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jeudi, 15 août 2019

Le Mystère des pingouins

   Un matin, en se rendant à l'école, le jeune Aoyama croise... des pingouins (appelés "penguins" dans la version originale japonaise, qui ne fait pas la différence avec des manchots). Démarre alors une incroyable enquête, menée par ce gamin obstiné, très bon élève et sûr de lui. Il va d'abord s'appuyer sur l'assistante du dentiste, une charmante jeune femme dont il est secrètement amoureux. Celle-ci semble avoir un lien particulier avec les pingouins...

   Très vite, un autre mystère surgit : l'apparition d'une gigantesque bulle d'eau opaque, dans une clairière située au coeur d'un bois quasi impénétrable. Celle-ci semble aussi avoir un lien avec les pingouins. Aoyama tente de résoudre cette énigme-ci en compagnie de son meilleur ami et d'une camarade de classe très douée, excellente joueuse d'échecs... et amoureuse de lui (ce dont il ne se rend pas compte).

   L'intrigue est foisonnante, bien mise en images, même si le résultat n'est pas aussi impressionnant que dans Les Enfants de la mer, Maquia ou encore Wonderland. C'est du fantastique poétique... ou de la poésie fantastique. Au passage, comme les héros sont des élèves de fin de primaire, on a droit à une plongée dans l'univers scolaire japonais, avec ses problèmes de harcèlement. Mais ce n'est pas montré de manière caricaturale. L'histoire s'étire suffisamment pour laisser place à l'évolution de certains personnages.

   Le plus étonnant est le lien qui se noue entre Aoyama et la jeune assistante (qui semble beaucoup plus compter à ses yeux que sa propre mère, que l'on voit surtout s'occuper de sa soeur cadette). Elle le fait progresser aux échecs et l'aide dans son enquête, en particulier pour ses expériences. (Le gamin est féru de sciences.) On notera que, dans ce film, on ne voit ni ordinateur ni téléphone portable... mais une télévision à écran plat est présente, à l'école. Cela indique que l'on n'est ni tout à fait dans le passé, ni dans le présent, mais plutôt dans un monde imaginaire, parallèle.

   A l'arrière-plan (pour les adultes), on remarque qu'il est question d'harmonie (perdue, à retrouver). Je pense que le film est nourri de références au yin et yang, ne serait-ce qu'à travers les éléments en noir et blanc présents à l'image (pourtant en couleurs) : les pingouins et les jeux d'échecs, auxquels on peut ajouter l'opposition entre la nuit et le jour. Celle-ci est déterminante pour comprendre comment apparaissent les pingouins et leur pendant maléfique, les Jabberwocks. Concernant les échecs, on remarque que les parties montrées à l'écran (au café, dans la salle de classe ou lors d'un pique-nique) opposent systématiquement un personnage féminin à un personnage masculin.

   Tout cela pour dire que, même si ce n'est pas l'animation la plus virtuose sortie cet été, elle est d'un très grand intérêt en raison de son scénario fouillé et de ses différents niveaux de lecture. J'ai trouvé la fin très émouvante.

11:44 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Le Mystère des pingouins

   Un matin, en se rendant à l'école, le jeune Aoyama croise... des pingouins (appelés "penguins" dans la version originale japonaise, qui ne fait pas la différence avec des manchots). Démarre alors une incroyable enquête, menée par ce gamin obstiné, très bon élève et sûr de lui. Il va d'abord s'appuyer sur l'assistante du dentiste, une charmante jeune femme dont il est secrètement amoureux. Celle-ci semble avoir un lien particulier avec les pingouins...

   Très vite, un autre mystère surgit : l'apparition d'une gigantesque bulle d'eau opaque, dans une clairière située au coeur d'un bois quasi impénétrable. Celle-ci semble aussi avoir un lien avec les pingouins. Aoyama tente de résoudre cette énigme-ci en compagnie de son meilleur ami et d'une camarade de classe très douée, excellente joueuse d'échecs... et amoureuse de lui (ce dont il ne se rend pas compte).

   L'intrigue est foisonnante, bien mise en images, même si le résultat n'est pas aussi impressionnant que dans Les Enfants de la mer, Maquia ou encore Wonderland. C'est du fantastique poétique... ou de la poésie fantastique. Au passage, comme les héros sont des élèves de fin de primaire, on a droit à une plongée dans l'univers scolaire japonais, avec ses problèmes de harcèlement. Mais ce n'est pas montré de manière caricaturale. L'histoire s'étire suffisamment pour laisser place à l'évolution de certains personnages.

   Le plus étonnant est le lien qui se noue entre Aoyama et la jeune assistante (qui semble beaucoup plus compter à ses yeux que sa propre mère, que l'on voit surtout s'occuper de sa soeur cadette). Elle le fait progresser aux échecs et l'aide dans son enquête, en particulier pour ses expériences. (Le gamin est féru de sciences.) On notera que, dans ce film, on ne voit ni ordinateur ni téléphone portable... mais une télévision à écran plat est présente, à l'école. Cela indique que l'on n'est ni tout à fait dans le passé, ni dans le présent, mais plutôt dans un monde imaginaire, parallèle.

   A l'arrière-plan (pour les adultes), on remarque qu'il est question d'harmonie (perdue, à retrouver). Je pense que le film est nourri de références au yin et yang, ne serait-ce qu'à travers les éléments en noir et blanc présents à l'image (pourtant en couleurs) : les pingouins et les jeux d'échecs, auxquels on peut ajouter l'opposition entre la nuit et le jour. Celle-ci est déterminante pour comprendre comment apparaissent les pingouins et leur pendant maléfique, les Jabberwocks. Concernant les échecs, on remarque que les parties montrées à l'écran (au café, dans la salle de classe ou lors d'un pique-nique) opposent systématiquement un personnage féminin à un personnage masculin.

   Tout cela pour dire que, même si ce n'est pas l'animation la plus virtuose sortie cet été, elle est d'un très grand intérêt en raison de son scénario fouillé et de ses différents niveaux de lecture. J'ai trouvé la fin très émouvante.

11:44 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 11 août 2019

Face à la nuit

   Cette coproduction franco-taïwanaise est construite sous forme de puzzle inversement chronologique : l'histoire est divisée en trois grandes parties, chacune séparée de la suivante/précédente par un laps de temps plus ou moins long. C'est en remontant le temps que l'on comprend certains des éléments des séquences ultérieures. Du coup, celles-ci prennent parfois un double sens, celui que l'on perçoit a priori et celui qui émerge avec la vision de ce qui s'est passé des années auparavant.

   La première partie se déroule en 2049, dans une grande ville (sans doute Taipei) où la technologie a envahi tous les aspects de la vie quotidienne... et même le corps humain, puisque tous les habitants de la cité sont dotés d'une puce dans le poignet et que toutes les transactions passent par leur "smartphone". Ce polar d'anticipation est très réussi, à ceci près qu'il témoigne d'une vision phallocrate du monde : le réalisateur a utilisé ses (ravissantes) actrices comme du bétail, peut-être pour mieux montrer la marchandisation du corps humain... mais je n'ai pas trop senti le recul critique. De surcroît, le personnage principal, un vigile d'une soixantaine d'années, est antipathique, violent. On le voit tuer un vieil homme, se payer une jeune prostituée et manifester ensuite une grande hostilité envers son épouse, qui veut divorcer.

   C'est en remontant une trentaine d'années auparavant qu'on comprend la cause du meurtre, le recours à la prostituée comme la haine qu'éprouve le héros. On le découvre alors jeune policier, travailleur et pointilleux, pas du genre à marcher en dehors des clous. Mais, dans son commissariat, tout le monde ne voit pas les choses de la même manière. Cette seconde nuit va transformer sa vie : lui qui d'habitude ne fait pas de pause rentre inopinément chez lui et par la suite, il se lie avec une jeune kleptomane (d'origine française), qui est sans doute le modèle des prostituées clonées que l'on a vues dans la partie se déroulant en 2049. Là encore, j'ai été un peu irrité par la vision de la société. (L'un des personnages féminins trouve étrange que la prostitution soit illégale, par exemple.) Mais le vent de liberté qui se met à souffler sur cette nuit m'a convaincu.

   Une quinzaine d'années plus tôt, le futur policier n'était pourtant qu'un petit délinquant, un voleur de deux-roues qui se fait coincer une nuit, en même temps qu'une prostituée (encore une !) membre d'un gang. La cavale simultanée des deux est bien mise en scène. A partir du moment où ils se retrouvent menottés côte-à-côte, les deux fuyards découvrent qu'ils ne sont pas des inconnus l'un.e pour l'autre. Le personnage de la prostituée est particulièrement émouvant.

   Le film ne se conclut pas sur cette séquence, puisqu'il remonte une dernière fois (brièvement) en arrière, à l'époque où le héros était un petit garçon, peut-être le seul moment de sa vie où il a connu un bonheur insouciant. Le reste du film montre comment un type ordinaire et malchanceux a gâché sa vie.

   Si le scénario comporte quelques faiblesses, la réalisation est particulièrement soignée. Je pense que Wi-ding Ho s'inspire sans oser le dire de Wong Kar-waï. Il y a une réelle parenté dans leurs manières de filmer la ville, la nuit. Et je pense que l'année à laquelle se déroule la première partie est une référence à peine masquée au 2046 du maître hongkongais.

21:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Face à la nuit

   Cette coproduction franco-taïwanaise est construite sous forme de puzzle inversement chronologique : l'histoire est divisée en trois grandes parties, chacune séparée de la suivante/précédente par un laps de temps plus ou moins long. C'est en remontant le temps que l'on comprend certains des éléments des séquences ultérieures. Du coup, celles-ci prennent parfois un double sens, celui que l'on perçoit a priori et celui qui émerge avec la vision de ce qui s'est passé des années auparavant.

   La première partie se déroule en 2049, dans une grande ville (sans doute Taipei) où la technologie a envahi tous les aspects de la vie quotidienne... et même le corps humain, puisque tous les habitants de la cité sont dotés d'une puce dans le poignet et que toutes les transactions passent par leur "smartphone". Ce polar d'anticipation est très réussi, à ceci près qu'il témoigne d'une vision phallocrate du monde : le réalisateur a utilisé ses (ravissantes) actrices comme du bétail, peut-être pour mieux montrer la marchandisation du corps humain... mais je n'ai pas trop senti le recul critique. De surcroît, le personnage principal, un vigile d'une soixantaine d'années, est antipathique, violent. On le voit tuer un vieil homme, se payer une jeune prostituée et manifester ensuite une grande hostilité envers son épouse, qui veut divorcer.

