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dimanche, 30 août 2015

"Paris Match" du 27 août

   Je ne suis pas un lecteur régulier de cet hebdomadaire, mais je reconnais qu'à certaines occasions, j'aime me plonger dans ses photoreportages, en général de qualité quand ils traitent de l'actualité. Le numéro sorti jeudi est principalement consacré à l'attentat déjoué du Thalys :

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   Sans surprise (comme je l'ai remarqué la semaine dernière), on retrouve les trois jeunes héros, légion d'honneur et drapeaux au polo... et l'oreillette discrète, comme on peut le voir sur la photographie prise avec le président de la République :

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   Le journal revient sur l'enfance et l'adolescence du trio, issu de familles qualifiées de conservatrices (c'est-à-dire très croyantes, pro-gun et patriotes). Ils sont devenus très tôt amis, lorsqu'ils se trouvaient dans une école privée religieuse de Californie, la Freedom Christian School.  L'étudiant Anthony Sadler (dont le père est pasteur) s'est même fait tatouer "Je vis pour Dieu, pas pour moi-même" sur le haut du torse.

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   Notons qu'à l'époque, le futur colosse Spencer Stone est un petit "boulot" qui, à l'adolescence, va se mettre à écouter surtout du rap et du R'N'B. (Le site de l'hebdomadaire propose un diaporama très intéressant.)

   C'est fou d'ailleurs comme leur profil n'est finalement pas si éloigné que cela de celui du terroriste, Ayoub el-Khazzani, dont l'imprégnation religieuse ne semble pas avoir structuré la personnalité. Elle l'a plutôt porté à des actes extrêmes. Au Maroc, la famille ne comprend pas son geste. On nous le présente comme un bon petit gars, pas particulièrement chanceux dans la vie et qui est sans doute tombé sous la coupe de types pas recommandables. Mouais... Retenons qu'il a quitté l'école très tôt (à onze ans !) et qu'il s'est adonné au trafic de stupéfiants. Notons aussi la facilité avec laquelle lui et d'autres membres de sa famille ont pu s'installer en Europe...

   Paris Match met l'accent sur la personnalité d'un autre héros du jour, l'universitaire Mark Mooligan, qui avait réussi à s'emparer de la kalachnikov du terroriste, avant d'être sérieusement blessé. Les événements nous sont racontés de son point de vue et de celui de son épouse, avec, en illustration (outre les photos), une infographie des wagons concernés. A cette occasion, j'ai appris que deux autres personnes ont joué un rôle bénéfique dans le Thalys, deux employés de la SNCF. On pourra regretter que le "huitième homme", le jeune Français qui souhaite rester anonyme, soit désigné par son prénom et l'initiale de son nom de famille...

   Une double-page est aussi consacrée au cas Jean-Hugues Anglade, qui a suscité pas mal de moqueries pour sa blessure anecdotique. L'hebdomadaire est particulièrement bien renseigné sur son cas parce que la compagne de l'acteur travaille... pour Paris Match, auquel elle livre ses impressions !

   Ce numéro contient d'autres reportages qui méritent le détour. Il y a l'inévitable sujet sur les migrants coincés dans les Balkans, qui s'intéresse plus particulièrement aux Syriens. Un peu plus loin, un passionnant papier est consacré à une gigantesque mine d'or d'altitude, située au Pérou, dans la ville de La Rinconada.

   Je conseille aussi le mini-dossier consacré au Panthéon, qui évoque aussi bien sa construction, les principales "entrées" que les travaux en cours pour restaurer le bâtiment. Plus étonnant, au détour d'une page, on nous propose un article sur Ronda Rousey, une ancienne judoka qui s'est reconvertie dans les arts martiaux mixtes (démonstration ici)... article illustré par une photographie qui ne laisse rien ignorer de l'étendue de l'épilation pratiquée par la demoiselle...

   A ce sujet "sportif" succèdent des papiers plus intellos, l'un étant consacré à un dispositif permettant de capter le dioxyde de carbone, inventé par un physicien allemand. On peut terminer par la lecture d'un hommage à Khaled al-Assaad, l'ancien gardien des antiquités de Palmyre. Il est bien évidemment question des destructions opérées par les barbares de Daech, ainsi que du commerce illicite de ce genre de marchandises.

   Finalement, entre deux articles sur les "pipoles", on peut trouver son bonheur dans ce numéro assez bien conçu.

samedi, 29 août 2015

Le dais de Charles VII

   Il en a été question le 12 août dernier, dans l'une des chroniques de la série "La Visite au Louvre", diffusée cet été le matin sur France Culture. Je ne l'ai découverte que tardivement. Le principe était de mettre l'accent sur un objet méconnu ou récemment restauré appartenant aux collections de ce fabuleux musée.

   Intitulée "Dais pour un trône de Charles VII", l'émission du 12 août évoque bien évidemment l'épopée de Jeanne d'Arc et le sacre de celui qu'on n'appelait auparavant que le dauphin.

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   Le commentaire d'Adrien Goetz aborde la forme de la couronne royale et la présence du symbole solaire, emblème du souverain bien avant Louis XIV. Il évoque aussi le relatif oubli dans lequel cette tapisserie a été tenue, à tel point d'ailleurs que les représentations du XIXe siècle sont inexactes à son sujet.

