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mercredi, 26 juin 2019

Yves

   Le héros éponyme est... un réfrigérateur, doté d'une intelligence artificielle. C'est le pendant des enceintes connectées (avec assistant personnel) dont on nous rebat les oreilles depuis des mois. Ce réfrigérateur est installé, à titre gracieux, chez Jérem, une caricature de djeunse qui n'est pas à la rue uniquement parce qu'il a hérité de la baraque de sa grand-mère. C'est un rappeur raté, d'une hygiène douteuse, qui fantasme ses relations avec les femmes. Mais c'est plutôt un chic type.

   Le frigo intelligent va prendre de plus en plus de place dans sa vie. (Même si les sexes sont échangés entre l'humain et la machine, on ne peut pas ne pas penser à Her, de Spike Jones.) Il se révèle plus efficace que les humains dans pas mal de domaines... notamment la musique, puisqu'il se met à remixer les "chansons" de Jérem pour en faire des tubes. Gros problème pour moi : ce sont d'horribles bouses, avec des paroles d'une affligeante bêtise, l'abus de boîtes à rythmes et une voix autotunée... Pendant un moment, je me suis demandé si c'était parodique... apparemment non.

   C'est un peu à l'image du film, qui hésite entre la comédie déjantée et l'histoire fantastique, "sérieuse", porteuse de sens. Le mélange ne colle pas trop. Sauf dans la première partie, quand Yves prend en mains la carrière (et la vie privée...) de Jérem. Mais la séquence du procès est assez mauvaise, tout comme celle de la battle, complètement ratée à mon avis. La conclusion est plus réussie, s'appuyant sur ce qu'il y a de bon dans l'histoire.

   Parmi les qualités du film, il y a celle de l'interprétation féminine, en particulier celle de Doria Tillier, qui réussit à instiller le doute sur ses motivations (est-elle envers et contre tout une manipulatrice ou une femme amoureuse ?). Je regrette toutefois que la vision des femmes que donne ce film soit aussi caricaturale. On n'y croise quasiment que de jolis petits culs, de surcroît pas farouches, toutes prêtes à se jeter dans les bras de types insignifiants. (Philippe Katerine ne parvient pas à faire décoller son personnage. Franchement, il donne l'impression de cachetonner.) Paradoxalement, du côté masculin, c'est le personnage d'Yves (avec la voix d'Antoine Gouy) qui a le plus de chair.

   Pour ses quelques moments drôles (notamment la séquence du concours Eurovision), le film peut valoir le détour, à l'occasion de la Fête du cinéma. Mais sans plus.

23:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Bunuel après l'âge d'or

   Ce film d'animation espagnol évoque les débuts du cinéaste surréaliste, après qu'il a réalisé Un Chien andalou et donc L'Age d'or (avec la collaboration -discutée- de Salvador Dali au scénario), deux oeuvres qui ont provoqué le scandale.

   Buñuel a donc des difficultés à recueillir l'argent nécessaire au tournage de son film suivant, un documentaire consacré à l'Espagne rurale miséreuse (Terre sans pain). Son mécène est un anarchiste qui a gagné au loto (véridique !) et qui voudrait que cette nouvelle oeuvre fasse passer l'inventivité cinématographique après la revendication sociale. Cela va provoquer quelques tensions avec le réalisateur, qui n'en fait qu'à sa tête.

   J'ai eu un peu de mal à entrer dans le film. Le graphisme n'est pas très élaboré et j'ai trouvé que cela manquait de rythme. En revanche, j'ai bien aimé l'ajout d'extraits des films de Buñuel, parfaitement intégrés à l'intrigue.

   L'une des qualités de ce film est de ne pas dresser de statue au réalisateur. Pour parvenir à ses fins, celui-ci est un peu truqueur sur les bords (avec les chèvres des montagnes) et, parfois, sans pitié avec les animaux (notamment l'âne). C'est la souffrance humaine qui l'émeut, comme celle de cette gamine que tout le monde au village laisse mourir, seule dans son coin.

   L'anticléricalisme du lascar est bien visible, notamment dans la séquence qui le voit porter un costume de nonne ! L'humour sarcastique est perceptible à plusieurs reprises, notamment à l'occasion de la rencontre avec un groupe de nains.

   Le film se veut aussi un hommage au style de Buñuel. Il est donc surréaliste, par instants. Ces scènes tournent presque toutes autour de la famille du cinéaste, notamment de son père, un grand bourgeois qui s'intéressait à beaucoup de choses, mais qui a désapprouvé la voie choisie par son fils.

   Cela donne un ensemble hétéroclite, intéressant, parfois émouvant, à voir pour ceux qui apprécient l'oeuvre de Buñuel. Cela peut aussi constituer une bonne porte d'entrée dans son univers pour celles et ceux qui n'ont vu aucun de ses films.

18:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Bunuel après l'âge d'or

   Ce film d'animation espagnol évoque les débuts du cinéaste surréaliste, après qu'il a réalisé Un Chien andalou et donc L'Age d'or (avec la collaboration -discutée- de Salvador Dali au scénario), deux oeuvres qui ont provoqué le scandale.

   Buñuel a donc des difficultés à recueillir l'argent nécessaire au tournage de son film suivant, un documentaire consacré à l'Espagne rurale miséreuse (Terre sans pain). Son mécène est un anarchiste qui a gagné au loto (véridique !) et qui voudrait que cette nouvelle oeuvre fasse passer l'inventivité cinématographique après la revendication sociale. Cela va provoquer quelques tensions avec le réalisateur, qui n'en fait qu'à sa tête.

   J'ai eu un peu de mal à entrer dans le film. Le graphisme n'est pas très élaboré et j'ai trouvé que cela manquait de rythme. En revanche, j'ai bien aimé l'ajout d'extraits des films de Buñuel, parfaitement intégrés à l'intrigue.

   L'une des qualités de ce film est de ne pas dresser de statue au réalisateur. Pour parvenir à ses fins, celui-ci est un peu truqueur sur les bords (avec les chèvres des montagnes) et, parfois, sans pitié avec les animaux (notamment l'âne). C'est la souffrance humaine qui l'émeut, comme celle de cette gamine que tout le monde au village laisse mourir, seule dans son coin.

   L'anticléricalisme du lascar est bien visible, notamment dans la séquence qui le voit porter un costume de nonne ! L'humour sarcastique est perceptible à plusieurs reprises, notamment à l'occasion de la rencontre avec un groupe de nains.

   Le film se veut aussi un hommage au style de Buñuel. Il est donc surréaliste, par instants. Ces scènes tournent presque toutes autour de la famille du cinéaste, notamment de son père, un grand bourgeois qui s'intéressait à beaucoup de choses, mais qui a désapprouvé la voie choisie par son fils.

   Cela donne un ensemble hétéroclite, intéressant, parfois émouvant, à voir pour ceux qui apprécient l'oeuvre de Buñuel. Cela peut aussi constituer une bonne porte d'entrée dans son univers pour celles et ceux qui n'ont vu aucun de ses films.

18:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Godzilla 2 - Roi des monstres

   A ceux qui n'auraient pas vu le premier opus, sorti il y a cinq ans (ou qui n'en auraient gardé aucun souvenir, ce qui n'est pas invraisemblable), je précise que, dans ce film, les humains ont conscience de vivre dans un monde qui a été autrefois peuplé de monstres. (Chez nous, on appelle cela des dinosaures, mais, comme le sujet a déjà été traité par Spielberg et consorts, il a fallu trouver autre chose.)

   On en était resté à la victoire épique de Godzilla contre les autres monstres, un peu moins forts que lui, mais beaucoup plus méchants. Depuis, plus de nouvelles. Il est reparti roupiller dans son coin, en attendant un coup de fil des producteurs de Hollywood.

   Pendant ce temps-là s'est développée une multinationale spécialisée dans la recherche, l'étude... et l'emprisonnement des monstres, en coopération avec l'ONU l'armée des Etats-Unis. Dans la première partie de l'histoire, on ne peut que constater à quel point les personnages humains sont taillés à la hache... et presque tous antipathiques. Entre les militaires qui veulent zigouiller tous les monstres, les chercheurs qui ne pensent qu'à leurs expériences (mais pas à leurs conséquences), une bande d'écolo-terroristes adepte de la terre brûlée et une scientifique à moitié givrée depuis qu'elle a perdu son fils, on peut dire qu'on collectionne les caricatures sur deux pattes.

   Très vite, on se désintéresse de ces humains insignifiants. Dès que les grosses bébêtes apparaissent à l'écran. Les effets spéciaux sont impressionnants, si bien qu'on fait preuve d'indulgence envers un scénario squelettique (et prévisible au possible) et des dialogues affligeants.

   Au bout de deux heures de baston numérique, on comprend qu'il y aura une suite, impression renforcée à la vue de la scène post-générique. On y retrouve l'un des méchants de l'histoire, ainsi qu'un morceau d'un autre personnage...

01:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Godzilla 2 - Roi des monstres

   A ceux qui n'auraient pas vu le premier opus, sorti il y a cinq ans (ou qui n'en auraient gardé aucun souvenir, ce qui n'est pas invraisemblable), je précise que, dans ce film, les humains ont conscience de vivre dans un monde qui a été autrefois peuplé de monstres. (Chez nous, on appelle cela des dinosaures, mais, comme le sujet a déjà été traité par Spielberg et consorts, il a fallu trouver autre chose.)

