samedi, 26 juin 2010
Une drôle de caisse !
Non, je ne vais pas parler voiture (beurk) ! Cet après-midi, une fois n'est pas coutume, j'ai acheté mon pain à L'Epi du Rouergue, au carrefour des Quatre-Saisons. Cette boulangerie a deux avantages : elle est bien située et ouvre jusqu'à 20 heures.
En entrant dans le magasin, je n'ai pas trop fait attention à la grosse boîte posée sur le comptoir. C'est au moment de régler mes achats que j'ai compris sa fonction. Après que la boulangère a tapé l'addition, j'ai inséré moi-même un billet dans la fente adéquate (de mon côté du comptoir)... et la monnaie est sortie par une autre ouverture !
Au-delà de l'anecdote "technique", je me demande si ce changement n'est pas d'origine sécuritaire. En effet, le magasin ouvre tard. Lors de la fermeture, il n'y a souvent qu'une personne à la caisse. De surcroît, en plus de servir les derniers clients, elle doit commencer à ranger puis laver la boutique. Comme celle-ci est bien desservie par la route, elle peut sembler être une cible facile pour des délinquants en quête de cash... A moins que ce nouveau dispositif ne soit d'abord destiné à accélérer le rythme des encaissements. Il est aussi possible que les motivations hygiéniques soient entrées en ligne de compte : on évite ainsi tout contact entre les deux côtés du comptoir et les produits sont donc manipulés par des employés n'ayant pas touché les clients ni leur argent.
La machine ressemble un peu à cela (même si ce n'est pas exactement ce type de modèle) :
22:08 Publié dans Economie, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, société, emploi, économie
Conférence de Serge Klarsfeld
D'habitude, l'auditorium du "Centre européen" de Conques accueille des conférences d'histoire médiévale ou d'histoire de l'art. Le cycle 2010 est plus éclectique, ouvert notamment sur la période contemporaine. Ainsi, la dernière conférence, celle du 12 novembre prochain, sera consacrée à un "poilu" local et celle de vendredi 25 juin avait pour titre "Le sort des juifs en Aveyron pendant la Seconde guerre mondiale".
Dans la première partie, Serge Klarsfeld a présenté son parcours. (Le public a remarqué qu'au début de son intervention, il prononçait "Conches" mais que, très vite, suite à la lecture d'un papier que lui a fait passer en catastrophe Simon Massbaum, il a rectifié) Il a commencé par le devenir de sa famille pendant la guerre, puis ses études et le début de sa vocation, la chasse aux criminels nazis. Il s'est malheureusement peu étendu sur le rôle de son épouse Beate (devenue célèbre après avoir osé gifler en public le chancelier allemand Kurt Kiesinger, un ancien nazi). En parallèle, il a évoqué son travail d'historien.
Il a ensuite laissé la parole à Simon Massbaum, qui a traité plus particulièrement du cas des juifs vivant en Aveyron pendant la guerre. Faible jusque dans les années 1930, leur nombre a augmenté suite à la Débâcle de 1940 en Belgique puis en France. A cela s'est ajouté la division de la France métropolitaine, certaines familles décidant très rapidement de quitter la zone occupée. Les juifs ont été systématiquement recensés sur ordre de Vichy (l'historien donne une estimation de 900 personnes pour le département) et assignés à résidence. 700 d'entre eux auraient été raflés ou arrêtés à des dates diverses et environ 360 déportés... pour 5 retours. Notons que l'on ne sait pas tout, même 65-70 ans après les faits, puisque Simon Massbaum a parlé d'une rafle à Villefranche-de-Rouergue, avérée, portant sur 80 personnes, dont les identités ne sont toujours pas connues.
La troisième partie a vu le témoignage d'Alexandre Halaunbrenner, particulièrement émouvant. La voix faible, chevrotante, il a raconté l'histoire de sa famille, des juifs d'origine polonaise, que le père, passé le premier en zone non-occupée, a essayé de sauver. Ils se sont installés à Lyon. Le père a fini fusillé, après avoir été arrêté par Klaus Barbie (que le témoin a donc rencontré). Deux des soeurs d'A. Halaunbrenner avaient été placées dans la maison d'Izieu, dont les occupants ont été déportés, là encore à l'instigation de Barbie. (Le lien précédent vous mène à une page où, pour accéder à un document fort bien fait, il faut cliquer, en haut, sur "Pédagogie", puis, à gauche, sur "Dossiers et documents d'Izieu", enfin, sur la page, sur "Télécharger ce dossier".)
