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vendredi, 22 février 2019

Nicky Larson et le parfum de Cupidon

   La bande à Lacheau s'est risquée à adapter ce célèbre manga, dont les (jeunes) téléspectateurs français avaient pu découvrir une version animée dans les années 1990. Autant le dire tout de suite à celles et ceux qui n'en ont jamais entendu parler : cette oeuvre était particulièrement infantile et, dans sa version japonaise non censurée, très portée sur le cul.

   De ce point de vue, on peut affirmer que Philippe Lacheau a réalisé un film fidèle à l'esprit du manga. Cela démarre même sur les chapeaux de roue avec une baston dans une clinique... hi-la-rante ! Je ne souhaite à personne de se trouver dans la position du patient endormi (au départ), coincé entre le héros et un inquiétant malabar qui ne lui veut pas du bien.

   Les références au style manga sont davantage visibles dans deux autres séquences : la bagarre dans la casse automobile (un petit chef-d'oeuvre) et la poursuite en voitures, pleine de surprises. Lacheau a su parfaitement utiliser les ralentis et les accélérés. Cela nous mène au point d'orgue, la bataille finale dans l'ancienne usine, de surcroît spectaculaire.

   C'est que faire une bonne comédie exige de réunir beaucoup d'ingrédients : un bon scénar, de bons dialogues, de bons acteurs et une mise en scène réglée au millimètre. Bon, il y a bien ça et là quelques petits "blancs", quelques gags qui portent moins que les autres mais, franchement, moi qui croyais avoir vu les meilleurs dans la bande-annonce, eh bien j'ai été très agréablement surpris.

   Je préviens tout de même les bonnes âmes : c'est un "film de mecs", pour NOUS les hétéros. Sans rentrer dans les détails, je me contenterai de dire que le directeur de casting a dû passer d'éprouvants moments à sélectionner la foule de bombasses qui traversent cette histoire.

   Le paradoxe est que l'une des plus belles, Elodie Fontan (actuellement aussi à l'affiche de Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?), est volontairement enlaidie pour passer pour un garçon manqué. On va évidemment découvrir qu'elle est super bien gaulée, au moins autant que la pléiade de conquêtes du son obsédé de partenaire, Nicky. Cerise sur le gâteau : au cours de ses aventures, ce coureur de jupons va se poser d'existentielles questions sur son orientation sexuelle...

   Pour les "vieux" spectateurs, il y a des allusions à de prestigieux anciens, en particulier Louis de Funès (directement et indirectement, par une référence à Fantômas contre Scotland Yard). Du point de vue de la modernité, on notera une utilisation intelligente des réseaux sociaux, durant la séquence dite du lit (un des très bons moments du film).

   J'aime aussi quand Lacheau ose. A au moins deux reprises, il utilise des enfants dans sa mécanique du rire... et le public (dans la salle où je me trouvais) adore. Je ne peux pas non plus décrire ce qu'il arrive à divers animaux, du hamster aux canards, ceux-ci constituant une sorte de fil rouge de l'intrigue, fil rouge qui se conclut de manière... canon !

   La fin nous réserve un joli retournement scénaristique... et un dernier gag à caractère sexuel, en forme de pied de nez au méchant de l'histoire.

   Il y aurait encore plein de choses à dire sur cette comédie efficace, mais je terminerai par un simple mot : MERCI.

21:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Nicky Larson et le parfum de Cupidon

   La bande à Lacheau s'est risquée à adapter ce célèbre manga, dont les (jeunes) téléspectateurs français avaient pu découvrir une version animée dans les années 1990. Autant le dire tout de suite à celles et ceux qui n'en ont jamais entendu parler : cette oeuvre était particulièrement infantile et, dans sa version japonaise non censurée, très portée sur le cul.

   De ce point de vue, on peut affirmer que Philippe Lacheau a réalisé un film fidèle à l'esprit du manga. Cela démarre même sur les chapeaux de roue avec une baston dans une clinique... hi-la-rante ! Je ne souhaite à personne de se trouver dans la position du patient endormi (au départ), coincé entre le héros et un inquiétant malabar qui ne lui veut pas du bien.

   Les références au style manga sont davantage visibles dans deux autres séquences : la bagarre dans la casse automobile (un petit chef-d'oeuvre) et la poursuite en voitures, pleine de surprises. Lacheau a su parfaitement utiliser les ralentis et les accélérés. Cela nous mène au point d'orgue, la bataille finale dans l'ancienne usine, de surcroît spectaculaire.

   C'est que faire une bonne comédie exige de réunir beaucoup d'ingrédients : un bon scénar, de bons dialogues, de bons acteurs et une mise en scène réglée au millimètre. Bon, il y a bien ça et là quelques petits "blancs", quelques gags qui portent moins que les autres mais, franchement, moi qui croyais avoir vu les meilleurs dans la bande-annonce, eh bien j'ai été très agréablement surpris.

   Je préviens tout de même les bonnes âmes : c'est un "film de mecs", pour NOUS les hétéros. Sans rentrer dans les détails, je me contenterai de dire que le directeur de casting a dû passer d'éprouvants moments à sélectionner la foule de bombasses qui traversent cette histoire.

   Le paradoxe est que l'une des plus belles, Elodie Fontan (actuellement aussi à l'affiche de Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?), est volontairement enlaidie pour passer pour un garçon manqué. On va évidemment découvrir qu'elle est super bien gaulée, au moins autant que la pléiade de conquêtes du son obsédé de partenaire, Nicky. Cerise sur le gâteau : au cours de ses aventures, ce coureur de jupons va se poser d'existentielles questions sur son orientation sexuelle...

   Pour les "vieux" spectateurs, il y a des allusions à de prestigieux anciens, en particulier Louis de Funès (directement et indirectement, par une référence à Fantômas contre Scotland Yard). Du point de vue de la modernité, on notera une utilisation intelligente des réseaux sociaux, durant la séquence dite du lit (un des très bons moments du film).

   J'aime aussi quand Lacheau ose. A au moins deux reprises, il utilise des enfants dans sa mécanique du rire... et le public (dans la salle où je me trouvais) adore. Je ne peux pas non plus décrire ce qu'il arrive à divers animaux, du hamster aux canards, ceux-ci constituant une sorte de fil rouge de l'intrigue, fil rouge qui se conclut de manière... canon !

   La fin nous réserve un joli retournement scénaristique... et un dernier gag à caractère sexuel, en forme de pied de nez au méchant de l'histoire.

   Il y aurait encore plein de choses à dire sur cette comédie efficace, mais je terminerai par un simple mot : MERCI.

21:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Une intime conviction

   Ce "film de procès" est consacré à l'affaire de la disparition de Suzanne Viguier (toujours non élucidée à ce jour), plus particulièrement à la préparation et au déroulement du second procès d'assises, qui s'est tenu à Albi (le premier s'étant déroulé à Toulouse).

   Attention toutefois : le scénario, qui prend quelques libertés avec la réalité, ne propose pas une vue strictement objective de l'affaire. Le réalisateur s'est placé dans le camp de l'accusé (reconnu innocent) Jacques Viguier, incarné par un Laurent Lucas étonnamment mutique.

cinéma,cinema,film,films,société,france

   Les deux personnages principaux sont le nouvel avocat de la défense, incarné par un Olivier Gourmet au sommet de sa forme, et sa petite main discrète et obstinée, interprétée par Marina Foïs, qu'on croirait investie d'une mission. Du côté des seconds rôles, je signale les performances de Philippe Uchan (vu notamment dans Au-revoir là-haut, il joue ici l'amant de la disparue), d'India Hair (la baby-sitter, remarquée dans Crash Test Aglaé) et d'Armande Boulanger, très juste dans le rôle de la fille de l'accusé.

   C'est très bien joué, rythmé, prenant, voire haletant. J'ai particulièrement aimé la mise en scène du travail de fourmi réalisé par Nora/Marina, qui est sur le point de foutre sa vie en l'air pour voir triompher ce qu'elle pense être la justice. Par contre, dans une scène, on en fait un peu trop : extraits d'écoutes à diffuser au procès + câble d'alimentation du portable oublié dans la voiture + coup de fil urgent du fils + véhicule qui déboule dans la rue = surcharge inutile.

    A l'audience, pour moi, le meilleur moment est celui de l'interrogatoire de la baby-sitter, qui change grandement la manière de voir les jours qui ont suivi la disparition de Suzanne Viguier. Le film nous laisse toutefois sur notre faim... et pour cause : on ne sait toujours pas si l'épouse du juriste est encore en vie ni où elle se trouve. Ceci dit, vu ce qui ressort de l'affaire, il y a peu de chances qu'elle ne soit pas morte. La question reste en suspens : qui l'a tuée ?

Une intime conviction

   Ce "film de procès" est consacré à l'affaire de la disparition de Suzanne Viguier (toujours non élucidée à ce jour), plus particulièrement à la préparation et au déroulement du second procès d'assises, qui s'est tenu à Albi (le premier s'étant déroulé à Toulouse).

   Attention toutefois : le scénario, qui prend quelques libertés avec la réalité, ne propose pas une vue strictement objective de l'affaire. Le réalisateur s'est placé dans le camp de l'accusé (reconnu innocent) Jacques Viguier, incarné par un Laurent Lucas étonnamment mutique.

cinéma,cinema,film,films,société,france

   Les deux personnages principaux sont le nouvel avocat de la défense, incarné par un Olivier Gourmet au sommet de sa forme, et sa petite main discrète et obstinée, interprétée par Marina Foïs, qu'on croirait investie d'une mission. Du côté des seconds rôles, je signale les performances de Philippe Uchan (vu notamment dans Au-revoir là-haut, il joue ici l'amant de la disparue), d'India Hair (la baby-sitter, remarquée dans Crash Test Aglaé) et d'Armande Boulanger, très juste dans le rôle de la fille de l'accusé.

   C'est très bien joué, rythmé, prenant, voire haletant. J'ai particulièrement aimé la mise en scène du travail de fourmi réalisé par Nora/Marina, qui est sur le point de foutre sa vie en l'air pour voir triompher ce qu'elle pense être la justice. Par contre, dans une scène, on en fait un peu trop : extraits d'écoutes à diffuser au procès + câble d'alimentation du portable oublié dans la voiture + coup de fil urgent du fils + véhicule qui déboule dans la rue = surcharge inutile.