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   La plus célèbre est sans doute le tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres, visible lui aussi au Louvre. Vous remarquerez que le dais, visible derrière Jeanne d'Arc, est recouvert uniquement de fleurs de lys.

   Une autre représentation connue est celle qui figure sur l'une des fresques de la basilique de Domremy-la-Pucelle :

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      Du dais on ne distingue que la couleur rouge. Il ne semble pas que l'auteur (Lionel Royer) soit allé jusqu'à en peindre les détails. Notons que les fleurs de lys sont bien présentes, mais sur les tapis de sol (comme chez Ingres, d'ailleurs).

   Cette absence de symbole solaire peut tout aussi bien être due à l'ignorance qu'à la réticence d'attribuer un emblème aussi positif à un roi qui, au XIXe siècle, était réputé faible voire ingrat, ayant abandonné à son sort la jeune femme à qui il devait tout.

vendredi, 28 août 2015

Une pièce allemande

   Décidément, cet été aura été riche en découvertes numismatiques. Aujourd'hui, c'est une pièce (toujours de deux euros) d'outre-Rhin qui a atterri dans mon porte-monnaie :

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   Elle n'est pas en très bon état. Cela n'est guère étonnant, puisqu'elle a été mise en circulation en 2008 (alors qu'il y a une dizaine de jours, j'en ai trouvé une de 2015 et avant-hier une de 2014). Je n'ose imaginer le nombre de "palpations" qu'elle a dû subir...

   Sur l'avers figure l'église Saint-Michel de Hambourg. On notera l'expression utilisée pour désigner l'Allemagne : "Bundesrepublik Deutschland", c'est-à-dire RFA (République fédérale d'Allemagne). En effet, contrairement à une idée reçue, la réunification allemande (en 1990) n'a pas eu pour conséquence la disparition des deux Etats allemands nés de la Guerre Froide. Seule la RDA (République démocratique allemande, communiste) a été supprimée.. et intégrée à la RFA, sous la forme de Länder supplémentaires.

   La tranche de la pièce mérite aussi d'être observée. On peut y lire la devise suivante : "EINIGKEIT UND RECHT UND FREIHEIT" Elle est extraite du troisième couplet du Chant des Allemands, dont les paroles sont désormais celles de l'hymne national.

mercredi, 26 août 2015

Une pièce qui a fait du chemin

   L'été est propice aux échanges de pièces de monnaie. Cette fois-ci, c'est à une caisse automatique que je dois ma découverte. Parmi la monnaie qu'elle m'a rendue se trouvaient deux pièces de deux euros, auxquelles je n'ai tout d'abord pas prêté attention, contrairement à mon habitude. C'est en allant ensuite acheter le journal que je jetai un oeil sur le contenu de mon porte-monnaie. L'une des deux pièces a attiré mon regard :

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   Il s'agit d'une pièce lettone, mise en circulation en 2014, année de l'entrée officielle du pays dans la zone euro. Elle a donc mis un peu plus de temps à me parvenir que la pièce estonienne que j'avais récupérée en septembre 2011, moins d'un an après sa création.

   Sur l'avers de la monnaie de 2014 est représentée une allégorie de la Lettonie, une femme couronnée (allusion à la souveraineté, c'est une sorte de Marianne balte) et tenant une gerbe de blé. Notons que sur la tranche a été gravée la  formule suivante : "DVIEUS SVETI LATVIJU" (Que Dieu bénisse la Lettonie.) D'habitude, cette partie de la pièce comporte des éléments plus classiques, comme "2" et "e" sur celle que j'ai trouvée il y a deux semaines.

 

lundi, 24 août 2015

Des épinglettes sur des polos

   Certains esprits chagrins ont regretté que l'étudiant et les deux militaires états-uniens qui viennent d'être décorés de la légion d'honneur par François Hollande se soient présentés à la cérémonie en polos. Certes, dans l'absolu, un peu plus de formalisme aurait été préférable, mais il ne faut pas oublier que les jeunes hommes étaient en vacances en Europe et qu'ils ne devaient sans doute pas avoir de costume dans leur valise.

   De plus, la cérémonie étant organisée très peu de temps après leur acte de bravoure, un peu au débotté, ils n'ont peut-être pas eu l'occasion de s'occuper de leur tenue. On notera toutefois que l'homme d'affaires britannique (qui leur a donné un coup de main dans le train) est lui venu en costume-cravate (comme on peut le constater sur la dernière image de ce billet).

   Bien que précipitée, cette cérémonie reste dans le cadre de ce qui est prévu par le règlement de la légion d'honneur. Si les étrangers ne peuvent pas être membres de l'ordre, ils peuvent être décorés, s'ils ont rendu des services à la France ou s'ils soutiennent les causes qu'elle défend.

   Mais c'est un autre détail qui a attiré mon attention. Il convient de regarder attentivement les photographies qui ont été publiées, par exemple dans Centre Presse :

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   Sur le côté droit de leur poitrine, les trois jeunes hommes ont épinglé un curieux objet... en fait deux curieux objets, que l'on distingue mieux sur d'autres photographies, comme celle publié dans Le Dauphiné libéré :

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   Il s'agit de deux épinglettes, l'une représentant le drapeau des Etats-Unis, l'autre celui de la France. C'est une délicate attention, qui vaut bien tous les costumes !

