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dimanche, 29 juillet 2012

Jeanne d'Arc et la Croix de Lorraine

   Voilà ce que c'est que d'accompagner un être cher dans les brocantes : on finit par se prendre au jeu, on s'attarde, on furète... et l'on trouve des trucs !

   Je suis récemment tombé sur de bien curieux insignes :

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   Le premier s'inspire d'une (relativement) célèbre statue de Marie d'Orléans :

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   Le deuxième copie sans doute un plâtre peu connu, d'Auguste Carli :

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   Cette représentation n'est d'ailleurs pas sans rappeler un dessin de Numa Ayrinhac, réalisé pour le vitrail d'une église de Pigüé, aujourd'hui disparu.

   L'association de la Pucelle à la Croix de Lorraine, pour évidente qu'elle puisse paraître, n'en est pas moins un anachronisme. Les seuls symboles sous le patronage desquels Jeanne se soit placée sont les fleurs de lys. Quant à la croix, dite de Lorraine, elle vient en fait d'Anjou (dont les ducs sont aussi devenus ceux de Lorraine). Des érudits précisent qu'avant d'arriver en Anjou, le symbole est passé par la Hongrie. L'origine est probablement grecque (byzantine ?).

   Précisons toutefois que, dans l'entourage de Jeanne figuraient deux personnalités liées à la famille ducale en question. Ce sont René Ier d'Anjou, dit le "bon roi René" et sa mère, Yolande d'Aragon, dont l'une des filles a épousé le Dauphin, futur Charles VII. On a beaucoup attribué (à tort parfois) à cette femme tenace, qui fut l'un des piliers du camp Armagnac dans la deuxième partie de la Guerre de Cent Ans.

   Ces insignes sont donc assez récents (au regard de l'épopée johannique). Ils remontent sans doute à la IIIe République. D'après les intervenants d'un forum spécialisé, ils seraient liés à un pèlerinage du diocèse de Nancy à Lourdes. Des versions patriotiques auraient aussi circulé pendant (et après) la Première guerre mondiale.

   La dernière surprise vient de la mention que l'on trouve, en tout petits caractères, au dos du second insigne (le rouge) :

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   Après m'être flingué les yeux, je suis d'avis que l'inscription est la suivante : Ste S PLANCHOT & FILS - FONTAINEBLEAU. Cette entreprise est (était ?) sans doute spécialisée dans la fabrication d'insignes religieux.

vendredi, 27 juillet 2012

Grosse boulette à l'émission "Au pied du mur !"

   Les repas de famille ont ceci de palpitant qu'ils se déroulent parfois devant un écran de télévision. Celle-ci était allumée sur la première chaîne. A une émission de télé-réalité consternante de bêtise a succédé un jeu grand public : Au pied du mur ! (Quoi de plus normal sur une télé de maçons ?)

   En ce vendredi d'inauguration des Jeux Olympiques d'été (avec lesquels on n'a pas fini de nous bassiner), l'animateur Jean-Luc Reichmann (fort sympathique au demeurant) n'a pas craint d'arborer une veste du plus mauvais goût, aux couleurs (et emblèmes) de pays participants :

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   Le jeu s'est ensuite déroulé de manière normale. Un-e candidat-e se retrouve face à un "mur" de 100 rivaux. Tous répondent aux mêmes questions. Le but de la personne seule est de gagner un maximum d'argent en éliminant le plus grand nombre d'adversaires, grâce à leurs mauvaises réponses.

   Encore faut-il que la solution proposée par les auteurs de la question travaillant pour TF1 (et Endemol) soit juste. Un problème s'est justement posé à la toute fin de l'émission d'aujourd'hui. Il était demandé : "Quel est le premier animal à être allé dans l'espace ?" Au vu des réponses proposées, le candidat pouvait etre confiant : il avait choisi la réponse "Laïka", la chienne envoyée dans l'espace en 1957, sur Spoutnik 2. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir la solution :

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   Stupeur dans le public, qui semble manifester son étonnement, voire sa réprobation. Bien vite, l'animateur apporte une précision censée calmer toute velléité de protestation (merci l'oreillette !) :


   Si Laïka fut bien le premier être vivant envoyé en orbite autour de la Terre, d'autres animaux avaient déjà franchi l'atmosphère. Le site auquel mène le lien sur la chienne Laïka parle d'un singe, Albert 2, en 1949 (référence citée par Jean-Luc Reichmann). Le site dinosoria remonte à 1948, avec un autre singe, Albert 1.

