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vendredi, 29 avril 2011

La cascade de Salles-la-Source

   Salles-la-Source est une charmante commune d'environ 2 000 habitants, située à proximité de Rodez, au nord-ouest de l'agglomération :

Carte Aveyron.jpg

   Dans le département (et au-delà), elle est réputée pour sa cascade, très pittoresque, dont le site peut faire l'objet d'une petite randonnée.

   Cette cascade est plus ou moins spectaculaire, selon le débit des sources qui l'alimentent... et selon les prélèvements effectués par un producteur (privé) d'électricité. C'est l'objet de la polémique qui agite la région depuis plusieurs années. Une association, " Ranimons la cascade ! ", s'est créée pour préserver le site naturel de l'exploitation industrielle. Régulièrement, la presse se fait l'écho de ses initiatives. Elle est soutenue par la mairie, dont un communiqué est paru ce vendredi dans Centre Presse :

C Presse 29 04 2011.JPG

    L'arrêt de l'exploitation est réclamé, alors que la préfecture veut maintenir la production d'électricité, tout en préservant le cadre de la cascade :

politique,écologie,environnement,presse

   Le 2 février dernier (toujours dans Centre Presse), la préfète avait détaillé la position de ses services sur la question, en réponse au président de l'association "Ranimons la cascade !". J'ai souligné plusieurs passages qui me paraissent importants. En rouge, j'ai mis en valeur plusieurs aspects de la position préfectorale. Il paraît évident que la préfète n'envisage pas un instant l'arrêt de la petite centrale hydroélectrique. C'est donc sur le versement (par l'exploitant) d'une redevance que travaille son administration. Signalons que ledit exploitant ne verse plus rien depuis plus de cinq ans... On notera aussi que la préfète admet que la personne qui a conduit l'enquête publique s'avouait pas tout à fait compétente sur certains points...

   En vert j'ai souligné les passages évoquant l'action du Conseil général, dont on parle peu dans cette affaire. Et pour cause... Jean-Claude Luche et sa majorité ont roupillé sur ce dossier : leur réponse a été déclarée favorable (à l'exploitant de la mini-centrale) parce qu'ils n'ont pas rendu d'avis dans le temps imparti ! Par contre, les fonctionnaires du Conseil général, eux, se sont mouillés... en faveur de l'exploitant. Signalons (mais c'est sans doute un hasard) que la commune de Salles-la-Source est située dans le canton de Marcillac-Vallon, dont l'élue, Anne Gaben-Toutant, n'appartient pas à la "Majorité départementale"...

   J'ai aussi encadré (en bleu) un paragraphe qui expose les désagréments provoqués par un débit trop important de la cascade. C'est un temps aujourd'hui lointain... Reste à en déterminer un débit minimal, alors que le renouvellement de la concession précise que l'exploitant pourra accroître la production d'électricité hydraulique... et donc sans doute diminuer le débit de l'eau alimentant la cascade.

   Cette histoire est remontée jusqu'aux oreilles d'un journaliste du Canard enchaîné qui, dans l'édition du 20 avril dernier, a évoqué l'affaire :

C enchaîné 20 04 2011.JPG

    Si la fin de l'article a pu déplaire aux sympathisants de "Ranimons la cascade !", le reste du papier apporte un arrière-plan historique sur lequel il n'est pas inintéressant de revenir.

   Que dit l'ami coin-coin ? Que le détournement de l'eau des sources remonte aux années 1920. De 1921 à 1930, Amédée Vidal fut sénateur de l'Aveyron... et plus que cela. C'était une sorte d'archétype du notable de la IIIe République : il avait une formation d'avocat et possèdait du terrain, dans l'Est du département. S'ajoutait à cela une activité industrielle : une filature, à Salles-la-Source, pour laquelle je pense qu'il devait déjà recourir à l'eau des sources. En 1928 donc, il obtient de pouvoir utiliser l'eau pour alimenter sa centrale hydroélectrique.

   Voyez le beau paradoxe géographique : ce sénateur aveyronnais fut aussi maire, conseiller d'arrondissement puis conseiller général... de Peyreleau (à proximité de Millau), alors qu'il était possessionné juste au sud de l'Aubrac (à Saint-Laurent-d'Olt) et qu'il avait développé une activité industrielle à proximité de Rodez ! Cela donnait ceci :

Amédée Vidal.jpg

    (Sur la carte, j'ai colorié en violet le territoire de la commune de Rodez.)

   Du côté de Salles-la-Source, Amédée Vidal n'était de surcroît pas privé de soutien. En 1930, le Conseil municipal avait autorisé l'occupation du domaine public (un point qui fait aujourd'hui encore débat). Dans cette région, plusieurs représentants de la famille Gaffier ont exercé des responsabilités. Edouard Gaffier a été député de Rodez et président du Conseil général de l'Aveyron. Deux de ses neveux, Bernard et Henri, se sont succédé au poste de 1er adjoint à la mairie de Salles-la-Source, entre 1945 et 1959. Or, il se trouve qu'Edouard Gaffier n'était autre que... le cousin germain  (par alliance) d'Amédée Vidal. (Je tire ces informations de l'excellent ouvrage de Roger Lajoie-Mazenc, Maires de famille, les têtes couronnées de la démocratie.) Comme le monde est petit ! (D'après un livre publié en 1924,  accessible sur Google books, Amédée Vidal avait épousé une fille Gaffier, qui devait donc être la cousine germaine d'Edouard.)

   L'actuel maire de Salles-la-Source, en place depuis 2008, ne semble pas lié à cette fratrie, alors que l'exploitant de la mini-centrale, Jean-Gérard Guibert, est, selon Le Canard enchaîné, un descendant d'Amédée Vidal. La montée de l'opposition à la mini-centrale serait-elle liée à la perte d'influence d'une famille dans la commune ? Il est difficile de conclure.

   Il est aussi évident qu'il est question de gros sous. L'entreprise dirigée par Jean-Gérard Guibert, la "Société hydroélectrique de la vallée de Salles-la-Source - Etablissements Amédée Vidal", a réalisé, en 2009, un résultat net de  19 000 euros, pour un chiffre d'affaires de 206 000, soit plus de 9 % ! (L'excédent brut d'exploitation se montait lui à 42 000 euros.) A titre de comparaison, le dernier bilan chiffré de L'Epi du Rouergue (entreprise bien connue des Aveyronnais) fait apparaître un résultat net de 190 000 euros, pour un chiffre d'affaires de 11 930 000, soit environ 1,6 %.

   Il n'est pas impossible non plus que la politique partisane se greffe sur l'affaire. Il me semble que, à tort ou à raison, les dirigeants de l'association "Ranimons la cascade !" sont classés plutôt à gauche, alors que la préfète (récemment promue officier de la légion d'honneur) et l'entrepreneur, à tort ou à raison, sont étiquetés plutôt à droite.

   Bref, pour le citoyen de base, au-delà de l'aspect patrimonial et touristique de la cascade, les soubassements de la controverse ne sont pas suffisamment éclairés.

 

mercredi, 02 mars 2011

Du pastis aveyronnais !

   Eh oui, ça existe ! Il est produit par l'entreprise Marius Bonal, qui a son siège juste à côté de Rodez, à Onet-le-Château. Il vient d'obtenir une médaille d'or (page 3) au récent Salon de l'Agriculture, ainsi que l'a révélé Midi Libre dans son édition du 25 février :

 

Pastis médaille MLibre 25 02 2011.jpg

 

   Pour tout dire, je suis en train d'en déguster un ! Voici à quoi ressemble la bouteille :

Pastis Aubrac.JPG

   Vous allez me dire : mais qu'a-t-il de différent ? Après tout, n'est-ce pas une boisson anisée de plus, qui se couvre d'un vernis identitaire pour toucher un public ciblé ?

   Ce n'est pas faux. Commençons par comparer les ingrédients du pastis aveyronnais avec ceux du concurrent d'une grande marque (ce que j'appelle "le pastis de circuit automobile"). Voici l'étiquette du produit local :

Pastis Aubrac 2.JPG

   Les deux boissons (45 % de volume) ont une base d'alcool, de sucre, d'extraits aromatiques de plantes et comportent 2 % d'anis.

  Chose curieuse, seule l'étiquette du Ricard mentionne la présence d'eau. Elle certifie aussi l'apport d'extraits naturels de réglisse. Le pastis aveyronnais ajoute "arôme naturel" à ceux déjà mentionnés. L'étiquette sous-entend que la flore d'Aubrac est à l'origine de cet ajout. Par contre, la réglisse n'est pas mentionnée.

   Enfin, les deux boissons ne contiennent pas exactement le même colorant caramel : E150b pour le pastis aveyronnais, E150c pour l'autre. Le premier est fabriqué avec du sulfite de soude, le second avec de l'ammoniaque... Il me semble préférable de consommer le premier.

   Bref, les deux produits se ressemblent. Le pastis aveyronnais est cependant un produit local, avec un goût légèrement différent du concurrent standardisé (un peu plus d'arômes, semble-t-il)... et un colorant moins "suspect".

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 14 février 2011

Rodez dans "Le Monde"

   Je ne suis pas le premier à en parler (KaG notamment m'a brûlé la politesse), mais je tiens à revenir sur l'article publié dans Le Monde daté du 8 février dernier.

   J'ai lu la version papier. Très vite, j'ai senti qu'il y avait quelque chose de familier. Suspicieux de nature, je me suis demandé si le journaliste n'aurait un peu puisé dans le travail d'un-e collègue. Je me souvenais de dossiers parus dans les hebdomadaires... oui, vous savez, les machins que l'on fait semblant de placer en "une" (en "une" de surcouverture, en fait) pour que les bouseux de province croient qu'un grand média national titre sur son petit monde.

   J'ai cherché, j'ai cherché... et j'ai fini par trouver : un article du Point de novembre 2006, ce qui ne nous rajeunit pas. On pourrait penser qu'en un peu plus de quatre ans les choses ont beaucoup changé... pas tant que cela finalement.

   L'article du Monde consacré à Rodez fait partie d'un dossier dont le premier volet s'étale sur une double page intérieure. Ce volet est introduit par une carte des zones étonnamment peu touchées par le chômage :

Photo 08 02 2011 (3).JPG

   Or, il se trouve que l'article du Point commençait précisément par la comparaison de taux de chômage, le cas de Rodez étant rapproché de ceux de Roissy et d'Orsay, que j'ai soulignés en rouge sur la carte publiée dans Le Monde.