   Poursuivons par un point linguistique. Comme les trois jeunes hommes ne parlent pas français, on a recouru à la technologie au moment de la cérémonie :

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   Comme on peut le voir sur cette photographie publiée par le site belge Sudinfo, l'étudiant Anthony Sadler porte un dispositif à l'oreille droite, grâce auquel il entend sans doute une traduction des propos du président de la République. Cela explique qu'en ce lieu, les vues des trois héros aient été souvent prises côté gauche, afin de masquer la présence des oreillettes.

   Pour que le bonheur soit complet, il manquait une personne : le jeune Français de 28 ans, qui a épaulé les quatre autres hommes, mais qui a tenu à rester anonyme... à tel point d'ailleurs que sur le coussin prévu pour la cérémonie ne se trouvaient que quatre décorations (avec les noms des récipiendaires). Soit le jeune homme a quelque chose à se reprocher, soit (hypothèse plus vraisemblable), il veut éviter d'être l'objet d'un acte de vengeance de le part des islamo-fascistes terrés dans notre pays.

samedi, 22 août 2015

Antigang

   C'est un polar grand public "à la française" (même si l'on sent l'influence de certains films d'action américains), avec des mecs burnés, des femmes bien roulées, des grosses bagnoles qui roulent vite et des armes qui font beaucoup de bruit et d'étincelles.

   La première séquence nous présente la fine équipe que nous allons suivre pendant 1h30. C'est une bande de flics un peu borderline, mais très efficace. Ils réussissent d'ailleurs leur interpellation, que l'on suit en temps réel.

   On s'attache d'autant plus aux personnages qu'ils sont incarnés par une brochette de seconds rôles talentueux. On peut citer le "chien fou" Alban Lenoir (qui vient de s'illustrer dans Un Français), Sébastien Lalanne, Oumar Diaw, mais aussi Caterina Murino, Sabrina Ouazani, Thierry Neuvic et Féodor Atkine. Paradoxalement, c'est la tête d'affiche Jean Reno qui "assure" le moins. Il est visiblement un peu vieux pour le rôle et ne fait pas preuve d'un extraordinaire dynamisme, un peu à l'image de l'impression qu'il m'a laissée lors de son passage au journal de 20 heures de TF1. Comme la troupe d'acteurs qui l'entoure est bonne, cela fonctionne, d'autant plus que les dialogues sont bien écrits. Les petites pointes d'humour, introduites à intervalle régulier, sont les bienvenues.

   L'autre qualité du film est sa réalisation. On attendait de voir ce qu'allaient donner les scènes d'action... et cela vaut le détour. De manière peut-être plus surprenante, Benjamin Rocher réussit aussi très bien certaines scènes de transition. Il recourt volontiers aux gros plans, certains d'entre eux étant particulièrement soignés.

   Dans la première partie de l'histoire, c'est le réalisme qui l'emporte. Policiers comme délinquants ne tuent pas à tout va, d'abord parce qu'ils ne font pas mouche à chaque tir... comme dans la vraie vie. Résultat : les interpellations se traduisent par des bagarres, des coups, des dégâts matériels, rarement des morts. Cela n'en est pas moins spectaculaire.

   Cela bascule à partir du décès de l'un des personnages, un peu théâtral. Cela tourne ensuite au règlement de comptes, toujours aussi spectaculaire, mais avec quelques facilités scénaristiques, culminant dans une invraisemblable fusillade. Si l'on supporte ces faiblesses, on passe quand même un bon moment.

22:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 20 août 2015

Plein les poumons !

   Les automobilistes et les habitants du Grand Rodez qui passent à proximité l'ont sans doute remarqué : le centre commercial "La Porte de Rodez" fait actuellement peau neuve... ou plutôt peinture neuve. Je me suis trouvé dans les parages en toute fin de matinée et en début d'après-midi.

   A priori, il n'y a là rien d'extraordinaire, en tout cas rien qui justifie la rédaction d'un billet. Sauf que... mon regard a été attiré par ce que faisaient les employés. Côté ouest, deux d'entre eux peignaient en blanc, avec rouleaux et pinceaux, à côté du "drive". Côté nord (à proximité de l'une des entrées principales), un autre employé s'occupait de finitions (rouges), lui aussi au rouleau. Par contre, côté est, c'est au pulvérisateur que la peinture était appliquée, en hauteur :

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   Même si l'image n'est pas de grande qualité, je peux vous assurer que la personne n'est pas en train de passer un coup de Kärcher. Regardez bien le sommet de la paroi : il est déjà couvert d'une peinture plus sombre et pimpante que le reste.

   L'utilisation de ce dispositif n'est pas illégale. De plus, au sol, un périmètre de sécurité (de quelques mètres) avait été établi. Mais je peux vous garantir qu'au-delà de dix mètres, on sentait encore l'odeur de la peinture.

   C'est dire ce qu'il devait en être sur la nacelle ! Et pourtant, l'employé (j'ai du mal à croire qu'il s'agisse du patron) ne porte aucune protection : ni masque ni gants, encore moins une combinaison spéciale. (On est loin de ce que préconise le site du ministère du travail...) Son visage comme ses avant-bras ont dû "déguster", tout comme ses voies respiratoires et digestives.

