Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 13 août 2020

Yakari

   Ce long-métrage d'animation franco-germano-belge va replonger pas mal d'adultes dans un bain de jouvence. Cela fait plus de cinquante ans que les aventures du petit Indien sioux passionnent les enfants. Une chaîne Youtube lui est même consacrée.

   Pour cette version cinéma, on a soigné le dessin (avec des outils numériques), ce qui apporte un plus par rapport aux séries qui ont été diffusées jadis et naguère à la télévision.

   L'histoire est celle des débuts. On découvre la tribu de Yakari et son environnement naturel. Le jeune Indien va connaître un rude apprentissage, afin de décrocher sa première plume d'aigle, symbole de bravitude courage. Au passage, il acquiert le don de communiquer avec les animaux et apprivoise un indomptable cheval sauvage, Jolly Jumper Petit Tonnerre.

   L'autre "héros" de l'histoire est le monde sauvage, plus précisément sa faune. Elle est magnifiée par le dessin, que ce soit le gigantesque aigle pygargue, les papillons qui papillonnent, les castors (plus ou moins) travailleurs, les ours (plus ou moins) effrayants ou encore Longue-Queue, animal principalement nocturne, mélange de martre, belette et hermine.

   Il y a bien sûr quelques méchants : ce sont d'autres Indiens, "têtes de puma". Mais le principal danger vient de l'environnement : un troupeau (de bisons, de mustangs) au galop, des pierres instables, une chute d'eau ou une tornade.

   Les aventures de Yakari sont rythmées, émaillées d'humour bon enfant, dans un contexte dépaysant. C'est visible par toute la famille.

13:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 12 août 2020

L'Infirmière

   L'an dernier, j'ai découvert le réalisateur Kôji Fukada dans le cadre de la "quinzaine japonaise". A cette occasion, les spectateurs ont pu voir L'Homme qui venait de la mer, une oeuvre mystérieuse et contemplative, assez éloignée de ce film sur le plan formel. Sur le fond, on retrouve ici les obsessions du cinéaste : les relations sociales et un certain goût pour la marginalité.

   L'intrigue se déroule sur trois temporalités. La troisième est une sorte d'épilogue. Les deux autres se croisent pendant 1h30. La première (la principale) nous fait suivre la vie d'une infirmière libérale modèle (en apparence). Elle est dévouée à ses patients, inspire confiance aux familles. Elle est sur le point d'épouser un médecin divorcé, avec lequel elle travaille, à l'occasion.

   Le trouble naît de l'insertion de scènes postérieures (d'un an ou deux). La même actrice incarne une femme d'un genre très différent. Autant l'infirmière était effacée, mal fagotée, autant la seconde femme s'affirme, jusque dans son allure, assez classe. Les spectateurs les plus futés comprennent assez vite que rien n'arrive par hasard sur l'écran. Chaque scène de la deuxième trame chronologique répond à des éléments de la première.

   Notons que l'histoire baigne dans un univers essentiellement féminin. Quelques personnages masculins apparaissent, mais ce sont des "accessoires". Ainsi, dans le cabinet d'infirmières, on ne voit que des femmes. La famille chez laquelle se rend l'héroïne est composée de la grand-mère (en perte d'autonomie), de la mère (presque toujours au boulot) et des deux filles. Celles-ci incarnent deux archétypes. L'aînée, étudiante, s'habille en "djeunse" et semble dotée d'un caractère très indépendant. La cadette (plutôt lycéenne que collégienne) porte l'uniforme et correspond au stéréotype de l'adolescente mignonne.

   Au début, tout ne semble qu'harmonie, dans un monde réglé par des tâches quotidiennes... et un peu de musique classique (du Bach, si je ne m'abuse), diffusée pour apaiser la grand-mère. Un fait divers va perturber la vie de tous les protagonistes avec, en prime, l'intrusion des médias de masse. L'un des personnages va faire l'objet de harcèlement et de lynchage médiatiques. (C'est mis en scène avec plus de délicatesse que dans Le Cas Richard Jewell, où Eastwood manie la bétonnière et la truelle.) Dans le même temps, la relation entre deux des femmes prend un tour inattendu.

   C'est un film assez original, à découvrir.

14:33 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 10 août 2020

Greenland

   Pour le public francophone, le titre aurait dû être traduit par "Groenland". Ce territoire autonome danois, proche du continent américain, est la destination possible d'une partie de l'humanité des citoyens des Etats-Unis, qui cherchent à échapper aux conséquences d'une pluie d'astéroïdes (des fragments de comète).

