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samedi, 16 décembre 2017

Les Gardiennes

   Xavier Beauvois (Des Hommes et des Dieux) s'est décidé à adapter, à sa manière, le roman éponyme d'Ernest Pérochon (paru en 1924). Il a le mérite de mettre au premier plan ce que, pendant la Première guerre mondiale, on appelait "l'arrière". Cette histoire est donc celle des femmes qui, dans les campagnes, ont fait "tourner la boutique" pendant que les hommes étaient au front, ne pouvant s'appuyer que sur les vieillards, les enfants et les soldats en permission.

   Ces femmes de tout âge (de la gamine en chaussettes à la veuve vêtue de noir) sont incarnées par une pléiade d'actrices talentueuses. On a, avec raison, souligné la performance de Nathalie Baye (formidable). On a un peu moins parlé de la révélation de ce film, Iris Bry, totalement inconnue, mais qui irradie aussi bien dans les scènes d'intérieur que dans les prises de vue extérieures. Cette orpheline, placée chez des patrons successifs, va se révéler une excellente fermière... et elle possède un joli filet de voix !

   Je suis par contre moins convaincu par Laura Smet, qui n'a vraiment pas la tête d'une paysanne... non pas qu'elle doive être laide ou grossière, mais on sent trop la citadine. Même si je comprends le choix de la distribution (réunir la mère et la fille dans une histoire familiale), je trouve que cela n'apporte rien au film.

   Celui-ci revêt souvent un aspect documentaire. On suit les travaux et les jours, dans cette grosse exploitation où les femmes triment du matin au soir. Ainsi, à l'époque, il faut avoir les bras solides pour tenir la charrue tirée par les boeufs. L'essentiel des travaux se fait à la main, y compris la moisson, le seul outil étant à la faucille (et le fléau, pour le battage). L'intrigue s'étendant sur plusieurs années (de 1915 à 1920), on voit débarquer les premières machines : la moissonneuse-lieuse McCormick (tirée par les boeufs) et un tracteur (rudimentaire) Ford (sous la marque Fordson). Heureusement, à cette époque, dans les campagnes, on se serrait un peu les coudes. Mais le film est assez subtil pour nous faire entrevoir les jalousies.

   L'amour va se greffer sur cette histoire pleine de deuils. L'un des hommes de la maison est l'objet de convoitises... tout comme, à partir de la fin de 1917, les jeunes et vigoureux soldats américains venus au secours des Français. Cela donne un tour sensuel à certaines scènes.

   Le principal défaut du film est son rythme, très lent. A trop vouloir restituer le mode de vie rural, Beauvois peine parfois à se débarrasser de l'accessoire. Il s'attarde aussi un peu trop sur certains plans. Cela n'enlève rien aux qualités mentionnées plus haut, mais cela creuse un fossé entre ce qui reste un bon film et ce qui aurait pu être un chef-d'oeuvre.

Les Gardiennes

   Xavier Beauvois (Des Hommes et des Dieux) s'est décidé à adapter, à sa manière, le roman éponyme d'Ernest Pérochon (paru en 1924). Il a le mérite de mettre au premier plan ce que, pendant la Première guerre mondiale, on appelait "l'arrière". Cette histoire est donc celle des femmes qui, dans les campagnes, ont fait "tourner la boutique" pendant que les hommes étaient au front, ne pouvant s'appuyer que sur les vieillards, les enfants et les soldats en permission.

   Ces femmes de tout âge (de la gamine en chaussettes à la veuve vêtue de noir) sont incarnées par une pléiade d'actrices talentueuses. On a, avec raison, souligné la performance de Nathalie Baye (formidable). On a un peu moins parlé de la révélation de ce film, Iris Bry, totalement inconnue, mais qui irradie aussi bien dans les scènes d'intérieur que dans les prises de vue extérieures. Cette orpheline, placée chez des patrons successifs, va se révéler une excellente fermière... et elle possède un joli filet de voix !

   Je suis par contre moins convaincu par Laura Smet, qui n'a vraiment pas la tête d'une paysanne... non pas qu'elle doive être laide ou grossière, mais on sent trop la citadine. Même si je comprends le choix de la distribution (réunir la mère et la fille dans une histoire familiale), je trouve que cela n'apporte rien au film.

   Celui-ci revêt souvent un aspect documentaire. On suit les travaux et les jours, dans cette grosse exploitation où les femmes triment du matin au soir. Ainsi, à l'époque, il faut avoir les bras solides pour tenir la charrue tirée par les boeufs. L'essentiel des travaux se fait à la main, y compris la moisson, le seul outil étant à la faucille (et le fléau, pour le battage). L'intrigue s'étendant sur plusieurs années (de 1915 à 1920), on voit débarquer les premières machines : la moissonneuse-lieuse McCormick (tirée par les boeufs) et un tracteur (rudimentaire) Ford (sous la marque Fordson). Heureusement, à cette époque, dans les campagnes, on se serrait un peu les coudes. Mais le film est assez subtil pour nous faire entrevoir les jalousies.

   L'amour va se greffer sur cette histoire pleine de deuils. L'un des hommes de la maison est l'objet de convoitises... tout comme, à partir de la fin de 1917, les jeunes et vigoureux soldats américains venus au secours des Français. Cela donne un tour sensuel à certaines scènes.

   Le principal défaut du film est son rythme, très lent. A trop vouloir restituer le mode de vie rural, Beauvois peine parfois à se débarrasser de l'accessoire. Il s'attarde aussi un peu trop sur certains plans. Cela n'enlève rien aux qualités mentionnées plus haut, mais cela creuse un fossé entre ce qui reste un bon film et ce qui aurait pu être un chef-d'oeuvre.

vendredi, 15 décembre 2017

Santa & Cie

   Alain Chabat s'est lancé dans la comédie de Noël. Au départ, je n'étais pas trop partant (peut-être à cause du souvenir très mitigé que je garde de Bad Santa). Mais, comme le bouche-à-oreille est bon, je me suis laissé tenter.

   Le début m'a mis dans de bonnes dispositions. La première séquence dans le monde du Père Noël est éblouissante, avec une profusion de trucages numériques au service du merveilleux : il est question de la fabrication des cadeaux de Noël. La suite est vraiment drôle, avec le premier séjour de Santa au commissariat. Signalons que Chabat a recruté une pelletée de seconds rôles efficaces.

   J'ai trouvé que la rencontre avec la "famille idéale" (les parents étant incarnés par Pio Marmai et la délicieuse Golshifteh Farahani) fonctionnait moins. C'est un peu surjoué. Les gamins s'en sortent bien, surtout au début. Ensuite, ils m'ont un peu cassé les pieds.

   Mais, bon, le film regorge de clins d'oeil à destination des adultes ; il y a des jeux de mots ; l'action est rythmée et les rennes sont mignons comme tout. Chabat a veillé à ne pas aller trop loin, afin que cela reste une comédie familiale, à la fin relativement prévisible. Elle contient néanmoins la superbe scène du "chargement" des cadeaux, très inspirée.

   Cela ne va pas révolutionner le cinéma, mais cela permet de passer un très bon moment.

21:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Santa & Cie

   Alain Chabat s'est lancé dans la comédie de Noël. Au départ, je n'étais pas trop partant (peut-être à cause du souvenir très mitigé que je garde de Bad Santa). Mais, comme le bouche-à-oreille est bon, je me suis laissé tenter.

   Le début m'a mis dans de bonnes dispositions. La première séquence dans le monde du Père Noël est éblouissante, avec une profusion de trucages numériques au service du merveilleux : il est question de la fabrication des cadeaux de Noël. La suite est vraiment drôle, avec le premier séjour de Santa au commissariat. Signalons que Chabat a recruté une pelletée de seconds rôles efficaces.

   J'ai trouvé que la rencontre avec la "famille idéale" (les parents étant incarnés par Pio Marmai et la délicieuse Golshifteh Farahani) fonctionnait moins. C'est un peu surjoué. Les gamins s'en sortent bien, surtout au début. Ensuite, ils m'ont un peu cassé les pieds.

   Mais, bon, le film regorge de clins d'oeil à destination des adultes ; il y a des jeux de mots ; l'action est rythmée et les rennes sont mignons comme tout. Chabat a veillé à ne pas aller trop loin, afin que cela reste une comédie familiale, à la fin relativement prévisible. Elle contient néanmoins la superbe scène du "chargement" des cadeaux, très inspirée.

   Cela ne va pas révolutionner le cinéma, mais cela permet de passer un très bon moment.

21:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 08 décembre 2017

Paddington 2

   Trois ans après la sortie du premier volet de ses aventures, le plus vivant des ours en peluche revient sur les écrans, dans une comédie d'aventures à la fois très britannique et universelle par les thèmes qu'elle aborde.

   On commence par retrouver le héros en famille, avec une scène de salle de bains cocasse même si elle fait un peu "déjà-vu". J'aime bien la caractérisation des personnages : le père ancien rebelle devenu cadre sup' frustré, la mère dynamique qui a rogné ses ambitions, la fille qui cherche à se démarquer (et qui va finir par y arriver) et le frangin en pleine crise d'identité, qui tente de se faire passer pour un djeunse.

   La mise en scène est très soignée, avec notamment une scène étourdissante autour du livre animé (appelé ici livre pop-up), le dialogue débutant dans le monde réel (avec Paddington !) pour se poursuivre "dans" le livre, devenu la scène. C'est bluffant. (A l'origine, cela devait figurer dans le premier volet, selon Allociné.) Notons que le personnage de l'ourson est toujours aussi bien inséré à l'écran, interagissant parfaitement avec les personnages en chair et en os.

   L'humour revient rapidement à l'assaut, avec les déboires de Paddington dans le monde du travail. C'est d'abord chez un coiffeur qu'il va faire des dégâts, avant d'officier en tant que laveur de carreaux, une activité pour laquelle il se révèle "anatomiquement" doué...

   Les scènes les plus attendues étaient sans doute celles se déroulant en prison. Victime d'une injustice, le héros se retrouve entouré de criminels... dont il va se finir par se faire des alliés, voire des amis ! La manière dont le retournement de situation se produit est bien amenée, d'autant plus que, dans la maison d'arrêt, l'ourson commence par commettre une énorme bourde... En tout cas, il y rencontre un cuistot pas comme les autres, gros dur au coeur tendre (Brendan Gleeson, très bien dans le rôle), et une brochette de "gueules" qui mérite le détour. Attention toutefois : le vrai méchant de l'histoire ne se trouve pas en ces lieux (en tout cas, pas au début) ; il habite tout près de la famille du héros. Il est incarné avec un plaisir évident par Hugh Grant.