   P.S.

   Il me semble avoir aperçu de jeunes pompiers à proximité du lieu des travaux. Sont-ils allés voir ce qui s'y passait ? Ont-ils fait quelques remarques au peintre ? Mystère.

La Femme au tableau

   Inspiré d'une histoire vraie, ce film de Simon Curtis (auquel on doit My Week with Marilyn) raconte le combat d'une Américaine âgée (juive, d'origine autrichienne) pour tenter de récupérer une toile de Gustav Klimt, un célèbre portrait de sa propre tante, que les nazis ont jadis volé à sa famille. Le début rend hommage au travail de l'artiste, que l'on montre en train de construire son oeuvre :

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   A nous Frenchies, l'intrigue rappelle celle de L'Antiquaire, d'autant plus que les deux films alternent images contemporaines et images du passé. Nos amis anglo-saxons ont dû plutôt faire le lien avec Monuments Men.

   Le premier atout de ce film est la qualité de l'interprétation. Helen Mirren (l'inoubliable Elizabeth II de The Queen) est impeccable. Ryan Reynolds (que l'on peut encore voir dans Renaissances) est une fois de plus au niveau, en jeune avocat balourd qui va progressivement prendre de la bouteille. Il ne faut pas oublier non plus les seconds rôles, avec Daniel Brühl, Katie Holmes, Charles Dance, Antje Traue.

   J'ai même trouvé les acteurs germanophones meilleurs que les anglophones. C'est peut-être l'effet du doublage partiel. Dans la version française, on a laissé tels quels les dialogues en allemand. Cela donne plus de poids aux scènes des années 1920-1930, de surcroît très bien filmées.

   Cela reste néanmoins très américain, parce que c'est une histoire de procès. Les tribunaux sont présentés comme un moyen de faire régner la justice... à condition d'être très opiniâtre... et un brin chanceux. De plus, comme l'histoire qui nous est contée n'est pas très connue, cela prend des airs de polar, avec en toile de fond une Autriche qui, à la fin des années 1990, refoulait encore partiellement son passé nazi.

   La relation quasi maternelle qui se noue entre les deux héros est un autre intérêt du film. Ce compagnonnage forcé ne va pas de soi, entre une vieille femme au départ surtout attachée à sa tranquillité et un jeune homme qui souhaite faire sa place dans un prestigieux cabinet juridique. Tous deux vont évoluer, parfois de manière inattendue. Cela m'a un peu rappelé le duo formé par Judi Dench et Steve Cogan, dans l'excellent Philomena.

   Bref, j'ai aimé et je recommande chaudement !

mercredi, 19 août 2015

Mission : impossible 5 - Rogue Nation

   Trois ans et demi après Protocole fantôme, l'agent Ethan Hunt est de retour... pour assister à la suppression de Mission Impossible ! Dans le rôle, Tom Cruise ne vieillit pas ; il semble même rajeunir. Et vive les retouches numériques ! Le tout est orchestré par Christopher McQuarrie, à qui l'on doit notamment le scénario de Edge of tomorrow.

   On est saisi dès le début par une superbe séquence dont on a eu un avant-goût dans la bande-annonce. Au centre de l'action se trouve un gros aéroporteur. On finit par découvrir qu'il s'agit d'un A400M, ce qui explique qu'au coeur du générique de fin, des remerciements soient adressés à Airbus Defence and Space.

   D'autres scènes d'action très réussies rythment la suite, notamment des poursuites, en voiture et à moto. A cela s'ajoutent les effets spéciaux, judicieusement utilisés pour mettre en scène certains gadgets de haute technologie (je pense notamment à un portable ultrafin pliable, maquillé en programme d'opéra, dans l'une des plus belles séquences du film). Le tableau serait incomplet sans quelques bastons bien chorégraphiées. Il y a parfois de la grâce dans ces bagarres, là où tant de films se contentent d'étaler la testostérone.

   Si grâce il y a, c'est aussi en raison du jeu d'une excellente actrice, Rebecca Ferguson, qui incarne la "diabolique" Ilsa Faust, aussi sensuelle que redoutable :

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   L'actrice a tellement de présence à l'écran qu'elle finit par voler la vedette à Tom Cruise, dont le personnage tout d'un bloc est moins intéressant à suivre que celui de l'(ancienne ?) espionne britannique, dont on ne sait jamais quel est le fond de la pensée.

   Je profite de l'occasion pour calmer les ardeurs de ceux qui imaginent qu'une idylle va naître entre les deux héros. Alors qu'il existe une évidente attirance entre eux et qu'à plusieurs reprises, leurs corps se frôlent voire se touchent (y compris dans des positions équivoques), leur relation reste platonique, sans que le moindre bisou ne soit échangé. Et pourtant, Dieu sait qu'à certaines occasions, la posture ou la tenue de la charmante jeune femme a de quoi faire affluer le sang de l'agent Hunt ailleurs que dans son cerveau ou dans ses muscles...