   Dans ce film produit par Gerard Butler (vu l'an dernier dans La Chute du président, lui aussi mis en scène par Ric Roman Waugh), le héros est un ingénieur civil, patron du BTP, incarné par... Gerard Butler. On n'est jamais si bien servi que par soi-même !

   S'il est un entrepreneur prospère, John Garrity (Gerard Butler, donc) n'est pas tout à fait heureux en ménage. On sent qu'il y a de l'eau dans le gaz entre le quinquagénaire et sa ravissante épouse interprétée par Morena Baccarin (vue notamment dans Deadpool 2). On finit par apprendre que le mari a trempé son biscuit là où il ne fallait pas... mais qu'il regrette vachement. Gerard Butler n'est pas un salaud, sachez-le, mesdames !

   Tous deux restent liés par le fils, atteint d'un diabète de type A. La catastrophe qui s'annonce va-t-elle ressouder le couple ou définitivement le briser ? Le suspens est insoutenable...

   Dès que les morceaux de comète commencent à tomber sur la Terre, le gouvernement des Etats-Unis réagit : il sélectionne des familles, auxquelles un refuge est offert... à condition d'être rapides et discrets. Est-il nécessaire de préciser que John, son épouse et son rejeton font partie du lot ?

   Après une scène de départ d'une insupportable putasserie, le trio roule vers son destin protégé, l'angoisse au ventre. Bien entendu, ce chemin en apparence balisé est semé d'embûches. Les trois membres de la famille vont se retrouver séparés et devoir se débrouiller dans la jungle qu'est devenue le pays. C'est globalement du chacun pour soi (ou sa "tribu"), même si quelques gestes de solidarité émergent : un soldat va sauver le fiston, des immigrés latinos vont prendre en stop l'épouse abandonnée et un Afro-américain va tendre la main à John. Serait-ce un film de gauche ?

   Pas tout à fait, puisque gran'pa entre en scène. A la tête d'un ranch, le père de l'épouse est du genre tradi, roule en pick-up et manie les armes à feu. (Il faut bien se ménager tous les publics, hein !)

   De surcroît, l'intrigue est très "genrée" : dans la famille, c'est l'homme qui mène la danse et sauve ses proches, l'épouse passant l'essentiel du temps à pleurer... Ça tombe bien pour Gerard Butler, qui incarne l'époux.

   Qu'est-ce qui rend la vision de ce film supportable ? Les effets spéciaux. Dans une grande salle, avec un bon son, ça dépote. Mais il faut se fader le reste, tout en constatant que le héros américain ne cherche plus à sauver le monde, juste son mariage et sa famille.

23:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 08 août 2020

Dawson City

   Cette ville canadienne, située à proximité de l'Alaska, est née de la ruée vers l'or de l'extrême fin du XIXe siècle. Elle est située à la confluence de la rivière Klondike et du fleuve Yukon.

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Ce passé pionner a été ressuscité grâce à la découverte de centaines de bobines de film, lors de travaux publics, à la fin des années 1970. Au cours du documentaire, on apprend que ces trésors avaient été stockés dans l'ancienne piscine du centre communal, piscine qui, à l'origine, était surmontée d'une patinoire. Une salle de projection se trouvait juste à côté.

   Ces bobines étaient très fragiles. Elles avaient été conçues en nitrate de cellulose, particulièrement inflammable, à tel point que, lorsque des gamins étaient tombés par hasard sur certaines d'entre elles, en 1938, un avis avait été publié pour dissuader les habitants d'y toucher. D'ailleurs, la majorité des films qui étaient entreposés à Dawson City (située en fin de parcours d'exploitation des oeuvres) a été détruite dans des incendies, qu'ils soient accidentels ou volontaires (allumés pour éliminer un stock jugé inutile).

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Grâce à un important travail de restauration (qui a pris des années et n'est toujours pas terminé), c'est un demi-siècle d'existence d'une ville qui nous est proposé. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, ce sont principalement des extraits des films trouvés à Dawson qui servent d'illustration. Ils sont complétés par de vieilles photographies et des actualités Pathé, Universal ou du gouvernement britannique. Pour la partie postérieure à la guerre, d'autres sources sont mises à contribution.

   Grâce à toutes ces oeuvres, on découvre une ville minière en croissance, construite principalement en bois... et donc victime de fréquents incendies. La rapidité avec laquelle certains bâtiments ont été reconstruits est stupéfiante, tout comme l'obstination de certains habitants, et leur résilience. La plupart sont arrivés là par appât du gain... et en sont souvent aussi repartis pour la même raison (la découverte d'un nouveau gisement ailleurs, au Canada ou en Alaska proche).