    A l'audience, pour moi, le meilleur moment est celui de l'interrogatoire de la baby-sitter, qui change grandement la manière de voir les jours qui ont suivi la disparition de Suzanne Viguier. Le film nous laisse toutefois sur notre faim... et pour cause : on ne sait toujours pas si l'épouse du juriste est encore en vie ni où elle se trouve. Ceci dit, vu ce qui ressort de l'affaire, il y a peu de chances qu'elle ne soit pas morte. La question reste en suspens : qui l'a tuée ?

jeudi, 21 février 2019

La Grande Aventure Lego 2

   Cela fait déjà cinq ans que le premier volet est sorti... Comme le temps passe !... pour nos petits personnages aussi. Le début de l'histoire s'inspire de films-catastrophe et de la science-fiction (notamment Jurassic Park et La Planète des singes, première mouture). Emmet est l'un des derniers habitants optimistes du monde de briques, qui a subi de gigantesques dégradations... et voilà que débarquent de redoutables entités, qui enlèvent ses amis !

   Les auteurs ont conservé le principe qui a fait le succès du premier volet : une intrigue de base compréhensible par les petits, avec beaucoup de petits gags visuels, et une foultitude de clins d'oeil destinés aux parents qui accompagnent leur progéniture. S'ajoute à cela une part plus développée consacrée au monde des humains, qui a des répercussions sur le monde des jouets.

   Sur le fond, il est question du fait de grandir et des relations frère-soeur. Doit-on forcément s'endurcir (et donc devenir moins gentil) pour être considéré comme plus mûr ? Partager sa passion avec sa petite soeur ne risque-t-il pas d'affadir le jeu ? (L'entreprise Lego a bien entendu intérêt à ce que les petites briques passionnent aussi les demoiselles...)

   Clairement, l'histoire m'a moins intéressé que celle d'il y a cinq ans. Mais j'ai retrouvé l'esprit caustique et le sens du gag qui m'avaient plus naguère. (Je pense notamment que l'histoire du mariage de Batman restera dans les mémoires.) La meilleure nouveauté consiste en l'apparition de dinosaures particulièrement évolués. J'aurais donc tendance à recommander ce deuxième opus, où, cependant, on rit rarement aux éclats.

22:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Grande Aventure Lego 2

   Cela fait déjà cinq ans que le premier volet est sorti... Comme le temps passe !... pour nos petits personnages aussi. Le début de l'histoire s'inspire de films-catastrophe et de la science-fiction (notamment Jurassic Park et La Planète des singes, première mouture). Emmet est l'un des derniers habitants optimistes du monde de briques, qui a subi de gigantesques dégradations... et voilà que débarquent de redoutables entités, qui enlèvent ses amis !

   Les auteurs ont conservé le principe qui a fait le succès du premier volet : une intrigue de base compréhensible par les petits, avec beaucoup de petits gags visuels, et une foultitude de clins d'oeil destinés aux parents qui accompagnent leur progéniture. S'ajoute à cela une part plus développée consacrée au monde des humains, qui a des répercussions sur le monde des jouets.

   Sur le fond, il est question du fait de grandir et des relations frère-soeur. Doit-on forcément s'endurcir (et donc devenir moins gentil) pour être considéré comme plus mûr ? Partager sa passion avec sa petite soeur ne risque-t-il pas d'affadir le jeu ? (L'entreprise Lego a bien entendu intérêt à ce que les petites briques passionnent aussi les demoiselles...)

   Clairement, l'histoire m'a moins intéressé que celle d'il y a cinq ans. Mais j'ai retrouvé l'esprit caustique et le sens du gag qui m'avaient plus naguère. (Je pense notamment que l'histoire du mariage de Batman restera dans les mémoires.) La meilleure nouveauté consiste en l'apparition de dinosaures particulièrement évolués. J'aurais donc tendance à recommander ce deuxième opus, où, cependant, on rit rarement aux éclats.

22:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 20 février 2019

Un Coup de maître

   Il y a deux ans, Gastón Duprat s'est fait connaître des cinéphiles par une comédie satirique, Citoyen d'honneur. Il récidive aujourd'hui, quittant le milieu littéraire pour celui de la peinture contemporaine.

   La première partie nous présente le duo de héros, deux vieux amis liés par l'amour de la peinture. Arturo est un galeriste dynamique, toujours prêt à faire une bonne affaire. Renzo est l'ancien peintre à la mode, qui n'arrive plus à vendre une toile. C'est immédiatement drôle parce que Luis Brandoni (un inconnu pour moi) rend parfaitement crédible ce personnage d'artiste vieillissant mais plein de verve, un anarchiste sans le sou qui continue à courir la prétentaine et méprise son époque. Ses répliques sont souvent cinglantes. Je recommande la séquence qui le voit se charger (à sa manière) de la commande d'un riche industriel...

   La deuxième partie tourne autour de l'hospitalisation de Renzo, qui a perdu goût à la vie. On commence à se poser des questions sur l'amitié qui le lie à Arturo. Dans quelle mesure le peintre n'est-il pas un simple pique-assiette, qui abuse de la générosité de son mécène ? De son côté, dans quelle mesure Arturo est-il sincère, lui qui a fait fortune quand les toiles de Renzo se vendaient comme des petits pains ? Qu'en est-il de la jeune muse du peintre, qui semble mener une vie très libre ? Sa visite à l'hôpital est particulièrement savoureuse.

   La troisième partie voit se mettre en place une arnaque. Je ne vais évidemment pas dire laquelle. Elle permet de comprendre la nature véritable de la relation entre les deux héros. Elle est aussi un moyen pour le réalisateur de se moquer du marché de l'art contemporain... un aspect de l'intrigue qui a peut-être déplu à nos bonnes élites culturelles, qui ont parfois évité de recommander cette rafraîchissante comédie.

16:38 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Un Coup de maître

   Il y a deux ans, Gastón Duprat s'est fait connaître des cinéphiles par une comédie satirique, Citoyen d'honneur. Il récidive aujourd'hui, quittant le milieu littéraire pour celui de la peinture contemporaine.

   La première partie nous présente le duo de héros, deux vieux amis liés par l'amour de la peinture. Arturo est un galeriste dynamique, toujours prêt à faire une bonne affaire. Renzo est l'ancien peintre à la mode, qui n'arrive plus à vendre une toile. C'est immédiatement drôle parce que Luis Brandoni (un inconnu pour moi) rend parfaitement crédible ce personnage d'artiste vieillissant mais plein de verve, un anarchiste sans le sou qui continue à courir la prétentaine et méprise son époque. Ses répliques sont souvent cinglantes. Je recommande la séquence qui le voit se charger (à sa manière) de la commande d'un riche industriel...

   La deuxième partie tourne autour de l'hospitalisation de Renzo, qui a perdu goût à la vie. On commence à se poser des questions sur l'amitié qui le lie à Arturo. Dans quelle mesure le peintre n'est-il pas un simple pique-assiette, qui abuse de la générosité de son mécène ? De son côté, dans quelle mesure Arturo est-il sincère, lui qui a fait fortune quand les toiles de Renzo se vendaient comme des petits pains ? Qu'en est-il de la jeune muse du peintre, qui semble mener une vie très libre ? Sa visite à l'hôpital est particulièrement savoureuse.

   La troisième partie voit se mettre en place une arnaque. Je ne vais évidemment pas dire laquelle. Elle permet de comprendre la nature véritable de la relation entre les deux héros. Elle est aussi un moyen pour le réalisateur de se moquer du marché de l'art contemporain... un aspect de l'intrigue qui a peut-être déplu à nos bonnes élites culturelles, qui ont parfois évité de recommander cette rafraîchissante comédie.

16:38 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 18 février 2019

Vice

   Le titre du nouveau film d'Adam McKay (auquel on doit The Big Short) est à double sens : c'est la contraction de "vice-président", la fonction occupée par Richard Cheney sous George W. Bush, entre 2001 et 2009... et c'est un adjectif, qui peut être traduit par "vicieux" en français. C'est dire que ce biopic ne prend pas le chemin du regard distancié. C'est un mélange de documentaire et de fiction, à charge.

   L'histoire entremêle deux trames chronologiques. On découvre le jeune Cheney au début des années 1960, étudiant alcoolique. Dans le même temps, on nous présente le rôle décisif tenu par le vice-président, à partir des attentats islamistes du 11 septembre 2001. Les retours en arrière sont chargés de montrer comment un type très ordinaire va devenir l'homme le plus puissant du pays (selon l'auteur), tandis que la trame principale met en exergue son action contemporaine, éminemment néfaste.

   Ce n'est pas l'un des moindres paradoxes de cette histoire que les deux futurs acolytes (Bush Jr et Cheney) soient des alcooliques repentis, le premier parce qu'il a rencontré Dieu, le second parce qu'il a voulu garder son épouse. Celle-ci est incarnée par Amy Adams et c'est sans doute le personnage le plus romanesque de ce film, celui d'une femme intelligente, lucide, patriote et conservatrice, qui a mis sur orbite son balourd de mari, lequel a beaucoup appris au contact de chacals de la politique, finissant par tirer les ficelles, à Washington.

   Je n'ai par contre pas été très emballé par la prestation de Christian Bale. Pourtant, sur le plan physique, il finit par ressembler étrangement au vrai Cheney. Mais on sent trop la présence des prothèses et la grimace du visage est vraiment forcée. Si l'on cherche le meilleur comédien, on peut se tourner vers Steve Carell, qui interprète Donald Rumsfeld, une autre enflure républicaine, qui fut le mentor de Cheney, avant de découvrir que l'élève avait dépassé le maître.

   L'avidité et le cynisme de la faune républicaine (qui a fait ses premiers pas sous Richard Nixon) est très bien rendue par le film, tout comme la tentative de faire du président (et de son colistier) le chef d'un exécutif fort. Mais les diverses influences qui s'exerçaient sur les dirigeants de la droite ne sont qu'esquissées. Ainsi, même si l'on comprend que Cheney n'était pas un religieux (préférant rester proche de sa fille homosexuelle que gagner l'électorat ultra-conservateur), l'imprégnation chrétienne de George W. Bush est totalement absente du film ! Un comble quand on sait que le président faisait débuter nombre de réunions par... une prière. De la même manière, on ne comprend pas l'une des motivations de ceux qui ont voulu remodeler le Moyen-Orient : y implanter des démocraties pro-américaines stables. Les néo-conservateurs sont réduits à un groupe de complotistes hauts placés, certains très sensibles aux intérêts pétroliers. Là encore, on perçoit les lacunes du scénario, qui ne nous fait pas comprendre comment un étudiant médiocre a pu devenir PDG d'une firme comme Halliburton.

