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samedi, 28 novembre 2015

Montage hasardeux

   C'est un détail qui m'a sauté aux yeux en regardant l'épisode 8 de la saison 6 de la série Profilage (plus réussie que la saison 5, qui s'était achevée de manière grand-guignolesque). L'une des scènes de transition du début, à tonalité humoristique, fait intervenir l'informaticien Hyppolite et Jessica, ancienne coiffeuse délurée avec laquelle il a eu un enfant.

   Alors que celle-ci, sitôt arrivée, lui plaque une vigoureuse bise sur la joue droite (et rien que sur celle-ci), immédiatement après, c'est sur la joue gauche du jeune homme que l'on remarque une trace de rouge à lèvres (absente avant l'entrée de son ex dans la pièce) :

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   Fort heureusement, dans les plans suivants (issus d'un champ-contrechamp), on note la présence d'une autre trace de rouge à lèvres, sur la joue droite d'Hippolyte :

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   Tout semblait donc rentrer dans l'ordre. On avait visiblement coupé un peu trop tôt l'entrée de Jessica, qui avait dû gratifier l'informaticien de deux grosses bises, une sur chaque joue... eh bien non ! Juste après, lorsqu'on distingue à nouveau la joue gauche d'Hippolyte, on y constate l'absence de trace :

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   Une dizaine de secondes plus tard, catastrophe ! C'est de nouveau bisouté sur la joue gauche que le jeune homme apparaît à l'écran :

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   Le jeu continue quelques instants après, avec une joue sans tache :

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   La scène se conclut, juste avant l'arrivée d'une tierce personne, par un dernier plan de la joue gauche de l'informaticien, cette fois-ci marquée de rouge à lèvres :

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   On remarque d'ailleurs que la forme et la localisation de la trace varient en fonction des plans. La conclusion est que la scène a été jouée plusieurs fois. Certaines prises comportent deux bises, d'autres une seule. Au montage, on n'a pas pris la précaution de séparer les deux types de prises et l'on a mélangé les images des unes avec celles des autres.

   C'est courant quand on tourne un peu dans l'urgence. Il y a environ deux ans, j'avais fait le même genre de constatation à propos d'un épisode des Experts.

L'Hermine

   Le titre fait référence à un élément du costume de certains magistrats, ici le président de la Cour d'assises, incarné (avec talent) par Fabrice Lucchini, à la fois sobre et subtil :

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   (Au passage, espérons que, si ce n'est déjà fait, on remplace la fourrure du charmant mustélidé par un substitut synthétique. La dignité des magistrats n'en souffrira aucunement et l'éthique en sortira grandie.)

   Le personnage qu'il incarne est caractéristique de certains juristes, en général brillants. Issus de la (grande) bourgeoisie, ils sont au minimum distants (parfois hautains et cassants) avec ce qu'ils considèrent être le commun des mortels justiciables. Mais, dans le cas qui nous occupe, Michel Racine se montre très respectueux des personnes qu'il interroge au cours des audiences. Sa seule préoccupation semble être l'application du Droit.

   ... jusqu'à l'ouverture du procès d'assises qui sert de toile de fond à l'intrigue. Le tirage au sort des jurés fait apparaître le nom d'une femme que le juge connaît, et qui le trouble. Cela pourrait donner un second sens au titre, qui, pour le public cultivé, évoque un tableau de Léonard de Vinci, La Dame à l'hermine :

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   Notons que Ditte, médecin-anesthésiste franco-danoise, est interprétée par Sidse Babett-Knudsen, rendue célèbre par la série Borgen. La présence de cette femme perturbe le juge, qui va prendre des risques pour l'approcher.

   Deux histoires se juxtaposent donc. L'intrigue sentimentale croise l'enquête judiciaire : le procès doit déterminer si l'enfant retrouvée morte dans un appartement a été tuée par son père (l'accusé, qui a les traits de Victor Pontecorvo, très bien), par quelqu'un d'autre... ou si c'est le résultat d'un malencontreux accident.  Le film se veut pédagogique : il permet de comprendre le fonctionnement d'une Cour d'assises et le rôle de chacun des intervenants. On remarquera que deux professions se font égratigner au passage : les avocats et les policiers, l'un d'entre eux incarné par Raphaël Ferret, l'informaticien taquin de la série Profilage (remarquable aussi en juge Burgaud dans Présumé coupable).

   Les plus belles scènes de tribunal sont pour moi les interrogatoires de la mère, complètement paumée (Candy Ming, excellente), et des témoins, qui introduisent de salutaires moments de comédie dans une affaire assez sordide.

   Les dialogues sont très bien écrits, ciselés. On rit assez souvent, notamment des petits malheurs du magistrat, qui souffre de la grippe, est en pleine séparation d'avec son épouse... et dont on médit beaucoup, dans son dos, au tribunal.

   Le film vaut aussi pour la galerie de personnages secondaires que sont les membres du jury, révélatrice de la diversité de la population française. Se distingue particulièrement (pour moi) Corinne Masiero, que l'on avait vue dans Discount il y a deux ans.

   Sans être une oeuvre majeure, ce long-métrage rigoureusement construit est une jolie comédie sentimentale et une instructive tranche de vie judiciaire.

12:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 27 novembre 2015

La Glace et le Ciel

   Deux ans après Il était une forêt, Luc Jacquet revient avec un documentaire consacré à la carrière du glaciologue Claude Lorius. Pour ce faire, le réalisateur a épluché quantité d'archives télévisuelles, dont il a pratiqué une sélection, à laquelle il a ajouté quelques images tournées en Antarctique... notamment avec des manchots, les animaux qui lui ont jadis valu une renommée méritée.

   Les images les plus anciennes, datant de la fin des années 1950 (époque de la station Charcot), sont les plus stupéfiantes. On comprend de quel courage voire de quelle abnégation les pionniers de l'étude des glaces du continent inhabité ont dû faire preuve. On saisit aussi la "prescience" de Claude Lorius, qui a rapidement tiré des conclusions de l'étude des carottes de glace : le climat s'est déjà modifié dans un passé très lointain ; on peut comprendre comment et pourquoi... et le changement à l'oeuvre dans la seconde moitié du XXe siècle est le plus rapide que la planète ait connu.

   Plusieurs scènes sont consacrées aux progrès des outils de la recherche. Les carottes sont de plus en plus longues... et le spectromètre de masse a considérablement facilité le travail des scientifiques. On est remonté 400 000 et même 800 000 ans en arrière !

   Par contre, les scènes montrant le scientifique en balade sur l'inlandsis, ou en pleine méditation climatologique, ne m'ont pas convaincu. Je reconnais néanmoins que c'est bien filmé.

   On se consolera avec la folle expédition internationale (notamment franco-soviétique), en pleine Guerre Froide. On sent que C. Lorius a été impressionné par la maîtrise technique de ses collègues de l'Est... et, à la base de Vostok,  la vodka a visiblement contribué à briser la glace !