   On continue avec les gros employeurs locaux. Le Monde comme Le Point citent la RAGT et Bosch, ce dernier cas étant placé dans la deuxième moitié de l'article, propos du directeur du site (l'inamovible Albert Weitten) à la clé. En 2006 (2000 emplois), on agitait le spectre de la fermeture du site, le directeur promettant des investissements massifs. En 2011 (1900 emplois), on assure avoir amorti le choc de la crise. Dans les deux cas, la concurrence des pays à bas coûts salariaux est évoquée.

   L'autre gros pourvoyeur d'emplois est l'hôpital de Bourran (à l'inauguration duquel je me suis intéressé jadis), "flambant neuf" en 2006... et toujours qualifié ainsi dans l'article du Monde de 2011 !

   Au niveau du tissu industriel, l'article du Monde est toutefois plus détaillé : les informations ont été mises à jour. Les deux journaux n'oublient pas de citer le secteur agricole.

   La proximité des articles est encore grande quand ils vantent le travail de la main-d'oeuvre locale. Si Le Point parle de "qualités aveyronnaises", Le Monde ose l'expression "Homo aveyronnicus". Dans les deux cas, la filiation avec le monde paysan est soulignée. Dans les deux cas encore, on insiste sur le faible taux d'absentéisme (perso, je le trouve déjà bien assez élevé), même si Le Point se distingue en signalant l'inadéquation entre l'offre et la demande d'emplois.

   La ressemblance des articles est tout aussi frappante quand il est question des jeunes : on relève leur fort taux de chômage et leur exode. Dans les deux cas, ces considérations s'appuient sur une citation de Jean-Louis Chauzy, président du CESR puis du CESER. En 2006, il déclarait :  "90 % de la jeunesse qui s'en va ne revient pas". En 2011, il dit que ces jeunes étudiants "ne reviennent pas dans 80 % des cas". A-t-on hâtivement recyclé une citation de J-L Chauzy ? Celui-ci a-t-il balancé une estimation à la louche ? Faut-il voir dans cette différence un signe de relative amélioration, les jeunes étant proportionnellement moins nombreux à ne pas revenir ?

   On remarque aussi que les intervenants politiques sont les mêmes. En 2006, Le Point donne la parole au maire de l'époque, Marc Censi, mais encore plus à son principal opposant, Christian Teyssèdre. En 2011, le journaliste du Monde est bien entendu allé voir le socialiste devenu maire et fait référence à Marc Censi dans l'article.

   Du côté des syndicats, on remarque que Le Point a sollicité la C.F.D.T., Le Monde  Force Ouvrière.

   Je termine par la photographie illustrant l'article du Monde :

Photo 08 02 2011.JPG

   Il s'agit d'une vue de Bourran, qualifié de "quartier tout neuf"... du neuf qui commence à se faire vieux toutefois. Curieusement, quand il est question des logements créés là-bas, on cite ceux à loyer modéré (que l'on doit d'ailleurs un peu plus à la nouvelle municipalité qu'à l'ancienne), en oubliant d'évoquer les autres, bien plus nombreux, bien plus chers. Quant à la manière dont l'aménagement de ce quartier a été géré... Cela aurait mérité que le journaliste creuse un peu son sujet.

   On aurait pu aussi relire plus attentivement l'article : la légende de la photographie (encadrée en rouge ci-dessus) est rédigée dans un français approximatif :

Photo 08 02 2011 (2).JPG

   Pour un "quotidien de référence", ça la fout mal !

mercredi, 22 décembre 2010

Aveyron en force à Toulouse !

   Si vous êtes de passage à Toulouse, pour des raisons professionnelles ou pour le loisir, je vous recommande d'aller faire un tour place du Capitole.

   On y trouve une sorte de "marché de Noël", inspiré du modèle alsacien qui rencontre tellement de succès. D'habitude, je ne fais pas trop attention à ces opérations commerciales. Mais bon, ce jour-là, je sortais du cinéma Utopia et j'avais faim. Or, en approchant de la place, j'ai vu plusieurs personnes en train de consommer une étrange substance jaune clair dans une barquette en plastique. De l'aligot ? A Toulouse ? Sapristi ! J'ai donc cherché au milieu des cabanes et j'ai fini par trouver le chalet proposant ce "produit d'Auvergne" (sic)...

   Bon, allez, on ne va pas se fâcher avec les Cantaliens, surtout que, renseignements pris, c'est une majorité d'Aveyronnais qui fait tourner la boutique... et l'aligot ! Oui, devant nos yeux ! 

   On peut commander des portions de différentes tailles : petite (à 4 euros), moyenne (à 6 euros), grande (à 8 euros) ou maxi  (à 10 euros), pour ceux qui n'ont pas mangé depuis deux jours. Les fourchettes en plastique sont gracieusement offertes.

   Pour aider à faire passer le tout, on peut se tourner vers les chalets qui proposent des boissons, notamment du vin chaud. Il se trouve qu'un Aveyronnais est dans ce cas. Le vin est sucré, puisqu'il a été chauffé avec des morceaux de fruits. C'est délicieux et, franchement, pouvoir se bourrer la gueule légalement, en plein centre-ville, pour quelques euros, c'est-y pas la preuve que Noël approche ?

   En partant, on peut s'attarder devant les stands de certains artisans. Parmi eux se trouve un coutelier aveyronnais, dont l'échoppe est située en face de la place du taureau, à Laguiole. Il a même un site internet.

dimanche, 05 décembre 2010

Retour à Pigüé

   Cette petite ville argentine fut d'abord un village de colonisation, peuplé d'Aveyronnais, dont les descendants vivent toujours sur place.

   Samedi 4 décembre, l'émission de TF1 Reportages était consacrée à la venue de trois soeurs rouergates (enfin, y en a une qui vit à Albi). C'est du TF1, c'est-à-dire que l'accent est mis sur l'émotion, mais c'est un travail honnête. Les connaisseurs tiqueront toutefois en entendant le commentaire affirmer que c'est la crise du phylloxéra qui est à l'origine de l'émigration aveyronnaise. Si la viticulture locale a souffert, comme dans les autres régions, le contexte économique général était difficile.

   En cherchant un peu, j'ai découvert qu'un autre film a été tourné sur le sujet, par des universitaires toulousains.

   Sur la Toile, on peut consulter certaines des pages d'un site personnel consacré à la commune d'Aurelle-Verlac. Le rédacteur a eu la bonne idée d'insérer des documents d'époque (plans, photographies). C'est globalement bien fichu (malgré une petite confusion entre les années 1881 et 1884). Pour une meilleure lisibilité, je conseille d'utiliser Internet Explorer (plutôt que Mozilla Firefox, une fois n'est pas coutume) : je pense que le site a été conçu pour le premier navigateur.

   Pigüé fait toujours l'objet d'études. On peut ainsi lire avec profit un article de Christophe Albaladejo, de 2004, consacré aux évolutions agricoles, ainsi qu'une synthèse (sur la Pampa) inspirée d'une thèse rédigée par Marcelo Sili.

   Signalons enfin un récent article publié dans le magazine Ulysse, fort intéressant, malgré une bourde sur la commune d'Aurelle-Verlac, imprudemment qualifiée de "plus vaste commune du département" : ses 55 km² ne sont certes pas négligeables, mais d'autres communes (Nant, Saint-Affrique, Salles-Curan, Ségur, Bozouls, Laguiole...) sont plus vastes, à commencer par celle de Millau, d'une superficie de 168 km².

  

dimanche, 21 novembre 2010

Les barrages hydroélectriques ne sont pas éternels

   Je ne fais pas allusion aux catastrophes naturelles, qui peuvent les endommager ou les détruire (ce qui est très rare), mais à la décision prise parfois de supprimer un barrage hydroélectrique existant. C'est ce que l'on appelle l'effacement de barrages.

   Il en a été question lors de la réunion organisée vendredi 19 novembre à Entraygues-sur-Truyère. Lors de l'une des séances de questions du public, Anne Verlaguet-Souliès a évoqué cet aspect méconnu de la vie des barrages. (Elle l'a rappelé dans la réponse qu'elle a écrite à mon précédent billet.) Elle a demandé s'il était envisageable d'appliquer cette procédure à l'une des structures construites sur le Lot ou la Truyère.

   L'un des intervenants (Jean Comby, si je me souviens bien) a répondu que la chose avait été faite en Bretagne. Je ne me souviens plus de l'exemple cité, mais j'ai retrouvé le cas du barrage de Kernansquillec, démantelé entre 1996 et 2001. (Ecologie et tourisme sont devenus les deux mamelles du développement de la vallée du Léguer.) Il en a été de même pour celui de Maisons-Rouges (en Indre-et-Loire) en 1998-1999.

   D'après un ouvrage publié en 2005, Eaux et territoires : tensions, coopérations et géopolitique de l'eau (voir pages 153-155), la France et les Etats-Unis ont été pionniers dans l'effacement des barrages. Sur le site rivernet.org, on peut trouver une liste de sites concernés, en France, en Espagne aux Etats-Unis. (Les fiches auxquelles renvoient certains de mes liens ont été produites par l'Onema, Office national de l'eau et des milieux aquatiques, sur le site duquel on peut trouver une liste d'aménagements des cours d'eau, parmi lesquels l'effacement de barrages.)

   Cela m'a conduit à la Haute-Loire, évoquée par Mme Verlaguet. Le barrage de Saint-Etienne-du-Vigan (situé à la pointe sud du département) a bien été détruit à la toute fin du XXe siècle. Dans la plupart des cas, c'est la circulation et la reproduction des saumons qui semblent avoir fortement pesé dans la décision. Le sort des anguilles peut-il jouer ce rôle vis-à-vis du barrage de Castelnau ? J'en doute. (Encore que... J'ai appris tout récemment que la France avait mis au point un "plan anguille", en application d'un règlement européen qui a pour but de sauvegarder cette espèce menacée.)

   P.S.

