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samedi, 30 juillet 2022

La première femme vainqueure aux Jeux Olympiques

   Aujourd'hui, en lisant Le Monde, un détail a piqué ma curiosité. Au détour d'un article consacré à l'équipe états-unienne de cyclisme féminin, le nom de Cynisca est apparu. (Elle a été choisie pour dénommer la nouvelle équipe américaine.) Née sans doute vers 440 avant JC, elle a remporté à deux reprises la course de chars lors des Jeux Olympiques antiques, vraisemblablement en 396 et 392 avant JC.

   Certains de mes lecteurs, férus d'histoire, pourraient arguer de l'impossibilité de ces victoires, les femmes étant exclues de ces Jeux, des participants comme du public (sous peine de mort). En revanche, les femmes non mariées pouvaient participer à des jeux spécifiques, dits héréens (les Heraia).

   Ce serait négliger un détail : aux Jeux était déclaré vainqueur non le conducteur du char, mais son propriétaire (et entraîneur). Cynisca, sœur du roi de Sparte Agesilas II, a bel et bien possédé un équipage, à l'entraînement duquel elle aurait veillé. Les historiens ont longtemps débattu du rôle réel de cette aristocrate. Les auteurs de l'Antiquité (souvent misogynes) avaient tendance à présenter la candidature de Cynisca comme un moyen pour son frère de ridiculiser les Jeux et leur prétention à couronner une forme de « mérite ». Des études plus récentes (et plus poussées) tendent à montrer que Cynisca aurait agi avec une relative indépendance, sans doute avec le soutien discret et bienveillant de son frère, qui voyait là un moyen de rehausser le prestige de sa cité et de sa lignée. Il convient donc de se garder de tout anachronisme : les victoires de l'équipage de Cynisca sont celles d'une Spartiate et d'une (riche) aristocrate plus que celles d'une femme.

   Elle a été glorifiée de son vivant et après sa mort, avant de tomber progressivement dans l'oubli. D'autres femmes réussirent à inscrire aussi leur nom au palmarès : la Spartiate Euryléonis et la Macédonienne Bérénice, devenue reine d’Égypte.

   Cynisca n'a pas attendu le XXIe siècle pour voir son image utilisée à des fins féministes. Ainsi, au début du XIXe siècle, l'écrivaine Sophie de Renneville (qui a notamment participé à l'Athénée des dames) l'a représentée en conductrice de char :

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   Si vous avez lu attentivement le début de ce billet, vous savez que cette représentation est mensongère, puisque les femmes ne pouvaient pas participer aux Jeux Olympiques. Peut-être faut-il plutôt y voir une allégorie...

   Plus récemment, à l'occasion des Jeux de Tokyo, une série a été produite, sous forme de mini-manga. Elle met en scène Moa, une adolescente sportive (sans doute japonaise), qu'un génie facétieux (baptisé Oly) envoie régulièrement dans l'Antiquité. L'un des épisodes lui fait rencontrer Cynisca :

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   Dans cette historiette, si l'on voit à plusieurs reprises l'héroïne conduire un char, c'est dans la vie quotidienne et à l'entraînement (ce qui est plausible). Pas en compétition. (C'est la tâche assignée au jeune garçon se trouvant à sa droite, qu'elle va devoir former.) Toutefois, ce petit film est entaché de deux erreurs majeures : Cynisca y assiste à la course finale (faux) et elle semble être âgée (au plus) d'une vingtaine d'années, la moitié de son âge à l'époque des faits.

 

mercredi, 27 juillet 2022

Notre héritage commun

   C'est le titre français d'une exposition itinérante, qui se déplace entre la Lorraine, la Belgique et l'Allemagne, depuis l'an dernier. Ces jours-ci (et jusqu'au 9 août 2022), elle se trouve dans le village de Spincourt, situé à une trentaine de kilomètres de Verdun (au nord-est).

   Elle est composée de deux séries d'éléments. La première est une projection immersive (images et sons), organisée dans un conteneur (!) aménagé spécifiquement à cet effet. On y entre par tout petits groupes (4 personnes). On déambule entre des écrans et des miroirs sur lesquels sont projetés des documents d'époque (le début du XXe siècle, la Première Guerre mondiale, l'Entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale). Cela dure environ un quart d'heure et c'est suffisamment grand public pour capter l'attention d'une personne qui n'y connaît pas grand chose (expérience faite avec mon accompagnatrice). Si l'on s'intéresse à cette époque de l'histoire, on y trouvera évidemment son compte.

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   La seconde partie de l'exposition se trouve à l'extérieur, juste à côté du conteneur, pas très loin de la mairie du village. Ce sont des panneaux assez classiques, garnis d'illustrations d'époques (photographies, cartes, affiches de propagande...) accompagnées de textes explicatifs (en français, anglais, allemand et flamand semble-t-il). C'est un peu plus destiné aux passionnés d'histoire, mais, en flânant, chacun peut y trouver son bonheur. Les panneaux abordent les mêmes périodes historiques que la partie immersive, mais de manière différente. On a ajouté des informations sur la construction européenne, histoire peut-être de rappeler à des citoyens oublieux que, lorsque le nationalisme étroit l'a emporté sur l'esprit de coopération, notre continent a couru à sa ruine.

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   En semaine, le conteneur est accessible de 9h à 17h. Je crois que les samedis et dimanches, les horaires sont légèrement décalés (9h30-17h30)... et c'est gratuit !

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samedi, 23 juillet 2022

Cabu et le Vel' d'Hiv'

   Je viens de lire le catalogue rééditant des dessins publiés en 1967 par feu Jean Cabut, caricaturiste de talent victime il y a quelques années du fanatisme religieux. A l'occasion d'une exposition (visible au Mémorial de la Shoah jusqu'en novembre prochain), les éditions Tallandier ont décidé de ressortir cette brochette de croquis en noir et blanc, assortie d'une présentation et d'explications d'un historien, Laurent Joly (aussi auteur d'un intéressant bouquin pointant les approximations d'Eric Zemmour concernant la Seconde Guerre mondiale).

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   Pour celles et ceux qui connaissent un peu l’œuvre de Cabu (et qui n'avaient jamais vu ces dessins auparavant), c'est d'abord l'étonnement qui va se manifester, tant leur style diffère du gros de la production du caricaturiste. C'est donc très original... et superbe. Mon préféré est une scène d'arrestation et de fuite, au cœur de Paris :

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   La gestion du cadre (et de la perspective), la gestuelle des personnages et le jeu sur le noir et blanc sont d'une brillante sobriété.

   Apparemment, les lecteurs ont été souvent marqués par les scènes de groupe, dans la rue, au niveau des bus ou au sein du Vélodrome d'Hiver. Cabu s'est évertué à donner un visage à chaque personne arrêtée, négligeant volontairement les témoins et les policiers, très peu présents sur les croquis.

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   Les commentaires de Laurent Joly pointent ici et là quelques approximations du dessinateur, liées à l'état des connaissances historiques à l'époque (1967). Ainsi, pour réaliser l'un des croquis représentant l'intérieur du Vel d'Hiv (avec les personnes arrêtées), il s'est inspiré d'une photographie montrant... des collabos, incarcérés à leur tour, en 1944.

