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vendredi, 16 décembre 2016

Premier Contact

   J'ai été alléché par l'offre : un film de science-fiction réalisé par Denis Villeneuve (auteur de Sicario, Enemy et Incendies), avec Amy Adams, Jeremy Renner et Forest Withaker au générique. On commence avec de très longues scènes d'exposition, qui nous présentent les principaux personnages et la situation mondiale (l'arrivée de vaisseaux spatiaux inconnus), qui n'a rien d'inédit dans le petit monde du cinéma d'anticipation.

   Il paraît que Villeneuve s'est d'abord inspiré de Rencontres du troisième type (de Spielberg). Moi, j'ai surtout vu des références à Mission to Mars et 2001 l'Odyssée de l'espace. Ce n'est d'ailleurs pas forcément déplaisant.

   Cependant, très vite, l'ambiance est plombée. Je ne sais pas si c'est dû au doublage, mais tout le monde m'a paru dépressif. Il y a tout d'abord l'héroïne (Louise), très souvent au bord des larmes ou de l'évanouissement. Mais les hommes qui l'entourent ne valent pas mieux : on dirait qu'ils sont sur le point de se tirer une balle ou d'accepter l'idée que la fin du monde est inéluctable. Scientifiques, militaires, bureaucrates et politiques ne brillent ni par leur réactivité ni par leur inventivité.

   Sauf Louise.

   On se dit assez vite qu'elle ne s'est pas retrouvée là par hasard. On a toutefois du mal à comprendre l'insertion régulière des scènes qui semblent se passer dans la tête de l'héroïne. Pour moi, tout s'est éclairé à partir du moment où elle a commencé à décoder le langage des extraterrestres. (Notons que ceux-ci sont sans doute la plus belle réussite de ce film, finalement très conventionnel.) Je vous donne un indice : le langage idéographique circulaire est le signe qu'il ne faut pas se fier à la notion linéaire du temps. En réalité, l'intrigue forme une boucle temporelle, que je me garderai bien de révéler, histoire de laisser aux éventuels spectateurs l'un des rares plaisirs que procure la vision de cette guimauve.

   Pour que cela tienne la route, il faut que le scénario nous mente. Le début nous induit donc en erreur. C'est l'un des messages transmis par un heptapode à Louise qui m'a fait tout comprendre. Je me disais aussi : d'habitude, les scénarios sur lesquels s'appuie Villeneuve sont autrement plus charpentés. A partir de là, tout prenait sens... mais c'était pour déboucher sur un tunnel de larmoyance et de vacuité, vers la conclusion prévisible de l'histoire.

   Concernant l'habillage, on alterne rigorisme et effet pompier. Les décors sont très réussis et suggèrent l'étrangeté avec une relative économie de moyens. Par contre, la musique... Au début, on nous asperge de sons graves et sentencieux, pour qu'on comprenne bien que la survie de l'humanité est en jeu. Vers la fin, l'aspect inéluctable du déroulement d'une partie de l'histoire est souligné par une autre musique, mi-gaie mi-désespérée... tout aussi chiante.

   Franchement, quelle déception !

23:19 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 15 décembre 2016

Papa ou maman 2

   J'avais deux craintes en allant voir ce film : que les auteurs n'aient cherché qu'à exploiter le filon du premier volet (une merveille d'humour corrosif, pour moi) sans se renouveler et que les meilleures scènes soient concentrées dans les bandes-annonces.

   Comme dans le premier, on nous offre dès le début un joli plan-séquence, très maîtrisé, cette fois-ci dans une maison... et même dans deux, puisque les ex-époux ont choisi d'habiter de chaque côté de la même rue, dans une banlieue bourge de Paris. Du coup, presque tout est en double dans cette famille... jusqu'aux chiens, dont je vous laisse découvrir les noms...

   Arrive assez vite la séquence que l'on attend, pour en avoir goûté une part dans la principale bande-annonce : le dîner des deux couples. C'est encore mieux que ce qu'on en a vu. La séquence est assez longue et riche en réparties cinglantes, Laurent Lafitte se révélant une fois de plus excellent à ce petit jeu. Et pourtant, entre la transpiration sous les bras et sa sciatique, son personnage en prend pour son grade !

   L'intérêt est relancé à partir du moment où ce sont les trois enfants qui tentent de prendre les choses en mains. En deux ans, ils ont grandi et les scénaristes ont accordé plus d'autonomie à leurs personnages (alors que les nouveaux compagnons des héros sont surtout des faire-valoir). J'ai adoré la séquence du coup monté avec le smartphone de Florence (Marina Foïs, toujours aussi percutante). On se doute bien que cela va déraper... mais l'on n'imagine pas à quel point, surtout grâce à Michel Vuillermoz, dont l'intervention ne manque pas de "mordant" !...

   C'est que les enfants aimeraient bien que leurs parents se rabibochent. Un séjour à la Réunion va être le prétexte de cette comédie des apparences, où le duo de héros n'est jamais sur la même longueur d'onde que les enfants. C'est habilement mis en scène, d'autant plus que les personnages changent d'avis en cours de route !

   Cette partie contient un petit moment d'anthologie : une scène père-fils, entre hommes, au cours de laquelle les deux mâles vont filer la métaphore culinaire (entre nems et porc au caramel, le tout sur fond de Youporn). C'est évidemment une parodie des scènes de ce genre, qui pullulent dans les productions américaines grand public. On notera que ce sont les enfants qui se comportent comme des adultes responsables, les deux parents semblant revivre une part de leur adolescence... au désespoir de la grand-mère (Nicole Garcia, très bien) !

   Un vent de folie va se mettre à souffler sur cette réunion familiale, qui n'est pas sans rappeler le règlement de comptes du premier épisode, qui aboutit à la destruction de la maison. Ici, on finit par se battre à coups de poules ! La toute fin est un peu prévisible, mais elle constitue un ultime pied-de-nez et clôture une très agréable comédie, pas aussi tordante que la précédente, mais au cours de laquelle j'ai souvent ricané.

23:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Papa ou maman 2

   J'avais deux craintes en allant voir ce film : que les auteurs n'aient cherché qu'à exploiter le filon du premier volet (une merveille d'humour corrosif, pour moi) sans se renouveler et que les meilleures scènes soient concentrées dans les bandes-annonces.

   Comme dans le premier, on nous offre dès le début un joli plan-séquence, très maîtrisé, cette fois-ci dans une maison... et même dans deux, puisque les ex-époux ont choisi d'habiter de chaque côté de la même rue, dans une banlieue bourge de Paris. Du coup, presque tout est en double dans cette famille... jusqu'aux chiens, dont je vous laisse découvrir les noms...

   Arrive assez vite la séquence que l'on attend, pour en avoir goûté une part dans la principale bande-annonce : le dîner des deux couples. C'est encore mieux que ce qu'on en a vu. La séquence est assez longue et riche en réparties cinglantes, Laurent Lafitte se révélant une fois de plus excellent à ce petit jeu. Et pourtant, entre la transpiration sous les bras et sa sciatique, son personnage en prend pour son grade !

   L'intérêt est relancé à partir du moment où ce sont les trois enfants qui tentent de prendre les choses en mains. En deux ans, ils ont grandi et les scénaristes ont accordé plus d'autonomie à leurs personnages (alors que les nouveaux compagnons des héros sont surtout des faire-valoir). J'ai adoré la séquence du coup monté avec le smartphone de Florence (Marina Foïs, toujours aussi percutante). On se doute bien que cela va déraper... mais l'on n'imagine pas à quel point, surtout grâce à Michel Vuillermoz, dont l'intervention ne manque pas de "mordant" !...

   C'est que les enfants aimeraient bien que leurs parents se rabibochent. Un séjour à la Réunion va être le prétexte de cette comédie des apparences, où le duo de héros n'est jamais sur la même longueur d'onde que les enfants. C'est habilement mis en scène, d'autant plus que les personnages changent d'avis en cours de route !

   Cette partie contient un petit moment d'anthologie : une scène père-fils, entre hommes, au cours de laquelle les deux mâles vont filer la métaphore culinaire (entre nems et porc au caramel, le tout sur fond de Youporn). C'est évidemment une parodie des scènes de ce genre, qui pullulent dans les productions américaines grand public. On notera que ce sont les enfants qui se comportent comme des adultes responsables, les deux parents semblant revivre une part de leur adolescence... au désespoir de la grand-mère (Nicole Garcia, très bien) !

   Un vent de folie va se mettre à souffler sur cette réunion familiale, qui n'est pas sans rappeler le règlement de comptes du premier épisode, qui aboutit à la destruction de la maison. Ici, on finit par se battre à coups de poules ! La toute fin est un peu prévisible, mais elle constitue un ultime pied-de-nez et clôture une très agréable comédie, pas aussi tordante que la précédente, mais au cours de laquelle j'ai souvent ricané.

23:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 11 décembre 2016

Doctor Strange

   C'est ce qu'on appelle une séance de rattrapage. J'ai trop tardé avant de me décider à aller voir ce film qui, du coup, n'était plus programmé ou alors uniquement en 3D, un calvaire de près de deux heures que je refuse d'imposer à mes yeux.

   Et pourtant, au vu de la qualité des effets spéciaux (parmi les plus spectaculaires qu'il m'ait été permis d'observer), le visionnage en 3D peut se justifier dans le cas de ce film. Dès la séquence inaugurale, on nous en met plein la vue, avec, de surcroît, l'intervention de deux très bons acteurs : Tilda Swinton et Mads Mikkelsen, qui fait de nouveau un très bon méchant.

   Mais, bien vite, l'attention des spectateurs est focalisée sur Stephen Strange, sorte de décalque de Tony Stark : il est jeune, beau gosse, brillant, arrogant, riche. Dans le rôle, Benedict Cumberbatch est à son aise, même si, pour le public de la version française, il faut s'habituer à une voix de doublage qui n'est pas celle qu'on lui connaît, notamment dans la série Sherlock. Clin d'oeil du scénario : quand Strange émerge d'un immeuble londonien où il a été téléporté, il se trouve 177 A, Bleecker Street, une possible référence au célèbre 221 B Baker Street. (Mais c'est aussi une adresse de Strange dans la bande dessinée d'origine.)

