dimanche, 01 janvier 2012
Les "Riton" 2011
L'an dernier, j'ai décidé d'appeler "Riton" le palmarès des films qui m'ont particulièrement marqué durant l'année écoulée. Voici donc mon bilan cinéphilique de 2011.
Riton du film cro-magnon : La Grotte des rêves perdus
Riton du film sur une gonzesse : Jeanne captive
Riton de la nostalgie du muet : The Artist
Riton du film sur la guerre d'Espagne et ses conséquences : Pain noir
Riton du film clownesque : Balada triste
Riton de la fresque historique : la trilogie Welcome in Vienna
Riton du film éclairant un aspect de la Seconde guerre mondiale : John Rabe
Riton du film de trekking : Les Chemins de la liberté
Riton de la biographie de François Bayrou : Le Discours d'un roi
Riton du documentaire sur le triomphe de la démagogie en politique : Le Président
Riton du film sur le mélange des genres : Moi, Michel G, milliardaire, maître du monde
Riton de la fiction politique : L'Exercice de l'Etat
Riton du film de tension : L'Assaut
Riton du film nostalgique de l'après-guerre : Les Tribulations d'une amoureuse sous Staline
Riton du film anti-ségrégation : La Couleur des sentiments
Riton du film d'action post-guerre froide : Mission : impossible - Protocole fantôme
Riton du film de flics : Polisse
Riton du film consacré à une erreur judiciaire : Présumé coupable
Riton du film de bagnole : La Défense Lincoln
Riton du mélo : Toutes nos envies
Riton du film sociétal : De bon matin
Riton du documentaire militant : Gasland (techniquement moins joli que Tous au Larzac, mais plus fort)
Riton du film sardonique : Carnage
Riton du film iranien : Une Séparation
Riton du film consacré au conflit israélo-palestinien : Le Cochon de Gaza
Vous constatez que cette liste semble, pour l'instant, marquée par les films ancrés dans le réel, parfois très durs. C'est un genre que j'aime, mais l'année 2011 a aussi été riche en fantaisie.
Riton du roman-feuilleton : Les Mystères de Lisbonne
Riton du western : True Grit
Riton du film d'anticipation : Source Code (devant Time Out)
Riton du prequel : La Planète des singes : les origines
Riton du film de drogué : Limitless
Riton du film de poupées : Les Fables de Starevitch
Riton du film musical : Chico et Rita
Riton du manga : Colorful
Riton de l'animation animalière : Le Chat Potté
17:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma
samedi, 31 décembre 2011
Hugo Cabret
Le dernier film de Martin Scorsese est destiné aux petits et aux grands. C'est presque un conte de Noël, mâtiné de féérie technologique. Cette féérie s'incarne dans les incrustations numériques, qui garnissent l'image. Si l'on est indulgent, on dira que c'est de la belle enjolivure. Si l'on est grognon, on dira que c'est de la poudre aux yeux.
Mais la technologie est aussi au coeur de l'intrigue. C'est celle de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Il est question d'horlogerie, d'automates, de chemins de fer et de cinéma (muet). Les amoureux de Jules Verne ne seront pas déroutés par cet univers, qui est aussi un vibrant hommage à l'oeuvre de Georges Méliès. Jean-Pierre Jeunet aurait pu tourner ce film.
Alors, oui, le grand enfant que je suis a été captivé par ces engrenages, ces animations mécaniques. Scorsese a réussi à créer un lieu à part, hors du temps, avec l'envers du décor de la gare parisienne, où vit et travaille Hugo Cabret.
Les Anglo-Saxons percevront aussi cet orphelin pauvre comme une référence à l'oeuvre de Charles Dickens. Il est épaulé par une gamine intelligente, avide d'aventures, dont on sent bien qu'elle est un peu calquée sur le personnage d'Hermione Granger (dans Harry Potter, voyons !).
Bon, la mode vestimentaire comme les coiffures sont atroces, mais c'est pour faire authentique ! Les décors sont par contre épatants. Eux et les mouvements de caméra (par exemple dans la séquence introductive, mais aussi dans la poursuite du gamin par le policier de la gare - Sacha Baron Cohen excellent - dans la seconde moitié du film) donnent une grande force visuelle à ce film.
