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lundi, 31 octobre 2011

Another silence

   Les Français ne sont pas nombreux à le savoir, mais Marie-Josée Croze est canadienne (québécoise, pour être plus précis). Il n'est donc pas si étonnant que cela de la retrouver à l'affiche de cette coproduction internationale, tournée en anglais et en espagnol, et dont l'action se déroule au Canada puis aux confins de l'Argentine et du Chili.

   Cette fois-ci, l'abonnée aux seconds rôles occupe la tête d'affiche... pour mon plus grand plaisir, tant j'ai apprécié ses compositions dans des films aussi divers que Ne le dis à personne, Jacquou le Croquant, Le Scaphandre et le papillon ou encore Liberté.

   Signalons que le réalisateur, Santiago Amigorena, a auparavant écrit pour Cédric Klapisch : Le Péril jeune, Peut-être et Ni pour ni contre, bien au contraire.

   L'affiche (construite autour d'une image extraite de la dernière partie du film) pourrait tromper son monde. En effet, à la base, il s'agit de l'histoire d'une policière dont le mari et le fils sont assassinés, et qui décide de se venger.

   On pourrait donc imaginer que cette femme va être une sorte de décalque de l'inspecteur Harry ou de l'agent du NCIS Gibbs voulant liquider l'assassin de son épouse et de sa fille. Ce n'est pas tout à fait cela.

   Le début laisse beaucoup de questions en suspension. On ne sait tout d'abord pas quel est le mobile du double meurtre. Est-ce lié aux fréquentations du gamin ? Est-ce parce que la mère est policière ? Est-ce à cause de la profession du mari, que l'on ne découvre que plus tard dans le film ? Mystère. Même le passé de la jeune femme recèle des zones d'ombre.

   Tout est construit autour du personnage de Marie, une femme non pas furieuse, mais froide et déterminée. Il faut avoir perdu quelqu'un de cher ou avoir eu au moins une fois dans sa vie envie de vraiment tuer pour comprendre ce qu'elle peut ressentir. C'est d'ailleurs l'une des limites du film. Si l'interprétation de M-J Croze est irréprochable, le scénario et la mise en scène ne permettent pas tout à fait à quelqu'un d'extérieur d'entrer dans le personnage. Ceci dit, c'est peut-être voulu. Elle garde cet aspect irréductible, cette part d'étrangeté qui la rend si particulière.

   Du coup, ce qu'on prend parfois pour du courage n'est qu'une fuite en avant sans émotion. Bon, d'accord, la dame a les ovaires bien arrimées, n'hésitant pas à s'attaquer à tout type de truand. Mais on finit par comprendre qu'elle n'a plus peur de la mort, ayant perdu ses raisons de vivre.

   Elle part à la recherche de l'assassin et du commanditaire en Amérique du Sud. Cela nous vaut des scènes magnifiques tournées en Argentine et au Chili, dans des régions où les habitants sont majoritairement des Indiens. L'héroïne y fait des rencontres surprenantes et les paysages sont splendides. Dans une belle salle, sur un grand écran, c'est chouette !

   (Je mets un bémol à cause de la fin que, comme d'autres spectateurs, je n'ai pas appréciée, même si elle se comprend. Cela n'enlève rien à la qualité du reste du film.)

  

23:31 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema

Les Marches du pouvoir

   Le titre originel, The Ides of March ("Les Ides de mars") est à mon avis plus explicite : il fait allusion à l'assassinat de Jules César, notamment par Brutus, le fils de sa maîtresse. Cela invite le public cultivé à faire le parallèle entre le gouverneur Mike Morris (George Clooney lui-même, impeccable), favori des primaires démocrates (et considéré donc comme le futur président) et le général romain. Reste à savoir qui va trahir le candidat... ou s'il n'a pas un fils (adoptif).

   Comme le film a été conçu à la fin du second mandat de George W. Bush, l'intrigue prévoit un basculement électoral en faveur des démocrates. Le gouverneur est un vrai progressiste : il croit en la parole donnée, n'aime pas les tripatouillages, est un fervent promoteur des énergies renouvelables et s'oppose à l'aventurisme guerrier de l'administration sortante. Cerise sur le gâteau : il est beau gosse et semble très amoureux de sa femme, qui, bien entendu, est intelligente et compréhensive (très belle scène dans la voiture à la clé).

   La victoire semble lui tendre les bras. Il est soutenu par un conseiller en com' redoutable (et fidèle), incarné avec brio par Philip Seymour Hoffman (dont on a déjà pu admirer le jeu à maintes reprises, comme dans Good Morning England, La Guerre selon Charlie Wilson, 7h58 ce samedi-là...), épaulé par un jeune et brillant assistant aux dents longues (Ryan Gosling, l'étoile montante).

   Du côté de la distribution, il faut signaler la composition de deux autres acteurs : la jeune Evan Rachel Wood (révélée dans Whatever works) en fausse ingénue, fragile au fond, et Paul Giamatti, sorte d'homme à tout faire des seconds rôles hollywoodiens, excellent en adversaire retors.

   Le véritable personnage principal est le jeune conseiller, qui se retrouve au carrefour des intrigues, tantôt manipulateur, tantôt manipulé. C'est donc un bon thriller politique qui nous est offert. On vit de l'intérieur une campagne de primaires, avec ses enjeux sous-jacents.

   Sur le fond, le propos est assez cynique (à l'image de ce qu'on a pu voir, dans un contexte différent, dans Jeux de pouvoir), mais pas forcément désabusé. En cela, il s'accorde bien avec le titre français. Jusqu'où peut-on (doit-on ?) pousser les compromissions pour accéder au pouvoir ? Sur qui est-on prêt à "marcher" ? à s'appuyer ? Même si on trouvait déjà ce questionnement dans Bulworth (de et avec Warren Beatty) et Primary Colors, il est ici particulièrement bien maîtrisé, corseté par un scénario qui se concentre sur les enjeux politiques globaux et les choix individuels.

   Au niveau de la mise en scène, il n'y a rien à dire. C'est propre et maîtrisé, au service du propos. De temps à autre, Clooney se permet quelques effets. Cela m'a rappelé Good Night and good luck, sa deuxième réalisation. C'est peut-être un peu moins "léché", mais le fond du film est plus dense. A voir, donc.

12:18 Publié dans Cinéma, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, film, cinéma

dimanche, 30 octobre 2011

Les Hommes libres

   Le titre pourrait faire référence aux "Français libres" qui se sont battus contre l'occupation allemande. Dans ce film il est question des Maghrébins vivant en métropole, certains s'étant engagés dans la Résistance, allant jusqu'à sauver des juifs.

