dimanche, 02 janvier 2011
Un vrai rebelle aveyronnais !
Et là, j'en vois qui se disent : "Il va nous faire un billet sur José Bové." Eh bien non ! Le rebelle dont je vais causer n'est pas député européen, mais président du Conseil général de l'Aveyron. Il s'agit de Jean-Claude Luche.
Plutôt classé au centre-droit, il avait rejoint l'U.M.P. et c'est sous cette étiquette qu'il a été élu à la tête du département, en 2008. Mais, en 2010 (alors que le parti présidentiel a connu plusieurs déconvenues électorales, font remarquer les mauvaises langues), coup de tonnerre : J.-C. Luche annonce ne pas être sûr de renouveler son adhésion à l'UMP. Peu de temps auparavant, il n'hésitait pas à déclarer : "Je suis un insoumis".
Et là, le 2 janvier, patatras ! Qu'est-ce qu'on apprend ? Que M. Luche est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur ! L'information a été publiée par La Dépêche du Midi, à la suite de la présentation des vœux du président du Conseil général. Curieusement, le confrère Midi Libre s'est contenté des vœux. Est-ce de l'autocensure ? Est-ce par manque de temps, la publication de l'information étant simplement reportée ? Est-ce parce que seuls les journalistes du quotidien de Toulouse sont allés éplucher la liste des nommés et promus ?
Voici ce que l'on peut trouver page 12 :
(Au passage, signalons que les "48 ans d'activités professionnelles et de fonctions électives" font remonter le début de carrière de M. Luche à 1962-1963... Il avait alors 10-11 ans !)
En remontant page 11, on découvre que la nomination figure au contingent du ministère de l''Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration. Voilà qui paraît légitime, compte tenu des attributions du ministre... sauf qu'un paragraphe à part est prévu pour les nominations au titre des Collectivités territoriales et de l'Outre-mer (page 13) :
Le nom de J -C Luche ne figurant pas dans ce paragraphe, j'en conclus que sa Légion d'honneur lui est bien attribuée par le ministère de l'Intérieur. La question est : qui décorera le rebelle Jean-Claude Luche ? Brice Hortefeux ou Philippe Richert, qui a en charge les collectivités territoriales ?
P.S.
Quand on s'amuse à consulter la liste en entier, on peut faire d'autres trouvailles.
Ainsi, Philippe Matière, qui dirige l'entreprise du même nom (implantée notamment à Arpajon-sur-Cère et Bagnac-sur-Célé) est nommé chevalier (voir page 15, sur le contingent du secrétaire d’État chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises). Côté aveyronnais, c'est l'ancien président de la Chambre d'Agriculture Jean Laurens qui est élevé au grade de chevalier, sur le contingent du ministère de l'Agriculture (voir page 22 ; curieusement il n'est pas qualifié d'ancien président, alors que son successeur a été élu et est entré en fonction). On note aussi la nomination (sur le contingent du Premier ministre ; page 4) d'une Aveyronnaise (originaire de Sébrazac), Lucette Triadou, qui s'est illustrée dans les Pyrénées orientales.
13:59 Publié dans Politique aveyronnaise | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, actualité, actualite
samedi, 01 janvier 2011
Les "Riton" 2010
Le passage d'une année à la suivante est l'occasion de faire son petit palmarès des films qu'on a aimés. Je m'y suis déjà livré pour les années 2006, 2007, 2008 et 2009. Pour 2010, j'ai décidé de donner un nom aux récompenses que je décerne : les Riton. Avouez que ça en jette autant que "César" ou "Oscar" !