Par contre, il y a quelques longueurs. On a visiblement hésité à couper dans le travail du Maître au montage. On aurait dû : le film aurait gagné en rythme.
Plus qu'un produit Scorsese, c'est un agréable divertissement de fin d'année, qui a l'avantage de mettre les bambins au contact de Georges Méliès (plusieurs extraits de ses oeuvres sont insérés dans le film), dont la fantaisie est susceptible d'éveiller leur intérêt.
22:52 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema
vendredi, 30 décembre 2011
Mission : impossible - Protocole fantôme
Ce nouvel épisode des aventures de l'agent Ethan Hunt (Tom Cruise, très professionnel... pensez qu'il a mis ses sous dans le film, à l'écriture du scénario duquel il a contribué) est signé Brad Bird... oui, LE Brad Bird de chez Pixar, à qui l'on doit notamment Les Indestructibles et surtout Ratatouille.
Bon, là, on voyage. La première partie (qui suit une introduction très conventionnelle) nous plonge en plein Moscou, d'une prison sécurisée au Kremlin. On est dans le film d'espionnage classique, efficace, maîtrisé... à ceci près que les Russes passent pour les dindons de la farce... De bonne guerre en pleine époque des fêtes de fin d'année ? En tout cas, ça les rend furieux... et même dangereux.
La deuxième partie est la plus spectaculaire, à mon avis. Notre fine équipe se retrouve à Dubaï, notamment dans le gratte-ciel le plus haut du monde, Burj Khalifa. Cela nous vaut des scènes particulièrement enlevées, où Tom Cruise se distingue. Mais les autres (les "bons" comme les "méchants"... avec Léa Seydoux, peu causante, mais on ne lui demande pas plus) se débrouillent bien aussi, le tout millimétré comme c'est pas permis (une double manoeuvre coordonnée est organisée pour duper deux groupes de "méchants"). Et je kiffe trop les gadgets technologiques !
A partir de là, on se dit que le réalisateur comme les scénaristes en font un peu trop. Bon, c'est vrai, cela "dépote" (un peu comme dans Die Hard 4), on ne s'ennuie pas, mais on dépasse un peu trop souvent les frontières de la vraisemblance... et les moments qui se jouent à la seconde près sont un peu trop nombreux. Cependant, quand on est pris dans le rythme, ça passe.
Aux côtés de Tom Cruise, on peut signaler la prestation de Jeremy Renner (remarqué dans Démineurs), de Paula Patton (95 C ?... mais elle n'est pas réductible à sa plastique avantageuse) et de Anil Kapoor (rappelez-vous... le Jean-Pierre Foucault indien de Slumdog millionaire) en playboy bouffi de suffisance... qui se fait donner une jolie leçon dans la troisième partie du film. Celle-ci se déroule à Mumbai (Bombay pour les intimes). Tout spectaculaire qu'elle soit, elle fait un peu retomber le rythme par rapport à la précédente.
Bref, les deux heures et quelque passent vite. C'est un bon film d'action, émaillé de traits d'humour (souvent liés au fonctionnement d'un appareil de haute technologie), bien léché côté réalisation. On retrouve un peu l'esprit des bons James Bond, à ceci près qu'ici le héros est une équipe d'espions.
22:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, cinéma, film
mercredi, 28 décembre 2011
La Vitesse du passé
C'est un court-métrage de Dominique Rocher, primé par la fondation Audi (qui décerne chaque année les "Audi Talents Awards")... et que l'on peut visionner gratuitement sur le site dédié, jusqu'au 2 janvier 2012 (mais il y aura peut-être une deuxième prolongation, si le bouche-à-oreille confirme le succès du film).
Ces quelque 15 minutes, prenantes, tournent autour d'un mystérieux accident, qui n'en finit pas de s'achever. Un couple s'installe dans sa maison de campagne. Ils sont jeunes, ils sont beaux (surtout la femme, incarnée par Mélanie Thierry), ils s'aiment, ils ont la vie devant eux.