   Le bouquin (et, sans doute, l'exposition) n'en reste(nt) pas moins d'une grande qualité.

   On peut compléter cette lecture par celle d'une série d'articles publiée dans Le Monde : « Les miraculés du Vel' d'Hiv ». Autant que les victimes et les collabos, cet ensemble de papiers évoque les rescapés, les évadés, les chanceux... et les bons samaritains qui ont fait honneur à notre pays.

   On retrouve certains des témoignages utilisés dans ces articles dans un podcast de France Culture (en huit parties) : « La rafle du Vel d'Hiv, récits d'un crime français ».

   On peut compléter avec un autre podcast (lui aussi en huit parties), de France Inter celui-là : « La rafle du Vel d'Hiv, une affaire d’État ». On le doit à Stéphanie Duncan, une habituée des émissions historiques sur cette chaîne.

 

dimanche, 17 juillet 2022

Thor : Love and Thunder

   Il y a un peu plus de quatre ans, Taika Waititi avait revigoré la saga de l'homme au marteau avec Thor : Ragnarok, à l'humour salutaire. Depuis, il s'est un peu emmêlé les pinceaux, dans Jojo Rabbit. J'attendais donc de voir ce que donnait la dernière mouture des aventures de celui que Robert Downey Junior (à jamais Iron Man) surnommait « Point Break ».

   Le début est engageant. On découvre Gorr, le futur méchant de l'histoire, dans un monde désertique où les humains ont coutume de graver et dessiner sur des roches. (C'est l'occasion de signaler que le réalisateur a des origines néo-zélandaises maories et que le film est coproduit par l'Australie. On pense évidemment à la culture aborigène.) Dans le rôle, Christian Bale est méconnaissable... et c'est peut-être le seul comédien à tirer son épingle du jeu, dans ce film boursouflé, mal fagoté, souvent mal dialogué... et pas très bien joué.

   Cela se voit dès la séquence suivante, au cours de laquelle on retrouve les Gardiens de la galaxie. Ma joie fut de courte durée, tant les interactions entre Thor et les membres de cette confrérie sont ratées. (Je supplie les producteurs de chez Marvel - nombreux à lire ce blog - de ne surtout pas confier cette franchise à Taika Watiti ; il serait capable de la saboter.) En revanche, la scène d'action qui suit est bien foutue. Je conservais donc de l'espoir pour la suite.

   Le problème est que cette suite est sans intérêt (ou presque). On a l'impression que certains acteurs font un peu ce qu'ils veulent sur le plateau. Chris Hemsworth est statufié, se contentant de prendre la pose. Son histoire d'amour avec Thorette Jane Foster est complètement ratée. Les dialogues (entendus en français) sont mauvais et débités sans conviction. Natalie Portman (qui pourtant disposait d'un personnage assez riche) fait ce qu'elle peut, mais le résultat n'est guère enthousiasmant. Que dire de Russel Crowe... qui semble tout droit sorti d'un EHPAD pour obèses, ayant visiblement consommé quelques dizaines de bières avant d'entrer sur le plateau. Quant à l'énorme potentiel du personnage de Valkyrie (Tessa Thompson, venue toucher son cachet), il est sous-exploité (pour ne pas dire pas exploité du tout). Même les scènes de bagarre lassent : elles font intervenir des effets spéciaux vus et revus, à ceci près que, désormais, une femme et des enfants noirs disposent -temporairement- des pouvoirs de Thor. Il faut que Gorr/Bale soit à l'écran pour que l'intensité dramatique remonte.

   Aux amateurs/trices, je signale toutefois qu'un joli moment cocasse est inséré dans la séquence « olympienne », Thor s'y retrouvant dans le plus simple appareil. (Je précise qu'à ce moment de l'action, il a recouvré la puissante musculature qui fait rêver tous les abonnés des salles de fitness.) J'ai aussi apprécié la relation quasi conjugale qu'il entretient avec sa nouvelle hache magique... alors qu'il en "pince" encore pour Mjöllnir, désormais entre les mains de Jane.

   Sur le fond, on comprend l'analogie entre le déroulé de l'intrigue et le projet « artistique » de Taika Waititi. Gorr veut tuer les dieux et il contribue à les humilier. Le cinéaste lui veut déconstruire la mythologie super-héroïque, mais il le fait avec des moufles et un consternant manque de rigueur.

   A celles et ceux qui seraient tentés de se précipiter hors de la salle dès la fin du film, je signale que le générique comporte deux scènes additionnelles. Dans la première, on voit papa Zeus (furieux d'avoir été ridiculisé par Thor) encourager son fiston Hercule à le venger. (On nous prépare donc une suite...) La seconde scène est un bref dialogue entre Jane Foster et Heimdall... dans un autre univers.

  

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vendredi, 15 juillet 2022

Les Nuits de Mashhad

   Tourné en farsi, mais en Jordanie (et en Turquie semble-t-il), ce film "iranien" est en réalisé une coproduction franco-germano-suédo-danoise... et le pouvoir en place à Téhéran a fait savoir à quel point cette œuvre lui déplaisait.

   De quoi s'agit-il ? D'un polar... iranien, sorti l'été, où il est question de drogue... Cela ne vous rappelle rien ? Bon sang, mais c'est bien sûr ! La Loi de Téhéran, l'un des meilleurs films de 2021. La différence est qu'ici, on n'a pas le point de vue de la police, mais de prostituées, d'une journaliste... et d'un assassin.

   Inspirée d'une histoire vraie, l'intrigue croise les regards. On suit d'abord une prostituée, mère de famille, accro à l'opium, très maquillée. On passe ensuite au point de vue du tueur, que l'on ne voit que fugacement. Un indice nous est donné : une bague, portée à l'annulaire gauche (sans doute en signe de piété). Le problème est qu'au moins trois hommes peuvent faire figure de suspect : un artisan-maçon (vétéran de la guerre Iran-Irak), un officier de police (harceleur) et un juge (religieux... et hypocrite). Assez vite, les spectateurs vont savoir qui est le coupable, puisque le mystère autour de son identité n'est pas le propos principal du film. (A plusieurs reprises, on se demande toutefois s'il n'y a pas un second tueur, qui aurait profité de la série de crimes pour y ajouter le sien.)

   Le réalisateur s'intéresse au vécu de l'assassin... et à la traque menée par une journaliste intrépide (imprudente, même). Celle-ci est incarnée par Zar Amir Ebrahimi, qui a obtenu le prix d'interprétation à Cannes, cette année. (Il est vrai que la comédienne est formidable.) On a aussi droit à un portrait de société, une partie des habitants de Mashhad/Mechhed (la deuxième ville du pays, abritant des lieux saints de l'islam chiite) se montrant favorable à l'action du tueur, qui débarrasse la ville de "putes indésirables".

   Le scénario ménage donc des surprises, mais pas forcément là où on l'attendait. Au niveau de la mise en scène, c'est assez cru, limite putassier parfois. On sent la volonté de montrer des images chocs (notamment dans les scènes de meurtre), sans que cela apporte grand chose à l'intrigue. Sur le fond, ces ajouts ne sont pas neutres. En général, ils sont dégradants pour les victimes. On se demande parfois dans quelle mesure le regard du réalisateur diffère de celui du tueur présumé. Heureusement, le combat de la journaliste vient contrebalancer cet aspect. Mais tout le monde en prend pour son grade. C'est peut-être une manière, pour le metteur en scène, de détourner les attaques le présentant comme un "valet de l'Occident".