   On voit qu'au-delà de la reconstitution historique (sur laquelle on peut émettre quelques réserves) et du film d'action, il va être question d'oecuménisme : face aux grands méchants nazis (et à leurs infâmes collaborateurs), des hommes de bonne volonté et de toutes origines ont su se rapprocher.

   Le centre névralgique du système (et du film) est la mosquée de Paris, dirigée par un recteur (son fondateur Kaddour Benghabrit) incarné avec bonhomie par l'incroyable Michael Lonsdale (dont on a récemment encore pu admirer le talent dans dans Des Hommes et des Dieux), qui donne son rythme au film.

   Le personnage moteur est le jeune Younes, d'abord trafiquant, qui manque de peu de basculer dans la collaboration, puis amoureux et résistant, de plus en plus engagé. L'un des intérêts du film est de montrer son évolution. Cet aspect est hélas gâché par l'interprétation. Je trouve l'acteur (Tahar Rahim) vraiment peu expressif, quasiment toujours dans le même registre. C'est peut-être voulu mais alors c'est un choix maladroit.

   Les seconds rôles sont brillamment interprétés. Il aurait peut-être fallu que l'officier allemand ait un accent plus prononcé : il parle un peu trop bien français.

   Le film mérite le détour aussi par la musique qu'on y entend, une musique "orientale", élaborée mais sans fioritures. Un tambourin, à demi extorqué puis revendu, joue un rôle dans l'intrigue.

   Restent ces Nord-Africains, authentiques résistants (le grand public sait, depuis Indigènes, qu'ils ont permis de refonder l'armée française dans les années 1941-1945), futurs combattants indépendantistes (algériens, mais aussi marocains...). Je pense que ce film, mieux que Hors-la-loi, fait comprendre que, pour un Maghrébin anticolonialiste, la lutte pour l'indépendance a été perçue comme la continuation du combat contre l'occupant nazi. A court terme, leur courage a été bien mal récompensé. Ce film apporte donc des éléments permettant de mieux comprendre une époque complexe... et il est plutôt bien fichu.

23:59 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

samedi, 29 octobre 2011

Des politiques à l'ancienne

   L'anecdote figure dans Le Nouvel Hebdo de cette semaine. Vous pouvez donc passer sur les articles engagés en faveur de la majorité départementale, qui attaquent de manière un peu trop systématique (à mon avis) les élus de gauche (mieux vaut aller lire dans Le Ruthénois la page consacrée à l'entrée de Baraqueville dans le Grand Rodez, carte intéressante à la clé), pour passer page 3 à celui qui est signé Donato Pelayo : Choisir ses candidats.

   Il y est fait allusion à un élu héraultais d'origine aveyronnaise, aujourd'hui décédé. Il aurait été le seul de sa classe à échouer au Certificat d'Etudes. Il n'en a pas moins réussi une belle carrière politique, au prix de quelques "accommodements".

   L'article ne cite pas le nom de l'élu, mais j'ai quand même fini par trouver de qui il s'agit : René Couveinhes. Il a été député de l'Hérault entre 1968 et 1973, puis de 1986 à 1997, soit 15 ans au total (et non pas 24, comme il est écrit dans Le Nouvel Hebdo). Entre temps, il a exercé de nombreux mandats locaux, notamment celui de maire de La Grande Motte.

   Le voici tel qu'il était lors de son premier mandat :

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   Et le voici 25 ans plus tard :

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   On en apprend davantage sur lui grâce à une étude qui lui a été consacrée en 1995 : La stratégie de la discrétion.

   Il a fait partie de ces élus gaullistes "du terroir" (qu'on a pu qualifier de clientélistes), d'origine modeste, qui ont fait le succès de l'UNR, de l'UDR puis du RPR. Il a été comparé à Charles Pasqua, dont il se sentait "philosophiquement" proche. (On pense qu'il a été membre du SAC.)

   Il était donc d'origine aveyronnaise par ses parents, installés à Castelnau-le-Lez, où le papa (Augustin) tenait un café. L'étude semble indiquer qu'il a obtenu son Certificat d'Etudes, mais rien d'autre, contrairement à ce qu'il a prétendu par la suite.

Après le certificat d'études primaires, il fréquente le lycée Bérard jusqu'en classe de première et s'inscrit à la faculté pour obtenir la capacité en droit. Mais il n'y reste pas.

   Peu importe après tout. Il s'est bien implanté dans l'Hérault et a grimpé les échelons au sein de l'UDR. Il obtient l'investiture en 1968 et profite de la vague gaulliste. Mais il est battu en 1973... par un certain Georges Frêche. Les deux candidats ont misé sur le vote des rapatriés, mais Frêche a joué sur l'antigaullisme de l'extrême-droite pour en récupérer les voix au second tour, qu'il a remporté de peu.

   René Couveinhes s'est ensuite davantage investi au niveau local, avant de redevenir député. Pour la petite histoire, on peut ajouter qu'il a mis le pied à l'étrier de son fils Philippe (à la mairie de La Grande Motte), qui a cependant été rapidement évincé, avant de décéder prématurément.

   Du coup, c'est un autre politique local qui tente de récupérer l'héritage, Jean-Pierre Grand, dont il est aussi question dans l'article du Nouvel Hebdo. Il n'y est pas nommément désigné, mais on peut deviner assez facilement de qui il s'agit : l'un des députés héraultais (de droite donc) à être maire, ancien attaché parlementaire. Outre la commune qu'il gère (Castelnau-le-Lez), il a en commun avec son illustre prédécesseur l'absence de références scolaires. Cela ne l'a pas empêché de "réussir" en politique, mais c'est un profil qui devient rare.

   La boucle est bouclée quand on fouille un peu son profil d'élu (les anciens mandats locaux). On y découvre qu'il a un autre point commun avec René Couveinhes : les attaches aveyronnaises. En effet, avant de se faire élire à Castelnau-le-Lez, il a été conseiller municipal à La Cavalerie, dans le Sud de l'Aveyron.

vendredi, 28 octobre 2011

Copié (presque) collé

   Cette semaine, il a beaucoup été question de la venue en Aveyron de la secrétaire d'Etat chargée de la famille, Claude Greff. Je ne vais pas m'attarder sur les polémiques diverses soulevées par sa visite et la politique de l'Etat en matière d'accueil de la petite enfance. Je me suis plutôt intéressé à la manière dont la presse locale a rendu compte de sa visite, notamment à Espalion.

   C'est aujourd'hui vendredi que j'ai réalisé que les articles parus dans La Dépêche du Midi (le 25 octobre) et le Bulletin d'Espalion (le 28 octobre) sont quasiment identiques. Seuls diffèrent les titres... et une phrase, qui ne figure que dans le quotidien :

Claude Greff a souligné les attraits d'un tel équipement qui permet «une mutualisation des moyens autour de la petite enfance».