   Anne Verlaguet-Souliès a été candidate aux dernières élections régionales, (numéro 4) sur la liste Modem conduite par Jean-Marie Daures. On peut la découvrir dans une petite vidéo publiée sur le site Dailymotion. Elle enseigne l'histoire-géographie et cela s'est senti le soir de la réunion organisée par EDF : au cours de l'une de ses interventions, elle a fait référence au bon classement de la Norvège selon l'I.D.H. (l'indice de développement humain). Ce pays est d'ailleurs en tête selon le dernier rapport publié par le P.N.U.D. au début du mois de novembre.

samedi, 20 novembre 2010

EDF communique sur les barrages hydroélectriques aveyronnais

   Vendredi 19 novembre, au gymnase d'Entraygues-sur-Truyère, à partir de 20h15, s'est tenue une réunion d'information ("une rivière, un territoire"), co-organisée par les élus locaux et l'entreprise E.D.F., concessionnaire des barrages construits sur le Lot et surtout sur son affluent la Truyère. Voici une carte de l'ensemble des barrages d'amont, qui dépendent du G.E.H. (Groupe d'Exploitation Hydraulique) Lot-Truyère, qui a son centre... à Aurillac.

Barrages carte.jpg

   La réunion a été préparée avec soin, annoncée dans la presse locale, par des articles mais aussi des publicités, comme celle-ci, publiée dans Centre Presse à plusieurs reprises :

19 11 2010.JPG

   Le plan des thématiques abordées a été légèrement modifié, sans doute pour mieux tenir compte des préoccupations des riverains. Ainsi, on a commencé par un thème qui n'était même pas prévu dans le programme originel, la sûreté des barrages et de leurs environs, avant de passer à la gestion de l'eau (au sens large), puis à la mise en concurrence pour le renouvellement des concessions et enfin au développement économique du territoire.

   C'est un ancien de Sud Radio qui a animé la soirée, rivé à son I-Pad (et cloué à son oreillette), assisté d'une régie installée en fond de salle, alors que sur l'estrade, les intervenants étaient placés sous un écran de taille moyenne (mais le son était de très bonne qualité).

   L'animateur a un peu gonflé son auditoire au début. J'ai eu l'impression qu'il se croyait dans une salle de concert ou dans une émission de télé-réalité. Ses supposés traits d'esprit et ses flatteries grossières n'ont pas convaincu le public, au point qu'à un moment, un papy a pris la parole pour lui demander d'arrêter de se croire "au music-hall". La flèche a touché son destinataire : l'animateur a été plus sobre par la suite (même s'il a mal encaissé la critique, à laquelle il a fait deux fois allusion) et il a bien joué son rôle de Monsieur Loyal, permettant aux cadres d'E.D.F. de s'exprimer dans de bonnes conditions, tout en donnant la parole à la salle.

   Chaque partie a débuté par un petit film accompagné parfois d'un diaporama, auxquels succédaient les commentaires des spécialistes de l'entreprise, notamment Jean Comby (la soixantaine, maîtrisant très bien son sujet, assez clair dans ses explications et à jour des modifications juridiques) et Luc Tabary (la quarantaine, pas très à l'aise au début, plus intéressant et sûr de lui à la fin de la soirée). Ensuite, parole était donnée à la salle, pour des questions.

   A ce sujet, j'ai senti un certain étonnement dans la foule quand les gens ont constaté que l'animateur gardait le micro en main pendant que les spectateurs posaient leur question ou exprimaient une opinion. C'est devenu la règle dans ce genre de manifestation, pour éviter que des activistes (ou un type un peu timbré) ne détournent la chose à leur unique profit. Il manifeste ainsi sa volonté de rester le maître du jeu.

   Le premier thème a donc porté sur la sécurité, sujet extrêmement sensible pour l'auditoire, qui ne s'est pas facilement rendu aux arguments des spécialistes. Plusieurs échanges ont ainsi porté sur l'usage de la "sirène" (une corne de brume, en fait), testée le premier mercredi de chaque mois, mais à des heures différentes. Le détail des mesures de prévention, ainsi que le processus d'évacuation en cas d'accident majeur, ne sont pas bien connus des habitants de la région. (C'est peut-être une pierre jetée dans le jardin des élus locaux, dont certains se sont longtemps reposés sur les uniques efforts d'EDF...) L'un des intervenants a tenté de rassurer la foule en affirmant que la sûreté des installations était le souci majeur du groupe et qu'un rapport à ce sujet était accessible sur la Toile... ce qui est exact.

   On sait toutefois que les rives de la Truyère et du Lot font partie des espaces les plus menacés par le "risque barrages" (coloriés en bleu foncé sur la carte) :

Risque barrages.jpg

   C'est une femme qui a, la première, osé poser des questions. (Elle est intervenue à plusieurs reprises, toujours pertinemment. A la fin de la réunion, j'ai fini par connaître son nom, cité par Jean-Claude Luche : il s'agit je crois de Marie Verlaguet.) Au départ, elle m'a paru défendre son petit jardin (elle habite à proximité de l'évacuation de l'eau du barrage de Castelnau, vers Espalion). A la fin de la soirée, j'avais changé d'avis, tant ses remarques et questions ultérieures m'ont paru marquées du coin du bon sens... et parfois de l'espièglerie : elle a reproché à EDF d'avoir manqué "d'énergie" dans l'animation du territoire, soupçonnant la récente débauche d'efforts de séduction d'être liée à la mise en concurrence.

   Le deuxième thème a porté sur la gestion de l'eau, en amont comme en aval des barrages. C'est à ce moment-là que les membres des associations de pêche ont donné de la voix. Il a notamment été question des éclusages, de l'évacuation (ou plutôt de la non évacuation) des limons. Ce fut un moment fort intéressant, qui a vu dialoguer de jeunes ingénieurs d'EDF, lestés de leur maîtrise scientifique des sujets, et des retraités pêcheurs, ayant plutôt une connaissance empirique du milieu. On s'est aussi aperçu que les élus locaux n'ont pas forcément les mêmes intérêts, selon que leur commune est située en amont ou en aval d'un barrage. Le partage de l'eau est une question sensible, même dans une région aussi relativement humide que le Nord Aveyron...

   Le troisième thème fut consacré au renouvellement des concessions et à la mise en concurrence. EDF doit faire face à GDF-Suez, au groupe norvégien Statkraft, à l'autrichien Verbund (devenu le principal actionnaire de Poweo) et au canadien Hydro-Québec. Le plus croustillant dans cette affaire est que l'obligation de mise en concurrence découle du changement de statut d'EDF, qui d'E.P.I.C. (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) est devenue une société par actions. Hé, oui ! Si EDF était restée publique, cette procédure n'aurait pas lieu d'être. J'ai du mal à croire que le gouvernement qui a ouvert le capital du groupe n'ait pas eu ce type de conséquence à l'esprit...

   Bon là, en gros, on a senti que les politiques aveyronnais comme les spectateurs de la salle comptaient sur cette procédure pour inciter EDF à en faire davantage pour l'Aveyron. Les applaudissements les plus spontanés de la soirée sont nés à cette occasion : à la question d'un jeune homme, demandant aux ingénieurs pourquoi on devrait les choisir eux plutôt que leurs concurrents et qu'est-ce qui garantissait que leurs belles promesses n'allaient pas s'évanouir une fois le renouvellement des concessions obtenu, Luc Tabary a obtenu un franc succès en développant l'argument que son entreprise n'avait pas l'intention de limiter son action aux seuls barrages aveyronnais et que le meilleur moyen d'obtenir d'autres concessions était d'être exemplaire ici. (Il a aussi présenté son travail comme le résultat d'un engagement fort et pas comme un simple gagne-pain, ce qui a plus à l'assistance.)

   Cela nous a tout naturellement menés au quatrième thème, plus strictement économique. Les représentants d'EDF ont assuré faire grand cas des entreprises locales dans leurs commandes. On a aussi appris la création d'un poste d'animateur de territoire, chargé de mettre en musique une brochette de projets d'aménagement à vocation touristique, en liaison avec le Conseil général de l'Aveyron. Cela s'appelle la "route de l'énergie". L'enthousiasme de la salle a cependant été douché quand on a appris que ce nouvel arrivant loge à... Arpajon-sur-Cère, dans le Cantal, à proximité d'Aurillac (ce qui n'est pas un hasard).  Ceci dit, parmi la vingtaine de jeunes embauchés récemment par EDF, il y a quelques Aveyronnais.

   Les élus locaux ont eu ensuite droit à leur quart d'heure sur l'estrade... sans que l'on demande au bas peuple s'il avait des questions à leur poser. La palme du plus beau costume est revenue à Jean-Claude Luche, président du Conseil général (arrivé en retard et, une fois assis au premier rang, longtemps concentré sur autre chose que les débats de l'estrade). Il a insisté (avec raison) sur la nécessité de localiser en Aveyron un centre de gestion des activités hydroélectriques. On avait en effet découvert plus tôt que les barrages sont dirigés à distance, de Toulouse, tandis que les centres de décision se trouvent à Aurillac, Brive, Limoges ou Paris.

   A Luche a succédé Jean-François Albespy, conseiller général du canton d'Entraygues-sur-Truyère, qui a flatté de manière éhontée son président. Il a cédé la parole à Jean-Claude Anglars, conseiller général d'Estaing (parmi une floppée de casquettes), et médaille d'argent du plus beau costume. Le maire d'Entraygues a fermé le bal. Tout cela pour dire quand même que derrière l'effort (louable) d'information du public pointe la précampagne électorale des cantonales de mars 2011. Et puis... un esprit un peu réfléchi a compris que tout est déjà ficelé. EDF va très certainement obtenir le renouvellement des concessions et le Conseil général va redorer son image à bon prix.

   Après toutes ces émotions, la foule en délire a pu accéder au buffet très classieux offert par EDF. C'est là que j'ai regretté d'avoir fait un dîner copieux : malgré l'heure tardive (23h tout de même), je n'avais plus de place pour le solide. J'ai quand même goûté le champagne, très correct.

samedi, 13 novembre 2010

Des sacs-cabas "identitaires"

   Récemment, de passage dans l'hypermarché Géant Casino pour faire deux-trois courses, je fus attiré par de curieux objets placés en bout de rayon, à proximité des caisses.

   Ce sont des sacs-cabas, d'assez grande taille donc, destinés à recevoir les achats des consommateurs. Ils sont plus grands et ont l'air plus solides que les sacs en plastique réutilisables proposés par toutes les grandes surfaces. (Ils ont un peu la même texture que les sacs distribués pour la collecte sélective des déchets, vous savez, ces grands sacs blancs à poignées jaunes.) Ils sont donc logiquement plus coûteux : 1,90 euro contre environ 0,15 pour les sacs en plastique.