   L'ambiguïté vient de la nature du vol. Les singes Albert n'ont pas été mis en orbite. C'est une question à la fois d'altitude et de vitesse, comme l'explique le site d'un passionné d'astrophysique :

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   Bref, la question était extrêmemnent piégeuse. Historiquement parlant, il est plus légitime de considérer Laïka comme le premier animal de l'espace. Les singes Albert sont les premiers êtres vivants à avoir franchi l'atmosphère terrestre, dans une sorte de super vol d'avion, à une altitude dix fois supérieure à celle des vols commerciaux.

samedi, 21 juillet 2012

L'Age de glace IV...

   ... "La dérive des continents" La première séquence est consacrée à une explication peu académique de ce phénomène, avec la participation involontaire (mais déterminante) de Scrat. On retrouve l'inénarrable écureuil préhistorique de temps à autre dans le film, mais c'est à la fin qu'il retrouve le devant de la scène, là encore à un moment clé de l'histoire de l'humanité. Il est cette fois question d'une civilisation disparue...

   L'ambiance retombe quand est présentée la petite troupe d'animaux, certains déjà connus, d'autres nouveaux, notamment les ados mammouths, assez agaçants. (Les mauvaises langues diront qu'ils sont criants de vérité, avec leurs coupes de cheveux ridicules !) Leur présence ne s'explique pas uniquement par la volonté de conserver l'ambiance familiale de la série. Ces jeunes sont au coeur du propos moralisant du film. Ce n'est pas idiot sur le fond, mais, franchement, ça m'a barbé.

   Heureusement, nous découvrons rapidement une sympathique troupe de pirates, dirigée par un charismatique et impitoyable orang-outan. On note surtout la présence d'une tigresse aussi charmante que rebelle, qui ne va pas laisser Diego indifférent.

   Les scénaristes ont aussi eu l'intelligence de revoir un peu le personnage de Sid, devenu insupportable dans le troisième volet. On rencontre sa famille, encore plus dingue que lui... et l'on va s'attacher à la grand-mère, une mamie (faussement) acariâtre, qui semble avoir perdu la tête : elle parle à un animal domestique que personne ne voit... du moins, pas dans la première moitié du film.

   J'ai aussi adoré l'intervention des petites bestioles (des sortes de cochons d'Inde). Esclaves des pirates au début, ils vont se révolter et aider nos héros, façon Japonais kamikazes. Cela nous vaut plusieurs moments hilarants. On les retrouve à la fin. Lorsque nos héros les rejoignent sur leur nouvelle "terre promise", leurs petits amis ont déjà fondé une nouvelle civilisation... Soyez attentifs à la statue géante !

   Du côté des références, ça pioche toujours dans la Bible (l'Ancien Testament), mais aussi dans L'Odyssée d'Homère (avec les sirènes, par exemple), la quête du graal et le mythe de l'Atlantide. C'est au final du bon boulot, avec une animation toujours aussi réussie et un humour souvent décapant.

17:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

mercredi, 18 juillet 2012

Couleur de peau : miel

   Le dessinateur Jung et Laurent Boileau signent l'adaptation du roman graphique éponyme. Cela donne un long métrage où alternent les scènes d'animation et les prises de vue réelles, suivant Jung dans sa quête d'identité.

   On revit la jeunesse de cet enfant coréen, trouvé dans la rue par un policier et qui, un peu par hasard, va être adopté par un couple belge qui a déjà quatre enfants biologiques. La partie animée nous conte les relations entre le petit Jung et ses frères et soeurs, avec ses parents aussi. Après un temps d'adaptation vient la période de bonheur. L'adolescence est par contre un moment de conflits et de questionnements.

   Les anciens jeunes des années 1970-1980 se retrouveront dans ce portrait de garçon fan des séries japonaises... que sa mère adoptive a cependant inscrit aux cours de danse ! (Il va quand même y trouver quelques avantages...) Finalement assez introverti, il s'épanche à travers ses dessins, dont il ne sait pas encore qu'ils vont devenir son gagne-pain.

   Ces vignettes sont entrecoupées de scènes tournées en Corée du Sud (quand Jung décide d'y retourner) ou en Belgique (quand il mène son enquête). Des images d'archive sont ajoutées. La musique est de surcroît très chouette.