   Le film tente d'expliquer une grande part de la vie politique américaine par la vie privée des principaux acteurs (la vie familiale et les réseaux d'amitié). C'est ce que l'on pourrait appeler du "gauchisme pipole". L'auteur semble en être conscient, puisque, juste après le début du générique de fin, il a inséré une scène assez drôle, où plusieurs personnages commentent le film qui vient de s'achever.

   J'ai aussi été gêné par l'alternance de scènes de fiction et d'extraits de documents d'actualité, sans que la distinction soit bien établie entre les deux. J'ai par contre apprécié que l'histoire nous soit racontée du point de vue d'un jeune père de famille, ancien soldat de l'US Army envoyé au Moyen-Orient et qui va jouer un rôle déterminant dans la vie du vice-président... d'une manière que je me garderai bien de révéler.

   Cela vous donne une idée du caractère hétéroclite de ce film. C'est une assez bonne dénonciation d'une équipe politique qui a foutu le bordel au Moyen-Orient, mais cela manque de rigueur.

Vice

   Le titre du nouveau film d'Adam McKay (auquel on doit The Big Short) est à double sens : c'est la contraction de "vice-président", la fonction occupée par Richard Cheney sous George W. Bush, entre 2001 et 2009... et c'est un adjectif, qui peut être traduit par "vicieux" en français. C'est dire que ce biopic ne prend pas le chemin du regard distancié. C'est un mélange de documentaire et de fiction, à charge.

   L'histoire entremêle deux trames chronologiques. On découvre le jeune Cheney au début des années 1960, étudiant alcoolique. Dans le même temps, on nous présente le rôle décisif tenu par le vice-président, à partir des attentats islamistes du 11 septembre 2001. Les retours en arrière sont chargés de montrer comment un type très ordinaire va devenir l'homme le plus puissant du pays (selon l'auteur), tandis que la trame principale met en exergue son action contemporaine, éminemment néfaste.

   Ce n'est pas l'un des moindres paradoxes de cette histoire que les deux futurs acolytes (Bush Jr et Cheney) soient des alcooliques repentis, le premier parce qu'il a rencontré Dieu, le second parce qu'il a voulu garder son épouse. Celle-ci est incarnée par Amy Adams et c'est sans doute le personnage le plus romanesque de ce film, celui d'une femme intelligente, lucide, patriote et conservatrice, qui a mis sur orbite son balourd de mari, lequel a beaucoup appris au contact de chacals de la politique, finissant par tirer les ficelles, à Washington.

   Je n'ai par contre pas été très emballé par la prestation de Christian Bale. Pourtant, sur le plan physique, il finit par ressembler étrangement au vrai Cheney. Mais on sent trop la présence des prothèses et la grimace du visage est vraiment forcée. Si l'on cherche le meilleur comédien, on peut se tourner vers Steve Carell, qui interprète Donald Rumsfeld, une autre enflure républicaine, qui fut le mentor de Cheney, avant de découvrir que l'élève avait dépassé le maître.

   L'avidité et le cynisme de la faune républicaine (qui a fait ses premiers pas sous Richard Nixon) est très bien rendue par le film, tout comme la tentative de faire du président (et de son colistier) le chef d'un exécutif fort. Mais les diverses influences qui s'exerçaient sur les dirigeants de la droite ne sont qu'esquissées. Ainsi, même si l'on comprend que Cheney n'était pas un religieux (préférant rester proche de sa fille homosexuelle que gagner l'électorat ultra-conservateur), l'imprégnation chrétienne de George W. Bush est totalement absente du film ! Un comble quand on sait que le président faisait débuter nombre de réunions par... une prière. De la même manière, on ne comprend pas l'une des motivations de ceux qui ont voulu remodeler le Moyen-Orient : y implanter des démocraties pro-américaines stables. Les néo-conservateurs sont réduits à un groupe de complotistes hauts placés, certains très sensibles aux intérêts pétroliers. Là encore, on perçoit les lacunes du scénario, qui ne nous fait pas comprendre comment un étudiant médiocre a pu devenir PDG d'une firme comme Halliburton.

   Le film tente d'expliquer une grande part de la vie politique américaine par la vie privée des principaux acteurs (la vie familiale et les réseaux d'amitié). C'est ce que l'on pourrait appeler du "gauchisme pipole". L'auteur semble en être conscient, puisque, juste après le début du générique de fin, il a inséré une scène assez drôle, où plusieurs personnages commentent le film qui vient de s'achever.

   J'ai aussi été gêné par l'alternance de scènes de fiction et d'extraits de documents d'actualité, sans que la distinction soit bien établie entre les deux. J'ai par contre apprécié que l'histoire nous soit racontée du point de vue d'un jeune père de famille, ancien soldat de l'US Army envoyé au Moyen-Orient et qui va jouer un rôle déterminant dans la vie du vice-président... d'une manière que je me garderai bien de révéler.

   Cela vous donne une idée du caractère hétéroclite de ce film. C'est une assez bonne dénonciation d'une équipe politique qui a foutu le bordel au Moyen-Orient, mais cela manque de rigueur.

dimanche, 17 février 2019

Ralph 2.0

   Le titre est trompeur, puisque le véritable personnage principal de ce film d'animation n'est pas ce balourd de Ralph, mais sa meilleure amie, l'adorable petite puce prénommée Vanellope, gamine intrépide au grand coeur :

cinéma,cinema,film,films

   J'en profite pour conseiller de choisir plutôt la version française du film, dans laquelle ce personnage est particulièrement bien doublé, par Dorothée Pousséo, dont la voix paraîtra sans doute familière à bien des spectateurs.

   L'histoire s'adresse à la fois aux enfants et aux parents. Les deux héros font des bêtises, certaines plus grosses que d'autres. Ils vont tenter de se racheter, quitte à mettre leur amitié en péril. Les voilà embarqués pour le monde d'internet... et de Disney, dont les produits sont ostensiblement mis en valeur par le film.

   On se consolera avec les clins d'oeil et les (rares) traits d'autodérision. Certaines séquences méritent quand même le détour, comme la course-poursuite après le vol de voiture ou encore la rencontre (très attendue depuis la sortie de la bande-annonce) entre Vanellope et toutes les princesses de l'univers Disney. C'est effectivement réussi, d'autant que la gamine va convaincre lesdites princesses de changer d'apparence ! On retrouve d'ailleurs avec plaisir cette brochette de miss un peu plus tard dans l'intrigue : elles vont donner un coup de main décisif aux héros.

   Entre temps, les deux amis vont découvrir le fonctionnement des différents services vedettes de la Toile (eux aussi outrageusement mis en valeur), pour leur plus grand plaisir... et parfois à leur détriment. Très réussie visuellement est la scène qui montre Ralph face à un mur d'écrans géants, où s'affichent les commentaires des usagers des réseaux sociaux. Il y a donc bien une petite morale derrière cette histoire, mais une morale toute gentillette, qui se garde d'émettre des critiques acerbes.

   On pourrait aussi s'amuser à relever les allusions cinématographiques, la plus évidente (en fin d'histoire) étant celle à King Kong. C'est du travail bien fait, parfois impressionnant sur le plan visuel. Je me suis toutefois ennuyé à plusieurs reprises : c'est d'un intérêt très inégal... et je regrette le manque de recul des auteurs vis-à-vis de l'omniprésence des écrans dans le monde contemporain.

   PS

   Aux parents je déconseille d'emmener de très jeunes enfants, qui, dans la salle où je me trouvais, ont perdu le fil de l'histoire (peut-être perturbés par l'avalanche de mots inconnus et de situations compliquées pour eux).

00:12 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Ralph 2.0

   Le titre est trompeur, puisque le véritable personnage principal de ce film d'animation n'est pas ce balourd de Ralph, mais sa meilleure amie, l'adorable petite puce prénommée Vanellope, gamine intrépide au grand coeur :

cinéma,cinema,film,films

   J'en profite pour conseiller de choisir plutôt la version française du film, dans laquelle ce personnage est particulièrement bien doublé, par Dorothée Pousséo, dont la voix paraîtra sans doute familière à bien des spectateurs.

   L'histoire s'adresse à la fois aux enfants et aux parents. Les deux héros font des bêtises, certaines plus grosses que d'autres. Ils vont tenter de se racheter, quitte à mettre leur amitié en péril. Les voilà embarqués pour le monde d'internet... et de Disney, dont les produits sont ostensiblement mis en valeur par le film.

   On se consolera avec les clins d'oeil et les (rares) traits d'autodérision. Certaines séquences méritent quand même le détour, comme la course-poursuite après le vol de voiture ou encore la rencontre (très attendue depuis la sortie de la bande-annonce) entre Vanellope et toutes les princesses de l'univers Disney. C'est effectivement réussi, d'autant que la gamine va convaincre lesdites princesses de changer d'apparence ! On retrouve d'ailleurs avec plaisir cette brochette de miss un peu plus tard dans l'intrigue : elles vont donner un coup de main décisif aux héros.

   Entre temps, les deux amis vont découvrir le fonctionnement des différents services vedettes de la Toile (eux aussi outrageusement mis en valeur), pour leur plus grand plaisir... et parfois à leur détriment. Très réussie visuellement est la scène qui montre Ralph face à un mur d'écrans géants, où s'affichent les commentaires des usagers des réseaux sociaux. Il y a donc bien une petite morale derrière cette histoire, mais une morale toute gentillette, qui se garde d'émettre des critiques acerbes.

   On pourrait aussi s'amuser à relever les allusions cinématographiques, la plus évidente (en fin d'histoire) étant celle à King Kong. C'est du travail bien fait, parfois impressionnant sur le plan visuel. Je me suis toutefois ennuyé à plusieurs reprises : c'est d'un intérêt très inégal... et je regrette le manque de recul des auteurs vis-à-vis de l'omniprésence des écrans dans le monde contemporain.

   PS

   Aux parents je déconseille d'emmener de très jeunes enfants, qui, dans la salle où je me trouvais, ont perdu le fil de l'histoire (peut-être perturbés par l'avalanche de mots inconnus et de situations compliquées pour eux).

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vendredi, 15 février 2019

La Favorite

   Le film aurait dû s'intituler "Les Favorites", vu qu'il y est question (entre autres choses) de la rivalité de deux femmes pour décrocher/conserver la place de conseillère privilégiée de la reine Anne de Grande-Bretagne. Les deux intrigantes, la duchesse de Malborough (ancêtre de Winston Churchill !) et sa cousine Abigail, ont bien existé, tout comme la souveraine, bien entendu.