   On en était resté à la victoire épique de Godzilla contre les autres monstres, un peu moins forts que lui, mais beaucoup plus méchants. Depuis, plus de nouvelles. Il est reparti roupiller dans son coin, en attendant un coup de fil des producteurs de Hollywood.

   Pendant ce temps-là s'est développée une multinationale spécialisée dans la recherche, l'étude... et l'emprisonnement des monstres, en coopération avec l'ONU l'armée des Etats-Unis. Dans la première partie de l'histoire, on ne peut que constater à quel point les personnages humains sont taillés à la hache... et presque tous antipathiques. Entre les militaires qui veulent zigouiller tous les monstres, les chercheurs qui ne pensent qu'à leurs expériences (mais pas à leurs conséquences), une bande d'écolo-terroristes adepte de la terre brûlée et une scientifique à moitié givrée depuis qu'elle a perdu son fils, on peut dire qu'on collectionne les caricatures sur deux pattes.

   Très vite, on se désintéresse de ces humains insignifiants. Dès que les grosses bébêtes apparaissent à l'écran. Les effets spéciaux sont impressionnants, si bien qu'on fait preuve d'indulgence envers un scénario squelettique (et prévisible au possible) et des dialogues affligeants.

   Au bout de deux heures de baston numérique, on comprend qu'il y aura une suite, impression renforcée à la vue de la scène post-générique. On y retrouve l'un des méchants de l'histoire, ainsi qu'un morceau d'un autre personnage...

01:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 24 juin 2019

Lune de miel

   La réalisatrice Elise Otzenberger s'est sans doute inspirée de son histoire familiale pour écrire cette fiction, qui tourne autour d'un jeune couple de Français juifs (plutôt laïcs), dont les grands-parents ont échappé à la Shoah, contrairement au reste de la famille.

   Du côté d'Adam, on sait à peu près tout ce qui est arrivé aux membres de la famille (ceux qui sont morts et ceux qui ont survécu). En Pologne, une cérémonie est organisée dans un village en hommage à l'ancienne population juive disparue (comme en témoigne le vaste cimetière, plus guère entretenu... voire pillé). Son épouse Anna, qui vient d'accoucher, le pousse à accepter de se rendre sur place, ses parents s'engageant à s'occuper du bébé pendant leur absence.

   C'est donc à la fois une comédie familiale et un film sur la mémoire de la Shoah. Le ton est tragi-comique. Tragique est le destin de ces millions de personnes massacrées dans d'horribles conditions, les rescapés restant marqués à vie. Comique est le comportement d'Anna, épouse-mère qui veut tout contrôler et qui parfois, submergée par l'émotion, dérape. Dans le rôle, Judith Chemla (vue dans Le Sens de la fête, Une Vie et Camille redouble) est for-mi-dable, complètement investie dans son personnage.

   Sur la Pologne, le propos du film est contrasté. La mère d'Anna, hostile au pays d'origine de sa famille, est un peu tournée en ridicule (au départ). Mais, à leur arrivée en Pologne, Adam et Anna découvrent que la Shoah est un bon filon pour les commerçants locaux... et que l'antisémitisme n'a pas disparu du pays, loin de là : un vendeur de "souvenirs" propose étoiles de David et médailles à croix gammées dans la même vitrine ; un autre vend des figurines "typiques" (made in China ?), certaines dotées d'un gros nez crochu...

   Ce retour aux sources est donc une belle histoire, entre recherche du passé et réconciliation avec soi-même. Anna veut retrouver l'esprit de sa grand-mère et quelque chose à transmettre à son jeune enfant... et je dois dire que je ne comprends pas la sévérité de certaines critiques. Nous n'avons visiblement pas vu le même film.

Lune de miel

   La réalisatrice Elise Otzenberger s'est sans doute inspirée de son histoire familiale pour écrire cette fiction, qui tourne autour d'un jeune couple de Français juifs (plutôt laïcs), dont les grands-parents ont échappé à la Shoah, contrairement au reste de la famille.

   Du côté d'Adam, on sait à peu près tout ce qui est arrivé aux membres de la famille (ceux qui sont morts et ceux qui ont survécu). En Pologne, une cérémonie est organisée dans un village en hommage à l'ancienne population juive disparue (comme en témoigne le vaste cimetière, plus guère entretenu... voire pillé). Son épouse Anna, qui vient d'accoucher, le pousse à accepter de se rendre sur place, ses parents s'engageant à s'occuper du bébé pendant leur absence.

   C'est donc à la fois une comédie familiale et un film sur la mémoire de la Shoah. Le ton est tragi-comique. Tragique est le destin de ces millions de personnes massacrées dans d'horribles conditions, les rescapés restant marqués à vie. Comique est le comportement d'Anna, épouse-mère qui veut tout contrôler et qui parfois, submergée par l'émotion, dérape. Dans le rôle, Judith Chemla (vue dans Le Sens de la fête, Une Vie et Camille redouble) est for-mi-dable, complètement investie dans son personnage.

   Sur la Pologne, le propos du film est contrasté. La mère d'Anna, hostile au pays d'origine de sa famille, est un peu tournée en ridicule (au départ). Mais, à leur arrivée en Pologne, Adam et Anna découvrent que la Shoah est un bon filon pour les commerçants locaux... et que l'antisémitisme n'a pas disparu du pays, loin de là : un vendeur de "souvenirs" propose étoiles de David et médailles à croix gammées dans la même vitrine ; un autre vend des figurines "typiques" (made in China ?), certaines dotées d'un gros nez crochu...

   Ce retour aux sources est donc une belle histoire, entre recherche du passé et réconciliation avec soi-même. Anna veut retrouver l'esprit de sa grand-mère et quelque chose à transmettre à son jeune enfant... et je dois dire que je ne comprends pas la sévérité de certaines critiques. Nous n'avons visiblement pas vu le même film.

Un Havre de paix

   Trois frères israéliens se retrouvent au domicile familial, dans un kibboutz (Yehiam) situé au nord d'Israël, à proximité de la frontière avec le Liban. (Cela correspond à la punaise bleue, sur la carte ci-dessous.)

cinéma,cinema,film,films

   Ces retrouvailles ont pour cadre les obsèques de leur père, décédé un an auparavant, mais qui avait légué son corps à la science. Le délai est aussi sans doute dû aux dernières volontés du défunt, qui exigeait que ses fils fussent réunis. Or, cette famille est quelque peu dysfonctionnelle. D'énormes tensions (déclarées ou sous-jacentes) divisent les membres : la mère, ses trois fils et la tante. Le kibboutz, censé être un lieu d'apaisement, sûr, est perçu par certains comme un lieu dangereux, surtout depuis que des roquettes du Hezbollah commencent à tomber à proximité. Les esprits forts auront compris que ce kibboutz est (aussi) une métaphore d'Israël.

cinéma,cinema,film,films

   Les trois frères sont marqués par l'armée et le service militaire, mais de manière différente. Yoav semble être l'aîné, sur lequel le père avait placé beaucoup d'espoirs... et qui l'a déçu. Il a rompu avec son milieu d'origine, s'est installé à Tel Aviv (la ville de la débauche pour les Israéliens conservateurs). A demi-mots, on comprend qu'il est homosexuel. De surcroît, son passage par l'armée l'a visiblement traumatisé, sans que l'on sache (au début de l'histoire) pourquoi.

   Itai est le cadet va-t-en-guerre. Il s'est coulé dans le moule de virilité qu'on a créé pour lui... mais n'en est pas plus heureux. C'est lui qui a soutenu toute la famille depuis la maladie du père. Il en veut énormément à son aîné, peut-être aussi parce que sa réputation a souffert de la "trahison" de son frère.

   Avishai est le petit dernier, sur le point de partir à son tour effectuer son (long) service militaire. Il est tiraillé entre la trouille de ne pas revenir de la frontière libanaise (ou d'en revenir diminué) et le désir de faire son devoir, d'être quelqu'un aux yeux de ses proches. Il subit l'influence concurrente de ses deux frères.

   Cela donne un film âpre, où le drame familial s'insère dans l'histoire israélienne. J'ai trouvé cela un peu trop noir, pessimiste, ne me sentant réellement proche d'aucun des trois fils. Mais c'est une histoire forte.