   A partir du moment où Strange perd presque tout, l'histoire prend de l'épaisseur, même si l'on n'échappe pas aux idées reçues sur les philosophies religions orientales. Le nouvel apprenti magicien se révèle là encore doué, ce qui fait qu'il brûle les étapes... et permet à l'intrigue d'avancer !

   Ce sont de nouveaux les effets spéciaux qui occupent l'attention. C'est vraiment impressionnant, bien que l'accumulation puisse lasser, à la longue. Fort heureusement, on a émaillé certaines scènes de pointes d'humour, qui rendent l'ensemble moins sentencieux (un défaut majeur à mes yeux de certains films de super-héros). Au départ, c'est l'humour sarcastique du chirurgien (et celui de sa charmante collègue) qui font mouche. Par la suite, ce sont les difficultés du nouvel apprenti qui sont sources de gag. La séquence la plus drôle est pour moi celle de l'opération que subit Strange, alors que son double astral se bat avec l'un des "zélotes". J'ai aussi apprécié tout ce qui a trait à la cape de lévitation, presque un personnage en soi (un peu comme la Chose dans La Famille Adams).

   Bref, ce n'est sans doute pas un grand film, mais c'est incontestablement un bon spectacle, à voir sur grand écran.

   P.S.

   Ne quittez pas la salle trop vite : le générique s'interrompt pour nous livrer une scène bonus, entre le héros et un type que l'on a l'habitude de voir porter un gros marteau. C'est drôle... mais c'est surtout l'annonce d'un prochain film... et ce n'est pas terminé : on revoit l'un des personnages de Doctor Strange au bout du bout.

12:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Doctor Strange

   C'est ce qu'on appelle une séance de rattrapage. J'ai trop tardé avant de me décider à aller voir ce film qui, du coup, n'était plus programmé ou alors uniquement en 3D, un calvaire de près de deux heures que je refuse d'imposer à mes yeux.

   Et pourtant, au vu de la qualité des effets spéciaux (parmi les plus spectaculaires qu'il m'ait été permis d'observer), le visionnage en 3D peut se justifier dans le cas de ce film. Dès la séquence inaugurale, on nous en met plein la vue, avec, de surcroît, l'intervention de deux très bons acteurs : Tilda Swinton et Mads Mikkelsen, qui fait de nouveau un très bon méchant.

   Mais, bien vite, l'attention des spectateurs est focalisée sur Stephen Strange, sorte de décalque de Tony Stark : il est jeune, beau gosse, brillant, arrogant, riche. Dans le rôle, Benedict Cumberbatch est à son aise, même si, pour le public de la version française, il faut s'habituer à une voix de doublage qui n'est pas celle qu'on lui connaît, notamment dans la série Sherlock. Clin d'oeil du scénario : quand Strange émerge d'un immeuble londonien où il a été téléporté, il se trouve 177 A, Bleecker Street, une possible référence au célèbre 221 B Baker Street. (Mais c'est aussi une adresse de Strange dans la bande dessinée d'origine.)

   A partir du moment où Strange perd presque tout, l'histoire prend de l'épaisseur, même si l'on n'échappe pas aux idées reçues sur les philosophies religions orientales. Le nouvel apprenti magicien se révèle là encore doué, ce qui fait qu'il brûle les étapes... et permet à l'intrigue d'avancer !

   Ce sont de nouveaux les effets spéciaux qui occupent l'attention. C'est vraiment impressionnant, bien que l'accumulation puisse lasser, à la longue. Fort heureusement, on a émaillé certaines scènes de pointes d'humour, qui rendent l'ensemble moins sentencieux (un défaut majeur à mes yeux de certains films de super-héros). Au départ, c'est l'humour sarcastique du chirurgien (et celui de sa charmante collègue) qui font mouche. Par la suite, ce sont les difficultés du nouvel apprenti qui sont sources de gag. La séquence la plus drôle est pour moi celle de l'opération que subit Strange, alors que son double astral se bat avec l'un des "zélotes". J'ai aussi apprécié tout ce qui a trait à la cape de lévitation, presque un personnage en soi (un peu comme la Chose dans La Famille Adams).

   Bref, ce n'est sans doute pas un grand film, mais c'est incontestablement un bon spectacle, à voir sur grand écran.

   P.S.

   Ne quittez pas la salle trop vite : le générique s'interrompt pour nous livrer une scène bonus, entre le héros et un type que l'on a l'habitude de voir porter un gros marteau. C'est drôle... mais c'est surtout l'annonce d'un prochain film... et ce n'est pas terminé : on revoit l'un des personnages de Doctor Strange au bout du bout.

12:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 10 décembre 2016

Mademoiselle

   Park Chan-Wook, le brillant réalisateur de Old Boy et de Je suis un cyborg, s'est lancé dans l'adaptation d'un roman britannique, qu'il a transposé dans la Corée sous occupation japonaise, dans les années 1930-1940. (La présence de soldats japonais, visible à plusieurs reprises, est sans doute liée à l'invasion de la Chine, pour laquelle la Corée a servi de base arrière.)

   Ce passionnant thriller fonctionne sur le principe des faux-semblants : ce que l'on voit à l'écran n'est qu'une version de l'histoire... pas forcément la bonne. Cela commence dès la séquence dans le local des truands, qui s'achève sous la pluie par des répliques qui ne prennent tout leur sens que bien plus tard.

   La première partie nous est racontée du point de vue d'une voleuse qui se fait engager comme servante (incarnée par une actrice inconnue, retenue à l'issu d'un imposant casting... et vraiment canon). On pourrait appeler cela "La vie, l'amour, la guerre, l'argent". A peu près tout le monde ment dans cette histoire, pour des raisons différentes. On comprend très vite que l'oncle de la richissime héritière est une crapule, mais on ne découvrira à quel point que dans la toute dernière partie du film.

   La première heure nous compte la mise en place d'une arnaque, dans un cadre magnifique. Dès l'arrivée de la servante dans la propriété, on est saisi par la beauté des paysages et l'habileté des mouvements de caméra. Le réalisateur se montre aussi expert dans l'utilisation des espaces intérieurs, avec un jeu parfois ironique sur les mouvements des parois coulissantes.

   Toutefois, au bout d'une heure, on se rend compte qu'il y a arnaque dans l'arnaque. Je ne vais bien entendu pas dire pourquoi. C'est le moment que choisit Park Chan-Wook pour nous montrer l'envers du décor, avec quelques pointes d'humour... et une pincée d'érotisme. A la fin de cette deuxième partie, on se dit qu'il n'a toutefois pas tout expliqué. C'est parce qu'il en a gardé sous le coude.

   Et nous voilà partis pour le troisième volet de l'intrigue (plus court), qui permet de comprendre certains détails (comme la présence d'une corde à un arbre)... et qu'il y a arnaque dans l'arnaque de l'arnaque ! C'est savoureux et trépidant, le scénario ménageant des rebondissements quasiment jusqu'à la fin. La conclusion m'a cependant paru inutile, ce qui n'enlève rien aux mérites de ce film extraordinaire, foisonnant et très bien interprété.

11:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Mademoiselle

   Park Chan-Wook, le brillant réalisateur de Old Boy et de Je suis un cyborg, s'est lancé dans l'adaptation d'un roman britannique, qu'il a transposé dans la Corée sous occupation japonaise, dans les années 1930-1940. (La présence de soldats japonais, visible à plusieurs reprises, est sans doute liée à l'invasion de la Chine, pour laquelle la Corée a servi de base arrière.)

   Ce passionnant thriller fonctionne sur le principe des faux-semblants : ce que l'on voit à l'écran n'est qu'une version de l'histoire... pas forcément la bonne. Cela commence dès la séquence dans le local des truands, qui s'achève sous la pluie par des répliques qui ne prennent tout leur sens que bien plus tard.

   La première partie nous est racontée du point de vue d'une voleuse qui se fait engager comme servante (incarnée par une actrice inconnue, retenue à l'issu d'un imposant casting... et vraiment canon). On pourrait appeler cela "La vie, l'amour, la guerre, l'argent". A peu près tout le monde ment dans cette histoire, pour des raisons différentes. On comprend très vite que l'oncle de la richissime héritière est une crapule, mais on ne découvrira à quel point que dans la toute dernière partie du film.

   La première heure nous compte la mise en place d'une arnaque, dans un cadre magnifique. Dès l'arrivée de la servante dans la propriété, on est saisi par la beauté des paysages et l'habileté des mouvements de caméra. Le réalisateur se montre aussi expert dans l'utilisation des espaces intérieurs, avec un jeu parfois ironique sur les mouvements des parois coulissantes.

   Toutefois, au bout d'une heure, on se rend compte qu'il y a arnaque dans l'arnaque. Je ne vais bien entendu pas dire pourquoi. C'est le moment que choisit Park Chan-Wook pour nous montrer l'envers du décor, avec quelques pointes d'humour... et une pincée d'érotisme. A la fin de cette deuxième partie, on se dit qu'il n'a toutefois pas tout expliqué. C'est parce qu'il en a gardé sous le coude.

   Et nous voilà partis pour le troisième volet de l'intrigue (plus court), qui permet de comprendre certains détails (comme la présence d'une corde à un arbre)... et qu'il y a arnaque dans l'arnaque de l'arnaque ! C'est savoureux et trépidant, le scénario ménageant des rebondissements quasiment jusqu'à la fin. La conclusion m'a cependant paru inutile, ce qui n'enlève rien aux mérites de ce film extraordinaire, foisonnant et très bien interprété.

11:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 09 décembre 2016

Louise en hiver

   Ce film d'animation est assez culotté : son héroïne est une vieille femme misanthrope, qui se retrouve seule dans une station balnéaire normande, un soir de septembre, après avoir raté le dernier train. Et les grandes marées de septembre arrivent...