   Mais le plus étonnant pour moi a été de constater que les auteurs ont fait du héros une sorte de réincarnation de Charlot (le personnage de Chaplin). Paddington a un peu la même démarche que lui, il porte un chapeau minable, qu'il soulève quand il s'excuse d'avoir commis une gaffe... et il est assez souple et imaginatif pour se sortir des pires situations. Enfin (et surtout), à un moment (au début de la séquence d'évasion), il se retrouve piégé dans un engrenage, dans ce qui est une référence explicite aux Temps modernes.

   Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour la subtilité du scénario que l'on va voir ce film. Le gros de l'intrigue est cousu de fil blanc. On comprend très vite tout ce qui va se passer, à l'exception du mystère lié au livre animé, qui donne un côté enquête mystérieuse à l'histoire. Celle-ci trouve son dénouement dans une excellente séquence de trains, pleine de rebondissements.

   Ce n'est pas la comédie la plus hilarante à l'affiche, mais elle fait passer un très bon moment.

23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Paddington 2

   Trois ans après la sortie du premier volet de ses aventures, le plus vivant des ours en peluche revient sur les écrans, dans une comédie d'aventures à la fois très britannique et universelle par les thèmes qu'elle aborde.

   On commence par retrouver le héros en famille, avec une scène de salle de bains cocasse même si elle fait un peu "déjà-vu". J'aime bien la caractérisation des personnages : le père ancien rebelle devenu cadre sup' frustré, la mère dynamique qui a rogné ses ambitions, la fille qui cherche à se démarquer (et qui va finir par y arriver) et le frangin en pleine crise d'identité, qui tente de se faire passer pour un djeunse.

   La mise en scène est très soignée, avec notamment une scène étourdissante autour du livre animé (appelé ici livre pop-up), le dialogue débutant dans le monde réel (avec Paddington !) pour se poursuivre "dans" le livre, devenu la scène. C'est bluffant. (A l'origine, cela devait figurer dans le premier volet, selon Allociné.) Notons que le personnage de l'ourson est toujours aussi bien inséré à l'écran, interagissant parfaitement avec les personnages en chair et en os.

   L'humour revient rapidement à l'assaut, avec les déboires de Paddington dans le monde du travail. C'est d'abord chez un coiffeur qu'il va faire des dégâts, avant d'officier en tant que laveur de carreaux, une activité pour laquelle il se révèle "anatomiquement" doué...

   Les scènes les plus attendues étaient sans doute celles se déroulant en prison. Victime d'une injustice, le héros se retrouve entouré de criminels... dont il va se finir par se faire des alliés, voire des amis ! La manière dont le retournement de situation se produit est bien amenée, d'autant plus que, dans la maison d'arrêt, l'ourson commence par commettre une énorme bourde... En tout cas, il y rencontre un cuistot pas comme les autres, gros dur au coeur tendre (Brendan Gleeson, très bien dans le rôle), et une brochette de "gueules" qui mérite le détour. Attention toutefois : le vrai méchant de l'histoire ne se trouve pas en ces lieux (en tout cas, pas au début) ; il habite tout près de la famille du héros. Il est incarné avec un plaisir évident par Hugh Grant.

   Mais le plus étonnant pour moi a été de constater que les auteurs ont fait du héros une sorte de réincarnation de Charlot (le personnage de Chaplin). Paddington a un peu la même démarche que lui, il porte un chapeau minable, qu'il soulève quand il s'excuse d'avoir commis une gaffe... et il est assez souple et imaginatif pour se sortir des pires situations. Enfin (et surtout), à un moment (au début de la séquence d'évasion), il se retrouve piégé dans un engrenage, dans ce qui est une référence explicite aux Temps modernes.

   Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour la subtilité du scénario que l'on va voir ce film. Le gros de l'intrigue est cousu de fil blanc. On comprend très vite tout ce qui va se passer, à l'exception du mystère lié au livre animé, qui donne un côté enquête mystérieuse à l'histoire. Celle-ci trouve son dénouement dans une excellente séquence de trains, pleine de rebondissements.

   Ce n'est pas la comédie la plus hilarante à l'affiche, mais elle fait passer un très bon moment.

23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 04 décembre 2017

L'Etoile de Noël

   Cette animation de Sony Pictures suscite des réactions contrastées, notamment en raison du sujet sur lequel s'appuie l'intrigue : les mois qui auraient précédé la naissance du Jésus. Voilà pourquoi, dans un souci d'impartialité, je vais vous proposer non pas une, non pas deux, non pas trois mais quatre critiques différentes de ce film.

   On commence par Jean-Hubert, un identitaire de droite qui a emmené ses sept enfants voir le film.

   En cette approche du temps béni de Noël, il est bon qu'un film d'animation rappelle à notre saine jeunesse les fondements de notre Civilisation. Ainsi, loin du matérialisme putride dans lequel baignent tant de productions destinées au peuple, cette oeuvre spirituelle fait le pari d'élever l'âme des spectateurs. A plusieurs reprises, l'intervention divine est visible à l'écran, rappelant aux fourmis que nous sommes combien nous sommes dépendants du Très-Haut. Celui-ci ne fait pas de distinction entre les créatures vivantes pour indiquer Son dessein. Comment ne pas voir la marque divine dans l'ardeur à faire triompher le bien manifestée par un âne chatouilleux, une colombe bavarde, une brebis bondissante et des dromadaires mal coiffés ? En dépit de l'horrible menace qui pèse sur la Sainte Famille (curieusement représentée sous des traits "orientaux"), le destin de l'humanité était en marche !

   On continue avec la critique de gauche insoumise, par Karl-Georges-Boris ("KGB" pour les intimes).

   Fonctionnant à la marge du système capitaliste hollywoodien, Sony Pictures nous propose une lecture révolutionnaire des textes considérés par certains comme sacrés. Joseph et Marie sont deux prolétaires victimes de l'impérialisme romain, dans lequel tout le monde reconnaîtra son lointain avatar états-unien. Ils forment un couple égalitaire, se partageant les tâches du quotidien. Tous deux appartiennent aux "minorités visibles", ces Français issus de l'immigration africaine spoliés par l'histoire, auxquels un glorieux destin est promis. Pour cela, ils vont devoir s'unir et s'unir avec ceux qui, de prime abord, apparaissent très éloignés d'eux. Cette puissante métaphore appelle les réprouvés de toute origine, humains, dromadaires, colombes, moutons, chèvre, ânes, chevaux, boeufs et chiens, veaux, vaches, cochons, à se fédérer pour renverser l'ordre établi. Cette animation, en dépit de quelques désagréables aspects superstitieux, est un véritable appel à la révolte !

   Je m'en voudrais de ne pas vous communiquer la critique islamo-fasciste, rédigée par Tariq-Alain.

   Le complot américano-sionisto-croisé tente à nouveau de déverser sa propagande infâme dans la tête des enfants d'Allah. (Loué soit Son nom !) Ce film a sans nul doute été produit dans le but de faire croire qu'Issah, ce prophète de deuxième catégorie, était le véritable élu de Dieu, alors que tout le monde sait qu'il s'agit de Muhammad. (Bénie soit son action !) Mais nous avions prévu cette tentative. Nous avons infiltré des frères dans la grande machine hollywoodienne à fabriquer du mensonge. Voilà pourquoi cette oeuvre au départ impure s'est parée des couleurs de l'Islam. Ainsi, le couple de héros, Youssouf et Myriam, forme incontestablement une famille palestinienne qui suit la voie de l'obéissance à Allah. Ils n'élèvent pas de porc, cet animal impur. De plus, lorsqu'elle sort du domicile, Myriam se couvre comme toute bonne musulmane doit le faire (et non comme tant de pécheresses en Occident, ces vipères lubriques qui tentent d'échapper à la saine domination de l'homme). Ce couple est pourchassé par des militaires cruels armés jusqu'aux dents, au service d'un pouvoir oppresseur. Il s'agit bien évidemment de l'occupant sioniste. L'ingéniosité dont font preuve les personnages animaux n'est pas sans rappeler les efforts méritoires et souterrains menés par les combattants d'Allah pour faire triompher la Vraie Foi.

   Je termine par la critique la plus objective, la plus érudite, la plus argumentée, celle de Jérémie, 8 ans (et demi) : "C'est trop rigolo !"

L'Etoile de Noël

   Cette animation de Sony Pictures suscite des réactions contrastées, notamment en raison du sujet sur lequel s'appuie l'intrigue : les mois qui auraient précédé la naissance du Jésus. Voilà pourquoi, dans un souci d'impartialité, je vais vous proposer non pas une, non pas deux, non pas trois mais quatre critiques différentes de ce film.

   On commence par Jean-Hubert, un identitaire de droite qui a emmené ses sept enfants voir le film.

   En cette approche du temps béni de Noël, il est bon qu'un film d'animation rappelle à notre saine jeunesse les fondements de notre Civilisation. Ainsi, loin du matérialisme putride dans lequel baignent tant de productions destinées au peuple, cette oeuvre spirituelle fait le pari d'élever l'âme des spectateurs. A plusieurs reprises, l'intervention divine est visible à l'écran, rappelant aux fourmis que nous sommes combien nous sommes dépendants du Très-Haut. Celui-ci ne fait pas de distinction entre les créatures vivantes pour indiquer Son dessein. Comment ne pas voir la marque divine dans l'ardeur à faire triompher le bien manifestée par un âne chatouilleux, une colombe bavarde, une brebis bondissante et des dromadaires mal coiffés ? En dépit de l'horrible menace qui pèse sur la Sainte Famille (curieusement représentée sous des traits "orientaux"), le destin de l'humanité était en marche !

   On continue avec la critique de gauche insoumise, par Karl-Georges-Boris ("KGB" pour les intimes).