   On note aussi quelques nuances de détail. Le Bulletin précise que le nombre d'allocutions (c'est-à-dire de discours...) a été de sept et que l'avion (en retard) venait de Paris. (Et vive le développement durable !) La Dépêche ne prend pas la peine de donner toutes les fonctions occupées par Jean-Claude Anglars (la moitié du journal y passerait).

   Qu'est-ce qui peut expliquer une telle similitude ? Comme les articles ne sont pas signés (et les photographies pas créditées), on peut penser qu'il s'agit du communiqué de presse officiel, distribué par les organisateurs de la cérémonie aux gentils envoyés spéciaux (s'il y en a eu).

   C'est donc au niveau des photographies que les deux journaux se distinguent... Pas tant que cela, en fait. Proximité oblige, le Bulletin en publie deux (+ une troisième dans le diaporama de la page Actualité du site internet ; elle se trouve en "une" de la version papier). La première est visible (en petit) sur la version numérique de l'article. En voici la version papier :

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   Elle a été prise pendant l'un des fameux discours, celui de Gilbert Cayron... qui a l'air d'ennuyer grave Jean-Claude Luche, tandis qu'Yves Censi est en train de mater un truc visiblement bien plus intéressant (une jolie paire de jambes ?) au fond de la salle.  

   J'ai encadré l'un des deux élus dont le nom n'est cité par aucun organe de presse. Il s'agit de Guilhem Serieys, qui représentait le Conseil régional (qui a quand même mis 135 000 euros dans une garderie du Nord Aveyron). Il fait donc partie des sept personnes qui se sont exprimées. On peut d'ailleurs retrouver le texte de son allocution sur son blog.

   Une seconde photographie est visible dans la version papier du Bulletin :

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   (Je l'ai un peu raccourcie sur les côtés pour que certains détails soient plus apparents. Les marmots que j'ai "coupés" me pardonneront.)

   La mise à l'écart de l'élu régional (sur une liste tarnaise, j'en conviens) est plus apparente ici (on l'a placé en bout de ruban et J-C Anglars lui tourne ostensiblement le dos)... mais les lecteurs de La Dépêche en ont été privés, puisque la photographie publiée dans le quotidien, prise à peu près au même moment, exclut Guilhem Serieys (tout comme Jean-Claude Anglars et Simone Anglade, ce qui, convenons-en, est proprement scandaleux) :

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jeudi, 27 octobre 2011

Une obsession très française ?

   Il y eut d'abord le scandale soulevé par une application de l'iPhone, "Juif ou pas Juif ?"... conçue par un juif (sans doute dans une optique communautariste), mais dont beaucoup d'associations ont pensé qu'elle pourrait être détournée par des antisémites. (Une question basique subsiste : qu'est-ce qu'être juif ? Si l'on se fonde uniquement sur les rites religieux, bon nombre de personnalités présumées juives risqueraient de disparaître de l'application...)

   Cette affaire est entrée dans sa phase judiciaire... et l'on a des retours sur la manière dont l'application est utilisée hors de France. Tout cela ne sent pas très bon...

   Mais l'on avait déjà eu un aperçu des préjugés de nombre d'internautes francophones à travers un précédent article du Monde, en février dernier, consacré aux mots clés tapés sur les moteurs de recherche internet.

   Sur Google par exemple, avant même qu'on ait fini d'écrire sa requête, on nous propose des formules pour achever notre recherche - et maintenant, on a même des solutions qui s'affichent alors qu'on n'a pas appuyé sur la touche enter ("entrer").

   Voici donc ce que l'on obtient avec l'exemple utilisé par le quotidien pour l'application iPhone :

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   Cela n'étonnera pas grand monde, mais on arrive à peu près au même résultat quand on effectue une recherche sur l'actuel président de la République :

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   Et pourtant, il faut attendre que le "z" soit écrit pour que le complément "juif" soit proposé. Sinon, voilà ce que l'on obtient :

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   On pourrait en conclure que ce sont les internautes qui écrivent le mieux le nom du président (avec un "z" et pas un "s") qui cherchent en priorité à savoir s'il est juif... ce qui est faux, contrairement à une légende tenace. Si l'un des grands-pères de Nicolas Sarkozy a bien été juif (avant de se convertir au catholicisme), le reste de la famille est catholique d'origine. Mais, pour les antisémites, c'est une "tache" indélébile... (Notons toutefois que les internautes semblent d'abord désireux de connaître l'altitude à laquelle culmine le chef de l'Etat.)

   Continuons dans le délire, tant qu'on y est. Prenons le cas du présentateur du journal télévisé le plus populaire de France :

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   En fait, cette orientation de recherche nous en apprend davantage sur les personnes qui l'effectuent que sur l'objet de leur questionnement. Pour ces antisémites, une personnalité des médias est forcément juive... (Dans le cas qui nous concerne, il est possible que l'on soit face à des "islamo-gauchistes" : leur cible est une personnalité de droite, soutien de Nicolas Sarkozy.)

   Jusqu'à ce pauvre François Fillon qui est soupçonné d'avoir le bout du zizi découvert en permanence :

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   A partir de là, on peut s'amuser, essayer de pousser la logique à ses limites. J'ai donc choisi une personnalité dont le nom est fréquemment associé à un mot commençant par la lettre "j" :

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   Eh oui ! Même l'ancien judoka, promoteur de l'opération "pièces jaunes" en compagnie de l'épouse du prédécesseur de N. Sarkozy, est "soupçonné" d'en être ! On voit là quels sont les préjugés de certains internautes : ici comme dans le cas Fillon, c'est le pouvoir (sarkozyen) qui est associé aux juifs.

   Cela va tellement loin qu'une autre personnalité, à propos de laquelle ses adversaires politiques ont plutôt cherché à prouver qu'elle était musulmane, est soupçonnée par les internautes antisémites francophones d'être juive :

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   Précisons toutefois que si l'on tape la recherche sans le "j", c'est le complément "musulman" qui est proposé. Dur, dur, pour un président protestant !

  

mercredi, 26 octobre 2011

Un modèle économique ?

   Voici un bien étrange article, publié dans Le Monde daté de dimanche 23 - lundi 24 octobre 2011, accessible uniquement aux abonnés en ligne. Il a pour titre La crise ? "Quelle crise ?", répondent, pour le moment, les PME allemandes.

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   La journaliste, Cécile Boutelet, s'est intéressée au sort d'entreprises situées dans le Bade-Wurtemberg, à Künzelsau pour être précis :

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   A la base, rien ne destinait ces entreprises à devenir florissantes. Elles sont implantées dans un canton rural, entre des collines, pas tout près des grands centres urbains. On est dans l'Allemagne (de l'Ouest) profonde, où l'on parle un dialecte germanique particulier.