DSCN2920.JPG

   L'une des faces nous propose une vue classique de la cathédrale de Rodez et de ses environs immédiats, by night, ce qui est plus chic.

   L'autre côté est plus généraliste :

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   Il illustre les deux grands terroirs, du nord et du sud de l'Aveyron, avec leurs animaux caractéristiques (la vache Aubrac et la brebis Lacaune) ainsi que les productions emblématiques (l'aligot et le Roquefort). On a pris soin de faire figurer, à l'arrière-plan, le désormais célèbre viaduc de Millau.

   En ballade dans le vieux Rodez, j'ai remarqué qu'on pouvait se procurer ce sac à la Maison de la Presse. Reste à savoir si les Aveyronnais vont adhérer au "sac identitaire".

mardi, 09 novembre 2010

Du nouveau sur la cathédrale de Rodez

   C'est un article de La Dépêche du Midi de vendredi 5 novembre qui a donné un coup de projecteur sur une conséquence inattendue des travaux (perpétuels...) d'entretien de la merveille du centre-ville ruthénois : la redécouverte d'inscriptions anciennes, sur une tour située au coin sud-ouest de l'édifice :

photo,art,christianisme,histoire,culture

   La photographie (ci-dessus) illustrant l'article montre l'inscription ornant le côté sud de la tour (donnant sur la rue Gambetta). Voici ce qu'on peut voir sur le côté ouest, face à la place d'Armes (d'où sont prises en général les photographies d'ensemble) :

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   La traduction de ces inscriptions donne lieu à des variantes. La première, qui figure sur la photographie du haut, dit ceci : FACESSANT AEGYPTIORUM INSANE PYRAMIDUM MOLES * VALEANT ORBIS MIRACULA. (Il pourrait y avoir une "faute de gravure", INSANE ayant été malencontreusement écrit à la place de INSANAE.)

   La Dépêche cite une prof du collège Jean Moulin, qui traduit ainsi : "Que se tiennent loin les travaux des insensées pyramides des égyptiens. Que se perpétuent les miracles du monde." Dans un article publié dans Les Cahiers de Framespa, j'ai trouvé deux autres versions, l'une ancienne ("Eclipsez-vous, masses insensées des Pyramides d'Egypte, palissez, merveilles du monde."), l'autre, récente, de Jacques Bousquet ("Que s'effacent les masses absurdes des pyramides des Egyptiens. Salut aux vraies merveilles du monde.") Allez, comme je suis en forme, je me lance. Voici ma proposition : "Que s'éloignent les masses monstrueuses des pyramides égyptiennes. Longue vie aux merveilles du monde."

   Explications : FACESSANT vient du verbe "Facesso", qui signifie s'éloigner, se retirer. Il est ici conjugé à la troisième personne du pluriel. Il s'applique donc au mot MOLES, les masses, accompagné de la double forme génitive AEGYPTIORUM PIRAMIDUM (de pyramis, la pyramide). Il serait peut-être plus correct de traduire par "des Egyptiens". D'autre part, si INSANE est mis pour INSANAE, traduire par "les masses des monstrueuses (folles, insensées) pyramides" serait plus juste grammaticalement, mais je trouve que ma version rend mieux le sens. Quant au verbe "Valeo", il signifie régner, être fort, bien se porter.

   Sur la face ouest (voir photo du bas), on trouve la deuxième inscription : NOS AUGUSTI SANCTAE QUAE CONSACRAT LOCI SPECIEM MIREMUR.

   La prof de collège traduit par "Admirons l'aspect de ce lieu auguste qui est consacré à une sainte." L'ancienne version était : "Admirons la beauté de ce lieu auguste et consacré à la sainte Vierge." Jacques Bousquet propose : "Nous autres, admirons la beauté du lieu auguste consacré par la sainte (Vierge)." Je propose ceci : "Nous, admirons l'éclat du lieu majestueux qui est consacré à la Sainte." (N'oublions pas qu'il s'agit de la cathédrale Notre-Dame de Rodez.)

   Explications : il est difficile de traduire MIREMUR autrement que par "admirons". Par contre, je pense qu'il faut maintenir la présence du "nous". On ne s'est pas échiné à graver NOS pour des prunes ! AUGUSTI ("majestueux" plus qu' "auguste"... c'est dans le ton du très monarchique "Longue vie..." de l'autre inscription) et LOCI sont manifestement liés (deux formes génitives, qui complètent SPECIEM). "Species" peut signifier l'apparence, la beauté. Je trouve qu' "éclat" rend bien l'idée.

  D'après Fernand de Mély, dans un compte-rendu des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de 1919, c'est en 1831 que ces inscriptions auraient été masquées :

Effacement 1831.jpg

jeudi, 07 octobre 2010

De nouvelles statues-menhirs

   Certaines d'entre elles sont visibles jusqu'à la fin du mois d'octobre au musée Fenaille. D'autres, plus anciennes (dont la célèbre "Dame de Saint-Sernin"), restent exposées au dernier étage du musée.

   On apprend que si en 1912, on en connaissait 31, environ 50 avaient été découvertes dans les années 1970. (On en a trouvé notamment dans les années 1920.) Aujourd'hui, on en est à 145, rien que pour les monts de Lacaune. Toutes sont présentes dans le livre (imposant) de Michel Maillé :

Maillé livre.jpg

   Une dizaine des nouvelles découvertes sont exposées temporairement dans le sous-sol du musée Fenaille. (D'autres sont visibles au musée de Montrozier.) Elles ont été trouvées dans les communes aveyronnaises de Balaguier-sur-Rance, Durenque, La Serre, Laval-Roquecézière, Martrin, Mounès-Prohencoux et Vabres-l'Abbaye :

Communer statues 2010 bis.jpg

 

   Certaines sont masculines, d'autres féminines... et quelques-unes mixtes (ou retouchées).

   La grande interrogation porte sur le sens à donner à ces sculptures. Sont-elles des représentations divines ? Des figures de protection pour les chasseurs ? Des symboles d'autorité ? Des marques de territoire ? Des allusions à des dignitaires charismatiques ou des ancêtres mythiques ? Les interprétations sont diverses.

   Signalons, pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, l'excellent dossier de presse réalisé par le musée.

lundi, 04 octobre 2010

Une photographie un peu moins mystérieuse

   Grâce à Wocil, qui a posté deux commentaires sur mon premier message consacré à ce sujet, on en sait un peu plus. Le 18 juillet 1910 a bien eu lieu, à Rodez, une "épreuve d'aviation" dont on retrouve la trace dans le livre de Jacques Crépin-Girbelle, Mémoire en images Rodez :

Mémoire en images Rodez.jpg

   Page 105, on peut même voir une photographie du foirail, avec un appareil à l'arrêt :

 

Rodez avion 1910.jpg

   Cependant, quand je regarde le type d'avion représenté et quand on sait à quoi ressemblaient les avions Blériot de l'époque, je me dis que ce n'est pas à cet événement-là que la photographie que j'ai trouvée fait référence. D'ailleurs, dans le livre de Jacques Crépin-Girbelle, il est bien précisé que les 19 et 20 juillet 1913, les aviateurs Gilbert, Legagneux et Ladougne ont participé à une autre manifestation de ce type. Je penche donc pour cette solution-là, comme je l'ai expliqué dans mon commentaire sur le précédent message.

samedi, 02 octobre 2010

Une mystérieuse photographie de Rodez

   Je l'ai trouvée à la Cité des Antiquaires, située dans la zone de Bel-Air, aux franges de Rodez. Cet été y ont été exposées des photographies tirées de vieilles plaques, remontant à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Cela méritait vraiment le déplacement ! (Même si les pièces ne sont plus en vue, on peut encore demander au responsable de les consulter : il les garde en magasin.) L'une d'entre elles a particulièrement attiré mon regard :

Foirail modifié.jpg

   A l'arrière-plan, on voit se détacher la silhouette de la cathédrale, alors qu'au premier plan, à gauche, on distingue, de dos, des policiers (ou des gendarmes). Il semble que le terrain soit celui du foirail. Mais que diable faisaient-ils en ces lieux ? Quand et d'où la photographie a-t-elle bien pu être prise ? Pour répondre à ces questions, il convient d'agrandir un peu l'image :

Foirail agrandi.jpg

   Vous ne rêvez pas ! Il s'agit bien d'un avion, sans doute sur le point de se poser... devant un public massé au fond du pré. C'était donc une cérémonie officielle.

   La date est difficile à donner avec précision. Vu ce que l'on entraperçoit de l'appareil et de la foule, je penche pour l'Entre-deux-guerres. On trouve des avions français qui ressemblent à celui-ci, notamment ceux de marque ANF Les Mureaux. Au départ, à cause de l'angle de la prise de vue, je pensais qu'il s'agissait du Chasseur de nuit. Mais, comme il n'a été construit qu'à deux exemplaires, il apparaît peu probable que l'un d'entre eux se soit retrouvé à Rodez !

   Du coup, j'hésite entre deux autres appareils : le 115 R2B2

115 R2B2.jpg

   ... et le 117 R2B2 :

117 R2B2.jpg

   Ceci dit, je ne suis pas spécialiste d'aéronautique ancienne. Il s'agit peut-être d'un autre type d'appareil.

   Quant au lieu où le(la) photographe s'est placé(e), l'incertitude subsiste. Pour moi, il n'est pas possible que ce soit du Foirail même que la saisie ait été faite. J'ai donc pérégriné à travers la ville, essayant de retrouver l'angle de la prise de vue et le recul nécessaire. Cela m'a mené ici :

Vue 2010 (2) modifiée.JPG

   Je ne pense pas être à l'endroit exact. Il aurait fallu que je me décale légèrement sur ma droite, et que je monte dans l'immeuble récent situé à l'entrée du viaduc (côté Bourran). Une deuxième possibilité est de se placer à l'autre bout du pont, au début de la montée. Aujourd'hui, la vue est bouchée par de nombreuses constructions datant d'après la Seconde guerre mondiale. Qui plus est, il me semble que la pente a été accentuée à partir de la gendarmerie.