   Fonctionnant à la marge du système capitaliste hollywoodien, Sony Pictures nous propose une lecture révolutionnaire des textes considérés par certains comme sacrés. Joseph et Marie sont deux prolétaires victimes de l'impérialisme romain, dans lequel tout le monde reconnaîtra son lointain avatar états-unien. Ils forment un couple égalitaire, se partageant les tâches du quotidien. Tous deux appartiennent aux "minorités visibles", ces Français issus de l'immigration africaine spoliés par l'histoire, auxquels un glorieux destin est promis. Pour cela, ils vont devoir s'unir et s'unir avec ceux qui, de prime abord, apparaissent très éloignés d'eux. Cette puissante métaphore appelle les réprouvés de toute origine, humains, dromadaires, colombes, moutons, chèvre, ânes, chevaux, boeufs et chiens, veaux, vaches, cochons, à se fédérer pour renverser l'ordre établi. Cette animation, en dépit de quelques désagréables aspects superstitieux, est un véritable appel à la révolte !

   Je m'en voudrais de ne pas vous communiquer la critique islamo-fasciste, rédigée par Tariq-Alain.

   Le complot américano-sionisto-croisé tente à nouveau de déverser sa propagande infâme dans la tête des enfants d'Allah. (Loué soit Son nom !) Ce film a sans nul doute été produit dans le but de faire croire qu'Issah, ce prophète de deuxième catégorie, était le véritable élu de Dieu, alors que tout le monde sait qu'il s'agit de Muhammad. (Bénie soit son action !) Mais nous avions prévu cette tentative. Nous avons infiltré des frères dans la grande machine hollywoodienne à fabriquer du mensonge. Voilà pourquoi cette oeuvre au départ impure s'est parée des couleurs de l'Islam. Ainsi, le couple de héros, Youssouf et Myriam, forme incontestablement une famille palestinienne qui suit la voie de l'obéissance à Allah. Ils n'élèvent pas de porc, cet animal impur. De plus, lorsqu'elle sort du domicile, Myriam se couvre comme toute bonne musulmane doit le faire (et non comme tant de pécheresses en Occident, ces vipères lubriques qui tentent d'échapper à la saine domination de l'homme). Ce couple est pourchassé par des militaires cruels armés jusqu'aux dents, au service d'un pouvoir oppresseur. Il s'agit bien évidemment de l'occupant sioniste. L'ingéniosité dont font preuve les personnages animaux n'est pas sans rappeler les efforts méritoires et souterrains menés par les combattants d'Allah pour faire triompher la Vraie Foi.

   Je termine par la critique la plus objective, la plus érudite, la plus argumentée, celle de Jérémie, 8 ans (et demi) : "C'est trop rigolo !"

vendredi, 01 décembre 2017

A Beautiful Day

   A première vue, le titre du film sonne comme une antiphrase. Le héros Joe (Joaquin Phoenix, transfiguré) semble ne vivre que des journées de merde. Il faut dire qu'il cumule les passifs : il a eu une enfance difficile et c'est un ancien soldat, miraculeusement rescapé d'une embuscade au Moyen-Orient. Son corps en porte encore les stigmates.

   Le poids de cette culpabilité explique peut-être son comportement suicidaire : les risques qu'il prend à tuer et les semi-tentatives qu'on le voit exécuter. C'est d'ailleurs par l'une d'entre elles que commence l'histoire, avec un superbe gros plan sur une tête dans un sac plastique.

   C'est la marque de la réalisatrice Lynne Ramsay, très attentive à la construction de ses plans. La première partie du film est riche en trouvailles, comme cet enchaînement entre la vision du héros prostré dans une penderie et une autre du même, perçu en contre-plongée par-delà les rails du quai d'une gare. Entre les deux plans, l'acteur n'a pas changé de posture ni de place.

   Il est donc possible de (presque) complètement s'abstraire de l'intrigue (au demeurant guère inventive) pour goûter pleinement le savoir-faire de la réalisatrice... et la performance de l'acteur principal. De surcroît, le scénario a des aspects nauséabonds. Joe, qui vit avec sa mère (qui perd les pédales), s'est reconverti dans le meurtre sur commande, façon grands coups de marteau dans la gueule. Petite précision : il semble ne s'en prendre qu'à des crapules.

   Le voilà bientôt mêlé à une affaire sordide, faite de corruption politique et de pédophilie. C'est bien dégueu... et la réalisatrice frôle le caniveau : il est évident qu'on ne peut qu'adhérer à la croisade que Joe va mener, sans subtilité, contre la bande de salopards. Signalons toutefois que L Ramsay a l'élégance d'introduire quelques ellipses, qui nous évitent de voir trop de sang gicler. (Grosse déception pour le spectateur en quête de catharsis après une journée de boulot irritante.)

   Et puis, au détour d'une scène, elle ose, comme cette improbable (et fugace) communion entre deux tueurs de bords opposés, l'un aidant l'autre à adoucir ses derniers instants, sur le sol d'une cuisine. C'est totalement inattendu, gonflé... et réussi. (Je recommande aussi la scène des funérailles lacustres.)

   Je m'en voudrais de ne pas signaler la composition d'Ekaterina Samsonov (futur petit canon hollywoodien), qui incarne la gamine que le tueur mutique va prendre sous son aile. Malheureusement, la réalisatrice peine à conclure son histoire. Elle tente même, par un artifice scénaristique, de suggérer deux fins possibles, mais c'est décevant, au regard de ce que le film a fait entrevoir auparavant.

   PS

   L'un des personnages secondaires possède un très joli matou auquel, fort heureusement, il n'arrive rien de désagréable, contrairement à nombre d'humains.

22:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

A Beautiful Day

   A première vue, le titre du film sonne comme une antiphrase. Le héros Joe (Joaquin Phoenix, transfiguré) semble ne vivre que des journées de merde. Il faut dire qu'il cumule les passifs : il a eu une enfance difficile et c'est un ancien soldat, miraculeusement rescapé d'une embuscade au Moyen-Orient. Son corps en porte encore les stigmates.

   Le poids de cette culpabilité explique peut-être son comportement suicidaire : les risques qu'il prend à tuer et les semi-tentatives qu'on le voit exécuter. C'est d'ailleurs par l'une d'entre elles que commence l'histoire, avec un superbe gros plan sur une tête dans un sac plastique.

   C'est la marque de la réalisatrice Lynne Ramsay, très attentive à la construction de ses plans. La première partie du film est riche en trouvailles, comme cet enchaînement entre la vision du héros prostré dans une penderie et une autre du même, perçu en contre-plongée par-delà les rails du quai d'une gare. Entre les deux plans, l'acteur n'a pas changé de posture ni de place.

   Il est donc possible de (presque) complètement s'abstraire de l'intrigue (au demeurant guère inventive) pour goûter pleinement le savoir-faire de la réalisatrice... et la performance de l'acteur principal. De surcroît, le scénario a des aspects nauséabonds. Joe, qui vit avec sa mère (qui perd les pédales), s'est reconverti dans le meurtre sur commande, façon grands coups de marteau dans la gueule. Petite précision : il semble ne s'en prendre qu'à des crapules.

   Le voilà bientôt mêlé à une affaire sordide, faite de corruption politique et de pédophilie. C'est bien dégueu... et la réalisatrice frôle le caniveau : il est évident qu'on ne peut qu'adhérer à la croisade que Joe va mener, sans subtilité, contre la bande de salopards. Signalons toutefois que L Ramsay a l'élégance d'introduire quelques ellipses, qui nous évitent de voir trop de sang gicler. (Grosse déception pour le spectateur en quête de catharsis après une journée de boulot irritante.)

   Et puis, au détour d'une scène, elle ose, comme cette improbable (et fugace) communion entre deux tueurs de bords opposés, l'un aidant l'autre à adoucir ses derniers instants, sur le sol d'une cuisine. C'est totalement inattendu, gonflé... et réussi. (Je recommande aussi la scène des funérailles lacustres.)

   Je m'en voudrais de ne pas signaler la composition d'Ekaterina Samsonov (futur petit canon hollywoodien), qui incarne la gamine que le tueur mutique va prendre sous son aile. Malheureusement, la réalisatrice peine à conclure son histoire. Elle tente même, par un artifice scénaristique, de suggérer deux fins possibles, mais c'est décevant, au regard de ce que le film a fait entrevoir auparavant.

   PS

   L'un des personnages secondaires possède un très joli matou auquel, fort heureusement, il n'arrive rien de désagréable, contrairement à nombre d'humains.

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jeudi, 30 novembre 2017

Le Brio

   J'ai un peu tardé à aller voir ce film, qui a bénéficié d'une promotion quasi-hollywoodienne. La vision de la bande-annonce m'avait donné l'impression de connaître déjà toute la trame de l'histoire, ce qui enlève quand même un peu l'envie. Mais, certains éléments laissaient présager une intrigue pas trop "politiquement correcte" et le bouche-à-oreille est très bon. Va donc pour Le Brio.

   La première (agréable) surprise arrive dès le début, avec ces extraits d'émissions télévisées, avec Serge Gainsbourg, Claude Lévi-Strauss, Romain Gary et surtout Jacques Brel, qui parle de la bêtise et du bonheur.

   Très vite, le principal argument de cette comédie sociétale surgit : la confrontation entre l'étudiante beurette banlieusarde pugnace et le prof de fac grand-bourgeois de droite. Les échanges entre les deux personnages sont souvent savoureux, notamment grâce au talent des interprètes, Daniel Auteuil (que je n'ai pas vu aussi  bon depuis longtemps) et la révélation Camélia Jordana (qui n'était jusqu'à présent pour moi qu'une -jolie- voix, celle qui interprète la chanson accompagnant le dernier film de Cédric Klapisch, Ce qui nous lie). On peut aussi signaler la prestation de Yasin Houicha en Mounir, le petit ami de Neïla.

   A ceux qui pensent que le pire (question propos stigmatisants) sort de la bouche de Pierre Mazard, je conseille de tendre l'oreille au début du concours de plaidoiries, lorsque le premier adversaire de l'héroïne Neïla soutient la thèse que "l'habit ne fait pas le moine". (C'est d'autant plus fort que le petit con en costume-cravate est très bien interprété.)