   Quoi qu'il en soit, c'est un bel ouvrage, d'une force indéniable, à voir en dépit de certains aspects contestables.

   P.S.

   Récemment, un autre fait divers scabreux (une série de viols) a défrayé la chronique, en Iran.

La Nuit du 12

   Ce polar avait été proposé en avant-première au récent Festival de cinéma de La Rochelle. Il a été réalisé par Dominik Moll, un cinéaste dont la filmographie est parcimonieuse, mais dans laquelle on trouve deux pépites : Harry, un ami qui vous veut du bien et, plus récemment, Seules les bêtes.

   Il s'agit donc d'un polar, dont l'intrigue est inspirée d'une histoire vraie, celle d'une jeune femme morte brûlée vive, dont l'assassin a donné du fil à retordre aux enquêteurs. Le film est centré sur ceux-ci, des officiers de police judiciaire aux tempéraments différents, mais qui constituent une équipe efficace. Au début de l'histoire, c'est un jeune capitaine, Yohan, qui en prend les rênes. Il est posé, peu causant, mordu de boulot... et cycliste. Ce policier célibataire obsédé par la traque des criminels décompresse le soir, en enfilant les tours de piste sur son deux-roues. Il est sobrement incarné par Bastien Bouillon, plutôt abonné aux seconds rôles jusqu'à présent (par exemple dans Jumbo).

   Notons qu'au départ c'est une équipe de mecs, dont aucun ne semble connaître une vie conjugale apaisée... à part un petit jeune, qui annonce son futur mariage. On nous a évité le coup de l'alcoolisme, mais l'on sent toutefois que ce boulot s'apparente à une entrée dans les ordres. L'un des membres de l'équipe, Marceau (Bouli Lanners, très bien), supporte de plus en plus mal ce mode de vie.

   On suit quasi quotidiennement la progression de l'enquête. Le film se fait documentaire dans la description du travail des policiers. C'est aussi un portrait social des habitants d'un quartier pavillonnaire de classe moyenne. C'est surtout un polar psychologique, où ce qui se passe dans la tête des personnages compte au moins autant que ce que l'on voit à l'écran. C'est mis en scène avec efficacité et subtilité. Qu'on ne s'attende pas à de grands effets de manche.

   L'enquête piétine, au point de devenir un cold case. Sous l'impulsion d'une juge pugnace (Anouk Grinberg... une revenante !), l'enquête est relancée trois ans plus tard...

   C'est prenant, même si je trouve que le film n'exploite pas tous les aspects de l'intrigue. Certains spectateurs trouveront la conclusion décevante, mais elle est parfaitement dans le ton de l'histoire.

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mercredi, 13 juillet 2022

Rifkin's Festival

   Il a donc fallu attendre près de trois ans (après la sortie d'Un Jour de pluie à New York) pour voir le nouveau Woddy Allen en salles. Sans surprise, le cinéaste y parle de lui, du sens de la vie, de l'amour, de la mort... et du petit monde du cinéma.

   Mort Rifkin (Wallace Shawn) est le double d'Allen, un petit vieux dingue de cinéma, à la langue bien pendue. Enseignant (et écrivain raté), il accompagne son épouse (interprétée par Gina Gershon) au festival de San Sebastien, où elle va piloter la présentation du nouveau film d'un réalisateur français à la mode (et prétentieux), incarné par Louis Garrel. Dès le début, on sent que le mariage bat de l'aile. Hypocondriaque, Mort perçoit des symptômes de maladie en lui dès que la jalousie le gagne. En revanche, à partir du moment où il côtoie la ravissante (et cinéphile) doctoresse espagnole (Elena Anaya), il se sent beaucoup mieux... Comme on peut le constater, rien de nouveau sous le soleil allénien. Des couples se forment et se déforment... On évoque même à un moment la possibilité d'un « ménage à trois » (en français dans le texte).

   Ce n'est pas aussi bon que les meilleures comédies de Woody, mais c'est souvent drôle, en particulier grâce aux dialogues. Mine de rien, le sympathique Mort aime bien balancer quelques vacheries, notamment pour tourner en ridicule certaines postures adoptées par la faune du festival.

   C'est aussi (et surtout) un hommage au cinéma, aux cinémas même, à travers les rêves de Mort (joliment tournés en noir et blanc), qui détournent des scènes de films connus des cinéphiles pour les adapter à sa propre vie. J'ai beaucoup aimé la manière dont il utilise le "Rosebud" de Citizen Kane (d'Orson Welles). On reconnaît aussi des pastiches de films de Jean-Luc Godard (A bout de souffle), de François Truffaut (Jules et Jim), de Luis Bunuel (Le Charme discret de la bourgeoisie ou Le Fantôme de la liberté, j'ai un doute), d'Ingmar Bergman (peut-être Scènes de la vie conjugale... et, surtout, Le Septième Sceau).

   Au niveau de la direction d'acteurs, ce n'est pas toujours top, mais les effets comiques passent bien. Quelques visages connus font une courte apparition, en général marquante : Sergi Lopez en peintre érotomane dingo, Christoph Walz en joueur d'échecs très particulier... On est aussi ému, parce qu'à travers Mort Rifkin, Woody, le cinéaste aux cinquante films, se demande s'il est parvenu à réaliser ne serait-ce qu'un chef-d’œuvre.

16:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 12 juillet 2022

Le FEMA 2022 (fin)

   Pour moi, le festival s'est terminé par une dernière séance avec Audrey Hepburn :

DIAMANTS SUR CANAPÉ (de Blake Edwards)

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   Le film est célèbre notamment pour la scène introductive, qui voit une élégante jeune femme sortir d'un taxi, à New York, au lever du jour, et se planter devant la vitrine d'une boutique, un café à la main. Prise au premier degré, elle symbolise un certain chic... mais le titre d'origine du long-métrage (Breakfast at Tiffany's) est ironique : la boutique en question n'est en rien alimentaire : c'est une bijouterie (le collier porté par la jeune femme étant du toc). De plus, le petit-déjeuner de l'héroïne Holly (Audrey Hepburn, une fois de plus belle à tomber) n'a rien de luxueux : il est composé d'une viennoiserie et d'un café sans doute achetés au coin de la rue. L'apparence clinquante masque une grande précarité chez ce personnage, sur le plan matériel comme sur le plan affectif.

   En dépit de l'élégance affichée et de la romance qui sert de trame à son intrigue, ce film détonne dans la filmographie d'Audrey Hepburn. (D'ailleurs, au départ, ce n'était pas elle qui était prévue pour le rôle.) Elle y incarne un personnage pas tout à fait sympathique. N'ayons pas peur des mots, c'est une michetonneuse, qui cherche à se faire épouser par un héritier qu'elle pourrait mener par le bout du nez. Elle est rattrapée par son caractère bon enfant, une certaine gentillesse et une part de naïveté. C'est sans doute ce qui séduit son nouveau voisin, Paul Varjak, incarné par George Peppard, que les téléspectateurs français connaissent sous l'identité d'Hannibal, dans la série Agence tous risques. (Notons qu'une fois n'est pas coutume, le principal partenaire masculin de l'actrice n'est pas un comédien beaucoup plus âgé qu'elle.)