   C'est un film vraiment intéressant. On peut suivre la partie animée (très bien dessinée) comme un manga et les scènes réelles comme un documentaire. L'alternance a été habilement montée. (A ce sujet, on remarque que les scènes coupées sont principalement des portions documentaires, comme si l'on avait voulu préserver un certain équilibre en faveur de l'animation.)

   Sur le site dédié au film, on peut trouver plein d'autres choses, notamment un dossier de presse bien foutu.

   Cette histoire n'est pas sans rencontrer un certain écho en France. Le 29 juin dernier, Le Monde a consacré une page complète aux adoptés. On y découvre le témoignage de Jean-Vincent Placé, jeune sénateur écologiste médiatique.

   Moins connue est la charmante et hyperdiplômée Fleur Pellerin, récemment devenue "Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique". Tout comme pour Jean-Vincent Placé, sa promotion a fait la une de la presse sud-coréenne.

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(Elle est  à mon avis bien plus jolie comme cela qu'avec le maquillage et le rouge à lèvres voyant auxquels elle a recours depuis peu.)

lundi, 16 juillet 2012

Le barrage de Sarrans

   Le quotidien aveyronnais Centre Presse vient de lancer une série d'articles sur les grands barrages qui ont été construits jadis dans le département :

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   Dans le numéro de ce lundi, une double-page est consacrée au barrage de Sarrans. On peut y trouver un historique de la construction, plusieurs documents d'époque et d'autres informations. C'est richement illustré.

   Il est notamment question de la presqu'île de Laussac et d'une curiosité touristique : des chalets flottants, développés par Gérard Sol à Thérondels :

chalet-flottant.pdf

   On nous suggère une lecture, La Vallée noyée, les chantiers de Sarrans, d'Annick et Louis Le Bail :

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   Il a été publié par ces Cantaliens en 2011. Très agréable, imprimé sur papier glacé ("issu de forêts gérées durablement", nous précise-t-on en fin d'ouvrage), il regorge de documents. EDF a semble-t-il soutenu sa parution... et il se trouve que, depuis quelques années, l'entreprise semi-publique s'efforce d'améliorer son image, puisque l'exploitation des barrages est soumise à concurrence, le dernier groupe à s'être manifesté étant le finlandais Fortum.

dimanche, 15 juillet 2012

De nouveaux Aveyronnais décorés

   La nouvelle promotion de la Légion d'honneur (celle du 14 juillet 2012) contient son lot de "pipoles" et d'amis politiques de la nouvelle majorité... peut-être un peu moins qu'avant pour les premiers, mais ça se discute. Je vous laisse le soin de découvrir la liste des personnalités nationales dans l'article auquel mène le lien précédent. Je vais m'intéresser aux Aveyronnais.

   Depuis l'an dernier, je me suis mis à éplucher régulièrement la liste des promus. C'est ainsi qu'en janvier 2011 on trouvait le nom de Jean-Claude Luche (en compagnie notamment de Jean Laurens). Ce n'est que sept mois plus tard que la breloque lui fut remise, par l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, auquel il rendit en quelque sorte la politesse en lui offrant tout récemment la médaille du département.

   En avril 2011, c'était au tour d'un trio de vétérans de la politique aveyronnaise d'être distingués : Renée-Claude Coussergues, René Quatrefages et Bernard Seillier. De leur côté, la préfète de l'époque et Pierre Soulages montaient en grade.

   En juillet 2011, pour qu'il n'y ait pas de jaloux, Simone Anglade était à son tour nommée. La décoration ne lui fut remise qu'un an plus tard, là encore par Valéry Giscard d'Estaing.

   En janvier 2012, ce fut au tour des Lozériens de figurer sur la précieuse liste.

   Et aujourd'hui ? Un célèbre Aveyronnais de Paris, Philippe Meyer, est élevé au grade de commandeur, sur le contingent de la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti.

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   Le décret précise (page 2) qu'il était devenu officier en mars 2005, pendant le deuxième mandat de Jacques Chirac, alors que Jean-Pierre Raffarin était Premier ministre

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   ... sauf que... quand on consulte le Journal Officiel du 27 mars 2005, on ne trouve pas trace de Philippe Meyer ! Il a bien été élevé au grade d'officier, mais par un décret du 31 décembre 2004, paru au Journal Officiel du 1er janvier 2005. Il faut chercher loin dans la liste, dans le contingent du ministère de la Coopération et de la Francophonie (dont le titulaire était sauf erreur de ma part Xavier Darcos) :

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   C'est l'occasion d'apprendre que Philippe Meyer était devenu chevalier en 1996, au début du premier mandat de Jacques Chirac, Alain Juppé étant Premier ministre.