   La construction du film est très rigoureuse. Chaque extrait qui nous est présenté est nommé et daté. J'ai aussi apprécié le principal procédé de mise en scène : la juxtaposition d'extraits de fictions (issus des bobines retrouvées à Dawson) avec la narration. Ainsi, quand il est question du déplacement du stock de bobines d'une annexe d'une banque vers le centre communal, à l'écran, on nous projette une scène de déménagement (qui n'a rien à voir avec les bobines, mais c'est l'idée qui compte). De même, quand il est question d'un incendie, on voit un feu à l'écran... ou un autre incendie, qui s'est déroulé ailleurs, comme celui qui a frappé les studios Solax (situés dans le New Jersey), en 1919. A cette occasion, le rôle joué par la Française Alice Guy dans les premiers temps du "cinématographe" est rappelé.

   D'autres pionniers apparaissent à l'écran : les frères Lumière, notamment dans une courte scène rarement montrée. (A celles et ceux qui voudraient en savoir plus, je ne peux que conseiller de regarder Lumière ! L'aventure commence.)

   Très vite, la ville minière a grossi, atteignant même les 40 000 habitants. Les casinos y étaient rois. On y buvait aussi force alcool. Notons que de nombreuses images datent des années 1910-1920, qui semblent avoir été mieux épargnées par le temps. Les oeuvres datant des débuts du parlant (dans les années 1930) sont plus rares. La période postérieure à la Seconde Guerre mondiale est plutôt celle du déclin pour la ville. Le documentaire s'attarde moins dessus, préférant se concentrer sur la redécouverte des films. Cela nous vaut quelques entretiens avec certains des acteurs du sauvetage, deux d'entre eux ayant fini par se marier !

   Cela vous donne une idée de la richesse de ce film, une véritable pépite à savourer en salle climatisée !

jeudi, 06 août 2020

Bigfoot Family

   Bien que l'action se déroule aux Etats-Unis (et au Canada), ce film d'animation "grand public" est une production européenne, principalement franco-belge. C'est la suite de Bigfoot Junior, que je n'ai pas vu, ce qui ne m'a nullement empêché de comprendre parfaitement tous les aspects de l'histoire.

   Celle-ci tourne autour d'une drôle de famille, composée du scientifique Bigfoot, de son épouse humaine, de leur fils... et d'une impressionnante ménagerie, avec laquelle le père comme le fils peuvent dialoguer. Le plus amusant de la bande est le raton-laveur, un glouton égocentrique qu'on croirait sorti des Gardiens de la galaxie. Si le personnage est un incontestable vecteur d'humour, à la longue, il m'a un peu saoulé.

   Cette fois-ci, la famille va devoir serrer les rangs pour venir à bout d'une méchante compagnie pétrolière, dirigée par un petit malin qui s'essaie au greenwashing. (En sous-texte, pour les adultes, il y a la dénonciation de la fracturation hydraulique.) Vous l'aurez compris : c'est un film militant, furieusement écolo... sauf au niveau du mode de vie de la famille de héros : lorsqu'une petite troupe part dans le mini-bus, elle emporte avec elle un paquet de malbouffe, avec plein d'emballages inutiles...

   Au niveau du dessin, ce n'est pas hyper-brillant. C'est correct, sans plus. Parfois, cela ressemble à du jeu vidéo. Au niveau de l'intrigue, c'est aussi un peu manichéen. Je prends pour exemple la vision caricaturale des douaniers (canadien d'abord, états-unien ensuite) qui nous est donnée.

   Mais, bon, quand on est emporté par le rythme et qu'on n'est pas hostile à la préservation de l'environnement, on passe un agréable moment.

23:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 05 août 2020

Blanche-Neige aux souliers rouges

   Ce film d'animation ressemble furieusement à un Disney... mais ce n'est pas un Disney. En regardant certains personnages, on se dit qu'il y a un peu de Shrek là-dedans... mais ce n'est pas une production DreamWorks. Enfin, certains personnages secondaires (le lapin géant et les espèces d'oursons en bois) ont l'air de sortir d'un manga ou d'un manhwa... et ça tombe bien, puisqu'il s'agit d'une oeuvre sud-coréenne.

   On nous propose une relecture du conte des frères Grimm, avec tout un discours sur l'amour authentique et le culte de l'apparence... apparence que les souliers rouges (plutôt des escarpins, à mon avis) ont la faculté de modifier. Il y a donc deux Blanche-Neige : l'originale, au physique pas particulièrement avantageux (elle est grosse), et la nouvelle, un petit canon qui fait chavirer les coeurs des sept nains (entre autres).