   Il y a toutefois un aspect conte de fées dans l'histoire. L'héroïne habite une cité du Val-de-Marne où il n'y a ni trafic ni agression, où presque aucune femme n'est voilée. Quant aux deux principaux protagonistes qu'au départ tout oppose, ils vont petit à petit surmonter leurs aprioris et changer, intérieurement comme extérieurement. Fort heureusement, le scénario ménage quelques retournements. La vie n'est pas aussi simple et, parfois, on peut tirer grandement profit de situations désagréables.

   Plusieurs scènes m'ont marqué. Il y a celles qui montrent le groupe de potes de banlieue, des jeunes (presque) comme les autres, qui se chambrent et jouent ensemble. J'ai aussi beaucoup aimé le repas de femmes, entre la grand-mère à peine francophone, la fille adolescente attardée et la petite-fille brillante mais habillée comme une souillon. Du point de vue de la mise en scène, c'est une plaidoirie de Neïla qui emporte le morceau, vers la fin. Elle ne survient pas dans le contexte auquel on s'attend, mais c'est quand même un bel hommage à l'enseignement qu'elle a reçu, puisqu'elle y exploite les petits trucs de son agaçant mentor.

   Et puis il y a cet épilogue assez cocasse, qui donne foi en l'avenir.

Le Brio

   J'ai un peu tardé à aller voir ce film, qui a bénéficié d'une promotion quasi-hollywoodienne. La vision de la bande-annonce m'avait donné l'impression de connaître déjà toute la trame de l'histoire, ce qui enlève quand même un peu l'envie. Mais, certains éléments laissaient présager une intrigue pas trop "politiquement correcte" et le bouche-à-oreille est très bon. Va donc pour Le Brio.

   La première (agréable) surprise arrive dès le début, avec ces extraits d'émissions télévisées, avec Serge Gainsbourg, Claude Lévi-Strauss, Romain Gary et surtout Jacques Brel, qui parle de la bêtise et du bonheur.

   Très vite, le principal argument de cette comédie sociétale surgit : la confrontation entre l'étudiante beurette banlieusarde pugnace et le prof de fac grand-bourgeois de droite. Les échanges entre les deux personnages sont souvent savoureux, notamment grâce au talent des interprètes, Daniel Auteuil (que je n'ai pas vu aussi  bon depuis longtemps) et la révélation Camélia Jordana (qui n'était jusqu'à présent pour moi qu'une -jolie- voix, celle qui interprète la chanson accompagnant le dernier film de Cédric Klapisch, Ce qui nous lie). On peut aussi signaler la prestation de Yasin Houicha en Mounir, le petit ami de Neïla.

   A ceux qui pensent que le pire (question propos stigmatisants) sort de la bouche de Pierre Mazard, je conseille de tendre l'oreille au début du concours de plaidoiries, lorsque le premier adversaire de l'héroïne Neïla soutient la thèse que "l'habit ne fait pas le moine". (C'est d'autant plus fort que le petit con en costume-cravate est très bien interprété.)

   Il y a toutefois un aspect conte de fées dans l'histoire. L'héroïne habite une cité du Val-de-Marne où il n'y a ni trafic ni agression, où presque aucune femme n'est voilée. Quant aux deux principaux protagonistes qu'au départ tout oppose, ils vont petit à petit surmonter leurs aprioris et changer, intérieurement comme extérieurement. Fort heureusement, le scénario ménage quelques retournements. La vie n'est pas aussi simple et, parfois, on peut tirer grandement profit de situations désagréables.

   Plusieurs scènes m'ont marqué. Il y a celles qui montrent le groupe de potes de banlieue, des jeunes (presque) comme les autres, qui se chambrent et jouent ensemble. J'ai aussi beaucoup aimé le repas de femmes, entre la grand-mère à peine francophone, la fille adolescente attardée et la petite-fille brillante mais habillée comme une souillon. Du point de vue de la mise en scène, c'est une plaidoirie de Neïla qui emporte le morceau, vers la fin. Elle ne survient pas dans le contexte auquel on s'attend, mais c'est quand même un bel hommage à l'enseignement qu'elle a reçu, puisqu'elle y exploite les petits trucs de son agaçant mentor.

   Et puis il y a cet épilogue assez cocasse, qui donne foi en l'avenir.

mardi, 28 novembre 2017

Les Conquérantes

   Ce film suisse évoque le combat des femmes pour l'obtention du droit de vote... et de plus de respect au quotidien de la part des hommes. Le début des années 1970 est une époque de remise en cause, chez nos voisins alpins comme ailleurs. Les spectateurs qui ont un peu de kilomètres au compteur retrouveront dans cette Suisse rurale et patriarcale un peu de la France des années 1970-1980, à ceci près que, dans l'Hexagone, c'est depuis 1944 que les femmes peuvent voter.

   Cela aurait pu donner un film pesant, militant, poussiéreux. Ce n'est heureusement rien de tout cela. C'est évidemment engagé, mais furieusement drôle, malgré la gravité des situations. Il y a d'abord le contraste entre ces femmes de la campagne, soumises bien qu'enragées de leur condition de bonnes à tout faire, et les jeunes qui ne veulent pas de la même vie de leur mère. Il y a aussi la beaufitude ridicule de certains hommes, vraiment pas subtils. Il y a enfin l'irruption de la révolution sexuelle, dans une scène hilarante au cours de laquelle des femmes revendiquent le mot "clitoris" et découvrent, pour certaines d'entre elles, qu'elles ont un tigre dans le moteur...

   On suit plus particulièrement l'évolution de Nora, une timide femme au foyer qui doit se fader un beau-père acariâtre, deux fils égocentriques et un mari gentil mais très sensible au qu'en-dira-t-on. L'une des scènes du début la montre pédalant à vélo, dans l'un des rares moments de totale liberté dont elle jouit. Le déclic est la révolte de sa nièce, dont Nora ne supporte pas la répression. Dans le même temps, elle suit les débats sur le référendum portant sur le droit de vote... et elle se dit qu'elle pourrait reprendre un travail.

   Cela fait beaucoup pour son mari Hans, un beau garçon maladroit qui ne l'a jamais fait jouir. Travailleur consciencieux, il est sur le point de bénéficier d'une promotion dans la scierie dirigée par une vieille bique ultraconservatrice. Son départ pour le service militaire va donner des ailes à Nora... et bouleverser le village.

   L'héroïne va trouver des alliées : une retraitée à moitié sénile mais audacieuse, une restauratrice d'origine italienne de moeurs très libres et même sa belle-soeur, lassée d'un mari décevant.

   Cela donne un ensemble instructif et très plaisant, toujours d'actualité à une époque où l'obscurantisme est loin d'avoir disparu.

   

Les Conquérantes

   Ce film suisse évoque le combat des femmes pour l'obtention du droit de vote... et de plus de respect au quotidien de la part des hommes. Le début des années 1970 est une époque de remise en cause, chez nos voisins alpins comme ailleurs. Les spectateurs qui ont un peu de kilomètres au compteur retrouveront dans cette Suisse rurale et patriarcale un peu de la France des années 1970-1980, à ceci près que, dans l'Hexagone, c'est depuis 1944 que les femmes peuvent voter.

   Cela aurait pu donner un film pesant, militant, poussiéreux. Ce n'est heureusement rien de tout cela. C'est évidemment engagé, mais furieusement drôle, malgré la gravité des situations. Il y a d'abord le contraste entre ces femmes de la campagne, soumises bien qu'enragées de leur condition de bonnes à tout faire, et les jeunes qui ne veulent pas de la même vie de leur mère. Il y a aussi la beaufitude ridicule de certains hommes, vraiment pas subtils. Il y a enfin l'irruption de la révolution sexuelle, dans une scène hilarante au cours de laquelle des femmes revendiquent le mot "clitoris" et découvrent, pour certaines d'entre elles, qu'elles ont un tigre dans le moteur...

   On suit plus particulièrement l'évolution de Nora, une timide femme au foyer qui doit se fader un beau-père acariâtre, deux fils égocentriques et un mari gentil mais très sensible au qu'en-dira-t-on. L'une des scènes du début la montre pédalant à vélo, dans l'un des rares moments de totale liberté dont elle jouit. Le déclic est la révolte de sa nièce, dont Nora ne supporte pas la répression. Dans le même temps, elle suit les débats sur le référendum portant sur le droit de vote... et elle se dit qu'elle pourrait reprendre un travail.

   Cela fait beaucoup pour son mari Hans, un beau garçon maladroit qui ne l'a jamais fait jouir. Travailleur consciencieux, il est sur le point de bénéficier d'une promotion dans la scierie dirigée par une vieille bique ultraconservatrice. Son départ pour le service militaire va donner des ailes à Nora... et bouleverser le village.

   L'héroïne va trouver des alliées : une retraitée à moitié sénile mais audacieuse, une restauratrice d'origine italienne de moeurs très libres et même sa belle-soeur, lassée d'un mari décevant.

   Cela donne un ensemble instructif et très plaisant, toujours d'actualité à une époque où l'obscurantisme est loin d'avoir disparu.

   

dimanche, 26 novembre 2017

Thelma

   Visible à Rodez en version française comme en version originale, ce film fantastique nous vient de Norvège. Il débute de manière assez classique, par une scène issue du passé : un père emmène sa fille à la chasse. Rien n'est dit, tout est suggéré, mais l'on comprend que, lorsqu'une biche surgit devant les personnages, la gamine aimerait bien que son père ne la tue pas. Je vous laisse deviner comment cette enfant "un peu spéciale" lui fait comprendre qu'il ne devrait pas tirer...

   On retrouve Thelma des années plus tard. La petite fille de la campagne est devenue un joli brin de femme, étudiante dans une grande ville où elle a du mal à s'intégrer. Le réalisateur Joachim Trier part d'une vie quotidienne anodine pour suggérer que le feu couve sous la glace.

   Thelma a été élevée par des parents très croyants. Elle a été surprotégée. Du coup, elle apparaît un peu coincée à ses camarades de fac : elle est timide, ne boit pas d'alcool, ne sort pratiquement pas le soir et, quand elle s'exprime, a des opinions qui tranchent par rapport à ses camarades. Chaque jour, elle a au moins l'un de ses parents au téléphone. Ce n'est que plus tard que l'on comprend que la jeune femme a un secret, que connaissent ses parents. Les dialogues entre eux sont donc à double sens, suffisamment bien écrits pour que la posture des parents chrétiens hyper-protecteurs tienne la route.