   Cela donne un ensemble étonnant, à la fois sympathique et instructif.

18:43 Publié dans Cinéma, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 22 novembre 2015

Mediterranea

   Le désert, la nuit. Un convoi de migrants africains est sur le point de partir. Objectif : la frontière algéro-libyenne et, de là, atteindre la côte méditerranéenne pour attraper un bateau (clandestin) en partance pour l'Eldorado européen. (Ce n'est pas sans rappeler un autre film sur les migrants : La Pirogue.)

   Les "passagers" sont issus d'Afrique sub-saharienne. Ils sont plutôt francophones ou plutôt anglophones, chrétiens, musulmans ou animistes. Les deux héros viennent du Burkina Faso (en jaune sur la carte ci-dessous). Ils vont côtoyer des Ghanéens, des Maliens, sans doute aussi des Nigérians et des Nigériens. Si l'intérêt général commande de pratiquer un bon voisinage, on sent que les migrants ne sont pas très soudés entre eux.

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   La première partie de l'histoire décrit le passage tumultueux par le Sahara. Je vous en laisse découvrir les péripéties, pas franchement joyeuses... et encore, le réalisateur n'a pas voulu trop "charger la barque" (si j'ose dire). La séquence de traversée de la mer m'a paru moins réussie. On a peut-être pratiqué une ou deux coupes. On comprend néanmoins l'essentiel. Les rescapés sont pris en charge par la police italienne.

   On retrouve nos deux héros, Ayiva (Koudous Seihon, excellent) et Abas, en compagnie d'une petite troupe, installés de manière précaire à Rosarno, en Calabre (en vert sur la carte). Le continent rêvé n'est pas celui devant lequel ils se trouvent. Pour Ayiva, c'est une raison de plus pour se bouger, tenter de "faire son trou". Pour Abas, qu'on sent moins courageux et plus immature, c'est la déception. Il aimerait bien trouver une combine pour s'en sortir au moindre effort.

   L'histoire mêle aspects documentaires (sur les difficultés d'insertion de ces migrants) et éléments fictionnels (autour des relations avec les femmes et le contexte familial du d'Ayiva, qui a laissé sa petite fille à sa soeur, au pays). En contrechamp est brossé un portrait des Italiens, pas forcément ravis de l'arrivée de cette masse de jeunes adultes, en majorité des hommes. Il y a ceux qui vont en profiter, comme cet entrepreneur ambigu, de prime abord dur avec ses salariés (payés au noir), mais capable d'empathie... jusqu'à inviter deux de ces migrants à manger avec sa famille ! Il y a la Mama, véritable cheffe de clan, qui considère les migrants comme ses enfants... obéissants, de préférence. Il y a aussi la gamine, petite peste, gâtée pourrie par son père... et il y a surtout ce gamin des rues, qui trafique de tout, veut fumer comme un homme et semble se prendre pour un personnage d'un film de Scorsese. (Le jeune acteur qui l'interprète est sensationnel.) C'est à la fois drôle et inquiétant. Les migrants doivent apprendre les codes d'un monde auquel ils n'ont pas été préparés.

   C'est vraiment un film à voir, même si je suis conscient que, ces jours-ci, le public n'a sans doute pas envie de se rendre dans une salle de cinéma pour se confronter à ce genre de sujet.

samedi, 21 novembre 2015

Le 13 novembre, tragédie mondiale

   Les journaux se sont mis à publier la liste des victimes des attentats de vendredi dernier. La plus complète que j'ai trouvée est celle du Parisien (que l'on peut croiser avec celle du Monde). Notons qu'un 130e nom (le dernier, espérons-le) vient de s'ajouter : l'une des personnes gravement blessées au Bataclan est décédée jeudi, à l'hôpital.

   Sur 130 personnes assassinées, 30 sont de nationalité étrangère ou nées à l'étranger, soit 23% du total. Quand on s'intéresse aux pays d'origine, on constate que quatre continents ont été touchés : l'Europe, l'Amérique, l'Afrique et (un peu) l'Asie.

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   D'outre-Atlantique, ce sont des Latino-Américains qui ont été tués. L'une d'entre eux, Nohemi Gonzalez, est états-unienne (avec des origines mexicaines semble-t-il). On remarque que l'autre Mexicaine (Michelle Gil Jaimez) et le Vénézuélien (Sven Silva Perugini) ont des liens avec l'Espagne, ce qui peut expliquer leur présence en France. Le cas de la Franco-Chilienne Patricia San Martin est le plus frappant : jeune femme, elle avait fui la dictature de Pinochet... et elle est morte tuée par des islamo-fascistes.

   On est moins étonné de voir la place qu'occupe l'Afrique dans le cortège des victimes. A l'exception de l'Egypte, tous les pays d'origine sont d'anciennes possessions coloniales françaises, d'où sont ensuite parties les vagues de migrants économiques : Maroc, Algérie et Tunisie au nord, Mali, Burkina Faso et Congo au sud du Sahara. Ce dernier pays est à l'honneur, en raison du comportement héroïque de la victime, Ludovic Boumbas, mort en protégeant une amie. Signalons que d'autres personnes (françaises, celles-là) ont fait preuve du même courage. Dans la liste publiée par Midi Libre, on repère les noms de Nicolas Catinat, Julien Galisson, Gilles Leclerc et Richard Rammant.

   Concernant l'Afrique, les médias ont surtout insisté sur le cas de la cousine du footballeur Lassana Diara, la Franco-Malienne Asta Diakité. On aurait tout aussi bien pu mettre à l'honneur Kheireddine Sahbi, violoniste algérien.

   Sans surprise, l'Europe occupe la part du lion, avec certains de nos voisins (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni), d'autres victimes étant issues de pays un peu plus lointains (Portugal et Roumanie). Notons que l'un des deux Portugais décédés, Manuel Dias, est la seule victime du Stade de France. On peut rattacher à ce groupe les personnes de culture euro-asiatique, la jeune Franco-Arménienne Lola Ouzounian (l'une des dernières à avoir été identifiées) et Nathalie Mouravieva, une Russe devenue l'épouse du Français Serge Lauraine.

vendredi, 20 novembre 2015

Crétins Academy

   A la suite de l'action des barbares de l'Etat islamique à Paris vendredi dernier, il a été décidé, en France mais aussi ailleurs dans le monde, d'organiser un recueillement autour d'une minute de silence, au début des rencontres de football. En général, cela a donné des scènes émouvantes.... ce qu'il est important de rappeler avant d'évoquer les tristes sires qui profité de l'occasion pour révéler au monde à quel point ils sont stupides.