   Bilan ? Plus de deux heures d'évasion, suivant une intrigue correctement écrite et émaillée d'humour. Je recommande tout particulièrement la séquence qui se déroule dans le salon d'une magnifique demeure, en présence du Premier ministre britannique.

   Cerise sur le gâteau : la musique est entraînante et les seconds rôles "assurent". Cela ne va pas révolutionner l'art cinématographique, mais on passe un sacré bon moment.

20:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 18 août 2015

Une nouvelle pièce commémorative

   Cette fois-ci, ce n'est pas un brocanteur du dimanche, mais une employée d'un restaurant ruthénois, qui m'a permis de faire une trouvaille... et il s'agit encore d'une pièce de deux euros !

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Avers 2.JPG

   Le "RF" présent sur l'avers indique qu'elle a été imprimée en France (à Pessac, comme la babiole monégasque qui m'est tombée dans le porte-monnaie il y a une dizaine de jours). La colombe est bien évidemment une allégorie de la paix, celle apportée sur le continent par la construction européenne.

   Voilà pourquoi, alors que seuls 19 pays sont dans la zone euro, ce sont les codes ISO des 28 membres de l'UE qui ont été gravés en éventail au-dessus du volatile.

AT = Autriche

BE = Belgique

BG = Bulgarie

CY = Chypre

CZ = République tchèque

DE = RFA

DK = Danemark

EE = Estonie

EL = Grèce

ES = Espagne

FI = Finlande

FR = France

HR = Croatie

HU = Hongrie

IE = République d'Irlande

IT = Italie

LT = Lituanie

LU = Luxembourg

LV = Lettonie

MT = Malte

NL = Pays-Bas

PL = Pologne

PT = Portugal

RO = Roumanie

SE = Suède

SI = Slovénie

SK = Slovaquie

UK = Royaume-Uni

   Parmi les petits symboles gravés figurent le logo d'Eurostar et une corne d'abondance (allusion à la Monnaie de Paris). Saurez-vous les retrouver ?

lundi, 17 août 2015

L'origine du drapeau

   Je me suis récemment offert une petite cure de ma série de droite préférée, NCIS (en version originale sous-titrée). Par le plus grand des hasards, je suis tombé sur un épisode double de la saison 8 (que je n'avais jamais vu), qui a d'ailleurs été rediffusé dans la nuit du 14 au 15 août dernier sur M6. A la fin de celui-ci, j'ai eu la réponse à la question que je me posais depuis un petit moment, à savoir d'où venait le drapeau israélien présent depuis le début de la saison 9 sur le bureau de l'agent Ziva David (déplacé, dans la saison 11, dans le laboratoire d'Abby).

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   Au départ, ce n'est pas une initiative de Ziva. Dans cet épisode, intitulé Ennemis intimes, on voit un homme déposer le drapeau dans la boîte à crayons de l'agent du NCIS. Je donne un indice à ceux qui n'auraient pas deviné : cet homme connaît bien la jeune femme.

dimanche, 16 août 2015

La bière du centenaire

   J'ai récemment découvert cette bière, vendue en bouteilles de 33 centilitres, principalement dans le nord-est de la France métropolitaine.

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   Elle a été lancée l'an dernier, lors du salon de l'agriculture. C'était de circonstance, puisque l'année 2014 a marqué le début des cérémonies organisées en l'honneur du centenaire de la Première guerre mondiale.

   Sur l'étiquette principale, on distingue deux images en rapport avec le sujet. En haut à droite figure la reproduction d'une photographie prise dans une tranchée :

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   En bas à gauche se trouve un dessin représentant une allégorie de l'attachement à la France :

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   Placées devant le drapeau tricolore, la grande Alsacienne et la petite Lorraine (Mosellane sans doute) semblent attendre le retour à la mère-patrie. On ne sera pas étonné d'apprendre que les producteurs de cette bière sont Les Brasseurs de Lorraine, une entreprise située à Pont-à-Mousson, à proximité de Nancy, le chef-lieu de la... Meurthe-et-Moselle.

   Précisons que c'est une bière blonde (non filtrée comme le dit sa fiche signalétique) avec un faible taux d'alcool. Son goût ? Pas trop amer, agréable quand elle est bue fraîche. Je l'ai fait goûter à une personne qui ne boit jamais de bière... et elle a aimé. (Mais c'est moi qui ai fini la bouteille, hein !)

samedi, 15 août 2015

Les 4 Fantastiques

   Dix ans après une première adaptation assez moyenne, Marvel tente de relancer cette franchise de super-héros, qu'elle aimerait sans doute voir devenir aussi rentable que celle des X-Men.

   La particularité de ce qui est annoncé comme un film d'action bourré d'effets spéciaux est de consacrer trois quarts d'heure à la mise en place de l'intrigue de fond. On découvre donc Reed Richards et Ben Grimm gamins puis adolescents. La psychologie des personnages, bien que peu approfondie, occupe une place importante dans la genèse de l'équipe. Certains apprécieront ce long détour, qui permet d'entrapercevoir l'univers familial de deux "petits Blancs". D'autres s'agaceront de devoir attendre beaucoup avant que "ça pète à l'écran".