Le procès de Barbie lui-même a été abordé dans les réponses aux questions du public. Serge Klarsfeld a, paradoxalement, souligné que la défense de l'ancien nazi, par Jacques Vergès, avait aidé l'accusation : comme l'avocat voulait surtout se mettre en valeur, il a demandé à Barbie de ne pas assister aux séances. Klarsfeld estime que Vergès n'était pas bon dans le contre-interrogatoire des témoins, alors que les rares fois où Barbie a été présent, il a déstabilisé ceux-ci.
Mais cette dernière partie de la soirée a surtout été marquée par une intervention étrange. Elle est le fait d'un habitant de Conques, néerlandais, juif, qui, après avoir demandé la parole, s'est mis à lire en tremblant un texte écrit (et tapé) à l'avance, dans un français approximatif. C'était à la fois pathétique et touchant. De quoi était-il question ? Pas facile à dire, même si j'ai tendu l'oreille, alors que nombre de personnes, dans l'assistance, ont semblé vite perdre patience. En gros, ce Néerlandais a fait le lien entre ce que sa famille a connu et l'histoire de la petite Anne Frank. Il a aussi tracé un parallèlle avec le philosophe René Descartes, qui, au XVIIe siècle, a fui la France intolérante pour ce que l'on appelait alors les Provinces-Unies. Pour l'anecdote, il a vécu dans la rue même où se trouvait la maison qu'habiterait par la suite la famille Frank :
Refusant d'obéir aux injonctions du maître de cérémonie, il a tenu à lire son texte jusqu'au bout, dénonçant, me semble-t-il, la résurgence de l'antisémitisme (y compris à Conques ! Il a parlé d'un salut nazi fait en sa présence, si j'ai bien compris) et se désolant qu'on ne lise pas assez le Journal que la petite Anne Frank a rédigé avant d'être déportée.
Et, pour que les jeunes générations n'ignorent rien de ce passé, il est venu avec des cadeaux ! En effet, une fois son texte lu, il s'est approché de l'estrade, sur laquelle on l'a empêché de monter. S'adressant aux invités (en particulier à Serge Klarsfeld), il leur a demandé de veiller à ce qu'on remette le contenu du sac (aux couleurs de la Maison du Livre de Rodez) aux enfants de la commune. (Il n'est apparemment pas satisfait de l'organisation du fond de la bibliothèque municipale.) Puis il est parti, calmement, montant avec dignité les marches de l'amphithéâtre (en essayant de ne pas trébucher). Le sac est resté sur l'estrade. On y voyait une pile de petits paquets, tous aux couleurs de la librairie ruthénoise : ce Néerlandais y avait commandé plusieurs exemplaires de l'édition de poche du Journal et les avait fait tous empaqueter pour les offrir ! Quelqu'un devrait s'occuper de ce monsieur, qui a grand besoin d'un suivi psychologique.
Mais, contrairement à ce qui a été affirmé, cet incident n'a pas gâché la soirée. Quelque chose d'autre aurait pu la gâcher : CETTE SALOPERIE DE TELEPHONE PORTABLE QUI A SONNE A DEUX REPRISES ! C'est quand même dingue ! Et les coupables sont deux personnes âgées, l'homme (aux cheveux blancs) ne semblant guère gêné par le dérangement provoqué, la femme (aux cheveux teints) pouffant même de rire à plusieurs reprises... NON MAIS QUEL DUO D'ABRUTIS !!
02:17 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, france, histoire, résistance
mercredi, 23 juin 2010
En attendant le Tour de France
Presque plus personne ne l'ignore désormais : le samedi 17 juillet s'élancera de Rodez la treizième étape du Tour de France (comme en 1984, où ce fut la quatorzième étape qui démarra du même lieu). Même si le tracé interne à la ville est connu depuis plusieurs mois, les habitants du chef-lieu aveyronnais ont eu droit à une piqûre de rappel.
En effet, la dernière livraison du magazine municipal Rodez, notre ville est accompagnée d'un dépliant détaillant les animations prévues ce jour-là ainsi que l'organisation du stationnement et de la circulation. L'une des cartes permet de visualiser la partie ruthénoise de l'étape :
De plus, depuis quelques mois, de drôles de sculptures ont fait leur apparition dans le Grand Rodez, à commencer par le carrefour des Quatre-Saisons :
Celles, plus originales, installées sur le rond-point de Druelle sont bien connues des Aveyronnais :
Les voici sous un angle qui les montre en plein effort :
De son côté, la commune d'Olemps se place dans la lignée de Rodez, avec une touche personnelle toutefois :
Regardez bien la voiture, à l'arrière-plan...