   Ceux-ci ne sont pas des mineurs, mais sept princes auxquels une fée rancunière a joué un vilain tour. Pour recouvrer leur apparence d'origine, ils doivent se faire embrasser par la plus belle des princesses... Blanche-Neige ? Si oui, laquelle ?

   Du conte originel, on retrouve aussi la belle-mère maladivement jalouse et son miroir. Quant au roi (le père de Blanche-Neige), il a disparu... même si les plus futés des spectateurs devineront assez vite où il se trouve.

   Sans être d'une beauté renversante, le graphisme est très correct. Le film vaut le détour parce qu'il regorge d'humour et de rebondissements. Côté humour, les efforts des nains pour séduire Blanche-Neige sont la plupart du temps pathétiques. (A leur sujet, on remarque qu'ils semblent incarner des caricatures de tempéraments nationaux : l'Anglais est le suffisant Merlin, l'Américain est Arthur le bagarreur, il y a aussi un Allemand cuisinier, un Français raffiné et trois Italiens bricoleurs.) Côté action, la meilleure séquence est celle de l'assaut de la maison des nains, mené par un prince immature et égocentrique.

   Si l'on ajoute à cela le propos sur l'apparence physique, on obtient un divertissement de qualité, visible par les petits et les grands.

   P.S.

   La promotion du film (bande-annonce, photographies extraites de l'histoire) montre quasi exclusivement la version "canon" de l'héroïne... sans doute pour ménager la surprise... ou pour ne pas rebuter un public habitué à ce que les princesses de conte de fées soient de taille mannequin ?

   Une autre curiosité est le choix des comédiennes pour la voix de Blanche-Neige : Chloë Grace Moretz dans la version internationale, Melha Bedia dans la version française.

cinéma,cinema,film,films

   La première est une reine de beauté, la seconde (aperçue récemment dans Tout Simplement Noir), plus "enrobée", a le physique de la Blanche-Neige "atypique".

 

22:51 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 04 août 2020

La Nuit venue

   "C'est beau, une ville, la nuit"... notamment Paris, que j'ai découverte dans une autre vie, il y a plus de vingt ans. J'ai un peu retrouvé de cette magie dans le premier long-métrage de Frédéric Farrucci, où la capitale française (et sa banlieue proche) forme l'écrin d'une romance sur fond d'immigration.

   L'arrière-plan a quasiment valeur de documentaire. C'est une plongée dans la vie de clandestins chinois, devenus chauffeurs VTC pour le compte d'un mafieux, dont les associés se trouvent dans le "pays du milieu", mais dont l'organisation a des ramifications en Europe.

   Conduire une berline haut-de-gamme, même si l'on est mal payé, constitue une promotion sociale par rapport à celles et ceux qui triment sur le trottoir ou dans les ateliers textiles (illégaux). Tout ce petit monde loge en foyer... et doit accepter la surveillance du "patron" (par géolocalisation, du portable comme du véhicule, comme on finit par le comprendre). La plupart de ces figurants sont des acteurs non professionnels, notamment Guang Huo, qui incarne Jin, le beau ténébreux qui pense avoir bientôt finir de "payer sa dette".

   Un soir, il prend en charge la cliente qui va changer sa vie, Naomi, "go-go danseuse" qui se prostitue, interprétée par Camélia Jordana (bien meilleure actrice que sociologue ou historienne...). A la rencontre surprenante vont succéder une phase de flirt (pas à-coups), les premiers baisers (à la sauvette) et, enfin, un vrai rendez-vous.

cinéma,cinema,film,films,société

   J'ai été touché par cette histoire d'amour improbable (pas des plus originales, j'en suis conscient). Les deux tourtereaux ont déjà été abîmés par la vie. S'ils sont sortis de la misère, ils restent d'une certaine manière enchaînés. Leur rencontre laisse entrevoir un espoir de bonheur.

   Voilà. C'est bien joué, assez bien écrit, bien filmé, le tout dans une ambiance musicale particulière (oeuvre de Rone).

lundi, 03 août 2020

Né à Jérusalem...