Un Havre de paix

   Trois frères israéliens se retrouvent au domicile familial, dans un kibboutz (Yehiam) situé au nord d'Israël, à proximité de la frontière avec le Liban. (Cela correspond à la punaise bleue, sur la carte ci-dessous.)

cinéma,cinema,film,films

   Ces retrouvailles ont pour cadre les obsèques de leur père, décédé un an auparavant, mais qui avait légué son corps à la science. Le délai est aussi sans doute dû aux dernières volontés du défunt, qui exigeait que ses fils fussent réunis. Or, cette famille est quelque peu dysfonctionnelle. D'énormes tensions (déclarées ou sous-jacentes) divisent les membres : la mère, ses trois fils et la tante. Le kibboutz, censé être un lieu d'apaisement, sûr, est perçu par certains comme un lieu dangereux, surtout depuis que des roquettes du Hezbollah commencent à tomber à proximité. Les esprits forts auront compris que ce kibboutz est (aussi) une métaphore d'Israël.

cinéma,cinema,film,films

   Les trois frères sont marqués par l'armée et le service militaire, mais de manière différente. Yoav semble être l'aîné, sur lequel le père avait placé beaucoup d'espoirs... et qui l'a déçu. Il a rompu avec son milieu d'origine, s'est installé à Tel Aviv (la ville de la débauche pour les Israéliens conservateurs). A demi-mots, on comprend qu'il est homosexuel. De surcroît, son passage par l'armée l'a visiblement traumatisé, sans que l'on sache (au début de l'histoire) pourquoi.

   Itai est le cadet va-t-en-guerre. Il s'est coulé dans le moule de virilité qu'on a créé pour lui... mais n'en est pas plus heureux. C'est lui qui a soutenu toute la famille depuis la maladie du père. Il en veut énormément à son aîné, peut-être aussi parce que sa réputation a souffert de la "trahison" de son frère.

   Avishai est le petit dernier, sur le point de partir à son tour effectuer son (long) service militaire. Il est tiraillé entre la trouille de ne pas revenir de la frontière libanaise (ou d'en revenir diminué) et le désir de faire son devoir, d'être quelqu'un aux yeux de ses proches. Il subit l'influence concurrente de ses deux frères.

   Cela donne un film âpre, où le drame familial s'insère dans l'histoire israélienne. J'ai trouvé cela un peu trop noir, pessimiste, ne me sentant réellement proche d'aucun des trois fils. Mais c'est une histoire forte.

vendredi, 21 juin 2019

Le Daim

   C'est un animal, un blouson (par métonymie)... et (métaphoriquement) le personnage principal, Georges, incarné par Jean Dujardin. (Je sais bien qu'on peut lire et entendre un peu partout que ce serait le blouson le personnage principal... eh ben pas pour moi.)

   Le début nous montre dans quelles circonstances Georges acquiert ledit blouson. Pour cela, il contacte un petit vieux interprété par Albert Delpy, qui n'est pas très bien utilisé à mon avis. (Sa fille Julie a mieux su le diriger dans 2 days in New York.) Mais la séquence est déterminante, puisque avec le blouson, Georges récupère un caméscope, dont l'utilisation va contribuer à développer sa folie obsessionnelle. La première partie n'en est pas moins poussive. Le film peine réellement à démarrer, même si l'on voit quelques plans bien construits. (Par contre, il aurait fallu veiller à une meilleure stabilité de la caméra.)

   A partir du moment où Georges rencontre la serveuse Denise (excellente Adèle Haenel, comme d'hab' ai-je envie de dire), il se passe quelque chose. Un peu parfois à l'image des acteurs, Georges improvise son périple en blouson de daim. Quand Denise entre dans son délire, cela prend une tout autre ampleur. Cela devient franchement jouissif. Mais faut aimer... et se fader la première demi-heure.

   A ceux qui ne connaissent pas le style de Quentin Dupieux (auteur, entre autres, de Rubber et Au Poste !), je conseille de se renseigner avant de décider d'aller voir ce film seulement pour Jean Dujardin.

   P.S.

   Adèle Haenel s'est un peu livrée ce vendredi dans l'émission Popopop, sur France Inter.

21:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Le Daim

   C'est un animal, un blouson (par métonymie)... et (métaphoriquement) le personnage principal, Georges, incarné par Jean Dujardin. (Je sais bien qu'on peut lire et entendre un peu partout que ce serait le blouson le personnage principal... eh ben pas pour moi.)

   Le début nous montre dans quelles circonstances Georges acquiert ledit blouson. Pour cela, il contacte un petit vieux interprété par Albert Delpy, qui n'est pas très bien utilisé à mon avis. (Sa fille Julie a mieux su le diriger dans 2 days in New York.) Mais la séquence est déterminante, puisque avec le blouson, Georges récupère un caméscope, dont l'utilisation va contribuer à développer sa folie obsessionnelle. La première partie n'en est pas moins poussive. Le film peine réellement à démarrer, même si l'on voit quelques plans bien construits. (Par contre, il aurait fallu veiller à une meilleure stabilité de la caméra.)

   A partir du moment où Georges rencontre la serveuse Denise (excellente Adèle Haenel, comme d'hab' ai-je envie de dire), il se passe quelque chose. Un peu parfois à l'image des acteurs, Georges improvise son périple en blouson de daim. Quand Denise entre dans son délire, cela prend une tout autre ampleur. Cela devient franchement jouissif. Mais faut aimer... et se fader la première demi-heure.

   A ceux qui ne connaissent pas le style de Quentin Dupieux (auteur, entre autres, de Rubber et Au Poste !), je conseille de se renseigner avant de décider d'aller voir ce film seulement pour Jean Dujardin.

   P.S.

   Adèle Haenel s'est un peu livrée ce vendredi dans l'émission Popopop, sur France Inter.

21:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Beaux-parents

   Cette comédie "familiale" est signée Héctor Cabello Reyes, qui est le coscénariste de Retour chez ma mère, avec là aussi Josiane Balasko. De prime abord, on est tenté de penser qu'on a essayé de réutiliser les recettes qui ont fait de ce précédent film un succès. Coline/Josiane se retrouve en conflit avec sa fille et des secrets familiaux, parfois profondément enfouis, vont ressurgir.

   Au niveau de l'interprétation, c'est inégal. Clairement, le principal atout du film est Josiane Balasko, à la fois drôle et touchante. Son compagnon est incarné par Didier Bourdon, qui cabotine ostensiblement, mais je trouve que cela passe. C'est une nouvelle incarnation du patriarche familial, qui n'est pas sans rappeler celui incarné par Christian Clavier dans Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ? (en moins rétrograde). De la même manière, le personnage de Garance (la fille, interprétée par Charlie Bruneau) aurait pu être incarné par Camille Chamoux ou Camille Cottin.

   Le gros point faible est le personnage d'Harold. Je n'ai pas trouvé Bénabar très bon. Fort heureusement, quelques seconds rôles viennent donner un peu de saveur à certaines scènes, comme le restaurateur ou le meilleur ami, ce dernier interprété avec une évidente gourmandise par Bruno Salomone.

   Quelques moments m'ont particulièrement plu. Ils tournent souvent autour des repas. Il y a la séquence du restaurant, qui rouvre après une période de fermeture, avec une ambiance, une carte et... des tarifs transformés. Pour une raison que je ne vais pas révéler, certains des héros s'y rendent deux fois dans la même soirée !

   Il y a aussi ce petit-déjeuner qui succède à une nuit au poste. On en voit une partie dans la bande-annonce, mais la séquence est meilleure vue dans son intégralité. Les gags reposent souvent sur le quiproquo, comme lorsque le père approche du parking où son épouse a garé le camping-car.

   C'est une comédie du samedi/dimanche soir, inoffensive. Elle ne fait pas de mal et pas beaucoup de bien. Mais comme elle est courte (1h25), elle suffit à égayer une soirée, après le boulot.

12:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Beaux-parents

   Cette comédie "familiale" est signée Héctor Cabello Reyes, qui est le coscénariste de Retour chez ma mère, avec là aussi Josiane Balasko. De prime abord, on est tenté de penser qu'on a essayé de réutiliser les recettes qui ont fait de ce précédent film un succès. Coline/Josiane se retrouve en conflit avec sa fille et des secrets familiaux, parfois profondément enfouis, vont ressurgir.

   Au niveau de l'interprétation, c'est inégal. Clairement, le principal atout du film est Josiane Balasko, à la fois drôle et touchante. Son compagnon est incarné par Didier Bourdon, qui cabotine ostensiblement, mais je trouve que cela passe. C'est une nouvelle incarnation du patriarche familial, qui n'est pas sans rappeler celui incarné par Christian Clavier dans Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ? (en moins rétrograde). De la même manière, le personnage de Garance (la fille, interprétée par Charlie Bruneau) aurait pu être incarné par Camille Chamoux ou Camille Cottin.

   Le gros point faible est le personnage d'Harold. Je n'ai pas trouvé Bénabar très bon. Fort heureusement, quelques seconds rôles viennent donner un peu de saveur à certaines scènes, comme le restaurateur ou le meilleur ami, ce dernier interprété avec une évidente gourmandise par Bruno Salomone.

   Quelques moments m'ont particulièrement plu. Ils tournent souvent autour des repas. Il y a la séquence du restaurant, qui rouvre après une période de fermeture, avec une ambiance, une carte et... des tarifs transformés. Pour une raison que je ne vais pas révéler, certains des héros s'y rendent deux fois dans la même soirée !

   Il y a aussi ce petit-déjeuner qui succède à une nuit au poste. On en voit une partie dans la bande-annonce, mais la séquence est meilleure vue dans son intégralité. Les gags reposent souvent sur le quiproquo, comme lorsque le père approche du parking où son épouse a garé le camping-car.