   Il faut tout de suite signaler la grande réussite à la fois scénaristique et visuelle du film : nous faire croire que l'héroïne se retrouve sur île, alors qu'elle est coincée sur une portion du continent coupée du monde. On suit donc notre Robinson du troisième (quatrième) âge, en plein stage de survie autour d'une plage déserte... et la mamie se débrouille plutôt bien ! Elle va même réussir à mettre en culture la portion de terre la plus fertile du coin : le vieux cimetière de l'église paroissiale ! Ça et le produit de la pêche (et de la cueillette) vont lui permettre de passer l'automne, l'hiver... et même davantage.

   Bien que prenants pour une dame âgée, les travaux physiques lui laissent amplement le temps de gamberger. Et voilà le passé qui ressurgit. Celui d'une enfant délaissée par sa mère, qui va finir par s'attacher à une grand-mère d'apparence revêche, mais qui va lui donner accès à un monde enchanté, celui de la campagne et de la débrouille.

   Louise revit aussi ses premières amours. La mémé misanthrope cache une ancienne amoureuse intense, gourmande même. Il semble que cela lui ait joué des tours. La perte de son premier amour lui revient en pleine figure. Et puis il y a le cadavre du parachutiste anglais, avec lequel elle dialoguait volontiers à l'époque.

   Louise va quand même se faire un nouvel ami, qu'elle va surnommer Pépère. Non, il ne s'agit pas de François Hollande, dont l'agenda récemment allégé lui laisse pourtant tout loisir pour faire la conversation à une grand-mère esseulée.

   L'intérêt de cette animation est aussi visuel : c'est une élégante gouache numérique, parfaitement adaptée à l'univers d'une plage battue par les vents et (parfois) inondée de soleil.

   L'intrigue semble se diriger vers une fin prévisible, mais, fort heureusement, on a décidé de nous surprendre aussi sur ce plan-là. Résultat : cette animation, furieusement poétique, est une découverte à ne pas manquer.

00:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Louise en hiver

   Ce film d'animation est assez culotté : son héroïne est une vieille femme misanthrope, qui se retrouve seule dans une station balnéaire normande, un soir de septembre, après avoir raté le dernier train. Et les grandes marées de septembre arrivent...

   Il faut tout de suite signaler la grande réussite à la fois scénaristique et visuelle du film : nous faire croire que l'héroïne se retrouve sur île, alors qu'elle est coincée sur une portion du continent coupée du monde. On suit donc notre Robinson du troisième (quatrième) âge, en plein stage de survie autour d'une plage déserte... et la mamie se débrouille plutôt bien ! Elle va même réussir à mettre en culture la portion de terre la plus fertile du coin : le vieux cimetière de l'église paroissiale ! Ça et le produit de la pêche (et de la cueillette) vont lui permettre de passer l'automne, l'hiver... et même davantage.

   Bien que prenants pour une dame âgée, les travaux physiques lui laissent amplement le temps de gamberger. Et voilà le passé qui ressurgit. Celui d'une enfant délaissée par sa mère, qui va finir par s'attacher à une grand-mère d'apparence revêche, mais qui va lui donner accès à un monde enchanté, celui de la campagne et de la débrouille.

   Louise revit aussi ses premières amours. La mémé misanthrope cache une ancienne amoureuse intense, gourmande même. Il semble que cela lui ait joué des tours. La perte de son premier amour lui revient en pleine figure. Et puis il y a le cadavre du parachutiste anglais, avec lequel elle dialoguait volontiers à l'époque.

   Louise va quand même se faire un nouvel ami, qu'elle va surnommer Pépère. Non, il ne s'agit pas de François Hollande, dont l'agenda récemment allégé lui laisse pourtant tout loisir pour faire la conversation à une grand-mère esseulée.

   L'intérêt de cette animation est aussi visuel : c'est une élégante gouache numérique, parfaitement adaptée à l'univers d'une plage battue par les vents et (parfois) inondée de soleil.

   L'intrigue semble se diriger vers une fin prévisible, mais, fort heureusement, on a décidé de nous surprendre aussi sur ce plan-là. Résultat : cette animation, furieusement poétique, est une découverte à ne pas manquer.

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jeudi, 08 décembre 2016

Vaiana, la légende du bout du monde

   Voici venu le Disney de fin d'année, entouré d'un parfum exotique, puisqu'il met en scène une légende polynésienne. L'intrigue s'appuie d'ailleurs sur des recherches sérieuses, portant sur les voyages d'exploration réalisés par les peuples du Pacifique, capables jadis de traverser de grandes portions de l'océan sur de frêles embarcations.

   Traditions, tatouages et cocotiers sont les marqueurs identitaires du début de l'histoire, qui nous présente l'héroïne, adorable gamine devenue une adolescente aventureuse (et charmante). Elle est l'objet de la vigilante surveillance de son chef de père, mais trouve une meilleure écoute auprès de la mère de celui-ci, une mamie un peu dingue, mais qui connaît plein de choses. Elle sait même comment effrayer les bambins de l'île avec des histoires à dormir debout ! Les plus belles scènes sont néanmoins celles qui font intervenir l'eau, celle du lagon comme celle de l'océan.

   L'intrigue décolle vraiment quand l'héroïne rencontre le principal personnage masculin, un gros baraqué imbu de lui-même... et souvent drôle (même involontairement). Dans la version française, la voix d'Anthony Kavanagh contribue fortement à rehausser l'intérêt pour le personnage. D'un point de vue visuel, j'ai adoré les jeux sur les tatouages (ceux du colosse sont mobiles), avec une préférence marquée pour son "Mini-Moi", très cocasse. Je n'ai par contre guère goûté les pathétiques tribulations du coq débile qui, dans la salle, n'ont fait rire que les moins de six ans. Le personnage du petit cochon domestique m'a à peine plus convaincu, tant il est une resucée de figures déjà rencontrées ailleurs.

   Pour moi, l'action culmine dans la séquence du crabe. Visuellement, elle est splendide et n'est pas sans rappeler un passage de La Princesse et la grenouille. Quant au personnage principal, adversaire des héros, il semble être un décalque du Smaug vu dans Le Hobbit 2.

   Finalement, alors que je me demandais comment le scénario allait pouvoir tenir la distance (presque 1h50), on nous ménage suffisamment de rebondissements pour que l'intérêt soit maintenu jusqu'à la fin, avec une résolution de l'intrigue ma foi assez intelligente. Reste que le plaisir est quand même gâché par les chansons, surtout présentes dans la première partie. J'ai eu l'impression d'entendre la même voix que dans La Reine des neiges. Beurk !

23:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Vaiana, la légende du bout du monde

   Voici venu le Disney de fin d'année, entouré d'un parfum exotique, puisqu'il met en scène une légende polynésienne. L'intrigue s'appuie d'ailleurs sur des recherches sérieuses, portant sur les voyages d'exploration réalisés par les peuples du Pacifique, capables jadis de traverser de grandes portions de l'océan sur de frêles embarcations.

   Traditions, tatouages et cocotiers sont les marqueurs identitaires du début de l'histoire, qui nous présente l'héroïne, adorable gamine devenue une adolescente aventureuse (et charmante). Elle est l'objet de la vigilante surveillance de son chef de père, mais trouve une meilleure écoute auprès de la mère de celui-ci, une mamie un peu dingue, mais qui connaît plein de choses. Elle sait même comment effrayer les bambins de l'île avec des histoires à dormir debout ! Les plus belles scènes sont néanmoins celles qui font intervenir l'eau, celle du lagon comme celle de l'océan.

   L'intrigue décolle vraiment quand l'héroïne rencontre le principal personnage masculin, un gros baraqué imbu de lui-même... et souvent drôle (même involontairement). Dans la version française, la voix d'Anthony Kavanagh contribue fortement à rehausser l'intérêt pour le personnage. D'un point de vue visuel, j'ai adoré les jeux sur les tatouages (ceux du colosse sont mobiles), avec une préférence marquée pour son "Mini-Moi", très cocasse. Je n'ai par contre guère goûté les pathétiques tribulations du coq débile qui, dans la salle, n'ont fait rire que les moins de six ans. Le personnage du petit cochon domestique m'a à peine plus convaincu, tant il est une resucée de figures déjà rencontrées ailleurs.

   Pour moi, l'action culmine dans la séquence du crabe. Visuellement, elle est splendide et n'est pas sans rappeler un passage de La Princesse et la grenouille. Quant au personnage principal, adversaire des héros, il semble être un décalque du Smaug vu dans Le Hobbit 2.

   Finalement, alors que je me demandais comment le scénario allait pouvoir tenir la distance (presque 1h50), on nous ménage suffisamment de rebondissements pour que l'intérêt soit maintenu jusqu'à la fin, avec une résolution de l'intrigue ma foi assez intelligente. Reste que le plaisir est quand même gâché par les chansons, surtout présentes dans la première partie. J'ai eu l'impression d'entendre la même voix que dans La Reine des neiges. Beurk !

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dimanche, 04 décembre 2016

Tu ne tueras point

   Dix ans après Apocalypto, Mel Gibson revient (à la réalisation) avec un projet qui lui a été proposé à plusieurs reprises avant qu'il ne l'accepte : rendre hommage à Desmond Doss, un membre de l'armée américaine qui s'est illustré à la bataille d'Okinawa (en 1945), tout en refusant de porter une arme.

   Après un court aperçu de l'horreur du champ de bataille, un retour en arrière nous ramène au coeur des Etats-Unis, dans l'enfance puis l'adolescence du héros. C'est un fils de vétéran de la Première guerre mondiale, qui a perdu tous ses amis au combat, en France. Il est revenu de là farouchement opposé à la guerre... et diablement alcoolique. Le jeune homme en a souffert et semble avoir trouvé refuge dans la lecture de la Bible, encouragé par les convictions adventistes de sa mère. Dans le rôle du père, Hugo Weaving est excellent.

   J'ai lu ici ou là que cette première partie était un peu mièvre, l'acteur principal Andrew Garfield n'ayant pas un charisme démentiel. A la réflexion, je pense qu'il s'est coulé dans le personnage et dans l'époque, qui n'était pas aussi "décoincée" que la nôtre. La bluette sentimentale qui se noue avec la ravissante infirmière se comprend dans ce contexte. (A ce propos, signalons que cet amour de jeunesse s'est mué en mariage durable.) De surcroît, je pense que Mel Gibson, peut-être lassé de l'hypersexualisation des rapports humains dans les médias, a voulu mettre en scène un amour chaste, non ostentatoire bien que très réel. Comme il est malin, il a choisi une actrice canon pour incarner la dulcinée du héros : Teresa Palmer (aperçue cette année dans Triple 9) est parfaite dans le rôle.