   C'est en remontant une trentaine d'années auparavant qu'on comprend la cause du meurtre, le recours à la prostituée comme la haine qu'éprouve le héros. On le découvre alors jeune policier, travailleur et pointilleux, pas du genre à marcher en dehors des clous. Mais, dans son commissariat, tout le monde ne voit pas les choses de la même manière. Cette seconde nuit va transformer sa vie : lui qui d'habitude ne fait pas de pause rentre inopinément chez lui et par la suite, il se lie avec une jeune kleptomane (d'origine française), qui est sans doute le modèle des prostituées clonées que l'on a vues dans la partie se déroulant en 2049. Là encore, j'ai été un peu irrité par la vision de la société. (L'un des personnages féminins trouve étrange que la prostitution soit illégale, par exemple.) Mais le vent de liberté qui se met à souffler sur cette nuit m'a convaincu.

   Une quinzaine d'années plus tôt, le futur policier n'était pourtant qu'un petit délinquant, un voleur de deux-roues qui se fait coincer une nuit, en même temps qu'une prostituée (encore une !) membre d'un gang. La cavale simultanée des deux est bien mise en scène. A partir du moment où ils se retrouvent menottés côte-à-côte, les deux fuyards découvrent qu'ils ne sont pas des inconnus l'un.e pour l'autre. Le personnage de la prostituée est particulièrement émouvant.

   Le film ne se conclut pas sur cette séquence, puisqu'il remonte une dernière fois (brièvement) en arrière, à l'époque où le héros était un petit garçon, peut-être le seul moment de sa vie où il a connu un bonheur insouciant. Le reste du film montre comment un type ordinaire et malchanceux a gâché sa vie.

   Si le scénario comporte quelques faiblesses, la réalisation est particulièrement soignée. Je pense que Wi-ding Ho s'inspire sans oser le dire de Wong Kar-waï. Il y a une réelle parenté dans leurs manières de filmer la ville, la nuit. Et je pense que l'année à laquelle se déroule la première partie est une référence à peine masquée au 2046 du maître hongkongais.

21:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 10 août 2019

Rapides et furieux

   Je ne suis pas, mais alors pas du tout adepte de la série de films Fast and Furious. Des histoires de bagnoles qui roulent vite, avec des gros bras pas subtils et de jolies potiches... bof. Mais, dans cet opus, David Leitch se trouve aux manettes. C'est le réalisateur de John Wick (le premier), d'Atomic Blonde et de Deadpool 2. C'est une garantie de savoir-faire, confirmée par une bande-annonce alléchante.

   Le scénario associe deux balèzes qui se sont jadis affrontés : Luke Hobbs (Dwayne Johnson, plus musclé que jamais) et Deckard Shaw (Jason Statham, qui tente d'avoir une expression et demie sur le visage). Le début les présente en mode "écran partagé", du lever à la soirée en boîte, chacun évoluant dans un milieu différent. C'est drôle et cela annonce la ribambelle d'insultes que les deux acolytes (qui vont devoir travailler ensemble) se balancent à intervalle régulier au cours de l'histoire.

   Je reconnais que les dialoguistes ne se sont pas trop foulés. On se traite de "tête de pine" ou encore de "face de cul", parmi d'autres joyeusetés. C'est Hobbs/Johnson qui semble le mieux servi. Quand il se présente à un groupe de méchants qu'il s'apprête à corriger, il annonce la couleur : "Je suis le distributeur de branlées." Un peu plus tard, quand il rencontre le gros méchant de l'histoire, il lui déclare, après avoir écarté plusieurs mercenaires sans ménagement : "Et maintenant, je vais t'apprendre la vie"...

   Problème pour lui : ce méchant est un ancien commando, censé être décédé, ressuscité par la magie de technologies ultra-modernes. Le transhumanisme existe déjà et c'est Idris Elba qui en bénéficie. Il est devenu capable de mettre une raclée aussi bien à Hobbs qu'à Shaw, séparément. Les deux têtes de lard vont mettre du temps pour comprendre que c'est en unissant leurs efforts qu'ils ont une chance de venir à bout du tueur quasi indestructible.

   Un autre personnage vient compliquer l'affaire... une femme ! Pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit de Hattie Shaw, la soeur de Deckard, qui a l'air (presque) aussi bornée que son frangin... mais on lui pardonne volontiers, parce qu'elle est incarnée par la pétillante Vanessa Kirby, vue notamment dans le dernier Mission : impossible (mais qui donne un autre aperçu de son talent dans un épisode de la série Hercule Poirot : "Une mémoire d'éléphant", qu'on peut actuellement revoir -en version originale sous-titrée si on le désire- sur le site MyTF1). La charmante demoiselle a subtilisé un dangereux virus, que les méchants veulent récupérer, quel qu'en soit le prix.

   Il ne faut pas se le cacher : le principal intérêt du film réside dans ses séquences d'action. La première est une ébouriffante poursuite en plein Londres, avec motos, voiture de luxe et camions. Chapeau, les cascadeurs ! La seconde se déroule sur le site d'une centrale nucléaire désaffectée (censée se trouver en Ukraine). Là aussi, ça dépote. Mais on sent qu'on nous réserve le meilleur pour la fin, dans les îles Hawaii Samoa, dont est originaire Hobbs (tout comme D. Johnson d'ailleurs). Ici, on va se battre "à l'ancienne" (old school, dans la V.O.), la famille du héros fournissant bras, véhicules, carburant... et même matériel informatique ! La poursuite avec l'hélicoptère est trépidante à souhait.

   Dans une grande salle, on prend son pied, sans se poser de question.

   P.S.

   Ne partez pas trop vite : trois petites scènes ont été insérées dans le générique, les deux premières faisant intervenir un collègue de Hobbs (incarné par Ryan Reynolds), la troisième marquant les retrouvailles animées des deux têtes d'affiche.

15:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Rapides et furieux

   Je ne suis pas, mais alors pas du tout adepte de la série de films Fast and Furious. Des histoires de bagnoles qui roulent vite, avec des gros bras pas subtils et de jolies potiches... bof. Mais, dans cet opus, David Leitch se trouve aux manettes. C'est le réalisateur de John Wick (le premier), d'Atomic Blonde et de Deadpool 2. C'est une garantie de savoir-faire, confirmée par une bande-annonce alléchante.

   Le scénario associe deux balèzes qui se sont jadis affrontés : Luke Hobbs (Dwayne Johnson, plus musclé que jamais) et Deckard Shaw (Jason Statham, qui tente d'avoir une expression et demie sur le visage). Le début les présente en mode "écran partagé", du lever à la soirée en boîte, chacun évoluant dans un milieu différent. C'est drôle et cela annonce la ribambelle d'insultes que les deux acolytes (qui vont devoir travailler ensemble) se balancent à intervalle régulier au cours de l'histoire.

   Je reconnais que les dialoguistes ne se sont pas trop foulés. On se traite de "tête de pine" ou encore de "face de cul", parmi d'autres joyeusetés. C'est Hobbs/Johnson qui semble le mieux servi. Quand il se présente à un groupe de méchants qu'il s'apprête à corriger, il annonce la couleur : "Je suis le distributeur de branlées." Un peu plus tard, quand il rencontre le gros méchant de l'histoire, il lui déclare, après avoir écarté plusieurs mercenaires sans ménagement : "Et maintenant, je vais t'apprendre la vie"...

   Problème pour lui : ce méchant est un ancien commando, censé être décédé, ressuscité par la magie de technologies ultra-modernes. Le transhumanisme existe déjà et c'est Idris Elba qui en bénéficie. Il est devenu capable de mettre une raclée aussi bien à Hobbs qu'à Shaw, séparément. Les deux têtes de lard vont mettre du temps pour comprendre que c'est en unissant leurs efforts qu'ils ont une chance de venir à bout du tueur quasi indestructible.

   Un autre personnage vient compliquer l'affaire... une femme ! Pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit de Hattie Shaw, la soeur de Deckard, qui a l'air (presque) aussi bornée que son frangin... mais on lui pardonne volontiers, parce qu'elle est incarnée par la pétillante Vanessa Kirby, vue notamment dans le dernier Mission : impossible (mais qui donne un autre aperçu de son talent dans un épisode de la série Hercule Poirot : "Une mémoire d'éléphant", qu'on peut actuellement revoir -en version originale sous-titrée si on le désire- sur le site MyTF1). La charmante demoiselle a subtilisé un dangereux virus, que les méchants veulent récupérer, quel qu'en soit le prix.

   Il ne faut pas se le cacher : le principal intérêt du film réside dans ses séquences d'action. La première est une ébouriffante poursuite en plein Londres, avec motos, voiture de luxe et camions. Chapeau, les cascadeurs ! La seconde se déroule sur le site d'une centrale nucléaire désaffectée (censée se trouver en Ukraine). Là aussi, ça dépote. Mais on sent qu'on nous réserve le meilleur pour la fin, dans les îles Hawaii Samoa, dont est originaire Hobbs (tout comme D. Johnson d'ailleurs). Ici, on va se battre "à l'ancienne" (old school, dans la V.O.), la famille du héros fournissant bras, véhicules, carburant... et même matériel informatique ! La poursuite avec l'hélicoptère est trépidante à souhait.

   Dans une grande salle, on prend son pied, sans se poser de question.

   P.S.

   Ne partez pas trop vite : trois petites scènes ont été insérées dans le générique, les deux premières faisant intervenir un collègue de Hobbs (incarné par Ryan Reynolds), la troisième marquant les retrouvailles animées des deux têtes d'affiche.

15:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 09 août 2019

Une Grande Fille

   Cette périphrase désigne Lya, "la girafe", un grand brin de fille (mesurant sans doute plus d'1m90) un peu spécial : il lui arrive régulièrement de tomber en catalepsie, n'émettant plus qu'un petit sifflement. Elle est comme cela depuis qu'elle est allée au Front. L'histoire démarre en 1945, à Leningrad (redevenue aujourd'hui Saint-Pétersbourg), juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'URSS en sort certes victorieuse, mais ravagée dans toute sa partie occidentale, ayant perdu quelque chose comme 25 millions d'habitants. Les rescapés tentent de survivre, alors qu'ils manquent de presque tout, à commencer par la nourriture.