   C'est une comédie du samedi/dimanche soir, inoffensive. Elle ne fait pas de mal et pas beaucoup de bien. Mais comme elle est courte (1h25), elle suffit à égayer une soirée, après le boulot.

12:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 19 juin 2019

Parasite

   Les jurys cannois aiment les histoires de "cas sociaux"... asiatiques. L'an dernier, la palme était allée à Une Affaire de famille (en fait, surtout au réalisateur Kore-eda, dont ce n'est pas le meilleur film). Cette année, c'est un grand formaliste sud-coréen qui a été primé, Bong Joon Ho, dont l'excellent thriller Memories of Murder était ressorti sur nos écrans en 2017.

   Le premier tiers de l'intrigue repose sur un scénario malin et le jeu des acteurs. Après avoir constaté que le quotidien de la famille de héros (résidant dans un sous-sol humide) est déplorable, on admire presque l'habileté dont ils font preuve pour s'incruster dans la vie des grands bourgeois pas franchement antipathiques, bien qu'irritants de condescendance.

   A partir du moment où l'on entre dans cette grande et superbe demeure, c'est la mise en scène qui prend le dessus. En effet, pas mal de péripéties sont téléphonées, même si les auteurs nous réservent des surprises, jusqu'à la toute fin, qui est d'ailleurs une pirouette fondée sur la mise en scène et le montage. Bong Joon Ho maîtrise parfaitement les espaces confinés (le réduit familial, le grand appartement bourgeois, sa cave... et sa "sous-cave"). Il se montre aussi habile lors des scènes d'extérieur (avec une bonne utilisation du jardin et de la topographie de la ville, très accidentée, les riches vivant sans surprise sur les hauteurs, les pauvres au sous-sol. C'est bien entendu métaphorique. S'appuyant sur leurs talents d'arnaqueurs de débrouillardise, les héros vont tenter de toucher leur part du rêve. Le réalisateur évite le manichéisme : les riches ne sont pas foncièrement méchants... et les pauvres se comportent parfois comme de belles enflures, y compris (surtout ?) entre eux.

   Evidemment, on s'attend à ce que la combine mise au point par les héros finisse par déraper. Trois coups de théâtre surviennent dans la seconde moitié de l'histoire. Certains voient dans ce film une leçon de morale sociale. Ce n'est pas sur ce point qu'il me paraît brillant. C'est d'abord une oeuvre cinématographique très bien construite (en dépit de quelques petites invraisemblances)... et une palme d'or méritée.

Parasite

   Les jurys cannois aiment les histoires de "cas sociaux"... asiatiques. L'an dernier, la palme était allée à Une Affaire de famille (en fait, surtout au réalisateur Kore-eda, dont ce n'est pas le meilleur film). Cette année, c'est un grand formaliste sud-coréen qui a été primé, Bong Joon Ho, dont l'excellent thriller Memories of Murder était ressorti sur nos écrans en 2017.

   Le premier tiers de l'intrigue repose sur un scénario malin et le jeu des acteurs. Après avoir constaté que le quotidien de la famille de héros (résidant dans un sous-sol humide) est déplorable, on admire presque l'habileté dont ils font preuve pour s'incruster dans la vie des grands bourgeois pas franchement antipathiques, bien qu'irritants de condescendance.

   A partir du moment où l'on entre dans cette grande et superbe demeure, c'est la mise en scène qui prend le dessus. En effet, pas mal de péripéties sont téléphonées, même si les auteurs nous réservent des surprises, jusqu'à la toute fin, qui est d'ailleurs une pirouette fondée sur la mise en scène et le montage. Bong Joon Ho maîtrise parfaitement les espaces confinés (le réduit familial, le grand appartement bourgeois, sa cave... et sa "sous-cave"). Il se montre aussi habile lors des scènes d'extérieur (avec une bonne utilisation du jardin et de la topographie de la ville, très accidentée, les riches vivant sans surprise sur les hauteurs, les pauvres au sous-sol. C'est bien entendu métaphorique. S'appuyant sur leurs talents d'arnaqueurs de débrouillardise, les héros vont tenter de toucher leur part du rêve. Le réalisateur évite le manichéisme : les riches ne sont pas foncièrement méchants... et les pauvres se comportent parfois comme de belles enflures, y compris (surtout ?) entre eux.

   Evidemment, on s'attend à ce que la combine mise au point par les héros finisse par déraper. Trois coups de théâtre surviennent dans la seconde moitié de l'histoire. Certains voient dans ce film une leçon de morale sociale. Ce n'est pas sur ce point qu'il me paraît brillant. C'est d'abord une oeuvre cinématographique très bien construite (en dépit de quelques petites invraisemblances)... et une palme d'or méritée.

dimanche, 16 juin 2019

Nicky Larson Private Eyes

   Quinzaine japonaise, acte IV. Cette adaptation en long-métrage animé du manga City Hunter succède, en France, au film délicieusement régressif de Philippe Lacheau. Celui-ci ayant plutôt bien marché (ayant attiré environ 1,7 million de spectateurs), il est étonnant que la distribution de l'animé soit aussi parcimonieuse.

   La plupart des séances sont proposées en version doublée (à laquelle a contribué P. Lacheau). Je me suis tourné vers l'une des rares séances en version originale sous-titrée. L'intrigue aura un goût de déjà-vu pour les familiers de la série télévisée. Une ravissante jeune femme est menacée par de mystérieux individus. Coup de bol pour elle : elle va bénéficier de la protection du meilleur garde du corps du monde, à savoir Nicky Larson.

   Hélas pour elle, son protecteur, s'il est un combattant d'élite, a une mentalité de gamin de treize ans. C'est la principale source de gags de l'histoire. On y voit aussi un gros dur fondre en larmes pour un petit robot pour lequel il s'est pris d'affection.

   Une place assez importante est laissée à Laura, la partenaire de Nicky, dont on découvre depuis quand elle a pris l'habitude de marteler le crâne des mecs immatures à l'aide d'une massue. Elle se trouve aussi embarquée dans une étrange histoire sentimentale : elle recroise un séduisant ami d'enfance, qui est désormais à la tête d'un puissant conglomérat, dont l'étendue des activités ne cesse de surprendre les détectives...

   Au niveau du dessin, c'est de la production industrielle japonaise : pas dégueu, mais pas brillant. Aux amateurs de graphisme élaboré, je conseille d'aller voir plutôt Maquia, dont l'intrigue est de surcroît d'une autre tenue.

   D'humeur indulgente, je me suis laissé prendre à cette histoire rocambolesque, menée à la truelle. Si j'ai parfois un peu piqué du nez, la dernière demi-heure a retenu toute mon attention. Cela devient trépidant... et très violent.

   C'est un film visiblement fait pour les aficionados.

   P.S.

   Le réalisateur Kenji Kodama s'est d'abord fait connaître au Japon avec la série Cat's Eye (Signé Cat's Eyes dans la version française). Cela explique les nombreuses références insérées dans ce film.

23:10 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Nicky Larson Private Eyes

   Quinzaine japonaise, acte IV. Cette adaptation en long-métrage animé du manga City Hunter succède, en France, au film délicieusement régressif de Philippe Lacheau. Celui-ci ayant plutôt bien marché (ayant attiré environ 1,7 million de spectateurs), il est étonnant que la distribution de l'animé soit aussi parcimonieuse.

   La plupart des séances sont proposées en version doublée (à laquelle a contribué P. Lacheau). Je me suis tourné vers l'une des rares séances en version originale sous-titrée. L'intrigue aura un goût de déjà-vu pour les familiers de la série télévisée. Une ravissante jeune femme est menacée par de mystérieux individus. Coup de bol pour elle : elle va bénéficier de la protection du meilleur garde du corps du monde, à savoir Nicky Larson.

   Hélas pour elle, son protecteur, s'il est un combattant d'élite, a une mentalité de gamin de treize ans. C'est la principale source de gags de l'histoire. On y voit aussi un gros dur fondre en larmes pour un petit robot pour lequel il s'est pris d'affection.

   Une place assez importante est laissée à Laura, la partenaire de Nicky, dont on découvre depuis quand elle a pris l'habitude de marteler le crâne des mecs immatures à l'aide d'une massue. Elle se trouve aussi embarquée dans une étrange histoire sentimentale : elle recroise un séduisant ami d'enfance, qui est désormais à la tête d'un puissant conglomérat, dont l'étendue des activités ne cesse de surprendre les détectives...

   Au niveau du dessin, c'est de la production industrielle japonaise : pas dégueu, mais pas brillant. Aux amateurs de graphisme élaboré, je conseille d'aller voir plutôt Maquia, dont l'intrigue est de surcroît d'une autre tenue.

   D'humeur indulgente, je me suis laissé prendre à cette histoire rocambolesque, menée à la truelle. Si j'ai parfois un peu piqué du nez, la dernière demi-heure a retenu toute mon attention. Cela devient trépidant... et très violent.

   C'est un film visiblement fait pour les aficionados.

   P.S.

   Le réalisateur Kenji Kodama s'est d'abord fait connaître au Japon avec la série Cat's Eye (Signé Cat's Eyes dans la version française). Cela explique les nombreuses références insérées dans ce film.