   Vient ensuite la période de formation des recrues. On assiste à la fois à la naissance d'une camaraderie et à l'explosion du harcèlement, à partir du moment où Desmond met en avant ses convictions. La petite troupe est crédible (avec une pléiade de visages connus) et j'ai bien aimé l'interprétation de Vince Vaughn en sergent autoritaire, vexant, mais humain au fond. Il ne fait toutefois pas oublier Clint Eastwood dans Le Maître de guerre ni surtout Ronald Lee Ermey, inoubliable sergent Hartman dans Full Metal Jacket (auquel cette séquence fait visiblement référence).

   La deuxième partie du film se passe sur le terrain, à Okinawa. La première scène de combat est d'un réalisme stupéfiant, ne cachant rien des horreurs de la guerre... et même, parfois, semblant un peu magnifier celle-ci. La mise en scène se fait esthétisante. C'est l'une des ambiguïtés que l'on peut reprocher à Mel Gibson.

   Mais le meilleur est à venir, avec cette nuit de tous les dangers, au cours de laquelle l'infirmier non armé va sauver des dizaines de soldats blessés de son unité, laissés sur le champ de bataille après une contre-offensive japonaise. C'est un magnifique hommage au courage et à la non-violence, à rebours d'une certaine vulgate hollywoodienne (le culte du héros en arme).

   La composante religieuse de l'intrigue pose néanmoins problème. Pas les convictions du héros, tout à fait respectables, mais le côté "guerre sainte" que le réalisateur donne à la prise de cette position fortifiée. Les Japonais sont quasi systématiquement présentés comme des barbares sans foi ni loi, d'une cruauté sans nom (alors que la violence des soldats d'Oncle Sam apparaît justifiée). Il y a bien cette rencontre dans un tunnel pour nuancer un peu, mais l'on notera que l'initiative du rapprochement vient de l'Américain. Quant à la scène de seppuku de l'officier, vers la fin, elle arrive comme un cheveu sur la soupe et me gêne un peu : pourquoi serait-ce l'élite (celle qui a poussé les soldats à commettre des horreurs) qui serait plus digne ? De ce point de vue, Lettres d'Iwo Jima (de Clint Eastwood) était bien plus profond.

12:43 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Tu ne tueras point

   Dix ans après Apocalypto, Mel Gibson revient (à la réalisation) avec un projet qui lui a été proposé à plusieurs reprises avant qu'il ne l'accepte : rendre hommage à Desmond Doss, un membre de l'armée américaine qui s'est illustré à la bataille d'Okinawa (en 1945), tout en refusant de porter une arme.

   Après un court aperçu de l'horreur du champ de bataille, un retour en arrière nous ramène au coeur des Etats-Unis, dans l'enfance puis l'adolescence du héros. C'est un fils de vétéran de la Première guerre mondiale, qui a perdu tous ses amis au combat, en France. Il est revenu de là farouchement opposé à la guerre... et diablement alcoolique. Le jeune homme en a souffert et semble avoir trouvé refuge dans la lecture de la Bible, encouragé par les convictions adventistes de sa mère. Dans le rôle du père, Hugo Weaving est excellent.

   J'ai lu ici ou là que cette première partie était un peu mièvre, l'acteur principal Andrew Garfield n'ayant pas un charisme démentiel. A la réflexion, je pense qu'il s'est coulé dans le personnage et dans l'époque, qui n'était pas aussi "décoincée" que la nôtre. La bluette sentimentale qui se noue avec la ravissante infirmière se comprend dans ce contexte. (A ce propos, signalons que cet amour de jeunesse s'est mué en mariage durable.) De surcroît, je pense que Mel Gibson, peut-être lassé de l'hypersexualisation des rapports humains dans les médias, a voulu mettre en scène un amour chaste, non ostentatoire bien que très réel. Comme il est malin, il a choisi une actrice canon pour incarner la dulcinée du héros : Teresa Palmer (aperçue cette année dans Triple 9) est parfaite dans le rôle.

   Vient ensuite la période de formation des recrues. On assiste à la fois à la naissance d'une camaraderie et à l'explosion du harcèlement, à partir du moment où Desmond met en avant ses convictions. La petite troupe est crédible (avec une pléiade de visages connus) et j'ai bien aimé l'interprétation de Vince Vaughn en sergent autoritaire, vexant, mais humain au fond. Il ne fait toutefois pas oublier Clint Eastwood dans Le Maître de guerre ni surtout Ronald Lee Ermey, inoubliable sergent Hartman dans Full Metal Jacket (auquel cette séquence fait visiblement référence).

   La deuxième partie du film se passe sur le terrain, à Okinawa. La première scène de combat est d'un réalisme stupéfiant, ne cachant rien des horreurs de la guerre... et même, parfois, semblant un peu magnifier celle-ci. La mise en scène se fait esthétisante. C'est l'une des ambiguïtés que l'on peut reprocher à Mel Gibson.

   Mais le meilleur est à venir, avec cette nuit de tous les dangers, au cours de laquelle l'infirmier non armé va sauver des dizaines de soldats blessés de son unité, laissés sur le champ de bataille après une contre-offensive japonaise. C'est un magnifique hommage au courage et à la non-violence, à rebours d'une certaine vulgate hollywoodienne (le culte du héros en arme).

   La composante religieuse de l'intrigue pose néanmoins problème. Pas les convictions du héros, tout à fait respectables, mais le côté "guerre sainte" que le réalisateur donne à la prise de cette position fortifiée. Les Japonais sont quasi systématiquement présentés comme des barbares sans foi ni loi, d'une cruauté sans nom (alors que la violence des soldats d'Oncle Sam apparaît justifiée). Il y a bien cette rencontre dans un tunnel pour nuancer un peu, mais l'on notera que l'initiative du rapprochement vient de l'Américain. Quant à la scène de seppuku de l'officier, vers la fin, elle arrive comme un cheveu sur la soupe et me gêne un peu : pourquoi serait-ce l'élite (celle qui a poussé les soldats à commettre des horreurs) qui serait plus digne ? De ce point de vue, Lettres d'Iwo Jima (de Clint Eastwood) était bien plus profond.

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samedi, 03 décembre 2016

Sully

   Précisons au public français (cultivé) que le titre de ce film n'a (à ma connaissance) aucun lien avec le surintendant des finances du roi Henri IV. C'est le diminutif de Chesley Sullenberger, le commandant de bord qui, en 2009, a réussi l'exploit de faire amerrir un Airbus A320 de la compagnie US Airways sur le fleuve Hudson, sauvant ainsi 150 passagers.

   Derrière la caméra, Clint Eastwood n'a pas eu envie de tourner un film-catastrophe à grand spectacle. Oh, rassurez-vous, il a bien inséré quelques scènes spectaculaires, mais le véritable propos est ailleurs. L'histoire commence peu après l'amerrissage (que Sullenberger s'est refusé à appeler un "crash"). Alors que les médias traitent le pilote (Tom Hanks, impeccable) en héros, en coulisses, le Conseil national de la sécurité des transports et l'Agence fédérale de l'aviation enquêtent, histoire de savoir si une autre issue n'aurait pas été possible. En clair : l'amerrissage est perçu comme un véritable miracle, quasi impossible à réaliser. (Selon l'article wikipédia consacré à l'affaire, il y a deux précédents, mais très anciens.) Du coup, les experts pensent qu'il aurait été plus logique de se diriger vers l'un des deux aéroports les plus proches de l'avion au moment de l'accident, à savoir La Guardia (d'où il avait décollé) et Teterboro (dans le New Jersey, à l'ouest de New York), JFK se trouvant plus loin, à l'est.

   On est donc en plein dans le monde eastwoodien, celui d'hommes et de femmes a priori ordinaires, confrontés à l'adversité et qui, parfois, vont s'élever, donner le meilleur d'eux-mêmes. Cependant, en dépit de la minutie accordée à la description de l'action des personnages secondaires, tout tourne autour de Sully/Hanks, à tel point qu'Aaron Eckhart (le copilote) et Laura Linney (l'épouse aimante et éplorée) passent pour de simples faire-valoir. Le premier, remarqué jadis dans Thank you for smoking, est sous-utilisé. La seconde (vue récemment dans Mr Holmes) est cantonnée dans un rôle essentiellement plaintif, à tel point que cela en devient agaçant.

   Le fil rouge de l'intrigue (l'enquête sur les conditions de l'amerrissage) n'en reste pas moins fort agréable à suivre. Eastwood montre des hommes honnêtes en prise avec la bureaucratie, un thème cher au coeur du cinéaste républicain. Si je voulais être un peu polémique, je dirais que notre bon vieux Clint en profite pour instiller quelques idées à sa sauce, à savoir que les masses ont besoin d'hommes forts pour les guider... et que les élites sont plus nuisibles qu'utiles. (Son soutien à Donald Trump n'étonnera que les imbéciles.)

   Pour nous Frenchies, une séquence se révèle particulièrement intéressante. Les autorités américaines ont demandé au constructeur Airbus de recréer les conditions de l'accident dans leur simulateur, du côté de... Toulouse. Aux Etats-Unis, on n'a pu créer que des scénarios virtuels, à l'aide d'algorithmes, sur ordinateur. (Voici celui qui s'appuie sur le trajet de l'avion jusque sur l'Hudson.) Là, on voit des pilotes supposés français... qui, dans la version originale, parlent anglais. Notons que les équipages sont tous mixtes, l'un d'entre eux ayant pour commandant une femme. Clin d'oeil à la parité française ? (Je ne suis pas sûr qu'elle ait atteint la cabine de pilotage...)

   Petit à petit, les retours en arrière nous donnent une vision complète de l'événement, du point de vue de l'équipage comme de celui des passagers. Cependant, ceux-ci m'ont semblé peu exploités (le film dure pourtant à peine plus d'1h30) et, à leur sujet, Clint tombe de temps à autre dans le pathos. A l'arrière-plan, on perçoit l'ombre du 11 septembre 2001, à la fois dans les cauchemars de Sully, les angoisses des passagers et le dévouement des secouristes.