   La reconstitution de l'époque est soignée, tant au niveau des décors (principalement intérieurs) que des vêtements. Mais le principal intérêt du film réside dans les aventures des deux héroïnes, deux amies qui se sont connues au Front et que la fin de la guerre va réunir à nouveau.

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Autant Lya est grande, blonde et introvertie, autant Masha est petite, brune (auburn) et expansive, avide de goûter à la vie. On se doute bien que ces deux jeunes femmes, qui ont achevé leur adolescence durant la guerre, ont dû en voir des vertes et des pas mûres. Pour l'une d'entre elles, il faut attendre un déjeuner glaçant chez de potentiels futurs beaux-parents pour avoir la révélation du détail de ce qu'elle a subi... mais dit avec des mots choisis.

   C'est la marque de fabrique de ce film, dans lequel les personnages n'osent en général pas exprimer les choses frontalement. N'oubliez pas que nous sommes dans l'URSS stalinienne, avec le NKVD (futur KGB) qui veille. De surcroît, quand on est une jeune femme, on a intérêt à cacher certaines choses, y compris à sa meilleure amie.

   Voilà pourquoi les plans ont tendance à s'étirer : c'est par la gestuelle, le comportement, les intonations des personnages que l'on peut déduire leurs pensées. Presque chaque scène est nourrie de sous-entendus. Cela peut donner l'impression que ce long film (2h15 environ) est parfois ennuyeux... eh bien pas du tout ! C'est d'abord dû au talent des deux actrices, Viktoria Miroshnichenko et Vasilisa Perelygina. C'est aussi en raison de l'intensité des scènes qui les mettent en relation avec des soldats blessés (elles sont devenues aides-soignantes dans un hôpital militaire), où un spectateur français retrouvera un peu de l'ambiance de La Chambre des officiers et des Fragments d'Antonin. L'intrigue prend même les allures d'un petit thriller, avec pour enjeu la maternité.

   J'ajoute que la mise en scène est habile (ce que l'on croit voir au début n'est pas tout à fait la vérité), avec une tendance à filmer les protagonistes du dessus, en gros plan, plan serré ou plan large. Le cadre est méticuleusement organisé, avec un joli travail au niveau des éclairages. Cela contribue à faire de ce film exigeant une petite merveille de sensibilité, à ne pas rater s'il passe près de chez vous.

Une Grande Fille

   Cette périphrase désigne Lya, "la girafe", un grand brin de fille (mesurant sans doute plus d'1m90) un peu spécial : il lui arrive régulièrement de tomber en catalepsie, n'émettant plus qu'un petit sifflement. Elle est comme cela depuis qu'elle est allée au Front. L'histoire démarre en 1945, à Leningrad (redevenue aujourd'hui Saint-Pétersbourg), juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'URSS en sort certes victorieuse, mais ravagée dans toute sa partie occidentale, ayant perdu quelque chose comme 25 millions d'habitants. Les rescapés tentent de survivre, alors qu'ils manquent de presque tout, à commencer par la nourriture.

   La reconstitution de l'époque est soignée, tant au niveau des décors (principalement intérieurs) que des vêtements. Mais le principal intérêt du film réside dans les aventures des deux héroïnes, deux amies qui se sont connues au Front et que la fin de la guerre va réunir à nouveau.

cinéma,cinema,film,films,histoire

   Autant Lya est grande, blonde et introvertie, autant Masha est petite, brune (auburn) et expansive, avide de goûter à la vie. On se doute bien que ces deux jeunes femmes, qui ont achevé leur adolescence durant la guerre, ont dû en voir des vertes et des pas mûres. Pour l'une d'entre elles, il faut attendre un déjeuner glaçant chez de potentiels futurs beaux-parents pour avoir la révélation du détail de ce qu'elle a subi... mais dit avec des mots choisis.

   C'est la marque de fabrique de ce film, dans lequel les personnages n'osent en général pas exprimer les choses frontalement. N'oubliez pas que nous sommes dans l'URSS stalinienne, avec le NKVD (futur KGB) qui veille. De surcroît, quand on est une jeune femme, on a intérêt à cacher certaines choses, y compris à sa meilleure amie.

   Voilà pourquoi les plans ont tendance à s'étirer : c'est par la gestuelle, le comportement, les intonations des personnages que l'on peut déduire leurs pensées. Presque chaque scène est nourrie de sous-entendus. Cela peut donner l'impression que ce long film (2h15 environ) est parfois ennuyeux... eh bien pas du tout ! C'est d'abord dû au talent des deux actrices, Viktoria Miroshnichenko et Vasilisa Perelygina. C'est aussi en raison de l'intensité des scènes qui les mettent en relation avec des soldats blessés (elles sont devenues aides-soignantes dans un hôpital militaire), où un spectateur français retrouvera un peu de l'ambiance de La Chambre des officiers et des Fragments d'Antonin. L'intrigue prend même les allures d'un petit thriller, avec pour enjeu la maternité.

   J'ajoute que la mise en scène est habile (ce que l'on croit voir au début n'est pas tout à fait la vérité), avec une tendance à filmer les protagonistes du dessus, en gros plan, plan serré ou plan large. Le cadre est méticuleusement organisé, avec un joli travail au niveau des éclairages. Cela contribue à faire de ce film exigeant une petite merveille de sensibilité, à ne pas rater s'il passe près de chez vous.

jeudi, 08 août 2019

C'est quoi cette mamie ?!

   Cette grand-mère qui suscite tant de questions est Aurore, incarnée par Chantal Ladesou (qu'on a déjà vue dans un premier rôle, l'an dernier, dans l'oubliable Comment tuer sa mère). Autant le dire tout de suite : le film repose presque entièrement sur ses épaules, même s'il se place dans la continuité de C'est quoi cette famille ?! (Plus de 700 000 entrées pour un coût de production de 6 millions d'euros... cela explique la mise en chantier d'une suite.)

   La génération suivante, celle des parents, est représentée par des caricatures de personnages, le plus souvent résumés à un trait de caractère, de surcroît hypertrophié. J'ai eu de la peine pour Julie Depardieu, Philippe Katerine et Lucien Jean-Baptiste. Thierry Neuvic n'est pas très à l'aise non plus, même si le couple séparé qu'il forme avec Julie Gayet fonctionne assez bien. De temps en temps, Claudia Tagbo sort du lot, quand elle ne cachetonne pas.

   Je craignais le pire quant aux personnages des enfants... eh  bien je dois reconnaître qu'ils ne sont pas si mal réussis que cela. Ce sont des (pré)ados à peu près normaux, dont on a accentué certains aspects de la personnalité. Contrairement aux parents, on n'a pas envie de les jeter par la fenêtre (sauf peut-être le rappeur à la noix, au début).

   Evidemment le comique surgit de la confrontation entre la grand-mère libertaire, parfois très "politiquement incorrecte" dans ses propos, et les petits-enfants faux rebelles, assez conformistes, au fond. (Les scénaristes ont veillé à ce que cette famille recomposée élargie intègre des "minorités visibles"... et même sexuelles.)

   Le scénario est cousu de fil blanc, mais, franchement, pour les scènes avec Chantal Ladesou, le film mérite le détour. On sent l'influence de Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ? En France, il existe désormais un créneau pour les comédies populaires hyper-balisées et "socialement ouvertes".

23:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

C'est quoi cette mamie ?!

   Cette grand-mère qui suscite tant de questions est Aurore, incarnée par Chantal Ladesou (qu'on a déjà vue dans un premier rôle, l'an dernier, dans l'oubliable Comment tuer sa mère). Autant le dire tout de suite : le film repose presque entièrement sur ses épaules, même s'il se place dans la continuité de C'est quoi cette famille ?! (Plus de 700 000 entrées pour un coût de production de 6 millions d'euros... cela explique la mise en chantier d'une suite.)

   La génération suivante, celle des parents, est représentée par des caricatures de personnages, le plus souvent résumés à un trait de caractère, de surcroît hypertrophié. J'ai eu de la peine pour Julie Depardieu, Philippe Katerine et Lucien Jean-Baptiste. Thierry Neuvic n'est pas très à l'aise non plus, même si le couple séparé qu'il forme avec Julie Gayet fonctionne assez bien. De temps en temps, Claudia Tagbo sort du lot, quand elle ne cachetonne pas.

   Je craignais le pire quant aux personnages des enfants... eh  bien je dois reconnaître qu'ils ne sont pas si mal réussis que cela. Ce sont des (pré)ados à peu près normaux, dont on a accentué certains aspects de la personnalité. Contrairement aux parents, on n'a pas envie de les jeter par la fenêtre (sauf peut-être le rappeur à la noix, au début).

   Evidemment le comique surgit de la confrontation entre la grand-mère libertaire, parfois très "politiquement incorrecte" dans ses propos, et les petits-enfants faux rebelles, assez conformistes, au fond. (Les scénaristes ont veillé à ce que cette famille recomposée élargie intègre des "minorités visibles"... et même sexuelles.)

   Le scénario est cousu de fil blanc, mais, franchement, pour les scènes avec Chantal Ladesou, le film mérite le détour. On sent l'influence de Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ? En France, il existe désormais un créneau pour les comédies populaires hyper-balisées et "socialement ouvertes".

23:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 07 août 2019

Les Faussaires de Manhattan

   Le titre français est plus explicite que celui d'origine (Can you ever forgive me ?), qui est aussi celui du livre autobiographique écrit par la vraie Lee Israel, en référence à l'écrivaine Dorothy Parker, l'une des personnes dont elle a écrit de fausses lettres.

   Les faussaires en question forment un duo d'inadaptés. La tête pensante est Lee Israel, une quinquagénaire obèse, alcoolique et solitaire, qui vit avec sa chatte Jersey et peine à boucler ses fins de mois. Elle n'en est pas moins une fine connaisseuse de la littérature américaine. Elle fait la rencontre de Jack Hock, dandy vieillissant et inconstant, homosexuel charmeur et cocaïnomane. Cet attelage improbable va faire des étincelles.

   Le film est donc à double tranchant. C'est d'abord un portrait de femme seule, dont le talent n'est pas reconnu à sa juste valeur. C'est aussi une comédie d'avant l'ère internet, quand fabriquer de fausses lettres relevait d'un artisanat d'art... et du système D. La manière dont cette petite bonne femme et ce vieux beau vont duper une brochette de pédants cultureux est savoureuse. Mais, au fond, c'est du mal de vivre dont il est question.