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Stubby

   Ce film d'animation est sorti le mois dernier dans une relative confidentialité. Pourtant, le sujet qu'il traite est porteur : les aventures d'un chien des rues américain, devenu la mascotte d'un régiment d'infanterie de l'armée d'Oncle Sam, à la fin de la Première Guerre mondiale. Si l'intrigue comporte des éléments fictionnels, l'histoire du chien est vraie : à sa mort, il a eu droit à une nécrologie dans The New York Times ! Sa dépouille a même été "naturalisée" :

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Il s'agit d'une coproduction franco-canado-états-unienne. Signalons qu'aussi bien dans la version originale (en anglais) qu'en français, le "poilu" costaud (cuisinier dans le civil) qui devient ami avec le maître de Stubby a la voix de Gérard Depardieu, qui fait bien le job.

   Mais le principal atout de ce film est son personnage éponyme. Il est très bien animé (contrairement aux personnages humains, dessinés de manière un peu schématique) et, surtout, il est adorable. Non, mais, quel cabot !

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Le scénario s'appuie sur des données historiques : l'entraînement des soldats, la vie dans les tranchées, la menace du gaz, la médiocrité de la nourriture, la découverte du vin par les Américains, l'arrivée de la grippe espagnole... Il y a aussi pas mal de clichés sur la France et les Français (le film est d'abord destiné aux spectateurs d'outre-Atlantique), mais cela reste bon enfant. Comme on vise aussi le jeune public, on a évité ce qui pourrait trop le choquer : on ne voit donc pas de corps éclater ni de sang gicler. C'est un peu aseptisé de ce point de vue, même si l'on ne nous cache pas que la guerre fait des ravages.

   J'ai beaucoup aimé ce film, enlevé et assez joyeux, qui tourne autour d'une belle histoire d'amitié entre un chien et des humains.

   P.S.

   Nombre de Français savent que Stubby n'est pas le plus célèbre chien de la Première Guerre mondiale. C'est Rintintin, né en France et sans doute sauvé d'une mort certaine par des soldats américains. Ramené aux Etats-Unis par le caporal Lee Duncan, il est devenu une vedette de cinéma. (Il serait néanmoins enterré en France, au cimetière d'Asnières.) C'est l'un de ses descendants qui aurait été utilisé dans la série télévisée qui porte son nom.

 

Stubby

   Ce film d'animation est sorti le mois dernier dans une relative confidentialité. Pourtant, le sujet qu'il traite est porteur : les aventures d'un chien des rues américain, devenu la mascotte d'un régiment d'infanterie de l'armée d'Oncle Sam, à la fin de la Première Guerre mondiale. Si l'intrigue comporte des éléments fictionnels, l'histoire du chien est vraie : à sa mort, il a eu droit à une nécrologie dans The New York Times ! Sa dépouille a même été "naturalisée" :

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Il s'agit d'une coproduction franco-canado-états-unienne. Signalons qu'aussi bien dans la version originale (en anglais) qu'en français, le "poilu" costaud (cuisinier dans le civil) qui devient ami avec le maître de Stubby a la voix de Gérard Depardieu, qui fait bien le job.

   Mais le principal atout de ce film est son personnage éponyme. Il est très bien animé (contrairement aux personnages humains, dessinés de manière un peu schématique) et, surtout, il est adorable. Non, mais, quel cabot !

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   Le scénario s'appuie sur des données historiques : l'entraînement des soldats, la vie dans les tranchées, la menace du gaz, la médiocrité de la nourriture, la découverte du vin par les Américains, l'arrivée de la grippe espagnole... Il y a aussi pas mal de clichés sur la France et les Français (le film est d'abord destiné aux spectateurs d'outre-Atlantique), mais cela reste bon enfant. Comme on vise aussi le jeune public, on a évité ce qui pourrait trop le choquer : on ne voit donc pas de corps éclater ni de sang gicler. C'est un peu aseptisé de ce point de vue, même si l'on ne nous cache pas que la guerre fait des ravages.

   J'ai beaucoup aimé ce film, enlevé et assez joyeux, qui tourne autour d'une belle histoire d'amitié entre un chien et des humains.

   P.S.

   Nombre de Français savent que Stubby n'est pas le plus célèbre chien de la Première Guerre mondiale. C'est Rintintin, né en France et sans doute sauvé d'une mort certaine par des soldats américains. Ramené aux Etats-Unis par le caporal Lee Duncan, il est devenu une vedette de cinéma. (Il serait néanmoins enterré en France, au cimetière d'Asnières.) C'est l'un de ses descendants qui aurait été utilisé dans la série télévisée qui porte son nom.

 

samedi, 15 juin 2019

L'Homme qui venait de la mer

   Quinzaine japonaise, acte III. L'homme dont il est question semble assez jeune (âgé de 25-30 ans). Il émerge un jour sur une plage indonésienne, dans la province d'Aceh, sur l'île de Sumatra. Son identité est inconnue (d'autant qu'au début il ne parle quasiment pas), mais il porte des vêtements qui ressemblent à ceux d'un touriste japonais qui a récemment disparu, mais dont personne ne sait à quoi il ressemble.

   Pour éclairer ce mystère, les habitants de la région comptent sur une Japonaise installée là depuis des années. Elle vit avec son fils, issu d'un mariage mixte. Elle est sur le point d'accueillir sa nièce, en provenance du Japon. Dans le même temps, on suit une jeune Indonésienne musulmane qui, en compagnie d'un ami d'enfance, interroge les habitants de l'île, notamment ceux qui ont connu le terrible tsunami de 2004.

   L'intrigue entremêle donc deux propos. D'un côté, il est question des relations entre Indonésiens et Japonais. Pour les plus jeunes habitants de l'île, ceux-ci sont d'abord des touristes issus d'un pays riche. Pour les plus âgés, ce sont des ressortissants d'un ancien envahisseur, dont la "sphère de coprospérité orientale" n'a pas laissé de très bons souvenirs dans la région.

   L'autre versant de l'intrigue est d'ordre surnaturel. L'arrivée de "l'homme de la mer" suscite d'abord la curiosité, puis le trouble. Des phénomènes inexpliqués se produisent. Le voilà qui se met à parler (même si c'est de manière laconique et souvent sibylline), en japonais et en indonésien. De plus, il semble pouvoir se déplacer très rapidement, voire se trouver à deux endroits en même temps, il peut même marcher sur l'eau et... réalise ce qui ressemble à des miracles ! Dans une province très conservatrice, où s'applique la charia et où le principal personnage féminin indonésien déclare sans la moindre gêne qu'il n'est pas question qu'elle épouse un non-musulman, il y a de quoi perturber !

   Mais qu'on imagine pas un propos sociologisant lourdingue. La plupart des choses sont suggérées. Le réalisateur est d'évidence un formaliste, qui construit ses plans dans un objectif d'abord contemplatif. C'est perceptible dès le début, avec la vision de l'homme qui sort progressivement de l'eau, puis nous est montré vu du ciel, étendu sur la plage, à côté des vagues qui viennent lécher le sable.

   Le film ne dure qu'1h25. Il constitue une belle expérience esthétique... et (à mon avis) un acte militant en faveur du "vivre ensemble".

11:15 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

L'Homme qui venait de la mer

   Quinzaine japonaise, acte III. L'homme dont il est question semble assez jeune (âgé de 25-30 ans). Il émerge un jour sur une plage indonésienne, dans la province d'Aceh, sur l'île de Sumatra. Son identité est inconnue (d'autant qu'au début il ne parle quasiment pas), mais il porte des vêtements qui ressemblent à ceux d'un touriste japonais qui a récemment disparu, mais dont personne ne sait à quoi il ressemble.

   Pour éclairer ce mystère, les habitants de la région comptent sur une Japonaise installée là depuis des années. Elle vit avec son fils, issu d'un mariage mixte. Elle est sur le point d'accueillir sa nièce, en provenance du Japon. Dans le même temps, on suit une jeune Indonésienne musulmane qui, en compagnie d'un ami d'enfance, interroge les habitants de l'île, notamment ceux qui ont connu le terrible tsunami de 2004.

   L'intrigue entremêle donc deux propos. D'un côté, il est question des relations entre Indonésiens et Japonais. Pour les plus jeunes habitants de l'île, ceux-ci sont d'abord des touristes issus d'un pays riche. Pour les plus âgés, ce sont des ressortissants d'un ancien envahisseur, dont la "sphère de coprospérité orientale" n'a pas laissé de très bons souvenirs dans la région.

   L'autre versant de l'intrigue est d'ordre surnaturel. L'arrivée de "l'homme de la mer" suscite d'abord la curiosité, puis le trouble. Des phénomènes inexpliqués se produisent. Le voilà qui se met à parler (même si c'est de manière laconique et souvent sibylline), en japonais et en indonésien. De plus, il semble pouvoir se déplacer très rapidement, voire se trouver à deux endroits en même temps, il peut même marcher sur l'eau et... réalise ce qui ressemble à des miracles ! Dans une province très conservatrice, où s'applique la charia et où le principal personnage féminin indonésien déclare sans la moindre gêne qu'il n'est pas question qu'elle épouse un non-musulman, il y a de quoi perturber !