   En poursuivant ma lecture des décrets relatifs à la Légion d'honneur, je suis tombé sur d'autres Aveyronnais.

   Celui dont la notoriété est la plus grande est sans conteste Jacques Bernat (page 17), agriculteur retraité, qui fut président de la F.R.E.B. (Fédération Régionale des Eleveurs de Brebis) et président de la M.S.A. Tarn-Aveyron-Lot (dont le rapport 2006 contient un portrait du bonhomme, page 13). Il est bien évidemment nommé sur le contingent du ministère de l'Agriculture.

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   Un peu moins connue est Georgette Garric (page 10 du décret), ancienne présidente de l'U.D.A.F. (Union Départementale des Associations Familiales) :

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   Elle figure logiquement sur le contingent du ministère des Affaires sociales et de la Santé.

   Encore moins connue (sauf très localement) est Evelyne Roualdès (page 7 du décret), professeure des écoles, conseillère pédagogique de circonscription (sur Espalion). Comme les deux personnes précédentes, elle est nommée chevalier, mais sur le contingent du ministère de l'Education nationale.

   Pour terminer, à titre d'anecdote, signalons que le beau-frère de l'actuelle préfète de l'Aveyron, Philippe Pozzo di Borgo (dont le personnage a été interprété par François Cluzet dans le film Intouchables), a lui aussi été nommé chevalier, en raison de son action humanitaire en faveur des handicapés du Maroc. (Il est mentionné page 6 du décret.)

samedi, 14 juillet 2012

Un timbre sur Jeanne d'Arc

   Il a été édité à l'occasion du 600e anniversaire de la naissance (présumée) de la Pucelle, qui a fait couler beaucoup d'encre en janvier dernier, en raison des tentatives de récupération politique dont la jeune femme a fait l'objet.

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   Pour l'illustration, on s'est appuyé sur une enluminure (anonyme) du XVe siècle, peut-être réalisée du vivant même de Jeanne d'Arc (certains estiment qu'elle a été créée en 1430, soit un an avant le décès de la Pucelle).

   Le dessin représente Jeanne en armes, les cheveux apparemment non coupés. Sur l'oriflamme, on distingue (partiellement) la formule "Jesus Maria", à gauche, et les trois saints protecteurs (Catherine, Michel et Marguerite), à droite.

   Si vous avez fait attention au tarif, vous avez compris que ce timbre n'est pas destiné, a priori, à affranchir une lettre en France métropolitaine. La somme (77 centimes d'euro) correspond au tarif international.

   D'après La Nouvelle République du Centre-Ouest, c'est en 1929 que le premier timbre à l'effigie de Jeanne d'Arc fut imprimé, à la demande de la municipalité d'Orléans. (Un passionné a même créé un site sur le sujet.) Si l'on se fie à un site féministe, en 2012, ce serait la sixième fois qu'un timbre officiel rend hommage à la Pucelle.

   Le Vatican, qui a fini par la canoniser en 1920, n'est pas resté à l'écart de la commémoration, comme le prouve l'illustration suivante, trouvée sur le blog d'un philatéliste jurassien :

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vendredi, 13 juillet 2012

Starbuck

   Attention, le contenu ne correspond pas forcément à l'emballage ! Au départ, cette comédie a été présentée comme un ovni cinématographique, un truc osé et dérangeant. Il n'y a guère que le début qui prend le chemin de la comédie déjantée. La suite est un "objet gentil".

   Ce n'est cependant pas un mauvais film. La découverte par le héros de la vie de certains de ses 533 enfants (fruits de ses branlettes rémunérées) ne manque pas de saveur. On regarde avec attendrissement l'ado attardé devenir un père par procuration (il ne révèle pas sa véritable identité à ceux qu'il aide), plein de bonne volonté. On est ému par les scènes avec l'enfant handicapé, filmées avec tact.

   C'est parfois involontairement drôle, comme lors de ce week-end qui réunit une partie de sa progéniture. Une soirée s'achève autour du feu... à chanter du Roch Voisine !

   C'est cependant un peu trop tartiné de bons sentiments... avec un fond un brin misogyne, en plus. Seuls les personages masculins sont vraiment fouillés. Ils sont bien campés mais, en face, les femmes ne sont que des figures, qui n'existent que par ces hommes, les seuls à mener l'action. Je ne vous parle même pas de la fin, très consensuelle.

