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dimanche, 31 mai 2015

Contrefaçon mon amour

   L'excellente émission Interception, diffusée le dimanche matin sur France Inter, était aujourd'hui consacrée à la contrefaçon. Les reporters ont suivi deux types d'acteurs de la lutte contre ce fléau économique : des douaniers et un représentant de l'entreprise Maped, bien connue de tous ceux qui achètent des fournitures scolaires ou de bureau.

   On découvre que ce dernier se rend régulièrement à la Foire de Canton, qui se déroule désormais deux fois par an. Les autorités chinoises sont globalement assez coopératives, à condition de connaître les us et coutumes locales.

   La mondialisation aidant, l'enquête s'étend de Canton à Aubervilliers, en passant par Le Havre, Rouen et Saint-Ouen. Une des tendances récentes est l'arrivée massive de nouveaux "investisseurs" : les réseaux de trafiquants de drogue, qui voient dans la contrefaçon un moyen moins risqué de faire des profits.

   D'ailleurs, à la fin de l'émission, la déléguée générale du Comité Colbert a rappelé que les frères Kouachi ont sans doute financé l'achat des armes qui leur ont permis de perpétrer leur massacre à l'aide de la revente de vêtements de contrefaçon.

   Symptomatique est aussi la réaction des acteurs connexes à ce genre de trafic : les sociétés postales jouent désormais le jeu mais, curieusement, les banques continuent à freiner des quatre fers. Et pourtant, la majorité des achats de produits contrefaits passent par l'utilisation d'une carte de paiement...

samedi, 30 mai 2015

Collisions journalistiques

   Le numéro de La Dépêche du Midi de ce samedi (comprenant le cahier aveyronnais) était particulièrement intéressant à lire. Je l'avais acheté en partie pour les articles portant sur les récents faits divers (dont je parlerai plus loin). Mais, dès la page 3, un sourire sarcastique a dû s'afficher sur mon visage angélique, à la lecture d'un papier consacré aux réactions de militants midi-pyrénéens de l'UMP (à l'approche du congrès de leur parti) :

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   Curieusement, à la différence des autres militants, dont le pédigrée nous est sommairement présenté, Bernard Saules est simplement désigné comme "retraité". Oublié le conseiller départemental (réélu cette année), tout comme le conseiller municipal d'opposition de 2008 à 2014. (Cela m'a un peu rappelé un sondage bidon de Midi Libre, avec, dans le panel consulté, une adjointe au maire de Rodez.) Il est possible que l'auteur de l'article, sans doute basé à Toulouse, ne soit pas au fait de la vie politique aveyronnaise. Au passage, les propos de l'élu ne sont pas dénués d'intelligence.

   Restons dans la politique locale avec un début de mini-polémique à propos du musée Soulages. Hier, le quotidien toulousain a publié un entretien avec le parisiano-aveyronnais Philippe Meyer, dans le cadre du premier anniversaire de l'ouverture des désormais célèbres boîtes à chaussures rouillées. L'animateur-historien-journaliste y formule des critiques contre l'action d'élus locaux qui ne sont pas nommés :

   "Encore faut-il lui donner les moyens et encore faut-il que les politiques ne se prennent pas pour des conservateurs ! L'arrogance de certains de prendre des décisions pourrait être catastrophique. On peut s'interroger sur la suite, un musée a un coût de fonctionnement très cher et il est embêtant que la communauté d'agglomération coupe d'autres subventions et assèche ainsi le terrain."

   Il semble que Philippe Meyer désigne la gestion de Christian Teyssèdre, dont il conteste deux aspects (après avoir toutefois fait l'éloge du reste). Il semble affirmer que le maire de Rodez et président de la communauté d'agglomération tente d'influer sur la gestion artistique du musée. De plus, il regrette les coupes budgétaires dans le secteur culturel. Benoît Decron s'est "dépêché" de répondre dans le numéro de ce samedi :

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   Cette mise au point dément toute intervention de l'élu. En lisant le début du texte, on sent aussi que le conservateur a tenu à faire savoir qu'il ne pouvait pas se trouver à la source des déclarations de Philippe Meyer. Il omet toutefois de répondre à la seconde partie des critiques. En effet, si l'on peut se réjouir de la bonne fortune des musées ruthénois depuis l'ouverture de Soulages, avec la politique du billet unique, on ne peut en revanche que regretter que les véritables expositions temporaires soient désormais réservées au Foirail. Je suis notamment particulièrement nostalgique des expositions de Fenaille, sur la chevalerie, les objets rapportés par les explorateurs aveyronnais, les dernières découvertes sur les statues-menhirs...

   La deuxième "collision" est celle de deux faits divers assez semblables, qui se sont tous deux déroulés dans l'Aveyron. L'attaque de l'agence bancaire de Laissac a fait les gros titres. A la lecture de l'article, on comprend que quelqu'un a dû appeler les gendarmes, qui ont raté les cambrioleurs de peu. Vu le bruit que l'attaque a dû provoquer, à quatre heures du matin, je pense que pas mal de monde avait été réveillé.

   Ce ne semble pas avoir été le cas à Rieupeyroux, où c'est un tabac-presse qui a été victime des malfaiteurs. Et pourtant, les cambrioleurs ont dû détruire un mur en béton, couper des barreaux métalliques et défoncer une porte blindée. Le tout en pleine nuit, dans le centre du bourg ! Et personne n'a rien entendu ? Ou alors, les gendarmes venant de Villefranche-de-Rouergue, bien qu'avertis, ne se sont pas montrés particulièrement diligents...