   Mais qu'on imagine pas un propos sociologisant lourdingue. La plupart des choses sont suggérées. Le réalisateur est d'évidence un formaliste, qui construit ses plans dans un objectif d'abord contemplatif. C'est perceptible dès le début, avec la vision de l'homme qui sort progressivement de l'eau, puis nous est montré vu du ciel, étendu sur la plage, à côté des vagues qui viennent lécher le sable.

   Le film ne dure qu'1h25. Il constitue une belle expérience esthétique... et (à mon avis) un acte militant en faveur du "vivre ensemble".

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vendredi, 14 juin 2019

Ne coupez pas !

   Quinzaine japonaise, acte II. Cette fois-ci, j'ai vu un film avec de vrais acteurs. Cette petite production nipponne, sortie en France en avril dernier, fait beaucoup parler d'elle. Son titre est à double sens : il s'agit bien entendu d'une expression propre au domaine cinématographique (et l'un des personnages la prononce au cours du film)... et c'est une allusion à certaines péripéties, qui font intervenir des morts-vivants... et une hache.

   Nous voilà plongés dans le tournage d'un film d'horreur bon marché. Le site est une ancienne station d'épuration, dont on finit par apprendre que, des années auparavant, elle a été un centre d'expérimentations de l'armée japonaise. Très vite, cela dérape : d'authentiques zombies débarquent et s'attaquent à l'équipe de tournage.

   Je ne peux pas en dire trop, mais sachez qu'à cette première mise en abyme succède une autre, puis encore une autre. La première partie prend la forme d'un unique plan séquence de trente minutes environ... et ce que l'on voit à l'écran est très mauvais. C'est une caricature de tout ce que l'on peut rassembler comme clichés sur un film d'horreur. Cela m'a d'ailleurs inquiété. La suite serait-elle du même tonneau ?

   Heureusement non. La deuxième partie de l'histoire est un retour en arrière, qui nous raconte la genèse du film, de l'écriture du scénario aux répétitions du plan-séquence, en passant par le choix des comédiens, parfois dû au hasard. C'est une vision ironique du monde du cinéma, avec ses coquetteries et ses jalousies.

   Mais le meilleur vient avec la troisième partie. On revoit le navet du début, mais du point de vue des coulisses. On découvre comment le plan-séquence a été tourné et, là, cela devient franchement drôle. Tout ce qui paraissait bizarre, mal fagoté voire incompréhensible au début s'éclaire sous un jour nouveau, en général comique. C'est un joli tour de force, qui incite les spectateurs à la patience et à la modestie : ce qui de prime abord ressemblait à un épouvantable nanard se révèle une oeuvre expérimentale plutôt ingénieuse.

14:18 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Ne coupez pas !

   Quinzaine japonaise, acte II. Cette fois-ci, j'ai vu un film avec de vrais acteurs. Cette petite production nipponne, sortie en France en avril dernier, fait beaucoup parler d'elle. Son titre est à double sens : il s'agit bien entendu d'une expression propre au domaine cinématographique (et l'un des personnages la prononce au cours du film)... et c'est une allusion à certaines péripéties, qui font intervenir des morts-vivants... et une hache.

   Nous voilà plongés dans le tournage d'un film d'horreur bon marché. Le site est une ancienne station d'épuration, dont on finit par apprendre que, des années auparavant, elle a été un centre d'expérimentations de l'armée japonaise. Très vite, cela dérape : d'authentiques zombies débarquent et s'attaquent à l'équipe de tournage.

   Je ne peux pas en dire trop, mais sachez qu'à cette première mise en abyme succède une autre, puis encore une autre. La première partie prend la forme d'un unique plan séquence de trente minutes environ... et ce que l'on voit à l'écran est très mauvais. C'est une caricature de tout ce que l'on peut rassembler comme clichés sur un film d'horreur. Cela m'a d'ailleurs inquiété. La suite serait-elle du même tonneau ?

   Heureusement non. La deuxième partie de l'histoire est un retour en arrière, qui nous raconte la genèse du film, de l'écriture du scénario aux répétitions du plan-séquence, en passant par le choix des comédiens, parfois dû au hasard. C'est une vision ironique du monde du cinéma, avec ses coquetteries et ses jalousies.

   Mais le meilleur vient avec la troisième partie. On revoit le navet du début, mais du point de vue des coulisses. On découvre comment le plan-séquence a été tourné et, là, cela devient franchement drôle. Tout ce qui paraissait bizarre, mal fagoté voire incompréhensible au début s'éclaire sous un jour nouveau, en général comique. C'est un joli tour de force, qui incite les spectateurs à la patience et à la modestie : ce qui de prime abord ressemblait à un épouvantable nanard se révèle une oeuvre expérimentale plutôt ingénieuse.

14:18 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 13 juin 2019

Maquia - When the promised flower blooms

   Dans le cadre de la quinzaine japonaise des cinémas CGR (les Saisons Hanabi), j'ai découvert ce film d'animation, dont l'intrigue s'inscrit dans un univers d'heroic fantasy, où l'on perçoit l'influence de l'oeuvre de Tolkien. L'action se déroule dans un Moyen Age fantasmé, urbain et rural, avec des châteaux-forts, des chevaliers, des auberges, des marchands et des paysans.

   On y croise des êtres fabuleux, comme les Renatos, sortes de dragons ailés, et le peuple Iolph, à l'extraordinaire longévité : quand les humains vieillissent de 10 ans, eux gagnent l'équivalent d'un ou deux ans. Maquia est l'une d'entre eux. Comme la plupart des femmes de son peuple, elle vit isolée du reste du monde et consacre ses journées à tisser d'impressionnantes étoffes, qui racontent les destins des êtres.

   Cette quiétude est chamboulée par l'intrusion des soldats du royaume voisin, qui massacrent la population pour ne garder que quelques femmes. La meilleure amie de Maquia est dans ce cas, tandis que l'héroïne réchappe par miracle à la tuerie... et s'entiche d'un bébé dont les parents ont été tués.

   A partir de ce moment, l'intrigue se dédouble. On suit Leilia retenue prisonnière au royaume, mariée de force à l'héritier de la couronne, tandis que meurent peu à peu les derniers Renatos, pour une raison mystérieuse. Dans le même temps, Maquia mène sa petite vie de mère célibataire, d'abord à la campagne, où elle se fait des amis, puis en ville. Au bout de quelques années, elle se force à migrer, pour éviter que les humains qu'elle côtoie ne se demandent comment il se peut qu'elle ne vieillisse pas, alors que son bébé devient un enfant, un adolescent, puis un jeune adulte.

   Le fond de l'histoire est donc riche. La jeune Iolph va comprendre pourquoi on leur interdisait de vivre parmi les humains : ceux-ci peuvent se montrer agressifs avec ce qu'ils ne comprennent pas et tout Iolph est destiné à voir rapidement vieillir et mourir les personnes qu'il/elle aime. C'est aussi une réflexion sur la maternité et l'éducation des enfants. Signalons que l'auteur, Mari Okada, est une femme, scénariste de formation.

   Le graphisme n'en est pas moins très élaboré. Certains plans sont une véritable splendeur, comparables à ce qu'on peut voir dans les meilleures oeuvres d'Hayao Miyazaki.

   J'ai donc beaucoup apprécié ce film, en dépit de ses longueurs et de l'aspect un peu trop mélo de la seconde partie. Celle-ci est aussi parfois trépidante, avec l'assaut du château principal par des rivaux des kidnappeurs du début.

   Je recommande vivement cette oeuvre originale, parfois captivante.

17:43 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Maquia - When the promised flower blooms

   Dans le cadre de la quinzaine japonaise des cinémas CGR (les Saisons Hanabi), j'ai découvert ce film d'animation, dont l'intrigue s'inscrit dans un univers d'heroic fantasy, où l'on perçoit l'influence de l'oeuvre de Tolkien. L'action se déroule dans un Moyen Age fantasmé, urbain et rural, avec des châteaux-forts, des chevaliers, des auberges, des marchands et des paysans.

   On y croise des êtres fabuleux, comme les Renatos, sortes de dragons ailés, et le peuple Iolph, à l'extraordinaire longévité : quand les humains vieillissent de 10 ans, eux gagnent l'équivalent d'un ou deux ans. Maquia est l'une d'entre eux. Comme la plupart des femmes de son peuple, elle vit isolée du reste du monde et consacre ses journées à tisser d'impressionnantes étoffes, qui racontent les destins des êtres.

   Cette quiétude est chamboulée par l'intrusion des soldats du royaume voisin, qui massacrent la population pour ne garder que quelques femmes. La meilleure amie de Maquia est dans ce cas, tandis que l'héroïne réchappe par miracle à la tuerie... et s'entiche d'un bébé dont les parents ont été tués.

   A partir de ce moment, l'intrigue se dédouble. On suit Leilia retenue prisonnière au royaume, mariée de force à l'héritier de la couronne, tandis que meurent peu à peu les derniers Renatos, pour une raison mystérieuse. Dans le même temps, Maquia mène sa petite vie de mère célibataire, d'abord à la campagne, où elle se fait des amis, puis en ville. Au bout de quelques années, elle se force à migrer, pour éviter que les humains qu'elle côtoie ne se demandent comment il se peut qu'elle ne vieillisse pas, alors que son bébé devient un enfant, un adolescent, puis un jeune adulte.