   Il faut voir ce film comme une nouvelle déclinaison nord-américaine de la comédie faussement rebelle. On passe un agréable moment, mais c'est très convenu.

   P.S.

   Le surnom du héros "Starbuck" (le pseudo sous lequel il s'est inscrit comme donneur de sperme) fait référence à un taureau, célèbre au Canada, dont la semence  fut jadis très recherchée.

   P.S. II

   En vous rendant sur le site dédié au film, vous pouvez tenter de savoir si vous êtes vous aussi l'un des enfants de Starbuck... et laisser votre trace sur le mur !

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20:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

jeudi, 12 juillet 2012

"Nique ta mère"... en Chine

   Cet été, France Inter propose, en fin d'après-midi (approximativement de 17h à 18h), une émission très intéressante : "Le monde sur un plateau". Je n'ai pas forcément l'occasion de l'écouter en direct. Heureusement, le site de la radio est très bien fichu, permettant de télécharger ou de réécouter un programme longtemps après sa diffusion.

   Trois pays vont successivement faire l'objet de reportages : la Chine, les Etats-Unis et la Russie. Actuellement, il est question de "l'empire du milieu". J'ai récemment écouté l'émission du 4 juillet, consacrée à internet. Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre ceci :




   C'est l'illustration de l'un des moyens utilisés pour contourner la censure. A l'image des chansonniers français, friands de calembours (plus ou moins graveleux), certains internautes jouent sur l'homophonie ou le double sens de certains mots. Le procédé a donné naissance à des vidéos (certaines parodiant les documentaires animaliers), dont le héros est Caonima, littéralement "cheval de l'herbe et de boue" (une sorte d'alpaga), dont le nom chinois signifie aussi "nique ta mère" !

   Dessins animés mis à part, il y a un petit côté South Park dans cette production irrévérencieuse.

mercredi, 11 juillet 2012

L'affaire DSK traitée par "New York Unité Spéciale"

   L'épisode (annoncé l'an dernier) a enfin été diffusé en France, sur TF1, mardi soir. Il a pour titre Terre brûlée. Attention toutefois : les auteurs ont pris beaucoup de précautions pour qu'on ne les accuse pas d'exploiter l'affaire DSK. Cela commence par un carton placé en tout début de film :

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   L'accusé n'est plus français, mais italien. (Mais c'est un rival sérieux du principal dirigeant de son pays, auquel il attribue la responsabilité de ses malheurs. Le président du Conseil Berlusconi  a ici remplacé le président de la République Sarkozy, jusque dans le mythe du complot.) La victime présumée n'est plus guinéenne, mais soudanaise. Pour bien enfoncer le clou, lorsque la (charmante) substitut du procureur, Alex Cabot, débarque au commissariat, elle demande s'il s'agit d'une "nouvelle affaire DSK"...






    ... comme pour bien souligner que, dans cet épisode, il s'agit d'autre chose. Du coup, même si l'histoire a été visiblement plaquée sur le fait divers qui a défrayé la chronique, une série de détails est chargée de marquer la différence : le diplomate a oublié son ordinateur à l'hôtel (DSK y a perdu l'un de ses téléphones portables), la femme de chambre a recraché le sperme dans le lavabo (Nafissatou Diallo l'avait fait sur la moquette) etc. Notons que l'actrice qui incarne la plaignante est très petite, contrairement à la personne qui a inspiré le rôle.

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   Nous n'échappons pas à certains moments incontournables, comme la sortie médiatisée du commissariat, sous les flashs des photographes :

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   L'épisode nous fait bien suivre la procédure judiciaire et la progressive décrédibilisation de la victime présumée, principal argument de la défense. L'avocat, très habile, a été engagé par l'épouse de l'accusé, qui s'affiche à ses côtés (et devant les caméras), aimante et solidaire :

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   La coupe de cheveux de l'épouse a incontestablement été "travaillée" de manière à ressembler à celle d'Anne Sinclair.

   Je vous laisse découvrir la conclusion de l'histoire, assez originale... et ma fois très habile sur le fond.

mardi, 10 juillet 2012

Formose

   C'est le titre d'un roman graphique signé Li-Chin Lin, qui partage sa vie entre la France et Taïwan, où elle est née. Il s'agit donc d'une oeuvre autobiographique.