   L'ensemble forme un beau film altruiste, mais qui s'appuie parfois sur de grosses ficelles.

   P.S.

   Il y a quelques années, un documentaire a été tourné sur le même sujet. On y apprend notamment que le père qui a attrapé l'avion au dernier moment était accompagné d'un fils et non pas de deux (ce qui est le cas dans le film). On y découvre que l'un des personnages est interprété par la personne qui l'a inspiré (Vince Lombardi, le capitaine du ferry Thomas Jefferson, le premier qui se porte au secours de l'avion sur le fleuve)... et l'on apprend aussi que, si l'eau s'est engouffrée aussi rapidement dans l'avion, c'est peut-être parce qu'une manette de secours (dont l'utilisation est prévue dans le manuel d'urgence d'Airbus) n'a pas été actionnée. Curieusement, ce détail n'a pas retenu l'attention du scénariste.

   P.S. II

   Question à un centime d'euro : le nom de l'industriel aéronautique aurait-il été aussi abondamment cité dans le film s'il s'était agi d'un Boeing ?

12:56 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Sully

   Précisons au public français (cultivé) que le titre de ce film n'a (à ma connaissance) aucun lien avec le surintendant des finances du roi Henri IV. C'est le diminutif de Chesley Sullenberger, le commandant de bord qui, en 2009, a réussi l'exploit de faire amerrir un Airbus A320 de la compagnie US Airways sur le fleuve Hudson, sauvant ainsi 150 passagers.

   Derrière la caméra, Clint Eastwood n'a pas eu envie de tourner un film-catastrophe à grand spectacle. Oh, rassurez-vous, il a bien inséré quelques scènes spectaculaires, mais le véritable propos est ailleurs. L'histoire commence peu après l'amerrissage (que Sullenberger s'est refusé à appeler un "crash"). Alors que les médias traitent le pilote (Tom Hanks, impeccable) en héros, en coulisses, le Conseil national de la sécurité des transports et l'Agence fédérale de l'aviation enquêtent, histoire de savoir si une autre issue n'aurait pas été possible. En clair : l'amerrissage est perçu comme un véritable miracle, quasi impossible à réaliser. (Selon l'article wikipédia consacré à l'affaire, il y a deux précédents, mais très anciens.) Du coup, les experts pensent qu'il aurait été plus logique de se diriger vers l'un des deux aéroports les plus proches de l'avion au moment de l'accident, à savoir La Guardia (d'où il avait décollé) et Teterboro (dans le New Jersey, à l'ouest de New York), JFK se trouvant plus loin, à l'est.

   On est donc en plein dans le monde eastwoodien, celui d'hommes et de femmes a priori ordinaires, confrontés à l'adversité et qui, parfois, vont s'élever, donner le meilleur d'eux-mêmes. Cependant, en dépit de la minutie accordée à la description de l'action des personnages secondaires, tout tourne autour de Sully/Hanks, à tel point qu'Aaron Eckhart (le copilote) et Laura Linney (l'épouse aimante et éplorée) passent pour de simples faire-valoir. Le premier, remarqué jadis dans Thank you for smoking, est sous-utilisé. La seconde (vue récemment dans Mr Holmes) est cantonnée dans un rôle essentiellement plaintif, à tel point que cela en devient agaçant.

   Le fil rouge de l'intrigue (l'enquête sur les conditions de l'amerrissage) n'en reste pas moins fort agréable à suivre. Eastwood montre des hommes honnêtes en prise avec la bureaucratie, un thème cher au coeur du cinéaste républicain. Si je voulais être un peu polémique, je dirais que notre bon vieux Clint en profite pour instiller quelques idées à sa sauce, à savoir que les masses ont besoin d'hommes forts pour les guider... et que les élites sont plus nuisibles qu'utiles. (Son soutien à Donald Trump n'étonnera que les imbéciles.)

   Pour nous Frenchies, une séquence se révèle particulièrement intéressante. Les autorités américaines ont demandé au constructeur Airbus de recréer les conditions de l'accident dans leur simulateur, du côté de... Toulouse. Aux Etats-Unis, on n'a pu créer que des scénarios virtuels, à l'aide d'algorithmes, sur ordinateur. (Voici celui qui s'appuie sur le trajet de l'avion jusque sur l'Hudson.) Là, on voit des pilotes supposés français... qui, dans la version originale, parlent anglais. Notons que les équipages sont tous mixtes, l'un d'entre eux ayant pour commandant une femme. Clin d'oeil à la parité française ? (Je ne suis pas sûr qu'elle ait atteint la cabine de pilotage...)

   Petit à petit, les retours en arrière nous donnent une vision complète de l'événement, du point de vue de l'équipage comme de celui des passagers. Cependant, ceux-ci m'ont semblé peu exploités (le film dure pourtant à peine plus d'1h30) et, à leur sujet, Clint tombe de temps à autre dans le pathos. A l'arrière-plan, on perçoit l'ombre du 11 septembre 2001, à la fois dans les cauchemars de Sully, les angoisses des passagers et le dévouement des secouristes.

   L'ensemble forme un beau film altruiste, mais qui s'appuie parfois sur de grosses ficelles.

   P.S.

   Il y a quelques années, un documentaire a été tourné sur le même sujet. On y apprend notamment que le père qui a attrapé l'avion au dernier moment était accompagné d'un fils et non pas de deux (ce qui est le cas dans le film). On y découvre que l'un des personnages est interprété par la personne qui l'a inspiré (Vince Lombardi, le capitaine du ferry Thomas Jefferson, le premier qui se porte au secours de l'avion sur le fleuve)... et l'on apprend aussi que, si l'eau s'est engouffrée aussi rapidement dans l'avion, c'est peut-être parce qu'une manette de secours (dont l'utilisation est prévue dans le manuel d'urgence d'Airbus) n'a pas été actionnée. Curieusement, ce détail n'a pas retenu l'attention du scénariste.

   P.S. II

   Question à un centime d'euro : le nom de l'industriel aéronautique aurait-il été aussi abondamment cité dans le film s'il s'était agi d'un Boeing ?

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jeudi, 01 décembre 2016

Les Enfants de la chance

   Encore un film sur la Seconde guerre mondiale, diront certains. L'an dernier, on a eu droit à Suite française et En mai, fais ce qu'il te plaît. Le plus étonnant est que l'histoire qui nous est contée est vraie... eh, oui, on continue à découvrir des choses sur cette période troublée, pourtant explorée dans tous les sens.

   Nous allons suivre le conflit, en France, du point de vue d'un groupe d'enfants, juifs et non juifs, mais qui ont en commun de souffrir de la tuberculose (ou d'une difformité). Malgré une belle introduction sur fond musical antisémite, le début a un goût de déjà-vu, surtout pour les spectateurs de La Rafle. Les premières scènes avec les enfants m'ont paru maladroites. Par la suite, j'ai trouvé cela meilleur. Me suis-je habitué à leur manière de jouer, ou bien a-t-on tourné le film de manière chronologique, les acteurs se perfectionnant au fil du temps ? Mystère.

   Toutefois, il en est un qui reste bon du début à la fin : Philippe Torreton, impeccable en médecin engagé, un peu bourru. Il est épaulé par une pléiade de seconds rôles efficaces.

   Paradoxalement, on se détache assez vite de la partie juive de l'intrigue (même si quelques piqûres de rappel viennent relancer la tension dramatique). C'est la lutte des enfants contre la maladie qui occupe notre attention. Les gamins, très différents les uns des autres, finissent par former une troupe, soudée par quelques chants et des blagues potaches, dont la principale victime est l'employé de l'hôpital chargé de l'entretien.

   On passe 1h30 tranquillement, sans déplaisir, mais sans être "transporté".

   P.S.

   L'un des intérêts du film est de proposer quelques dialogues dans la langue (aujourd'hui très affaiblie) parlée à l'époque par la majorité des juifs d'Europe centrale et orientale : le yiddish.

Les Enfants de la chance

   Encore un film sur la Seconde guerre mondiale, diront certains. L'an dernier, on a eu droit à Suite française et En mai, fais ce qu'il te plaît. Le plus étonnant est que l'histoire qui nous est contée est vraie... eh, oui, on continue à découvrir des choses sur cette période troublée, pourtant explorée dans tous les sens.

   Nous allons suivre le conflit, en France, du point de vue d'un groupe d'enfants, juifs et non juifs, mais qui ont en commun de souffrir de la tuberculose (ou d'une difformité). Malgré une belle introduction sur fond musical antisémite, le début a un goût de déjà-vu, surtout pour les spectateurs de La Rafle. Les premières scènes avec les enfants m'ont paru maladroites. Par la suite, j'ai trouvé cela meilleur. Me suis-je habitué à leur manière de jouer, ou bien a-t-on tourné le film de manière chronologique, les acteurs se perfectionnant au fil du temps ? Mystère.

   Toutefois, il en est un qui reste bon du début à la fin : Philippe Torreton, impeccable en médecin engagé, un peu bourru. Il est épaulé par une pléiade de seconds rôles efficaces.

   Paradoxalement, on se détache assez vite de la partie juive de l'intrigue (même si quelques piqûres de rappel viennent relancer la tension dramatique). C'est la lutte des enfants contre la maladie qui occupe notre attention. Les gamins, très différents les uns des autres, finissent par former une troupe, soudée par quelques chants et des blagues potaches, dont la principale victime est l'employé de l'hôpital chargé de l'entretien.

   On passe 1h30 tranquillement, sans déplaisir, mais sans être "transporté".

   P.S.

   L'un des intérêts du film est de proposer quelques dialogues dans la langue (aujourd'hui très affaiblie) parlée à l'époque par la majorité des juifs d'Europe centrale et orientale : le yiddish.

dimanche, 27 novembre 2016

Une Vie

   Après le très contemporain (et formidable) La Loi du marché, Stéphane Brizé change complètement de domaine en adaptant le roman de Guy de Maupassant. Cela sentait le film "de qualité française", un genre qui produit aussi bien de petites perles que de grosses bouses. 