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   Le film est entraînant, bien rythmé par la musique d'Henry Mancini. Il alterne les moments de gaité folle et d'autres, plus sombres. Du côté joyeux, il y a les péripéties rocambolesques de la vie quotidienne des personnages... même si celui du voisin japonais acariâtre est vraiment trop caricatural. (Il est incarné par Mickey Rooney, que Blake Edwards avait dirigé dans son show télévisuel.) Se distingue la soirée organisée au domicile d'Holly, qui part en vrille. (Quelques années plus tard, Blake Edwards allait réaliser The Party, toujours avec une musique d'Henry Mancini.)

   Sur le fond, le film est assez dur. On finit par comprendre que l'héroïne a eu une enfance et une adolescence difficiles... et qu'elle n'a pas toujours été aussi jolie. Désormais dotée d'armes pour mener sa barque, elle est prête à se compromettre pour maintenir son mode de vie de fêtes et de paillettes. L'apprenti-écrivain n'est pas mieux loti : il vit aux crochets de sa maîtresse, une femme mariée qui le soutient dans ses projets littéraires... et profite de son corps.

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   Pour compléter le tableau, il manque un personnage important : le chat. Recueilli par l'héroïne, il n'a pas de nom. Il est à la fois son double (c'est un bâtard des rues) et son compagnon (il vit avec elle, contrairement aux hommes qu'elle fréquente). A un moment, on comprend qu'il pourrait aussi symboliser Paul, l'homme tendre, amoureux transi qui n'attend que ses caresses... mais est-ce ce que veut réellement Holly ?

   P.S.

   Ce chat de cinéma a un nom : Orangey. Sa carrière à Hollywood fut assez longue, sans doute en raison de sa docilité... dès que la caméra fonctionnait. En revanche, hors tournage, il paraît que l'animal était assez capricieux. En tout cas, dans ce film, il lui arrive beaucoup de choses... l'animal finit même trempé !

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dimanche, 10 juillet 2022

Le FEMA 2022 (4)

   J'ai passé un dimanche très classique, en compagnie des deux principales vedettes du festival : Audrey Hepburn et Alain Delon.

CHARADE (de Stanley Donen)

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   Dans ce film sorti en 1963, l'actrice britannique retrouvait le réalisateur de Drôle de frimousse (dont j'ai parlé vendredi), qu'elle recroiserait quelques années plus tard dans Voyage à deux. Son partenaire était de nouveau un acteur connu beaucoup plus âgé qu'elle : Cary Grant, qui succédait donc à Gregory Peck (Vacances romaines), Fred Astaire (dans Funny Face) et précédait Rex Harrison (dans My Fair Lady).

   Pour l'occasion, l'une des grandes salles du CGR du centre de La Rochelle était pleine à craquer, pour (re)voir un quasi-chef-d’œuvre, mêlant, comédie, romantisme et polar. Audrey y incarne Regina Lampert, veuve d'un homme d'affaires louche dont elle s'apprêtait à divorcer. Le problème est que celui-ci était poursuivi par un trio d'individus peu recommandables. Au fur et à mesure que le film avance, on s'aperçoit que le trio est en fait un quatuor... et peut-être même un quintet. L'intrigue est complexe, bien menée.

   L'héroïne tente d'échapper aux poursuivants de son mari, grâce au séduisant Peter Joshua (Cary Grant), qui repousse régulièrement ses avances... mais n'arrête pas de lui mentir. L'un des gags récurrents porte sur l'identité adoptée par Joshua. Le seul élément commun à tous ses alias est qu'il s'est déjà marié... mais a divorcé ! L'autre comique de répétition porte sur l'utilisation des mots "espion" (spy) et "agent" quand Regina rencontre le représentant de la CIA. Je recommande aussi tout particulièrement la scène des funérailles du mari...

   C'est à la fois, drôle, mystérieux, romantique sans être nunuche. La musique d'Henry Mancini est entraînante, parfaitement adaptée aux circonstances de l'action. Bref, j'ai adoré... et j'ai l'impression que le reste de la salle aussi !

 

MÉLODIE EN SOUS-SOL (de Henri Verneuil)

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   Dans le cadre de l'hommage à Alain Delon, le FEMA a programmé une grande diversité de films jalonnant la carrière de l'acteur, qui a côtoyé certains des plus grands réalisateurs de son époque. Vendredi, j'ai évoqué Monsieur Klein (de Losey). Du côté des metteurs en scène français, les festivaliers ont pu se régaler avec des œuvres de Jacques Deray (Flic Story, Borsalino), René Clément (Plein soleil), Jean-Pierre Melville (Le Samouraï, Le Cercle rouge, Un Flic), Bertrand Blier (Notre Histoire) et donc Henri Verneuil (Le Clan des Siciliens).

   C'est un polar à l'ancienne, à la française (façon « cinéma de papa »), avec des dialogues de Michel Audiard et une pléiade d'acteurs de talent. Delon y incarne parfaitement un jeune con qui cherche à s'affirmer et qui va imprudemment s'amouracher. Il a en face de lui « le patron », Jean Gabin, gabinesque au possible. Parmi les seconds rôles, on trouve Viviane Romance, Maurice Biraud, Henri Virlojeux... et même le jeune Jean Carmet, que les festivaliers ont déjà pu croiser dans Sac de nœuds (le film de Josiane Balasko dont j'ai parlé jeudi), où il incarne un pharmacien peu conventionnel.

   Mélodie en sous-sol nous raconte l'histoire d'un casse audacieux (qui a sans doute inspiré les auteurs de la série de film Ocean's), de sa préparation à son exécution qui, on s'en doute, ne va pas se dérouler tout à fait comme prévu. Les personnages sont bien travaillés, entre l'ex-taulard vieillissant qui veut partir en beauté, le petit jeune qui veut jouer dans la cour des grands et le beau-frère plus pépère, mais qui se laisse tenter. D'un point de vue sociologique, les spectateurs du XXIe siècle observeront avec intérêt la mutation de la commune de Sarcelles, ex-périphérie campagnarde de Paris transformée en ZUP.

   Au niveau de la mise en scène, c'est brillant, en particulier dans la séquence finale, autour de la piscine. Si des jeunes cinéphiles veulent découvrir du cinéma populaire français de qualité, alors ils ont frappé à la bonne porte.

23:59 Publié dans Cinéma, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 09 juillet 2022

Le FEMA 2022 (3)

   La chaleur s'accentue à La Rochelle, bondée de vacanciers en ce début de week-end. Pour accéder aux salles projetant les films du festival, il fallait faire preuve de patience, voire d'abnégation... mais cela en valait la peine.

LA ROSE ET LA FLÈCHE (de Richard Lester)

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   Je n'avais jamais vu ce film (sorti en 1976), dont le titre anglais est Robin and Marian, le premier étant bien entendu la flèche, la seconde, la rose. (Notez que dans les deux langues on ne place pas le même protagoniste en premier.) Dans les rôles, on retrouve avec plaisir Sean Connery et Audrey Hepburn, pour lesquels l'heure de gloire était passée à l'époque. Le premier avait quitté le costume de James Bond depuis quelques années, en attendant le véritable rebond de sa carrière, dans la deuxième moitié des années 1980. La seconde s'était volontairement éloignée des plateaux de cinéma, préférant se consacrer à l'action caritative.