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   La suite, bien que très prévisible pour qui connaît la bande dessinée, est chouette à voir, avec d'excellents effets spéciaux. On a essayé de rendre plus "moderne" la représentation de la Torche et de la Femme invisible... et ça marche. La réussite est aussi au rendez-vous avec La Chose, à la fois monstrueux et humain. Mon préféré reste Mr Fantastic (l'homme-caoutchouc) : le rendu à l'écran est extra !

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   Toute bonne histoire doit proposer un méchant qui tienne la route. Ici, il s'agit de Fatalis, dont on lie la naissance à celle des super-héros. Son "costume" est particulièrement réussi. Cependant, l'histoire de sa lutte avec les 4 Fantastiques m'a paru un peu bâclée. La conclusion survient trop vite, ce qui m'a laissé un goût d'inachevé.

18:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 11 août 2015

Le Petit Prince

   L'ancien enfant que je suis a vaincu ses réticences et tenté ce plongeon "réminissant" dans sa prime jeunesse. Il convient de préciser dès à présent qu'il ne s'agit pas d'une stricte adaptation de l'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry.

   Le coeur du film est constitué de l'histoire de la jeune fille (au départ) studieuse, élevée par une mère divorcée très stricte, qui a programmé la vie quotidienne de sa progéniture à la demi-heure près. C'est le côté géométrique de l'intrigue, illustré par l'analogie visuelle entre le contenu d'un microprocesseur et la géographie de la ville où résident les personnages principaux. Ce souci du contrôle absolu est à la fois comique (source de gags) et inquiétant, ne laissant aucune place à la fantaisie.

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   Ces images de synthèse, lisses et bien léchées, entrent en collision avec un autre univers (tourné en stop motion), fait de papier plié et de formes plus pointues : il s'agit de l'univers du petit prince, dont l'histoire est en cours de rédaction par un mystérieux voisin, un vieillard excentrique qui désespère les familles BCBG du quartier.

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   Il va devenir le grand-père que la gamine n'a sans doute jamais eu et lui ouvrir les portes d'un monde qu'elle ne connaissait pas. Tous deux vont s'apprivoiser, à l'image de certains protagonistes du roman de Saint-Exupéry. C'est vraiment joli à regarder... et très émouvant, à certains moments.

   Mais la vraie trouvaille scénaristique est de prolonger l'histoire du roman. Pour une raison que je me garderai de révéler, l'un des personnages va tenter de retrouver le petit prince. L'intrigue, qui balançait auparavant entre réalisme et merveilleux, prend alors le chemin du fantastique, parfois sombre. Les péripéties s'enchaînent, sans que le fond disparaisse. Il est question du sens de la vie et de ce qui est important pour être heureux.

   Cela donne un "beau" film d'animation, peut-être trop schématique dans l'opposition entre le monde cartésien et le monde imaginaire. Mais, pour des enfants, c'est largement suffisant.

   P.S.

   Cette séance m'a donné envie de me replonger dans le livre. L'histoire m'a paru plus complexe que dans mon souvenir de collégien. (Le film n'adapte d'ailleurs qu'une partie des épisodes.) Je ne me rappelais pas non plus qu'il était aussi abondamment illustré. Notons que ces images ont inspiré le style des scènes tournées en stop motion.

   P.S. II

   Comme je ne possédais pas le livre, je me suis mis en quête d'une librairie sur le lieu de mes vacances. Il s'agit d'une ville moyenne, qui mise beaucoup sur le tourisme mémoriel. Bien que peuplée d'environ 20 000 habitants, elle a perdu, cette année, sa dernière librairie... enfin presque, puisque, un peu à l'écart du centre, il existe un "espace culturel" couplé à une grande surface, où j'ai d'ailleurs pu me procurer l'oeuvre de Saint-Exupéry.

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   P.S. III

   Du roman, beaucoup de gens n'ont souvent retenu qu'une citation : "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Dans le livre, ces propos sont tenus par le renard. Ces derniers temps, il me semble l'entendre (soit intégralement, soit tronquée) plus souvent qu'auparavant. Vendredi dernier, par exemple, Elle est sortie de la bouche de Ziva David, dans l'épisode 6 de la saison 10 de NCIS, actuellement rediffusée par M6.

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   Dans cet épisode, malicieusement intitulé "L'essentiel est invisible...", Tony DiNozzo fait développer un vieux rouleau de pellicule, sur lequel se trouvent des photographies prises pendant son enfance. Sur l'une d'entre elles, on peut voir la mère du futur "agent très spécial", le jour où elle l'a emmené pour la dernière fois au cinéma :

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   Vous avez sans doute deviné quel était le film au programme. DiNozzo n'en est pas moins surpris d'entendre sa collègue citer le renard. Le cinéphile est encore plus surpris quand Ziva lui réplique que ce n'est pas à un film qu'elle fait référence, mais à un livre.

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dimanche, 09 août 2015

Des euros princiers

   Ce matin, je me trouvais dans une brocante lorsque je fis involontairement une belle découverte. Je venais de négocier avec un vendeur l'achat d'une revue ancienne (et fort intéressante). Je lui avais tendu un billet de dix euros, sur lequel il me rendit six euros de monnaie, sous la forme de trois pièces de deux.