   Dès le début, on comprend qu'on va échapper au pesant didactisme qu'on aurait pu redouter. Le montage donne naissance à une construction impressionniste, par petites touches. Le film ne suit pas un schéma préétabli, avec une introduction, une développement et une conclusion. Si le déroulement est globalement chronologique, certaines scènes sont intercalées et entremêlent les époques de l'intrigue.

   Le principal code visuel est de l'ordre de la luminosité. Les scènes d'été, ensoleillées, sont en général celles du bonheur (la vie auprès des parents, la naissance de l'amour, les premières années d'un enfant...). Les scènes sombres, pluvieuses, froides, sont celles de la souffrance, du désespoir voire de la mort (la découverte de la première tromperie, le décès de la mère, le rejet du fils...).

   Une fois que l'on a compris cela, on peut savourer le jeu des acteurs, tous formidables. Je distingue quand même Judith Chemla (que j'avais vue dans Camille redouble et Rendez-vous à Atlit), aussi crédible en jouvencelle naïve qu'en épouse déçue et en mère éplorée. (Un César serait le bienvenu.) On peut aussi signaler Clotilde Hesme et surtout Nina Meurisse, qui incarne la servante et soeur de lait de l'héroïne.

   C'est donc un bel ouvrage, hélas un peu longuet et langoureux. Dans mon souvenir (de lycéen), le roman de Maupassant comportait quelques passages cocasses voire scabreux, visiblement passés ici à la trappe. Et je déconseille le film aux personnes dépressives : ce n'est pas avec cela que vous allez vous en sortir !

   Mais c'est quand même un rappel utile de la (sordide) condition féminine en France au XIXe siècle. Même les femmes de la noblesse et de la haute bourgeoisie subissaient les pesanteurs sociales. On peut toutefois regretter que Brizé n'ait pas fait une lecture plus contemporaine du roman : dans l'histoire, ce sont quand même les employées qui en bavent le plus.

22:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Une Vie

   Après le très contemporain (et formidable) La Loi du marché, Stéphane Brizé change complètement de domaine en adaptant le roman de Guy de Maupassant. Cela sentait le film "de qualité française", un genre qui produit aussi bien de petites perles que de grosses bouses. 

   Dès le début, on comprend qu'on va échapper au pesant didactisme qu'on aurait pu redouter. Le montage donne naissance à une construction impressionniste, par petites touches. Le film ne suit pas un schéma préétabli, avec une introduction, une développement et une conclusion. Si le déroulement est globalement chronologique, certaines scènes sont intercalées et entremêlent les époques de l'intrigue.

   Le principal code visuel est de l'ordre de la luminosité. Les scènes d'été, ensoleillées, sont en général celles du bonheur (la vie auprès des parents, la naissance de l'amour, les premières années d'un enfant...). Les scènes sombres, pluvieuses, froides, sont celles de la souffrance, du désespoir voire de la mort (la découverte de la première tromperie, le décès de la mère, le rejet du fils...).

   Une fois que l'on a compris cela, on peut savourer le jeu des acteurs, tous formidables. Je distingue quand même Judith Chemla (que j'avais vue dans Camille redouble et Rendez-vous à Atlit), aussi crédible en jouvencelle naïve qu'en épouse déçue et en mère éplorée. (Un César serait le bienvenu.) On peut aussi signaler Clotilde Hesme et surtout Nina Meurisse, qui incarne la servante et soeur de lait de l'héroïne.

   C'est donc un bel ouvrage, hélas un peu longuet et langoureux. Dans mon souvenir (de lycéen), le roman de Maupassant comportait quelques passages cocasses voire scabreux, visiblement passés ici à la trappe. Et je déconseille le film aux personnes dépressives : ce n'est pas avec cela que vous allez vous en sortir !

   Mais c'est quand même un rappel utile de la (sordide) condition féminine en France au XIXe siècle. Même les femmes de la noblesse et de la haute bourgeoisie subissaient les pesanteurs sociales. On peut toutefois regretter que Brizé n'ait pas fait une lecture plus contemporaine du roman : dans l'histoire, ce sont quand même les employées qui en bavent le plus.

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jeudi, 24 novembre 2016

Alliés

   Le titre est évidemment polysémique. D'un point de vue historique, il fait allusion à "l'alliance des démocraties" (avec l'URSS....) contre le nazisme, pendant la Seconde guerre mondiale. Brad Pitt incarne (de manière un peu pataude) un agent canadien des services britanniques, alors que Marion Cotillard propose une excellente composition, en résistance belle et indépendante, fréquentant les milieux huppés de la collaboration et gardant une part de mystère. Le titre annonce aussi un mariage... et une entente par-delà les préjugés.

   La première séquence, au Maroc est visuellement superbe. On sent aussi les références au film Casablanca. Cependant, si les lumières et la photographie sont splendides, cela manque de rythme et (dans la version française), il m'a semblé que le travail de postproduction (sur les sons) était incomplet. Mais cela passe parce qu'il est question de la naissance d'un amour, entre deux belles personnes.

   L'intrigue devient passionnante dans le cadre britannique. Ce n'est pas pour me vanter, mais j'ai senti le tournant arriver. Certes, le scénario n'est pas des plus imprévisibles, mais le jeu parfois très subtil de Marion Cotillard fait passer quelques messages, pour peu qu'on n'ait pas le nez rivé sur ses jambes ou son décolleté. L'histoire prend une teinte "Guerre froide", avec, me semble-t-il, un clin d'oeil anachronique des auteurs : dans son lit, un soir, Brad Pitt ne lit-il pas un roman de John le Carré ?

   Plusieurs séquences sont particulièrement bien fichues : celle de la baston au Maroc, celle du Blitz, dans la banlieue de Londres et celle du petit séjour du héros dans un coin paumé du nord de la France, à la recherche du passé dissimulé.

   Incidemment, le film assène quelques vérités méconnues sur la période de la guerre au Royaume-Uni. Pour certains marginaux et pour les femmes, le desserrement de l'étreinte sociale fut une bénédiction. On a aussi droit à une vision moins triomphaliste du rôle des aviateurs d'outre-Manche. Quant aux Français, ils découvriront peut-être avec stupéfaction que c'est aux services spéciaux britanniques que nombre de groupes de résistants devaient leur matériel.

   La deuxième heure est constituée d'une irrésistible montée en tension. (J'ai fait un gros pipi après la séance.) La grande histoire se mêle à l'affaire d'espionnage et à l'intrigue amoureuse. C'est fort et cela culmine dans les derniers gestes de Marion Cotillard, vraiment épatante. On en oublie les faiblesses du début.

23:09 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Alliés

   Le titre est évidemment polysémique. D'un point de vue historique, il fait allusion à "l'alliance des démocraties" (avec l'URSS....) contre le nazisme, pendant la Seconde guerre mondiale. Brad Pitt incarne (de manière un peu pataude) un agent canadien des services britanniques, alors que Marion Cotillard propose une excellente composition, en résistance belle et indépendante, fréquentant les milieux huppés de la collaboration et gardant une part de mystère. Le titre annonce aussi un mariage... et une entente par-delà les préjugés.

   La première séquence, au Maroc est visuellement superbe. On sent aussi les références au film Casablanca. Cependant, si les lumières et la photographie sont splendides, cela manque de rythme et (dans la version française), il m'a semblé que le travail de postproduction (sur les sons) était incomplet. Mais cela passe parce qu'il est question de la naissance d'un amour, entre deux belles personnes.

   L'intrigue devient passionnante dans le cadre britannique. Ce n'est pas pour me vanter, mais j'ai senti le tournant arriver. Certes, le scénario n'est pas des plus imprévisibles, mais le jeu parfois très subtil de Marion Cotillard fait passer quelques messages, pour peu qu'on n'ait pas le nez rivé sur ses jambes ou son décolleté. L'histoire prend une teinte "Guerre froide", avec, me semble-t-il, un clin d'oeil anachronique des auteurs : dans son lit, un soir, Brad Pitt ne lit-il pas un roman de John le Carré ?

   Plusieurs séquences sont particulièrement bien fichues : celle de la baston au Maroc, celle du Blitz, dans la banlieue de Londres et celle du petit séjour du héros dans un coin paumé du nord de la France, à la recherche du passé dissimulé.

   Incidemment, le film assène quelques vérités méconnues sur la période de la guerre au Royaume-Uni. Pour certains marginaux et pour les femmes, le desserrement de l'étreinte sociale fut une bénédiction. On a aussi droit à une vision moins triomphaliste du rôle des aviateurs d'outre-Manche. Quant aux Français, ils découvriront peut-être avec stupéfaction que c'est aux services spéciaux britanniques que nombre de groupes de résistants devaient leur matériel.

   La deuxième heure est constituée d'une irrésistible montée en tension. (J'ai fait un gros pipi après la séance.) La grande histoire se mêle à l'affaire d'espionnage et à l'intrigue amoureuse. C'est fort et cela culmine dans les derniers gestes de Marion Cotillard, vraiment épatante. On en oublie les faiblesses du début.

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vendredi, 18 novembre 2016

Les Animaux fantastiques

   J.K. Rowling a signé elle-même le scénario de l'adaptation de son roman, qui est une sorte de lointain prequel de la saga Harry Potter. L'action se déroule dans le New York de l'Entre-deux-guerres, formidablement reconstitué par le travail des décorateurs et des animateurs numériques. C'est le principal attrait de ce long-métrage, d'une grande  beauté visuelle, nourri d'effets spéciaux parfois stupéfiants... à tel point que j'ai presque regretté de ne pas l'avoir vu en 3D.

   J'ai dit "presque", parce que le port des horribles lunettes aurait sans doute contribué à accentuer un élément déplaisant, au niveau de l'image : son aspect souvent sombre. Certes, nombre de scènes se déroulent la nuit ou dans un monde souterrain (voire "dans" une valise !), mais il me semble qu'il y a quand même un petit problème d'éclairage. Cela n'entame guère le plaisir, si l'on a la possibilité de regarder le film sur un très grand écran.