   On ne quitte pas totalement le fait divers avec la "collision" suivante. Un article est consacré à une association d'Arvieu, qui a créé jadis le "Mac d'Oc", en réaction au succès de la chaîne de restauration rapide. Quelques pages plus loin, un encadré évoque les travaux en cours à Decazeville : un établissement McDonald's devrait y ouvrir en septembre... avec des emplois à la clé.

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   Mais les sujets de "collision" ne sont pas présents que dans le contenu éditorial. Je pense que quelques fidèles lecteurs de La Dépêche hostiles aux éoliennes ont dû être interloqués à la lecture d'une page publicitaire consacrée à la semaine du développement durable. En voici un échantillon :

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   L'encadré évoque une entreprise montpelliéraine, qui n'a pas encore eu de contrat dans l'Aveyron.

   La dernière "collision" n'est pas la plus réjouissante. Pourtant, elle concerne une manifestation culturelle censée encourager l'amitié entre les peuples. Cette année, le Forom des langues, qui se tient place du Capitole, à Toulouse, ne comprendra pas de stand dédié à l'hébreu, pour la première fois en 23 ans.

   Par une étrange coïncidence, à quelques pages de là, un communiqué de Simon Massbaum annonce le décès de Janine Blum, jadis élève du lycée Fabre (à Rodez), qui avait été déportée avec sa soeur en 1944 :

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   Elle était revenue à Rodez en 2009, à l'occasion de la pose d'une plaque commémorative sur la façade de l'établissement scolaire (devenu collège).

jeudi, 28 mai 2015

Mad Max : Fury Road

   George Miller relance le film post-apocalyptique, avec en têtes d'affiche Tom Hardy (vu récemment dans Enfant 44 et Quand vient la nuit) et Charlize Theron (qui m'avait jadis agréablement surpris dans Dans la vallée d'Elah). Le premier nous livre une nouvelle variante du beau ténébreux au regard de braise... va falloir changer un peu de registre, mon gars ! La seconde étonne (et séduit) dans un rôle qui aurait pu convenir à la jeune Sigourney Weaver.

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   De toute façon, même si les acteurs sont bons, c'est d'abord un film de mise en scène. L'histoire est construite autour de séquences d'action très spectaculaires, qu'il a fallu relier entre elles. Mission accomplie pour les scénaristes : à l'écran, l'intrigue tient la route et l'on n'a pas l'impression qu'on déroule la pellicule entre deux moments marquants.

   Ceux-ci sont vraiment très bien réalisés. C'est du film d'action haut-de-gamme, qui allie la rigueur de la construction des plans à des cascades véritablement chorégraphiées, le tout parachevé par des effets spéciaux qui déchirent sans être ostentatoires.

   On est pris à la gorge avec la seconde séquence, celle de la tentative de fuite du héros. Mais c'est la première attaque du camion-forteresse qui est à couper le souffle. Cerise sur le gâteau : on a soigné la photographie. Sans surprise, on se retrouve avec de beaux plans jaunes-ocres du désert (namibien, sud-africain ou australien)... mais aussi avec d'inattendues scènes crépusculaires ou nocturnes, bleutées, magnifiques. Et que dire de la séquence dans la tempête !

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   La première heure passe donc comme un rêve. La seconde réserve quelques surprises. On en apprend davantage sur les principaux personnages... et l'on fait la rencontre d'un étrange groupe d'amazones. Suite à cela, l'action-adrénaline est de retour, pour ne plus nous lâcher presque jusqu'à la fin.

   C'est donc pour moi un très bon divertissement qui, accessoirement, dit quelques petites choses sur le comportement humain... et qui accorde aux femmes une place inhabituellement importante dans les films de ce genre.

   PS

   Ceux qui tendent l'oreille reconnaîtront le thème principal, qui ressemble beaucoup à l'un des airs de la bande originale de 300 - La Naissance d'un empire... et pour cause : Junkie XL a oeuvré pour les deux films.

23:13 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 24 mai 2015

La Loi du marché

   Vincent Lindon vient de remporter (à raison) le prix d'interprétation au Festival de Cannes, pour son rôle dans ce film très dur, mais en prise sur notre époque. En le voyant, on ne peut pas ne pas penser au très récent Jamais de la vie, de Pierre Jolivet, où se distingue un autre acteur formidable, Olivier Gourmet.

   Les deux longs-métrages se ressemblent pour leur aspect sociétal et le tournage en zone commerciale. Mais le film de Jolivet est d'abord un polar, assez stylisé dans la forme, alors que le film de Stéphane Brizé est une oeuvre militante, à caractère documentaire, qui louche du côté des frères Dardenne.

   Ceux qui ne connaissent pas découvriront l'ambiance de réunions de chômeurs demandeurs d'emploi, l'organisation interne d'une grande surface, les rendez-vous avec la conseillère financière ou encore le directeur d'un centre éducatif spécialisé. Voilà pour le cadre.

   Autant le dire tout de suite : voir La loi du marché n'est pas de tout repos... alors qu'il n'y a aucune scène d'agression physique. C'est la grande force de la mise en scène que de suggérer la violence sociale à partir de scènes en apparence anodines. (L'une des plus marquantes ne joue qu'un rôle annexe dans l'intrigue : il s'agit de la négociation autour de la vente d'un mobile home. On y sent une énorme tension, entre le premier couple, qui doit vendre mais ne veut pas se faire arnaquer, et les acheteurs, en meilleure situation financière... mais qui n'ont pas l'intention de faire le moindre cadeau aux vendeurs.)