   Cette deuxième partie un peu languissante voit Thelma se faire une amie, étudiante comme elle. Leur relation prend un tour inattendu, le tout filmé avec beaucoup de sensualité.

   Evidemment, cela va finir par déraper. Le passé enfoui ressurgit, déteignant sur le présent. Le fantastique (ou le surnaturel) prend de plus en plus de place, sans que le réalisateur ait besoin de recourir à une tonne d'effets spéciaux. En gros, seules trois scènes (une dans une clinique, une chez l'amie de Thelma et une sur le lac) ont nécessité des retouches numériques. Les autres suscitent le trouble voire la crainte grâce au jeu des acteurs, à la mise en scène et au montage.

   Le seul défaut du film est sa longueur. Je ne me suis jamais ennuyé, mais j'ai trouvé que, de temps en temps, on aurait pu accélérer le rythme. Notons toutefois qu'il se termine de manière surprenante, pas du tout "à l'américaine". Gageons qu'Hollywood va récupérer le scénario pour en produire une version plus conforme aux canons en vigueur outre-Atlantique.

11:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Thelma

   Visible à Rodez en version française comme en version originale, ce film fantastique nous vient de Norvège. Il débute de manière assez classique, par une scène issue du passé : un père emmène sa fille à la chasse. Rien n'est dit, tout est suggéré, mais l'on comprend que, lorsqu'une biche surgit devant les personnages, la gamine aimerait bien que son père ne la tue pas. Je vous laisse deviner comment cette enfant "un peu spéciale" lui fait comprendre qu'il ne devrait pas tirer...

   On retrouve Thelma des années plus tard. La petite fille de la campagne est devenue un joli brin de femme, étudiante dans une grande ville où elle a du mal à s'intégrer. Le réalisateur Joachim Trier part d'une vie quotidienne anodine pour suggérer que le feu couve sous la glace.

   Thelma a été élevée par des parents très croyants. Elle a été surprotégée. Du coup, elle apparaît un peu coincée à ses camarades de fac : elle est timide, ne boit pas d'alcool, ne sort pratiquement pas le soir et, quand elle s'exprime, a des opinions qui tranchent par rapport à ses camarades. Chaque jour, elle a au moins l'un de ses parents au téléphone. Ce n'est que plus tard que l'on comprend que la jeune femme a un secret, que connaissent ses parents. Les dialogues entre eux sont donc à double sens, suffisamment bien écrits pour que la posture des parents chrétiens hyper-protecteurs tienne la route.

   Cette deuxième partie un peu languissante voit Thelma se faire une amie, étudiante comme elle. Leur relation prend un tour inattendu, le tout filmé avec beaucoup de sensualité.

   Evidemment, cela va finir par déraper. Le passé enfoui ressurgit, déteignant sur le présent. Le fantastique (ou le surnaturel) prend de plus en plus de place, sans que le réalisateur ait besoin de recourir à une tonne d'effets spéciaux. En gros, seules trois scènes (une dans une clinique, une chez l'amie de Thelma et une sur le lac) ont nécessité des retouches numériques. Les autres suscitent le trouble voire la crainte grâce au jeu des acteurs, à la mise en scène et au montage.

   Le seul défaut du film est sa longueur. Je ne me suis jamais ennuyé, mais j'ai trouvé que, de temps en temps, on aurait pu accélérer le rythme. Notons toutefois qu'il se termine de manière surprenante, pas du tout "à l'américaine". Gageons qu'Hollywood va récupérer le scénario pour en produire une version plus conforme aux canons en vigueur outre-Atlantique.

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samedi, 25 novembre 2017

Detroit

   Kathryn Bigelow (la réalisatrice très inspirée de Démineurs et Zero Dark Thirty) s'est penchée sur les émeutes de 1967, dans ce qui était alors la capitale de l'automobile américaine. Le film met principalement en scène les tensions entre (certains) Noirs et (certains) Blancs, alors que la ségrégation venait à peine d'être supprimée.

   C'est une nouvelle fiction à caractère documentaire. La réalisatrice essaie de reconstituer ce qui s'est passé cette nuit-là, quasiment en temps réel, en suivant au plus près les principaux personnages, interprétés par des acteurs criants de vérité. Parmi ceux-ci, on reconnaît John Boyega (vu dans Le Réveil de la Force et The Circle) et Will Poulter (vu dans The Revenant).

   On sent que le film est à la fois très écrit et nourri par une part d'improvisation. C'est vraiment très bien foutu. Bigelow filme Detroit comme une ville en guerre du Moyen-Orient. Et que dire de la montée de tension qu'elle instaure, au point de rendre étouffantes certaines scènes en apparence anodines.

   Trois catégories de forces de l'ordre sont intervenues cette nuit-là : les militaires de la Garde nationale, des policiers de l'Etat de Michigan et ceux de la ville de Detroit, qui font plus penser à une milice désorganisée qu'à des défenseurs de la loi. C'est d'eux que vont surgir les dérapages.

   En même temps, Bigelow ressuscite une époque, celle d'un furieux appétit de liberté de la part d'une partie de la jeunesse, sur fond de musique Black.

   La limite du film est le décalage que j'ai ressenti par rapport à quasiment tous les personnages. Qu'ils soient des "bons", des "méchants" ou des "neutres", je n'ai pu m'identifier à aucun d'eux. Ils me sont apparus bouffis de préjugés ou lâches ou terriblement immatures. Alors que la mise en scène a pour but de nous immerger au coeur de l'intrigue, je suis resté un peu étranger à la représentation de cette flagrante injustice, pourtant très bien filmée.

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Detroit

   Kathryn Bigelow (la réalisatrice très inspirée de Démineurs et Zero Dark Thirty) s'est penchée sur les émeutes de 1967, dans ce qui était alors la capitale de l'automobile américaine. Le film met principalement en scène les tensions entre (certains) Noirs et (certains) Blancs, alors que la ségrégation venait à peine d'être supprimée.

   C'est une nouvelle fiction à caractère documentaire. La réalisatrice essaie de reconstituer ce qui s'est passé cette nuit-là, quasiment en temps réel, en suivant au plus près les principaux personnages, interprétés par des acteurs criants de vérité. Parmi ceux-ci, on reconnaît John Boyega (vu dans Le Réveil de la Force et The Circle) et Will Poulter (vu dans The Revenant).

   On sent que le film est à la fois très écrit et nourri par une part d'improvisation. C'est vraiment très bien foutu. Bigelow filme Detroit comme une ville en guerre du Moyen-Orient. Et que dire de la montée de tension qu'elle instaure, au point de rendre étouffantes certaines scènes en apparence anodines.

   Trois catégories de forces de l'ordre sont intervenues cette nuit-là : les militaires de la Garde nationale, des policiers de l'Etat de Michigan et ceux de la ville de Detroit, qui font plus penser à une milice désorganisée qu'à des défenseurs de la loi. C'est d'eux que vont surgir les dérapages.

   En même temps, Bigelow ressuscite une époque, celle d'un furieux appétit de liberté de la part d'une partie de la jeunesse, sur fond de musique Black.

   La limite du film est le décalage que j'ai ressenti par rapport à quasiment tous les personnages. Qu'ils soient des "bons", des "méchants" ou des "neutres", je n'ai pu m'identifier à aucun d'eux. Ils me sont apparus bouffis de préjugés ou lâches ou terriblement immatures. Alors que la mise en scène a pour but de nous immerger au coeur de l'intrigue, je suis resté un peu étranger à la représentation de cette flagrante injustice, pourtant très bien filmée.

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mercredi, 22 novembre 2017

Justice League

   DC Comics essaie de la jouer comme Marvel, en lançant une série de films de super-héros liés les uns aux autres. Voilà pourquoi celui-ci contient des allusions à Man of Steel et Batman vs Superman. Cependant, cela ne débute pas sous les meilleurs auspices. Je ne sais pas si c'est la version française qui pêche, mais, franchement, la plupart des dialogues sont à chier... et j'ai vraiment du mal avec la groooossse voix dont on a affublé Ben Affleck (décidément pas le meilleur Batman).

   Heureusement, à intervalle régulier, des traits d'humour viennent égayer l'intrigue, sans toutefois que cela soit aussi désopilant que dans le récent Thor : Ragnarok. L'une de ces saillies figure d'ailleurs dans la bande-annonce, à l'intérieur d'un dialogue entre Batman et un petit nouveau :

- Et vous, c'est quoi votre super-pouvoir ?

- Je suis riche.

   De manière générale, tout ce qui tourne autour de Flash (Ezra Miller, très bien) est réussi. J'ai beaucoup apprécié ce personnage de djeunse maladroit et blagueur, qui n'est pas sans rappeler le Vif-Argent des X-Men.

   L'humour est aussi de sortie à l'occasion de la résurrection d'un autre super-héros, dans une scène où celui-ci dialogue avec sa petite amie :

- Ça fait quoi d'être entre quatre planches ?

- Ça gratte.

[...]

- Tu sens bon !

- C'était pas le cas avant ?

   Enfin, plus loin, au cours d'une baston, deux des valeureux combattants de la liberté échangent des propos de la plus haute intensité :

- Mais t'es dingue !

- C'est pas moi qui suis venu avec une grosse fourchette.

   On retrouve un peu l'ambiance de 300 - La Naissance d'un empire, scénarisé par Zack Snyder, qui est ici derrière la caméra. Voilà pourquoi celle-ci s'attarde autant sur ces corps masculins bodybuildés (sacré Zack !), les personnages féminins étant nettement moins bien mis en valeur... à l'exception peut-être de Wonder Woman, qui a le charme et l'énergie de Gal Gadot, pourtant pas gâtée par son costume.

   Ses congénères amazones sont d'ailleurs au coeur de la première séquence emballante du film, lorsque leur île est attaquée par Steppenwolf, un méchant très très vilain (et costaud). Il faut reconnaître que Snyder sait y faire côté baston. Il est servi par de très beaux décors et des effets spéciaux qui en jettent.

   Bref, au bout d'un moment, on se fiche un peu du pourquoi et du comment et l'on digère agréablement, confortablement installé dans une grande salle.