   Ce fut paradoxalement un excellent choix pour incarner un Robin des Bois et une Marianne "vingt ans après", façon Alexandre Dumas. En général, les œuvres de fiction s'arrêtent à la formation de ce couple mythique, laissant les spectateurs imaginer qu'ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants...

   Ici, pas vraiment. On apprend que, distingué par le roi Richard Cœur-de-Lion, Robin a rapidement quitté l'Angleterre vingt ans auparavant, pour se lancer dans les croisades. De son côté, Marianne, lasse de l'attendre (ou d'attendre de recevoir la nouvelle de sa mort), a pris le voile. De plus, on a clairement voulu montrer que les héros mythiques avaient pris un petit coup de vieux. On retrouve un Robin certes vaillant et bien bâti, mais sale, dégarni sur le dessus et grisonnant. De son côté, Marianne semble avoir moins subi les affres du temps : quand on découvre son visage émergeant de sa coiffe de bonne sœur, on croit voir l'héroïne de My Fair Lady, avec, dans le regard, cet éclair de malice hélas si peu présent ici. (Mais quelle horrible coiffure !) Car c'est sur le plan moral que ladite Marianne a pris un coup. Cela donne un film mélancolique, sur la jeunesse disparue, l'amour affadi, les espoirs envolés... quoi que. Les retrouvailles entre les deux ex sont assez cocasses, tout comme, globalement, la mise en scène de la vie des valeureux combattants. Richard Lester ne fait pas dans le grandiloquent, ni l'héroïsme à deux balles. (Ceci dit, il n'en avait peut-être pas les moyens budgétaires.) On semble avoir essayé de donner aux combats une touche plus réaliste que ce que l'on avait (à l'époque) coutume de voir sur les écrans. (Ce n'est qu'à moitié réussi...) Je pense que cet aspect, ainsi que la volonté de « casser le mythe », ont rebuté beaucoup de spectateurs (Richard Cœur-de-Lion est représenté en gros connard et Robin en quasi-adolescent attardé)... Pas à La Rochelle toutefois, puisque le film a fait salle comble et a visiblement enchanté le public.

 

L'OMBRE DE GOYA PAR JEAN-CLAUDE CARRIÈRE

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   Projeté en avant-première, ce documentaire a l'ambition de faire mieux connaître l’œuvre du peintre Francisco de Goya, à travers le regard que l'ancien scénariste de Luis Buñuel portait sur lui, juste avant sa mort.

   Première remarque : dans les dernières années de sa vie, Jean-Claude Carrière avait conservé une belle vivacité d'esprit et son talent de conteur, avec sa voix à nulle autre pareille. En dépit de l'incontestable affaiblissement dont souffre l'octogénaire à l'écran, c'est toujours un plaisir de l'entendre narrer des anecdotes bien choisies ou analyser tel tableau.

   Cela m'amène à la deuxième qualité du film : la reproduction d’œuvres picturales (tableaux, gravures, dessins, tapisseries...) sur très grand écran, en haute définition. Le tout est commenté par une brochette de spécialistes français, espagnols, américains... C'est souvent passionnant, notamment lorsqu'on évoque les conséquences de sa surdité ou quand des ponts sont établis avec des peintres postérieurs. (De mon côté, au XXe siècle, je vois plus une filiation avec Dali qu'avec Picasso.)

   Je termine par une réserve : la volonté perceptible de ne pas égratigner le peintre espagnol, qui a tout de même plusieurs fois retourné sa veste durant sa vie. Pour moi, il a eu tendance à servir les puissants... et pas forcément des progressistes.

   Le documentaire n'en est pas moins tout à fait recommandable.

 

   Je termine cette note par un volet paysager. La Rochelle est riche en « pièges à touristes », mais il en est un auquel j'ai volontiers cédé : la Grande Roue, située entre la gare SNCF et le vieux port, à proximité des lieux où se déroule le FEMA. Pour cinq euros, on a droit à trois tours, au cours desquels il est possible de prendre de bien belles photographies... par temps dégagé. Un conseil : c'est plus tranquille le matin.

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vendredi, 08 juillet 2022

Le FEMA 2022 (2)

   Confrontés à la chaleur rochelaise, les cinéphiles se sont encore rués dans les salles obscures climatisées, aujourd'hui. Il va donc être question de deux monstres sacrés... et de culture historique.

MONSIEUR KLEIN (de Joseph Losey)

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   Parfois, une pointure américaine est nécessaire à la réalisation d'un grand film français. Alain Delon s'était financièrement et artistiquement beaucoup investi dans ce qui fut à l'époque un échec commercial. C'est pourtant l'un des meilleurs films francophones sur la Shoah, de surcroît une œuvre qui, en 1976, n'hésitait pas à montrer à l'écran le rôle des policiers et gendarmes français dans la déportation des juifs.

   La distribution fourmille d'acteurs épatants, à commencer par Alain Delon, très bon en marchand d'art catholique, cynique et coureur de jupons, qui mène la belle vie dans la France occupée de 1942. Il est entouré de Michael Lonsdale, Jeanne Moreau (que j'ai connue meilleure), Jean Bouise, Suzanne Flon, Michel Aumont, Gérard Jugnot, Étienne Chicot...

   La première séquence (celle d'un examen médical très spécial) est glaçante... et présente parfaitement le contexte.

   Les ennuis du héros commencent le jour où il reçoit un courrier destiné à un autre Robert Klein, juif. Sa curiosité (savoir qui est cet autre « Monsieur Klein ») va attirer l'attention des autorités policières françaises, à tel point que le héros finit par se demander s'il n'est pas l'objet d'une machination. Une autre possibilité est qu'un secret familial se cache derrière cet apparent quiproquo. Si les parents de Klein sont catholiques, qu'en était-il des grands-parents ? Et ces lointains cousins néerlandais ?...

   C'est la grande habileté du scénario que de mêler la persécution des juifs à une énigme policière, le héros se faisant enquêteur pour son propre compte. La réponse est-elle détenue par la compagne de l'autre Klein ? Encore faudrait-il retrouver cette femme, personnage insaisissable, prénommée tantôt Isabelle, tantôt Cathy, tantôt Françoise...

   La mise en scène est assez brillante, suscitant l'inquiétude et le mystère. En cette période trouble (qui s'arrête en juillet 1942...), les individus sont susceptibles d'être broyés par l'Histoire, même quand ils pensent pouvoir lui échapper.

   Pour celles et ceux qui ne l'auraient jamais vu, c'est un film à découvrir absolument. On y voit le talent d'Alain Delon sous un autre jour.

 

VACANCES ROMAINES (de William Wyler)

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   Sortie en 1953, cette comédie romantique, scénarisée par Dalton Trumbo, a fait connaître Audrey Hepburn au grand public... et lui a valu le seul Oscar de sa carrière. La comédienne y incarne une princesse issue d'un pays qu'on présume soit nord-européen, soit est-européen. Le temps d'une journée et de deux nuits, elle échappe au protocole et rencontre un homme séduisant, en compagnie duquel elle découvre certains plaisirs de la vie...