   Les acteurs sont éblouissants. Celles et ceux qui ont vu Melissa McCarthy cachetonner dans Les Flingueuses ou SOS Fantômes auront du mal à la reconnaître ici, tant la transformation est saisissante. Quant à Richard E.Grant, on a l'impression qu'il a joué ce rôle toute sa vie.

   C'est l'une des bonnes surprises de cet été 2019, décidément très riche sur le plan cinématographique. (Et ce n'est pas fini...)

23:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Les Faussaires de Manhattan

   Le titre français est plus explicite que celui d'origine (Can you ever forgive me ?), qui est aussi celui du livre autobiographique écrit par la vraie Lee Israel, en référence à l'écrivaine Dorothy Parker, l'une des personnes dont elle a écrit de fausses lettres.

   Les faussaires en question forment un duo d'inadaptés. La tête pensante est Lee Israel, une quinquagénaire obèse, alcoolique et solitaire, qui vit avec sa chatte Jersey et peine à boucler ses fins de mois. Elle n'en est pas moins une fine connaisseuse de la littérature américaine. Elle fait la rencontre de Jack Hock, dandy vieillissant et inconstant, homosexuel charmeur et cocaïnomane. Cet attelage improbable va faire des étincelles.

   Le film est donc à double tranchant. C'est d'abord un portrait de femme seule, dont le talent n'est pas reconnu à sa juste valeur. C'est aussi une comédie d'avant l'ère internet, quand fabriquer de fausses lettres relevait d'un artisanat d'art... et du système D. La manière dont cette petite bonne femme et ce vieux beau vont duper une brochette de pédants cultureux est savoureuse. Mais, au fond, c'est du mal de vivre dont il est question.

   Les acteurs sont éblouissants. Celles et ceux qui ont vu Melissa McCarthy cachetonner dans Les Flingueuses ou SOS Fantômes auront du mal à la reconnaître ici, tant la transformation est saisissante. Quant à Richard E.Grant, on a l'impression qu'il a joué ce rôle toute sa vie.

   C'est l'une des bonnes surprises de cet été 2019, décidément très riche sur le plan cinématographique. (Et ce n'est pas fini...)

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mardi, 06 août 2019

Comme des bêtes 2

   Trois ans après le premier volet des aventures de nos animaux domestiques préférés, ils reviennent, toujours sous la direction de Chris Renaud (également réalisateur de Moi, moche et méchant 1 et 2). L'introduction nous présente les changements survenus entre temps : la maîtresse de Max a rencontré un homme (sympa), s'est mariée avec lui et a eu un enfant, un garçon que le chien va apprendre à aimer. Comme ce schéma narratif n'est pas vraiment novateur, il est traité assez rapidement.

   Le coeur de l'histoire voit s'entrecroiser trois fils narratifs. Dans le premier, Max et toute sa petite famille vont passer des vacances loin de New York, chez un oncle du mari. C'est l'occasion pour nos citadins purs jus de découvrir les bienfaits de la campagne et de se confronter aux "vraies valeurs" de la vie. Pendant ce temps, dans Big Apple, la copine de Max va devoir s'infiltrer dans l'appartement d'une petite vieille, infesté de chats. Enfin, une autre partie de la bande tente de secourir un (superbe) tigre blanc, maltraité par le propriétaire d'un cirque ambulant.

   Le rythme est enlevé, les plaisanteries fusent. Certaines scènes sont particulièrement réussies, comme celle qui voit Max découvrir les sons de la campagne, la nuit tombée. Il y a encore une course-poursuite mêlant le lapin et quatre loups, en pleine fête foraine. Je me garderai aussi de raconter la métamorphose du spitz allemand (Gidget, doublée par Dorothée Pousséo dans la VF), qui essaie de se faire passer pour un chat. Enfin, quand la mémé s'en mêle, on peut dire que ça file à pleins tubes !

   L'animation est très correcte. Les petits apprécieront peut-être plus que les grands, mais cela ne dure qu'1h25. On passe un bon moment, sans prise de tête... et nos chérubins reçoivent une petite leçon de courage et de persévérance.

23:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Comme des bêtes 2

   Trois ans après le premier volet des aventures de nos animaux domestiques préférés, ils reviennent, toujours sous la direction de Chris Renaud (également réalisateur de Moi, moche et méchant 1 et 2). L'introduction nous présente les changements survenus entre temps : la maîtresse de Max a rencontré un homme (sympa), s'est mariée avec lui et a eu un enfant, un garçon que le chien va apprendre à aimer. Comme ce schéma narratif n'est pas vraiment novateur, il est traité assez rapidement.

   Le coeur de l'histoire voit s'entrecroiser trois fils narratifs. Dans le premier, Max et toute sa petite famille vont passer des vacances loin de New York, chez un oncle du mari. C'est l'occasion pour nos citadins purs jus de découvrir les bienfaits de la campagne et de se confronter aux "vraies valeurs" de la vie. Pendant ce temps, dans Big Apple, la copine de Max va devoir s'infiltrer dans l'appartement d'une petite vieille, infesté de chats. Enfin, une autre partie de la bande tente de secourir un (superbe) tigre blanc, maltraité par le propriétaire d'un cirque ambulant.

   Le rythme est enlevé, les plaisanteries fusent. Certaines scènes sont particulièrement réussies, comme celle qui voit Max découvrir les sons de la campagne, la nuit tombée. Il y a encore une course-poursuite mêlant le lapin et quatre loups, en pleine fête foraine. Je me garderai aussi de raconter la métamorphose du spitz allemand (Gidget, doublée par Dorothée Pousséo dans la VF), qui essaie de se faire passer pour un chat. Enfin, quand la mémé s'en mêle, on peut dire que ça file à pleins tubes !

   L'animation est très correcte. Les petits apprécieront peut-être plus que les grands, mais cela ne dure qu'1h25. On passe un bon moment, sans prise de tête... et nos chérubins reçoivent une petite leçon de courage et de persévérance.

23:08 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Pour les soldats tombés

   Le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson est à l'origine de ce documentaire sur les soldats de l'Empire britannique pendant la Première Guerre mondiale. Le titre fait référence au million de morts (outremer inclus), mais, durant le film, on entend les voix de dizaines de rescapés, enregistrées il y a parfois des années. Ces voix accompagnent un montage d'images d'époque colorisées et sonorisées de manière moderne. On sent que le cinéaste a dû voir au moins l'un des films de la série Apocalypse.

   Cependant, contrairement au travail réalisé par les Français, ce film-ci ne se présente pas comme une leçon d'histoire. Certes, les témoignages sont proposés dans l'ordre chronologique, de la déclaration de guerre au retour au pays, mais ils sont très peu (voire pas du tout) contextualisés (pas plus que les images). Du coup, l'accumulation peut lasser les spectateurs pas emballés par le fait de lire des sous-titres pendant plus d'une heure et demie. Ce documentaire est clairement destiné au public anglo-saxon.

   Il n'en est pas moins intéressant. A ceux qui en ont déjà vu d'autres, il n'apprendra pas grand chose... sauf peut-être qu'en 1914, le Royaume-Uni ne connaissait pas le service militaire. Le contingent envoyé en France fut d'abord constitué des militaires de carrière et de volontaires. C'est en 1916 que la conscription fut introduite.

   Les images, pour étranges qu'elles apparaissent avec cette colorisation artificielle, n'en sont pas moins souvent saisissantes. Il est important que les spectateurs réalisent à quel point cette guerre fut dégueulasse. Les soldats ont vécu dans des conditions que l'on qualifierait aujourd'hui d'inacceptables, entre la saleté, la faim, la soif, les rats, les poux et le bruit insupportable des canonnades. Rien que pour cela, ce film est utile. Il ne laisse pas non plus de côté la souffrance animale, l'exemple des chevaux étant le plus mis en valeur.

   Pour moi, les parties les plus intéressantes sont situées à la fin. Il y a tout d'abord la séquence consacrée aux relations entre les soldats britanniques et les prisonniers allemands, qui furent peut-être moins tendues que celles entretenues par les Français avec leurs adversaires directs. Il convient toutefois de se méfier des reconstitutions a posteriori.

   Plus forte encore est la séquence finale, qui va du contexte de l'annonce de l'Armistice au retour au pays, avec ses désillusions. C'est peut-être le passage le plus novateur, qui conclut intelligemment le film.

Pour les soldats tombés

   Le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson est à l'origine de ce documentaire sur les soldats de l'Empire britannique pendant la Première Guerre mondiale. Le titre fait référence au million de morts (outremer inclus), mais, durant le film, on entend les voix de dizaines de rescapés, enregistrées il y a parfois des années. Ces voix accompagnent un montage d'images d'époque colorisées et sonorisées de manière moderne. On sent que le cinéaste a dû voir au moins l'un des films de la série Apocalypse.

   Cependant, contrairement au travail réalisé par les Français, ce film-ci ne se présente pas comme une leçon d'histoire. Certes, les témoignages sont proposés dans l'ordre chronologique, de la déclaration de guerre au retour au pays, mais ils sont très peu (voire pas du tout) contextualisés (pas plus que les images). Du coup, l'accumulation peut lasser les spectateurs pas emballés par le fait de lire des sous-titres pendant plus d'une heure et demie. Ce documentaire est clairement destiné au public anglo-saxon.

   Il n'en est pas moins intéressant. A ceux qui en ont déjà vu d'autres, il n'apprendra pas grand chose... sauf peut-être qu'en 1914, le Royaume-Uni ne connaissait pas le service militaire. Le contingent envoyé en France fut d'abord constitué des militaires de carrière et de volontaires. C'est en 1916 que la conscription fut introduite.

   Les images, pour étranges qu'elles apparaissent avec cette colorisation artificielle, n'en sont pas moins souvent saisissantes. Il est important que les spectateurs réalisent à quel point cette guerre fut dégueulasse. Les soldats ont vécu dans des conditions que l'on qualifierait aujourd'hui d'inacceptables, entre la saleté, la faim, la soif, les rats, les poux et le bruit insupportable des canonnades. Rien que pour cela, ce film est utile. Il ne laisse pas non plus de côté la souffrance animale, l'exemple des chevaux étant le plus mis en valeur.

   Pour moi, les parties les plus intéressantes sont situées à la fin. Il y a tout d'abord la séquence consacrée aux relations entre les soldats britanniques et les prisonniers allemands, qui furent peut-être moins tendues que celles entretenues par les Français avec leurs adversaires directs. Il convient toutefois de se méfier des reconstitutions a posteriori.