   On y trouve pourtant des P.M.E. très dynamiques, pour plusieurs raisons (soulignées par moi dans l'article ci-dessus).

   Alors que les secteurs d'activité pourrait sembler peu porteurs de prime abord (l'une des boîtes fabrique des vis, des systèmes de montage), on a mis l'accent sur l'innovation. On investit les profits et on sollicite la participation des employés, à l'image de ce qui se fait aussi au Japon. Du coup, l'entreprise a déposé quantité de brevets. On s'est aussi très tôt tourné vers l'exportation, pour s'assurer des débouchés.

   Le patronat est du genre paternaliste, à l'ancienne. Ainsi G. Sturm (qui dirige EBM Papst) conduit lui-même sa voiture, continue à fréquenter les habitants moins fortunés que lui dans la chorale locale. La proximité affichée vis-à-vis des employés a son revers, diront certains : le chef n'aime pas trop les intermédiaires, les syndicats, inexistants. En échange, on préserve l'emploi (c'est assez répandu chez un type de dirigeants d'outre-Rhin, les grands comme les petits ; on a ainsi vu il y quelques années Volkswagen privilégier la réduction du temps de travail  aux licenciements). Les employés ne semblent pas mécontents.

   L'autre particularité de ces entreprises performantes est de se méfier du capitalisme financier. Elles évitent tant que faire se peut de recourir aux banques et ont refusé la cotation boursière. Cette attitude n'est pas sans rappeler celle du groupe Bosch, dont l'usine castonétoise est le poumon économique du Grand Rodez. (La dernière journée portes ouvertes s'est déroulée le dimanche 19 juin 2011.)

mardi, 25 octobre 2011

The Artist

   Voilà un film ambigu. C'est une production française, tournée par un réalisateur français (Michel Hazanavicius, déjà remarqué pour OSS 117, Rio ne répond plus), avec pour acteurs principaux deux Français... mais tout le reste est américain : les seconds rôles (notamment le valet, dont le visage a traversé nombre de films et séries télés depuis une quarantaine d'années), les figurants (très bons), les références cinématographiques (du muet comme du parlant), les lieux de tournage, le distributeur (Warner Bros)... ainsi que la langue dans laquelle s'expriment tous les acteurs (ce qui est facilement observable, tant le nombre de gros plans est important).

   Cela nuit-il à la qualité du film ? Non. C'est d'abord un somptueux noir et blanc. Un gros travail a été fait sur l'ombre et la lumière... encore plus sur les reflets. Un grand nombre de scènes voit débouler dans le cadre un ou plusieurs miroirs, avec lesquels le réalisateur s'amuse à instiller de l'humour, de la tension ou tout simplement de la profondeur. Ce travail atteint un sommet visuel dans une scène où le héros renverse le contenu de son verre sur une table... superbe ! On appréciera aussi l'effet de superposition du reflet de George Valentin / Dujardin dans la vitrine d'un prêteur sur gage.

   L'intérêt du film réside aussi dans l'histoire, comique, romantique et tragique, qu'il raconte. On commence par une suite de séquences à la gloire de la vedette du muet, où Jean Dujardin cabotine pour jouer un acteur cabot ! Il est comme de bien entendu accompagné d'un véritable cabot... le chien Uggy. Ce Russel Terrier est absolument adorable. Il sauve plusieurs fois la mise à son maître, imprudent et orgueilleux à l'excès. Pour sa performance, le canidé a même reçu la Palm Dog au dernier festival de Cannes !

   Vient ensuite la descente aux enfers de l'acteur-vedette, pendant que la petite nouvelle, à qui il  a mis le pied à l'étrier, devient une star du parlant. Le chassé-croisé entre les deux trajectoires, s'il n'est pas nouveau, n'en est pas moins réussi.

   Enfin, comme le film se veut une illustration de ce à quoi il rend hommage, il s'agit d'une histoire d'amour naissant, contrarié par le passage du muet au parlant et la crise des années 1930. C'est classique et émouvant. Le fait que ce soit la femme qui connaisse le succès donne un côté "moderne" à l'histoire.

13:33 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, cinéma, cinema

dimanche, 23 octobre 2011

Vers des législatives serrées en 2012 ?

   Dans son édition datée du mercredi 19 octobre, Le Monde a commenté les résultats d'une étude réalisée par l'Observatoire de la vie politique et parlementaire (que l'on peut retrouver aussi sur le site vielocale-viepublique). Cet article est illustré par une carte des circonscriptions, avec leur possible orientation. En voici la version papier (région parisienne et outre-mer exclus) :

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   Cela a dû demander un gros travail d'analyse. La méthodologie n'est toutefois pas parfaite parce que, même si l'on a croisé les résultats des dernières élections locales et nationales, on n'a pas tenu compte du résultat des municipales dans les communes peuplées de moins de 3 500 habitants. Alors, même si les choix de ces électeurs sont pris en compte dans les autres scrutins, on peut légitimement penser que le vote rural a été légèrement sous-évalué.

   Au fait, pourquoi cette étude, si tôt ? Parce que la nouvelle carte des circonscriptions est désormais connue. Le 24 février 2010 est paru au Journal officiel le texte de la loi fixant la délimitation de ces circonscriptions, ratifiant l'ordonnance du 29 juillet 2009. Et, en avril 2011, est paru le texte de la loi ratifiant le mode d'élection des députés des Français de l'étranger.

   L'Aveyron n'est pas touché par ces modifications. Mais, en gros, à partir d'avril dernier, les observateurs de la vie politique française ont pu commencer à faire tourner les machines...

   Intéressons-nous à présent aux résultats projetés. En général, je me méfie beaucoup de ce genre de démarche. La réalité du terrain contredit souvent le travail de bureau dans ce domaine... et les électeurs sont parfois imprévisibles. Et puis tant de choses peuvent changer d'ici mai 2012 !

   En gros, quel que soit le vainqueur du scrutin présidentiel, l'étude prévoit une poussée de la gauche aux législatives, ce qui fait dire aux journalistes que l'on pourrait se retrouver face à une cohabitation, avec un président de droite (si Nicolas Sarkozy est réélu) et une majorité parlementaire de gauche, ou bien avec un président de gauche (si François Hollande est élu) face à une majorité de centre-droit au Palais Bourbon (si le PS et ses alliés ne parviennent pas à remporter suffisamment de sièges aux législatives qui suivront la présidentielle).