- Riton du film le plus léger : Sumo
- Riton du film auquel on ne demande pas d'arrêter son char : Lebanon
- Riton du film consacré au conflit israélo-palestinien : Ajami
- Riton du film sur l'Irak : Green Zone
- Riton de la comédie anti-terroriste : We are four lions
- Riton du documentaire guerrier : Armadillo
- Riton du film illustrant le mieux les bassesses du genre humain : La Révélation
- Riton du film sur l'Afrique qu'elle est complexe : Lignes de front
- Riton du film le plus pervers : Disgrace
- Riton du film sur le nazisme : Marga
- Riton du mélo : Elle s'appelait Sarah
- Riton du film sentimental : Dans ses yeux
- Riton du film nostalgique : L'Illusionniste
- Riton du meilleur Disney de l'année : La Princesse et la grenouille
- Riton de la fiction animalière : Comme chiens et chats 2
- Riton du film de cul : Skin (dans Dirty Diaries)
- Riton du film de voleur : Fantastic Mr Fox
- Riton du documentaire sur les humains : Nénette
- Riton du film de "geek" : Summer Wars
- Riton du "biopic" : The Social Network
- Riton du film cérébral : Inception
- Riton du film de cinglé : Shutter Island
- Riton du film gore : Piranha 3D
- Riton du film poussant à l'anorexie : Food Inc
- Riton du film dérangeant : Vénus noire
- Riton du film sur la retraite à 60 ans : Mammuth
- Riton du film sur la crise financière : Cleveland contre Wall Street
- Riton du film de procès : 12
- Riton du roman-feuilleton : Millenium 2 et 3
- Riton du film divertissant : Les Aventures d'Adèle Blanc-Sec
- Riton de la meilleure idée de film : Buried
- Riton du film qui laisse une trace derrière lui : Rubber
22:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema
vendredi, 31 décembre 2010
Spéciale Soulages dans "Le Nouvel Hebdo"
Le numéro 156, paru vendredi 31 décembre, est entièrement consacré au projet de musée. Si la première page propose néanmoins l'éditorial de Gérard Galtier, le reste de la surface rédactionnelle est occupé par une chronologie commentée (signée Jacques Boutet) qui s'étend du 29 mai 1975 à la fin d'octobre 2010 :
On est surpris par la richesse de l'actualité qui a porté sur la création d'un musée Soulages. Les Ruthénois qui s'étonnent qu'un conservateur soit actuellement payé et logé à leurs frais sans que le musée existe découvriront qu'il y a eu un précédent, puisqu'un conservateur du patrimoine avait été recruté à l'époque Censi (en 2004) pour mettre au point le projet. (Cette personne, Estelle Pietrzyk, est devenue depuis conservatrice du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg.)
Une étape importante dans la constitution du dossier financier a été l'attribution du label "musée de France" au projet. Ce fut fait le 8 février 2006 (et pas en décembre 2005, contrairement à ce qui était écrit dans Le journal du Grand Rodez numéro 60, où un dossier faisait la promotion du projet sans aborder la question des coûts...), quand parut au Journal Officiel un arrêté signé par le ministre de la Culture de l'époque le 24 janvier précédent. (C'est le texte numéro 35.)
On sourit aussi en relisant les propos tenus à l'époque par certains membres de l'opposition municipale, aujourd'hui membres de la majorité. Sur le site internet de La Dépêche du Midi, on peut retrouver les déclarations pleines de bon sens de Monique Bultel-Herment et de Daniel Rozoy... très hostiles au projet ! C'est une quasi-révolution copernicienne que la gauche ruthénoise a opérée, elle qui, dans la plaquette programmatique publiée en 2001 (pour les municipales qui ont vu la reconduite de l'équipe Censi), envisageait l'avenir du Foirail avec un multiplexe mais sans musée Soulages :
L'hebdomadaire satirique a aussi beau jeu de rappeler l'évolution de l'estimation du coût, passée de 10 millions d'euros à 13,5 puis 17, 20, 23, 25 et enfin sans doute au moins 30 millions d'euros.
Même si les oeuvres de Pierre Soulages se vendent bien, même si l'artiste semble avoir "la cote" auprès des faiseurs d'opinion, lorsque Beaux-Arts Magazine réalise (avec BVA), en 2007, un sondage sur les goûts artistiques d'un panel (censé être) représentatif des Français, il ressort que les productions du maître de l'outre-noir font l'objet d'un rejet cinglant. (Bon, d'accord, la méthode utilisée n'était peut-être pas des plus rigoureuses, mais je trouve symbolique -et pas injustifié- qu'un public de non-initiés préfère des mangas à l'oeuvre de Soulages.)
Et si encore le musée abritait les oeuvres majeures de l'artiste ! Or, comme le rappelle Le Nouvel Hebdo, tout le monde est conscient que ce ne sera pas le cas, puisque c'est le musée Fabre (de Montpellier) qui a acquis la "crème" (au chocolat ?) de la production soulagienne.