   Plus forte encore est la séquence finale, qui va du contexte de l'annonce de l'Armistice au retour au pays, avec ses désillusions. C'est peut-être le passage le plus novateur, qui conclut intelligemment le film.

lundi, 05 août 2019

Wonderland, le royaume sans pluie

   Ce royaume est celui d'un monde parallèle, dans lequel l'héroïne Akané va se retrouver embarquée (en compagnie d'une commerçante un peu fantasque) par un alchimiste guindé (Monsieur Hippocrate) et son assistant lilliputien.

cinéma,cinema,film,films

   Auparavant, on aura goûté au monde réel, celui d'une fille unique d'un couple dont l'épouse est restée au foyer. (On ne verra jamais le père.) A l'école, les relations entre élèves sont parfois compliquées. Heureusement, il y a le chat Gorobeh (avec coucougnettes apparentes) qui la câline... ou lui pète à la figure !

   Ce film d'animation japonais est foisonnant, tant au niveau des images que de l'intrigue. (Le réalisateur, Keiichi Hara, s'est fait connaître par Colorful et Miss Hokusai.) L'ambiance s'inspire visiblement de l'oeuvre de Miyazaki, mais aussi de Tolkien et sans doute des contes de fées européens. Quand j'aurai ajouté que le monde parallèle subit une redoutable sécheresse, qui menace la vie de tous ses habitants, vous aurez compris que les préoccupations environnementales ne sont pas absentes de ce film visible par tous, mais sacrément élaboré.

   L'habileté de l'animation se voit aux jeux d'ombre et de lumière, aux reflets, aux couleurs, en particulier dans les scènes de repas. Je suis sorti delà bigrement affamé !

cinéma,cinema,film,films

   Dans le monde parallèle, on croise des oiseaux et poissons géants (superbe scène nautique à la clé), d'énormes moutons capables de mettre en échec un petit char, des magiciens, des forgerons... et un étrange individu, Zang, mi-squelette, mi-robot, dont on ne découvre que tardivement la véritable identité.

   C'est romanesque à souhait, très bien dessiné, avec de l'humour (ah, les chats douaniers...), de multiples rebondissements... et c'est peut-être moins hermétique que le non moins superbe Les Enfants de la mer, sorti il y a quelques semaines.

16:04 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Wonderland, le royaume sans pluie

   Ce royaume est celui d'un monde parallèle, dans lequel l'héroïne Akané va se retrouver embarquée (en compagnie d'une commerçante un peu fantasque) par un alchimiste guindé (Monsieur Hippocrate) et son assistant lilliputien.

cinéma,cinema,film,films

   Auparavant, on aura goûté au monde réel, celui d'une fille unique d'un couple dont l'épouse est restée au foyer. (On ne verra jamais le père.) A l'école, les relations entre élèves sont parfois compliquées. Heureusement, il y a le chat Gorobeh (avec coucougnettes apparentes) qui la câline... ou lui pète à la figure !

   Ce film d'animation japonais est foisonnant, tant au niveau des images que de l'intrigue. (Le réalisateur, Keiichi Hara, s'est fait connaître par Colorful et Miss Hokusai.) L'ambiance s'inspire visiblement de l'oeuvre de Miyazaki, mais aussi de Tolkien et sans doute des contes de fées européens. Quand j'aurai ajouté que le monde parallèle subit une redoutable sécheresse, qui menace la vie de tous ses habitants, vous aurez compris que les préoccupations environnementales ne sont pas absentes de ce film visible par tous, mais sacrément élaboré.

   L'habileté de l'animation se voit aux jeux d'ombre et de lumière, aux reflets, aux couleurs, en particulier dans les scènes de repas. Je suis sorti delà bigrement affamé !

cinéma,cinema,film,films

   Dans le monde parallèle, on croise des oiseaux et poissons géants (superbe scène nautique à la clé), d'énormes moutons capables de mettre en échec un petit char, des magiciens, des forgerons... et un étrange individu, Zang, mi-squelette, mi-robot, dont on ne découvre que tardivement la véritable identité.

   C'est romanesque à souhait, très bien dessiné, avec de l'humour (ah, les chats douaniers...), de multiples rebondissements... et c'est peut-être moins hermétique que le non moins superbe Les Enfants de la mer, sorti il y a quelques semaines.

16:04 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 29 juillet 2019

Crawl

  Cette "nage libre" est celle que pratique l'héroïne Hailey... dont le prénom (dans la version originale) est une allusion au chanteur Bill Haley, auquel on doit, entre autres, le titre See you later alligator... que l'on entend à la fin du film. (Dans la version française, le prénom est prononcé "Allie" !)

   Hailey tente de faire sa place au sein de l'équipe nationale de natation, mais elle est juste derrière les toutes meilleures. Elle est fâchée avec son ancien entraîneur, qui n'est autre que son père, divorcé d'avec sa mère et en difficulté financière.

   Là-dessus débarque un méga-ouragan, du genre à pulvériser les maisons de Floride. Comme le papounnet ne répond pas au téléphone, Hailey brave tous les dangers pour le retrouver... et le sauver. Problème supplémentaire : le coin est infesté d'alligators, certains s'étant même échappés d'un parc naturel.

   Très vite, Hailey va se faire mordre par une grosse bébête... mais elle ne se laisse pas faire. Comme elle a les ovaires bien arrimés, elle se fait un garrot de fortune, comme une grande. Elle a de qui tenir : son papa, lui aussi blessé, insère l'un de ses outils à côté de son tibia brisé et fabrique une attelle en grinçant à peine des dents. On pense évidemment à Instinct de survie, dans lequel une autre jolie blonde se recousait la cuisse après une morsure de requin.

   Comme vous pouvez le constater, ce petit thriller estival recycle pas mal de vieilles recettes. Mais il est réalisé par Alexandre Aja, auquel on doit La Colline a des yeux, Mirrors et Piranha 3D. C'est bien foutu, avec de superbes alligators numériques. Même si je trouve que les deux héros échappent parfois de manière invraisemblable aux prédateurs qui les poursuivent, je reconnais qu'il y a de la mise en scène derrière, avec quelques jolies trouvailles (comme la scène de la douche).

   Comme dans tout bon film d'horreur, les tueurs exercent une sorte de justice immanente et les péripéties vont rapprocher les personnes auparavant brouillées. C'est relativement bref (moins d'1h30) et suffisamment saignant pour faire passer un bon moment.

21:31 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Crawl

  Cette "nage libre" est celle que pratique l'héroïne Hailey... dont le prénom (dans la version originale) est une allusion au chanteur Bill Haley, auquel on doit, entre autres, le titre See you later alligator... que l'on entend à la fin du film. (Dans la version française, le prénom est prononcé "Allie" !)

   Hailey tente de faire sa place au sein de l'équipe nationale de natation, mais elle est juste derrière les toutes meilleures. Elle est fâchée avec son ancien entraîneur, qui n'est autre que son père, divorcé d'avec sa mère et en difficulté financière.

   Là-dessus débarque un méga-ouragan, du genre à pulvériser les maisons de Floride. Comme le papounnet ne répond pas au téléphone, Hailey brave tous les dangers pour le retrouver... et le sauver. Problème supplémentaire : le coin est infesté d'alligators, certains s'étant même échappés d'un parc naturel.

   Très vite, Hailey va se faire mordre par une grosse bébête... mais elle ne se laisse pas faire. Comme elle a les ovaires bien arrimés, elle se fait un garrot de fortune, comme une grande. Elle a de qui tenir : son papa, lui aussi blessé, insère l'un de ses outils à côté de son tibia brisé et fabrique une attelle en grinçant à peine des dents. On pense évidemment à Instinct de survie, dans lequel une autre jolie blonde se recousait la cuisse après une morsure de requin.

   Comme vous pouvez le constater, ce petit thriller estival recycle pas mal de vieilles recettes. Mais il est réalisé par Alexandre Aja, auquel on doit La Colline a des yeux, Mirrors et Piranha 3D. C'est bien foutu, avec de superbes alligators numériques. Même si je trouve que les deux héros échappent parfois de manière invraisemblable aux prédateurs qui les poursuivent, je reconnais qu'il y a de la mise en scène derrière, avec quelques jolies trouvailles (comme la scène de la douche).

   Comme dans tout bon film d'horreur, les tueurs exercent une sorte de justice immanente et les péripéties vont rapprocher les personnes auparavant brouillées. C'est relativement bref (moins d'1h30) et suffisamment saignant pour faire passer un bon moment.

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dimanche, 28 juillet 2019

The Operative

   Ce film d'espionnage a pour cadre le Moyen-Orient, plus précisément les relations compliquées entre l'Iran, Israël et certains pays européens. Le personnage de l'héroïne Rachel est inspiré de plusieurs agents du Mossad. L'épisode de l'insertion d'un logiciel espion israélien dans le système informatique du programme nucléaire iranien est lui aussi inspiré de faits réels.

   Nous voici plongés dans un polar cérébral (pas nourri de bastons, contrairement à Anna). La psychologie des personnages est au coeur de l'intrigue. Il est difficile de savoir ce que pensent au fond Rachel, son superviseur, les cadres du Mossad et le séduisant Farhad, la nouvelle "cible" de Rachel. Notons que le film comporte quelques moments de tension plus basiques, comme l'excellente séquence du retour clandestin en Iran.

   A l'image de ce qu'on a pu voir récemment dans So long, my son, l'histoire nous est racontée sous la forme de plusieurs trames chronologiques entremêlées. (Pour s'y retrouver, je conseille d'être attentif à la coiffure de Rachel et à la barbe de Thomas.)

   C'est le moment de parler des acteurs, bons dans l'ensemble. Une personne se détache très nettement du lot : Diane Kruger, qui confirme tout le bien que je pense d'elle (même en laissant de côté les effets de son charme incommensurable). Elle est au moins aussi épatante que dans Infiltrator et In The Fade. Le jeu de l'actrice se marie parfaitement avec la mise en scène pour nous faire toucher du doigt tantôt la joie, tantôt les doutes qui la travaillent. On en vient même à se demander si l'apprentie-espionne n'a pas fini par duper tout son monde. Il faut dire que la dame possède une petite tendance à la mythomanie.