   Très bien écrite, cette comédie est brillamment mise en scène par celui qui a réalisé, entre autres, Les Hauts de Hurlevent et Ben-Hur... et qu'Audrey Hepburn a retrouvé, par la suite, pour tourner La Rumeur et Comment voler un million de dollars. Cela commence merveilleusement bien avec une scène au cours de laquelle la princesse, évidemment magnifique, connaît quelques petits problèmes de chaussure, qu'il convient de masquer à l'assistance qui a les yeux rivés sur elle. A plusieurs reprises, on retrouve ce sens du détail comique, par exemple dès que les agents secrets (en civil) partis à la recherche de la princesse surgissent à l'écran. Celle-ci découvre la liberté en abandonnant les escarpins et en changeant de coiffure. Rétrospectivement, il est étonnant de constater combien les rôles de femme tentant de déjouer les contraintes sociales ont marqué la carrière d'Audrey Hepburn.

   Sur son chemin, la princesse en goguette croise un habile journaliste, incarné par Grégory Peck. Aux jeunes qui liraient ces lignes, je précise que cet acteur talentueux, intelligent et beau gosse était un peu le George Clooney de l'époque (en mieux). Dès que les deux personnages se rencontrent, les scènes sont traversées d'étincelles. Je pense à celle du coucher, dans l'appartement miteux du journaliste (qui fait subir à la princesse endormie un traitement qu'il m'est arrivé d'opérer sur une personne du beau sexe... rassurez-vous, rien d'illégal !). Les cinéphiles ont aussi en mémoire la cavalcade en scooter et, surtout, la soirée dansante sur le bateau... qui se termine de manière apocalyptique ! Sur le fond, cette romance se teinte d'amertume, puisqu'il est question des conventions sociales : en 1953, une histoire d'amour était-elle possible entre l'héritière d'un trône européen et un journaliste américain ? Je laisse à chacun(e) le loisir de le découvrir.

   Histoire de sortir un peu des salles de cinéma, je vous propose aussi une visite culturelle :

LE MUSÉE DU NOUVEAU MONDE

   Situé dans le centre historique de La Rochelle (à moins d'un quart d'heure du vieux port), il est hébergé dans une vieille bâtisse, l'ancien hôtel particulier Fleuriau, du nom d'une famille rochelaise qui s'était enrichie dans l'exploitation de plantations sucrières et le commerce d'esclaves.

   On l'aura donc compris, ce musée est consacré à l'histoire française de la colonisation et de l'esclavage, des prémices du XVIe siècle à la disparition partielle (au XVIIIe), en passant par la constitution du premier empire colonial, principalement au XVIIe siècle.

   Les panneaux explicatifs ne sont pas très nombreux ni compliqués à lire. Ils mettent en perspective de nombreux documents iconographiques et des objets du quotidien. Au rez-de-chaussée, il est question de l'esclavage et du rôle du port de La Rochelle. Le premier étage est consacré à la Nouvelle-France, le deuxième aux Indiens d'Amérique, aux États-Unis, avec une place importante consacrée aux travaux d'Edward Curtis, auquel nous devons de nombreuses photographies à caractère ethnographique. La visite se termine par l'Amérique vue par les Européens et des salles où nous sont racontées l'histoire de la famille Fleuriau et celle du bâtiment.

   L'entrée coûte six euros, les salles sont climatisées et l'une d'entre elles est équipée d'un distributeur d'eau fraîche (gratuit). On peut y passer une à deux heures. Cela vaut le coup.

jeudi, 07 juillet 2022

Le FEMA 2022 (1)

   Il s'agit de la cinquantième édition du festival de cinéma de La Rochelle, un festival sans compétition ni palmarès, avec quelques avant-premières, mais surtout  des ressorties et des hommages.

   Les œuvres (souvent restaurées) sont projetées en centre-ville, à proximité immédiate du vieux port, soit dans le CGR Dragon, soit dans le centre culturel La Coursive (dont les salles sont comparables à ce qu'on peut trouver, par exemple, à la Cinémathèque de Toulouse). A pieds, on se trouve à 10-15 minutes de la gare SNCF.

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   Le festival s'étend sur une dizaine de jours, du 1er au 10 juillet... la ville se préparant avec ardeur au retour prochain des Francofolies. Le programme du FEMA 2022 est alléchant, avec Alain Delon en tête de gondole, complété par une rétrospective Pasolini, une ribambelle de films d'animation est-européens et un hommage à Audrey Hepburn (qui est à la cause de mon séjour en Charente-Maritime).

   Mais commençons par une réédition qui, pour moi (et visiblement de nombreux festivaliers), fut une découverte :

SAC DE NŒUDS

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   C'est la première réalisation de Josiane Balasko (qui ne devait, au départ, qu'écrire le scénario), en 1984. A l'époque, les membres de l'équipe du Splendid sont auréolés de divers succès cinématographiques et théâtraux. Certains d'entre eux sont d'ailleurs venus faire un petit coucou dans le film de la copine... mais celle-ci a tenu bon contre le producteur d'origine, Claude Berri (qui s'est ensuite retiré) : elle voulait Isabelle Huppert (et non pas Anémone) pour principale partenaire. Toutes deux forment un duo aussi dissemblable qu'explosif : la bimbo et la clodo. La première est l'épouse battue d'un policier beauf (interprété par Daniel Russo). La seconde est une célibataire suicidaire, prête à tout. Toutes deux vivent dans un ensemble collectif. Leur rencontre totalement inattendue va faire d'elles des Thelma & Louise avant l'heure (le film de Ridley Scott datant de 1991).

   Dans leur périple, elles s'allient à un immigré qui vient de sortir de prison... un peu contre son gré (et dans la violence). Farid Chopel complète agréablement ce duo détonant. En cours de route, on va croiser une infirmière libérale alcoolique (Dominique Lavanant), un pharmacien rescapé des camps (Jean Carmet, sidérant), un "artisan-entrepreneur" du sexe (Coluche, tordant)... et une famille qui finit par se demander pourquoi le sort s'acharne sur elle. (La mère est interprétée par France Rumilly, l'inoubliable sœur Clotilde des Gendarmes.) C'est un film un peu foutraque, dont certaines scènes auraient mérité d'être rejouées, mais il fait preuve d'un humour corrosif réjouissant et il dénonce la situation faite aux femmes dans la société : victimes de la violence masculine, de l'exploitation sexuelle ou bien méprisées quand elles ne sont pas jugées assez "bonnes"...

   Les spectateurs attentifs remarqueront quel est le lien entre ce film et la star qui est à l'honneur lors de ce festival. Je peux juste dire qu'il est question de masturbation...

   Passons à présent à l'objet de mon désir.

MY FAIR LADY (de George Cukor)

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   Je ne suis pas un grand amateur de comédies musicales. Mais, jadis, quand j'ai vu ce film pour la première fois, j'ai été envouté par le principal personnage féminin, cette vendeuse de fleurs sortie du caniveau, capable de mystifier les gens du monde les plus soupçonneux. Audrey y est formidable, dès le début dans la séquence de rue, puis en apprentie plus ou moins assidue du connard goujat professeur Higgins, plus tard en demoiselle de bonne famille. Il y a des scènes que les cinéphiles attendent avec impatience : celle des "h" aspirés, celle de la chanson Just you wait (celle-ci avec la vraie voix de la comédienne), celle du bal bien entendu... mais, surtout, celle du champ de course, durant laquelle Eliza Doolittle fascine autant qu'elle stupéfie.