   Tout tourne autour des trois femmes, campées par d'excellentes actrices (toutes trois nommées aux Oscar). La reine a les traits d'Olivia Colman, jadis abonnée aux seconds rôles, et que le grand public a réellement découverte grâce à la série Broadchurch. Ici, elle incarne une vieille enfant gâtée, goinfre, malpropre et cyclothymique, que la mort successive de tous ses enfants a sans doute rendue à moitié dingue :

cinéma,cinema,film,films

   La favorite en titre est Lady Sarah, une brune intelligente, opiniâtre, un brin cassante... et diablement excitante : elle a les traits, le corps et la diction de la délicieuse Rachel Weisz. (C'est évidemment à savourer en version originale sous-titrée.) Alors qu'elle n'est que le troisième choix de la production, elle étincelle dans le rôle, qu'on croirait écrit pour elle :

cinéma,cinema,film,films

   Sa rivale est sa propre cousine Abigail, dont la famille est ruinée... et qui a subi quelques avanies dans sa jeune existence. La ridicule oie blanche va petit à petit se muer en redoutable rapace de la cour. Elle est brillamment interprétée par Emma Stone, qui confirme tout le bien qu'on pensait déjà d'elle :

cinéma,cinema,film,films

   Chaque personnage (et donc chaque actrice) a ses moments de bravoure. La reine surprend par ses brusques changements d'humeur, Olivia Colman réussissant à nous faire saisir les tourments qui la hantent. Lady Sarah est sublime d'intensité, discrète et efficace dans les coulisses du Parlement, arrogante dans les salons, dangereuse une arme à la main. Quant à Abigail, elle se révèle particulièrement douée pour la sournoiserie. Elle joue de sa faiblesse présumée pour manipuler femmes et hommes. J'ai particulièrement aimé les scènes de couple (en formation) avec Samuel Masham (Joe Alwyn). C'est que l'héroïne tient remarquablement bien le manche !

   Voilà qui m'amène à une autre grande réussite de cette oeuvre : le dépoussiérage du film de costumes. Oh, certes, on touche du doigt la magnificence, le clinquant de la décoration, la délicatesse des étoffes prestigieuses. Mais, fort heureusement, on ne nous cache pas les aspects triviaux de l'existence. Le langage est aussi parfois très cru, ce qui donne encore plus de couleur à cette histoire, tournée avec une lumière naturelle. De jour, cela ne se remarque guère. Mais, pour les scènes se déroulant le soir ou la nuit, l'éclairage aux chandelles donne des résultats de toute beauté. Par contre, je n'ai pas apprécié les effets déformants donnés à certains plans. Ils n'apportent rien à l'histoire, d'autant que la mise en scène est la plupart du temps brillante. On a la confirmation (pour ceux qui en doutaient) que Yorgos Lanthimos (auquel on doit The Lobster) est l'un des plus talentueux réalisateurs de sa génération.

   Je termine par une grosse réserve scénaristique.

   J'ai gardé pour la fin ce bémol à mon enthousiasme. Attention donc si vous n'avez pas encore vu le film. Dans les lignes qui suivent, je vais révéler des éléments clés de l'intrigue.

   Si le fond de l'histoire tourne autour du pouvoir et de la place des femmes dans la haute société britannique du début du XVIIIe siècle, un autre versant important traite de l'amour homosexuel, celui qui lie la reine Anne à Lady Sarah et celui que la reine croit voir naître avec Abigail. Si, sur un plan dramatique, cet aspect donne plus de force à l'intrigue, sur le plan historique, je n'ai rien trouvé qui puisse accréditer cette rumeur. Concernant les relations entre Anne et ses favorites, les historiens parlent de forte amitié, jamais de sexe. Alors ? Pudibonderie ? Autocensure ?... ou invention des scénaristes ?

21:00 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Favorite

   Le film aurait dû s'intituler "Les Favorites", vu qu'il y est question (entre autres choses) de la rivalité de deux femmes pour décrocher/conserver la place de conseillère privilégiée de la reine Anne de Grande-Bretagne. Les deux intrigantes, la duchesse de Malborough (ancêtre de Winston Churchill !) et sa cousine Abigail, ont bien existé, tout comme la souveraine, bien entendu.

   Tout tourne autour des trois femmes, campées par d'excellentes actrices (toutes trois nommées aux Oscar). La reine a les traits d'Olivia Colman, jadis abonnée aux seconds rôles, et que le grand public a réellement découverte grâce à la série Broadchurch. Ici, elle incarne une vieille enfant gâtée, goinfre, malpropre et cyclothymique, que la mort successive de tous ses enfants a sans doute rendue à moitié dingue :

cinéma,cinema,film,films

   La favorite en titre est Lady Sarah, une brune intelligente, opiniâtre, un brin cassante... et diablement excitante : elle a les traits, le corps et la diction de la délicieuse Rachel Weisz. (C'est évidemment à savourer en version originale sous-titrée.) Alors qu'elle n'est que le troisième choix de la production, elle étincelle dans le rôle, qu'on croirait écrit pour elle :

cinéma,cinema,film,films

   Sa rivale est sa propre cousine Abigail, dont la famille est ruinée... et qui a subi quelques avanies dans sa jeune existence. La ridicule oie blanche va petit à petit se muer en redoutable rapace de la cour. Elle est brillamment interprétée par Emma Stone, qui confirme tout le bien qu'on pensait déjà d'elle :

cinéma,cinema,film,films

   Chaque personnage (et donc chaque actrice) a ses moments de bravoure. La reine surprend par ses brusques changements d'humeur, Olivia Colman réussissant à nous faire saisir les tourments qui la hantent. Lady Sarah est sublime d'intensité, discrète et efficace dans les coulisses du Parlement, arrogante dans les salons, dangereuse une arme à la main. Quant à Abigail, elle se révèle particulièrement douée pour la sournoiserie. Elle joue de sa faiblesse présumée pour manipuler femmes et hommes. J'ai particulièrement aimé les scènes de couple (en formation) avec Samuel Masham (Joe Alwyn). C'est que l'héroïne tient remarquablement bien le manche !

   Voilà qui m'amène à une autre grande réussite de cette oeuvre : le dépoussiérage du film de costumes. Oh, certes, on touche du doigt la magnificence, le clinquant de la décoration, la délicatesse des étoffes prestigieuses. Mais, fort heureusement, on ne nous cache pas les aspects triviaux de l'existence. Le langage est aussi parfois très cru, ce qui donne encore plus de couleur à cette histoire, tournée avec une lumière naturelle. De jour, cela ne se remarque guère. Mais, pour les scènes se déroulant le soir ou la nuit, l'éclairage aux chandelles donne des résultats de toute beauté. Par contre, je n'ai pas apprécié les effets déformants donnés à certains plans. Ils n'apportent rien à l'histoire, d'autant que la mise en scène est la plupart du temps brillante. On a la confirmation (pour ceux qui en doutaient) que Yorgos Lanthimos (auquel on doit The Lobster) est l'un des plus talentueux réalisateurs de sa génération.

   Je termine par une grosse réserve scénaristique.

   J'ai gardé pour la fin ce bémol à mon enthousiasme. Attention donc si vous n'avez pas encore vu le film. Dans les lignes qui suivent, je vais révéler des éléments clés de l'intrigue.

   Si le fond de l'histoire tourne autour du pouvoir et de la place des femmes dans la haute société britannique du début du XVIIIe siècle, un autre versant important traite de l'amour homosexuel, celui qui lie la reine Anne à Lady Sarah et celui que la reine croit voir naître avec Abigail. Si, sur un plan dramatique, cet aspect donne plus de force à l'intrigue, sur le plan historique, je n'ai rien trouvé qui puisse accréditer cette rumeur. Concernant les relations entre Anne et ses favorites, les historiens parlent de forte amitié, jamais de sexe. Alors ? Pudibonderie ? Autocensure ?... ou invention des scénaristes ?

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jeudi, 14 février 2019

Les Invisibles

   C'est peut-être le film qui, actuellement, bénéficie du meilleur bouche-à-oreille autour de moi (avec Green Book, chez les cinéphiles purs et durs). J'ai fini par me laisser tenter, d'autant que le réalisateur Louis-Julien Petit m'avait déjà agréablement surpris avec Discount, il y a quatre ans.

   On en retrouve d'ailleurs l'une des actrices principales, Corinne Masiero, assez sobre ici (contrairement à ce qu'elle a récemment montré dans Capitaine Marleau, où elle part trop en vrille). Elle est accompagnée par Noémie Lvovsky, Brigitte Sy (qu'on peut actuellement voir sur France 2, dans la -surprenante- série Zone blanche) et Fatsah Bouyahmed (rappelez-vous : La Vache !).

   Le rôle principal est tenu par Andrey Lamy, une habituée des comédies faciles (dernièrement CoeXister et Ma Reum). Ici, elle incarne une sorte de Mère Teresa laïque, dont la vie est vouée à l'aide aux plus démunis, plus particulièrement les femmes sans domicile fixe. Elle nous livre une composition pleine de force et d'émotion.

Invisibles 2.jpg

   Autour des comédiennes professionnelles gravitent des débutantes, recrutées pour leur expérience de la vie dans la rue. Majoritairement âgées, souvent un peu grosses, rarement jolies, parfois "sans-dents", ces femmes sans éclat apparent donnent une couleur formidable au film, par leur présence physique et leur naturel face à la caméra. Se détache évidemment Chantal, une adorable mamie, véritable as de mécanique... et qui a fait de la prison pour avoir descendu le mari qui la battait.

Invisibles 1.jpg

   C'est peut-être la seule faiblesse du film, qui évite (la plupart du temps) de tomber dans le "politiquement correct" : les femmes de la rue sur lesquelles un coup de projecteur est donné ont toutes un talent caché. Une parle italien, une autre était comptable, une autre psychologue... Malheureusement, la réinsertion de ce genre de public ne repose pas toujours sur des bases aussi solides. On trouve aussi dans la rue des personnes qui n'ont jamais reçu la moindre formation et qui sont encore plus difficiles à gérer que les cas extrêmes montrés dans le film. Mais ce choix favorise l'identification par les spectateurs, à l'image de ce qui s'était passé jadis avec Une Epoque formidable.

   J'ai apprécié qu'on ne nous présente pas les personnages comme des anges. Les SDF ont en général un caractère bien trempé et les travailleuses sociales ont leurs propres problèmes. L'aide à autrui peut être vue comme un moyen de donner un sens à une vie décevante. Cela risque aussi (comme avec l'héroïne) de les couper de toute vie sociale "normale", tant elles sont investies dans leur travail.