   On a surtout parlé de ce qui s'est passé à Istanbul, à l'occasion du match Turquie-Grèce. De nombreux crétins congénitaux supporteurs mal élevés ont sifflé la minute de silence, voire ont proféré des "Allah Akhbar". On a aussi entendu des chants favorables au président (islamiste présumé modéré) Erdogan. Une journaliste d'Europe 1 rappelle que ce n'est pas la première fois que cela se produit dans une enceinte sportive turque.

   Sur le site 20minutes, on apprend qu'il s'agirait d'un chant hostile aux rebelles du PKK et que ces vocalises auraient pour but de souligner la différence de traitement entre les victimes des attentats de Paris et Istanbul (qui ont pourtant été eux aussi abondamment médiatisés). Le problème est que les attentats d'Istanbul n'ont pas été perpétrés par le PKK, mais par l'Etat islamique. Il y a donc une confusion (volontaire ?) entre l'action de ces deux groupes, qui rappelle la propagande du gouvernement Erdogan. C'est un chant hostile aux islamo-fascistes de Daech qu'il aurait été cohérent d'entonner... mais le mieux aurait surtout été que ces imbéciles ferment leur gueule. (Au passage, on remarque la similitude de la politique de désinformation pratiquée par Erdogan en Turquie et el-Assad en Syrie, chacun faisant volontairement l'amalgame entre tous ses opposants pour les réduire au vocable de "terroristes".)

   Dublin a connu des événements comparables à ceux d'Istanbul, mais on en a moins parlé. Avant le coup d'envoi du match Irlande-Bosnie, ce sont des supporteurs bosniens qui ont manifesté leur "beaufitude". Précisons que la majorité du public a eu plus de classe... et le résultat de la rencontre (2-0 pour la République d'Irlande) sonne comme une petite revanche : la Bosnie est éliminée de la course à l'euro 2016. L'été prochain, les stades français seront au moins libérés de cette catégorie d'abrutis-là. (Il risque hélas d'en y avoir bien d'autres...)

   Ne croyons pas cependant que l'imbécillité soit le privilège d'étrangers. La France a aussi été le théâtre de comportements inciviques... jusque dans mon bel Aveyron. Cette semaine, alors je prenais mon repas de midi dans l'agglomération ruthénoise, j'ai capté quelques bribes d'une conversation qui se tenait pas très loin de ma table. Il y était question de rencontres de football qui se sont déroulées le week-end dernier en Aveyron, entre équipes de jeunes. A l'occasion de la minute de silence (décrétée par le District), certains joueurs d'une équipe, issus d'un quartier de Rodez, auraient manifesté leur mauvaise volonté voire leur hostilité. A confirmer.

   Encore plus stupide est le comportement qui m'a été signalé par un commerçant ruthénois. Samedi 14 novembre au soir, à Cap Cinéma, lors d'une projection du film Spectre 007, un individu aurait profité de l'obscurité pour crier "Allah Akhbar". Il aurait quitté la salle avant la fin de la séance. Je pense que cela valait mieux pour lui, parce que sinon, il aurait eu quelques petits problèmes une fois la lumière revenue dans la salle...

   Mais assez parlé des cons, réjouissons-nous plutôt des mouvements de solidarité dont la France a été bénéficiaire. L'un des plus extraordinaires est sans conteste cette Marseillaise chantée (notamment) par des Anglais, à Wembley ! (En regardant attentivement les images filmées à cette occasion, on remarquera qu'une partie du public anglais  semble mieux connaître les paroles de notre hymne national que certains joueurs français...) Mon coeur continue toutefois de pencher pour l'interprétation de l'Opéra de New York, dont j'ai déjà parlé.

jeudi, 19 novembre 2015

Au Royaume des singes

   Ce documentaire consacré aux macaques à toque est la nouvelle production de Disneynature, qui, l'an dernier, nous avait livré un Grizzly vraiment superbe. Les images ont été tournées au Sri Lanka (au sud-est de l'Inde), entre forêt tropicale et grignotage urbain, un rocher constituant le lieu stratégique de la région.

   Le début nous présente la petite tribu que l'on va suivre pendant un peu plus d'une heure. Il y a le mâle dominant, les trois femelles privilégiées et tout une hiérarchie, qui va du sommet des arbres fruitiers aux plaines herbeuses, réservées aux "basses castes".

   Le couple de héros est formé par un mâle impétueux (mais qui n'est pas le plus fort) et Maya, une femelle certes de basse extraction, mais convoitée par des mâles haut placés. Elle est de surcroît très débrouillarde. La vie quotidienne est rythmée par la quête de nourriture, l'épouillage... et les siestes. La tranquillité des adultes est parfois perturbée par l'agitation de jeunes chenapans... vite rappelés à l'ordre par une bonne gifle, quand il le faut !

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   Ce monde n'est toutefois pas sans danger. Au sol rôdent des prédateurs, comme le tigre et, en zone humide, le varan. Pas très loin de là vivent d'autres singes, dont il convient de surveiller les mouvements. Et puis il y a les humains, qui détruisent petit à petit la forêt, mais dont les habitations sont de précieux garde-manger !

   C'est une histoire d'apprentissage pour Maya, rejetée par sa communauté, qui va devoir se débrouiller seule pour deux (elle a désormais un petit). Cela nous rappelle les autres mères-courage des précédents documentaires de chez Disney.

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   Signalons que les images sont magnifiques. Les mouvements des macaques (de véritables acrobates) ont été captés avec une grande précision, dans les arbres, au sol aussi bien que dans l'eau. Les gros plans sont soignés et permettent d'admirer les pelages.

   C'est aussi souvent drôle, comme lorsque certains jeunes singes tentent de jouer avec une mangouste ou quand, plus tard, en ville, ils font copain-copain avec un chien esseulé, qu'il vont finir par faire tourner en bourrique ! Par contre, ils évitent d'aller asticoter les ours noirs très poilus qui traînent dans le coin...

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   Avec les humains, c'est une question d'agilité et de malice. Je recommande la séquence de la fête d'anniversaire, qui commence tout doucement, avant de partir en vrille ! Et que dire du passage en ville, qui a sans doute laissé un souvenir mémorable aux commerçants !

   C'est donc un film très plaisant, éducatif et réussi sur le plan esthétique, pour tout public.

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mercredi, 18 novembre 2015

Sous-sols

   Ce documentaire autrichien (sans commentaire ajouté) prend le spectateur à la gorge, sur un sujet en apparence anodin : la manière dont certains Autrichiens aménagent et utilisent le sous-sol de leur maison ou leur cave. En France, c'est une pièce pour bricoler, ou un débarras, ou une salle de jeu pour les enfants. Sinon, c'est tout simplement l'endroit où l'on installe le lave-linge et le congélateur familial.

   En Autriche, cela prend une tout autre dimension. Souvent, les propriétaires se sont constitué un nid douillet, avec un salon très confortable. Pour un chasseur, c'est une salle des trophées (qu'il s'est procurés lors de safaris). Pour une femme, c'est le temple du sado-masochisme, où elle entrepose ses "objets" et où elle triture le corps et l'âme de son gros nounours soumis. A l'inverse, une autre femme trouve dans la cave d'un ami le plaisir des tapes sur les fesses... entre autres.