   J'adore ce film pour plusieurs raisons. C'est d'abord un propos en faveur du talent et du travail contre la naissance et les privilèges. C'est aussi la dénonciation du statut de femme-objet (ici façonnée par un homme). C'est enfin une comédie savoureuse, où transparaît la malice d'une actrice qu'on a trop souvent réduite à son charme incommensurable.

   Parmi les seconds rôles, il faut noter le père de l'héroïne (un alcoolique fort en gueule interprété par Stanley Holloway), la gouvernante du professeur Higgins (l'austère mais généreuse Mrs Pearce, incarnée par Mona Washbourne)... et le jeune soupirant, un peu fade certes, mais interprété par un certain Jeremy Brett, qui fut des années plus tard un inoubliable Sherlock Holmes pour la télévision britannique.

 

DRÔLE DE FRIMOUSSE (FUNNY FACE)

(de Stanley Donen)

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   Et c'est parti pour une deuxième dose d'Audrey Hepburn ! Elle est, avec Fred Astaire, le principal atout de cette comédie (musicale) romantique, désuète et naïve, parfois très maladroite, mais avec tellement de charme.

   L'intrigue n'est pas sans rappeler celle de My Fair Lady (postérieur de sept ans), puisqu'il y est aussi question d'une jeune femme d'origine modeste qui va connaître le glamour, la gloire... et peut être l'amour, grâce à un homme qui tente de la façonner.

   Ce petit film mérite le détour parce qu'on y voit une Audrey Hepburn plus séduisante (selon moi) en vêtements sobres que portant de la haute-couture. Quand bien même, en réalité, elle soit toujours habillée par Hubert de Givenchy, je trouve que l'austère libraire comme le mannequin en goguette à Paris (portant talons plats et vêtements sombres... dont un pantalon) ont un charme fou. Là encore, le personnage féminin se rebelle contre le rôle qu'on veut lui faire jouer. L'actrice elle-même y danse une scène de folie douce, un soir, dans un bar fumeux... Ah, si les réalisateurs avaient voulu/su davantage exploiter l'espièglerie d'Audrey, quelles comédies fabuleuses elle aurait pu tourner !

   Les Frenchies savoureront le Paris de carte postale que la Paramount a proposé au public américain. Dans la version originale, on rit du mauvais français parlé par de supposés habitants de Panam'... On va même jusqu'à ricaner au tableau du monde des "cultureux", que ce soit dans le cabaret parisien que chez le penseur à la mode, le pape de l' « empathicalisme », une théorie vaseuse qui fait des ravages chez les intellos français comme états-uniens de l'époque. Je pense qu'il s'agit d'une caricature de l'existentialisme sartrien, Jean-Paul Sartre étant d'ailleurs cité comme faisant partie des philosophes qui comptent... eh, oui, tout ça dans une comédie romantique un brin sirupeuse !

   Au-delà de l'intérêt de la programmation, j'ai été ravi de constater que ces vieux films attiraient la foule. Les grandes salles dans lesquelles je les ai vus étaient copieusement garnies. Le public était majoritairement retraité, mais j'ai quand même noté la présence de nombreuses jeunes femmes aux séances Audrey Hepburn.

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mardi, 05 juillet 2022

En roue libre

   J'ai eu très peur au début. J'ai trouvé que le film en faisait des tonnes dans la caractérisation du personnage principal, celui de Louise, infirmière hospitalière victime de ce qu'il faut bien appeler un burn out. Elle est fatiguée par son dernier service de nuit. Elle dort mal, ne semble pas bien s'alimenter, vit seule, dans un immeuble pas très haut de gamme. Visiblement, elle déprime... et elle se prend une nouvelle prune, pour stationnement gênant. (C'est bizarre d'ailleurs, cette histoire d'amende : elle semble habiter un quartier HLM, plutôt en périphérie de Beaune, disposant de nombreuses places de stationnement gratuit.) Du coup, elle est incapable de sortir de sa voiture.

   Marina Foïs a beau être très impliquée dans le rôle, j'ai mis un temps fou à entrer dans cette histoire. Ma gêne a été accentuée par plusieurs invraisemblances, au premier rang desquelles les circonstances de la rencontre entre les deux protagonistes. Comment le jeune homme peut-il ne pas voir qu'il y a déjà une personne (mal cachée) dans la voiture ? Plus tard, on est prié de croire que le véhicule (désormais doté d'un toit ouvrant très spécial) ne subit jamais les conséquences d'une météo pluvieuse...

   Le film est sauvé par ses interprètes. Marina Foïs est totalement crédible en infirmière au bout du rouleau et Benjamin Voisin (déjà remarqué dans Illusions perdues) est impeccable en petite racaille issue d'un milieu modeste. Là aussi le scénario n'y va pas avec le dos de la cuillère : le gamin a des parents "cassos", il semble avoir échoué à l'école et, surtout, il a perdu son guide, son mentor : son frère aîné.

   Sans surprise, les personnages qui, au début, se méprisent, s'insultent, se font des coups vaches, vont finir par s'apprécier... et même par s'entraider. C'est la plus belle partie du film, celle où les comédiens sortent un peu du sentier (trop) balisé. Leurs interactions sont souvent croustillantes et j'ai trouvé la mise en scène assez inventive. Didier Barcelo semble doté d'un certain talent pour utiliser des objets en apparence anodins (un gobelet de coca, une boîte de sucreries, de petits crocodiles comestibles, un chien à tête remuante...). Cela donne une touche originale à l'histoire.

   S'ajoutent à cela des seconds rôles bien campés. C'est qu'il passe du monde dans cette voiture : un délinquant, une infirmière, un éboueur, une autostoppeuse, une jeune gitane, un pépé libidineux... et même un psychologue ! On ne fait pas que conduire ou écouter de la musique dans ce véhicule hors d'âge. On y discute, on y dort, on y mange (pas très proprement), on y boit, on y pisse... La liste n'est pas exhaustive.

   Du coup, en dépit du trait surligné et d'une fin que j'estime ratée, j'ai plutôt passé un bon moment. Pour quatre euros, ça passe.

lundi, 04 juillet 2022

Entre la vie et la mort

   Léo est conducteur de métro, à Bruxelles. Un soir, il voit quasiment mourir sous ses yeux son fils unique. Celui-ci tentait d'échapper à des braqueurs, avec lesquels il s'était acoquiné. Ceux-ci sont désormais à la recherche du père... mais ce n'est pas un simple conducteur de métro : il connaît le maniement des armes et les techniques de combat rapproché. Quand je vous aurai dit qu'il est d'origine espagnole, vous aurez compris que cet homme discret cache sans doute un gros secret.

   Nous voilà embarqués dans une histoire de vengeance et de poursuites : l'un veut retrouver les assassins de son fils, une autre cherche à savoir ce qu'est devenu son collègue, tandis que les derniers veulent surtout remettre la main sur une masse de pognon. Antonio de La Torre (connu plutôt pour des rôles dans des films art et essai, comme Une Vie secrète) endosse le costume du type en apparence ordinaire qui va donner du fil à retordre à une bande de voyous, façon Bruce Willis (par exemple dans Death Wish), Denzel Washington (dans Equalizer) ou Liam Neeson (dans Taken).