   Pendant 1h40, on sourit, on rit, on est ému, inquiet, dans l'attente d'une fin qui ne sera ni sirupeuse ni dramatique, mais porteuse d'espoir. C'est vraiment un film à voir.

Les Invisibles

   C'est peut-être le film qui, actuellement, bénéficie du meilleur bouche-à-oreille autour de moi (avec Green Book, chez les cinéphiles purs et durs). J'ai fini par me laisser tenter, d'autant que le réalisateur Louis-Julien Petit m'avait déjà agréablement surpris avec Discount, il y a quatre ans.

   On en retrouve d'ailleurs l'une des actrices principales, Corinne Masiero, assez sobre ici (contrairement à ce qu'elle a récemment montré dans Capitaine Marleau, où elle part trop en vrille). Elle est accompagnée par Noémie Lvovsky, Brigitte Sy (qu'on peut actuellement voir sur France 2, dans la -surprenante- série Zone blanche) et Fatsah Bouyahmed (rappelez-vous : La Vache !).

   Le rôle principal est tenu par Andrey Lamy, une habituée des comédies faciles (dernièrement CoeXister et Ma Reum). Ici, elle incarne une sorte de Mère Teresa laïque, dont la vie est vouée à l'aide aux plus démunis, plus particulièrement les femmes sans domicile fixe. Elle nous livre une composition pleine de force et d'émotion.

Invisibles 2.jpg

   Autour des comédiennes professionnelles gravitent des débutantes, recrutées pour leur expérience de la vie dans la rue. Majoritairement âgées, souvent un peu grosses, rarement jolies, parfois "sans-dents", ces femmes sans éclat apparent donnent une couleur formidable au film, par leur présence physique et leur naturel face à la caméra. Se détache évidemment Chantal, une adorable mamie, véritable as de mécanique... et qui a fait de la prison pour avoir descendu le mari qui la battait.

Invisibles 1.jpg

   C'est peut-être la seule faiblesse du film, qui évite (la plupart du temps) de tomber dans le "politiquement correct" : les femmes de la rue sur lesquelles un coup de projecteur est donné ont toutes un talent caché. Une parle italien, une autre était comptable, une autre psychologue... Malheureusement, la réinsertion de ce genre de public ne repose pas toujours sur des bases aussi solides. On trouve aussi dans la rue des personnes qui n'ont jamais reçu la moindre formation et qui sont encore plus difficiles à gérer que les cas extrêmes montrés dans le film. Mais ce choix favorise l'identification par les spectateurs, à l'image de ce qui s'était passé jadis avec Une Epoque formidable.

   J'ai apprécié qu'on ne nous présente pas les personnages comme des anges. Les SDF ont en général un caractère bien trempé et les travailleuses sociales ont leurs propres problèmes. L'aide à autrui peut être vue comme un moyen de donner un sens à une vie décevante. Cela risque aussi (comme avec l'héroïne) de les couper de toute vie sociale "normale", tant elles sont investies dans leur travail.

   Pendant 1h40, on sourit, on rit, on est ému, inquiet, dans l'attente d'une fin qui ne sera ni sirupeuse ni dramatique, mais porteuse d'espoir. C'est vraiment un film à voir.

mercredi, 13 février 2019

Alita : Battle Angel

   Alléché par les bonnes fées (J. Cameron et R. Rodriguez) qui se sont penchées sur ce film, j'ai tenté ma chance, à l'occasion d'une séance en version originale sous-titrée. (A Rodez, on n'en bénéficie pas qu'en art-et-essai. Récemment, de grosses productions comme Glass et Creed II nous ont été proposées aussi bien en version doublée qu'en VO.)

   L'héroïne, inspirée d'un manga, est fidèle aux nouveaux canons du film d'action non machiste, de Ghost in the shell à Divergente. Elle est mince et sportive, tenace voire impitoyable, tout en étant capable d'éprouver de profonds sentiments.

cinéma,cinema,film,films

   Dans le rôle-titre Rosa Salazar (dont on a semble-t-il considérablement rajeuni les traits) s'en sort très bien. Elle est crédible dans les scènes d'action et fait bien ressentir ce qu'éprouve son personnage. (A titre d'anecdote, je précise qu'elle a un petit rôle dans Divergente 2.) On s'habitue très vite à ses grands yeux, qui contribuent à rendre son visage plus expressif. Le procédé rappelle les tableaux de Margaret Keane, à laquelle Tim Burton a naguère consacré le film Big Eyes (dans lequel jouait déjà un certain Christopher Waltz).

   La relation (de type père-fille) qui se tisse entre Alita et le docteur Dyson (Christopher Waltz, plutôt bon) est assez touchante, bien que pas assez approfondie à mon goût. C'est d'ailleurs le principal défaut de ce film, très réussi sur le plan formel : il survole beaucoup de choses, en réutilisant de surcroît quelques vieilles recettes.

   Ainsi, on du mal à croire à la relation amoureuse qui naît au premier regard entre la cyborg ressuscitée et le séduisant trafiquant, genre aventurier rebelle pour filles de bourges en goguette. J'ai quand même apprécié l'évolution de ce personnage masculin, qui devient plus altruiste... mais on est loin du Han Solo de Star Wars.

   L'héroïne va devoir affronter une impressionnante galerie de méchants, plus ou moins redoutables. N'hésitons pas à le dire (et à l'écrire) : les scènes de combat, qu'elles se déroulent dans les rues, sous terre ou dans un stade, sont brillantes. Si l'on ajoute à cela un habillage visuel scintillant, on peut considérer ce truc comme un divertissement convenable, un peu prévisible certes, mais pas sans charme.

   PS

   Une suite est prévue.

23:06 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Alita : Battle Angel

   Alléché par les bonnes fées (J. Cameron et R. Rodriguez) qui se sont penchées sur ce film, j'ai tenté ma chance, à l'occasion d'une séance en version originale sous-titrée. (A Rodez, on n'en bénéficie pas qu'en art-et-essai. Récemment, de grosses productions comme Glass et Creed II nous ont été proposées aussi bien en version doublée qu'en VO.)

   L'héroïne, inspirée d'un manga, est fidèle aux nouveaux canons du film d'action non machiste, de Ghost in the shell à Divergente. Elle est mince et sportive, tenace voire impitoyable, tout en étant capable d'éprouver de profonds sentiments.

cinéma,cinema,film,films

   Dans le rôle-titre Rosa Salazar (dont on a semble-t-il considérablement rajeuni les traits) s'en sort très bien. Elle est crédible dans les scènes d'action et fait bien ressentir ce qu'éprouve son personnage. (A titre d'anecdote, je précise qu'elle a un petit rôle dans Divergente 2.) On s'habitue très vite à ses grands yeux, qui contribuent à rendre son visage plus expressif. Le procédé rappelle les tableaux de Margaret Keane, à laquelle Tim Burton a naguère consacré le film Big Eyes (dans lequel jouait déjà un certain Christopher Waltz).

   La relation (de type père-fille) qui se tisse entre Alita et le docteur Dyson (Christopher Waltz, plutôt bon) est assez touchante, bien que pas assez approfondie à mon goût. C'est d'ailleurs le principal défaut de ce film, très réussi sur le plan formel : il survole beaucoup de choses, en réutilisant de surcroît quelques vieilles recettes.

   Ainsi, on du mal à croire à la relation amoureuse qui naît au premier regard entre la cyborg ressuscitée et le séduisant trafiquant, genre aventurier rebelle pour filles de bourges en goguette. J'ai quand même apprécié l'évolution de ce personnage masculin, qui devient plus altruiste... mais on est loin du Han Solo de Star Wars.

   L'héroïne va devoir affronter une impressionnante galerie de méchants, plus ou moins redoutables. N'hésitons pas à le dire (et à l'écrire) : les scènes de combat, qu'elles se déroulent dans les rues, sous terre ou dans un stade, sont brillantes. Si l'on ajoute à cela un habillage visuel scintillant, on peut considérer ce truc comme un divertissement convenable, un peu prévisible certes, mais pas sans charme.

   PS

   Une suite est prévue.

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dimanche, 10 février 2019

Green Book

   Ce "livre vert" est un guide de voyage créé aux Etats-Unis pendant la période de ségrégation et destiné aux Afro-américains désireux d'éviter les désagréments d'hôteliers et restaurateurs indélicats racistes. (Aux curieux, je signale que la version de 1949 est disponible en ligne.) Il n'a donc rien à voir avec le livre vert de feu Mouammar Kadhafi, le risque de confusion (aux yeux du public francophone cultivé) expliquant sans doute que le film soit sorti avec son titre original.

   Cette histoire "inspirée de faits réels" met en scène plusieurs communautés. On découvre d'abord le milieu italo-américain, dans lequel évolue Tony Lip, un homme de main des mafieux new-yorkais, qui a certes le coup de poing facile, mais qu'on nous présente comme un brave type. Dans le rôle, Viggo Mortensen est stupéfiant de vérité.

   Il va se retrouver face à Don Shirley, un pianiste noir virtuose, élitiste et guindé, formidablement incarné par Mahershala Ali (vu récemment dans Free State of Jones et Les Figures de l'ombre). Entre les deux héros, c'est un peu le choc des cultures, le paradoxe étant que c'est l'homme noir qui est raffiné, le Blanc étant un rustaud... mais un rustaud qui connaît le culture populaire black. La première partie met plutôt en scène les différences (non "raciales") entre les deux personnages, notamment pendant les trajets en voiture. L'une des scènes marquantes est celle qui fait intervenir du poulet frit... Tony/Viggo s'y révèle insupportablement goinfre.

   On attend bien sûr le moment où, ayant quitté les Etats (officiellement) non ségrégationnistes, les héros vont débarquer dans le "Deep South", où il est inconcevable qu'un "nègre" commande un Blanc. Fini les hôtels chics pour le pianiste, qui va davantage côtoyer les Afro-américains moyens, en général pauvres. Le contraste avec les salles de spectacle et les grandes demeures où il se produit est saisissant. Là, tout n'est que luxe, calme et volupté... blanches.

   A partir de là, c'est un peu balisé : le pianiste noir subit les marques de racisme, son chauffeur blanc, pas très "Black Friendly" de prime abord, s'attache à lui et lui sauve la mise à plusieurs reprises. De son côté, Shirley se décoince un peu... et file un coup de main à son employé quand il peine à écrire à son épouse. On se dirige vers une fin assez prévisible, mais belle quand même, l'apogée se situant (pour moi) dans le petit bar noir, lors d'une séquence de toute beauté.