   La plus glauque est sans conteste cette femme solitaire vivant dans un immeuble et qui, chaque jour, descend à la cave, où elle s'enferme pour s'occuper de ce qu'elle range dans différentes boîtes à chaussures... Le plus révoltant est ce grand-père musicien, amateur de bière, qui laisse les étages à son épouse. Au premier abord, il a l'air bonhomme et la décoration de l'entrée du sous-sol ne se distingue que par la profusion de photographies, plutôt anciennes. C'est lorsqu'on remarque, dans un coin, la présence d'un portrait d'Adolf Hitler que l'on commence à s'inquiéter... avant de découvrir la salle principale, dédiée au souvenir du IIIe Reich !

   Le réalisateur a visiblement choisi ses sujets, en général bien barrés. Mas ce qui est d'habitude caché (la cave étant une métaphore du refoulé) surgit au grand jour dans ce film. Les timbrés du sous-sol n'ont pas hésité à s'exprimer (et à agir) sans détours devant la caméra. Cela nous vaut une scène surréaliste, dans le local (souterrain) d'une prostituée, durant laquelle un client commente ses pratiques sexuelles, les progrès qu'il a réalisés... et nous révèle sa "botte secrète" : sa capacité à fortement éjaculer !

   C'est donc souvent très cru. Les personnes sont en général âgées. Seul un groupe de jeunes musiciens apparaît, dans la seconde moitié. Mais on les suit très peu de temps. Les policiers semblent les plus "normaux" : ils se rendent dans un sous-sol pour s'entraîner au tir ou participer à une formation. L'un d'entre eux tient même des propos marqués au coin du bon sens... contrairement à ses collègues, qui (après quelques bières) se déchaînent (verbalement) contre les immigrés turcs.

   C'est donc un film étrange, pas très long (1h20) et qui ne manque pas de style.

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Pôle emploi, ne quittez pas !

   Ce documentaire un peu ancien est ressorti à Rodez, dans le cadre d'une semaine spéciale. Il permet de découvrir de l'intérieur le fonctionnement d'une institution qui a hélas pris une grande importance dans notre pays. L'agence de Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, a été filmée pendant environ trois mois.

   On suit donc plutôt des membres du personnel que des demandeurs d'emploi, même si la réalisatrice a mis en valeur certains d'entre eux. Notre attention est d'abord attirée par une dame de l'accueil, qui doit déployer des trésors de patience... et dont on comprend que, parfois, le stock est épuisé. Le personnage prend de l'épaisseur quand on découvre, plus tard, qu'elle-même n'est qu'une intérimaire, de passage dans l'institution ! C'est l'occasion d'aborder le changement de statut du Pôle, qui réunit l'ex-ANPE aux Assedic. Les contrats de droit privé sont désormais la norme... et la précarité s'est insinuée dans l'établissement chargé de lutter contre !

   Du côté des chômeurs, c'est la détresse qui domine, mais une détresse digne. On a le gars du neuf-trois qui évite de dire d'où il vient quand il postule... et qui vise une formation en anglais pour pouvoir partir aux Etats-Unis. Il y a le Tunisien qui travaillait dans les douanes, avant la Révolution démocratique... et qui a jugé que c'était le moment de venir en France. Non seulement ses diplômes n'y sont pas reconnus, mais la nationalité constitue une barrière légale infranchissable. Touchante est la famille dont les parents sont sourds-muets... et à qui il est demandé de s'inscrire... par téléphone.

   Du côté du personnel, on suit notamment le "management", pas très à l'aise avec la caméra et (pourtant) contaminé par les méthodes anglo-saxonnes. Certaines des petites mains de l'agence sont par contre savoureuses, comme cette jeune femme pétulante qui, pendant la pause cigarettes, dit qu'elle va se mettre en arrêt-maladie pour pouvoir souffler un peu... et qui ne le fait jamais.

   Concernant le travail de base, on apprend des choses stupéfiantes, comme le nombre d'actes à réaliser dans une journée ou le nombre de chômeurs pris en charge par un conseiller : jusqu'à 400 ! Et voilà qu'on suggère aux employés de pratiquer des entretiens collectifs...

   Heureusement, l'humour est là, à travers par exemple cette conseillère qui s'amuse des sigles parfois imbitables qui lui sont imposés. Et l'on s'étonne à peine de la voir se réjouir de s'être fait soixante-dix MEC en une journée !

   Précisons quand même que, loin de s'être perdue dans une débauche de sexe, elle a réalisé soixante-dix "mises en contact" !

   Etonnant et attachant, ce documentaire mérite d'être vu.

dimanche, 15 novembre 2015

Le secret de l'église Saint-Amans de Rodez

   Ces derniers jours, les médias ont alléché le public avec cette mystérieuse découverte réalisée dans l'église construite sur peut-être le plus ancien lieu de culte chrétien de Rodez. (L'église actuelle date du XVIIIe siècle ; elle a succédé à une construction remontant au XIIe... mais il y avait sans doute quelque chose avant.) C'était il y a seulement deux-trois jours (le 12 novembre dans Centre Presse, le 13 au matin dans La Dépêche du Midi)... mais cela a l'air si loin, à présent.

   Bref, ce dimanche, il y avait foule dans l'église du Bourg pour connaître le fin mot de l'histoire. La chose a été assez bien organisée. Dans la chapelle (exiguë) du fond, le père Barrié et Diane Joy (du service du Patrimoine de Rodez Agglomération) ont apporté des éléments d'explication sur ce qui a été trouvé dans ce placard-retable, dont le système d'ouverture était jusqu'à présent masqué par les dépôts accumulés au cours des ans. Voici ce que cachait l'habitacle :

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   Il s'agit bien de trois crânes, disposés chacun dans une châsse de bois, dorée. D'après les documents consultés par les intervenants, ces crânes seraient ceux de trois des plus anciens saints rouergats, Amans, Naamas et Dalmas.

   Pour savoir comment ils sont arrivés ici, il est utile de consulter des textes hagiographiques, certes sujets à caution, mais où l'on trouve parfois des détails authentiques. Dans le cas qui nous occupe, c'est une oeuvre ancienne du prêtre Paul Guérin, Les Petits Bollandistes, qui nous est d'un précieux secours. La version du tome XIII disponible (comme les autres volumes) sur le site Gallica, a été publiée en 1876.