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Justice League

   DC Comics essaie de la jouer comme Marvel, en lançant une série de films de super-héros liés les uns aux autres. Voilà pourquoi celui-ci contient des allusions à Man of Steel et Batman vs Superman. Cependant, cela ne débute pas sous les meilleurs auspices. Je ne sais pas si c'est la version française qui pêche, mais, franchement, la plupart des dialogues sont à chier... et j'ai vraiment du mal avec la groooossse voix dont on a affublé Ben Affleck (décidément pas le meilleur Batman).

   Heureusement, à intervalle régulier, des traits d'humour viennent égayer l'intrigue, sans toutefois que cela soit aussi désopilant que dans le récent Thor : Ragnarok. L'une de ces saillies figure d'ailleurs dans la bande-annonce, à l'intérieur d'un dialogue entre Batman et un petit nouveau :

- Et vous, c'est quoi votre super-pouvoir ?

- Je suis riche.

   De manière générale, tout ce qui tourne autour de Flash (Ezra Miller, très bien) est réussi. J'ai beaucoup apprécié ce personnage de djeunse maladroit et blagueur, qui n'est pas sans rappeler le Vif-Argent des X-Men.

   L'humour est aussi de sortie à l'occasion de la résurrection d'un autre super-héros, dans une scène où celui-ci dialogue avec sa petite amie :

- Ça fait quoi d'être entre quatre planches ?

- Ça gratte.

[...]

- Tu sens bon !

- C'était pas le cas avant ?

   Enfin, plus loin, au cours d'une baston, deux des valeureux combattants de la liberté échangent des propos de la plus haute intensité :

- Mais t'es dingue !

- C'est pas moi qui suis venu avec une grosse fourchette.

   On retrouve un peu l'ambiance de 300 - La Naissance d'un empire, scénarisé par Zack Snyder, qui est ici derrière la caméra. Voilà pourquoi celle-ci s'attarde autant sur ces corps masculins bodybuildés (sacré Zack !), les personnages féminins étant nettement moins bien mis en valeur... à l'exception peut-être de Wonder Woman, qui a le charme et l'énergie de Gal Gadot, pourtant pas gâtée par son costume.

   Ses congénères amazones sont d'ailleurs au coeur de la première séquence emballante du film, lorsque leur île est attaquée par Steppenwolf, un méchant très très vilain (et costaud). Il faut reconnaître que Snyder sait y faire côté baston. Il est servi par de très beaux décors et des effets spéciaux qui en jettent.

   Bref, au bout d'un moment, on se fiche un peu du pourquoi et du comment et l'on digère agréablement, confortablement installé dans une grande salle.

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mardi, 21 novembre 2017

Carbone

   Olivier Marchal signe un nouveau polar, dont l'intrigue s'inspire de l'affaire la fraude à la TVA sur les quotas de carbone. En août dernier, Le Monde a consacré une excellente série de papiers à cette arnaque tarabiscotée, qui a sombré dans le macabre.

   Par précaution et peut-être aussi pour mieux gérer la tension dramatique, les scénaristes se sont parfois un peu éloignés de l'histoire. Ainsi, le personnage principal, incarné par Benoît Magimel (correct, mais pas transcendant), est un mélange d'Arnaud et de Fabrice (pour ceux qui connaissent l'affaire). On a de plus rendu son personnage plus sympathique que dans la réalité... sinon il n'y aurait pas eu de film : les spectateurs lambdas n'auraient pas pu s'identifier à des escrocs minables et des salauds sans scrupule.

   Le début est un peu lourd, avec l'insistance mise sur ce courageux chef de PME que le fisc emmerde et qui, de surcroît, doit supporter la morgue de son richissime beau-père (Depardieu, potable). Les meilleures scènes surviennent quand il se retrouve avec ses potes, très bien interprétés. Parmi eux, je distingue Mickaël Youn et surtout Idir Chender, qui incarne le mec immature, qui ne va pas parvenir à gérer la pression et à qui le succès va faire perdre les pédales. Il est vraiment très convaincant. Signalons aussi la composition de Dany en matrone juive. Laura Smet n'est pas mal non plus en compagne du vainqueur du jour.

   Le principe de l'arnaque est expliqué sans trop de détails. Le but n'est pas de créer une fiction à caractère documentaire. Marchal veut manier la pâte humaine, à l'américaine, et brosser le tableau de l'ascension et de la chute d'une bande de potes. Au passage, il se vautre un peu dans la représentation du luxe ostentatoire (musique assourdissante, filles affriolantes, sexe, drogue, alcool, grosses voitures et montres rutilantes). Mais, comme c'est filmé avec style, ça passe. La tension monte efficacement, notamment à partir du moment où des truands patentés vont vouloir prendre leur part du gâteau... voire celle des autres.

   Le fait que cette arnaque ait été mise en oeuvre par des minorités (et que Marchal n'ait pas cherché à atténuer cet aspect communautaire) a gêné certains critiques (notamment celui du Monde). Oui les premiers arnaqueurs étaient presque tous des juifs du Sentier, oui leurs associés étaient des trafiquants maghrébins et oui les blanchisseurs de l'argent sale étaient d'origine chinoise. Et alors ?

   On peut très bien s'émanciper du contexte et se contenter de savourer un film d'action efficace, comme le cinéma français en propose peu.

20:59 Publié dans Cinéma, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Carbone

   Olivier Marchal signe un nouveau polar, dont l'intrigue s'inspire de l'affaire la fraude à la TVA sur les quotas de carbone. En août dernier, Le Monde a consacré une excellente série de papiers à cette arnaque tarabiscotée, qui a sombré dans le macabre.

   Par précaution et peut-être aussi pour mieux gérer la tension dramatique, les scénaristes se sont parfois un peu éloignés de l'histoire. Ainsi, le personnage principal, incarné par Benoît Magimel (correct, mais pas transcendant), est un mélange d'Arnaud et de Fabrice (pour ceux qui connaissent l'affaire). On a de plus rendu son personnage plus sympathique que dans la réalité... sinon il n'y aurait pas eu de film : les spectateurs lambdas n'auraient pas pu s'identifier à des escrocs minables et des salauds sans scrupule.

   Le début est un peu lourd, avec l'insistance mise sur ce courageux chef de PME que le fisc emmerde et qui, de surcroît, doit supporter la morgue de son richissime beau-père (Depardieu, potable). Les meilleures scènes surviennent quand il se retrouve avec ses potes, très bien interprétés. Parmi eux, je distingue Mickaël Youn et surtout Idir Chender, qui incarne le mec immature, qui ne va pas parvenir à gérer la pression et à qui le succès va faire perdre les pédales. Il est vraiment très convaincant. Signalons aussi la composition de Dany en matrone juive. Laura Smet n'est pas mal non plus en compagne du vainqueur du jour.

   Le principe de l'arnaque est expliqué sans trop de détails. Le but n'est pas de créer une fiction à caractère documentaire. Marchal veut manier la pâte humaine, à l'américaine, et brosser le tableau de l'ascension et de la chute d'une bande de potes. Au passage, il se vautre un peu dans la représentation du luxe ostentatoire (musique assourdissante, filles affriolantes, sexe, drogue, alcool, grosses voitures et montres rutilantes). Mais, comme c'est filmé avec style, ça passe. La tension monte efficacement, notamment à partir du moment où des truands patentés vont vouloir prendre leur part du gâteau... voire celle des autres.

   Le fait que cette arnaque ait été mise en oeuvre par des minorités (et que Marchal n'ait pas cherché à atténuer cet aspect communautaire) a gêné certains critiques (notamment celui du Monde). Oui les premiers arnaqueurs étaient presque tous des juifs du Sentier, oui leurs associés étaient des trafiquants maghrébins et oui les blanchisseurs de l'argent sale étaient d'origine chinoise. Et alors ?

   On peut très bien s'émanciper du contexte et se contenter de savourer un film d'action efficace, comme le cinéma français en propose peu.

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dimanche, 19 novembre 2017

Borg/McEnroe

   Au tournant des années 1970-1980, la rivalité entre ces deux joueurs de tennis a contribué à augmenter l'intérêt du public pour ce sport, de mieux en mieux servi par la télévision. Cette fiction à caractère documentaire est une véritable tranche de vie, une sorte de coupe géologique d'une époque, au coeur de laquelle se trouve le tournoi masculin de Wimbledon, en 1980. Le réalisateur est Janus Metz Pedersen, auquel on doit un très bon documentaire (sorti en 2010), Armadillo.

   Sans surprise, le début insiste sur ce qui oppose les deux hommes. John McEnroe (Shia LaBeouf, pas mal) est le jeune qui monte. Il a du tempérament (trop, disent certains), aime le rock'n'roll et déploie un tennis d'attaque qui en fait un adversaire très dangereux sur surface rapide. Il gagne déjà assez bien sa vie, mais ne peut pas (encore) se permettre de vivre dans le grand luxe. Il n'est pas très populaire en dehors des Etats-Unis.

   Au contraire, Björn Borg, la vedette du moment, fréquente les palaces, est l'objet de l'adulation des foules, en particulier les jeunes femmes et les fans de tennis. Il est calme, poli, intraitable sur le court, mais sans émotion apparente, jouant un tennis moins flamboyant que son jeune adversaire... mais diablement efficace. Il est incarné par Sverrir Gudnason, la révélation de ce film : j'ai vraiment eu l'impression de me retrouver face à la réincarnation du champion suédois.

   En lisant ce qui précède, les plus jeunes seront tentés de faire le rapprochement avec la rivalité Nadal-Federer. Mais, dans ce cas précis, c'est le joueur de fond de court (l'Espagnol) qui est explosif, l'attaquant (le Suisse) étant doté d'un tempérament plus flegmatique, ce qui (en plus de son jeu très agréable à regarder) lui a d'ailleurs valu les faveurs du public de Wimbledon.

   Le film gagne en épaisseur quand il dépasse l'opposition apparente, pour montrer ce qui rapproche les deux joueurs. Comme c'est une production suédoise, c'est la jeunesse de Borg qui est le plus montrée (et la finale de 1980, plutôt que celle de 1981). Les fans de tennis seront peut-être surpris d'apprendre que, dans son enfance et au début de son adolescence, Björn Borg était un gamin très expansif, hargneux, dont le caractère fougueux a failli torpiller la carrière tennistique. De surcroît, c'était un amateur de hockey sur glace, une pratique qui lui a servi dans le tennis, mais qui n'a pas contribué à en faire un type calme. L'un des enjeux de l'intrigue est de nous montrer comment il a changé, comment il a été façonné par son mentor. Des années plus tard, en dépit des apparences, il se reconnaît un peu en McEnroe.