   Reste à trouver la date exacte à laquelle la photographie a été prise. Peut-être y a-t-il une trace de la manifestation dans les archives des quotidiens aveyronnais de l'époque... D'après Christian Souyris (l'antiquaire), il existerait, quelque part à proximité de l'Amphithéâtre (rue de l'Amphithéâtre ?) une plaque commémorative, que j'ai vainement cherchée. Avis aux amateurs de chasse au trésor !

vendredi, 01 octobre 2010

Deux-trois trucs sympas à faire au musée Denys-Puech

   Ce musée est, à l'heure actuelle, le principal lieu d'exposition des oeuvres d'art contemporain (des XIXe, XXe et XXe siècles) à Rodez (et dans l'Aveyron). Au passage, on peut noter que sa construction a été en partie financée par l'artiste qui lui a donné, en plus de ses oeuvres, son nom (Soulages, gros radin !), ainsi que par une contribution de la cantatrice Emma Calvé.

   Au rez-de-chaussée se trouvent des oeuvres du sculpteur, d'un peintre local et du photographe et dessinateur Eugène Viala. Ceux qui aiment à se divertir s'intéresseront aux deux sculptures évoquant la ville de Paris, la plus spectaculaire se trouvant au fond, à gauche. Regardez bien les monuments représentés. Ne trouvez-vous pas qu'il en manque un, disons, emblématique ?

   A l'étage sont placées les expositions temporaires, d'un intérêt inégal.

   La perle se trouve au sous-sol. Non, je ne parle pas des toilettes ! Il s'agit d'une petite salle de projection, où l'on s'assoit (se vautre) dans l'un des deux grands et voluptueux coussins. Si l'on a pris soin de fermer les rideaux derrière soi, on se retrouve enveloppé par les ténèbres... Il faut alors saisir la manette wii (ouiiii !), pour déplacer sur l'écran les photographies qui apparaissent... et se révèlent être de courtes séquences vidéo, qui ne sont pas sans lien les unes avec les autres.

   Les changements s'effectuent au fur et à mesure que l'on fait s'entrechoquer, s'entrecroiser, s'éloigner les vignettes vidéo. Voilà pour l'activité physique. Mais le cerveau ne reste pas inactif, puisque le jeu consiste à trouver les liens qui unissent les deux, trois ou quatre séquences proposées à l'écran. 

   Au bout d'un moment, si l'on fatigue, on peut se contenter de végéter sur le coussin : la musique d'accompagnement est douce, reposante et, l'obscurité aidant, on peut même piquer un roupillon !

   Bref, j'étais venu un peu en traînant les pieds et je suis reparti enchanté !

samedi, 18 septembre 2010

Un nouvel hebdomadaire dans le Sud-Ouest

   Si l'on se fie à sa couverture, il est destiné aux préadolescents (les 9-13 ans). Pour le titre, je sens qu'on s'est creusé les méninges. L'apocope étant déjà utilisée (Le Mag), on a choisi l'aphérèse, Le Zine :

n°4 bis.jpg

(couverture du numéro 4, du 15 au 21 septembre 2010)

   On peut le trouver principalement en Midi-Pyrénées. La rédaction est logée au coeur de Toulouse et l'impression s'effectue dans le Lot-et-Garonne (en Aquitaine, donc). Pour le lancement, ce nouvel hebdomadaire a bénéficié d'un article dans La Dépêche du Midi (en fait, deux en une semaine) et d'une brève sur Télé Toulouse.

   Dans Le Zine, il y a un peu de tout. De l'info paillettes, des conseils pratiques, des jeux, des pages plus culturelles. J'ai relevé une page consacrée au magicien humoriste Eric Antoine. Ceux qui ne connaissent pas le bonhomme peuvent le découvrir à travers un portrait réalisé à la FNAC, ou encore un extrait de l'un de ses spectacles (le truc de la fin est assez simple ; regardez bien l'image en plein écran ; la bouteille est cachée dans le revers gauche de la veste ; il en saisit le sommet quand il va chercher le couteau avec sa main droite et il remonte rapidement le bras quand le ballon éclate).

   Plus loin, une double-page est consacrée au château du Bosc, théâtre aveyronnais de l'enfance du peintre Toulouse-Lautrec, situé sur la commune de Camjac.

   On passe ensuite au dossier de la semaine, sur l'enfant sauvage. Le corps du journal rectifie le titre de la Une. Victor est bien l'enfant sauvage du Tarn ET de l'Aveyron... surtout de l'Aveyron. Une statue à son effigie est d'ailleurs visible à Saint-Sernin-sur-Rance. Il me semble que l'une des illustrations est tirée du superbe film (dans un style classique très maîtrisé) de François Truffaut.

   Les autres articles (sur les Goonies, la télévision en trois dimensions ...) m'ont peu intéressé, mais cela peut convenir à des jeunes. il en faut pour tous les goûts.

   Le magazine est couplé à un site internet que je trouve intéressant. Au moment où j'écris ces lignes, on peut y voir un reportage (paru dans le numéro précédent) sur le parc de la préhistoire de Tarascon-sur-Ariège. On peut même lire le numéro 0.

 

 

 

vendredi, 13 août 2010

Des cousines des statues-menhirs aveyronnaises ?

   Il s'agit de "stèles anthropomorphes", dont les photographies ont été publiées dans Le Monde des 11-12 juillet derniers :

Routes d'Arabie 11 07 2010.JPG

   Le "quotidien de référence" traitait là de l'inauguration d'une exposition, "Routes d'Arabie", au musée du Louvre, le 14 juillet. (Elle est visible jusque fin septembre.)

   On peut les voir aussi dans le dossier de presse, pages 4, 27 et 48. On peut y lire qu'elles datent du IVe millémaire avant JC, ce qui en fait des contemporaines des statues aveyronnaises, qu'on estime âgées de 4 000 à 5 000 ans.

   A la différence des productions rouergates, celles-ci sont exclusivement masculines (même si l'une porte un collier, attribut féminin dans les sculptures aveyronnaises). Toutefois, la présence d'un baudrier, d'une ceinture et le dessin du visage de la seconde sont assez troublants à des milliers de kilomètres de notre belle région.

lundi, 02 août 2010

Une préfiguration du destin du musée Soulages ?

   La lecture de la presse quotidienne réserve parfois de drôles de surprises. Voici ce que j'ai trouvé dans un "vieux" numéro du quotidien Le Monde, daté du 12 juin 2010 :

Musée breton LeMonde 12 06 2010.JPG

   Comme à Rodez, il est question d'un musée d'art contemporain, ici celui de Kerguéhennec, déjà existant. Il se trouve dans la petite commune de Bignan, dans le Morbihan.

   Même si les deux communes ne sont pas de même importance, plusieurs éléments rapprochent les deux cas. Tout d'abord, le budget de fonctionnement, estimé à 900 000 euros pour le futur "machin" aveyronnais (je ne pense pas être excessivement pessimiste en arrondissant à 1 million d'euros), contre plus de 600 000 euros pour Kerguéhennec (en additionnant ce que versent les collectivités publiques, commune et communauté de communes exclues).

   Notons que, dans le cas breton, le conseil général a diminué sa subvention. A Rodez, on craint plutôt de voir l'Etat abaisser sa part dans la construction.

   Autre différence : Kerguéhennec est géré par une association alors qu'à ma connaissance, ce n'est pas le fonctionnement retenu pour le futur musée Soulages.

   Je suis toutefois inquiet parce que dans les deux cas, il est question de promouvoir l'art contemporain, de s'appuyer sur des artistes et des oeuvres reconnues (par l'élite...), dans un territoire relativement enclavé... et que cela ne mord pas sur le grand public.

lundi, 26 juillet 2010

Une "vieille" mention des statues-menhirs aveyronnaises

   Je l'ai trouvée dans un numéro du magazine L'Illustration du 26 décembre 1925. Ce périodique grand public a longtemps fait la joie d'un public avide à la fois d'informations sur les grands de ce monde et d'ouverture culturelle. C'est une sorte d'ancêtre de Paris-Match, en plus haut de gamme.

   C'est dans les brocantes que l'on peut tomber sur les anciens numéros. Au risque de décevoir ceux qui pensent que "c'était mieux avant", ils sont farcis de publicité, celle-ci étant placée au début et à la fin. L'une de celles présentes dans le numéro que je me suis procuré fait l'apologie d'OVOMALTINE, "aliment naturel tonique" (que l'on peut se procurer notamment en pharmacie...). Une autre vante les stylos "JIF Waterman" etc.

   Parmi les articles, on trouve une analyse de la situation en Chine, sous-titrée "L'action nécessaire de la race blanche dans l'évolution de l'Asie". L'auteur, un certain "Dr Legendre", se désole de l'anarchie qui règne dans le pays et voit dans celui-ci de grandes possibilités de croissance économique... fondée sur l'exportation de matières premières !

   Un autre article est consacré au premier croiseur français de plus de 10 000 tonnes. La rubrique nécrologie évoque la mort de Jules Méline, qui a laissé de très bons souvenirs dans les campagnes françaises.

   En littérature, on se réjouit de l'attribution du prix Goncourt à Raboliot, de Maurice Genevoix.

   On trouve donc aussi une demi-colonne "aveyronnaise" :

 

Illustration 26 12 1925.JPG

   Depuis, d'autres stèles ont été découvertes. On peut en admirer un bel échantillon au Musée Fenaille.

 

jeudi, 08 juillet 2010

Les cultureux aiment Pierre Soulages

   C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage publié dans la revue Art absolument, il y a plus de deux mois. L'écho m'en est parvenu par le quotidien Le Monde du 15 avril 2010 :

LeMonde 15 04 2010.JPG

   Il s'agit du résultat d'un sondage réalisé auprès des adhérents de la Maison des artistes. Mais, d'après Le Point, sur 13 500 membres, seuls 2 881 ont répondu au questionnaire en ligne. Cela relativise un peu les résultats, puisque la participation se monte à 21 %... à comparer toutefois aux bases des sondages trop souvent utilisés par nos media : 700 à 1 000 personnes sont en général interrogées.

   Un autre défaut de cette consultation est de nous proposer l'avis de spécialistes (parfois concurrents), dont l'opinion n'est pas forcément annonciatrice de ce que retiendra la postérité.

   Mais le principal reproche que je fais à cette consultation est d'être orientée. En effet, les artistes ont été consultés en février 2010, alors que la rétrospective Soulages battait son plein au Centre Beaubourg. Difficile d'évacuer l'idée que l'actualité a pu influer sur le choix des votants. C'est, encore et toujours, un aspect de l'offensive Soulages...

mercredi, 07 juillet 2010

Une Aubrac authentique ?