   Toutefois, à la différence de ce que l'on peut voir dans les films américains, l'aspect psychologique demeure très important, prenant parfois le pas sur les scènes d'action. Celles-ci ne sont pas survitaminées. On sent la volonté du réalisateur de leur conserver un tour réaliste. Le film n'en est pas moins prenant.

   De La Torre est épaulé par une distribution franco-belge qui tient la route. Les seconds rôles sont principalement composés de truands et de policiers. Parmi ceux-ci, Olivier Gourmet incarne un commissaire qui a du mal à tenir ses troupes... en particulier sa fille, interprétée par Marine Vacth. Ce n'est pas la partie la plus convaincante de l'histoire. J'ai préféré les scènes avec les truands.

   A noter que la mise en scène et le montage maintiennent le mystère concernant plusieurs personnages et certains aspects de l'intrigue. A plusieurs reprises, on laisse le spectateur dans l'incertitude. A lui (elle) de combler les blancs, en attendant de plus amples informations. La découverte par le héros d'un document numérique va l'aider à mieux comprendre ce qu'il s'est passé.

   Ce n'est pas une œuvre majeure, mais un film de genre qui tient ses promesses... et qui risque de rapidement quitter l'affiche.

11:02 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 03 juillet 2022

Les Minions 2

   J'ai profité d'une avant-première, précédée de la reprogrammation du premier volet. (Sept ans déjà !) J'ai donc revu celui-ci, qui m'a paru meilleur que dans mon souvenir. Peut-être n'étais-je pas alors dans d'aussi bonnes dispositions.

   Le film débute sans les personnages principaux. C'est assez gonflé de la part des créateurs, mais la première séquence, dynamique, façon Indiana Jones, permet de découvrir un groupe de vilains qui va jouer un rôle important dans l'histoire. Je n'en dis pas plus.

   Après cette entraînante mise en jambes, on retrouve Gru et les Minions, en plein dans les seventies. (Chouette ambiance musicale, soit dit en passant.) Le garçon a un peu grandi et s'est installé avec les petits bonshommes jaunes... mais on est encore loin de l'équipe découverte jadis dans Moi, moche et méchant. Du coup, pour sa carrière de brigand, Gru songe à rejoindre le groupe vu au début, d'autant qu'une place s'est libérée. La manière dont il tente d'intégrer le gang est assez cocasse... et elle nous permet de rencontrer un personnage jeune, que l'on a vu beaucoup plus âgé dans les précédents films...

   La suite de l'intrigue est une double (voire triple) poursuite. Gru est confronté à la bande de méchants, tandis que les Minions sont partis à sa recherche. On retrouve les trois héros du premier volet (Kevin, Stuart et Bob), auxquels s'est joint Otto... pour assez vite s'en séparer. Tout ce petit monde est en quête d'une amulette aux pouvoirs magiques. Otto, qui a fait une grosse bêtise, tente de se faire pardonner en se lançant à la poursuite d'un motard... avec un tricycle.

   Dans la salle, petits comme grands rient de bon cœur, soit aux pérégrinations des Minions, soit aux péripéties acrobatiques auxquelles les autres personnages sont confrontés. (Je recommande tout particulièrement la séquence avec la maîtresse kung-fu !) Sur la forme, c'est du classique : des gens qui se cassent la figure, des objets qui fonctionnent mal, des fesses (de Minion) à l’air, de la morve... mais c'est bien mis en scène, avec un incontestable sens du comique. Les adultes apprécieront aussi les clins d’œil aux films de fiction... et d’animation (Le Chat Potté). Cerise sur le gâteau, quand on tend l'oreille, on comprend deux-trois choses au salmigondis des bonshommes en jaune.

   Sur le fond, on nous montre la naissance d'une famille recomposée. Gru est aussi en quête d'une figure paternelle, que deux personnages sont susceptibles d'incarner. Les liens se resserrent avec les Minions, tandis que la mère est toujours aussi imbuvable avec son fils. C'est une autre audace scénaristique de ce film, qui tranche avec les productions aseptisées, dans lesquelles on nous présente quasi systématiquement des familles idéales.

16:18 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 02 juillet 2022

Qu'aller voir à la fête du cinéma ?

   Du dimanche 3 au mercredi 6 juillet inclus, la place est à 4 euros. C'est l'occasion, pour celles et ceux qui trouvent ce loisir trop onéreux (ou qui n'ont guère le temps le reste de l'année), de profiter de quelques occasions. A l'imitation de Pascale (autre blogueuse cinéphile), je vous propose une liste de recommandations.

 

   Dans la catégorie "grosses productions spectaculaires" :

1) Top Gun - Maverick, de très loin le meilleur blockbuster sorti ces derniers mois

2) Les Animaux fantastiques 3 (encore programmé ici et là), le meilleur de la série

3) Jurassic World III (uniquement dans une grande salle, pour les effets spéciaux)

 

   Dans la catégorie "comédies françaises" (un genre à moitié sinistré) :

1) Coupez ! (même si je pense que la version japonaise était peut-être meilleure)

2) Irréductible, tout juste sortie

3) Incroyable mais vrai, l'occasion de découvrir le style de Quentin Dupieux

4) Petite Fleur, une comédie noire, franco-argentine, qui a du cachet

 

   Dans la catégorie "comédies pas françaises mais qui méritent le détour, voire plus" :

1) The Duke, une comédie sociétale britannique qui fait du bien

2) El buen patron, une comédie espagnole très engagée

3) Compétition officielle, une gentille satire du monde du cinéma

 

   Une Fête du cinéma ne serait rien sans quelques œuvres d'animation :

1) Junk Head, s'il est encore au programme (plutôt pour les adolescents et les adultes)

2) Les Minions 2, qui circule en avant-première, ici et là

3) Les Bad Guys, encore à l'affiche dans certains cinémas

4) Le Roi cerf (lui aussi en fin de parcours), dans la grande tradition de l'animation japonaise de qualité

5) Buzz l'éclair, pour les nostalgiques de Toy Story... et les amateurs de science-fiction

6) Détective Conan - La Fiancée de Shibuya, adapté d'un manga

 

   La Fête est aussi l'occasion de s'ouvrir à d'autres cinématographies :

- des Etats-Unis, avec Seule la terre est éternelle, consacré à l'écrivain Jim Harrison

- un peu plus au sud, en Bolivie, avec Utama

- pas très loin de là (mais dans le passé), au Chili, avec Je tremble ô Matador

- toujours dans le passé, mais au Royaume-Uni (et en France), avec Downton Abbey II, s'il est encore programmé près de chez vous

- un peu plus proche de nous (chronologiquement), mais en Allemagne, avec L'Affaire Collini, qui n'a pas (encore) fini sa carrière en salles

- beaucoup plus loin de nous (géographiquement), mais de nos jours, au Bhoutan, avec L’École du bout du monde

- dans un futur proche, en Allemagne, avec I'm your man

- dans un avenir un peu plus lointain, plus glauque, avec Les Crimes du futur (pour un public averti)

 

    Franchement, il y en a pour tous les goûts !

 

 

16:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films