   Je trouve quand même qu'on a un peu chargé la barque au niveau du duo de héros : Karine de Mirbeck et Vincent Lindon (qu'on a vu récemment dans Le Journal d'une femme de chambre) incarnent un couple de la petite classe moyenne, dont l'époux se retrouve au chômage et qui élève un garçon handicapé. Celui-ci souffre de troubles moteurs : il est intelligent mais, au quotidien, il faut l'aider à se laver, s'habiller, se nourrir... et sans doute aussi à faire ses besoins. (Seules les trois premières activités sont montrées à l'écran.)

   Je pense avoir compris pourquoi le scénario est aussi appuyé. Cela sert la démonstration. Au fur et à mesure que l'histoire se déroule, on se rend compte que ce n'est pas le handicap physique qui est le plus pénible dans la vie quotidienne, mais le handicap social. La perte de l'emploi, le déclassement, la peur du lendemain, le stress intense dans le nouvel emploi sont bien plus difficiles à supporter que la situation du gamin. Dans son cas, l'attention et l'amour aident beaucoup. Dans le monde du travail, c'est de plus en plus chacun pour soi.

   Les scènes en rapport avec celui-ci sont de deux types. Soit ce sont des dialogues extrêmement bien écrits, qui mettent à jour en général une situation de crise, soit ce sont des déambulations ou des visions, qui montrent (indirectement) les sentiments des personnages. (A ceux qui détestent la caméra à l'épaule, je recommande de ne pas trop manger avant la séance.)

   Vincent Lindon est épatant en ancien ouvrier pas content de Pôle Emploi, ou en désaccord avec l'ancien délégué syndical. Dans d'autres scènes, il n'a pas besoin de mots pour faire passer le message. C'est notamment le cas lorsqu'il est filmé de dos, à l'hypermarché. La caméra, mouvante, aide beaucoup, tout comme les acteurs dans les rôles secondaires. On a choisi des personnes aux physiques assez ordinaires pour incarner des caissières, des vigiles, des clients (jeunes ou vieux).

   Cela m'a fait aussi penser à Discount, sauf qu'ici, il n'y a guère d'espoir, pas d'utopie et qu'on se dirige droit vers un drame, mais qui ne sera pas celui qu'on croit. Le réalisateur nous prend au ventre sans nous avoir rien montré. C'est très fort, mais d'un pessimisme total sur la société française actuelle.

20:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 23 mai 2015

"L'Hebdo" numéro 385

   Il y a à boire et à manger dans l'hebdomadaire satirique aveyronnais paru ce vendredi. L'éditorial de Gérard Galtier évoque l'ébauche de civisme qui semble toucher les sénateurs français, qui ont voté une série de mesures pour "moderniser" le fonctionnement de l'institution... et notamment limiter l'absentéisme des parlementaires.

   Sur le site du Sénat, on peut lire le compte-rendu intégral de la séance du mercredi 13 mai 2015. Dès le début, le rapporteur de la commission des lois, Jean-Jacques Hyest (élu UMP francilien), tient à préciser cette initiative des sénateurs "répond non pas à des exigences extérieures au Sénat, bien que nous sachions écouter ce qui se dit hors de nos murs, mais à une réflexion conduite au sein de notre assemblée". Les membres de la Haute Assemblée n'ont pas envie de reconnaître qu'ils se sont fait un peu forcer la main... et que leur fonction (comme d'autres) souffre d'un grand discrédit auprès de la population, ce que reconnaît explicitement une élue écologiste du Maine-et-Loire, Corinne Bouchoux. (Plus loin dans le compte-rendu, la sénatrice révèle que nombre de ses collègues passent leur temps sur Twitter ou Facebook... alors qu'ils sont en réunion de commission !)

   Dans la foulée Jacques Mézard (élu du Cantal) s'en est pris au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone et à tous ceux qui souhaitent plus ou moins ouvertement la suppression du Sénat. Il n'en soutient pas moins l'introduction des sanctions pour absentéisme.

   Aux déclarations liminaires ont succédé les débats sur le contenu. Une première proposition d'amendement (du groupe communiste, républicain et citoyen, très actif dans le débat), attribuant une vice-présidence (ou un poste de questeur) à chaque groupe parlementaire, a été rejetée. A une plus grande visibilité des groupes minoritaires, les sénateurs ont préféré éviter l'inflation de bâtons de maréchal...

   On passe ensuite dans "le dur", l'organisation du travail des sénateurs et la sanction de l'absentéisme. Notons que la gestion de l'emploi du temps des élus pose problème, puisque certaines commissions du Sénat ont coutume de se réunir en même temps, voire pendant que se déroulent les séances plénières ! Les élus ont refusé la transparence totale, puisque la majorité a voté contre la publication du "tableau des activités", un document certes informel, mais qui permet de savoir qui fait quoi dans la journée. La majorité a aussi rejeté un amendement rendant publiques les délibérations du Bureau du Sénat (où il est question de la "cuisine interne", par exemple de la levée d'une immunité parlementaire...).

   La discussion s'est prolongée sur les exceptions, c'est-à-dire les motifs d'absence reconnus comme valables et ne devant donc pas être retenus contre les sénateurs. Des facilités ont été accordées aux élus d'outre-mer (à cause de l'éloignement de leur circonscription)... et aux femmes enceintes, les conséquences d'une grossesse ne devant évidemment pas être considérées comme une absence injustifiée ! Il est symptomatique que cette mesure (pas prévue dans le texte de la commission) soit prise en 2015, alors que les assemblées se féminisent de plus en plus.

   Quand on lit entre les lignes, on comprend que certains élus ont tenté d'introduire le maximum d'exceptions à la règle, histoire de continuer à mener leurs petites affaires en dehors du travail parlementaire... A l'inverse, certaines des propositions faites pour limiter le nombre d'absences autorisées (comme l'appartenance à plus d'une instance parlementaire internationale) ont été retoquées par la majorité, décidément très timorée.