   Celui-ci est issu d'une famille aisée, mais qui ne tient pas le tennis en très haute estime. Le père a semble-t-il des ambitions scientifiques pour son fils, auquel il fait travailler le calcul mental et les échecs. Lorsque le jeune John se prend de passion pour le tennis, les médias commencent à parler d'un prodige suédois dont les photographies vont orner la chambre de l'Américain : Borg.

   Le film montre bien que, pour réussir au plus haut niveau, les deux jeunes hommes ont dû "se battre contre". Pour eux, le tennis n'est pas qu'un sport, un moyen de rencontrer des filles ou de (bien) gagner sa vie : c'est une question de survie, au moins pendant l'adolescence et le début de l'âge adulte. On comprend mieux les sacrifices que chacun a dû faire.

   Incidemment, l'histoire pointe du doigt les dérives de ce sport-spectacle, avec l'arrivée massive de l'argent des sponsors et le poison de la presse de caniveau (mais la grande, la respectable, n'est pas gâtée non plus par le film). Les "partenaires commerciaux" des joueurs les poussent à disputer de juteux matchs-exhibition, sans se soucier du contexte politique. A la longue, c'est épuisant et cela a sans doute contribué à écourter la carrière de Borg, qui n'a vécu que pour le tennis de 15 à 25 ans et qui n'a sans doute pas supporté de risquer de ne devenir que le numéro 2 ou 3 mondial.

   Sur le plan de la réalisation, on peut signaler la qualité des échanges de tennis mis en scène (à Wimbledon), malgré leur brièveté. Alors que, comme dans le football, la représentation de ce spectacle a atteint aujourd'hui un haut degré de savoir-faire (sur le plan technique), ce modeste film de fiction réussit à rendre compte du mouvement et de la tension créés par un match. Il mérite vraiment le détour.

10:39 Publié dans Cinéma, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Borg/McEnroe

   Au tournant des années 1970-1980, la rivalité entre ces deux joueurs de tennis a contribué à augmenter l'intérêt du public pour ce sport, de mieux en mieux servi par la télévision. Cette fiction à caractère documentaire est une véritable tranche de vie, une sorte de coupe géologique d'une époque, au coeur de laquelle se trouve le tournoi masculin de Wimbledon, en 1980. Le réalisateur est Janus Metz Pedersen, auquel on doit un très bon documentaire (sorti en 2010), Armadillo.

   Sans surprise, le début insiste sur ce qui oppose les deux hommes. John McEnroe (Shia LaBeouf, pas mal) est le jeune qui monte. Il a du tempérament (trop, disent certains), aime le rock'n'roll et déploie un tennis d'attaque qui en fait un adversaire très dangereux sur surface rapide. Il gagne déjà assez bien sa vie, mais ne peut pas (encore) se permettre de vivre dans le grand luxe. Il n'est pas très populaire en dehors des Etats-Unis.

   Au contraire, Björn Borg, la vedette du moment, fréquente les palaces, est l'objet de l'adulation des foules, en particulier les jeunes femmes et les fans de tennis. Il est calme, poli, intraitable sur le court, mais sans émotion apparente, jouant un tennis moins flamboyant que son jeune adversaire... mais diablement efficace. Il est incarné par Sverrir Gudnason, la révélation de ce film : j'ai vraiment eu l'impression de me retrouver face à la réincarnation du champion suédois.

   En lisant ce qui précède, les plus jeunes seront tentés de faire le rapprochement avec la rivalité Nadal-Federer. Mais, dans ce cas précis, c'est le joueur de fond de court (l'Espagnol) qui est explosif, l'attaquant (le Suisse) étant doté d'un tempérament plus flegmatique, ce qui (en plus de son jeu très agréable à regarder) lui a d'ailleurs valu les faveurs du public de Wimbledon.

   Le film gagne en épaisseur quand il dépasse l'opposition apparente, pour montrer ce qui rapproche les deux joueurs. Comme c'est une production suédoise, c'est la jeunesse de Borg qui est le plus montrée (et la finale de 1980, plutôt que celle de 1981). Les fans de tennis seront peut-être surpris d'apprendre que, dans son enfance et au début de son adolescence, Björn Borg était un gamin très expansif, hargneux, dont le caractère fougueux a failli torpiller la carrière tennistique. De surcroît, c'était un amateur de hockey sur glace, une pratique qui lui a servi dans le tennis, mais qui n'a pas contribué à en faire un type calme. L'un des enjeux de l'intrigue est de nous montrer comment il a changé, comment il a été façonné par son mentor. Des années plus tard, en dépit des apparences, il se reconnaît un peu en McEnroe.

   Celui-ci est issu d'une famille aisée, mais qui ne tient pas le tennis en très haute estime. Le père a semble-t-il des ambitions scientifiques pour son fils, auquel il fait travailler le calcul mental et les échecs. Lorsque le jeune John se prend de passion pour le tennis, les médias commencent à parler d'un prodige suédois dont les photographies vont orner la chambre de l'Américain : Borg.

   Le film montre bien que, pour réussir au plus haut niveau, les deux jeunes hommes ont dû "se battre contre". Pour eux, le tennis n'est pas qu'un sport, un moyen de rencontrer des filles ou de (bien) gagner sa vie : c'est une question de survie, au moins pendant l'adolescence et le début de l'âge adulte. On comprend mieux les sacrifices que chacun a dû faire.

   Incidemment, l'histoire pointe du doigt les dérives de ce sport-spectacle, avec l'arrivée massive de l'argent des sponsors et le poison de la presse de caniveau (mais la grande, la respectable, n'est pas gâtée non plus par le film). Les "partenaires commerciaux" des joueurs les poussent à disputer de juteux matchs-exhibition, sans se soucier du contexte politique. A la longue, c'est épuisant et cela a sans doute contribué à écourter la carrière de Borg, qui n'a vécu que pour le tennis de 15 à 25 ans et qui n'a sans doute pas supporté de risquer de ne devenir que le numéro 2 ou 3 mondial.

   Sur le plan de la réalisation, on peut signaler la qualité des échanges de tennis mis en scène (à Wimbledon), malgré leur brièveté. Alors que, comme dans le football, la représentation de ce spectacle a atteint aujourd'hui un haut degré de savoir-faire (sur le plan technique), ce modeste film de fiction réussit à rendre compte du mouvement et de la tension créés par un match. Il mérite vraiment le détour.

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vendredi, 17 novembre 2017

Phagocytose cinématographique

   Hier après-midi, quand la nouvelle est tombée, en Aveyron, elle a fait l'effet d'un coup de tonnerre : le groupe CGR va absorber son concurrent Cap Cinéma et ainsi devenir provisoirement (en nombre d'établissements, pas en nombre d'écrans) le premier exploitant de salles de France.

   Immédiatement une foule de questions se pose. Les multiplexes (tel celui de Rodez, inauguré en 2013) vont-ils changer de nom ? La programmation va-t-elle subir le contrecoup de cette sorte de fusion-acquisition ? On peut nourrir quelques inquiétudes quand on se souvient de la médiocrité de l'offre cinématographique des salles d'Albi, quand CGR gérait le Lapérouse et le Tivoli. (Pour nos amis tarnais, c'est donc une sorte de retour aux sources, puisque les cinémas albigeois, récemment passés des mains de Cinémovida à celles de Cap Cinéma, étaient auparavant sous l'étendard CGR. Ce groupe n'aura toutefois pas eu à financer la modernisation des salles albigeoises, ni la construction et l'aménagement du complexe des Cordeliers...)

   Notons que Philippe Dejust, le PDG de Cap Cinéma, n'a pas vendu l'intégralité des établissements de son groupe. De nombreux médias ont cité le nombre de 22 sur 24, ce qui a suscité quelques inquiétudes, notamment à Beaune, en Côte-d'Or. CGR aurait-il refusé d'acquérir quelques "canards boiteux", qui se retrouveraient désormais isolés, sans l'appui d'un grand groupe ? En réalité, Philippe Dejust a voulu conserver ses "petits bébés", les cinémas de Blois.

   Enfin, l'analyse des emplacements des cinémas des deux groupes (en noir ceux de CGR, en rouge ceux de Cap Cinéma) débouche sur une conclusion aussi surprenante qu'évidente : ils sont très complémentaires :

cinéma,cinema,actualité,économie,société,france,culture

   En aucun lieu Cap Cinéma et CGR ne sont véritablement concurrents. C'est dans l'agglomération parisienne que leurs établissements respectifs sont les plus proches. Mais, dans ce cas, la clientèle est tellement abondante qu'il serait malhonnête d'affirmer qu'ils se gênent mutuellement. Finalement, ce rapprochement pourrait s'avérer fructueux. Tout dépend de la manière dont la fusion va être gérée.

Phagocytose cinématographique

   Hier après-midi, quand la nouvelle est tombée, en Aveyron, elle a fait l'effet d'un coup de tonnerre : le groupe CGR va absorber son concurrent Cap Cinéma et ainsi devenir provisoirement (en nombre d'établissements, pas en nombre d'écrans) le premier exploitant de salles de France.

   Immédiatement une foule de questions se pose. Les multiplexes (tel celui de Rodez, inauguré en 2013) vont-ils changer de nom ? La programmation va-t-elle subir le contrecoup de cette sorte de fusion-acquisition ? On peut nourrir quelques inquiétudes quand on se souvient de la médiocrité de l'offre cinématographique des salles d'Albi, quand CGR gérait le Lapérouse et le Tivoli. (Pour nos amis tarnais, c'est donc une sorte de retour aux sources, puisque les cinémas albigeois, récemment passés des mains de Cinémovida à celles de Cap Cinéma, étaient auparavant sous l'étendard CGR. Ce groupe n'aura toutefois pas eu à financer la modernisation des salles albigeoises, ni la construction et l'aménagement du complexe des Cordeliers...)