   Bref, cette histoire polyglotte (anglaise, allemande, française, hébreue, kurde, farsie, y compris dans la version doublée) d'une espionne débutante s'éprenant à la fois de l'Iran et d'un Iranien m'a beaucoup plu, le tout baignant dans une atmosphère trouble très bien campée.

The Operative

   Ce film d'espionnage a pour cadre le Moyen-Orient, plus précisément les relations compliquées entre l'Iran, Israël et certains pays européens. Le personnage de l'héroïne Rachel est inspiré de plusieurs agents du Mossad. L'épisode de l'insertion d'un logiciel espion israélien dans le système informatique du programme nucléaire iranien est lui aussi inspiré de faits réels.

   Nous voici plongés dans un polar cérébral (pas nourri de bastons, contrairement à Anna). La psychologie des personnages est au coeur de l'intrigue. Il est difficile de savoir ce que pensent au fond Rachel, son superviseur, les cadres du Mossad et le séduisant Farhad, la nouvelle "cible" de Rachel. Notons que le film comporte quelques moments de tension plus basiques, comme l'excellente séquence du retour clandestin en Iran.

   A l'image de ce qu'on a pu voir récemment dans So long, my son, l'histoire nous est racontée sous la forme de plusieurs trames chronologiques entremêlées. (Pour s'y retrouver, je conseille d'être attentif à la coiffure de Rachel et à la barbe de Thomas.)

   C'est le moment de parler des acteurs, bons dans l'ensemble. Une personne se détache très nettement du lot : Diane Kruger, qui confirme tout le bien que je pense d'elle (même en laissant de côté les effets de son charme incommensurable). Elle est au moins aussi épatante que dans Infiltrator et In The Fade. Le jeu de l'actrice se marie parfaitement avec la mise en scène pour nous faire toucher du doigt tantôt la joie, tantôt les doutes qui la travaillent. On en vient même à se demander si l'apprentie-espionne n'a pas fini par duper tout son monde. Il faut dire que la dame possède une petite tendance à la mythomanie.

   Bref, cette histoire polyglotte (anglaise, allemande, française, hébreue, kurde, farsie, y compris dans la version doublée) d'une espionne débutante s'éprenant à la fois de l'Iran et d'un Iranien m'a beaucoup plu, le tout baignant dans une atmosphère trouble très bien campée.

vendredi, 26 juillet 2019

Le Roi Lion

   Je fais sans doute partie de la minorité des spectateurs adultes de ce film à n'avoir jamais vu le dessin animé sorti il y a 25 ans (ni en salle, ni à la télévision, ni sur ordinateur). Je crois qu'à l'époque, je m'étais détourné des films d'animation, avant que des oeuvres japonaises (Ghost in the shell, Princesse Mononoké) ne me réconcilient avec le genre.

   Je ne peux donc pas confirmer (ou infirmer) le décalquage plan par plan de l'oeuvre de 1994. Toujours est-il que cela commence (me semble-t-il) de la même manière, avec un lever de soleil qui permet de faire connaissance avec le monde de la savane. C'est très réussi.

   Je pense que Jon Favreau (déjà auteur du Livre de la jungle il y a trois ans) emporte l'adhésion quand il montre à l'écran les animaux réalisés en images de synthèse, en particulier les félins :

cinéma,cinema,film,films

   Il y a des gentils et des méchants, ces derniers (Scar et les hyènes) bien campés, les féliformes étant aussi sources de gags. Les voix françaises ont été bien choisies et contribuent à la réussite du film, à travers notamment les personnages secondaires comiques : l'oiseau, le suricate et le phacochère, ce dernier présentant la particularité de lâcher régulièrement des gaz particulièrement odorants. (La scène qui montre le petit Pumbaa au niveau du point d'eau est un délice.)

   Le reste est sans surprise. Même sans connaître l'intrigue d'origine, on sait dès le départ qu'il va arriver un truc au père, que le fils va faire des bêtises et que les lionnes vont se montrer courageuses (et redoutables). Si les scénaristes n'ont pas osé aller jusqu'à proposer l'intronisation d'une reine de la savane, on peut quand même se réjouir de la présence de deux personnages féminins valorisants (en particulier celui de Nala).

   Dans une grande salle, on profite pleinement de la qualité visuelle de l'animation, le principal atout de cette production hyper-balisée, "familiale" (aucun mâle n'étant doté de "coucougnettes" visibles)... et qui va contribuer à remplir davantage encore les poches de Disney.

09:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Le Roi Lion

   Je fais sans doute partie de la minorité des spectateurs adultes de ce film à n'avoir jamais vu le dessin animé sorti il y a 25 ans (ni en salle, ni à la télévision, ni sur ordinateur). Je crois qu'à l'époque, je m'étais détourné des films d'animation, avant que des oeuvres japonaises (Ghost in the shell, Princesse Mononoké) ne me réconcilient avec le genre.

   Je ne peux donc pas confirmer (ou infirmer) le décalquage plan par plan de l'oeuvre de 1994. Toujours est-il que cela commence (me semble-t-il) de la même manière, avec un lever de soleil qui permet de faire connaissance avec le monde de la savane. C'est très réussi.

   Je pense que Jon Favreau (déjà auteur du Livre de la jungle il y a trois ans) emporte l'adhésion quand il montre à l'écran les animaux réalisés en images de synthèse, en particulier les félins :

cinéma,cinema,film,films

   Il y a des gentils et des méchants, ces derniers (Scar et les hyènes) bien campés, les féliformes étant aussi sources de gags. Les voix françaises ont été bien choisies et contribuent à la réussite du film, à travers notamment les personnages secondaires comiques : l'oiseau, le suricate et le phacochère, ce dernier présentant la particularité de lâcher régulièrement des gaz particulièrement odorants. (La scène qui montre le petit Pumbaa au niveau du point d'eau est un délice.)

   Le reste est sans surprise. Même sans connaître l'intrigue d'origine, on sait dès le départ qu'il va arriver un truc au père, que le fils va faire des bêtises et que les lionnes vont se montrer courageuses (et redoutables). Si les scénaristes n'ont pas osé aller jusqu'à proposer l'intronisation d'une reine de la savane, on peut quand même se réjouir de la présence de deux personnages féminins valorisants (en particulier celui de Nala).

   Dans une grande salle, on profite pleinement de la qualité visuelle de l'animation, le principal atout de cette production hyper-balisée, "familiale" (aucun mâle n'étant doté de "coucougnettes" visibles)... et qui va contribuer à remplir davantage encore les poches de Disney.

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jeudi, 18 juillet 2019

L'Oeuvre sans auteur (1 et 2)

   Présenté en France en deux parties (d'une durée d'environ 1h30 chacune), l'ensemble forme en réalité un seul film d'un peu plus de trois heures... qu'on ne voit pas passer. Le réalisateur est Florian Henckel von Donnersmarck, que tout cinéphile digne de ce nom connaît comme étant l'auteur de La Vie des autres. Y figurait déjà Sebastian Koch, qui incarne ici un médecin nazi autoritaire, froid et sûr de ses compétences.

   L'intrigue s'étale entre 1939 (qui marque le lancement du programme de stérilisation des "populations indésirables", en Allemagne) et le début des années 1960, juste après la construction du Mur de Berlin et avant les procès qui vont faire (re)découvrir aux Allemands l'étendue et l'atrocité des crimes commis en leur nom des années auparavant. (Voir à ce sujet Le Labyrinthe du silence.) Il est question de l'émergence d'un grand peintre, de sa jeunesse sous le IIIe Reich à son explosion dans la RFA de Konrad Adenauer.

   Pendant le premier quart d'heure (de la partie 1), j'ai eu un peu peur. J'ai trouvé certaines scènes mal jouées, comme celles montrant l'excentricité de la jeune (et ravissante) Elisabeth ou encore la remise du bouquet à Hitler. De plus, même si je suis très sensible à la beauté de Saskia Rosendahl (remarquée dans Lore), j'ai trouvé un peu facile de la part de ce cochon de réalisateur de profiter de la moindre occasion pour nous exposer la plastique quasi parfaite de l'actrice. J'ai aussi été gêné par ce qui pour moi est une invraisemblance historique : quand Elisabeth emmène son neveu à l'exposition sur "l'art dégénéré", elle porte une robe légère, qui ne permet pas d'ignorer l'absence de soutien-gorge !

   Le film devient prenant à partir du moment où Elisabeth est emmenée dans le "centre gynécologique" dirigé par "Herr Professor" Seeband, incarné par Sebastian Koch avec une époustouflante (et glaçante) maîtrise. Ce gynécologue est conscient d'être un excellent médecin (sur le plan scientifique). Sur le plan humain, c'est autre chose. Dans son bureau se déroule une scène capitale pour la suite : elle pose des éléments qui, plus tard, vont relier plusieurs personnages sans qu'ils en soient conscients (mais les spectateurs attentifs, oui).

   C'est là que la grande Histoire rencontre la petite. Henckel en profite pour évoquer l'Aktion T4, dans un mélodrame qui montre comment des vies d'Allemands ordinaires vont être brisées. Ainsi, dans la famille d'Elisabeth, on a le privilège de mourir à cause des nazis ou sous les balles soviétiques ou encore sous les bombes anglo-américaines. (Une scène se déroule à Dresde en février 1945.)

   La séquence suivante est tout aussi passionnante. On y retrouve le médecin nazi, piégé par l'occupation soviétique de la partie orientale de l'Allemagne. Il risque gros, mais il peut encore compter sur sa formation médicale, qui pourrait lui sauver la partie. La scène de l'accouchement est formidablement mise en scène.

   Après une ellipse, on retrouve notre désormais ancien nazi, transformé en notable de la RDA (communiste). Le petit garçon du début (qui va longtemps refouler certains souvenirs) est devenu un apprenti peintre. Il va se lier à une autre Elisabeth qui, coïncidence troublante, ressemble bigrement à sa tante disparue (la couleur de cheveux exceptée). Elle est incarnée par Paula Beer (encore plus souvent nue). Le couple qui se forme va rencontrer un terrible adversaire sur sa route : le gynécologue, qui ne peut plus se montrer aussi ouvertement dominateur qu'autrefois, mais qui va se révéler habile manipulateur...

   Au niveau artistique, Henckel veut montrer que nazis comme communistes ont une vision étriquée de la création. Les régimes totalitaires méprisent la liberté créative et veulent instrumentaliser les artistes à leur profit. C'est le moment où l'on bascule de la première dans la seconde partie.