   La discussion a aussi longuement porté sur la séance des questions au gouvernement, un moment-clé de la vie sénatoriale... retransmis à la télévision. L'accord fut quasi-général pour donner au sénateur questionneur un droit de réplique après la réponse du membre du gouvernement. Cela peut contribuer à rendre un peu plus vivant ce passage obligé de la vie parlementaire, aujourd'hui très convenu. Dans ce domaine, les démocraties anglo-saxonnes ont de l'avance sur nous.

   Et les Aveyronnais, là-dedans ? Novices dans la Haute Assemblée, ils n'ont pas participé aux débats, qui ont été limités aux interventions de quelques "figures" du Sénat. On peut en revanche s'intéresser à leur assiduité. Le site nossenateurs permet de s'en faire une idée.

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   J'ai comparé les participations des deux anciens et des deux nouveaux sénateurs de l'Aveyron. On remarque qu'en 2013-2014, Mme Escoffier n'a été réellement active qu'à la fin du printemps et durant l'été, juste avant les élections. Mais cela s'explique par sa participation au gouvernement Ayrault, jusqu'en mars 2013.

   Bien que cumulard, Alain Fauconnier n'en a pas moins été assidu aux séances du Sénat. A l'inverse de sa collègue de gauche, il a été plus présent au tournant de 2013 et 2014 qu'à l'été suivant, durant lequel il a davantage passé de temps dans sa circonscription, en prévision d'élections qui s'annonçaient difficiles. Il y a une autre raison à cet écart : en mars 2014 a été votée une loi sur la consommation, dont certains articles traitent des IGP non agricoles, en particulier de la future IGP Laguiole. Le maire de Saint-Affrique était co-rapporteur du texte.

   A droite, depuis l'automne dernier, c'est Alain Marc qui est le plus présent. Jean-Claude Luche était visiblement plus occupé par la gestion du Conseil général et la préparation des élections départementales... En 2017, MM Luche et Marc n'auront plus ce genre de souci, une fois que la loi sur le non-cumul des mandats s'appliquera pleinement.

   A titre de comparaison, voici, sur la même période, le profil d'une sénatrice très active (qui est d'ailleurs beaucoup intervenue dans le récent débat évoqué plus haut), Eliane Assassi (élue de Seine-Saint-Denis) :

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   Mais revenons à L'Hebdo, qui s'est longuement penché sur l'entrée en campagne de Dominique Reynié, désigné tête de liste UMP pour les prochaines régionales en Midi-Languedoc. L'émission Le Supplément, diffusée sur Canal+, lui a consacré un reportage intitulé Le bizut de l'UMP. Bien qu'étant né à Rodez, le politologue peut difficilement s'y affirmer enraciné, vu que, depuis ses études, il a mené toute sa carrière professionnelle en dehors de l'Aveyron. Notons que le brillant élève du lycée Foch semble avoir laissé de bons souvenirs derrière lui, nomment à l'un de ses anciens camarades, devenu vice-président du Conseil départemental de l'Aveyron :

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    Dans la rue, ce n'est pas le Ruthénois que les gens reconnaissent, mais l'homme de télévision. Ceci dit, j'ai trouvé sa relative maladresse plutôt rafraîchissante.

   Dans le petit monde médiatique, on a surtout retenu son altercation avec Christiane Taubira, qui m'est apparue un peu fabriquée. C'était l'occasion pour celui qui est présenté comme un quasi-centriste de se positionner auprès de l'électorat le plus à droite, dont l'obsession anti-Taubira est pathologique.

   Si l'on cherche à mieux connaître le bonhomme, on peut consulter son CV, accessible sur le site de Sciences Po. On ne s'étonnera pas d'apprendre que l'étudiant a travaillé sur la pensée de Friedrich von Hayek, un économiste considéré comme l'un des pères du néo-libéralisme. Il s'est aussi intéressé à une célèbre affaire politico-judiciaire de la IVe République, qui a débouché sur le procès Kravchenko.

   L'hebdomadaire aveyronnais s'étend moins que la semaine dernière sur la chronique judiciaire locale. Est notamment évoquée la condamnation (amplement méritée) d'Alexandre Larionov pour ses propos antisémites. Sa défense n'était vraiment pas bonne : il a argué d'une soirée trop alcoolisée pour tenter d'expliquer la rédaction de ses propos inadmissibles. Curieusement, une fois dessaoulé, il n'avait jamais songé à les supprimer de sa page Facebook...

   Pour se détendre, après ces considérations de haute politique, on peut lire certains des entrefilets de L'Hebdo. L'un d'entre eux est consacré au "dépucelage" de Louis XIV, une histoire cependant déjà bien connue, puisqu'elle a été jadis mise en scène dans le très bon film de Roger Planchon, Louis enfant-roi, en 1993. La déniaiseuse du roi, une femme de chambre d'Anne d'Autriche connue plus tard sous le nom de madame de Beauvais, n'a pas été gâtée par l'histoire, qui la dépeint en général comme une femme âgée et borgne (sous-entendu : laide). Pourtant, dans le film de Roger Planchon, elle a les traits ravissants d'Isabelle Renauld :

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   Peut-être qu'il s'agit là d'un choix "esthétique" typique de notre époque, qui répugne à laisser d'autres rôles que négatifs aux acteurs moins bien dotés par la nature. Néanmoins, peut-être R. Planchon est-il plus fidèle à la réalité. Selon les sources, "Cateau-la-Borgnesse" était âgée de 38 à 40 ans lorsqu'elle a initié Louis XIV aux plaisirs de la chair. A l'époque, une femme de cet âge était réputée horriblement vieille, mais cela ne signifie pas forcément qu'elle t laide, surtout si l'absence d'un oeil était son seul défaut physique.