Que dire encore des projections en terme de retombées économiques pour l'agglomération ruthénoise et le département !...
Deux-trois petites choses pour terminer. Sur la Toile, les avis sont tranchés... et assez partagés. La presse locale, en général très favorable au projet, s'est fait l'écho de quelques voix dissonantes. Certaines s'expriment sur Facebook. Oui ! On peut y trouver un groupe "Pour un référendum sur la création du musée Soulages à Rodez" (dont on sent bien que nombre de membres voteraient NON si on leur demandait leur avis). De manière plus explicite, un autre groupe s'est formé sous le nom de "Pour tous ceux qui sont contre le musée Soulages". En face, on trouve des défenseurs (pas forcément aveyronnais d'ailleurs) sur le site paris-skyscrapers, où l'on se contente de décrire favorablement l'évolution du projet.
Quant à ceux qui souhaitent faire vivre une presse indépendante, ils peuvent acheter régulièrement Le Nouvel Hebdo (qui ne manquera pas de reparler du sujet), voire s'y abonner :
18:42 Publié dans On se Soulages !, Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, peinture, art, culture
jeudi, 30 décembre 2010
Inside Job
C'est un documentaire américain, long (1h50), consacré aux causes et aux conséquences de la crise financière de 2008-2009.
Une réelle volonté pédagogique anime le réalisateur (il a construit un plan grosso modo chronologique), qui connaît visiblement son sujet (et a tenu à le faire savoir aux spectateurs, vu la manière dont les entretiens sont montés) et qui a rencontré de nombreux acteurs de ce drame économique et social. Il est aussi intéressant de relever les noms de ceux qui ont refusé de le rencontrer (notamment Alan Greenspan).
A ces entretiens sont ajoutés des commentaires, des graphiques (certains d'entre eux peut-être tendancieux... faudrait que je revoie cela), beaucoup d'incrustations. On rentre vraiment dans le détail d'opérations financières complexes, que l'auteur réussit à rendre compréhensibles.
C'est qu'il a fallu animer ce film ! Seul le générique de début est un vrai moment de cinéma, sur la chanson de Peter Gabriel Big Time. Le reste est souvent intéressant, parfois ardu et/ou ennuyeux dans la forme.
Résultat ? On rit parfois (quand il prend en défaut ses interlocuteurs), on se désole et s'indigne souvent. En sortant de là on a envie de pendre les banquiers et les financiers (ainsi que quelques politiques) par les parties génitales !
Le pire est qu'au fur et à mesure que le film se déroule, on se rend compte que la "nouvelle" équipe dirigeante des États-Unis, celle qui entoure Barack Obama, est constituée (en partie) de vieux routiers du système injuste et corrompu qui a provoqué la crise... Il y a quelque chose de pourri au royaume de la finance, moi j'vous l'dis !
Ah, et nous, les Frenchies, on peut se délecter des paroles de deux de nos représentants : Dominique Strauss-Kahn (en tant que directeur général du F.M.I) et Christine Lagarde. Ils bénéficient d'un traitement favorable de la part du réalisateur. D.S.K. apparaît comme le mec au-dessus de la mêlée, qui avait tout compris mais qu'on n'a pas assez écouté. Cri-cri incarne la Politique au sens noble du terme, une sorte de vertu et de sens de l'intérêt général européens que les Américains auraient perdus. Reconnaissons que, de ce point de vue, le film manque un peu de finesse...
Sur le même sujet, j'ai préféré Cleveland contre Wall Street, qui prend la forme d'une fiction, tout en faisant preuve de rigueur dans l'analyse des causes de la crise.
21:58 Publié dans Cinéma, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, film, cinéma
mardi, 28 décembre 2010
Une vie de chat
C'est donc le dessin animé "made in France" qui fait l'actualité. Le chat en question est l'animal domestique d'une enfant, dont la mère est commissaire de police. Mais, la nuit, le matou s'en va traîner les toits aux côtés d'un cambrioleur solitaire, prenant plaisir à faire enrager le chien du voisinage. De son côté, la mère cherche à coincer celui qui a tué son mari.