   On peut y lire les récits des vies des trois saints (célébrés les 3, 4 et 13 novembre... eh oui) et connaître le devenir de leurs reliques. C'est dans le texte consacré à saint Amans que l'on trouve le plus de détails. A l'époque moderne, les sépultures des trois religieux avaient été finalement installées dans la cathédrale, plus à même d'accueillir les foules attirées par les dépouilles que la modeste église Saint-Amans. Lors de la Révolution, les cercueils auraient été vidés sur le pavé ruthénois par la foule anticléricale. Deux bonnes âmes auraient récupéré les crânes, cachés dans l'église Saint-Amans. Dans les années 1860-1870, ils y étaient apparemment exposés à la vue de tous. Peut-être leur dissimulation dans le placard-retable est-elle due au regain d'anticléricalisme sous la IIIe République, en particulier à l'occasion du vote de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, en 1905.

   En tout cas, aujourd'hui, on aimerait bien savoir si ces crânes datent des Ve-VIe siècles. Il ne semble pas que, dans l'immédiat, des examens approfondis soient prévus... mais une analyse ADN pourrait se révéler pleine de surprises...

En mai, fais ce qu'il te plaît

   Le réalisateur Christian Carion est de retour, six ans après L'Affaire Farewell. Il s'attaque à un épisode un peu négligé de la Seconde guerre mondiale, l'Exode de mai-juin 1940 (qui a toutefois été récemment évoqué dans Suite française).

   L'histoire débute par un prologue allemand bien conçu. Deux des personnages principaux vont fuir le régime hitlérien. Ils vont donner une autre image des Allemands, représentés dans le film essentiellement par des soldats dangereux et des nazis arrogants.

   Le caractère international est renforcé par la présence de troupes britanniques, dont l'un des membres (un Ecossais, interprété par Matthew Rhys) va rejoindre le village nordiste que les habitants viennent de quitter. Avant cela, on a droit à une reconstitution de la vie rurale de cette époque. L'image est soignée et les dialogues sont parfois truculents, avec le pinard qui coule à flots. On est à la limite de la carte postale mais, franchement, c'est bien fait.

   La deuxième partie de l'histoire montre le départ de la majorité des habitants, sous la conduite du maire (Olivier Gourmet, très bon, comme d'hab'). Cette caravane improbable associe une brochette de personnages secondaires bien campés, jeunes et vieux, hommes et femmes. Deux d'entre elles se distinguent : la bistrotière, compagne du maire (Mathilde Seigner, pour laquelle le rôle semble avoir été écrit) et l'institutrice (Alice Isaaz, une découverte).

   Si certains épisodes du parcours sont attendus (le mitraillage du convoi par l'aviation allemande, la dénonciation des profiteurs de guerre), ils sont bien mis en scène. D'autres aspects sont plus originaux, comme ces messages écrits à la craie sur des parois ou des portes, en route, pour informer les proches. J'ai aussi apprécié tout ce qui tourne autour de la réalisation du film de propagande par les nazis, avec un passage sur les soldats français issus des colonies.

   Pour être honnête, il faut ajouter qu'ici ou là, on note quelques facilités, un peu de mélodrame. J'ai aussi été à moitié convaincu par le personnage interprété par Laurent Gerra, qui incarne un paysan très attaché à sa cave, dont la collection de bouteilles remonte à son père. Il n'est pas mauvais mais, au bout d'un moment, j'ai été agacé par sa mimique (gonfler la peau autour des lèvres fermées pour se donner un air bonhomme). De plus, il n'est pas toujours bien dirigé, comme dans cette scène avec l'Allemand antinazi et l'Ecossais, jouée en français, en allemand et en anglais, deux langues que le paysan ne comprend pas... mais dont certains dialogues ne lui sont pas traduits, sans que cela le gêne.

   Sinon, cela reste un bon divertissement, sur fond d'histoire. L'intrigue s'arrête à la fin du printemps 1940, sur une note d'espoir. On nous évite les drames épouvantables qui ont suivi.

samedi, 14 novembre 2015

Une "Marseillaise" new-yorkaise

   Je l'ai entendue (pas en entier) sur France Inter, à la fin de l'émission de ce soir, dans laquelle les auditeurs étaient amenés à réagir. Je suis ensuite parti à la recherche de la version intégrale. Je suis d'abord tombé sur un autre extrait, sur le site de BFMTV. Puis, j'ai eu l'idée d'aller sur le site du Metropolitan Opera de New York, où j'ai vu ceci :

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   De là, on peut accéder à l'interprétation des chanteurs et de l'orchestre... jusqu'aux applaudissements finaux. A ce moment-là, tendez bien l'oreille : on entend plusieurs "Vive la France !"

   Thank you, New York !

vendredi, 13 novembre 2015

Le Fils de Saul

   Ce film hongrois a suscité une grande émotion cette année au Festival de Cannes. Il nous fait suivre quelques jours dans la vie d'un Sonderkommando d'Auschwitz, un de ces détenus juifs employés de force par les SS dans leur machine de mort.

   Il faut souligner l'excellent travail des décorateurs. On a l'impression de se trouver dans une zone industrielle, parfois saturée de bruits. Il y a ceux produits par les déportés, criant, pleurant, frappant les portes des chambres à gaz. Il y a ceux de la machinerie des fours crématoires. Il y a ceux des ordres donnés en hurlant, des bastonnades et des fusillades... et il y a les chuchotements de ces détenus en sursis : l'action se déroule dans la seconde moitié de 1944 et, à cette époque, ils savent qu'on ne les gardera pas très longtemps en vie.

   On est saisi dès le début par la caméra centrée sur le héros Saul ("Cha-houle"), seul personnage à apparaître nettement à l'écran, les autres étant (à demi) flous. Du coup, c'est par bribes que l'on découvre son "travail", de l'arrivée d'un convoi au nettoyage de la chambre à gaz. L'acteur Géza Röhrig est excellent et le procédé cinématographique se révèle pertinent. Toutefois, à la longue, l'omniprésence de la caméra à l'épaule est un peu usante.

   Les Sonderkommandos constituent une sorte de tour de Babel, où l'on parle allemand, polonais, hongrois, yiddish... La tension est presque toujours palpable, qu'elle soit le résultat de l'action des SS ou le produit de la mésentente entre détenus.

   Un événement vient perturber la monotonie du massacre. Un jour, alors que les détenus vident l'une des chambres à gaz de ses "Stücke" (les pièces, comme aiment à les appeler les nazis), le héros entend une personne respirer. Un gamin a survécu au gazage ! Il est immédiatement l'objet de l'attention des médecins... qui ne sont pas là pour soigner les détenus, faut-il le rappeler. Ce garçon devient aussi la nouvelle raison de vivre de Saul, qui prétend aux autres détenus qu'il s'agit de son fils. L'histoire entretient le mystère à propos de cette paternité, à laquelle les autres ne croient pas.

   Mais, surtout, à partir de cet instant, celui qui n'était qu'un as de la survie, hyper-individualiste, va prendre des risques inouïs pour s'occuper du corps du jeune homme. Il part d'abord en quête d'un rabbin, dans l'objectif d'organiser un enterrement... oui, à Auschwitz-Birkenau !