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   L'histoire de l'ancienne Formose est vue aux travers des yeux de l'enfant puis de l'adolescente qu'elle fut. Petite, elle est une sorte de Mafalda chinoise. On peut se faire une idée du style (bourré d'humour) de la dessinatrice grâce à l'extrait mis en ligne par les éditions çà et là.

   L'auteure a l'honnêteté de se décrire comme une enfant docile, très perméable à la propagande du régime fondé par Chiang Kai-Shek. Elle n'en dénonce pas moins les crimes et la corruption.

   On découvre aussi des aspects méconnus de l'histoire de la civilisation taïwanaise, comme le plurilinguisme, à l'image des origines métissées de la population :

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   Les langues locales, parlées par la population la plus âgée et les ruraux, sont méprisées par les médias officiels, au profit du mandarin. L'anglais jouit aussi d'une bonne image, au contraire du japonais, parlé encore par les grands-parents : c'est la langue de l'ancien colonisateur... qui a peut-être été moins cruel que les Chinois continentaux qui ont débarqué en 1949, ceux qu'on appelle waï shen ren, et qui ont longtemps dominé la vie politique de ce petit Etat.

   L'auteure nous conte son adhésion juvénile aux idéaux du régime, son côté bon élève même. Très intéressant est le récit de son basculement et de sa découverte des aspects les plus sombres de la dictature. C'est le moment où la culture de sa famille, originaire du sud rural de l'île, acquiert une plus grande importance à ses yeux.

   La description du système scolaire local mérite aussi le détour, tant l'auteure sait allier l'ironie mordante à la lucidité sur son propre cas. D'un point de vue graphique, elle sait sortir du cadre pour donner plus d'ampleur et d'originalité à son dessin. Les vignettes "classiques" n'en sont pas moins ouvragées, souvent inventives :

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   Ce livre vaut aussi par la manière dont les événements du printemps de Pékin sont décrits, vus de Taïwan. On comprend aussi mieux les arcanes de la politique contemporaine de l'île, notamment l'apparition d'un tiers-parti et les ressorts des dernières élections présidentielles. (Il faut néanmoins signaler une erreur, à propos de Sun Yat-Sen, qui n'a pas pu être chassé de Chine par Mao en 1949, puisqu'il est mort en 1925...)

   La jeune femme achève son déniaisement en Europe, où elle découvre que les démocraties qu'elle tient pour des modèles infaillibles sont loin d'être parfaite. Elle en fait l'expérience cruelle en Suisse.

   Bref, c'est drôle, inventif et très instructif.

   P.S.

   On peut entendre la dessinatrice, interrogée sur Le Mouv' lors de la sortie de son livre, le mois suivant sur France Inter.

00:40 Publié dans Chine, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bd, livre, fille, culture

dimanche, 08 juillet 2012

Choses entendues

   Ce samedi, je suis passé par une grande surface locale pour compléter mes provisions du ouique-hennede. Après avoir réglé mes achats en caisse, je suis repassé par l'accueil du magasin, pour récupérer le sac que j'y avais laissé. L'employée était en train de nettoyer le comptoir. Elle n'a pas paru remarquer ma présence, dans un premier temps. C'est alors qu'une de ses collègues est arrivée, en provenance des rayons. Voici ce que j'ai entendu :

- Alors, tu as vu la cliente ?

- Oui, elle est venue. J'ai regardé... mais je n'ai rien dit.

- ?

- Elle m'a donné l'épilateur... mais j'ai bien vu qu'il y avait plein de poils après !

 

   Sur ce, j'ai pu récupérer mon sac. Je suis rentré chez moi, plein d'entrain à l'idée de préparer le repas !

samedi, 07 juillet 2012

Les Femmes du bus 678

   Le Caire est une ville très peuplée (une mégapole), très étendue, dont la grande majorité des habitants tire le diable par la queue. Ils sont donc nombreux à avoir deux emplois et, pour leurs déplacements, ils privilégient le bus, moins cher que le taxi... et que la voiture qu'ils ne possèdent pas. Le problème est que, dans les bus, l'entassement des passagers favorise le harcèlement des femmes par des vicieux qui se baladent avec un petit citron dans la poche.

   Le réalisateur a choisi ce biais pour traiter du harcèlement sexuel en Egypte. Il fait s'entrecroiser trois histoires et trois femmes : une grande bourgeoise (Seba), qui gère sa boutique, une "djeunse", un peu rebelle (Nelly), issue de la classe moyenne et une traditionnaliste (Fayza), aux origines plus modestes.