La "French touch" se voit au niveau du dessin (l'un des auteurs a travaillé sur La Prophétie des grenouilles et il y a une petite parenté avec Persepolis voire L'Illusionniste, même si ce dernier est, d'un point de vue formel, bien plus réussi)
Ainsi, les formes ne sont pas toutes réalistes, mais les mouvements sont gracieux (et le chat si joli à voir quand il se frotte auprès d'un humain). Les dialogues sont travaillés, chose pas si fréquente dans ce genre de production. Quant au scénario, il prend la forme d'un polar, effet auquel contribue fortement la musique, très agréable.
L'histoire a un fond noir : la commissaire a perdu son mari, assassiné, et l'on voit bien que la bande de truands à laquelle elle est confrontée ne plaisante pas. Les rapports humains sont plutôt tendus, au sein de la famille et au boulot. Heureusement, c'est un conte, donc tout cela devrait s'arranger, grâce au chat, grâce au voleur... et à un peu de chance.
Sur le site officiel, on peut trouver informations et bonus.
21:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma
lundi, 27 décembre 2010
Bigard sarkozyste ou pas ?
Il me faisait bien rigoler, Bigard, à ses débuts. Je dois dire qu'à partir du "lâcher du salopes", j'ai décroché. Cela fait donc un petit moment. Plus tard, j'ai essayé de regarder le spectacle du Stade de France. Je reconnais qu'il y a eu un gros boulot derrière, j'ai même ri plusieurs fois, mais le charme n'agit plus comme auparavant.
En plus, il s'est mis en tête d'afficher ses relations politiques (je ne parlerai même pas de ses délires conspirationnistes). Franchement, je me contrefiche de savoir pour qui les acteurs, chanteurs, humoristes, imitateurs votent ! Se prendraient-ils pour des maîtres à penser ? N'est pas Desproges qui veut.
Bon, voilà notre Bigard catalogué sarkozyste en 2007... mais l'étiquette porte la scoumoune : presque tous les artistes qui l'ont revendiquée ont vu leur carrière connaître un sérieux coup de mou. Du coup, aujourd'hui, peut-être aussi parce que le locataire de l'Elysée a moins de succès qu'il y a trois-quatre ans, Bigard a déclaré dans VSD que non, pas du tout, il n'avait jamais été un fervent supporteur du président, qu'il avait été en quelque sorte récupéré et que, de toute manière, il ne l'avait rencontré "que trois fois"... dont une place de la Concorde, en 2007 :
Et vous allez me dire qu'ils se sont forcément déjà vus une paire de fois avant, puisqu'ils habitaient la même commune, Neuilly-sur-Seine. (Dans l'un des sketches de l'humoriste, il est même question du Monoprix de cette commune.)
Et puis il y a eu cette fameuse visite au Pape :
Et puis, en fouillant dans un vieux paquet de journaux, je suis tombé sur un Paris Match d'août 2007, dans lequel j'ai trouvé ceci :
Ne sont-ils pas mignons tous les deux ? Ah, oui, la légende dit : "Le 14 août, Brice Hortefeux et son ami Jean-Marie Bigard se rendent au Feu Follet, le restaurant que l'humoriste a ouvert à Mougins. " (Depuis, il a revendu, l'affaire s'étant cassé la figure.)
Bon, je ne vais pas continuer là-dessus pendant des plombes. Entre 2005 et 2008, il semble avoir été (très) proche du clan Sarkozy, dont il s'est (apparemment) détaché depuis. C'est peut-être pour des raisons idéologiques, peut-être parce qu'il a changé... ou peut-être par opportunisme (ce n'est plus "porteur").
En tout cas, aucune des personnes qui partageait avec lui le déjeuner de VSD n'a semble-t-il cru bon de le contredire ou ne serait-ce que le titiller. Non, les vieilles gloires que sont Cavanna, Wolinski et Berroyer ont plutôt paru le soutenir. (Triste fin pour ceux qui ont pu incarner, à une époque, la liberté de penser et le non-conformisme. Notons que le repas organisé par VSD a été l'occasion pour chacun de faire sa promo, Cavanna venant pour Le pire de Hara Kiri, joli bouquin... qui a été imprimé en Chine.)
16:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, humour