   Commence alors une sorte de polar, qui voit le héros rencontrer une grande diversité de détenus. Il entre même en conflit avec l'ébauche de résistance mise en place là-bas, et dont les membres ont planifié une révolte (qui a réellement éclaté, en octobre 1944).

   J'aurais préféré que l'intrigue se concentre sur ces résistants de l'extrême, plutôt que sur la quête (pour moi vaine) du héros. Mais le film n'en reste pas moins très fort, incontestablement une des oeuvres majeures de l'année 2015.

   P.S.

   En complément (ou avant de voir le film), on peut lire un livret (très instructif) conçu par le Mémorial de la Shoah.

jeudi, 12 novembre 2015

Amours, larcins et autres complications

   Ce film palestinien est une comédie dramatique, au ton décalé. Le héros Mousa est une sorte de pied-nickelé, ouvrier du bâtiment peu consciencieux, fils indigne, amant égoïste et père absent. Il tire l'essentiel de ses revenus de divers trafics, parmi lesquels le vol de voitures et la revente des pièces détachées.

   Cette façade burlesque masque à peine le côté sombre de l'histoire. Le héros économise secrètement pour fuir la région. Au quotidien, il lui faut éviter aussi bien les milices patriotiques que les services secrets israéliens.

   Tout se complique le jour où il s'empare d'une voiture dans le coffre de laquelle il découvre un drôle de paquet-cadeau... dont il ne sait pas comment se débarrasser. Commence alors un jeu du chat et de la souris, doublé d'une course contre la montre. Entre son ex, le mari de celle-ci, les hommes de main du caïd local et le policier qui le traquent, Mousa ne sait plus où donner de la tête.

   L'une des meilleures séquences le montre perdu en pleine cambrousse, avec son encombrant "paquet-cadeau". Il se retrouve chez une vieille femme aveugle, pleine de fraîcheur.

   C'est assez drôle, bien que parfois maladroit. Le portrait de l'ex du héros est de surcroît un peu chargé, laissant le beau rôle à Mousa. Mais le film vaut aussi pour le tableau de la société palestinienne qu'il esquisse : les inégalités sont grandes et la corruption gangrène les institutions. Seule solution : la fuite.

mercredi, 11 novembre 2015

Des "racailles" à la médiathèque de Rodez ?

   Située à deux pas de la mairie, la médiathèque de Rodez est l'un des lieux emblématiques du Piton, l'un de ces endroits où la population, dans toute sa diversité, se croise, se côtoie et (parfois) se rencontre. Les personnes qui ont pris l'habitude de s'y rendre se sont aperçues qu'il existe une géographie socio-culturelle des sections de la médiathèque.

   Au rez-de-chaussée, à gauche de l'entrée, se trouve la section jeunesse, où déambulent les bambins, en général accompagnés de leur mère, d'un grand frère ou d'une grande soeur. On y voit aussi des enfants un peu plus âgés, pas forcément accompagnés, qui viennent tuer le temps en lisant des bandes dessinées. L'ambiance y est très variable : un adulte peut tout aussi bien y être rebuté par l'agitation de certains bambins que surpris par la quiétude qui règne en ces lieux.

   Toujours au rez-de-chaussée, mais à droite, se trouve l'incontournable coin presse (et revues), véritable place-forte du troisième âge ruthénois. Il n'est pas rare, le matin ou en début d'après-midi, de voir poireauter devant l'entrée de la médiathèque quelques papys et mamies qui attendent avec impatience que le personnel ouvre les portes ! Certains d'entre eux semblent considérer comme un fait acquis de monopoliser les petits fauteuils rouges, objets de beaucoup de convoitises. En fonction des personnes présentes, le voisinage de ceux que le politiquement correct ordonne de nommer "les aînés" peut se révéler apaisant (quand ils se contentent de lire ou d'observer le monde qui passe) ou pénible (quand le bavardage prend le dessus sur tout autre considération).

   Un peu plus loin dans le bâtiment se trouve la salle de lecture, où sont rangés les dictionnaires et encyclopédies (papier) en accès libre. C'est une salle de consultation (pour les personnes qui demandent à lire un document des archives sur place) et (de plus en plus) une salle de travail pour les étudiants. Rodez est à présent touchée par une évolution qui s'est d'abord manifestée dans les grandes villes universitaires : faute de place ou de trouver un coin tranquille pour travailler, nombre d'étudiants se sont rabattus sur les bibliothèques publiques... et donc maintenant les médiathèques. (Compte tenu de la croissance de la population estudiantine, il faudra songer, un jour où l'autre, à agrandir cette salle, ou à en créer une seconde.) Cette affluence a une conséquence gênante : à certaines heures, elle prive les adultes de passage d'une place assise... et ce, alors que plusieurs chaises semblent libres, leurs occupant-e-s s'étant éclipsé-e-s pour une pause qui s'éternise...

   Entre le coin presse et la salle de lecture se trouvent des rayonnages de livres consultables sans demande préalable, ainsi que quelques tables isolées. Elles sont recherchées par des personnes qui trouvent la grande salle parfois un peu bruyante (ou intimidante)... et par des couples en quête d'intimité. A l'occasion, elles sont hélas aussi occupées par de petits groupes moins discrets.

   Cela nous mène au premier étage, dédié à l'image et au son... en clair : aux CD et DVD, avec, en bonus, une petite salle de projection bien connue des amateurs de documentaires. C'est à ce niveau que semble se situer le problème. Les habitués de la médiathèque savent qu'il est certaines périodes où une plus grande agitation règne (notamment le mercredi et le samedi). Mais, depuis plusieurs mois, le premier étage subit ce que certaines mauvaises langues appellent une véritable bordélisation, à cause d'un groupe de jeunes qui a l'air de considérer cet espace comme son terrain de jeu. Le personnel de la médiathèque a eu beau intervenir, d'abord avec douceur, puis avec fermeté, le problème n'a pas été résolu... si bien que des usagers ont eu la surprise de voir débarquer des uniformes, ceux de la police, dont le commissariat est situé à moins de deux minutes de là.

   Il reste à espérer que les lieux vont retrouver la sérénité qu'ils méritent... et qu'on a convoqué les parents des garnements mal élevés.

mardi, 10 novembre 2015

Avec le Laguiole, c'est "plus belle la vie" !

   Décidément, il semble que la petite équipe de l'émission Si tu écoutes, j'annule tout affectionne le couteau aveyronnais... en tout cas d'après ce que l'on entend de la bouche d'Alex Vizorek. En un mois, c'est la deuxième fois qu'au sein d'une mini-fiction, le plus beau couteau du monde est cité à l'antenne de la radio publique. Souvenez-vous, en octobre, c'était à l'occasion du déplacement de Manuel Valls en Arabie saoudite.