   Qu'en est-il à propos de l'Aveyron ? Zoomons sur la carte :

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   Les situations s'annoncent très contrastées dans les trois circonscriptions. Sans surprise, l'étude voit la première (qui va de Rodez au Carladez et à l'Aubrac) rester ancrée à droite. On imagine sans peine que le sortant Yves Censi aura le vent en poupe si Nicolas Sarkozy est reconduit. Sa réélection pourrait s'avérer plus délicate si François Hollande l'emporte et, à mon avis, s'il prend l'envie à un-e candidat-e centriste crédible de tenter sa chance, une partie de l'électorat nord-aveyronnais étant orpheline de la démocratie-chrétienne.

   Du côté de la gauche, le panier de crabes des candidatures ne fait pas bonne impression. On peut voir cela comme un signe de vitalité démocratique, mais aussi comme une nouvelle illustration de la "course à l'échalote". J'y ajoute cette réflexion : certaines candidatures ne me paraissent pas crédibles. N'y voyez pas du mépris vis-à-vis des personnes qui se sont manifestées, mais un constat effectué à partir des résultats des dernières élections cantonales, où deux des socialistes ont essuyé une cuisante défaite : Patrick Palisson à Estaing (où il a recueilli moins de 13 % des suffrages exprimés au premier tour) et Jean-Louis Stadler (qui a légèrement dépassé les 17 % à Saint-Amans-des-Côts). Même si cette élection était très locale, il n'est pas stratégique de désigner comme candidat aux législatives quelqu'un qui a pris une telle veste deux ans auparavant. A Rodez même, certains croient dans les chances de Ludovic Mouly, le président (temporaire ?) de la Communauté d'agglomération. En cas de victoire de F. Hollande, peut-être, à la rigueur. D'autres misent sur une femme, ruthénoise adjointe au maire... Monique Bultel-Herment pour ne pas la nommer. Sur l'agglomération, elle pourrait rallier une majorité, mais je pense que dans le reste de la circonscription elle suciterait plutôt le rejet. Pour que la gauche gagne, il lui faudrait un-e candidat-e qui ait à la fois des attaches sur le Grand Rodez et le Nord Aveyron, quelqu'un de relativement neuf en politique et qui incarne une gauche moderne. Mais peut-être que le P.S. n'a pas envie de faire chuter Yves Censi...

   A l'opposé, la circonscription de Villefranche-de-Rouergue est donnée comme acquise à la gauche. En cas de victoire de F. Hollande, on peut penser que la réélection de Marie-Lou Marcel (ex-soutien de Martine Aubry à la primaire) sera favorisée. En cas de second mandat de Nicolas Sarkozy, rien ne sera joué. Certes, son principal adversaire de droite dans la circonscription, Serge Roques, ne semble pas avoir le vent en poupe, mais il a déjà prouvé qu'il avait de la ressource et, sans lui, les dirigeants locaux de l'UMP doivent pouvoir trouver un jeune loup de la droite, bien implanté localement, qui saura jouer sa carte à fond.

   La circonscription qui paraît être la moins solidement arrimée à un camp est celle de Millau. L'étude la classe dans la catégorie de celles qui seraient gagnables par la gauche. Pourtant, en 2007, l'UMP (radical) Alain Marc a été facilement élu : au premier tour, il lui avait manqué moins de 300 voix (selon mes calculs) et au second, il a largement distancé sa rivale socialiste, une parachutée de prestige qui ne faisait pas l'unanimité dans son propre camp. En face, l'UMP l'avait jouée fine, en remplaçant le sortant, le vieux routier Jacques Godfrain, par son suppléant, plus modéré, plus "terroir". La tactique fut payante. Mais en 2012 ? Peut-être faut-il comprendre la récente parution, dans Le Saint-Affricain, d'un reportage à la gloire d'Alain Marc comme le premier jalon de la campagne électorale.

  

samedi, 22 octobre 2011

Un Monstre à Paris

   Cette nouvelle production d'Europa Corp nous ramène dans le Paris du début du XXe siècle (un peu à l'image de ce que l'on a pu voir dans Les Aventures d'Adèle Blanc-Sec), plus précisément en 1910, l'année de la grande inondation qui a frappé la capitale. (On voit à plusieurs reprises un morceau d'un célèbre Zouave...)

   Le film commence par une introduction assez longue... et c'est tant mieux. Au lieu de nous jeter immédiatement dans l'action, on prend le temps de nous présenter les personnages qui vont jouer un rôle dans cette histoire. Il y a ce projectionniste de petite taille, timide, amoureux de la caissière, qui elle-même en pince secrètement pour lui. Il y a Raoul la grande gueule inventive... secrètement amoureux de la chanteuse Lucille, que sa mère tente de pousser dans les bras du préfet arriviste et arrogant. Ajoutez à cela un babouin qui a des airs de Jacques Balutin (incontestablement mon personnage préféré, très drôle), et le tableau sera presque complet.

   Presque... parce qu'il manque le personnage principal, né d'une drôle de réaction chimique, à la fois monstre et merveille. -M- lui prête sa voix et son talent musical, censé se marier à celui de Lucille - Vanessa Paradis. Du coup, si l'on croit se trouver face à un dessin animé classique, on imagine que la belle chanteuse et le monstre vont, à l'issue de péripéties rocambolesques, former un couple harmonieux.

   Eh bien... pas tout à fait. Le film ne suit pas la ligne traditionnelle du conte de fées. Le "monstre" Francoeur est une sorte de révélateur. Son arrivée va bousculer la vie des personnages principaux et les obliger à faire des choix, à se déclarer. Les masques vont tomber. (Au passage, j'ai apprécié que le méchant très méchant soit incarné par un type qui présente bien, qui a du succès... et qui s'avère être une belle ordure.)

   L'animation est réussie, que ce soient les décors du Paris 1910 (le film, soutenu par la mairie de Paris, joue sur le côté "carte postale") ou les mouvements des personnages. Sur un grand écran (en deux dimensions), c'était joli à voir. Attendez-vous aussi à ce qu'une séquence (très enlevée) ait pour cadre le plus célèbre monument de la "Ville lumière".

   Je mets toutefois un bémol à mon enthousiasme. La chanteuse Lucille se produit dans un théâtre, sans micro... et c'est le filet de voix de Vanessa Paradis qui sort de sa bouche. Vu le contexte, ce n'est pas très crédible, quand on est un adulte limite vieux con râleur dans mon genre. Mais, bon, il fallait bien reconstituer le couple -M- / Paradis... alors qu'une chanteuse à voix aurait été plus adaptée au rôle. Ceci dit, la bande son n'est pas désagréable à écouter.