   La célèbre vache tire son nom du relief sur lequel on la trouve : le plateau de l'Aubrac :

aubrac_carte_relief.jpg

   Notez qu'il existe un village nommé Aubrac, situé sur le territoire de la commune de Saint-Chély-d'Aubrac. Il n'est donc pas étonnant qu'une région naturelle aveyronnaise porte ce nom (elle est en gros délimitée par deux rivières, la Truyère et le Lot) :

Carte partie aveyronnaise.jpg
  
(La commune entourée de rouge est Rodez.)

   C'est le cas aussi en Lozère, même si là c'est l'autoroute A75 qui semble en être une limite :

Carte partie lozérienne.gif

   Enfin, une toute petite partie de l'Auvergne (dans le rectangle noir) complète le tout :

carte_auvergne_medium.jpg

   Il s'agit du Sud du Cantal, le canton de Chaudes-Aigues (où l'on peut faire de jolies balades), délimité au nord par la Truyère :

Chaudes-Aigues canton.jpg

   Tout ça pour dire quoi ? Ben que les Auvergnats en général et les Cantaliens en particulier ont parfois tendance à vouloir tirer la couverture à eux. L'Aubrac, c'est d'abord l'Aveyron, hein !

   Cependant, j'ai récemment vaqué aux alentours de Saint-Flour, une charmante commune située un peu au nord du canton de Chaudes-Aigues. Voici ce que j'ai acheté dans un commerce du centre-ville :

Peluche 1.JPG

   Cette peluche est censée incarner une vache Aubrac. (Une fausse Salers est aussi proposée à la vente.) Ce produit est commercialisé par l'entreprise CEDATEC, dont les commerciaux sont français, mais dont je me demande si les produits (tels que les peluches) ne sont pas importés d'Asie du Sud-Est...

   Le suspense est insoutenable... Vous vous demandez si je l'ai fait... Oui ! J'ai pressé le ventre de la vachette... et j'ai entendu ceci :


lundi, 28 juin 2010

L'offensive Soulages

   Je ne sais pas si l'on peut parler de "matraquage" (je pense qu'il faut réserver le terme ; il sera très utile d'ici deux à trois ans), mais c'est fou ce que l'on parle du futur musée.

   En fait, je dois le révéler, le musée Soulages existe, je l'ai rencontré ! Il se trouve à Olemps, sur deux sites, l'hôtel de ville et la médiathèque. Y sont exposés (jusqu'au 30 juin 2010) les travaux que les élèves de la commune ont réalisés, sous l'experte direction de leurs professeures (que des femmes apparemment... au passage, si l'on ne peut que déplorer la sous-représentation des femmes dans les postes à responsabilité dans notre pays, il serait bon aussi de se poser des questions sur la féminisation excessive de certains métiers). Cette exposition a bénéficié d'une ample couverture médiatique (il en a ainsi été question deux fois dans Le Ruthénois ; de son côté, La Dépêche du Midi s'est fait l'écho de la réalisation en cours puis de l'inauguration de l'expo).

   Les "toiles" sont présentées accompagnées d'un petit carton explicatif. Cela ressemble à du Soulages, c'est (en général) aussi laid que du Soulages, mais ce n'est pas du Soulages. Encore que... je serais bien incapable de distinguer, dans la plupart des cas, l'oeuvre du Maître de la copie des jeunes apprentis.

   Quelques productions ont néanmoins retenu mon attention, notamment celles qui, à l'aide d'un pliage discret, donnent une impression de relief. J'ai aussi bien aimé l'exercice de style sur le bleu et le noir, en couches superposées, en partie raclées :

 
Olemps (6).JPG

   Dans chaque salle, en plus des toiles, on peut consulter un cahier de photographies, où l'on voit les bouts d'chou en action. Ils portent en général un vieux T-shirt de leurs parents (on reconnaît des marques : Le Technicien du sport, Centre Presse - Midi Libre, Nasdaq...). Peut-être a-t-on soigneusement sélectionné les images (encore que... il y en a un paquet !), toujours est-il que les bambins sont très appliqués et "déconnent" rarement ! Franchement, à leur place, j'aurais transformé la salle de classe en toile de Soulages !

   Dans la partie située dans la médiathèque, en plus des productions "soulagiennes", on peut voir un documentaire consacré au Maître (intéressant, ma foi). Je pense qu'il doit s'agit du même film que celui qui a été projeté lors du vernissage de la place de la cité. Dans une autre salle, on trouve aussi des acrostiches construits autour des lettres du nom de l'artiste. Je vous en propose un de mon cru (y a pas de raison que seuls les enfants s'amusent, hein !) :

Saoûlant

Onnycomprendpagranchoze

Ubuesque

Lénifiant

Assommant

Gargarismes

Elitisme

Savacoûterbonbon

   Pour terminer sur Olemps, je signale la plus belle oeuvre (à mon goût) présente sur les lieux : une fresque située dans la cour :

Olemps (5).JPG

   La deuxième couche est apportée par l'exposition de maquettes dans une salle située dans le bâtiment naguère dévolu à la Chambre de Commerce et d'Industrie. (C'est je crois la même que celle qui a été présentée à la Cité de l'architecture et du patrimoine.) Le vernissage a eu lieu vendredi 25 juin, pratiquement en même temps que la conférence de Serge Klarsfeld à Conques et qu'un autre vernissage, celui d'une exposition de photographies datant de l'époque d'Eugène Viala. Notons ce manque de coordination dans l'offre culturelle "haut de gamme", assez désolant.

   Je conseille à tous les contribuables du Grand Rodez d'aller voir ces maquettes. On peut demander des explications à la charmante jeune femme qui assure la permanence. On peut aussi repartir avec de la documentation :

- une vue virtuelle de l'arrière du site, une fois le musée construit (ça, c'est uniquement si vous kiffez à donf')

Musée vue théorique.JPG

- un texte présentant les architectes lauréats du concours

- une plaquette du Grand Rodez (sur papier glacé) détaillant le projet

- un exemplaire du Figaroscope du 16 décembre 2009 (édité, je pense, à l'occasion de l'exposition du centre Beaubourg) : Un musée pour Soulages

   Vous voulez encore de la lecture sur le sujet ? Hé bien, précipitez vous sur le numéro 6 du magazine Rodez, notre ville : deux doubles-pages sont consacrées au réaménagement de la zone du Foirail.

   Si l'oeuvre de Pierre Soulages est votre tasse de thé (noir), vous pouvez aussi aller faire un tour sur son site internet.

   Cela ne vous suffit toujours pas ? Alors peut-être l'audiovisuel va-t-il combler votre attente. Le Grand Rodez a financé le tournage d'un film (dont il existe une version courte, une version longue... et une version pirate). Je trouve la version longue assez bien fichue (pour un film publicitaire). On voit toutefois qu'on s'adresse prioritairement aux classes moyennes. Et Soulages, là-dedans ? Il occupe les dix secondes qui précèdent le générique de fin de la version courte. Dix secondes sur soixante-treize, pas mal pour un musée qui n'existe pas et dont la première pierre n'est même pas posée !

   Même quand on se rend sur le blog économique du Grand Rodez, on n'échappe pas à Soulages. Si vous regardez la courte vidéo de présentation de Ludovic Mouly, vous distinguerez sans peine, à l'arrière-plan, un "brou de noix" du génie de l'outre-noir. Pour l'anecdote, on peut trouver une autre version de cette présentation, un peu plus courte, sur Dailymotion. Ludovic Mouly y est cadré plus serré, micro apparent (le son, d'intensité plus faible, est toutefois de meilleure qualité), il gigote moins (mais on voit plus nettement l'inclinaison de sa tête) et il n'y a pas de coupure.

   Une fois ces couches posées, à la manière de Soulages, il faut gratter un peu. Creusons la partie "coûts". Cela va donner un peu de relief à mon billet ! Commençons par comparer les estimations. Le magazine Rodez, notre ville évoque 23 millions d'euros (toutes taxes comprises) pour l'ensemble formé par le multiplexe de cinéma, le parking et la salle des fêtes. Pour le musée, selon aveyron.com, il est question de 22 millions d'euros... TTC ? Non, en fait. La plaquette que l'on trouve sur le site de l'exposition des maquettes parle de "21 millions 460 000 euros ht, hors restaurant et parc de statonnement" !!!! (Notez le "ht" mis pudiquement pour "hors taxes" : si l'on a coutume d'écrite TTC, il est par contre assez fréquent d'écrire l'autre expression en toutes lettres.)

   C'est là qu'intervient mon voisin de palier, qui demande "Et avec les taxes, ça fait combien, d'après vous ?" Plus de 25 millions d'euros selon Le Parisien... ça fait réfléchir ! On se demande évidemment si les taxes vont être équitablement réparties entre les collectivités qui financent le projet : le Grand Rodez (9,5 millions), le département de l'Aveyron (4 millions), la région Midi-Pyrénées (4 millions) et le ministère de la Culture et de la Communication (4 millions). Pensez aussi aux surcoûts imprévus, aux aléas climatiques etc.

   Voilà de quoi nourrir bien des inquiétudes, peu relayées par la presse, ou alors pour les rabaisser. (Du côté de la blogosphère, j'aime bien l'analyse de KaG.) A ma connaissance, seul Le Nouvel Hebdo se fait régulièrement l'écho du risque financier. Chaque semaine ou presque, un entrefilet ou une incise vient rappeler que tout n'est pas parfaitement ficelé. Le journal satirique fait cependant porter la critique surtout sur le coût de la construction (ainsi que sur l'entretien, jugé prématuré, d'un conservateur), constatant qu'en période de crise, les crédits nationaux diminuent. La crainte est que la participation du ministère ne fonde... les foyers du Grand Rodez étant mis à contribution pour sauver le projet.

   Mais c'est la partie coût de fonctionnement qui m'inquiète le plus. Le site aveyron.com évoque 900 000 euros par an. (Tout compris ? On aimerait avoir le détail.) Quand on lit ici ou là que les promoteurs du musée comparent son impact à celui consacré à Toulouse-Lautrec, à Albi, on se dit que les perspectives de fréquentation sont peut-être excessivement optimistes.