   Au niveau de la réalisation, c'est très classique. N'attendez pas de recherche particulière au niveau de la mise en scène. Mais c'est du travail soigné, avec de beaux décors et des éclairages superbes. Les dialogues (que j'ai pu savourer en V.O. à Rodez) sont très bien écrits avec, cerise sur le gâteau, beaucoup de traits d'humour (où l'on retrouve la patte de Peter Farrely).

Green Book

   Ce "livre vert" est un guide de voyage créé aux Etats-Unis pendant la période de ségrégation et destiné aux Afro-américains désireux d'éviter les désagréments d'hôteliers et restaurateurs indélicats racistes. (Aux curieux, je signale que la version de 1949 est disponible en ligne.) Il n'a donc rien à voir avec le livre vert de feu Mouammar Kadhafi, le risque de confusion (aux yeux du public francophone cultivé) expliquant sans doute que le film soit sorti avec son titre original.

   Cette histoire "inspirée de faits réels" met en scène plusieurs communautés. On découvre d'abord le milieu italo-américain, dans lequel évolue Tony Lip, un homme de main des mafieux new-yorkais, qui a certes le coup de poing facile, mais qu'on nous présente comme un brave type. Dans le rôle, Viggo Mortensen est stupéfiant de vérité.

   Il va se retrouver face à Don Shirley, un pianiste noir virtuose, élitiste et guindé, formidablement incarné par Mahershala Ali (vu récemment dans Free State of Jones et Les Figures de l'ombre). Entre les deux héros, c'est un peu le choc des cultures, le paradoxe étant que c'est l'homme noir qui est raffiné, le Blanc étant un rustaud... mais un rustaud qui connaît le culture populaire black. La première partie met plutôt en scène les différences (non "raciales") entre les deux personnages, notamment pendant les trajets en voiture. L'une des scènes marquantes est celle qui fait intervenir du poulet frit... Tony/Viggo s'y révèle insupportablement goinfre.

   On attend bien sûr le moment où, ayant quitté les Etats (officiellement) non ségrégationnistes, les héros vont débarquer dans le "Deep South", où il est inconcevable qu'un "nègre" commande un Blanc. Fini les hôtels chics pour le pianiste, qui va davantage côtoyer les Afro-américains moyens, en général pauvres. Le contraste avec les salles de spectacle et les grandes demeures où il se produit est saisissant. Là, tout n'est que luxe, calme et volupté... blanches.

   A partir de là, c'est un peu balisé : le pianiste noir subit les marques de racisme, son chauffeur blanc, pas très "Black Friendly" de prime abord, s'attache à lui et lui sauve la mise à plusieurs reprises. De son côté, Shirley se décoince un peu... et file un coup de main à son employé quand il peine à écrire à son épouse. On se dirige vers une fin assez prévisible, mais belle quand même, l'apogée se situant (pour moi) dans le petit bar noir, lors d'une séquence de toute beauté.

   Au niveau de la réalisation, c'est très classique. N'attendez pas de recherche particulière au niveau de la mise en scène. Mais c'est du travail soigné, avec de beaux décors et des éclairages superbes. Les dialogues (que j'ai pu savourer en V.O. à Rodez) sont très bien écrits avec, cerise sur le gâteau, beaucoup de traits d'humour (où l'on retrouve la patte de Peter Farrely).

samedi, 09 février 2019

L'Intervention

   Ce film de guerre assez austère relate les circonstances dans lesquelles s'est illustrée une unité spéciale de la gendarmerie, ancêtre du GIGN. L'action se déroule en 1976, alors que la majorité de l'Afrique est décolonisée... mais pas le Territoire français des Afars et des Issas, stratégiquement placé à l'entrée du détroit de Bab el-Mandeb. On est en pleine Guerre froide. Le bloc communiste se porte bien et même progresse en Afrique.

   L'ambiance des seventies est bien restituée par la musique d'accompagnement et la pratique de l'écran partagé (au début). Certains apprécieront aussi les tenues vestimentaires et les coupes de cheveux...

   Les héros sont une bande de gendarmes atypiques, du genre doués mais francs-tireurs. On sent les références aux films américains. Cette unité spéciale est envoyée sur une base de la Légion, alors qu'un bus scolaire a été détourné par des indépendantistes djiboutiens. La prise d'otage est filmée de manière spectaculaire.

   C'est alors qu'intervient un autre personnage important, celui de l'institutrice des enfants. Elle est incarnée par Olga Kurylenko, qu'on a coiffée et habillée comme un clone de Sophie Marceau. La belle et courageuse enseignante rejoint les enfants, mais se place sous la menace des preneurs d'otages, qui ne sont toutefois pas tous présentés comme des brutes sanguinaires.

   La tension remonte dès que les commandos de gendarmerie se mettent en place, à l'insu des Djiboutiens. C'est très bien foutu, alors que quelques maladresses, au début, m'avaient fait craindre le pire. Les acteurs sont bons. On sent peser la chaleur et les odeurs moites (y compris celles de pets...). Ces hommes courageux et intelligents vont tenter de réaliser un exploit, alors que presque tout semble se liguer contre eux, y compris le général de la Légion et la conseillère Afrique de l'Elysée, personnages en lesquels on retrouve de vieilles connaissances : Vincent Perez et Josiane Balasko, pour mon plus grand plaisir.

   Même si elle est un brin hollywoodienne sur la fin, cette histoire se suit avec grand plaisir.

L'Intervention

   Ce film de guerre assez austère relate les circonstances dans lesquelles s'est illustrée une unité spéciale de la gendarmerie, ancêtre du GIGN. L'action se déroule en 1976, alors que la majorité de l'Afrique est décolonisée... mais pas le Territoire français des Afars et des Issas, stratégiquement placé à l'entrée du détroit de Bab el-Mandeb. On est en pleine Guerre froide. Le bloc communiste se porte bien et même progresse en Afrique.

   L'ambiance des seventies est bien restituée par la musique d'accompagnement et la pratique de l'écran partagé (au début). Certains apprécieront aussi les tenues vestimentaires et les coupes de cheveux...

   Les héros sont une bande de gendarmes atypiques, du genre doués mais francs-tireurs. On sent les références aux films américains. Cette unité spéciale est envoyée sur une base de la Légion, alors qu'un bus scolaire a été détourné par des indépendantistes djiboutiens. La prise d'otage est filmée de manière spectaculaire.

   C'est alors qu'intervient un autre personnage important, celui de l'institutrice des enfants. Elle est incarnée par Olga Kurylenko, qu'on a coiffée et habillée comme un clone de Sophie Marceau. La belle et courageuse enseignante rejoint les enfants, mais se place sous la menace des preneurs d'otages, qui ne sont toutefois pas tous présentés comme des brutes sanguinaires.

   La tension remonte dès que les commandos de gendarmerie se mettent en place, à l'insu des Djiboutiens. C'est très bien foutu, alors que quelques maladresses, au début, m'avaient fait craindre le pire. Les acteurs sont bons. On sent peser la chaleur et les odeurs moites (y compris celles de pets...). Ces hommes courageux et intelligents vont tenter de réaliser un exploit, alors que presque tout semble se liguer contre eux, y compris le général de la Légion et la conseillère Afrique de l'Elysée, personnages en lesquels on retrouve de vieilles connaissances : Vincent Perez et Josiane Balasko, pour mon plus grand plaisir.

   Même si elle est un brin hollywoodienne sur la fin, cette histoire se suit avec grand plaisir.

mercredi, 06 février 2019

Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?

   Presque cinq ans après la sortie du premier volet des aventures de la famille Verneuil (qui fut un énorme carton au box-office), nous retrouvons quasiment tous les personnages... avec quasiment les mêmes défauts. Le premier dîner familial est d'ailleurs une répétition de l'un des repas du film précédent, durant lequel Claude, le patriarche gaulliste (incarné avec gourmandise par Christian Clavier), débite ses plaisanteries "politiquement incorrectes", au désespoir de ses gendres et de ses filles (toutes remarquablement interprétées, soit dit en passant).

   C'est drôle, mais l'on courait le risque de se manger le même film. Fort heureusement, les scénaristes ont introduit des péripéties inédites. Les couples fille/gendre envisagent tous de partir s'installer à l'étranger (en Chine, en Israël, en Inde et en Algérie !), avec leur progéniture, privant papy et mamie Verneuil de leurs petits-enfants. Si les raisons qui les conduisent à ce choix radical ne sont pas très bien amenées, les conséquences sont par contre assez cocassement mises en scène.

   C'est le personnage de la grand-mère (Chantal Lauby, formidable) qui sort du lot. Elle tombe en dépression et se met à la marche nordique... de jour comme de nuit. On la découvre aussi accro à son smartphone et très branchée réseaux sociaux... avec plus ou moins de réussite.

   Mis devant le fait accompli, Marie et Claude mettent au point un plan machiavélique pour tenter de convaincre les gendres de revenir sur leur décision. Pour moi, c'est la meilleure partie du film. Dans le même temps, le couple de grands bourgeois va accueillir sur sa propriété un réfugié afghan, source de quelques quiproquos savoureux. De son côté, la belle-famille ivoirienne va subir un véritable traumatisme moral, dont je me garderai bien de révéler la teneur... (On retrouve avec bonheur Pascal Nzonzi.)

   Voilà. C'est hyper-balisé, fait pour séduire à la fois les spectateurs qui ont des préjugés et ceux qui les rejettent. On se dirige vers une fin consensuelle, qui prône le "vivre ensemble". Le film, qui se voulait plutôt grinçant à la base, se garde en réalité de franchir les lignes rouges, à commencer par le dénigrement des homosexuels, qui ne sont la cible d'aucune plaisanterie douteuse. Si cette comédie est incontestablement rythmée, elle est surtout très sage.

21:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ?

   Presque cinq ans après la sortie du premier volet des aventures de la famille Verneuil (qui fut un énorme carton au box-office), nous retrouvons quasiment tous les personnages... avec quasiment les mêmes défauts. Le premier dîner familial est d'ailleurs une répétition de l'un des repas du film précédent, durant lequel Claude, le patriarche gaulliste (incarné avec gourmandise par Christian Clavier), débite ses plaisanteries "politiquement incorrectes", au désespoir de ses gendres et de ses filles (toutes remarquablement interprétées, soit dit en passant).