    J'ai aussi remarqué quelque chose au niveau du mouvement des lèvres des personnages. Il faudrait que je revoie le film pour vérifier si c'est systématique, mais il me semble que l'animation est adaptée à l'anglais. Ainsi, lorsque l'héroïne dit "d'accord", j'ai eu l'impression que ses lèvres formait plutôt "all right", de même "earth" quand elle a dit "terre". Bon, je n'ai pas trop creusé, parce que j'avais envie de bien profiter du film, mais cela me turlupine tout de même. (On pourrait s'amuser à imaginer quels artistes vont donner leur voix dans la version anglophone... à moins que l'on ne juge le couple français suffisamment "bankable" ?)

   Cela reste un divertissement réussi, visible par tous (et ne partez pas trop vite... le générique de fin réserve une ou deux surprises). Le site internet est lui aussi très sympa.

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vendredi, 21 octobre 2011

Publireportage politique dans "Le Saint-Affricain"

   La presse payante perd des lecteurs, en partie parce que nombre d'entre eux préfèrent lire gratuitement ce qu'ils peuvent trouver sur internet plutôt que de payer pour un journal en lequel ils n'ont pas forcément confiance. Ben oui... Les journalistes, qui savent souvent beaucoup de choses, en révèlent en général assez peu à leurs lecteurs, soit parce qu'ils sympathisent avec des politiques et des industriels (c'est ce que l'on appelle la connivence), soit parce qu'ils ont peur de mesures de rétorsion de la part de ceux-ci... ou de leur rédac' chef.

   Néanmoins, parfois, la complaisance est poussée un peu loin. Il me semble que c'est le cas du numéro de mercredi 19 octobre de l'hebdomadaire (récemment devenu gratuit) Le Saint-Affricain. Voici ce qui est annoncé en "une" :

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   Compte tenu de la surface rédactionnelle qui lui est consacrée dans le journal et de la place qui lui est dévolue en première page, on peut considérer cet article comme étant le plus important du numéro de la semaine. Il est signé "V.S.", sans doute Valérie Schmitt, l'un des membres de l'équipe du Saint-Affricain.

   Pourquoi parler de "complaisance" ? Après tout, l'idée de base (suivre une journée du député - premier vice-président du Conseil général) n'est pas mauvaise. Elle n'est toutefois guère originale ; elle a même été le support d'une petite vidéo de présentation (lénifiante) diffusée sur LCP, et dont j'ai parlé dans un billet du 5 janvier dernier.

   L'article commence fort :

   Nous avions convenu d’un rendez-vous, c’était un vendredi. Arrivée à sa permanence à Millau à 8h30, je pensais bénéficier d’un café avant d’entreprendre ce qui me semblait être une journée marathon. Et bien que nenni ! A mon arrivée Alain Marc était déjà en rendez-vous.

   Quel exploit ! Sérieusement, les millions d'actifs (nettement moins rémunérés que M. le député) qui sont déjà au travail à cette heure-là n'y verront aucun motif d'admiration. Soit la journaliste est sincère, et dans ce cas on peut la soupçonner d'avoir, à la base, une assez mauvaise opinion du travail d'un élu, soit elle simule la surprise dans le but de mettre en valeur le député. Et puis... quand bien même il commencerait à 5 heures du matin... C'est le travail effectué qui compte. Il pourrait ne s'y mettre qu'à 10 heures que cela ne me dérangerait pas (à la limite), si ce qu'il fait est utile à la société. De surcroît, il n'y aucune prise de recul de la journaliste quant au comportement de la personne qu'elle suit : il est là pour faire bonne impression (et il aurait tort de ne pas essayer de le faire, après tout).

   Dans la suite de l'article, plusieurs remarques viennent confirmer ce parti pris en faveur du député. Il est ainsi question de coups de fil (qu'on imagine nombreux) sur le téléphone portable d'Alain Marc qui viennent interrompre la discussion avec son assistant parlementaire (dont je me demande s'il ne lui arrive pas, de temps à autre, d'intervenir sur divers sites internet sous un pseudonyme philosophico-géométrique...). On apprend indirectement que nombre de solliciteurs ne passent visiblement pas par sa permanence ou ses assistants pour le contacter. La fin de l'article en remet une couche sur l'emploi du temps démentiel du député - premier vice-président du Conseil général. S'il y en a que cela effraie, je propose une solution : une nouvelle loi (plus stricte) sur le cumul des mandats. Ainsi, nous permettrions à nos chers élus, de droite, de gauche et d'ailleurs, de mener une vie familiale plus sereine (s'ils en ont l'envie) et de se consacrer davantage à leur mandat principal (voire unique).

   Le problème est que l'on a du mal à voir ce qui ressort véritablement du travail de l'élu. L'article, qui ne dresse peut-être pas un portrait fidèle à la réalité, donne surtout l'impression que le député - premier vice-président du Conseil général entretient ses relations publiques et se montre là où il faut se montrer (sur les chantiers routiers, auprès des maires ruraux, des agriculteurs etc.).

   Le choix des exemples n'est d'ailleurs pas le résultat du hasard, selon moi. On prend soin de nous signaler que le premier rendez-vous de la journée a pour objet le domaine social. Eh, oui ! Il faut bien mettre en tête du lecteur moyen que l'élu UMP est du Parti Radical (vous savez, ce parti dont la figure charismatique vient de renoncer à concourir à la prochaine élection présidentielle contre je ne sais quel plat de lentilles). D'ailleurs, jamais dans l'article il n'est précisé qu'Alain Marc est membre de l'UMP, alors qu'il est fait allusion à son intervention auprès du gouvernement. (On a presque l'impression qu'il est dans l'opposition !) Cela serait gênant : une partie des problèmes de ses électeurs vient de mesures prises par une majorité à laquelle il apporte ses suffrages à l'Assemblée nationale. Mais, là encore, ô surprise, jamais l'article ne fait état de son travail au Palais Bourbon, celui pour lequel pourtant il est grassement payé. (Seule, en fin d'article, une citation semble indiquer que les séjours parisiens ne sont perçus que comme pourvoyeurs de subventions...)

   Les autres rendez-vous permettent de mettre en valeur l'action de la majorité départementale de Jean-Claude Luche. Il est donc évidemment question des travaux routiers. On n'apprend rien sur le travail concret d'Alain Marc, mais on sort de là en se disant que le Conseil général est vraiment géré par des types bien. (N'est-ce pas l'essentiel, après tout ?)

   On ne s'étonnera pas non plus que, parmi les nombreuses activités du député d'une circonscription rurale, un coup de projecteur soit mis sur le soutien à l'agriculture. Pas n'importe laquelle toutefois. Il est fait allusion à la construction de lacs collinaires, censés régler les problèmes de sécheresse... selon la FNSEA. Il n'est nullement fait mention des impacts environnementaux de ce genre de pratique, présentée ici comme LA solution. A ce sujet, plutôt que de "l'agriculture de demain", l'élu aurait été mieux inspiré de parler de "l'agriculture d'hier".