   Le fond de l'histoire est donc riche. La jeune Iolph va comprendre pourquoi on leur interdisait de vivre parmi les humains : ceux-ci peuvent se montrer agressifs avec ce qu'ils ne comprennent pas et tout Iolph est destiné à voir rapidement vieillir et mourir les personnes qu'il/elle aime. C'est aussi une réflexion sur la maternité et l'éducation des enfants. Signalons que l'auteur, Mari Okada, est une femme, scénariste de formation.

   Le graphisme n'en est pas moins très élaboré. Certains plans sont une véritable splendeur, comparables à ce qu'on peut voir dans les meilleures oeuvres d'Hayao Miyazaki.

   J'ai donc beaucoup apprécié ce film, en dépit de ses longueurs et de l'aspect un peu trop mélo de la seconde partie. Celle-ci est aussi parfois trépidante, avec l'assaut du château principal par des rivaux des kidnappeurs du début.

   Je recommande vivement cette oeuvre originale, parfois captivante.

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mercredi, 12 juin 2019

X-Men : Dark Phoenix

   Ce film vient mettre un point final à la deuxième vague d'adaptations de la meilleure série BD de Marvel... avant sans doute un nouveau reboot, la Fox ayant été rachetée par Disney, dont les crânes d'oeuf  veulent intégrer les aventures des mutants à l'univers cinématographique Marvel (le MCU, dans la langue de Donald Trump).

   Exit Bryan Singer (sans doute pour des raisons non artistiques...), l'un des plus brillants metteurs en scène de sa génération, qui avait donné vie aux X-Men (en 2000) et qui avait repris en mains la série de films jusqu'à X-Men Apocalypse. C'est l'un de ses scénaristes, Simon Kinberg, qui a été chargé de parachever l'oeuvre relancée en 2011 avec X-Men - Le Commencement.

   Au niveau des effets spéciaux, on a visiblement mis le paquet. C'est assez impressionnant, mais pas toujours bien inséré dans l'intrigue. J'ai eu l'impression qu'on cherchait à m'épater pour masquer les faiblesses du film. La réalisation est quelconque, le scénario poussif et l'interprétation moyenne. Seule la séquence d'attaque du train en marche sort de l'ordinaire.

   Je suis particulièrement déçu par le scénario. On a visiblement voulu éviter les redites avec la première trilogie... mais on a aussi presque totalement négligé le matériau d'origine, une série d'épisodes de la bande dessinée, datant de 1982-1983, publiés en France par les éditions LUG dans la revue Spécial Strange :

cinéma,cinema,film,films

   Dans l'histoire originelle, le phénix noir est responsable d'un génocide interplanétaire et sa vie est l'enjeu d'un combat de héros, l'équipe des X-Men étant opposée aux champions des autres galaxies, qui veulent les vaincre pour venger la mort des habitants victimes de la démesure du Phénix. Ça a une autre gueule que les chicayas terrestres de ce film. On a beau avoir épicé l'affaire avec la mort d'un des membres de l'équipe, l'ensemble témoigne d'une faible inventivité.

   De plus, c'est trop verbeux. On se mange des tunnels de dialogues sans intérêt (et j'ai vu le film en version originale sous-titrée...). De surcroît, le déroulement de l'intrigue ne charrie aucune émotion. C'est bien trop prévisible. Et nombre de scènes semblent factices.

   C'est peut-être parce qu'une partie des interprètes n'est pas au niveau. Je persiste à penser que James McAvoy est un mauvais choix pour incarner le professeur Xavier. Quant au jeu de Tye Sheridan (Cyclope), il a autant de saveur qu'une escalope non cuite. Je lui décerne la palme de l'insignifiance avec Sophie Turner, d'une affligeante platitude dans le rôle-titre. (Rendez-nous Famke Janssen !) Un conseil aux directeurs de casting : arrêtez de penser que, parce qu'un bogosse ou une midinette a figuré dans Game of Thrones, c'est un.e comédien.ne de génie !

   Aux amateurs de comics, je conseille plutôt de se replonger dans la BD, ou d'attendre la Fête du cinéma, afin que cette séance médiocre ne pèse pas trop sur leur budget sorties.

19:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

X-Men : Dark Phoenix

   Ce film vient mettre un point final à la deuxième vague d'adaptations de la meilleure série BD de Marvel... avant sans doute un nouveau reboot, la Fox ayant été rachetée par Disney, dont les crânes d'oeuf  veulent intégrer les aventures des mutants à l'univers cinématographique Marvel (le MCU, dans la langue de Donald Trump).

   Exit Bryan Singer (sans doute pour des raisons non artistiques...), l'un des plus brillants metteurs en scène de sa génération, qui avait donné vie aux X-Men (en 2000) et qui avait repris en mains la série de films jusqu'à X-Men Apocalypse. C'est l'un de ses scénaristes, Simon Kinberg, qui a été chargé de parachever l'oeuvre relancée en 2011 avec X-Men - Le Commencement.

   Au niveau des effets spéciaux, on a visiblement mis le paquet. C'est assez impressionnant, mais pas toujours bien inséré dans l'intrigue. J'ai eu l'impression qu'on cherchait à m'épater pour masquer les faiblesses du film. La réalisation est quelconque, le scénario poussif et l'interprétation moyenne. Seule la séquence d'attaque du train en marche sort de l'ordinaire.

   Je suis particulièrement déçu par le scénario. On a visiblement voulu éviter les redites avec la première trilogie... mais on a aussi presque totalement négligé le matériau d'origine, une série d'épisodes de la bande dessinée, datant de 1982-1983, publiés en France par les éditions LUG dans la revue Spécial Strange :

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   Dans l'histoire originelle, le phénix noir est responsable d'un génocide interplanétaire et sa vie est l'enjeu d'un combat de héros, l'équipe des X-Men étant opposée aux champions des autres galaxies, qui veulent les vaincre pour venger la mort des habitants victimes de la démesure du Phénix. Ça a une autre gueule que les chicayas terrestres de ce film. On a beau avoir épicé l'affaire avec la mort d'un des membres de l'équipe, l'ensemble témoigne d'une faible inventivité.

   De plus, c'est trop verbeux. On se mange des tunnels de dialogues sans intérêt (et j'ai vu le film en version originale sous-titrée...). De surcroît, le déroulement de l'intrigue ne charrie aucune émotion. C'est bien trop prévisible. Et nombre de scènes semblent factices.

   C'est peut-être parce qu'une partie des interprètes n'est pas au niveau. Je persiste à penser que James McAvoy est un mauvais choix pour incarner le professeur Xavier. Quant au jeu de Tye Sheridan (Cyclope), il a autant de saveur qu'une escalope non cuite. Je lui décerne la palme de l'insignifiance avec Sophie Turner, d'une affligeante platitude dans le rôle-titre. (Rendez-nous Famke Janssen !) Un conseil aux directeurs de casting : arrêtez de penser que, parce qu'un bogosse ou une midinette a figuré dans Game of Thrones, c'est un.e comédien.ne de génie !

   Aux amateurs de comics, je conseille plutôt de se replonger dans la BD, ou d'attendre la Fête du cinéma, afin que cette séance médiocre ne pèse pas trop sur leur budget sorties.

19:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 11 juin 2019

Ma

   C'est le surnom de Sue Ann, une quadragénaire afro-américaine qui vit apparemment seule dans une maison isolée, dans une petite ville d'un coin perdu des Etats-Unis (dans l'Ohio). Son métier (assistante vétérinaire) lui a fait connaître un peu tout le monde. Elle n'hésite pas à rendre service à son prochain, à l'occasion.

   L'histoire commence avec l'emménagement d'une mère (Erica) et de sa fille (Maggie), en provenance de Californie. On apprend bientôt que, pour la mère, c'est un retour aux sources : elle a vécu dans cette petite ville, où sont restés la plupart de ses camarades de lycée. Sa propre fille se met d'ailleurs à fréquenter les enfants de certains d'entre eux.

   Le problème pour ces jeunes est de trouver à quoi occuper leurs loisirs. Il n'y a pas de véritable attraction dans les parages, à part des ruines où certains se réunissent pour picoler. Le but est de se procurer de l'alcool, dont la vente est interdite aux moins de 21 ans.

   C'est là que Ma intervient. Elle accepte de jouer les intermédiaires, puis propose que les soirées alcoolisées se déroulent dans la grande cave de sa maison. Les jeunes ne doivent par contre sous aucun prétexte monter dans les étages.

   Elle a beau être sympa, cette Sue Ann est parfois un peu flippante. Il lui arrive de surgir de nulle part. De plus, elle commence à s'incruster dans la vie d'un de ces groupes d'ados, par l'intermédiaire des smartphones et des réseaux sociaux. Et puis il y a cette coupe de cheveux démodée, qui lui donne parfois un aspect inquiétant, surtout quand elle a des sautes d'humeur.