   En tout cas, le jeune roi n'a pas été mécontent de ses "services", puisqu'il l'a aidée jusqu'à sa mort. Ce coureur de jupons égocentrique n'a pas oublié sa première fois.

jeudi, 21 mai 2015

Good Kill

   L'expression, que l'on peut traduire par "Bon boulot", est utilisée quand le pilote d'un drone parvient à mettre hors d'état de nuire la cible qui lui a été désignée. Encore que... les spectateurs attentifs noteront que la formule n'est pas utilisée à la fin de chaque "mission"... parce qu'il en est certaines dont les protagonistes ne sont pas très fiers.

   C'est l'un des intérêts de ce film : nous montrer les questionnements des militaires qui participent aux assassinats (plus ou moins) ciblés, confortablement installés dans un conteneur climatisé en plein Nevada, loin, très loin de leurs cibles. Andrew Niccol (auteur, il y a quelques années, de Time Out) réussit une nouvelle fois son coup : susciter l'étrangeté en faisant se télescoper vie quotidienne et technologie (ici militaire).

   Il met pourtant en scène une véritable coupure entre le monde de l'armée et la vie civile. Du côté des militaires, une grande variété de tempéraments et d'opinions est représentée. Les acteurs sont bons... mais je trouve que la tête d'affiche Ethan Hawke en fait un peu trop dans le genre mec-travaillé-par-sa-conscience-qui-picole-pour-oublier-sans-pouvoir-en-parler-à-personne.

   Je dois reconnaître qu'il est très bien entouré : sa compagne est incarnée par January Jones (qu'on a pu voir récemment dans l'excellent Sherif Jackson), qui fait ce qu'elle peut, mais on se demande vraiment à quoi son personnage occupe ses journées et pourquoi elle s'est entichée de l'abruti d'aviateur qui fait office de mari. Bref, la crise de couple ne m'a pas convaincu.

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   Comme les scénaristes ont l'esprit foncièrement malsain, ils balancent entre les pattes du héros une nouvelle collègue, jeune bien roulée et pleine d'illusions. Au départ, on ne se méfie pas (en fait, moi si, parce que j'avais reconnu la donzelle). Mais, bon, sanglée dans son sac à patates magnifique uniforme, Zoë Kravitz ne semblait pas de prime abord particulièrement impressionnante :

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      Le regard de ses collègues va changer au cours d'une soirée, où elle se rend dans une tenue beaucoup moins protocolaire, à tel point que l'on pourrait avoir l'impression qu'il ne s'agit pas de la même personne. Je laisse aux mâles hétérosexuels le plaisir de découvrir la scène... mais voici de quoi les appâter :

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   Quand le regard se fait moins libidineux, on peut s'intéresser à la réalisation. Franchement, elle est brillante. Tout d'abord, on a vraiment l'impression que les personnages principaux pilotent des drones à distance. En réalité, les scènes se déroulant au sol (et vues du ciel) ont sans doute été tournées avant celles du conteneur, selon un plan précis. A charge ensuite aux acteurs assis dans la grosse boîte de faire comme s'ils étaient la cause des événements visibles sur leurs écrans.

   L'autre univers autour duquel tourne l'histoire est aussi méthodiquement mis en scène. Il est même parfois lui aussi filmé du dessus. Il s'agit d'une cité-dortoir de banlieue, bon chic bon genre. Derrière la façade rutilante se cachent des existences vides, où un sinistre barbecue entre voisins constitue l'événement du siècle.

   Il y a paradoxalement plus de vie dans ces contrées d'Afghanistan, du Yémen ou de Somalie, pourtant durement frappées par la misère, la guerre voire tout simplement la violence machiste. Ce n'est pas dans les scènes de potes ou de famille que l'on vibre le plus, mais lors des missions, pourtant parfois anecdotiques : il peut ne s'agir que d'observer la vie quotidienne de gens sans histoire ou bien d'assurer une veille protectrice pour des troupes au sol au repos.

   D'un point de vue idéologique, le film se veut critique du recours de plus en plus fréquent aux drones : aux dégâts "collatéraux" subis par les populations du Moyen-Orient s'ajoute la déstabilisation de la vie affective des "opérateurs". On n'est toutefois pas obligé d'adhérer à la façon manichéenne dont les agences sont représentées : le Pentagone apparaît comme un modèle de rigueur et de vertu, face à la CIA, chargée de tous les maux.

   PS

   Pas besoin de chercher très loin pour trouver un exemple de "bavure" américaine : le mois dernier, c'est un tir de drone qui a provoqué la mort de deux otages occidentaux, au Pakistan.

samedi, 16 mai 2015

BD reportages

   Ils ont été publiés dans le numéro de Courrier international paru le 13 mai, dont la Une est consacrée à l'un d'entre eux :

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   On se précipite donc sur la rubrique-phare, pour lire la biographie imagée de l'un des assassins du 7 janvier dernier. Ceux qui ont suivi de près l'affaire des massacres de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher n'apprendront rien. Les autres découvriront quelques détails. Le style est assez épuré. C'est tout de même intéressant de voir comment un dessinateur italien a choisi de représenter l'histoire du délinquant devenu intégriste.

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   Les autres récits graphiques sont consacrés à un ancien centre minier serbe, à une mère habitant Chicago (dont la fille est morte dans une fusillade) et à un ouvrier "nettoyeur" du site de Fukushima... en fait un auteur de mangas qui s'est infiltré. Son ouvrage, déjà publié au Japon (et dont la version intégrale sortira en France en 2016), a suscité la polémique. Il est jugé trop complaisant, alors qu'un autre manga, lui aussi consacré aux conséquences de la catastrophe, est beaucoup plus critique.