   C'est drôle, mais l'on courait le risque de se manger le même film. Fort heureusement, les scénaristes ont introduit des péripéties inédites. Les couples fille/gendre envisagent tous de partir s'installer à l'étranger (en Chine, en Israël, en Inde et en Algérie !), avec leur progéniture, privant papy et mamie Verneuil de leurs petits-enfants. Si les raisons qui les conduisent à ce choix radical ne sont pas très bien amenées, les conséquences sont par contre assez cocassement mises en scène.

   C'est le personnage de la grand-mère (Chantal Lauby, formidable) qui sort du lot. Elle tombe en dépression et se met à la marche nordique... de jour comme de nuit. On la découvre aussi accro à son smartphone et très branchée réseaux sociaux... avec plus ou moins de réussite.

   Mis devant le fait accompli, Marie et Claude mettent au point un plan machiavélique pour tenter de convaincre les gendres de revenir sur leur décision. Pour moi, c'est la meilleure partie du film. Dans le même temps, le couple de grands bourgeois va accueillir sur sa propriété un réfugié afghan, source de quelques quiproquos savoureux. De son côté, la belle-famille ivoirienne va subir un véritable traumatisme moral, dont je me garderai bien de révéler la teneur... (On retrouve avec bonheur Pascal Nzonzi.)

   Voilà. C'est hyper-balisé, fait pour séduire à la fois les spectateurs qui ont des préjugés et ceux qui les rejettent. On se dirige vers une fin consensuelle, qui prône le "vivre ensemble". Le film, qui se voulait plutôt grinçant à la base, se garde en réalité de franchir les lignes rouges, à commencer par le dénigrement des homosexuels, qui ne sont la cible d'aucune plaisanterie douteuse. Si cette comédie est incontestablement rythmée, elle est surtout très sage.

21:44 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 03 février 2019

La Mule

   Un an après le très médiocre 15h17 pour Paris, Clint Eastwood revient, derrière et devant la caméra, pour mettre en scène une histoire vraie, celle d'un papy employé par un cartel de la drogue mexicain. Le scénario en décale toutefois l'histoire : le héros Earl (Clint, eastwoodien jusqu'au bout des ongles) est un vétéran de la guerre de Corée (et pas de la Seconde guerre mondiale) et l'action se déroule à cheval sur 2005 et 2017, pas dans les années 1980.

   C'est d'abord un portrait de l'Amérique modeste besogneuse... et blanche. L'ancien combattant Earl ne semble avoir bénéficié d'aucune aide et, devenu horticulteur, il subit la concurrence du commerce en ligne. Lui qui, à 88 ans, n'a jamais récolté la moindre amende au volant, va plonger dans l'illégalité, d'abord pour survivre, puis pour répandre un peu de bonheur autour de lui.

   Plusieurs détails disséminés ici et là indiquent le milieu (blanc conservateur et patriote) dans lequel a baigné Earl durant sa jeunesse et la première partie de sa vie active : les Noirs sont des Negroes, les homosexuelles des "gouines" (dykes)... et j'aurais peine à me souvenir de tous les termes péjoratifs employés à propos des Latinos. Néanmoins, ce petit Blanc élevé dans les préjugés interrompt sa route pour venir en aide à un couple de Noirs et, bien qu'interloqué par le groupe de bikeuses homos, il leur indique comment réparer leur bécane. Il finit même par nouer des liens d'amitié avec certaines des petites frappes du gang de trafiquants. C'est d'ailleurs l'une des qualités du film que de nuancer l'appréciation des personnages et des groupes. On n'est pas dans le manichéisme d'American Sniper, par exemple.

   Pratiquement tout le monde joue bien... avec quelques baisses de tension de la part de Clint. On nous dit qu'il est en bien meilleure forme que le personnage qu'il incarne, mais, à deux-trois reprises, il m'a semblé jouer un peu approximativement. J'ai vu le film en version originale sous-titrée (et dans une grande salle... ALLELUIA !) ; j'ai donc pu percevoir les inflexions de sa voix, pas toujours bien audible. Les face-à-face avec l'agent de la DEA (Bradley Cooper) sont par contre très réussis, tout comme les dernières scènes familiales. (Il me semble toutefois y avoir aperçu un faux raccord, dans un plan tourné dans la chambre où repose l'ex-femme d'Earl : quand il y entre, la première fois, un équipement semble fixé sur le corps de la malade... dont il n'y a aucune trace dans les plans suivants.)

   Au niveau technique, c'est globalement du bon boulot. Eastwood filme très bien l'intérieur, celui des garages, des bars et des restaurants. Les scènes de transport font respirer l'intrigue : elles montrent le fourgon d'Earl traversant des paysages parfois superbes et elles baignent dans une musique nostalgique et entraînante... qui séduit même le duo de nervis chargé d'accompagner le héros lorsque le chargement est particulièrement important.

   Comme souvent chez Clint, le sous-texte est fourni. On sent l'homme un peu perturbé par le monde tel qu'il est devenu, avec ses contemporains obnubilé par internet, plus attentifs à leur téléphone portable qu'à leurs proches. A travers Earl, il est possible que ce soit Eastwood qui s'exprime, notamment lorsqu'il est question de l'importance de la famille. (La fille d'Earl est interprétée par une certaine Alison Eastwood !) Mais je pense qu'il faut prendre un peu de recul vis-à-vis de cela. Le film nous montre quand même un vieil homme qui a peur de finir sa vie seul, d'où son attachement à ses relations sociales (le club d"horticulteurs jadis, le bar de vétérans depuis toujours). Et si cet ex-mari fait de belles déclarations à son épouse, il n'en batifole pas moins avec des prostituées quand ses poches se remplissent d'argent (et profite des "hôtesses" de la villa du chef du Cartel).

   Ce n'est pas aussi fort que Gran Torino, mais c'est un bon Eastwood, nourri de la pâte humaine qu'il sait si bien malaxer.

12:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Mule

   Un an après le très médiocre 15h17 pour Paris, Clint Eastwood revient, derrière et devant la caméra, pour mettre en scène une histoire vraie, celle d'un papy employé par un cartel de la drogue mexicain. Le scénario en décale toutefois l'histoire : le héros Earl (Clint, eastwoodien jusqu'au bout des ongles) est un vétéran de la guerre de Corée (et pas de la Seconde guerre mondiale) et l'action se déroule à cheval sur 2005 et 2017, pas dans les années 1980.

   C'est d'abord un portrait de l'Amérique modeste besogneuse... et blanche. L'ancien combattant Earl ne semble avoir bénéficié d'aucune aide et, devenu horticulteur, il subit la concurrence du commerce en ligne. Lui qui, à 88 ans, n'a jamais récolté la moindre amende au volant, va plonger dans l'illégalité, d'abord pour survivre, puis pour répandre un peu de bonheur autour de lui.

   Plusieurs détails disséminés ici et là indiquent le milieu (blanc conservateur et patriote) dans lequel a baigné Earl durant sa jeunesse et la première partie de sa vie active : les Noirs sont des Negroes, les homosexuelles des "gouines" (dykes)... et j'aurais peine à me souvenir de tous les termes péjoratifs employés à propos des Latinos. Néanmoins, ce petit Blanc élevé dans les préjugés interrompt sa route pour venir en aide à un couple de Noirs et, bien qu'interloqué par le groupe de bikeuses homos, il leur indique comment réparer leur bécane. Il finit même par nouer des liens d'amitié avec certaines des petites frappes du gang de trafiquants. C'est d'ailleurs l'une des qualités du film que de nuancer l'appréciation des personnages et des groupes. On n'est pas dans le manichéisme d'American Sniper, par exemple.

   Pratiquement tout le monde joue bien... avec quelques baisses de tension de la part de Clint. On nous dit qu'il est en bien meilleure forme que le personnage qu'il incarne, mais, à deux-trois reprises, il m'a semblé jouer un peu approximativement. J'ai vu le film en version originale sous-titrée (et dans une grande salle... ALLELUIA !) ; j'ai donc pu percevoir les inflexions de sa voix, pas toujours bien audible. Les face-à-face avec l'agent de la DEA (Bradley Cooper) sont par contre très réussis, tout comme les dernières scènes familiales. (Il me semble toutefois y avoir aperçu un faux raccord, dans un plan tourné dans la chambre où repose l'ex-femme d'Earl : quand il y entre, la première fois, un équipement semble fixé sur le corps de la malade... dont il n'y a aucune trace dans les plans suivants.)

   Au niveau technique, c'est globalement du bon boulot. Eastwood filme très bien l'intérieur, celui des garages, des bars et des restaurants. Les scènes de transport font respirer l'intrigue : elles montrent le fourgon d'Earl traversant des paysages parfois superbes et elles baignent dans une musique nostalgique et entraînante... qui séduit même le duo de nervis chargé d'accompagner le héros lorsque le chargement est particulièrement important.

   Comme souvent chez Clint, le sous-texte est fourni. On sent l'homme un peu perturbé par le monde tel qu'il est devenu, avec ses contemporains obnubilé par internet, plus attentifs à leur téléphone portable qu'à leurs proches. A travers Earl, il est possible que ce soit Eastwood qui s'exprime, notamment lorsqu'il est question de l'importance de la famille. (La fille d'Earl est interprétée par une certaine Alison Eastwood !) Mais je pense qu'il faut prendre un peu de recul vis-à-vis de cela. Le film nous montre quand même un vieil homme qui a peur de finir sa vie seul, d'où son attachement à ses relations sociales (le club d"horticulteurs jadis, le bar de vétérans depuis toujours). Et si cet ex-mari fait de belles déclarations à son épouse, il n'en batifole pas moins avec des prostituées quand ses poches se remplissent d'argent (et profite des "hôtesses" de la villa du chef du Cartel).

   Ce n'est pas aussi fort que Gran Torino, mais c'est un bon Eastwood, nourri de la pâte humaine qu'il sait si bien malaxer.

12:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 01 février 2019

Glass

   Pour des raisons au moins autant économiques qu'artistiques, près de vingt ans après Incassable (le thriller le plus neurasthénique jamais produit par Hollywood), M. Night Shyamalan a écrit une suite à ce film et au récent Split, reprenant le maximum de comédiens présents dans les précédentes histoires.

   Le début s'adresse plutôt aux spectateurs qui n'auraient pas vu celles-ci, ou qui en auraient en partie oublié le contenu. On prend plaisir à voir le Superviseur (Bruce Willis, très grisonnant) donner une bonne leçon à un duo de jeunes cons.