   Depuis des années, j'ai coutume de jeter machinalement un oeil aux pièces qui atterrissent dans ma main. Cela m'a permis de découvrir une pièce estonienne (à Rodez, en 2011) et, plus récemment, une pièce maltaise (en 2012). Curieusement, parmi celles qui sont issues des "petits" pays utilisant la monnaie unique, ce sont plutôt les pièces de 1 ou 2 euros qui voyagent loin.

   La règle a été respectée aujourd'hui, puisque, parmi les trois pièces récupérées auprès du brocanteur du dimanche se trouvait celle-ci :

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   Là, je sens que certains d'entre vous sont quelque peu interloqués. "Mais, bougre de crétin, tu devrais savoir que toutes les pièces de deux euros possèdent le même côté européen (le côté pile) ! Montre-nous donc plutôt le côté face !"

   Exécution !

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   Sur cet avers, le portrait d'Albert II de Monaco est entouré des douze étoiles du drapeau de l'Union européenne, bien que la principauté qu'il dirige n'en fasse pas partie. Ceci dit, Monaco et la France sont liées par une union douanière. De plus, d'après le site du gouvernement français, la principauté est associée à l'espace Schengen et, en 2001, elle signé une convention monétaire avec l'Union européenne, convention qui a été renouvelée en 2011.

   Enfin, aux curieux qui s'interrogeraient sur la nature des inscriptions encadrant l'année 2012, je précise que ce sont des poinçons, l'un du graveur général, l'autre du centre de frappe de Pessac (qui dépend de la Monnaie de Paris).

 

samedi, 08 août 2015

Renaissances

   Ce film de science-fiction met en scène un vieil homme riche, dont le cancer arrive en phase terminale. La possibilité de revenir à la vie dans un corps plus jeune lui est proposée... contre une somme rondelette et un secret absolu. Cet homme est incarné par Ben Kingsley :

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   C'est là que les scénaristes ont eu du nez. Ils auraient pu lui imposer de renaître dans ce corps-ci :

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   ... ou bien dans ce corps-là :

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   Cela aurait rendu le choix de Damian encore plus cornélien. Finalement, on lui propose cette enveloppe charnelle :

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   Figurez-vous que ce vieillard mourant, qui avait encore plein de projets dans la tête, accepte de prendre le risque inouï d'être "transféré" dans le corps d'un beau jeune homme ! A Ben Kingsley va donc succéder le sémillant Ryan Reynolds, vu récemment dans The Voices (de Marjane Satrapi) et l'étonnant Captives... et qui a passé pas mal de temps sur le banc de musculation.

   L'idée de base m'a emballé et elle est bien développée dans la suite de l'intrigue (pourtant assez prévisible). Là-dessus ont été greffés des moments d'émotion et des scènes d'action. Ce sont les secondes qui méritent le détour. Je conseille tout particulièrement les poursuites en voiture. On notera aussi que les personnages masculins sont amateurs de gros calibres... et du lance-flamme. C'est donc à déconseiller au très jeune public : si, sur un plan général, le film est visible par tous, les quelques instants d'ultra-violence peuvent choquer.

   Aux côtés des mecs burnés ou calculateurs, quelques personnages féminins tentent d'exister. Deux d'entre eux sont dans des situations contrastées :

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   A ma gauche voici Claire, la fille du héros, passée du côté rebelle (en partie) par rejet du monde capitaliste auquel appartient son père arrogant et manipulateur. Michelle Dockery (vue notamment dans Non Stop) réussit à rendre crédible une figure qui risquait d'être caricaturale.

   A ma droite voilà Natalie Martinez, hélas un peu trop cantonnée au rôle d'épouse-mère éplorée, même si l'on a doté son personnage d'un indéniable tempérament. Ses traits ne sont pas inconnus des amateurs de séries policières, puisqu'elle a été, pendant une saison, une inspectrice aussi pulpeuse qu'intrépide dans Les Experts Manhattan.

   Hélas, les scènes intimistes ou familiales sont assez banales et souvent émaillées de clichés. Il reste l'intrigue et son fondement pseudo-scientifique pour maintenir l'attention... ce qui fonctionne pendant l'heure cinquante que dure l'histoire.

   PS

   Je conseille aux spectateurs aveyronnais (aux autres aussi, pourquoi pas) d'être très attentifs aux détails de l'une des dernières scènes. L'un des personnages se réveille un soir, dans la chambre d'un hôtel bas-de-gamme. Un ordinateur portable est posé sur une table, avec un message en attente. Lorsque le personnage se lève pour aller regarder le message, on voit mieux la table, sur laquelle est aussi posée une coupelle. Sur celle-ci se trouvent un fruit et un couteau pliable reconnaissable parmi mille autres !

21:02 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 06 août 2015

Le détail qui tue

   Cela fait partie des inconvénients petits plaisirs inattendus des repas de famille : se taper le programme télévisé préféré de ses hôtes. Ce soir, avant le journal de 20 heures, l'écran fut occupé exclusivement par la première chaîne et un jeu hautement culturel, "Wishlist", présenté par Christophe Dechavanne.