   Aujourd'hui mardi, les satiristes de l'info avaient imaginé ce que pourrait devenir le feuilleton Plus belle la vie si TF1 (qui vient de prendre le contrôle de la société qui produit ce programme) donnait une nouvelle orientation à l'intrigue :



   L'une des répliques cite le couteau Laguiole avec un statut de marque... ce qui n'est hélas pas le cas. Pour que l'analogie avec tous les produits nommés dans la mini-fiction fonctionne, il aurait fallu citer un couteau Laguiole produit par une entreprise, par exemple la Forge. Mais soyons indulgents : l'intention était louable.

   Moins louables étaient par contre les propos tenus par Sergi Lopez quand il a été un peu titillé sur le nationalisme catalan (cette nouvelle incarnation de l'égoïsme bourgeois à prétexte identitaire). Cet acteur qu'au demeurant je respecte s'est embourbé dans des explications confuses et même des contradictions, sur lesquelles Guillaume Meurice a eu la charité de ne pas trop insister.

dimanche, 08 novembre 2015

Gibbs le patriote

   Vendredi, M6 a poursuivi la diffusion de la saison 12 de la série NCIS, par l'épisode 15, Pour Diane. Vers la fin, une scène tournée dans la maison de Gibbs le montre en discussion avec un personnage trouble, le diplomate russe (et sans doute espion) Anton Pavlenko. C'est lorsque celui-ci s'adresse à l'enquêteur américain qu'un détail apparaît à l'écran :

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On voit un peu mieux le cadre quelques secondes plus loin :

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   C'est bien évidemment une reproduction de la célèbre photographie de Joe Rosenthal, prise en février 1945 à Iwo Jima :

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   Rappelez-vous Mémoires de nos pères, de Clint Eastwood... et ce n'est pas un hasard. Gibbs comme Eastwood est de sensibilité républicaine (patriote, partisan de l'ordre)... mais plus ouvert que bien des personnes de son "camp".

   La présence de cette photographie n'est donc pas une coquetterie de décorateur. De la maison de Gibbs, on ne connaît pas l'étage (où se trouvent les chambres et la salle de bains), où le héros ne dort souvent même pas. Il partage son temps libre entre le sous-sol (l'antre du menuisier) et le salon, meublé de manière plutôt spartiate, mais dont quelques détails signifiants se détachent.

samedi, 07 novembre 2015

Avril et le monde truqué

   Cette animation française s'inspire du graphisme des oeuvres de Jacques Tardi. Ce n'est pas la première fois que l'univers du dessinateur se retrouve à l'écran. Il y a cinq ans, Luc Besson avait adapté une autre oeuvre de Tardi : Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, avec de véritables acteurs.

   L'animation qui vient de sortir en France est une uchronie. L'histoire de notre pays est réécrite à partir de 1870, jusqu'en 1941. La IIIe République n'a pas été instaurée et à Napoléon III ont succédé Napoléon IV puis Napoléon V.

   Le deuxième élément perturbateur est de niveau scientifique. La disparition progressive des plus grands esprits de ce temps prive le monde de leurs découvertes. Certes, le Paris qui nous est montré bénéficie d'avancées technologiques, mais pas les mêmes que celles qu'il a réellement connues. Cela donne au film une ambiance à la Jules Verne vraiment réussie.

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   Avril (à laquelle Marion Cotillard prête sa voix) est la fille et petite-fille de scientifiques disparus. Elle vit dans un lieu tenu secret, en plein Paris, mais à l'écart du monde. C'est une chapardeuse professionnelle, dont toute l'énergie est consacrée à la recherche du remède miracle sur lequel ses parents ont jadis travaillé.

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   Au départ, il s'agissait d'un projet philanthropique, visant à améliorer le sort de l'Humanité. Pour Avril, c'est devenu une quête personnelle : elle doit trouver un moyen de sauver son chat. Prénommé Darwin, il est son unique compagnon, d'autant plus précieux qu'il parle... et qu'il lit ! (Il a la voix de Philippe Katerine.) C'est mon personnage préféré... parce que j'aime les chats... et parce qu'il est spirituel.

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   La suite ? Un roman d'aventures, au cours desquelles Avril va tenter d'échapper à de méchants policiers, ainsi qu'à de mystérieuses créatures, qui agissent en coulisses. Elle va pouvoir s'appuyer sur "Pops" (Jean Rochefort), un brillant scientifique, bien qu'un peu farfelu. Un jeune homme va aussi entrer dans sa vie, peut-être pour le meilleur et pour le pire...

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jeudi, 05 novembre 2015

The Lobster

   C'est l'un des films dont on parle le plus ces jours-ci... et, à Rodez, on l'a eu en version originale sous-titrée, en sortie nationale ! La première moitié de l'histoire a un parfum de Meilleur des mondes (d'Aldous Huxley). On se trouve dans un futur proche, dans lequel il est interdit de ne pas vivre en couple. Une institution permet aux coeurs esseulés de (tenter de) retrouver l'âme soeur. Mais les conditions sont drastiques et le temps limité. En cas d'échec, le ou la célibataire est transformé(e) en l'animal de son choix. Le héros choisit le homard (lobster)... pour des raisons que je vous laisse découvrir. Bien évidemment, il n'a pas l'intention d'en arriver là. Il compte trouver une nouvelle compagne durant son séjour.

   A priori, quand on apprend que c'est Colin Farrell qui incarne le héros, on se dit que cela ne devrait pas être trop difficile... erreur grave ! Colin s'est fondu dans la peau de cet architecte terne et bedonnant, à tel point qu'il est parfois méconnaissable.

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   Il va croiser quelques "collègues" assez hauts en couleur, comme l'homme qui boîte ou le vieux gentil garçon. Mais ce sont incontestablement les personnages féminins qui attirent l'attention. Il y a la prédatrice sans coeur, la veuve prête à tout, la jeune beauté qui saigne du nez... sans oublier la patronne de l'hôtel, incarnée par Olivia Colman, découverte naguère dans Broadchurch. On remarque aussi une femme de ménage très impliquée dans son travail... et qui va se révéler pleine de ressources. Elle est interprétée par Ariane Labed, que l'on entend à un moment discuter en français avec Léa Seydoux. Celle-ci est très convaincante en leader charismatique d'un groupe que le héros rencontre dans la seconde partie de l'histoire.

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   C'est là que l'intrigue part complètement en vrille. N'allez donc pas plus loin si vous voulez garder entier le plaisir de la découverte.

   David va rejoindre une tribu de solitaires sauvages, qui ont rejeté la tyrannie du couple et ne veulent pas être transformés en animal pour autant. Cette improbable tribu a pour chef une jeune femme autoritaire et très bien organisée. David va vite s'apercevoir que ce groupe suit des règles presque aussi contraignantes que celui qu'il a quitté. Mais il va aussi y faire une rencontre déterminante, celle d'une femme myope (Rachel Weisz, géniale, comme dans Agora), avec laquelle il va nouer une relation aussi intense que (nécessairement) discrète...