   Enfin, les mauvaises langues disent que Soulages a déjà le musée Fabre, à Montpellier, où deux salles lui sont consacrées. Ces mauvaises langues (toujours elles, les vilaines !) susurrent que les toiles les plus susceptibles d'attirer le public snob et friqué ont été données (par les époux Soulages) au musée héraultais. Ceci dit, on peut penser que des oeuvres seront prêtées et c'est à Rodez que les cartons des vitraux de Conques seront exposés.

mercredi, 23 juin 2010

En attendant le Tour de France

   Presque plus personne ne l'ignore désormais : le samedi 17 juillet s'élancera de Rodez la treizième étape du Tour de France (comme en 1984, où ce fut la quatorzième étape qui démarra du même lieu). Même si le tracé interne à la ville est connu depuis plusieurs mois, les habitants du chef-lieu aveyronnais ont eu droit à une piqûre de rappel.

   En effet, la dernière livraison du magazine municipal Rodez, notre ville est accompagnée d'un dépliant détaillant les animations prévues ce jour-là ainsi que l'organisation du stationnement et de la circulation. L'une des cartes permet de visualiser la partie ruthénoise de l'étape :

Plan étape 2.jpg

   De plus, depuis quelques mois, de drôles de sculptures ont fait leur apparition dans le Grand Rodez, à commencer par le carrefour des Quatre-Saisons :

entrée Rodez.JPG

   Celles, plus originales, installées sur le rond-point de Druelle sont bien connues des Aveyronnais :

Druelle 2.JPG

   Les voici sous un angle qui les montre en plein effort :

Druelle 1.JPG

   De son côté, la commune d'Olemps se place dans la lignée de Rodez, avec une touche personnelle toutefois :

Olemps.JPG

   Regardez bien la voiture, à l'arrière-plan...

   Après cela, qui osera dire que les élus locaux pédalent dans la semoule ?

mardi, 22 juin 2010

Qu'est-il arrivé à l'entrée du lycée Jeanne d'Arc de Rodez ?

   Il s'agit de l'antenne du lycée Louis Querbes située rue Béteille :

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   Vous ne remarquez rien ? Alors, je vais vous aider :

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  Hé, oui ! La niche située au-dessus de l'entrée est presque vide, alors qu'elle abritait jusqu'à il y a peu une croix stylisée (c'est un lycée catholique, dont la politique de "communication" est des plus habiles). Que s'est-il donc passé ? Les vents violents qui ont récemment soufflé sur le Piton ont-ils eu raison de cet emblème modernisé de la foi chrétienne ? Faut-il plutôt accabler la mauvaise qualité de la sculpture, la friabilité du matériau utilisé ? La dégradation serait-elle le résultat de l'action de jeunes fous ? On ne sait.

   En tout cas, dans sa chute, le morceau de croix a abîmé le panneau surmontant le porche d'entrée :

L Querbes 2.JPG

dimanche, 25 avril 2010

Un nouveau distributeur de lait cru sur le Grand Rodez

   Je suis peut-être la première personne à évoquer l'existence de ce nouveau distributeur, situé à côté de l'entrée de l'hypermarché Leclerc de Sébazac-Concourès :

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   Cela ne fait que quelques jours qu'il a été mis en place. Je suis tombé dessus par hasard. J'ai acheté un litre. Le lait est bon. (Je le bois aussi bien cru, dans les deux jours, que cuit.) Ce sont des agriculteurs d'une commune périphérique de Rodez, Sainte-Radegonde, qui l'approvisionnent :

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   Cette commune était à l'honneur dans Le Ruthénois n°7. Peut-être aura-t-on bientôt droit à un article, la presse locale ne s'étant pour l'instant (à ma connaissance) pas portée sur le sujet. L'autre distributeur du coin, celui mis en place par le lycée La Roque (entre le Géant Casino et les Halles de l'Aveyron), est plus connu. Pour arriver à ce résultat, les gens du lycée ont mené des opérations de communication. L'un des fils de l'agriculteur de Sainte-Radegonde m'a dit que quelque chose était prévu pour le 8 mai. Au passage, il tient à se démarquer de l'autre distributeur : la nourriture des vaches laitières (qui sont d'une race différente) n'est pas la même, ainsi qu'il est expliqué dans le dépliant qui est offert :

Dépliant 1.JPG
Dépliant 2.JPG

   Au dos, on trouve des recettes pour accommoder le lait cru. Toutefois, le lait de ce distributeur, pas plus que celui de l'autre, n'est issu de l'agriculture biologique. Signalons aussi que les deux distributeurs viennent du même fournisseur, même s'ils ont l'air un peu différents. En voici la preuve pour celui de La Roque :

DSCN2019.JPG

   ... et celui de Sébazac :

DSCN2569.JPG

   J'ai souligné le numéro de téléphone, qui me paraît bizarre. Il y a sans doute une explication... je chercherai plus tard.

   La machine est de fabrication italienne, par une entreprise de la commune de Calcinato, dans la province de Brescia, en Lombardie (entre Castenedoto et Rezzato sur la carte) :

Lombardie.jpg

   Evidemment, un meuglement se déclenche quand on reçoit le lait :


   C'est puéril, je sais... mais je kiffe trop ce truc ! Par contre, il ne me semble pas que cette machine ait l'option "la voix vous explique la marche à suivre", présente sur le distributeur du Géant. (A vérifier.)

   L'Aveyron se dote petit à petit de ce genre d'équipement, qui assure un meilleur revenu aux producteurs de lait. Certains de ces distributeurs sont signalés par le site professionnel Direct Lait. Il y en a un à Villefranche-de-Rouergue, un à Espalion et un autre dans le Grand Rodez, à Olemps (à côté du Super U apparemment). Par contre, ce site ne signale pas l'existence des distributeurs d'Onet-le-Château et de Sébazac-Concourès. (Pour celui-ci, je pense que c'est provisoire.)

vendredi, 09 avril 2010

Petite balade ruthénoise

   En cette fin d'après-midi ensoleillée, l'envie m'est venue de faire un petit tour de Rodez, par le bas. On commence par descendre l'avenue des Fusillés de Sainte-Radegonde, en direction de l'usine Bosch. Au passage, on pense à regarder sur les côtés. On peut y dénicher de tout... y compris un reste de neige (plus précisément : un reste de congère) !

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   L'endroit est protégé de la route, la pente l'orientant vers le lieu de promenade que je ne vais pas tarder à rejoindre. Les rayons du soleil n'arrivent que tard dans la journée, quand ils y arrivent.

   Au rond-point, on tourne à droite, direction le Gué de Salelles et on emprunte le chemin aménagé, qui longe l'Aveyron. Les beaux jours revenant, on s'aperçoit que les prés avoisinants sont occupés :

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   Hé oui ! C'est l'histoire du promeneur qui regarde la vache (une Montbéliarde me semble-t-il) qui regarde le pêcheur qui regarde son hameçon...

   En poursuivant son chemin, on arrive à Layoule, sorte de petit Eden ruthénois pour promeneurs, enfants, animaux, pêcheurs, joggueurs, lecteurs, flirteurs et pique-niqueurs. On y voit régulièrement des parents (ou des grands-parents) amener leurs (petits) enfants nourrir les canards du coin (coin). Ce sont des colverts et ils ne sont pas farouches ! Voici une femelle aux aguets :

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   Et voilà un mâle que ma présence ne dérange guère :

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   Pour le plaisir des oreilles, on poursuit sa route et l'on dépasse lentement la cascade, puis l'on se dirige vers le pont ancien, dit "pont de Layoule". Au passage, sur sa gauche, on remarque la présente d'un objet insolite, dans l'eau : une voiture !

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   La voici sous un autre angle :

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   Ce n'est pas la première fois que le lit de l'Aveyron se garnit d'un détritus encombrant. Mais, auparavant, on a plutôt eu droit à des chariots de grande surface ou à des deux-roues usagés. La presse locale a évoqué ce cas, d'abord Midi Libre, puis La Dépêche du Midi. Si vous observez bien les photographies publiées dans les journaux, vous constaterez qu'entre les deux articles le véhicule s'est déplacé, porté par le courant. Le 30-31 mars, il se trouve à proximité de la cascade, que l'on distingue au second-plan sur l'article de Midi Libre. La voiture, garée sur le côté de la rue, à proximité du camping, a glissé dans la rivière, sa propriétaire ayant mal serré le frein à main. Du coup, une semaine plus tard, le véhicule se trouve plus en aval, à proximité du pont médiéval. Il n'y a pas de différence notable entre les photographies que j'ai prises et celle qui a été publiée dans La Dépêche. Mais ceux qui n'étaient pas repassés par Layoule depuis plusieurs jours ont dû être surpris par le changement de position. J'ai même vu une voiture de la police municipale s'arrêter sur l'autre berge.

   Un détail pour terminer. Sur la deuxième photographie que j'ai prise, j'ai fait ressortir le nom complet de la série du véhicule : il est encadré en rouge. En cliquant sur la photo, vous la verrez agrandie... et pourrez lire "G. Sabatini SEAT". Les moins jeunes d'entre nous se souviennent d'une joueuse de tennis argentine plutôt mignonne, ma foi... avec un jeu assez athlétique et une attitude un peu "garçonne" sur les bords parfois. Une voiture a donc porté son nom, au début des années 1990 si je ne m'abuse. C'est dire si le véhicule qui encombre actuellement le lit de l'Aveyron est une antiquité !

   En remontant vers le centre-ville, j'ai fait une curieuse rencontre :

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   Tout en se frottant au grillage, ce sympathique sac à puces m'a salué à sa manière... beaucoup plus aimablement, en tout cas, que son compagnon canin, un pitoyable roquet qui s'est mis à aboyer à tue-tête ! Ben je l'ai pas mis sur la photo, na !

mercredi, 23 décembre 2009

Mouvement social au Géant de Rodez (en 2007)

   Pour une raison que je ne m'explique pas, ce billet, du début du mois de mai 2007 (et lié à un autre, du 11 mai), n'est plus accessible, alors qu'il figure bien en théorie dans mon blog. Je le republie donc.

   Cet hypermarché Géant Casino est en fait situé à Onet-le-Château, la plus peuplée des communes qui jouxtent celle de Rodez. Ce mercredi, en allant dépenser quelques euros sur les coups de 12h30, mon attention fut attirée par un attroupement inhabituel à l'entrée du centre commercial. Certaines têtes me disaient quelque chose : c'étaient des caissières de la grande surface.