   L'histoire est un roman d'aventures féériques, où certains personnages rencontrent l'amour. L'amitié est aussi de la partie... et il y a des méchants à combattre. C'est bien ficelé et l'on ne s'ennuie pas. J'ai par contre été gêné par quelques petits détails. Certains dialogues m'ont paru artificiels, un peu sentencieux. L'intrigue se prend parfois un peu trop au sérieux et plusieurs acteurs "prennent la pose". Je présume que c'est ce qu'on leur a demandé de faire.

   J'ai aussi été un peu agacé par le jeu d'Eddie Redmayne, qui incarne un mélange de savant distrait et de garçon maladroit. Ce sont deux figures éculées que le vieux cinéphile que je suis regrette de rencontrer à nouveau, sans le moindre apport original. L'acteur a de plus déjà incarné le jeune homme emprunté dans My Week with Marilyn.

   Bref, c'est un bon divertissement, très dépaysant, avec quelques touches d'humour, mais pas l'oeuvre flamboyante à laquelle je m'attendais.

23:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Les Animaux fantastiques

   J.K. Rowling a signé elle-même le scénario de l'adaptation de son roman, qui est une sorte de lointain prequel de la saga Harry Potter. L'action se déroule dans le New York de l'Entre-deux-guerres, formidablement reconstitué par le travail des décorateurs et des animateurs numériques. C'est le principal attrait de ce long-métrage, d'une grande  beauté visuelle, nourri d'effets spéciaux parfois stupéfiants... à tel point que j'ai presque regretté de ne pas l'avoir vu en 3D.

   J'ai dit "presque", parce que le port des horribles lunettes aurait sans doute contribué à accentuer un élément déplaisant, au niveau de l'image : son aspect souvent sombre. Certes, nombre de scènes se déroulent la nuit ou dans un monde souterrain (voire "dans" une valise !), mais il me semble qu'il y a quand même un petit problème d'éclairage. Cela n'entame guère le plaisir, si l'on a la possibilité de regarder le film sur un très grand écran.

   L'histoire est un roman d'aventures féériques, où certains personnages rencontrent l'amour. L'amitié est aussi de la partie... et il y a des méchants à combattre. C'est bien ficelé et l'on ne s'ennuie pas. J'ai par contre été gêné par quelques petits détails. Certains dialogues m'ont paru artificiels, un peu sentencieux. L'intrigue se prend parfois un peu trop au sérieux et plusieurs acteurs "prennent la pose". Je présume que c'est ce qu'on leur a demandé de faire.

   J'ai aussi été un peu agacé par le jeu d'Eddie Redmayne, qui incarne un mélange de savant distrait et de garçon maladroit. Ce sont deux figures éculées que le vieux cinéphile que je suis regrette de rencontrer à nouveau, sans le moindre apport original. L'acteur a de plus déjà incarné le jeune homme emprunté dans My Week with Marilyn.

   Bref, c'est un bon divertissement, très dépaysant, avec quelques touches d'humour, mais pas l'oeuvre flamboyante à laquelle je m'attendais.

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vendredi, 11 novembre 2016

La Fille inconnue

   Cela fait un petit moment que j'ai arrêté de suivre les frères Dardenne. J'avais beaucoup aimé La Promesse, Rosetta et Le Fils, mais j'ai vite trouvé qu'ils peinaient à se renouveler. Du coup, je suis passé complètement à côté de la sortie de leur dernier film, pourtant présenté à Cannes cette année. Au départ, j'étais même venu voir autre chose !

   Sans surprise, la thématique est sociale. L'héroïne Jenny est médecin généraliste. Elle achève un remplacement dans un quartier populaire, en attendant d'intégrer un cabinet plus chic... et plus rémunérateur. C'est une travailleuse acharnée, perfectionniste, qui ne passe rien à son stagiaire. Un événement inattendu va bouleverser sa mécanique quotidienne.

   Je me suis attaché au personnage principal, bien interprété par Adèle Haenel. Elle donne vie à cette jeune femme dévouée, entière... mais pas toujours douée pour les rapports humains. Sa vie privée se réduit à queue de chique, son principal compagnon étant un célèbre smartphone qu'elle n'éteint jamais.  Elle finit même par s'installer dans la studette aménagée au-dessus du cabinet médical. Pour elle, s'agit-il d'une descente ou d'un retour à l'essentiel ?

   Le questionnement baigne dans une ambiance tendue, celle d'un quasi-polar, le médecin décidant de mener sa propre enquête (sur la jeune femme retrouvée morte). Elle en vient à croiser, volontairement ou involontairement, une galerie de suspects masculins : son propre stagiaire (qui ne revient plus au cabinet après le soir fatidique), un ado qu'elle suit (qu'un terrible secret semble tenailler), le copain de celui-ci mais aussi son père, sans oublier un entrepreneur (dont Jenny a jadis soigné la mère) et une bande de proxénètes locaux.

   L'histoire est prenante parce que les acteurs sont bons. On retrouve quelques habitués des Dardenne, au premier rang desquels Olivier Gourmet et Jérémie Renier. Les cinéphiles reconnaîtront aussi Marc Zinga, remarqué naguère dans Qu'Allah bénisse la France et Bienvenue à Marly-Gomont.

   C'est un bon film, au-dessus du niveau d'un épisode de série policière, mais ce n'est pas le chef-d'oeuvre qu'on serait en droit d'attendre des frères Dardenne. Traitant d'une thématique semblable, Médecin de campagne m'a davantage plu.

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La Fille inconnue

   Cela fait un petit moment que j'ai arrêté de suivre les frères Dardenne. J'avais beaucoup aimé La Promesse, Rosetta et Le Fils, mais j'ai vite trouvé qu'ils peinaient à se renouveler. Du coup, je suis passé complètement à côté de la sortie de leur dernier film, pourtant présenté à Cannes cette année. Au départ, j'étais même venu voir autre chose !

   Sans surprise, la thématique est sociale. L'héroïne Jenny est médecin généraliste. Elle achève un remplacement dans un quartier populaire, en attendant d'intégrer un cabinet plus chic... et plus rémunérateur. C'est une travailleuse acharnée, perfectionniste, qui ne passe rien à son stagiaire. Un événement inattendu va bouleverser sa mécanique quotidienne.

   Je me suis attaché au personnage principal, bien interprété par Adèle Haenel. Elle donne vie à cette jeune femme dévouée, entière... mais pas toujours douée pour les rapports humains. Sa vie privée se réduit à queue de chique, son principal compagnon étant un célèbre smartphone qu'elle n'éteint jamais.  Elle finit même par s'installer dans la studette aménagée au-dessus du cabinet médical. Pour elle, s'agit-il d'une descente ou d'un retour à l'essentiel ?

   Le questionnement baigne dans une ambiance tendue, celle d'un quasi-polar, le médecin décidant de mener sa propre enquête (sur la jeune femme retrouvée morte). Elle en vient à croiser, volontairement ou involontairement, une galerie de suspects masculins : son propre stagiaire (qui ne revient plus au cabinet après le soir fatidique), un ado qu'elle suit (qu'un terrible secret semble tenailler), le copain de celui-ci mais aussi son père, sans oublier un entrepreneur (dont Jenny a jadis soigné la mère) et une bande de proxénètes locaux.

   L'histoire est prenante parce que les acteurs sont bons. On retrouve quelques habitués des Dardenne, au premier rang desquels Olivier Gourmet et Jérémie Renier. Les cinéphiles reconnaîtront aussi Marc Zinga, remarqué naguère dans Qu'Allah bénisse la France et Bienvenue à Marly-Gomont.

   C'est un bon film, au-dessus du niveau d'un épisode de série policière, mais ce n'est pas le chef-d'oeuvre qu'on serait en droit d'attendre des frères Dardenne. Traitant d'une thématique semblable, Médecin de campagne m'a davantage plu.

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jeudi, 10 novembre 2016

Le Ciel attendra

   Ce film de femmes, sur des femmes, porté par des femmes, mêle documentaire, portrait de famille et mélo pour nous faire vivre le parcours pas si atypique que cela d'adolescentes françaises embrigadées sur la Toile par des propagandistes de l'islamo-fascisme.

   Les auteurs (dont la scénariste Emilie Frèche, qui a travaillé sur 24 jours et Ils sont partout) ont voulu planter le décor d'un univers d'ados de la classe moyenne, rivées à leur smartphone ou à leur ordi portable... et travaillées par le manque de sens d'un monde devenu hyper matérialiste.

   Au niveau du déroulement, c'est parfois un peu difficile à comprendre au début, parce que différentes trames narratives (et époques) se superposent. De surcroît, il faut un petit moment pour saisir qui connaît qui et qui est le parent de qui.

   C'est parce que l'essentiel n'est pas là. On nous montre le cheminement de jeunes femmes qui se croient avisées (en tout cas plus que leurs camarades de lycée) et sont finalement assez crédules. Elles tombent dans le piège qui leur est tendu, notamment à l'aide de vidéos conspirationnistes.

   Le résultat est le conflit avec les adultes, qui se retrouvent désemparés face au changement inattendu de leur progéniture, parfois découvert très tardivement. C'est un aspect particulièrement réaliste de l'intrigue, en particulier grâce au talent des actrices. Les deux mamans sont interprétées par Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau. Les deux ados sont incarnées avec un incroyable charisme par deux révélations : Noémie Merlant et Naomi Amarger.

   Même si je trouve que c'est un peu larmoyant par instants, l'ensemble forme un bon thriller sociétal, en prise sur notre époque.

Le Ciel attendra

   Ce film de femmes, sur des femmes, porté par des femmes, mêle documentaire, portrait de famille et mélo pour nous faire vivre le parcours pas si atypique que cela d'adolescentes françaises embrigadées sur la Toile par des propagandistes de l'islamo-fascisme.

   Les auteurs (dont la scénariste Emilie Frèche, qui a travaillé sur 24 jours et Ils sont partout) ont voulu planter le décor d'un univers d'ados de la classe moyenne, rivées à leur smartphone ou à leur ordi portable... et travaillées par le manque de sens d'un monde devenu hyper matérialiste.