Après cela, qui osera dire que les élus locaux pédalent dans la semoule ?
12:01 Publié dans Aveyron, mon amour, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : été, sport, vacances
mardi, 22 juin 2010
Qu'est-il arrivé à l'entrée du lycée Jeanne d'Arc de Rodez ?
Il s'agit de l'antenne du lycée Louis Querbes située rue Béteille :
Vous ne remarquez rien ? Alors, je vais vous aider :
Hé, oui ! La niche située au-dessus de l'entrée est presque vide, alors qu'elle abritait jusqu'à il y a peu une croix stylisée (c'est un lycée catholique, dont la politique de "communication" est des plus habiles). Que s'est-il donc passé ? Les vents violents qui ont récemment soufflé sur le Piton ont-ils eu raison de cet emblème modernisé de la foi chrétienne ? Faut-il plutôt accabler la mauvaise qualité de la sculpture, la friabilité du matériau utilisé ? La dégradation serait-elle le résultat de l'action de jeunes fous ? On ne sait.
En tout cas, dans sa chute, le morceau de croix a abîmé le panneau surmontant le porche d'entrée :
00:08 Publié dans Aveyron, mon amour, Vie quotidienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société, photo, christianisme
lundi, 21 juin 2010
Life during wartime
... "La vie en temps de guerre", en français. Le titre a une double signification. Il est une allusion à la politique bushienne de "guerre contre le terrorisme" et, au second degré, il fait référence aux relations humaines, notamment intrafamiliales.
Pour bien comprendre ce film de Todd Solondz (dont je recommande aussi Bienvenue dans l'âge ingrat, l'anti-film pour ados), il vaut mieux connaître un peu Happiness, dont il est la suite. Mais on peut quand même le voir sans cela. Sachez toutefois que la scène d'ouverture de Life during wartime est un décalque de celle de Happiness, les interprètes ayant changé et les personnages ayant évolué.
On retrouve le style adopté par le réalisateur dans le précédent : des situations grotesques, souvent humiliantes pour au moins l'un des protagonistes, traitées sur un ton anodin, avec des dialogues supposés neutres, remarquablement bien écrits. Solondz est le cinéaste du refoulement, de l'innommable.
Après la savoureuse scène de départ, on apprend la sortie de prison du père pédophile. A voir sa tête et à observer son comportement, on comprend qu'il a dû en baver durant sa détention... et qu'il n'est peut-être pas complètement guéri. Là, le réalisateur renonce à la comédie acide et ébauche une réflexion sur la vie de famille d'un criminel. C'est assez étonnant à dire (surtout quand on a vu les précédents films de Solondz), mais là, il travaille dans la dentelle.
On revient à la comédie sardonique avec le portrait des trois soeurs, plus ravagées les unes que les autres. L'aînée (et épouse du pédophile) a fui le New Jersey pour la Floride où elle tente de refaire sa vie. L'intello (interprétée par Ally Sheedy, qui fut l'héroïne de War Games en 1983 !) vit avec un acteur célèbre et méprise toujours autant les autres. Enfin, la névrosée, qui semblait avoir retrouvé un équilibre, est en fait toujours aussi barge. C'est le retour de l'ancien violeur qui fait voler en éclat les faux-semblants.
Il faut noter que Solondz a gardé son habileté à faire jouer des scènes délicates à des enfants. C'est, je pense, dû en partie à la qualité des dialogues qui, à l'aide de mots du quotidien, savent faire exprimer les pires horreurs.
Son talent s'exprime aussi au niveau du cadrage : dans presque chaque scène il faut être attentif à un élément apparemment anodin (un drapeau israélien, un dessin de singes sodomites, un personnage flou qui traverse un coin de l'écran...), très significatif en fait.
Il me semble que cette suite à Happiness insiste davantage sur la judéité de la famille, pour s'en moquer. Il s'agit de la classe moyenne bushiste (qui a voté McCain en 2008), pro-israélienne jusqu'à l'aveuglement. A plusieurs reprises, à travers le personnage de l'épouse qui tente de refaire sa vie, cette "judéité ostentatoire" est tournée en dérision.
J'ai quand même été un peu déçu. Le film est beaucoup moins "rentre dedans" que le premier et il faut reconnaître que, parfois, les situations sont un peu vides. Cela reste un ovni cinématographique qui mérite le détour.
P.S.
Une des scènes d'anthologie de Happiness a inspiré de talentueuses internautes... Celle qui tient le nounours est excellente !
13:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, cinéma, film