   Ensuite, on reste dans le classique avec le soutien affiché à l'enseignement privé, ici agricole à rythme adapté. Son collègue Yves Censi est dans la même démarche de l'autre côté du département, pas toujours avec succès toutefois. Dans ce domaine, il faut reconnaître qu'Alain Marc fait preuve d'un bel éclectisme, puisqu'il a effectué (sauf erreur de ma part) une grande partie de sa carrière au sein de l'Education nationale.

   Rappelons aussi qu'il a fait valoir ses droits à la retraite à 53 ans, information qui ne figure pas dans l'encadré "CARTE D'IDENTITE" de l'article du Saint-Affricain :

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   Comme souvent, le diable se niche dans les détails... non pas ceux qui sont donnés, mais ceux qui sont absents de l'article. Ainsi, la fiche insiste lourdement sur les racines aveyronnaises du député - premier vice-président du Conseil général... oubliant de préciser qu'il est né à Paris. Pourquoi ne pas le dire ? Il n'y a là rien d'infamant... à moins que cela ne soit considéré comme gênant ? Le fait que seules les scolarités primaire et secondaire soient mentionnées va dans le même sens. Si le (futur) député est né à Paris (parce que son père y travaillait), il y a de fortes chances qu'il y ait suivi (au moins partiellement) sa scolarité en maternelle. Là encore, l'insistance mise sur le parcours aveyronnais semble cacher une gêne (injustifiée ?) vis-à-vis du parcours parisien.

   Vous me direz que ce ne sont là que des points de détail, mais leur accumulation, dans un article qui précède de moins de dix mois un scrutin législatif, laisse à penser que le journal s'engage du côté de l'élu dont il trace un portrait exclusivement louangeur.

samedi, 15 octobre 2011

La Grotte des rêves perdus

   J'ai fait un peu de route pour voir cet étonnant documentaire, consacré à l'un des lieux emblématiques de l'art préhistorique en France, la grotte Chauvet (du nom de l'un de ses découvreurs). Le paradoxe est que, même si Arte et le ministère de Culture français ont contribué au financement, c'est un film anglo-saxon, dans lequel les intervenants français s'expriment le plus souvent dans la langue de Shakespeare.

   Le déroulement suit une trame chronologique. Le début n'est pas en 3D, parce qu'il s'agit de la première prise de contact avec la grotte, caméra amateur en main. Puis, on entre dans le vif du sujet : l'équipe cinématographique a été autorisée à suivre la mission scientifique (seule autorisée à pénétrer dans la grotte). A la fin, elle a même eu droit à une semaine de rab', sans la présence des experts, mais accompagnée d'un guide.

   Sur grand écran, en trois dimensions, c'est absolument magnifique. La technologie choisie permet de restituer les effets provoqués par l'utilisation de la forme et des aspérités des parois. La musique d'accompagnement est jouée principalement au violoncelle et à la flûte. Elle alterne avec des parties chantées, d'inspiration religieuse... parce que nous nous retrouvons dans une sorte de cathédrale.

   Après nous avoir expliqué les circonstances de la découverte de la grotte, la voix-off (celle de Volker Schlöndorff dans la version que j'ai vue) nous emmène, en compagnie du réalisateur Werner Herzog, à la découverte de ses principales oeuvres artistiques. Les explications des scientifiques (notamment celles de Jean Clottes) complètent utilement l'approche sensitive que l'image transmet.

   Ainsi, on est d'abord face à ces mains positives, dont on finit par apprendre qu'elles appartiennent au même homme, qui a le petit doigt cassé... ce qui va permettre d'identifier son apport aux autres créations situées dans la grotte.

   L'un des endroits les plus montrés est cette paroi sur laquelle ont été dessinés des taureaux, des chevaux (magnifiques, aux détails très travaillés... ce qui est d'autant plus remarquable que ces oeuvres, situées dans la partie sombre, ont été réalisées à la lumière de torches rudimentaires !) et des mammouths.

   Plus loin se trouve la représentation de félins, des lions des cavernes, dont on déduit que, contrairement à leurs cousins de la savane africaine, ils ne portaient pas de crinière.

   Intriguante est cette représentation d'un pubis féminin en présence d'un être mi-taureau mi-homme. Elle est dessinée sur une stalactite isolée, rendue inaccessible aux visiteurs pour protéger le sol qui l'entoure, riche en restes divers. On finit par en avoir une vue plus détaillée dans le dernier tiers du film, grâce à une petite caméra.

   On aurait aussi aimé en savoir plus sur les ours des cavernes, dont on aperçoit les crânes ou les mâchoires. L'un de ces crânes faisait visiblement l'objet d'un culte. Plus étonnantes sont ces marques de griffures, sur lesquelles les hommes préhistoriques ont dessiné... ou qui parfois, au contraire, recouvrent des oeuvres humaines plus anciennes.

   C'est l'une des leçons de ce film : dans cette grotte le temps ne s'est pas écoulé de la même manière que nous le percevons aujourd'hui. Les humains ont pu l'occuper à des époques diverses, parfois séparées de milliers d'années. Le miracle est que les dessins aient pu être conservés, sans doute grâce à l'effondrement d'une paroi rocheuse, qui a obstrué l'entrée.

mercredi, 12 octobre 2011

Vent de folie à la ferme

   Sous ce titre sont regroupés trois courts-métrages d'animation très différents les uns des autres. Leur seul point commun est de mettre en scène des paysans. Signalons aussi qu'il s'agit d'une création iranienne.

   Le premier s'intitule Le Canard et le fermier. La technique employée est la pâte à modeler, à l'image de ce que l'on a déjà pu voir en Occident avec les aventures de Wallace et Gromit. Comme toute fable, il comporte une morale. L'histoire oppose le paysan entretenu et le canard travailleur, le tout sous l'oeil des autres animaux, qui vont peut-être finir par intervenir...

   Le deuxième film est, à mon avis, le moins réussi des trois. C'est Le Trésor. C'est un dessin animé, dont la qualité n'est pas sans rappeler le premier long-métrage tiré des aventures d'Astérix. C'est donc rudimentaire et assez répétitif. Là aussi il y a une morale claire, mais l'histoire n'est à mon avis pas aboutie.

   On nous a gardé le meilleur pour la fin. Le Robot et le fermier a été construit avec des techniques modernes. Le résultat est très réussi sur la forme. L'intrigue est aussi plus travaillée, toujours avec une morale derrière... et c'est très souvent drôle ! J'ai beaucoup aimé ce film.

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lundi, 10 octobre 2011

Le cochon de Gaza

   C'est une coproduction internationale (occidentale dans son financement), tournée en hébreu, arabe et anglais. Le ton balance entre la comédie drôlatique (qui penche tantôt vers Jacques Tati, tantôt vers Woody Allen) et la fable politique... jamais très loin du drame.

