons besogneux, économes, honnêtes et ingénieux. Ray Kroc est une grande gueule entreprenante, avide de conquête(s) et d'enrichissement.

   Le début de l'histoire nous prend toutefois presque à contrepied. On nous présente les frères McDonald's comme des types très à cheval sur la qualité de leurs produits et la présentation de leurs restaurants. Ils sont incarnés par des acteurs "de second rang" (très bons au demeurant) : Nick Offerman (dont le public américain connaît surtout la voix, entendue dans de nombrex films d'animation) et John Carroll Lynch (un habitué des séries télévisées).

   Face à eux, Michael Keaton (ressuscité depuis Birdman) est grandiose. Dans un premier temps, on le trouve pathétique, en commercial adepte de la méthode Coué, mais qui accumule les échecs. On le sent aussi en porte-à-faux avec le milieu social dans lequel évolue son épouse, visiblement issue de la "Haute". Ceci dit, on rit volontiers de ses mésaventures. De plus, la rencontre entre le vibrionnant VRP et les taiseux frères McDonald's ne manque pas de saveur.

   La suite tente de ménager la chèvre et le chou. On nous montre Kroc comme un type très entreprenant, ayant parfois des intuitions géniales, mais ne s'embarrassant pas de scrupule pour arriver à ses fins. Quant aux frangins californiens, ils sont dépeints de telle manière que chaque spectateur en tire les conclusions qui l'arrangent. Les partisans de Kroc relèveront leur frilosité et leur côté vieux garçons coincés. Les adversaires du commercial souligneront l'éloge de leur intégrité et de leur ténacité au quotidien.

   Le basculement va s'opérer autour de la propriété des restaurants (qui commencent à ouvrir dans tout le pays) et du fonctionnement du système de franchise. Un conflit va aussi naître à propos des ingrédients. Notons que le scénario s'est efforcé d'intégrer des aspects économiques et commerciaux à l'intrigue, sans que cela soit difficile à suivre.

   Le plus cocasse est que, lorsqu'il est question de prendre un bon repas, tout ce beau monde (y compris le personnel que Kroc va recruter pour diriger les nouveaux restaurants ou gérer la société commerciale qui commence à grossir) se rend dans un établissement traditionnel, à l'opposé de la machine alimentaire fordiste dont ils assurent le développement... sans que cela paraisse contradictoire. Le film est donc assez ambigu, n'ayant pas réellement choisi de point de vue. Mais il nous raconte une formidable histoire.

jeudi, 05 janvier 2017

La Bataille géante de boules de neige

   Pour nous Français, victimes des conséquences du réchauffement climatique, cette animation canadienne joue sur la nostalgie, celle de l'époque où l'on pouvait, pendant les vacances de Noël, faire de la luge et construire des bonhommes de neige, même dans des régions situées à basse altitude.

   L'intrigue met l'accent sur l'aspect guerrier de ces divertissements hivernaux : la bataille de boules de neige. C'est aussi la mise en scène de l'antagonisme factice qui oppose souvent filles et garçons dans ces tranches d'âge (6-12 ans).

   Les auteurs ont pris soin de créer une grande variété de personnages, nombreux étant ceux dotés d'un minimum d'épaisseur. De prime abord, on aurait pu craindre que tout fût centré autour du couple de héros, le général des garçons et la meneuse du groupe adverse. Fort heureusement, il n'en est rien. Parmi les personnages principaux, on trouve un gamin très inventif, un autre adepte des gadgets que lui offrent ses parents, un troisième très attaché à sa chienne, Cléo, celle-ci occupant beaucoup d'espace, avec sa masse poilue comme avec ses flatulences... Notons aussi la présence d'un grand costaud balourd et d'une ribambelle de tout-petits, les "mini-tuques" ! Du côté des filles, c'est la soeur cadette (et rouquine) de Sophie qui m'a marqué. Quel tempérament !

   Le début met en place la rivalité qui va s'installer, sur fond d'ennui pendant des vacances passées au fin fond d'une province au climat très rude. Ensuite apparaît à l'écran ce qui va devenir l'enjeu de la bataille : un château-fort, élaboré par le petit génie de la bande de garçons. La bâtisse recèle beaucoup de surprises. Les scènes de "combat" sont très chouettes, à la fois drôles et animées.

   Les scènes intermédiaires ne sont pas bâclées pour autant. Les adultes en sont curieusement absents. On découvre le côté fragile de certains de ces enfants. Je trouve que leurs interactions sont très réalistes. Les auteurs semblent bien connaître leur sujet et évitent de tomber dans la caricature. Du côté de l'animation, c'est assez joli et propre, sans être d'une étourdissante virtuosité.