   Notons que Philippe Dejust, le PDG de Cap Cinéma, n'a pas vendu l'intégralité des établissements de son groupe. De nombreux médias ont cité le nombre de 22 sur 24, ce qui a suscité quelques inquiétudes, notamment à Beaune, en Côte-d'Or. CGR aurait-il refusé d'acquérir quelques "canards boiteux", qui se retrouveraient désormais isolés, sans l'appui d'un grand groupe ? En réalité, Philippe Dejust a voulu conserver ses "petits bébés", les cinémas de Blois.

   Enfin, l'analyse des emplacements des cinémas des deux groupes (en noir ceux de CGR, en rouge ceux de Cap Cinéma) débouche sur une conclusion aussi surprenante qu'évidente : ils sont très complémentaires :

cinéma,cinema,actualité,économie,société,france,culture

   En aucun lieu Cap Cinéma et CGR ne sont véritablement concurrents. C'est dans l'agglomération parisienne que leurs établissements respectifs sont les plus proches. Mais, dans ce cas, la clientèle est tellement abondante qu'il serait malhonnête d'affirmer qu'ils se gênent mutuellement. Finalement, ce rapprochement pourrait s'avérer fructueux. Tout dépend de la manière dont la fusion va être gérée.

lundi, 13 novembre 2017

Zombillénium

   C'est l'adaptation de la bande dessinée d'Arthur de Pins (par lui-même, entre autres). Dès 2010, pour la sortie du tome 1, une courte vidéo avait été mise en ligne sur Youtube. Plus récemment, les personnages de l'histoire ont été mêlés aux membres du groupe Skip The Use, dans le clip (très sympa) illustrant la chanson Nameless World.

   Le style des dessins est assez original, avec un grand soin apporté à leur animation. Alors que nombre de productions numériques se contentent de mouvements hachés, manquant de fluidité, ici, le résultat est vraiment remarquable, avec de surcroît un bon sens du rythme. C'est en partie lié à la musique, qui mélange le rock et un ersatz de classique usuel dans les films d'action.

   Ceux qui connaissent rien à cet univers seront parfaitement mis dans le coup par le générique de début, qui raconte à lui seul tout une histoire. On comprend très vite que derrière l'humour noir (lié à la mort et aux monstres) se cache une virulente critique sociale, que je laisse à chacun le plaisir de découvrir. (Ce n'est pas pour rien qu'une des musiques d'accompagnement s'inspire d'une célèbre chanson de Pierre Bachelet...)

   Très vite, on découvre une galerie de personnage hauts en couleur : un loup-garou menaçant, une sorcière (horriblement gothique et sexy), une momie farceuse, un squelette syndicaliste, des zombis maladroits, un patron vampire... et des humains, notamment un père de famille carriériste, qui s'occupe trop peu de sa fille, malgré le décès de la mère de celle-ci.

   Le bureaucrate va se retrouver piégé dans le parc d'attraction devenu le repaire de divers monstres, dont les vampires tentent de prendre le contrôle, sous la houlette d'un beau gosse infatué qui a les traits d'un héros de Twilight ! C'est l'occasion de préciser que les scènes regorgent de clins d'oeil, à des vedettes du "chaud bise", à des films de fiction... et aux travers de nos contemporains. J'ai particulièrement aimé la propension des visiteurs du parc à se prendre en photographie à n'importe quelle occasion.

   Attention toutefois : il y a des méchants dans l'histoire, au premier rang desquels figure le Diable, qui communique avec ses subordonnés (et sa fille en stage) par visioconférence sulfureuse... Il peut s'appuyer sur quelques créatures maléfiques, comme ce terrible chien à trois têtes, qui, dans une scène hilarante, va finir par trouver son maître...

   C'est vraiment drôle, entraînant et porteur de sens. Les (pas trop) petits rigoleront de bon coeur et les grands passeront un bon moment.

18:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Zombillénium

   C'est l'adaptation de la bande dessinée d'Arthur de Pins (par lui-même, entre autres). Dès 2010, pour la sortie du tome 1, une courte vidéo avait été mise en ligne sur Youtube. Plus récemment, les personnages de l'histoire ont été mêlés aux membres du groupe Skip The Use, dans le clip (très sympa) illustrant la chanson Nameless World.

   Le style des dessins est assez original, avec un grand soin apporté à leur animation. Alors que nombre de productions numériques se contentent de mouvements hachés, manquant de fluidité, ici, le résultat est vraiment remarquable, avec de surcroît un bon sens du rythme. C'est en partie lié à la musique, qui mélange le rock et un ersatz de classique usuel dans les films d'action.

   Ceux qui connaissent rien à cet univers seront parfaitement mis dans le coup par le générique de début, qui raconte à lui seul tout une histoire. On comprend très vite que derrière l'humour noir (lié à la mort et aux monstres) se cache une virulente critique sociale, que je laisse à chacun le plaisir de découvrir. (Ce n'est pas pour rien qu'une des musiques d'accompagnement s'inspire d'une célèbre chanson de Pierre Bachelet...)

   Très vite, on découvre une galerie de personnage hauts en couleur : un loup-garou menaçant, une sorcière (horriblement gothique et sexy), une momie farceuse, un squelette syndicaliste, des zombis maladroits, un patron vampire... et des humains, notamment un père de famille carriériste, qui s'occupe trop peu de sa fille, malgré le décès de la mère de celle-ci.

   Le bureaucrate va se retrouver piégé dans le parc d'attraction devenu le repaire de divers monstres, dont les vampires tentent de prendre le contrôle, sous la houlette d'un beau gosse infatué qui a les traits d'un héros de Twilight ! C'est l'occasion de préciser que les scènes regorgent de clins d'oeil, à des vedettes du "chaud bise", à des films de fiction... et aux travers de nos contemporains. J'ai particulièrement aimé la propension des visiteurs du parc à se prendre en photographie à n'importe quelle occasion.

   Attention toutefois : il y a des méchants dans l'histoire, au premier rang desquels figure le Diable, qui communique avec ses subordonnés (et sa fille en stage) par visioconférence sulfureuse... Il peut s'appuyer sur quelques créatures maléfiques, comme ce terrible chien à trois têtes, qui, dans une scène hilarante, va finir par trouver son maître...

   C'est vraiment drôle, entraînant et porteur de sens. Les (pas trop) petits rigoleront de bon coeur et les grands passeront un bon moment.

18:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 11 novembre 2017

Brooklyn Yiddish

   Cette courte (1h20 environ) fiction américaine fera découvrir à certains spectateurs la communauté hassidique new-yorkaise, plus précisément celle (originaire d'Europe orientale) parlant le yiddish, ce mélange d'allemand et d'hébreu dont on a pu entendre quelques phrases ces dernières années dans des films aussi différents que A serious man, Sous la ville, L'Antiquaire, l'excellent Fils de Saul et, l'an dernier, Les Enfants de la chance. A ce sujet, on remarque qu'à certaines occasions, le yiddish se mâtine d'anglo-américain et l'on reconnaît des mots comme homework, business, telephone ou job.

   Le héros Menashe est incarné par un acteur qui a vécu à peu près la même histoire : son épouse est décédée et on lui a retiré la garde de son fils. C'est une sorte de loser juif, maladroit, gaffeur, un peu obèse et pas d'une hygiène irréprochable. Mais c'est un chic type, qui tente de s'en sortir avec ses moyens et de vivre sa vie de père avec son gamin, sur lequel la belle-famille a mis la main. Au-delà du caractère communautaire de l'arrière-plan, c'est un sujet universel.

   Le film nous fait découvrir la communauté hassidique, excessivement pieuse... et assez réac. Les croyants en sont à se disputer à qui sera le plus fidèle à la Torah. Au début, on voit le héros se montrer très pointilleux quant à l'alimentation casher et l'observation du shabbat (devant ses coreligionnaires)... avant de se retrouver, plus tard, en difficulté face à son beau-frère hyper-rigoriste.

   L'histoire réserve aussi quelques moments poétiques, en particulier autour du poussin recueilli par le héros et qui va servir de lien avec son fils. Au départ, je trouvais cela un peu bateau, mais les scènes suivantes m'ont convaincu, tant elles sont réussies.

   Même si le ton n'est pas franchement à la comédie, on rit assez souvent, notamment des erreurs de Menashe... mais aussi de certaines situations. Je pense en particulier à une cérémonie commémorative, autour d'un déjeuner principalement constitué d'un kugel affreusement brûlé... et arrosé de vodka.

23:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Brooklyn Yiddish

   Cette courte (1h20 environ) fiction américaine fera découvrir à certains spectateurs la communauté hassidique new-yorkaise, plus précisément celle (originaire d'Europe orientale) parlant le yiddish, ce mélange d'allemand et d'hébreu dont on a pu entendre quelques phrases ces dernières années dans des films aussi différents que A serious man, Sous la ville, L'Antiquaire, l'excellent Fils de Saul et, l'an dernier, Les Enfants de la chance. A ce sujet, on remarque qu'à certaines occasions, le yiddish se mâtine d'anglo-américain et l'on reconnaît des mots comme homework, business, telephone ou job.

   Le héros Menashe est incarné par un acteur qui a vécu à peu près la même histoire : son épouse est décédée et on lui a retiré la garde de son fils. C'est une sorte de loser juif, maladroit, gaffeur, un peu obèse et pas d'une hygiène irréprochable. Mais c'est un chic type, qui tente de s'en sortir avec ses moyens et de vivre sa vie de père avec son gamin, sur lequel la belle-famille a mis la main. Au-delà du caractère communautaire de l'arrière-plan, c'est un sujet universel.

   Le film nous fait découvrir la communauté hassidique, excessivement pieuse... et assez réac. Les croyants en sont à se disputer à qui sera le plus fidèle à la Torah. Au début, on voit le héros se montrer très pointilleux quant à l'alimentation casher et l'observation du shabbat (devant ses coreligionnaires)... avant de se retrouver, plus tard, en difficulté face à son beau-frère hyper-rigoriste.

   L'histoire réserve aussi quelques moments poétiques, en particulier autour du poussin recueilli par le héros et qui va servir de lien avec son fils. Au départ, je trouvais cela un peu bateau, mais les scènes suivantes m'ont convaincu, tant elles sont réussies.

   Même si le ton n'est pas franchement à la comédie, on rit assez souvent, notamment des erreurs de Menashe... mais aussi de certaines situations. Je pense en particulier à une cérémonie commémorative, autour d'un déjeuner principalement constitué d'un kugel affreusement brûlé... et arrosé de vodka.

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