   L'un des intérêts de l'hebdomadaire est aussi le foisonnement d'articles divers qu'il propose, sur à peu près tous les sujets et tous les pays du monde. Parmi ceux-ci, je signale un reportage sur la culture de maïs et de manioc dans différents quartiers d'Abidjan (en Côte d'Ivoire), un dossier sur le don d'organes dans le monde, une étude sur la gestion de l'eau en Californie et le récit de l'introduction des automates au Moyen Age en Occident.

   En bonus, sur le site internet, on peut lire un passionnant article à propos de l'enquête menée par un journaliste d'investigation sur la mort d'Oussama ben Laden. Le papier est complété par une animation, intitulée The Shooter, construite à partir d'entretiens réalisés avec le membre des Navy Seals qui aurait abattu le dirigeant terroriste. La version donnée est un peu différente de ce que l'on peut voir dans le film Zero Dark Thirty.

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   PS

   Les affirmations du journaliste Seymour Hersh sont contestées, notamment dans un article du Monde.

vendredi, 15 mai 2015

L'affaire Fualdès sur RTL

   Ce vendredi, sur RTL, l'émission L'Heure du crime (animée par Jacques Pradel) a été consacrée à la plus célèbre affaire criminelle de l'Aveyron, celle du meurtre de l'ancien procureur impérial Antoine-Bernardin Fualdès, en 1817, à Rodez.

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   L'invité était Philippe Méraux, auteur naguère d'un passionnant bouquin, Clarisse et les égorgeurs, paru aux Editions du Rouergue.

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   Aux curieux je signale une très ancienne (1958) émission de la télévision publique française. La dramatique avait été écrite par Pierre et Françoise Dumayet et réalisée par Claude Barma (un must, pour l'époque).

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jeudi, 14 mai 2015

Les 101 Dalmatiens

   Ce classique du film d'animation bénéficie actuellement d'une ressortie en salles, dans le cadre du programme "Disney Heritage". En province, récemment, on a ainsi pu (re)voir Pinocchio et Le Roi Lion. Le truc est d'avoir un bambin sous la main qui n'ait pas déjà maté trois fois le film en DVD.

   Dès le départ, on est cueilli par un superbe générique, une animation en construction, sur fond de musique jazzy. L'histoire commence ensuite à nous être contée, par un narrateur dont on va assez rapidement découvrir la véritable identité.

   C'est souvent drôle, en particulier quand le héros, Pongo, se met en quête d'une compagne pour son maître... et pour lui. Plusieurs candidates s'offrent à ses yeux... et c'est fou comme chaque chienne ressemble à sa maîtresse ! (A moins que ce ne soit l'inverse...) La naissance et les premiers pas des chiots sont d'autres sources de gag, même si c'est d'abord sur le mode tendresse qu'ont été écrites ces séquences. 

   Si l'animation a un peu vieilli au niveau des décors, elle reste en revanche impressionnante de fluidité au niveau des personnages canins. Leurs évolutions sont l'un des principaux intérêts de l'histoire. Notons que les défauts de certains d'entre eux font rebondir l'histoire : le gourmand comme le fan de télévision vont mettre en péril toute la portée... et même au-delà, puisque les quinze petits de Perdita et Pongo vont rencontrer 84 autres dalmatiens ! Les chiots étant un substitut des enfants humains, il convient de saluer la prescience des scénaristes, qui, dès le début des années 1960, avaient compris quels allaient être certains des fléaux de la jeunesse : l'obésité et la fascination pour les écrans.

   Les méchants sont bien campés, de manière toutefois très stéréotypée : ils sont laids (y compris dans la fiction télévisée), alors que les gentils sont plutôt beaux. Le personnage le plus gratiné est sans conteste Cruella, ultra-maquillée, fumeuse, criarde, klaxonneuse et surtout amatrice de fourrures authentiques.

   L'ensemble est bon enfant, un peu naïf mais, franchement, j'ai passé un bon moment.

19:19 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 09 mai 2015

Chez But, on aime les gonzesses

   Ce matin, en allant chercher mon courrier, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres divers dépliants publicitaires, la plupart ayant vite atterri dans le carton rassemblant les déchets papier destinés à finir dans une borne publique.

   L'un d'entre eux m'est resté entre les mains... ou plutôt, il a failli me tomber des mains, tant il m'a paru témoigner de la survivance d'une mentalité archaïque :

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   En prévision de la fête des mères, les magasins But suggèrent quelques cadeaux propres à embellir le quotidien de toute génitrice qui se respecte. Force est de constater que, depuis "Moulinex libère la femme", les pubards semblent n'avoir guère évolué.

   Ainsi, la plupart des "cadeaux" sont des ustensiles de cuisine ou de ménage : une cafetière, une robot pâtissier, un multicuiseur intelligent (sans doute pour pallier les déficiences de madame...) et un aspirateur. S'ajoutent à cela un panier qui pourrait avoir vocation à recueillir du linge sale (ou des déchets ménagers), un tapis que Bobonne aura plaisir à régulièrement secouer... et, quand même, une enceinte portable (attention, on dit "nomade" désormais), parce que les mères modernes, quand elles en ont marre de jouer les boniches, adooorent faire chier le monde en écoutant de la musique à pleins tubes !

Le Labyrinthe du silence

   Ce film allemand est consacré à la genèse du procès de Francfort qui, en 1963-1965, a contribué à (r)éveiller en Allemagne la mémoire des crimes nazis, que les dirigeants de l'époque préféraient passer sous silence.