   Elles protestent contre le développement des caisses automatiques, qu'elles voient comme une menace pour leur profession. Qui plus est, la direction essaie de leur imposer de nouveaux horaires, jusqu'à 21h, ce qui pourrit particulièrement la vie de celles qui ont des enfants. Il me semble que l'installation du nouvel hyper Leclerc à proximité, avec des horaires d'ouverture assez flexibles, n'est pas sans avoir influencé les gérants du Géant.

   J'ai pris le tract des caissières, pas très précis sur le fond. C'est en lisant la presse locale (Centre Presse et La Dépêche du Midi en l'occurrence) et en écoutant la radio Totem que l'on pouvait connaître le motif de la manif.

   Cela ne m'a pas empêché de dépenser mes quelques euros. Les caisses automatiques étaient hors d'usage. Aux caisses traditionnelles officiaient des hommes jeunes en costume-cravate (genre école de commerce). A les voir patauger, on se rendait tout de suite compte qu'ils n'avaient pas l'habitude de ce boulot ! Au lieu de 5 minutes, mon passage en caisse, queue comprise, m'a pris environ un quart d'heure.

vendredi, 13 novembre 2009

Un couteau Laguiole très spécial

   Cet après-midi, je me suis rendu dans ma boulangerie de prédilection (c'est la boulangerie Conort, située à Rodez, en haut de la rue Béteille, sur le trottoir de gauche).

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 Le fils, qui a repris l'affaire des parents, a gardé le coup de main des anciens et propose la meilleure baguette du Grand Rodez (les croissants au beurre sont eux aussi délicieux). Donc, aujourd'hui, quand je suis entré dans la boutique, son épouse était en train de s'occuper de ceci :

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   Vous n'avez pas la berlue : il s'agit bien de l'imitation d'un couteau Laguiole. Elle est à base de chocolat noir... et c'est vachement bon ! Ben oui, du couteau ne me reste plus que cette photographie... et le souvenir de l'avoir mangé !

   Il est quand même vendu 1,5 euro. C'est chérot pour une petite pâtisserie... mais l'objet imité n'est pas donné non plus !

vendredi, 02 octobre 2009

Du lait cru en veux-tu, en voilà !

   J'ai déjà causé à plusieurs reprises de cette délicieuse substance, le lait cru, que des agriculteurs tentent de remettre au goût du jour (tout en améliorant leurs revenus) à l'aide de distributeurs automatiques.

   Et donc, samedi 26 septembre, une distribution gratuite a eu lieu pas très loin de l'hypermarché Géant Casino, sur le parking d'en face plus précisément, juste à côté des Halles de l'Aveyron. Le quotidien Midi Libre en a rendu compte, tout comme son "petit frère" Centre presse, dont voici la recension :

Centre Presse 27 09 2009.JPG

   Le sujet fait parler de lui, puisque dans la revue Réussir lait élevage vient de paraître un article faisant un premier bilan de ce type d'installation. Apparemment, les zautorités ont tendance à freiner, alors que cela fonctionne bien dans d'autres pays. Vous verrez dans l'article quel est le prétexte utilisé (c'est le même qui a failli empêcher le lycée agricole aveyronnais dont il est question plus haut de mener à bien son projet).

    Satanés technocrates !

samedi, 19 septembre 2009

Du lait cru gratuit pas cher !

   Il ya quelques temps de cela, j'ai découvert l'existence d'un distributeur de lait cru à Onet-le-Château, commune voisine de Rodez. De temps à autre, je viens m'y approvisionner... comme ce samedi matin. Avant moi, un père accompagné de sa fille remplissait sa bouteille. Il a montré à sa progéniture comment qu'il fallait faire pour que ça marche bien. La gamine a souri en entendant le meuglement sortir de la machine pendant que le lait s'écoulait.

   Bah, tiens, comme je suis un grand enfant, je vous en propose un nouvel enregistrement :

  

     Ensuite, j'ai rempli ma propre bouteille. J'ai même aidé une mamie à se servir du distributeur (du paiement de la bouteille en plastique au versement du lait) ! C'est vous dire si je suis un type bien (et modeste) ! 

   Mais pourquoi en parler à nouveau ? Eh bien à cause d'un magazine gratuit (rempli de publicités et de programmes télé du plus haut intérêt), distribué dans la plupart des communes du Grand Rodez. Il s'appelle A l'oeil. Curieusement, il a commencé à paraître juste après la défaite de la droite aux élections municipales de 2008... Un militant local du Modem a soulevé un lièvre à propos de ce magazine...

   Il n'est toutefois pas sans qualité. Dans le numéro du 11 au 24 septembre 2009, j'y ai trouvé l'encart publicitaire suivant :

A l'oeil sept 2009.JPG

  Et donc, samedi 26 septembre, de 9h à 13h (tant pis pour les lève-tard !) il sera procédé à une distribution gratuite de lait cru au distributeur, dans la limite d'un litre par foyer. Sympa, non ?

 

samedi, 22 août 2009

Conférence sur les volcans

   Ce soir, c'était sortie culturelle ! J'ai donc quitté la capitale aveyronnaise pour gagner Bozouls, charmant bourg d'un peu moins de 3000 habitants. Il est traversé par une rivière, le Dourdou, dont le méandre est LA curiosité de la région, le fameux "trou". Comme c'est ombragé, l'été, c'est une balade des plus agréables. Vu du ciel, cela donne ceci :

   Le site attire les géologues. Récemment, un musée consacré à leur discipline a été ouvert : il s'agit de Terra Memoria. De plus, chaque année, au mois d'août, se tient un festival des sciences de la Terre, qui associe excursions, animations et conférences. J'ai assisté à l'une d'entre elles, consacrée aux volcans. L''intervenant était Henry Gaudru. Il a notamment publié un dico très pratique sur la question :

Gaudru dico.jpg

   Dans la salle, pour faire patienter le public, un  diaporama était projeté, portant notamment sur l'Aveyron vu du ciel. Ensuite a démarré la conférence (à 21h, au lieu des 20h30 annoncés... encore une manifestation du tristement célèbre "quart d'heure aveyronnais"...)

   Gaudru est un type jovial, qui connaît son sujet. S'il maîtrise très bien les termes techniques, il s'exprime de manière assez familière à l'oral (avec des fautes d'expression). Cela rend peut-être son exposé plus accessible aux profanes mais, comme le public (très attentif... et un peu tétanisé par la chaleur, pourtant atténuée par deux climatiseurs et un ventilateur... fallait bien choisir sa place, les gars !) était visiblement majoritairement constitué d'adultes déjà murs et ayant suivi des études universitaires, j'ai parfois senti un peu de flottement. Cela restait toutefois très intéressant, en particulier lorsque Gaudru abordait des cas particuliers. Comme il a pas mal roulé sa bosse, il avait toujours des anecdotes piquantes à raconter sur tel ou tel volcan.

   A la fin de son intervention, certains des bénévoles qui font tourner le festival sont passés dans les rangs du public pour nous proposer de l'eau fraîche. Grâce leur soit rendue !

mardi, 07 juillet 2009

Un distributeur de lait cru en Aveyron !

   Hé, oui ! Tout arrive... y compris dans l'Aveyron. Certains agriculteurs cherchent à développer les "circuits courts", notamment la vente directe. Cela leur permet de supprimer un ou plusieurs intermédiaires... et de gagner davantage sans vendre forcément plus cher. Ce système est connu pour les fruits et légumes, les fromages.

   Depuis quelques mois, en France, les initiatives se multiplient dans le secteur laitier. Toutefois, à tout seigneur tout honneur, il convient de rappeler que ce sont les Italiens qui ont lancé la mode du distributeur de lait cru. Côté français, on a beaucoup parlé d'un éleveur bio du Rhône, y compris à la télévision. D'autres éleveurs (pas forcément bio) s'y sont mis, par exemple en Normandie ou encore en Auvergne et Savoie.

   Les voisins du Tarn et du Tarn-et-Garonne ayant rejoint le mouvement, l'Aveyron ne pouvait pas rester à l'écart ! L'originalité du cas tient dans le fait que c'est un lycée agricole qui est à l'origine de la chose. Le distributeur a d'ailleurs été placé à proximité de la ferme du lycée, sur le parking d'une zone commerciale du Grand Rodez, à Onet-le-Château plus précisément. Pour ceux qui auraient l'occasion de s'y rendre, on peut repérer l'emplacement à l'aide de deux bâtiments :

les Halles de l'Aveyron

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... et l'hypermarché Géant Casino (visible à l'arrière-plan, sous la flèche)

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   Voici la "bête" vue de face :

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   A gauche se trouve un distributeur de bouteilles en plastique vides (de contenance : 1 litre), à 20 centimes d'euro pièce... mais on peut apporter la sienne ! Juste à droite se trouve le guichet du lait. On choisit le volume désiré : 10 centilitres, 20 cl, 50 cl, 1 litre... voire plus ! On paie, en faisant l'appoint : c'est 1 euro le litre, ou, si vous préférez, 10 centimes les 10 centilitres.

   Ensuite, après quelques secondes d'attente, on peut, juste à droite, ouvrir le volet.  On place la bouteille (ou le gobelet) sous le robinet à lait. On peut alors appuyer sur le bouton "START" (cela veut dire "démarrage", en aveyronnais), qui est vert. Si vous prenez au moins 1 litre, vous aurez le bonheur d'entendre meugler :


Meuhhhhhh.WMA

   Rassurez-vous : aucun animal n'est enfermé là-dedans !

   Pour ceux qui ont du mal à comprendre la marche à suivre, un dispositif a été aménagé. En appuyant sur un autre bouton, le client aura le bonheur d'entendre une voix à l'accent est-européen fortement prononcé lui décrire le processus (Voix de l'Est.WMA). Emotion garantie !

   Tout à droite, le client un peu maladroit trouvera des serviettes en papier... très utiles aussi si l'on a le nez qui coule !

   Enfin, précisons que le lait est délivré à la température de 4 degrés Celsius... parfois légèrement plus. (Un écran numérique nous informe de la température régnant à l'intérieur.) Par les temps caniculaires qui courent, c'est diablement rafraîchissant... et agréable au goût. Les plus anciens qui me lisent se rappelleront le lait de leur enfance. Les plus jeunes sentiront la différence avec le lait U.H.T. (moi, je n'en bois plus).

   Bon appétit !