   Cette dernière ne sait plus comment faire pour éviter les attouchements dans le bus. Le taxi coûte trop cher... et les harceleurs ne se découragent pas facilement. Ajoutez à cela le manque de communication dans son couple et les tabous sur sexualité (autres sujets importants du film), et vous comprendrez que Fayza en ait été conduite à prendre les grands moyens : un couteau.

   Elle a été inspirée par Seba, qu'elle a vue à la télévision et qui anime un atelier pour les femmes harcelées. On finit par apprendre qu'elle-même a été violemment agressée, à l'issue d'un match de football, à l'image de ce qu'ont subi des journalistes occidentales lors de la révolution égyptienne. (Au cours du tournage de cette scène, l'actrice a failli subir le même sort, ainsi qu'on l'apprend sur le site Allociné.) Notons qu'ici, l'action se passe sous le gouvernement d'Hosni Moubarak : on voit son portrait dans le poste de police où Nelly va porter plainte, après avoir été agressée en pleine rue.

   Dans la première moitié du film, les histoires se croisent : lorsque Fayza sort précipitamment du bus où elle vient encore de se faire tripoter, elle atterrit devant le capot de la luxueuse voiture du mari de Seba, sur une place autour de laquelle se trouvent des logements avec balcon, l'un d'entre eux étant occupé par Nelly et Omar, en pleine discussion sur sa plainte. D'ailleurs, lorsque celle-ci a témoigné de son agression à la télévision, l'auditrice qui a appelé (sous un pseudonyme) pour la soutenir n'était autre que Fayza.

   La deuxième partie du film voit les femmes unir leurs forces, puis se déchirer, à l'image de la société égyptienne. On a aussi un bon aperçu des pressions qui sont exercées sur elles pour préserver "l'honneur de la famille"...

   Notons que les hommes ne sont pas tous montrés comme étant de gros beaufs. Omar, le petit copain de Nelly, est un type bien... et que dire d'Essam, l'enquêteur, tout en rondeurs ! C'est un peu un mélange du capitaine Dobey et de l'inspecteur Derrick... Il est malin, avance à son rythme et va résoudre cette étrange histoire d'hommes blessés à l'entrejambe.

   C'est l'un des talents de ce film : introduire de la comédie dans un sujet grave. Il y a bien quelques facilités ici et là, un peu trop d'emphase parfois, mais cela reste un très bon film, engagé et riche de sens.

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jeudi, 05 juillet 2012

Miss Bala

   Ce petit film mexicain ne fait pas trop parler de lui, et pourtant... Il nous offre une plongée dans la violence endémique qui ronge le pays, lui associant un portrait social qui tente de s'éloigner des clichés. C'est un peu une version mexicaine du Traffic de Soderbergh.

   Cette "miss Beauté" de Basse-Californie est d'origine modeste. Pas vilaine (et un peu rêveuse), elle pense qu'un concours de mannequin va la sortir de l'ornière. Mais sa vie bascule la veille du début de l'entraînement, parce qu'elle a suivi sa meilleure amie dans une soirée qui s'est très mal terminée. La violence intervient donc assez tôt dans le film, mais elle est filmée de manière indirecte, à travers les conséquences qu'elle a sur le personnage principal.

   La suite met plutôt en scène la montée de la tension psychologique. Laura Guerrero a survécu grâce à sa ténacité... mais le chef du cartel de la drogue s'est entiché d'elle. Qu'est-elle prête à faire pour survivre ? Qu'est devenue son amie ? A partir de là, cette innocente jeune femme se retrouve prise dans un engrenage, qui la fait passer de victime à complice des criminels. On la découvre finalement assez futée et entêtée.

   Les forces de l'ordre ne sont pas toujours à leur avantage. Du point de vue des "Mexicains d'en-bas", c'est une troupe coercitive comme une autre. Certains policiers travaillent même en douce pour les trafiquants de drogue... et les relations entre les hommes de pouvoir, les militaires et les riches délinquants ne sont pas très claires, c'est le moins que l'on puisse dire.

   Du côté de l'héroïne, on est assez surpris de la voir passer habilement entre les gouttes. Elle profite du fait que le chef du cartel n'est pas complètement abruti... et qu'il pense pouvoir l'utiliser à sa guise.

   La violence physique ressurgit dans la dernière demi-heure, qui se conclut de manière assez surprenante.

   C'est un film fort, porté par son interprète principale (Stephanie Sigman, inconnue au bataillon) et qui évite (en général) les effets faciles.