   La première heure est une lente montée en tension. Petit à petit, des indices ténus éveillent l'inquiétude de Maggie, plus méfiante que ses camarades de beuverie. Pour les spectateurs, on a ajouté des retours en arrière. On comprend que, vingt ans plus tôt, au lycée, il s'est passé quelque chose qui lie certains des habitants de la ville. Les quarante dernières minutes font basculer le film dans quelque chose de plus conventionnel, d'une violence nette et sans bavure.

   C'est très bien réalisé, avec beaucoup d'ambiguïté dans la première partie, de manière plus frontale dans la seconde. On connaît le réalisateur Tate Taylor pour La Couleur des sentiments (film qui a véritablement lancé Octavia Spencer, formidable ici en Ma), Get on up et La Fille du train. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais un très bon film de genre, avec de surcroît un arrière-plan sociétal.

ATTENTION !

LA SUITE RÉVÈLE DES ÉLÉMENTS CLÉS DE L'INTRIGUE.

   Dans tout bon film d'épouvante nord-américain s'exerce une sorte de justice immanente. Soit le groupe de personnages qui se fait trucider a commis des "fautes" au début de l'histoire, soit il s'agit d'un passé honteux qui ressurgit.

   Ici, c'est l'ancienne lycéenne afro-américaine complexée qui va se venger des Blancs dominants. C'est donc la revanche d'un membre des "minorités visibles" et d'une jeune femme opprimée, que l'introversion et l'obésité ont contribué à éloigner des "gens normaux". Au sens symbolique, l'intrigue voit la revanche du second rôle sur les (anciennes) vedettes. Avant que sa carrière ne décolle, ces 8-10 dernières années, Octavia Spencer était cantonnée dans des personnages annexes, parfois caricaturaux. Ici, c'est elle qui mène la danse, face à une ancienne gloire comme Juliette Lewis et un mâle dominant comme Luke Evans.

11:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, flms

Ma

   C'est le surnom de Sue Ann, une quadragénaire afro-américaine qui vit apparemment seule dans une maison isolée, dans une petite ville d'un coin perdu des Etats-Unis (dans l'Ohio). Son métier (assistante vétérinaire) lui a fait connaître un peu tout le monde. Elle n'hésite pas à rendre service à son prochain, à l'occasion.

   L'histoire commence avec l'emménagement d'une mère (Erica) et de sa fille (Maggie), en provenance de Californie. On apprend bientôt que, pour la mère, c'est un retour aux sources : elle a vécu dans cette petite ville, où sont restés la plupart de ses camarades de lycée. Sa propre fille se met d'ailleurs à fréquenter les enfants de certains d'entre eux.

   Le problème pour ces jeunes est de trouver à quoi occuper leurs loisirs. Il n'y a pas de véritable attraction dans les parages, à part des ruines où certains se réunissent pour picoler. Le but est de se procurer de l'alcool, dont la vente est interdite aux moins de 21 ans.

   C'est là que Ma intervient. Elle accepte de jouer les intermédiaires, puis propose que les soirées alcoolisées se déroulent dans la grande cave de sa maison. Les jeunes ne doivent par contre sous aucun prétexte monter dans les étages.

   Elle a beau être sympa, cette Sue Ann est parfois un peu flippante. Il lui arrive de surgir de nulle part. De plus, elle commence à s'incruster dans la vie d'un de ces groupes d'ados, par l'intermédiaire des smartphones et des réseaux sociaux. Et puis il y a cette coupe de cheveux démodée, qui lui donne parfois un aspect inquiétant, surtout quand elle a des sautes d'humeur.

   La première heure est une lente montée en tension. Petit à petit, des indices ténus éveillent l'inquiétude de Maggie, plus méfiante que ses camarades de beuverie. Pour les spectateurs, on a ajouté des retours en arrière. On comprend que, vingt ans plus tôt, au lycée, il s'est passé quelque chose qui lie certains des habitants de la ville. Les quarante dernières minutes font basculer le film dans quelque chose de plus conventionnel, d'une violence nette et sans bavure.

   C'est très bien réalisé, avec beaucoup d'ambiguïté dans la première partie, de manière plus frontale dans la seconde. On connaît le réalisateur Tate Taylor pour La Couleur des sentiments (film qui a véritablement lancé Octavia Spencer, formidable ici en Ma), Get on up et La Fille du train. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais un très bon film de genre, avec de surcroît un arrière-plan sociétal.

ATTENTION !

LA SUITE RÉVÈLE DES ÉLÉMENTS CLÉS DE L'INTRIGUE.

   Dans tout bon film d'épouvante nord-américain s'exerce une sorte de justice immanente. Soit le groupe de personnages qui se fait trucider a commis des "fautes" au début de l'histoire, soit il s'agit d'un passé honteux qui ressurgit.

   Ici, c'est l'ancienne lycéenne afro-américaine complexée qui va se venger des Blancs dominants. C'est donc la revanche d'un membre des "minorités visibles" et d'une jeune femme opprimée, que l'introversion et l'obésité ont contribué à éloigner des "gens normaux". Au sens symbolique, l'intrigue voit la revanche du second rôle sur les (anciennes) vedettes. Avant que sa carrière ne décolle, ces 8-10 dernières années, Octavia Spencer était cantonnée dans des personnages annexes, parfois caricaturaux. Ici, c'est elle qui mène la danse, face à une ancienne gloire comme Juliette Lewis et un mâle dominant comme Luke Evans.

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lundi, 10 juin 2019

La Cité de la peur

   Vingt-cinq ans après sa sortie officielle, le "film de Les Nuls", réalisé par leur comparse Alain Berbérian, est de nouveau sur les écrans français, dans une version restaurée. A Rodez, le cinéma CGR a organisé une séance spéciale, dimanche soir, à 19h45. Le film a eu les honneurs de la salle 1, la plus grande, la seule dotée d'un projecteur 4K, ainsi que l'a précisé dans sa présentation Yann Marie, le directeur de l'établissement. (Au cas -improbable- où certains pontes de CGR liraient ce billet, je me permets de leur suggérer d'équiper d'autres salles ruthénoises de cette technologie.)

   Le public allait-il répondre présent à ce "plan culte" un peu spécial ? Compte tenu de ma dernière expérience de séance particulière (c'était pour le documentaire Lourdes, qui a fait salle comble), je suis arrivé un peu en avance... et j'ai bien fait : je n'ai pas eu à jouer des coudes parmi la centaine de milliers quinzaine de spectateurs présents.

   En guise de hors-d'oeuvre, nous avons eu droit à un petit questionnaire sur le film. Une bonne réponse donnait droit à l'affiche de celui-ci, accompagnée d'un magnifique... sac à vomi (référence au personnage de Simon Jérémi, interprété par Dominique Farrugia) :

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   En réalité, il s'agit plutôt d'un sac à pop-corn, mais qui n'est pas utilisé dans ce cinéma, où les portions sont vendues dans d'énormes gobelets.

   Quoi qu'il en soit, même si le public a semble-t-il apprécié la séance, aucun des spectateurs n'a été a priori victime du même syndrome que celui qui frappe Simon Jérémi... Les sièges et la moquette leur en sont infiniment reconnaissants !

   Dans ce sac se trouvaient un stylo à l'effigie d'un film à grand spectacle (dont je parlerai bientôt) et un drôle de petit paquet, sur lequel je vais laisser planer le mystère :

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   J'ai donc réussi à répondre juste à l'une des quatorze questions posées. Pour être franc, je dois reconnaître que je n'aurais pas fait un sans-faute. J'avais notamment oublié le record olympique battu par Serge Karamazov au cours d'une mémorable poursuite. (Honte à moi !)

   Notons que le directeur du cinéma de Rodez a fait les choses en grand. Il avait recruté une (très) jeune mannequin, prénommée Capucine, qui, durant un bon quart d'heure, a cavalé de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche de l'amphithéâtre de la salle 1 pour distribuer les prix des vainqueurs. Nul ne peut douter que, d'ici quelques années, cette jeune athlète s'illustrera dans une compétition sportive et que, peut-être, elle redorera le blason du tennis national, dont les représentants franco-suisses ont une fois de plus sombré à Roland-Garros cette année.

   A ces réjouissances a succédé la projection du film, que plusieurs (jeunes) personnes présentes dans la salle n'avaient encore jamais vu. Je n'ai pas boudé mon plaisir à redécouvrir la Carioca sur grand écran (mieux exécutée qu'à Cannes cette année), ainsi que les répliques cultes d'Odile Deray, Serge Karamazov ou encore du commissaire Bialès. J'ai aussi senti un petit pincement au coeur lorsqu'est arrivé le passage rendant hommage au quatrième larron de la bande, Bruno Carette. Précocement décédé en 1989, celui qui participa dès le début à l'aventure des Nuls incarna entre autres l'incommensurable Misou-Mizou.

   Si l'on prend un peu de recul cinéphilique, on se rend compte que la bande d'humoristes a réalisé un film authentiquement français... nourri principalement de références au cinéma anglo-saxon, des Griffes de la nuit à Terminator, en passant par Vendredi 13, Basic Instinct (mais aussi Le Cuirassé Potemkine et Les 400 Coups).

   P.S.

   Aux amateurs de quizz, je signale qu'il en existe plusieurs sur La Cité de la peur, notamment celui-ci.

22:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films