   L'intrigue, très documentée, s'inspire de l'action de personnes réelles. Mais le coup de génie est d'avoir créé un personnage principal fictif, dans lequel on a fusionné les trois procureurs qui ont enquêté à l'époque sur les camps d'Auschwitz. Cela a permis aux scénaristes de développer certains aspects "non historiques", qui donnent de l'épaisseur à l'intrigue. Ce procureur est incarné par Alexander Fehling, qu'en France on a pu voir dans Et puis les touristes, La Révélation et Inglourious Basterds.

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   Il est jeune, beau, brillant, ambitieux et doté d'une grande conscience morale. C'est presque une caricature de "gendre idéal". Mais il est vraiment très bien interprété. A ses côtés, on remarque Friederike Becht (vue dans Hannah Arendt), Johann von Bülow (un habitué des séries policières d'outre-Rhin) et Gert Voss, chargé d'incarner le chef du Parquet qui, dans l'ombre, a oeuvré pour faire éclater la vérité.

   Ce ne fut pas facile, parce qu'en haut lieu, on ne veut pas remuer la merde... et parce que la grande majorité des anciens nazis (y compris certains des plus dangereux d'entre eux) ont été réintégrés à la société allemande. Le cas de Josef Mengele (dont la vie en Argentine a été récemment évoquée dans Le Médecin de famille) est symptomatique des compromissions de l'époque. L'un des intérêts du film est donc de montrer l'indulgence dont les criminels ont bénéficié... parfois pour de surprenantes raisons. Tous ceux qui ne voulaient pas rouvrir les "plaies du passé" n'étaient pas d'anciens nazis ni même des sympathisants de l'idéologie hitlérienne. Le contexte de Guerre Froide a aussi pesé lourd.

   Cela donne un bon polar, filmé de manière très classique. C'est aussi le portrait du début des années 1960, quand la RFA connaissait une période de forte croissance économique, quand les jeunes comme les moins jeunes ne pensaient souvent qu'à s'amuser.

   L'autre point fort de l'histoire est de montrer l'évolution des personnages principaux. On a vraiment cherché à produire quelque chose de subtil. Le héros lui-même n'est pas épargné. Ce fils de soldat héroïque, disparu sur le front de l'Est, auquel son père a transmis les "vraies valeurs", se pose de plus en plus de questions, matérialisées à l'écran par des scènes de cauchemar. Petit à petit, son enquête lui fait découvrir certains faits dérangeants, pour lui ou pour des personnes qu'il connaît. L'une des clés de compréhension est la relation qu'il va nouer avec un rescapé des camps, un peintre qui refuse au départ de parler du passé.

   C'est vraiment un très beau film, fort et pétri d'humanité.

   PS

   Sur le site du distributeur, on peut télécharger un dossier de presse très instructif.

   PS II

   Sur un site consacré aux Sonderkommandos, on peut lire les biographies des accusés de 1963.

vendredi, 08 mai 2015

Inculture historique

   Ce matin, en me rendant sur le site de La Dépêche du Midi, j'ai été quelque peu interloqué par le titre d'un article traitant de l'événement-phare de ce vendredi :

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   La même erreur grossière se retrouve dans le corps de l'article :

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   Bien évidemment, le 8 mai, on ne célèbre pas un armistice, mais la capitulation allemande... qui, rappelons-le, n'a pas totalement mis fin à la Seconde guerre mondiale, les combats s'étant prolongés en Asie jusqu'en septembre 1945.

   La différence entre les deux termes n'est pas que de nuance. Un armistice est une trêve (pas un arrêt définitif des combats), impliquant des négociations, souvent entre gouvernements civils. Une capitulation est une reddition (militaire) sans condition, une exigence des Alliés qui voulaient que la fin de la guerre coïncide avec la chute du régime nazi.

   La version papier témoigne de la même négligence au niveau du titre. Toutefois, la carte située sous l'article est correctement présentée, puisqu'on y trouve le mot "capitulation" :

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   D'où vient l'erreur ? Peut-être pas du journaliste qui a rédigé le papier. A priori, je pencherais pour la personne qui a choisi le titre et/ou la photographie d'illustration. Celle-ci n'est pas adéquate, puisqu'elle fait référence à la commémoration de la Première guerre mondiale, à travers le pupitre du président Hollande et la légende.

dimanche, 03 mai 2015

Sea Fog

   Cette "brume de mer" est à la fois réelle et symbolique. C'est un brouillard, qui gêne le travail des pêcheurs... et des garde-côtes. C'est aussi un entre-deux, une zone où les règles de la vie en société n'ont plus cours et où les passions peuvent se déchaîner.

   Ce film sud-coréen a été réalisé par Sung Bo Shim, qui fut le coscénariste de l'excellent Memories of murder (mis en scène par Bong Joon Ho, auquel on doit récemment Snowpiercer).

   C'est d'abord un beau portrait de groupe, ces pêcheurs artisanaux durs à la tâche (à condition que le patron soit sur leur dos...) et gagne-petit. A leur tête se trouve un capitaine soucieux du sort de ses hommes, mais d'abord obsédé par la survie de "son" bateau, que l'on menace d'envoyer à la casse. Il est incarné par Yun-Seok Kim, que l'on a notamment vu dans The Chaser.

   La décision de convoyer un groupe de clandestins (des Sino-Coréens), pour le compte d'un trafiquant local, va changer leur destin. Le capitaine pense que c'est le seul moyen de sauver son bateau. L'équipage, réticent au départ, y voit un moyen de gagner rapidement beaucoup d'argent.