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   Que dire de plus ? Le scénario est béton, les dialogues d'une grande finesse d'écriture et les interprètes excellents. La mise en scène est au cordeau : le réalisateur réussit à suggérer l'étrangeté ou le malaise à partir de plans a priori anodins. Mais, attention : c'est extrêmement morbide.

23:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 04 novembre 2015

Maryland

   Il y a trois ans, Alice Winocour s'était fait remarquer avec Augustine, une fiction à caractère historique très maîtrisée. Une relation homme-femme asymétrique est de nouveau au coeur de l'intrigue. L'homme est Vincent, un soldat français, de retour d'Afghanistan, souffrant sans doute de stress post-traumatique. Il est interprété par l'excellent Matthias Schoenaerts, révélé par Bullhead, vu récemment dans Suite française et Quand vient la nuit.

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   Dans l'attente de l'autorisation de repartir sur le terrain, le héros rejoint un pote et quelques collègues, qui assurent la sécurité de soirées VIP. Un jour, au coeur d'une immense propriété appelée Maryland, il croise Jessie,  l'épouse du client, une femme sublime dont la robe ne laisse rien ignorer des courbes parfaites de son corps. Elle est incarnée par Diane Kruger, d'abord confinée dans le rôle d'un objet précieux.

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   L'histoire se complique parce que Vincent va capter une partie d'une conversation dont le sujet n'est pas des plus vertueux. A partir de là, par petites touches, la réalisatrice instille le doute. Le jeune homme perçoit-il réellement les signes d'une catastrophe imminente, ou bien ses sens sont-ils perturbés par le mal dont il souffre ?

   La relation entre les deux personnages principaux va évoluer... et l'on découvre une Jessie plus "quotidienne", qui n'hésite pas à porter une banale culotte survêtement et s'inquiète pour son fils. On se pose quand même des questions à propos de Vincent : est-il en train de devenir un dangereux prédateur, ou bien ses qualités de soldat vont-elle sauver la vie de sa cliente ? Jusqu'à la fin, Alice Winocour laisse planer le doute sur ce que l'on voit et entend.

   C'est donc un très bon thriller, mis en scène avec brio (ah ces plans de derrière le crâne de Vincent...) et servi par une musique judicieusement choisie, suscitant le trouble ou l'angoisse. Ces dernières semaines, le cinéma français est décidément riche en bonnes surprises, avec les non moins remarquables Fou d'amour, L'Odeur de la mandarine, Par accident et Ni le ciel ni la terre.

21:12 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 03 novembre 2015

Suffisance radiophonique

   C'est dans la voiture que j'écoute le plus souvent la radio. Le matin, je passe d'une station à l'autre, en général France Inter ou France Culture (qui développe davantage les sujets internationaux). Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre ceci, aujourd'hui, vers 7h30 :



   Pour réécouter l'intégralité de la chronique de ce Charles Dantzig, il faut "charger" la "Matinale des écrivains" de France Cul' et se rendre à 1h03. On entendra l'écrivain commencer son propos par... une référence à son dernier livre ! (Un peu d'autopromotion ne peut pas faire de mal...)

   Plus dérangeants sont ses raccourcis historiques. Les motivations de Gavrilo Princip (l'auteur de l'attentat de Sarajevo) sont autrement plus complexes (et débattues) que ce qui ressort de cette chronique écrite à la hâte... trop même, puisque, dans sa précipitation, Charles Dantzig a omis de vérifier les détails de la biographie de l'ancien Premier ministre israélien Menahem Begin, mort dans son lit (en 1992) et pas sous les coups d'un fanatique.

   L'écrivain l'a sans doute confondu avec Yitzhak Rabin, dont on commémore actuellement le vingtième anniversaire de la disparition. Le journaliste de France Culture s'est bien gardé de relever cette erreur. Il a même conclu l'intervention de l'invité par un peu de publicité pour son oeuvre.

   Une question demeure : le journaliste (Guillaume Erner) s'est-il rendu compte de la bourde de son invité, ou bien n'a-t-il pas rectifié en raison de sa propre ignorance ?

lundi, 02 novembre 2015

Une Jeunesse allemande

   Ce documentaire est uniquement constitué d'un montage d'images d'archives (actualités, films, émissions télévisées...) de l'époque de la "bande à Baader", surnom donné à la Fraction Armée Rouge, un groupe gauchiste qui a versé dans le terrorisme.

   L'intérêt est de confronter des sources différentes, certaines favorables aux révolutionnaires, d'autres hostiles. Autant le dire tout de suite : on sent derrière l'apparente objectivité du documentariste une évidente sympathie pour ces jeunes intellectuels devenus sanguinaires.

   J'ai franchement eu du mal au début. On nous sert un fatras de considérations marxisantes, dans un écrin pas très joli : c'est du format télé "gonflé" pour tenir sur un écran de cinéma. On découvre néanmoins les futurs protagonistes avant qu'ils ne deviennent des terroristes. On n'a toutefois pas interrogé leurs origines familiales. Il me semble que beaucoup des meneurs ont perdu au moins un de leurs parents jeunes. Il aurait fallu creuser sur la psychologie de ces intellos de gauche, peut-être pas très à l'aise avec la manière dont les membres de leur famille ont traversé le IIIe Reich.

   Il est toutefois une figure qui se détache nettement de la grappe de révolutionnaires : Ulrike Meinhof. Ses propos dénotent incontestablement une intelligence plus élevée que celle de ses comparses. Elle avait un discours structuré et, contrairement à d'autres, n'était pas narcissique. On la découvre jeune journaliste dans une revue "rebelle", Konkret. Par contre, le film peine à expliquer le passage à la violence la plus extrême. Il se limite à mettre en regard la brutalité de la répression judiciaire et policière. Cela ne suffit pas.

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   L'autre intérêt de la mise en lumière d'Ulrike Meinhof est la place accordée à la question féminine par une intellectuelle de gauche. On sent qu'elle a compris que, dans son propre camp, l'esprit phallocrate n'est pas absent. Un peu gênée lors d'un entretien, elle finit par se raccrocher à la lutte des classes comme meilleur moyen de faire triompher l'égalité des sexes, mais ce n'est guère convaincant.

   Le film ne cherche pas non plus à en savoir plus sur la mort des principaux leaders, supposés "suicidés" en prison. Pour Meinhof, le sens politique donné à cet acte est vraisemblable. Mais pour d'autres, on se demande si la pulsion suicidaire n'a pas été quelque peu "épaulée" par de secourables mains gantées...

   Je suis sorti de là mitigé. Ce n'est pas un "beau" film et, pour moi, le sujet n'est que partiellement traité.

   P.S.

   Sur le site du distributeur, on peut accéder à plusieurs documents complémentaires.