   Signalons que, dans la dernière partie de l'histoire, la comédie mélancolique subit une rupture de ton, assez gonflée, mais qui a tout son sens : plutôt que de jouer à s'entretuer, les enfants vont choisir de travailler tous ensemble. Les personnages comme leurs jeunes spectateurs auront appris une bonne leçon.

21:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Bataille géante de boules de neige

   Pour nous Français, victimes des conséquences du réchauffement climatique, cette animation canadienne joue sur la nostalgie, celle de l'époque où l'on pouvait, pendant les vacances de Noël, faire de la luge et construire des bonhommes de neige, même dans des régions situées à basse altitude.

   L'intrigue met l'accent sur l'aspect guerrier de ces divertissements hivernaux : la bataille de boules de neige. C'est aussi la mise en scène de l'antagonisme factice qui oppose souvent filles et garçons dans ces tranches d'âge (6-12 ans).

   Les auteurs ont pris soin de créer une grande variété de personnages, nombreux étant ceux dotés d'un minimum d'épaisseur. De prime abord, on aurait pu craindre que tout fût centré autour du couple de héros, le général des garçons et la meneuse du groupe adverse. Fort heureusement, il n'en est rien. Parmi les personnages principaux, on trouve un gamin très inventif, un autre adepte des gadgets que lui offrent ses parents, un troisième très attaché à sa chienne, Cléo, celle-ci occupant beaucoup d'espace, avec sa masse poilue comme avec ses flatulences... Notons aussi la présence d'un grand costaud balourd et d'une ribambelle de tout-petits, les "mini-tuques" ! Du côté des filles, c'est la soeur cadette (et rouquine) de Sophie qui m'a marqué. Quel tempérament !

   Le début met en place la rivalité qui va s'installer, sur fond d'ennui pendant des vacances passées au fin fond d'une province au climat très rude. Ensuite apparaît à l'écran ce qui va devenir l'enjeu de la bataille : un château-fort, élaboré par le petit génie de la bande de garçons. La bâtisse recèle beaucoup de surprises. Les scènes de "combat" sont très chouettes, à la fois drôles et animées.

   Les scènes intermédiaires ne sont pas bâclées pour autant. Les adultes en sont curieusement absents. On découvre le côté fragile de certains de ces enfants. Je trouve que leurs interactions sont très réalistes. Les auteurs semblent bien connaître leur sujet et évitent de tomber dans la caricature. Du côté de l'animation, c'est assez joli et propre, sans être d'une étourdissante virtuosité.

   Signalons que, dans la dernière partie de l'histoire, la comédie mélancolique subit une rupture de ton, assez gonflée, mais qui a tout son sens : plutôt que de jouer à s'entretuer, les enfants vont choisir de travailler tous ensemble. Les personnages comme leurs jeunes spectateurs auront appris une bonne leçon.

21:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 31 décembre 2016

Une Semaine et un jour

   C'est le temps pour que passe le deuil traditionnel, chez les juifs. On découvre donc une famille de la classe moyenne israélienne (la mère est institutrice, le père employé dans un magasin de prêt-à-porter), frappée par le décès du fils unique (sans doute victime d'un cancer). Vus de l'extérieur, de prime abord, les "héros" ne sont pas sympathiques. Elle (Evgenia Dodina, remarquée il y a quelques années dans L'Attentat) semble assez froide, très sûre d'elle. On sent qu'elle "porte la culotte" dans le couple. Lui paraît immature. Il a des sautes d'humeur et des réactions de gamin.

   Le talent du réalisateur est de finir par nous les rendre sympathiques, parce qu'il nous fait comprendre ce qu'ils endurent. Les époux ne réagissent pas au deuil de la même manière. Vicky tente de ne rien laisser paraître et de reprendre sa vie comme auparavant. Pour décompresser, elle court. Eyal (le mari) végète à la maison, se laisse aller et tente (pathétiquement) de se rouler des joints.

   L'arrivée du fils des voisins (censés être des amis) va changer la donne. C'est un djeunse, un peu crétin, mais qui a bon fond. Dans le passé, c'était un bon copain du fils disparu. Avec le temps, la différence d'âge entre les deux garçons a fait que le livreur s'est détaché du gamin malade. Il est néanmoins resté assez proche du père, auquel il va être très utile... parfois à son corps défendant !

   C'est la bonne surprise de l'intrigue : au deuil se superposent des instants de comédie, vraiment bienvenus. Il y a évidemment tout ce qui touche au cannabis. Mais il convient aussi de mentionner les délicates relations avec les amis, en particulier avec le couple très "ardent", qui n'a pas compris à quel point il peut être inconvenant de copuler bruyamment pendant le deuil des voisins !

   L'histoire se conclut au cimetière, mais lors d'un autre enterrement que celui du fils des héros. Pour le père, c'est une catharsis et pour les spectateurs, un petit bijou d'émotion.