   ... et toujours vivant ! Tel est le titre de cet étrange film israélien, mi-documentaire mi-fiction, tourné à Jérusalem-Ouest (la ville israélienne). Le coréalisateur interprète le personnage principal, Ronan, sorte de mélange de Woody Allen et de Buster Keaton.

cinéma,cinema,film,films

   L'action est concentrée sur la rue Jaffa (en violet ci-dessus), longue de plus d'un kilomètre, où le héros a toujours vécu. Or, c'est la rue qui a subi le plus d'attentats au monde. (Elle est proche du "mur de séparation", en rouge sur le plan.) Ronan lui-même a sans doute échappé de peu à la mort à plusieurs reprises. Tous les épisodes de sa vie ont été rythmés par des attentats. Ainsi, par exemple, il a connu son premier baiser le jour d'une tuerie, à quelques mètres des lieux du crime...

   Quand il dort, au moindre bruit provenant de la rue, il imagine un nouveau massacre. Du coup, il s'est un peu replié sur lui-même, évitant d'exprimer ses émotions, de peur sans doute d'être débordé par l'horreur... et il se sert de l'humour comme d'une mise à distance.

   Ronan s'est de plus lancé dans l'organisation de visites touristiques un peu particulières : il fait découvrir son quartier sous l'angle des attentats. On le sent en empathie avec les victimes, à chaque fois qu'il raconte une anecdote. Petit à petit, il étoffe son "tour", au départ quasi improvisé. Il attire un public bigarré : principalement des Occidentaux (chrétiens ou juifs), mais aussi des Japonais, des Latino-américains... et même des Éthiopiens (dans une séquence savoureuse...) !

   Cette démarche mémorielle change sa vie. Il va se faire un ami, un... Japonais (chrétien), venu au départ pour découvrir la ville. Marqué par la visite, ce dernier décide d'y amener ses amis, puis d'épauler discrètement Ronan. Celui-ci va même faire une rencontre amoureuse ! Dit comme cela, ça a l'air improbable, voire grossier, mais c'est vraiment bien amené. Comme l'intrigue s'étend sur plusieurs saisons (sans surprise, l'hiver voit peu de touristes fréquenter les lieux), l'histoire d'amour a le temps de se développer, de se compliquer...

   Au problème sécuritaire de Ronan s'ajoutent les soucis familiaux. Il est encore très marqué par le décès de sa mère, dix ans plus tôt. Il est aussi inquiet à propos de son père, qui perd progressivement son autonomie et qui voudrait que son fils vienne habiter avec lui ! Les dialogues père-fils sont souvent une source d'humour. Contrairement à sa progéniture, le père est obsédé par l'argent (en particulier les cours de la bourse), évalue chaque dépense (qu'il juge en général excessive)... et se mêle de la vie privée de son fils (âgé de 35-40 ans). Même si la situation est sérieuse, cet humour est le bienvenu.

   Cet ovni cinématographique mérite le détour.

samedi, 01 août 2020

The Climb

   Ce film commence de manière uniquement sonore : on entend deux mâles ahaner. On va vite découvrir qu'ils sont en train de peiner (à bicyclette) sur les pentes d'un col, en France... mais ils auraient aussi bien pu être en plein acte sexuel. C'est toute l'ambiguïté (non assumée) de cette histoire d'amitié amoureuse, qui reste platonique, mais n'en a pas moins de lourdes conséquences sur la vie de chaque personnage.

   Au début, c'est plaisant. Chaque chapitre est construit sur un plan-séquence. Celle de la grimpette en vélo fait rire, tout comme celle de l'enterrement. Hélas, petit à petit, cela devient horriblement complaisant, voire lourdingue.

   J'ai été assez vite agacé par les aventures de ces deux adolescents attardés, alcooliques, barbus et (plus ou moins) bedonnants, pour lesquels on semble nous demander de faire preuve d'une coupable indulgence. Le pire est la vision des femmes. Aucun personnage féminin n'est positif : la mère est dominatrice, voire castratrice, tout comme la deuxième compagne. Les deux fiancées (deux personnages taillés à la hache) sont présentées comme des emmerdeuses, infidèles. Pour compléter le tableau, on a les soeurs du héros... deux pestes. (En comparaison, Divorce Club fait presque figure de film féministe...)

   Pour enfoncer le clou, je pourrais ajouter que certaines scènes sont mal tournées : la manière dont est mis en scène l'accident (durant la partie de pêche sur glace) n'est pas réaliste, tout comme est maladroit le cadrage de la dernière scène de vélo (avec le gamin), quand l'acteur qui joue le père (putatif, parce que, là aussi, le doute subsiste...) fait semblant d'avoir du mal à enlever les "petites roues"... tout cela se passant sous l'écran.

   Les critiques (qui ont adoré ce "machin") ont visiblement été enfumés par les références à la France et à sa culture...

20:51 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films