   Au niveau du déroulement, c'est parfois un peu difficile à comprendre au début, parce que différentes trames narratives (et époques) se superposent. De surcroît, il faut un petit moment pour saisir qui connaît qui et qui est le parent de qui.

   C'est parce que l'essentiel n'est pas là. On nous montre le cheminement de jeunes femmes qui se croient avisées (en tout cas plus que leurs camarades de lycée) et sont finalement assez crédules. Elles tombent dans le piège qui leur est tendu, notamment à l'aide de vidéos conspirationnistes.

   Le résultat est le conflit avec les adultes, qui se retrouvent désemparés face au changement inattendu de leur progéniture, parfois découvert très tardivement. C'est un aspect particulièrement réaliste de l'intrigue, en particulier grâce au talent des actrices. Les deux mamans sont interprétées par Sandrine Bonnaire et Clotilde Courau. Les deux ados sont incarnées avec un incroyable charisme par deux révélations : Noémie Merlant et Naomi Amarger.

   Même si je trouve que c'est un peu larmoyant par instants, l'ensemble forme un bon thriller sociétal, en prise sur notre époque.

samedi, 05 novembre 2016

Mercenaire

   Il a fallu presque un mois pour que ce film, dont l'acteur-vedette a été étudiant à Rodez (au lycée Monteil), soit programmé dans le cinéma du chef-lieu aveyronnais. D'ailleurs, le 7 octobre dernier, le quotidien Centre Presse, dans un bref article intitulé "Du XV à Aurillac à Cannes" regrettait l'absence du film des écrans aveyronnais :

cinéma,cinema,film,films,sports

   Cap Cinéma s'est rattrapé mercredi dernier, en organisant une soirée spéciale, en présence de l'acteur principal, Toki Pilokio, actuellement joueur de rugby à Aurillac. Par contre, si l'on a raté cette occasion, il n'est pas facile de voir le film à Rodez, les autres séances ayant été programmées à des horaires propres à satisfaire uniquement les chômeurs, les retraités et les femmes au foyer.

   Mais revenons à l'oeuvre. Le titre fait référence à la réplique d'un personnage, qui reproche son comportement au héros. Pourtant, à ce moment de l'intrigue, ce n'est pas à un mercenaire que fait penser Soane, mais plutôt à un domestique, tant on peut dire que sa situation n'a rien de mirobolant.

cinéma,cinema,film,films,sports

   L'histoire commence en Nouvelle-Calédonie, où réside la plus importante communauté wallisienne du monde (plus qu'à Wallis-et-Futuna même, une collectivité d'outre-mer qui a tendance à se dépeupler). Toute la première partie (en dialecte sous-titré, la plupart du temps) est un tableau sociologique d'une communauté méconnue. On découvre la complexité des liens familiaux, la précarité et les rapports de force à l'oeuvre dans la sphère masculine.

   La suite se déroule en France métropolitaine. Il arrive au héros un peu l'équivalent de ce que subit, dans le monde du football, le personnage principal de Comme un lion. Au départ, pour la plupart des Métropolitains, c'est un Maori. Personne ou presque ne semble être conscient de ses difficultés. Même dans la "communauté" wallisienne, il n'a pas que des amis. Mais il fait la rencontre de Coralie, une aventure d'un soir qui pourrait bien changer sa vie. Signalons la qualité de la composition de l'actrice Iliana Zabeth (dont certaines expressions du visage ne sont pas sans rappeler celui de Léa Seydoux), qu'on a vue récemment dans Les Cowboys.

   Le jeune Wallisien ayant des aptitudes physiques et de la pratique (au rugby), il se fait remarquer et comprend qu'il a de l'avenir dans ce sport... à condition d'accepter certains "accommodements". C'est courageux de la part du réalisateur de montrer les travers d'un monde qu'on a tendance à idéaliser, en comparaison de l'univers de football. Notons que les scènes de match et d'entraînement sont très réalistes.

   Pour Soane (le héros), cette aventure est initiatique. Il va devoir rapidement mûrir et régler ses problèmes, parfois de manière "virile". Rien n'est édulcoré, mais la mise en scène n'est pas racoleuse. Elle est bien servie par une musique et des chants parfois envoûtants.

   Vraiment, si vous avez l'occasion de le voir, ce film est une découverte à ne pas manquer.

14:19 Publié dans Cinéma, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films, sports

Mercenaire

   Il a fallu presque un mois pour que ce film, dont l'acteur-vedette a été étudiant à Rodez (au lycée Monteil), soit programmé dans le cinéma du chef-lieu aveyronnais. D'ailleurs, le 7 octobre dernier, le quotidien Centre Presse, dans un bref article intitulé "Du XV à Aurillac à Cannes" regrettait l'absence du film des écrans aveyronnais :

cinéma,cinema,film,films,sports

   Cap Cinéma s'est rattrapé mercredi dernier, en organisant une soirée spéciale, en présence de l'acteur principal, Toki Pilokio, actuellement joueur de rugby à Aurillac. Par contre, si l'on a raté cette occasion, il n'est pas facile de voir le film à Rodez, les autres séances ayant été programmées à des horaires propres à satisfaire uniquement les chômeurs, les retraités et les femmes au foyer.

   Mais revenons à l'oeuvre. Le titre fait référence à la réplique d'un personnage, qui reproche son comportement au héros. Pourtant, à ce moment de l'intrigue, ce n'est pas à un mercenaire que fait penser Soane, mais plutôt à un domestique, tant on peut dire que sa situation n'a rien de mirobolant.

cinéma,cinema,film,films,sports

   L'histoire commence en Nouvelle-Calédonie, où réside la plus importante communauté wallisienne du monde (plus qu'à Wallis-et-Futuna même, une collectivité d'outre-mer qui a tendance à se dépeupler). Toute la première partie (en dialecte sous-titré, la plupart du temps) est un tableau sociologique d'une communauté méconnue. On découvre la complexité des liens familiaux, la précarité et les rapports de force à l'oeuvre dans la sphère masculine.

   La suite se déroule en France métropolitaine. Il arrive au héros un peu l'équivalent de ce que subit, dans le monde du football, le personnage principal de Comme un lion. Au départ, pour la plupart des Métropolitains, c'est un Maori. Personne ou presque ne semble être conscient de ses difficultés. Même dans la "communauté" wallisienne, il n'a pas que des amis. Mais il fait la rencontre de Coralie, une aventure d'un soir qui pourrait bien changer sa vie. Signalons la qualité de la composition de l'actrice Iliana Zabeth (dont certaines expressions du visage ne sont pas sans rappeler celui de Léa Seydoux), qu'on a vue récemment dans Les Cowboys.

   Le jeune Wallisien ayant des aptitudes physiques et de la pratique (au rugby), il se fait remarquer et comprend qu'il a de l'avenir dans ce sport... à condition d'accepter certains "accommodements". C'est courageux de la part du réalisateur de montrer les travers d'un monde qu'on a tendance à idéaliser, en comparaison de l'univers de football. Notons que les scènes de match et d'entraînement sont très réalistes.

   Pour Soane (le héros), cette aventure est initiatique. Il va devoir rapidement mûrir et régler ses problèmes, parfois de manière "virile". Rien n'est édulcoré, mais la mise en scène n'est pas racoleuse. Elle est bien servie par une musique et des chants parfois envoûtants.

   Vraiment, si vous avez l'occasion de le voir, ce film est une découverte à ne pas manquer.

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vendredi, 04 novembre 2016

Snowden

   Avec Olivier Pierre Oliver Stone aux manettes, Nicolas Cage dans la distribution et une chanson signée Peter Gabriel, on est dans le "film de gôche"... qui plus est coproduit par des Frenchies. Alors on peut se demander s'il était bien utile de consacrer un nouveau long-métrage à l'informaticien et lanceur d'alerte Edward Snowden, moins d'un an et demi après le documentaire Citizenfour. J'ai été d'autant plus inquiet qu'au début, lorsque nous sont montrées les premières scènes d'hôtel (datant de 2013), j'ai eu comme une impression de déjà-vu. (Stone semble avoir allègrement pompé sur le documentaire.)

   Fort heureusement, la majorité de l'intrigue s'évertue à nous montrer d'où vient Snowden (sans remonter trop loin). L'action se déroule entre 2004 et 2013. On découvre un jeune homme, sans doute surdoué mais inadapté au système scolaire, plutôt conservateur et patriote de tempérament. Il cherche (vainement) à s'engager dans les forces spéciales puis se tourne vers la CIA... par conviction. Eh, oui. Pour nous, Européens, qu'un jeune Américain censé être éduqué (voire cultivé) puisse ambitionner sincèrement d'intégrer l'une des plus malfaisantes organisations du monde a de quoi stupéfier. C'est dire le bourrage de crâne qui a sévi (et qui sévit sans doute encore) de l'autre côté de l'Atlantique. On y croit d'autant plus que Joseph Gordon-Levitt s'est glissé à la perfection dans la peau du personnage.

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   Le scénario a choisi de contrebalancer l'intrigue politique par la description de la vie sentimentale du héros. Il rencontre une sorte d'intermittente du spectacle gauchisante... et canon, puisqu'elle a les traits (et les formes) de Shailene Woodley, en qui tous les ados reconnaîtront l'héroïne de Divergente. Le couple qu'ils forment, aussi charmant soit-il, m'a paru assez improbable.

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   De surcroît, on peut regretter le voile pudique posé sur les relations avec la Russie de Poutine, qui apparaît ici comme le sauveur du citoyen-engagé-rejeté-par-son-pays-d'origine. Cela aurait mérité une petite enquête, quitte à écorner un peu l'image du chevalier blanc de l'informatique.

   Tout cela passe néanmoins en raison de la qualité de la mise en images. Stone se livre à quelques effets de distorsion et joue sur tout ce qui est vitré (ou à cristaux liquides). Certains plans sont visiblement là pour nous faire penser au Big Brother de 1984. Mais, surtout, il a réussi à intégrer à l'intrigue et à l'écran l'utilisation de l'informatique. (En lisant le générique de fin, on s'aperçoit que plusieurs sociétés ont contribué à la création de ces effets.)

   C'est donc un film militant, plaisant, mais pas un chef-d'oeuvre.