   On change d'ambiance quand le trio d'hommes exceptionnels (ou supposés tels) se retrouve enfermé dans un hôpital psychiatrique un peu particulier, où tout semble conçu pour pouvoir les contrôler... sauf que, dès le début, on comprend que les infirmiers ne sont ni très éthiques ni très rigoureux dans leur travail. Si vous ajoutez à cela des mesures de protection dont on devine qu'elles seront tôt ou tard déjouées par les trois patients très spéciaux, vous comprendrez que je n'ai pas été extrêmement emballé par le début, en dépit de la petite baston entre le Superviseur et la Bête.

   Fort heureusement, les acteurs font le job. Bruce Willis a encore une belle présence, même si le poids des ans se fait sentir. James McAvoy en fait trop dans la gestion de ses personnalités multiples... mais je pense que c'est ce qu'on attendait de lui. Pour moi, le plus impressionnant est Samuel L Jackson. Il faut dire qu'il est bien servi par le scénario, qui exploite à merveille ses aptitudes à la manipulation. Par contre, je trouve les principaux personnages féminins moins bien campés : celui de la psychologue et celui de Casey (déjà vue dans Split), pas plus convaincante que son partenaire dans leur numéro de "la Belle et la Bête".

   Dès que le projet d'évasion prend forme, on est saisi. J'ai particulièrement aimé le passage au cours duquel la psy tente de convaincre ses trois pensionnaires qu'ils se bourrent le mou et que leur supposés super-pouvoirs ne sont qu'un effet de leur imagination, tout pouvant s'expliquer rationnellement. On sent la malice de Shyamalan, qui déconstruit ce sur quoi les deux films précédents étaient bâtis.

   On s'attend évidemment à des surprises, à des retournements. La dernière demi-heure en est nourrie... un peu trop même. La meilleure idée consiste sans doute à faire tout partir de l'accident de train présenté dans Incassable (qu'il vaut mieux avoir revu avant). Le personnage masculin assis ci-dessous (pas très loin de David Dunn) figure dans les deux films (furtivement dans le premier). La découverte de son identité est l'une des clés de l'intrigue.

cinéma,cinema,film,films

   On se doute aussi que la psy cache son jeu, mais le coup du complot n'est pas très crédible. Shyamalan conclut sur une ultime pirouette, qui laisse ouverte la possibilité d'une suite...

   PS

   Comme dans Incassable, le réalisateur nous gratifie d'un caméo, dans la boutique gérée par David Dunn et son fils. Cette scène fait écho à une autre, se déroulant à l'entrée d'un stade, des années auparavant :

cinéma,cinema,film,films

23:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Glass

   Pour des raisons au moins autant économiques qu'artistiques, près de vingt ans après Incassable (le thriller le plus neurasthénique jamais produit par Hollywood), M. Night Shyamalan a écrit une suite à ce film et au récent Split, reprenant le maximum de comédiens présents dans les précédentes histoires.

   Le début s'adresse plutôt aux spectateurs qui n'auraient pas vu celles-ci, ou qui en auraient en partie oublié le contenu. On prend plaisir à voir le Superviseur (Bruce Willis, très grisonnant) donner une bonne leçon à un duo de jeunes cons.

   On change d'ambiance quand le trio d'hommes exceptionnels (ou supposés tels) se retrouve enfermé dans un hôpital psychiatrique un peu particulier, où tout semble conçu pour pouvoir les contrôler... sauf que, dès le début, on comprend que les infirmiers ne sont ni très éthiques ni très rigoureux dans leur travail. Si vous ajoutez à cela des mesures de protection dont on devine qu'elles seront tôt ou tard déjouées par les trois patients très spéciaux, vous comprendrez que je n'ai pas été extrêmement emballé par le début, en dépit de la petite baston entre le Superviseur et la Bête.

   Fort heureusement, les acteurs font le job. Bruce Willis a encore une belle présence, même si le poids des ans se fait sentir. James McAvoy en fait trop dans la gestion de ses personnalités multiples... mais je pense que c'est ce qu'on attendait de lui. Pour moi, le plus impressionnant est Samuel L Jackson. Il faut dire qu'il est bien servi par le scénario, qui exploite à merveille ses aptitudes à la manipulation. Par contre, je trouve les principaux personnages féminins moins bien campés : celui de la psychologue et celui de Casey (déjà vue dans Split), pas plus convaincante que son partenaire dans leur numéro de "la Belle et la Bête".

   Dès que le projet d'évasion prend forme, on est saisi. J'ai particulièrement aimé le passage au cours duquel la psy tente de convaincre ses trois pensionnaires qu'ils se bourrent le mou et que leur supposés super-pouvoirs ne sont qu'un effet de leur imagination, tout pouvant s'expliquer rationnellement. On sent la malice de Shyamalan, qui déconstruit ce sur quoi les deux films précédents étaient bâtis.

   On s'attend évidemment à des surprises, à des retournements. La dernière demi-heure en est nourrie... un peu trop même. La meilleure idée consiste sans doute à faire tout partir de l'accident de train présenté dans Incassable (qu'il vaut mieux avoir revu avant). Le personnage masculin assis ci-dessous (pas très loin de David Dunn) figure dans les deux films (furtivement dans le premier). La découverte de son identité est l'une des clés de l'intrigue.

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   On se doute aussi que la psy cache son jeu, mais le coup du complot n'est pas très crédible. Shyamalan conclut sur une ultime pirouette, qui laisse ouverte la possibilité d'une suite...

   PS

   Comme dans Incassable, le réalisateur nous gratifie d'un caméo, dans la boutique gérée par David Dunn et son fils. Cette scène fait écho à une autre, se déroulant à l'entrée d'un stade, des années auparavant :

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mercredi, 30 janvier 2019

Minuscule 2

   Quatre ans après la sortie de La Vallée des fourmis perdues, les petites bestioles sont de retour pour des aventures exotiques, intitulées : "Les mandibules du bout du monde". Cela démarre pourtant en France métropolitaine, dans le Mercantour, où l'on découvre une famille de coccinelles en train de constituer un stock en prévision de leur période d'hibernation. Quand c'est nécessaire, maman coccinelle vient donner un coup de patte à son enfant, embêté par de vilaines mouches.

    Pas très loin de là, un entrepôt est l'objet de bien des convoitises. On y retrouve une fourmi noire audacieuse, mais qui doit faire face à ses plus redoutables adversaires : les ignobles fourmis rouges. A l'issue d'une séquence particulièrement rocambolesque, une partie de ce petit monde finit dispersée dans plusieurs colis postés aux quatre coins de la planète.

   C'est en Guadeloupe qu'atterrissent deux des coccinelles (le papa et le fiston, semble-t-il). Provisoirement séparés, ils vont devoir affronter de redoutables périls, comme les plantes carnivores, les mantes religieuses... et une drôle d'araignée poilue, dotée du comportement d'un jeune chien fou !

   Les coccinelles se font aussi des amis. Le fiston va même connaître l'amour, au sein d'une communauté de congénères tropicaux très curieux. Pendant ce temps-là, deux personnages restés en France décident de partir à la recherche des héros : la fourmi entrepreneuse... et l'araignée (noire) muette, particulièrement imaginative... et mélomane.

   C'est sans dialogue... et l'on comprend tout (si l'on est un adulte ; je déconseille le film aux tout-petits, qui risquent de vite décrocher). L'ambiance sonore est chouette (avec d'excellents bruitages), même si j'ai trouvé un peu envahissante la musique d'accompagnement (très élaborée, elle est de Mathieu Lamboley, qui a récemment oeuvré sur Le Retour du héros).

   L'intrigue ménage pas mal de rebondissements. On sent ici ou là les influences cinématographiques. L'une des plus belles séquences (dans la tanière des chenilles urticantes) semble d'ailleurs inspirée de Star Wars. Lesdites chenilles vont se révéler particulièrement utiles aux héros, qui veulent empêcher un méchant promoteur de saccager une zone naturelle magnifique. Il y a donc aussi une morale à cette histoire, qui met en valeur l'entraide et l'amitié.

   On passe un bon moment, sur un rythme toutefois un peu lent, pour qui connaît les petits films télévisés qui ont révélé cet univers si particulier.

22:57 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Minuscule 2

   Quatre ans après la sortie de La Vallée des fourmis perdues, les petites bestioles sont de retour pour des aventures exotiques, intitulées : "Les mandibules du bout du monde". Cela démarre pourtant en France métropolitaine, dans le Mercantour, où l'on découvre une famille de coccinelles en train de constituer un stock en prévision de leur période d'hibernation. Quand c'est nécessaire, maman coccinelle vient donner un coup de patte à son enfant, embêté par de vilaines mouches.

    Pas très loin de là, un entrepôt est l'objet de bien des convoitises. On y retrouve une fourmi noire audacieuse, mais qui doit faire face à ses plus redoutables adversaires : les ignobles fourmis rouges. A l'issue d'une séquence particulièrement rocambolesque, une partie de ce petit monde finit dispersée dans plusieurs colis postés aux quatre coins de la planète.

   C'est en Guadeloupe qu'atterrissent deux des coccinelles (le papa et le fiston, semble-t-il). Provisoirement séparés, ils vont devoir affronter de redoutables périls, comme les plantes carnivores, les mantes religieuses... et une drôle d'araignée poilue, dotée du comportement d'un jeune chien fou !

   Les coccinelles se font aussi des amis. Le fiston va même connaître l'amour, au sein d'une communauté de congénères tropicaux très curieux. Pendant ce temps-là, deux personnages restés en France décident de partir à la recherche des héros : la fourmi entrepreneuse... et l'araignée (noire) muette, particulièrement imaginative... et mélomane.

   C'est sans dialogue... et l'on comprend tout (si l'on est un adulte ; je déconseille le film aux tout-petits, qui risquent de vite décrocher). L'ambiance sonore est chouette (avec d'excellents bruitages), même si j'ai trouvé un peu envahissante la musique d'accompagnement (très élaborée, elle est de Mathieu Lamboley, qui a récemment oeuvré sur Le Retour du héros).

   L'intrigue ménage pas mal de rebondissements. On sent ici ou là les influences cinématographiques. L'une des plus belles séquences (dans la tanière des chenilles urticantes) semble d'ailleurs inspirée de Star Wars. Lesdites chenilles vont se révéler particulièrement utiles aux héros, qui veulent empêcher un méchant promoteur de saccager une zone naturelle magnifique. Il y a donc aussi une morale à cette histoire, qui met en valeur l'entraide et l'amitié.

   On passe un bon moment, sur un rythme toutefois un peu lent, pour qui connaît les petits films télévisés qui ont révélé cet univers si particulier.

22:57 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films