   Les premiers contretemps surviennent au moment du chargement des clandestins. Cette belle séquence nocturne se conclut de manière positive, mais sur des constatations peu optimistes : les passagers sont plus nombreux que prévu et, dans le groupe, se trouvent deux femmes, une source potentielle de troubles...

   L'action se passe majoritairement dans des ambiances sombres, parce que c'est la nuit, ou parce que l'on se trouve dans le brouillard, ou à l'intérieur du bateau, dans des pièces exiguës où néanmoins il est possible de se cacher. Les décors sont réussis, en particulier pour la salle des machines.

   Deux scènes nous font comprendre qu'un des personnages est en train de basculer : celle de la venue d'un inspecteur (qu'il faut corrompre) et celle des protestations de celui qui semble être le porte-parole des clandestins. De leur côté, les hommes jeunes de l'équipage ont l'esprit de plus en plus occupé par la présence des femmes...

   La suite ? Un mélange de film d'aventures romanesques et de thriller, qui culmine dans une séquence où l'on sent les références aux Dents de la mer, à Titanic, à Moby Dick... et à quelques autres longs-métrages sanguinolents. C'est (très) bien filmé, prenant et, incidemment, cela soulève d'intéressantes questions sur la nature humaine.

12:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 02 mai 2015

Night Run

   Cette folle course nocturne ressemble étrangement à la série de films Taken, qui a pour héros un (ancien) tueur incarné par le même acteur : Liam Neeson. Les amateurs du genre ont sans doute aussi en tête le récent John Wick, dans lequel Keanu Reeves interprète aussi un ancien tueur, qui va se retrouver face à son ancien patron, à cause du fils de celui-ci. (Les similitudes entre ces deux films vont assez loin, puisqu'ils sont tous les deux construits sur la base d'un grand retour en arrière.)

   On se dirige vers un truc assez prévisible. N'oublions pas toutefois qu'à la mise en scène, on a Jaume Collet-Serra, à qui l'on doit notamment Sans Identité et Non Stop (tous deux avec Liam Neeson). C'est un bon professionnel, qui filme remarquablement bien New York la nuit, même si l'on sent qu'il veut parfois nous en mettre plein la vue.

   Commençons par le gros point faible de l'histoire : la relation (chaotique) père-fils, très manichéenne... (Ceci dit, dans le rôle du rejeton du tueur, Joel Kinnaman -remarqué aussi dans Enfant 44- fait bien le job.) On a récemment vu plus subtil dans la série Rizzoli et Isles, où la médecin légiste est la fille naturelle d'un caïd de la pègre irlandaise de Boston. L'un des acteurs principaux de cette série est d'ailleurs visible dans Night Run : Bruce McGill a changé d'affectation, puisqu'il est ici un homme de main du parrain.

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   On appréciera aussi plus ou moins la thématique de la rédemption (on est aux States, hein) : celui qui a jadis été très très méchant va chercher désormais à faire le bien... pour sa famille. Si l'on arrive à supporter un certain nombre de ces stéréotypes, on peut profiter du reste avec gourmandise.

   L'action démarre vraiment avec le meurtre de deux mafieux albanais, suivi de celui du fils du caïd. Mais c'est la course-poursuite dans les rues de New York qui m'a "transporté". C'est vraiment très bien réalisé... et même comique, puisque, durant cette scène, c'est le truand devenu clean qui pourchasse des policiers corrompus !

   L'intrigue va désormais s'articuler autour de l'affrontement de deux monstres : Liam Neeson (meilleur que dans Taken 3... il a un petit côté Jean-Paul Belmondo) et Ed Harris, qui a vieilli mais tient encore bien la route.

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   Le face-à-face culmine dans une gare ferroviaire, avec une scène touchante entre les anciens amis, désormais à couteaux tirés. Le problème du héros est qu'il a d'autres adversaires sur le dos, à commencer par un ancien "collègue", un tueur à gages cruel et méthodique... et plus jeune que lui. Par dessus le marché, il doit échapper à un redoutable lieutenant de police, qui cherche à lui mettre la main dessus depuis qu'il a commencé à tuer pour la pègre irlandaise. Là encore on a soigné le casting, puisque c'est Vincent d'Onofrio qui incarne l'enquêteur. Si certains cinéphiles ont peut-être oublié l'un des acteurs les plus doués de sa génération (révélé par Full Metal Jacket), les téléphages reconnaîtront les traits de Robert Goren, l'atypique enquêteur de New York, section criminelle.

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   On retrouve l'acteur hélas aussi mal en point physiquement que dans les derniers épisodes de la série. (Un autre élément est une source d'irritation : dans la version française, ni lui ni Bruce McGill ne sont doublés par leur voix coutumière.) De surcroît, il est volontairement sous-utilisé dans l'histoire (un peu comme Forest Withaker dans Taken 3), sans doute pour qu'il ne fasse pas d'ombre à la vedette Liam Neeson.

   Heureusement, l'intrigue est menée tambour battant, avec notamment une excellente séquence se déroulant dans un immeuble d'appartements bon marché, où vivent majoritairement des locataires noirs. C'est là encore très bien réalisé et, cerise sur le gâteau, cela dit quelques petites choses sur la géographie urbaine de la mégapole de la côte Est. Dans le même genre, on a droit à quelques vignettes sur les petites mains de New York, comme ces ouvriers qui bossent la nuit, en plein centre-ville. L'image a beau être soignée, Jaime Collet-Serra n'est pas tombé dans les clichés habituels. Cette qualité, ajoutée aux précédentes, fait de Night Run un bon divertissement pour amateurs de films d'action.

16:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films