   Celle-ci est, dans un premier temps, davantage centrée sur Kurt, dont le talent s'affirme. On le voit d'abord en RDA, où il se plie à la doctrine officielle du réalisme socialiste. Pour des raisons que je me garderai bien d'évoquer, à l'issue d'un assez long processus, il finit par "exploser" en RFA. J'ai trouvé remarquable le récit de son apprentissage dans le milieu d'avant-garde de Düsseldorf. C'est le moment de signaler l'excellente composition d'Olivier Masucci en professeur d'arts plastiques, capable de captiver un auditoire... ou de le faire réagir. Les plans qui montrent les peintres en action sont très réussis (et parfois empreints d'ironie, comme lorsque le jeune héros découvre les efforts pathétiques des apprentis artistes pour faire original). Le summum est atteint quand Kurt trouve enfin son style. Un déclic se produit, qui voit de nouveau la grande Histoire fusionner avec la petite.

   En dépit de quelques défauts mineurs, j'ai été emballé par ce film, à la fois mélo, chronique sentimentale (sensuelle), leçon d'histoire et essai pictural.

L'Oeuvre sans auteur (1 et 2)

   Présenté en France en deux parties (d'une durée d'environ 1h30 chacune), l'ensemble forme en réalité un seul film d'un peu plus de trois heures... qu'on ne voit pas passer. Le réalisateur est Florian Henckel von Donnersmarck, que tout cinéphile digne de ce nom connaît comme étant l'auteur de La Vie des autres. Y figurait déjà Sebastian Koch, qui incarne ici un médecin nazi autoritaire, froid et sûr de ses compétences.

   L'intrigue s'étale entre 1939 (qui marque le lancement du programme de stérilisation des "populations indésirables", en Allemagne) et le début des années 1960, juste après la construction du Mur de Berlin et avant les procès qui vont faire (re)découvrir aux Allemands l'étendue et l'atrocité des crimes commis en leur nom des années auparavant. (Voir à ce sujet Le Labyrinthe du silence.) Il est question de l'émergence d'un grand peintre, de sa jeunesse sous le IIIe Reich à son explosion dans la RFA de Konrad Adenauer.

   Pendant le premier quart d'heure (de la partie 1), j'ai eu un peu peur. J'ai trouvé certaines scènes mal jouées, comme celles montrant l'excentricité de la jeune (et ravissante) Elisabeth ou encore la remise du bouquet à Hitler. De plus, même si je suis très sensible à la beauté de Saskia Rosendahl (remarquée dans Lore), j'ai trouvé un peu facile de la part de ce cochon de réalisateur de profiter de la moindre occasion pour nous exposer la plastique quasi parfaite de l'actrice. J'ai aussi été gêné par ce qui pour moi est une invraisemblance historique : quand Elisabeth emmène son neveu à l'exposition sur "l'art dégénéré", elle porte une robe légère, qui ne permet pas d'ignorer l'absence de soutien-gorge !

   Le film devient prenant à partir du moment où Elisabeth est emmenée dans le "centre gynécologique" dirigé par "Herr Professor" Seeband, incarné par Sebastian Koch avec une époustouflante (et glaçante) maîtrise. Ce gynécologue est conscient d'être un excellent médecin (sur le plan scientifique). Sur le plan humain, c'est autre chose. Dans son bureau se déroule une scène capitale pour la suite : elle pose des éléments qui, plus tard, vont relier plusieurs personnages sans qu'ils en soient conscients (mais les spectateurs attentifs, oui).

   C'est là que la grande Histoire rencontre la petite. Henckel en profite pour évoquer l'Aktion T4, dans un mélodrame qui montre comment des vies d'Allemands ordinaires vont être brisées. Ainsi, dans la famille d'Elisabeth, on a le privilège de mourir à cause des nazis ou sous les balles soviétiques ou encore sous les bombes anglo-américaines. (Une scène se déroule à Dresde en février 1945.)

   La séquence suivante est tout aussi passionnante. On y retrouve le médecin nazi, piégé par l'occupation soviétique de la partie orientale de l'Allemagne. Il risque gros, mais il peut encore compter sur sa formation médicale, qui pourrait lui sauver la partie. La scène de l'accouchement est formidablement mise en scène.

   Après une ellipse, on retrouve notre désormais ancien nazi, transformé en notable de la RDA (communiste). Le petit garçon du début (qui va longtemps refouler certains souvenirs) est devenu un apprenti peintre. Il va se lier à une autre Elisabeth qui, coïncidence troublante, ressemble bigrement à sa tante disparue (la couleur de cheveux exceptée). Elle est incarnée par Paula Beer (encore plus souvent nue). Le couple qui se forme va rencontrer un terrible adversaire sur sa route : le gynécologue, qui ne peut plus se montrer aussi ouvertement dominateur qu'autrefois, mais qui va se révéler habile manipulateur...

   Au niveau artistique, Henckel veut montrer que nazis comme communistes ont une vision étriquée de la création. Les régimes totalitaires méprisent la liberté créative et veulent instrumentaliser les artistes à leur profit. C'est le moment où l'on bascule de la première dans la seconde partie.

   Celle-ci est, dans un premier temps, davantage centrée sur Kurt, dont le talent s'affirme. On le voit d'abord en RDA, où il se plie à la doctrine officielle du réalisme socialiste. Pour des raisons que je me garderai bien d'évoquer, à l'issue d'un assez long processus, il finit par "exploser" en RFA. J'ai trouvé remarquable le récit de son apprentissage dans le milieu d'avant-garde de Düsseldorf. C'est le moment de signaler l'excellente composition d'Olivier Masucci en professeur d'arts plastiques, capable de captiver un auditoire... ou de le faire réagir. Les plans qui montrent les peintres en action sont très réussis (et parfois empreints d'ironie, comme lorsque le jeune héros découvre les efforts pathétiques des apprentis artistes pour faire original). Le summum est atteint quand Kurt trouve enfin son style. Un déclic se produit, qui voit de nouveau la grande Histoire fusionner avec la petite.

   En dépit de quelques défauts mineurs, j'ai été emballé par ce film, à la fois mélo, chronique sentimentale (sensuelle), leçon d'histoire et essai pictural.

mardi, 16 juillet 2019

Qui pour reprendre EuropaCorp ?

   La société dirigée par Luc Besson est en difficulté. Depuis plusieurs années, elle essuie d'importantes pertes. Elle semble très endettée (de plusieurs centaines de millions d'euros)... mais elle a du potentiel (son catalogue notamment est très convoité). Voilà pourquoi, depuis quelques années, des rumeurs circulent quant à une éventuelle vente.

   D'après un article du Monde de mercredi dernier, c'est d'abord un groupe chinois qui a été envisagé : Fundamental Films qui, sous le nom de "FF Motion Invest", est à l'heure actuelle le deuxième actionnaire d'EuropaCorp, après Luc Besson :

cinéma,cinema,film,films,économie,actualité,actualite,actu,actualites,actualités

 

   Ont été aussi évoqués le groupe Netfilx et, plus récemment, Pathé, qui s'était rapproché de Luc Besson. Aux dernières nouvelles, c'est l'un des créanciers d'EuropaCorp, le fonds Vine Alternative Investments, qui tient la corde. Signalons qu'il y a deux ans, ce fonds a pris le contrôle de Village Roadshow, une société de production à laquelle on doit, parmi d'autres, les films Sherlock Holmes- Jeu d'ombres, La Grande Aventure Lego, Passengers et Ocean's 8. On le voit, il s'agit d'oeuvres commerciales, grand public, avec de l'action et (souvent) des effets spéciaux. EuropaCorp ne serait pas dépaysée.

   Ce changement de direction pourrait avoir un effet bénéfique : décharger Luc Besson de son travail de gestionnaire, ce qui lui permettrait de se concentrer sur son activité créative.

   Pour les boursicoteurs, il semble aussi que la perspective d'un rachat soit une bonne nouvelle : le cours de l'action d'EuropaCorp a récemment fortement augmenté, pour atteindre... 1,3 euro. A ceux qui s'étonneraient de la faible valorisation de la société, je rappellerai l'exemple d'Eurotunnel (aujourd'hui Getlink), dont l'action était tombée (début 2003) à... 0,3 euro (après avoir été introduite en bourse à 35 francs, soit entre 5 et 6 euros). Aujourd'hui, le cours flirte avec les 14 euros. L'action EuropaCorp, quant à elle, a culminé autour de 15 euros en 2008, avant de passer durablement sous la barre des cinq euros (et même sous la barre de 1 euro à plusieurs reprises en 2019 !) :

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   P.S.

   Je ne sais pas s'il y a un lien avec les difficultés financières d'EuropaCorp, mais j'ai découvert que son conseil d'administration a pour vice-président (depuis 2012) un certain Charles Milhaud. Il est connu pour avoir longtemps dirigé le groupe Caisse d'Epargne, menant une politique "audacieuse" (irréfléchie, diront certains) d'acquisitions, en particulier la fusion avec le réseau Banque populaire. Cela ne s'était pas bien terminé...

Qui pour reprendre EuropaCorp ?

   La société dirigée par Luc Besson est en difficulté. Depuis plusieurs années, elle essuie d'importantes pertes. Elle semble très endettée (de plusieurs centaines de millions d'euros)... mais elle a du potentiel (son catalogue notamment est très convoité). Voilà pourquoi, depuis quelques années, des rumeurs circulent quant à une éventuelle vente.

   D'après un article du Monde de mercredi dernier, c'est d'abord un groupe chinois qui a été envisagé : Fundamental Films qui, sous le nom de "FF Motion Invest", est à l'heure actuelle le deuxième actionnaire d'EuropaCorp, après Luc Besson :

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   Ont été aussi évoqués le groupe Netfilx et, plus récemment, Pathé, qui s'était rapproché de Luc Besson. Aux dernières nouvelles, c'est l'un des créanciers d'EuropaCorp, le fonds Vine Alternative Investments, qui tient la corde. Signalons qu'il y a deux ans, ce fonds a pris le contrôle de Village Roadshow, une société de production à laquelle on doit, parmi d'autres, les films Sherlock Holmes- Jeu d'ombres, La Grande Aventure Lego, Passengers et Ocean's 8. On le voit, il s'agit d'oeuvres commerciales, grand public, avec de l'action et (souvent) des effets spéciaux. EuropaCorp ne serait pas dépaysée.

   Ce changement de direction pourrait avoir un effet bénéfique : décharger Luc Besson de son travail de gestionnaire, ce qui lui permettrait de se concentrer sur son activité créative.