Mais, ce jour-là, pendant que chacun vaque à ses occupations, une sorte de tremblement survient, provoquant la chute inachevée de nombreux objets... et celle de l'homme, monté sur le toit. A l'image des cartons, tasses et tuiles, il est figé dans une posture dangereuse, au-dessus du vide.
Se pose alors à la femme aimante la question suivante : que doit-elle faire ? Elle repousse rapidement les propositions d'une équipe de scientifiques venue analyser la phénomène et installe sous son homme figé dans les airs un matelas pour amortir sa chute qui, bien que très ralentie, n'en est pas moins inéluctable. (Ce dispositif fait écho à une scène du tout début du film.) Chaque jour, elle continue à aménager la maison. Elle vient lui parler.
Elle n'est cependant pas seule : l'un des scientifiques venus peu après l'incident s'est incrusté. Il est très gentil et, visiblement, en "pince" pour la dame. Doit-elle répondre à ses avances ? Doit-elle vivre dans le souvenir de cet amour qui semble perdu ?
Je vous laisse découvrir le reste sur le site internet.
C'est bien filmé, avec des trucages numériques pertinents... et une musique captivante, signée Etienne Forget (auteur aussi de la bande originale de la série Hero Corp).
PS.
Pour tout dire, ce film a un petit côté Donnie Darko !
16:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema
mardi, 27 décembre 2011
Le Miroir
Ce film date de 1997, mais c'est seulement cette année qu'il est sorti en France, à peu près en même temps que Ceci n'est pas un film, du même réalisateur iranien Jafar Panahi, qui a quelques soucis avec le gouvernement de la république islamique.
Il nous propose une tranche de vie, à travers le regard d'une gamine de 6-7 ans, que sa mère tarde à venir chercher à l'école. Gonflée, la petite Mina décidé de tenter de retourner chez elle par ses propres moyens, alors qu'elle ne connaît pas bien le chemin. Elle va évidemment se perdre, et c'est l'occasion pour le réalisateur de nous montrer différentes catégories d'habitants de Téhéran.
Ainsi, on voit (mal) fonctionner la circulation aux carrefours, avec ce papy qui n'arrive pas à traverser. Dans le bus, on entend ces femmes discuter de leurs problèmes personnels ; on voit de futurs jeunes mariés. On observe le rôle de ces gardiens de la vertu, qui, tout en contrôlant les billets des passagers, veillent soigneusement à la séparation des sexes. (J'ajoute que même les gamines sont voilées...)
Et puis, au milieu du film, il se passe un truc étrange...
Attention ! Ne lisez pas la suite si vous n'avez pas encore vu le film.
Je "déflore" un peu l'intrigue...
Ne venez pas vous plaindre, après !
Donc, au beau milieu du film, on voit la gamine piquer une crise dans le bus, ôter le plâtre de son bras et quitter le lieu du tournage. On bascule dans la mise en abyme... et l'on se demande dans quelle mesure tout cela est bien réel.
La suite du film suit le schéma suivant : la jeune actrice refuse de continuer à jouer et veut rentrer chez elle par ses propres moyens. L'équipe de tournage fait semblant d'accéder à ses vœux... mais ne lui retire pas le petit micro mobile placé sur elle... et la filme, de loin.
L'histoire prend donc un tour étrange, où l'on voit une équipe de cinéma filmer une gamine censée agir de manière authentique... tout comme les vrais gens qu'elle rencontre. Le son et l'image sont découplés, ce qui accroît la tension dramatique... et l'on peut se demander si cette nouvelle histoire est plus ou moins vraisemblable que la précédente.
Les esprits forts prétendront que la supercherie est à double détente : cette révolte de l'actrice n'est-elle pas tout aussi simulée que les séquences précédentes ?
On passe donc la seconde moitié du film à la fois à suivre les pérégrinations de la gamine... et à se demander jusqu'où va la fiction et où commence la réalité, le tout avec pour arrière-plan la société téhéranaise.
C'est expérimental, parfois déroutant ou répétitif, mais passionnant à suivre.
23:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ilm, cinéma, cinema