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mercredi, 04 juillet 2012

The Dictator (Le Dictateur)

   Les critiques (professionnels) ont été en général très réservés sur le nouveau film produit par Sacha Baron Cohen (après l'excellent Borat et le décevant Brüno). Il faut dire que notre moraliste du XXIe siècle n'y va pas avec le dos de la cuillère... plutôt à la truelle et à la bétonnière !

   Il dénonce les travers de certains de ses contemporains, en s'appuyant non pas sur un type sympa, mais sur un personnage extrêmement contestable, mélange de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi (avec un chouïa de Hafez el-Assad et d'autres potentats, plutôt africains). Ses films posent donc la question de l'identification au personnage principal, le "héros", qui est aussi (et surtout) un enfoiré.

   On peut déjà apprécier la satire des tyrans proche-orientaux et africains : le général Aladeen est un crétin infantile... souvent ridicule donc. Il allonge un max de fric pour pouvoir profiter (brièvement : apparemment, le petit membre du monsieur balance vite la purée...) du corps de jolies femmes... non, pas des prostituées, plutôt des mannequins ou actrices connues. (J'adore le moment où l'on découvre l'éventail de ses "conquêtes".) L'une des scènes est clairement une vacherie à destination de Naomi Campbell.

   C'est là où le projet du film est le plus visible : s'appuyer sur ce dictateur pour mettre à jour les turpitudes de ses contemporains.

   Les contestataires "droits-de-l-hommistes" gauchisants en prennent aussi pour leur grade. La manière dont la foule, à New York, adopte les slogans du vrai dictateur (qui a perdu sa barbe dans des circonstances que je vous laisse découvrir) est très drôle.

   Le personnage féminin principal, incarné par une égérie des comédies lourdingues (Anna Faris, très à l'aise pour jouer les idiotes dans Scary Movie et Smiley Face, par exemple), "déguste" aussi : elle est souvent à côté de la plaque, s'habille comme une souillon, ne se rase pas les aisselles... mais elle joue un rôle non négligeable dans cette aventure. Voici donc la misogynie globale (l'image des femmes n'est guère reluisante dans les films produits par SB Cohen) atténuée par une figure sympathique.

   Le portrait de la boutique bio de l'héroïne est très acide. Aladeen va y mettre bon ordre, faisant bosser les salariés lymphatiques, luttant contre la fraude (un comble, pour l'ex-dictateur !), s'occupant des clients mal élevés... Au départ, il fait tout cela pour récupérer son pouvoir. Mais il finit par éprouver un tendre sentiment pour l'idéaliste humaniste... d'autant plus que celle-ci le sort de tous ses mauvais pas, comme cette excursion en hélicoptère (en compagnie d'un ingénieur atomique... et d'un couple d'Américains moyens) qui se finit au poste de police.

   On appréciera aussi le tableau du petit monde des opposants en exil. Aladeen le découvre à l'occasion d'un passage dans un bar ethnique. Il finit par comprendre que tous ceux dont il a commandé l'exécution sont là... y compris la vache ! La séquence est franchement hilarante.

   Politiquement, le film est engagé. Pas tellement en faveur de la démocratie, finalement soutenue parce qu'elle permet l'amour véritable : le dictateur fait l'expérience d'une femme qui l'embrasse de sa propre initiative et non pas parce que son père est attaché au radiateur dans la pièce d'à côté ! L'auteur s'en prend aux puissants, chinois inclus (ils rachètent l'Amérique... et se font faire des gâteries !), dans un portrait au vitriol, sans nuances. Et quelle magnifique tirade d'Aladeen, vantant les mérites de la dictature aux Américains, leur expliquant tout ce qu'elle permet de faire... sans réaliser évidemment que les Américains n'ont pas besoin d'une dictature pour arriver à ces résultats !

   Les jeunes (et les grands enfants) goûteront l'humour pipi-caca, de la carafe d'urine à la tribune de l'O.N.U. à l'expulsion d'un méga-étron en altitude. Dans le genre très con, on a aussi le sosie du dictateur, encore plus stupide que lui... si, c'est possible !... et quelle intervention miraculeuse à la fin du film ! Tordante !

   Mais les deux scènes d'anthologie sont sans conteste la découverte de la masturbation par le héros (avec l'aide de sa patronne, très pédagogue) et l'accouchement pratiqué par lui et sa nouvelle amie, dans la boutique, avec vues de l'intérieur du vagin en prime ! J'A-DORE !

19:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film