   Pour les boursicoteurs, il semble aussi que la perspective d'un rachat soit une bonne nouvelle : le cours de l'action d'EuropaCorp a récemment fortement augmenté, pour atteindre... 1,3 euro. A ceux qui s'étonneraient de la faible valorisation de la société, je rappellerai l'exemple d'Eurotunnel (aujourd'hui Getlink), dont l'action était tombée (début 2003) à... 0,3 euro (après avoir été introduite en bourse à 35 francs, soit entre 5 et 6 euros). Aujourd'hui, le cours flirte avec les 14 euros. L'action EuropaCorp, quant à elle, a culminé autour de 15 euros en 2008, avant de passer durablement sous la barre des cinq euros (et même sous la barre de 1 euro à plusieurs reprises en 2019 !) :

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   P.S.

   Je ne sais pas s'il y a un lien avec les difficultés financières d'EuropaCorp, mais j'ai découvert que son conseil d'administration a pour vice-président (depuis 2012) un certain Charles Milhaud. Il est connu pour avoir longtemps dirigé le groupe Caisse d'Epargne, menant une politique "audacieuse" (irréfléchie, diront certains) d'acquisitions, en particulier la fusion avec le réseau Banque populaire. Cela ne s'était pas bien terminé...

lundi, 15 juillet 2019

So long, my son

   On pourrait traduire le titre de ce film par "Au revoir, mon fils". Cet au revoir peut être compris comme porteur d'espoir ("A bientôt") ou comme définitif ("Adieu"). Tout dépend du fils auquel il s'adresse. Dans l'histoire, le couple de héros (ouvriers dans la même usine du nord de la Chine, à l'origine) n'a d'abord qu'un seul enfant.

   Pour démêler les fils de l'intrigue, il convient d'être particulièrement attentif, parce que Wang Xiaoshuai (auquel on doit, entre autres, Beijing Bicycle et Red Amnesia) a construit son film sous la forme d'un puzzle, les séquences ne se suivant pas dans un ordre chronologique (sauf dans les trois derniers quarts d'heure, qui se déroulent de nos jours). Pour se repérer, je conseille d'être attentif aux personnages enfants ou adolescents.

   La première séquence n'est pas la plus ancienne chronologiquement, mais c'est celle autour de laquelle s'organisent les autres. On y suit deux gamins, qui rejoignent un groupe de copains autour d'un plan d'eau. Le drame qui survient à cet endroit va bouleverser la vie de tous les protagonistes. Les séquences qui nous sont proposées par la suite se placent soit avant le drame, soit (bien) après.

   Dans les séquences "anciennes", on découvre les deux couples au moment de la naissance des fils. On les voit à l'usine. On rencontre aussi leurs frères et soeurs, dans une génération qui n'avait pas encore subi la politique de l'enfant unique (décrétée à la toute fin des années 1970). Le réalisateur veut montrer l'impact que celle-ci a eu sur des vies ordinaires. A cet égard, le personnage principal est celui de la mère, formidablement interprétée par une actrice que je ne connaissais pas : Yong Mei. D'une manière ou d'une autre, cette femme a "perdu" successivement trois enfants. La comédienne, sans effet de manche, fait très bien sentir la douleur éprouvée par son personnage... et quelle belle scène de retrouvailles avec son ancienne collègue d'usine, des années plus tard, sur un lit d'hôpital !

   Au bout d'une heure et demie (environ), on comprend qu'après le drame, le couple de héros (qui, de surcroît, a fini par être licencié de l'usine) a déménagé dans le sud, du côté de Canton, où il s'est mis à son compte, dans une Chine qui s'ouvre à l'Occident et à l'économie de marché. On va les retrouver à la fin des années 1980, dans les années 1990 et (sans doute) au début des années 2000. Au fur et à mesure que les héros vieillissent, la Chine se transforme, surtout à l'est, dont l'apparence prend celle d'un pays développé. On sent que le metteur en scène a voulu insister sur la métamorphose de son pays (qu'il a vécue, puisqu'il est né en 1966).

   Par contre, l'aspect politique a été gardé sous le boisseau. Certes, il y a une critique implicite de la politique de l'enfant unique (facilitée par son abandon définitif en 2015), mais les héros passent presque quarante ans sans subir aucun des soubresauts de l'époque. J'ai été par exemple étonné que le réalisateur ne fasse pas la moindre allusion au printemps de Pékin. Concernant les personnages les plus âgés, quelques dialogues évoquent l'envoi à la campagne, pendant la Révolution culturelle. On comprend que cela n'a pas été une époque heureuse, mais Wang Xiaoshuai se garde d'en exprimer davantage. Vers la fin, il montre même ses personnages principaux, de retour dans leur région d'origine des années plus tard, saluer une statue de Mao Zedong...

cinéma,cinema,film,films

   La mise en scène semble avoir été au moins autant travaillée que le scénario. Que ce soit dans la Mongolie intérieure ou le Fujian (voisin du Guangdong, où est censée se dérouler la seconde vie des héros), on a droit à de superbes plans extérieurs. Les scènes d'intérieur sont elles aussi très maîtrisées, avec notamment un usage habile du panoramique. Le réalisateur joue parfois avec les spectateurs, comme lorsqu'il filme le couple, devenu âgé, en légère contreplongée, autour d'une tombe à moitié abandonnée... avant de retourner la caméra. La scène prend un tout autre sens. Il faut se méfier aussi des fausses transitions, comme lorsqu'on voit le père porter son épouse suicidaire jusqu'à l'hôpital. La suite démarre dans un autre hôpital, des années plus tard... et la malade dont il est question n'est pas la même personne.

   Tout cela pour dire qu'il s'agit d'un film extrêmement brillant, d'un cinéaste au sommet de son art. Il ne se donne pas au spectateur sans effort, sur une durée longue (3 heures). On n'est pas loin du chef-d'oeuvre.

15:47 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

So long, my son

   On pourrait traduire le titre de ce film par "Au revoir, mon fils". Cet au revoir peut être compris comme porteur d'espoir ("A bientôt") ou comme définitif ("Adieu"). Tout dépend du fils auquel il s'adresse. Dans l'histoire, le couple de héros (ouvriers dans la même usine du nord de la Chine, à l'origine) n'a d'abord qu'un seul enfant.

   Pour démêler les fils de l'intrigue, il convient d'être particulièrement attentif, parce que Wang Xiaoshuai (auquel on doit, entre autres, Beijing Bicycle et Red Amnesia) a construit son film sous la forme d'un puzzle, les séquences ne se suivant pas dans un ordre chronologique (sauf dans les trois derniers quarts d'heure, qui se déroulent de nos jours). Pour se repérer, je conseille d'être attentif aux personnages enfants ou adolescents.

   La première séquence n'est pas la plus ancienne chronologiquement, mais c'est celle autour de laquelle s'organisent les autres. On y suit deux gamins, qui rejoignent un groupe de copains autour d'un plan d'eau. Le drame qui survient à cet endroit va bouleverser la vie de tous les protagonistes. Les séquences qui nous sont proposées par la suite se placent soit avant le drame, soit (bien) après.

   Dans les séquences "anciennes", on découvre les deux couples au moment de la naissance des fils. On les voit à l'usine. On rencontre aussi leurs frères et soeurs, dans une génération qui n'avait pas encore subi la politique de l'enfant unique (décrétée à la toute fin des années 1970). Le réalisateur veut montrer l'impact que celle-ci a eu sur des vies ordinaires. A cet égard, le personnage principal est celui de la mère, formidablement interprétée par une actrice que je ne connaissais pas : Yong Mei. D'une manière ou d'une autre, cette femme a "perdu" successivement trois enfants. La comédienne, sans effet de manche, fait très bien sentir la douleur éprouvée par son personnage... et quelle belle scène de retrouvailles avec son ancienne collègue d'usine, des années plus tard, sur un lit d'hôpital !

   Au bout d'une heure et demie (environ), on comprend qu'après le drame, le couple de héros (qui, de surcroît, a fini par être licencié de l'usine) a déménagé dans le sud, du côté de Canton, où il s'est mis à son compte, dans une Chine qui s'ouvre à l'Occident et à l'économie de marché. On va les retrouver à la fin des années 1980, dans les années 1990 et (sans doute) au début des années 2000. Au fur et à mesure que les héros vieillissent, la Chine se transforme, surtout à l'est, dont l'apparence prend celle d'un pays développé. On sent que le metteur en scène a voulu insister sur la métamorphose de son pays (qu'il a vécue, puisqu'il est né en 1966).

   Par contre, l'aspect politique a été gardé sous le boisseau. Certes, il y a une critique implicite de la politique de l'enfant unique (facilitée par son abandon définitif en 2015), mais les héros passent presque quarante ans sans subir aucun des soubresauts de l'époque. J'ai été par exemple étonné que le réalisateur ne fasse pas la moindre allusion au printemps de Pékin. Concernant les personnages les plus âgés, quelques dialogues évoquent l'envoi à la campagne, pendant la Révolution culturelle. On comprend que cela n'a pas été une époque heureuse, mais Wang Xiaoshuai se garde d'en exprimer davantage. Vers la fin, il montre même ses personnages principaux, de retour dans leur région d'origine des années plus tard, saluer une statue de Mao Zedong...

cinéma,cinema,film,films

   La mise en scène semble avoir été au moins autant travaillée que le scénario. Que ce soit dans la Mongolie intérieure ou le Fujian (voisin du Guangdong, où est censée se dérouler la seconde vie des héros), on a droit à de superbes plans extérieurs. Les scènes d'intérieur sont elles aussi très maîtrisées, avec notamment un usage habile du panoramique. Le réalisateur joue parfois avec les spectateurs, comme lorsqu'il filme le couple, devenu âgé, en légère contreplongée, autour d'une tombe à moitié abandonnée... avant de retourner la caméra. La scène prend un tout autre sens. Il faut se méfier aussi des fausses transitions, comme lorsqu'on voit le père porter son épouse suicidaire jusqu'à l'hôpital. La suite démarre dans un autre hôpital, des années plus tard... et la malade dont il est question n'est pas la même personne.

   Tout cela pour dire qu'il s'agit d'un film extrêmement brillant, d'un cinéaste au sommet de son art. Il ne se donne pas au spectateur sans effort, sur une durée longue (3 heures). On n'est pas loin du chef-d'oeuvre.

15:47 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films