   Le principe est le suivant : chaque soir, un couple tente de gagner les cadeaux de ses rêves. Pour cela, l'un des deux (pas forcément toujours le même) doit poser des questions à l'autre sur des thèmes précis. Au second de répondre. On pourrait penser qu'il s'agit là d'une énième version du quiz (plus ou moins) culturel... à ceci près qu'ici la rapidité et la clarté de la lecture des questions entre en jeu. (Ce n'est pas l'animateur qui lit.) C'est l'occasion de vérifier que, dans les couples de candidats, c'est souvent l'homme qui se montre le plus laborieux dans l'accomplissement de cette tâche.

   L'émission de ce jeudi 6 août en a été la confirmation, mais là n'est pas la raison de ce billet. C'est le public qui a attiré mon attention. En général, pour que le regard des téléspectateurs soit concentré sur les candidats et l'animateur, l'assistance est plongée dans l'obscurité (noire ou bleutée). Cela permet aussi de masquer la présence des candidats des précédentes émissions (et des suivantes), plusieurs étant enregistrées à la suite.

   Mais, parfois, un visage sort du lot et se retrouve en pleine lumière :

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   A priori, on serait tenté de dire que c'est dû au hasard ou au positionnement de la personne (au premier rang, juste derrière la candidate). Le problème est qu'elle est la seule à apparaître ainsi en pleine lumière et que cela s'est reproduit durant l'émission :

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   Au vu du regard de la dame, on pourrait penser qu'elle se cherche dans l'un des écrans de contrôle de la salle. Mais, un peu plus tard, on a la confirmation que son expression est un peu bizarre, même lorsqu'elle n'est pas forcée :

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   De surcroît, je sais que, lors des enregistrements de ce type, les spectateurs ne choisissent pas l'endroit où ils s'assoient. Ce sont les employés de la production qui ont placé cette femme là où elle est. La question est : a-t-on essayé de la cacher le plus possible (en évitant de la placer face aux caméras, visible assise) ou s'est-on amusé au contraire à la rendre très visible dans un coin, pour les spectateurs attentifs ?

mercredi, 05 août 2015

Journaux de guerre n°50

   Cela va bientôt faire un an qu'en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France est publiée, chaque semaine, une sélection de journaux parus pendant la Première guerre mondiale. Le florilège de jeudi dernier est regroupé sous le titre "Le retour des provinces perdues".

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   On commence avec L'Homme Libre du 18 novembre 1918. Sans surprise, le quotidien fondé par Georges Clemenceau (à l'époque président du Conseil) fait l'éloge de l'action gouvernementale. Il va jusqu'à signaler la démarche du conseil municipal de Toulon, qui rend hommage au chef du gouvernement qui, accessoirement, est sénateur du Var... La deuxième couche est apportée par les membres du Cabinet et leurs collaborateurs qui, à l'occasion de l'anniversaire de la constitution du gouvernement, adressent de nouvelles félicitations au Tigre. Le reste du journal se contente de signaler les manifestations d'intense patriotisme des habitants des provinces libérées de l'oppression allemande. Dans un coin de la page 2, une publicité pour Banania apporte une touche humoristique aux informations sérieuses.

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   Poursuivons avec Le Figaro daté lui aussi du 18 novembre 1918. Là aussi il est question de la réintégration de l'Alsace-Lorraine et de l'enthousiasme des populations. Le quotidien publie (comme L'Homme Libre d'ailleurs) l'intégralité du discours prononcé à cette occasion par le président de la République Raymond Poincaré, qui était lorrain. Signalons qu'à Mulhouse (dans le Haut-Rhin), un curé est décédé d'une crise cardiaque, tant il était heureux du retour à la France.

   A Paris, les manifestations d'allégresse ont été massivement suivies. Les soldats américains présents sur place y ont participé, chantant l'hymne américain... et la Marseillaise. Il est d'ailleurs question des Etats-Unis à plusieurs reprises. Un article évoque la diplomatie parallèle que certains dirigeants allemands ont tenté de mettre en place avec le président Wilson.

   On part ensuite en province avec Le Petit Marseillais du 21 novembre 1918. L'un des premiers articles déplore le maintien d'une censure prégnante en France, alors que les journaux américains et britanniques ont la liberté de publier davantage d'informations. Page suivante, on apprend que le général Pétain vient de recevoir la dignité de maréchal de France. Les deux dernières pages sont farcies de publicité... mais on peut aussi y trouver une brochette d'annonces "personnelles". Sachez qu'à l'époque, on perd visiblement beaucoup d'objets dans les cinémas. Un sommet est atteint dans l'annonce déplorant la perte d'un chien policier, envoyée par... un capitaine.

   On termine avec Le Petit Journal du 26 novembre 1918. Le gros titre est consacré à l'entrée officielle de l'armée française dans Strasbourg, sous la conduite de deux hauts gradés : le tout nouveau maréchal Pétain et le général Curières de Castelnau, originaire de Saint-Affrique (dans l'Aveyron). Un dessin illustre l'information du jour.

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      La suite contient une foule de nouvelles. il est notamment question du complot allemand de 1914, de la nécessité d'augmenter les rendements agricoles et de la révolution spartakiste en Allemagne. Je recommande aussi les "conseils pratiques", où il est question des jeunes Français (et surtout des jeunes Françaises) tenté-e-s par l'expatriation.

   En bonus, ce numéro offre la reproduction d'une affiche rendant hommage aux petites Alsaciennes :

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