   Le principal ressort comique est la présence bruyante et obsédante d'un sympathique cochon vietnamien, intrusion ô combien dérangeante dans un territoire dont la population (qu'elle soit musulmane ou juive) ne mange pas de porc !

   Le personnage principal (interprété avec talent par Sasson Gabai, déjà remarqué dans La visite de la fanfare) est une victime : son domicile est "squatté" par des soldats israéliens (à l'image de son pays), son travail (la pêche) pâtit du conflit (qui lui interdit de s'éloigner des côtes pour trouver de quoi remplir ses filets), sa vie quotidienne est fortement dépendante des élites locales, bourgeois du Fatah ou du Hamas à qui il doit le respect.

   Deux femmes adoucissent le tableau : son épouse, ménagère vigilante, et une Israélienne qui tente d'élever des cochons, assez ouverte d'esprit. Toutes deux sont interprétées avec beaucoup de justesse.

   Paradoxalement, son salut financier va peut-être venir de ce cochon qu'il n'ose pas tuer (la tentative, pitoyable, donne lieu à une séquence mémorable, qui commence dans l'arrière-boutique d'un coiffeur)... et des juifs installés à proximité (l'action se situe juste avant l'évacuation de la bande de Gaza). C'est un double paradoxe, volontairement mis en scène. Derrière cela, on sent le propos oecuménique : les gens "normaux" sont prêts à s'entendre, ce sont les fanatiques et les crétins des deux camps qui empêchent la solution d'émerger. Ainsi, le soldat israélien et la ménagère palestinienne communient dans la même passion pour une telenovela brésilienne... mais ont des points de vue très différents sur les personnages !

   Le plus scabreux survient quand le héros se décide à mettre en oeuvre le seul moyen capable de renflouer ses finances (je me garderai bien de dire lequel... sachez qu'il est question d'un liquide... qu'un soldat israélien se risque à boire !). Cette comédie un peu déjantée est (à mon avis) ce qu'il y a de plus réussi dans le film.

   Mais le drame n'est pas loin. La représentation du poids des fanatiques n'est pas sans rappeler ce qui se passe dans Paradise now. Un événement survient aux deux tiers du film, qui en change le ton. La dernière demi-heure sort un peu de la réalité. On appréciera ou pas cette fin originale.

   P.S.

   On profitera de cette fin en extérieur, qui permet de voir un peu plus à l'écran la fameux cochon, pour constater qu'il s'agit... d'une femelle ! (On voit ses tétines.) Elle s'appellerait Charlotte et a parfaitement assumé le rôle d'un mâle !

samedi, 08 octobre 2011

Du gros, du land... du Groland !

   L'émission du samedi 8 octobre foisonne de trouvailles. Après un rapide hommage à feu Steve Jobs, on démarre par un reportage de Gustave de Kervern, qui a trouvé quelqu'un capable de prédire sans risque d'erreur le résultat de la primaire socialiste :

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   On continue avec un entretien avec l'épouse (enceinte) du président du Groland, Carlita, qui raconte par le détail combien son cher et tendre est expert en botanique... ta mère !

   Le coeur de l'émission est occupé par un fait divers, lié à la chasse. Les amateurs verront comme une parenté avec le célèbre sketch des Inconnus, où il est question de galinette cendrée. Mais l'équipe de Groland pousse le bouchon encore plus loin...

   Vient ensuite une page culturelle, qui traite du changement de dessinateur de la BD Astérix. Un Grolandais serait pressenti, dont le talent paraît évident :

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   Lui succède un sujet de société : doit-on ou non bannir le terme de "mademoiselle" du français courant, pour cause de sexisme ? C'est une nouvelle recrue du journal, Elsa Barrère, qui s'y colle, avec un tact et une délicatesse qui n'ont rien à envier à ceux de ses collègues masculins...

   On passe alors à un peu de théâtre, avec une nouvelle étoile montante de la scène francophone : Johnny.

   Arrive enfin Michael Kael, qui s'est penché sur le phénomène Autolib', auquel, à la stupeur générale, il adhère complètement, pour des raisons très particulières...

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   Le ton devient encore plus sardonique avec le sujet consacré à la musique industrielle et à ses procédés de fabrication. Cela nous mène à un petit jeu : sur l'image suivante, où se trouve le seul véritable chanteur ?

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   Que l'on se rassure : l'équipe de Groland ne se laisse pas toujours happer par la facilité. Ainsi Francis Kuntz semble avoir beaucoup payé de sa personne pour enquêter, de manière approfondie, sur l'affaire DSK :

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   Un peu plus loin, on découvre aussi, en avant-première, quelques images d'un film consacré à un homme de médias des plus connus, Patrick Poivron-d'Accord (soupçonné de plagiats) : L'Homme qui pompait celle qui le pompait.

   Si toutes ces émotions vous ont donné soif, la fine équipe de Canal + vous propose de l'étancher avec une nouvelle boisson d'origine animale :

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Présumé coupable

   Voici donc le film consacré à l'affaire d'Outreau. Il ne nous en donne qu'une vision partielle, à travers le cas de l'un des accusés (et condamnés, ce qui est pire) à tort, Alain Marécaux (qui a écrit un livre sur ce qui lui est arrivé). C'est filmé en caméra objective, même si, à quelques reprises, le réalisateur passe en caméra subjective.

   Le titre retourne l'un des principes fondamentaux de la justice, la présomption d'innocence, qui a été dans cette affaire singulièrement bafouée. On suit le calvaire d'Alain Marécaux alors que la procédure judiciaire est déjà bien en route. On ne nous montre pas ce qui a précédé, notamment le processus qui a conduit policiers et juges à se persuader de la culpabilité de cet huissier de justice.

   C'est l'une des forces du film : montrer que la machine judiciaire peut broyer n'importe qui, même quelqu'un de bien introduit dans le système. A cet égard, l'évolution des relations entre le héros et l'un des procureurs est particulièrement éclairante. J'ai encore en mémoire une scène, au cours de laquelle Philippe Torreton (absolument fantastique dans ce rôle... futur César) regarde avec intensité celui qui fut quasiment son collègue... et qui ne le connaît plus désormais. D'un autre côté, on peut comprendre que la justice veille à faire preuve de la même sévérité avec tous... à condition qu'ils soient coupables.

   Je ne connaissais pas le réalisateur, Vincent Garenq, mais je trouve qu'il fait preuve d'une grande habileté. Fait rare dans le cinéma français, les scènes de famille, notamment avec les enfants, sont bien tournées, les acteurs bien dirigés.

   Le film se veut aussi pédagogique : on découvre le travail de la Police judiciaire et du juge d'instruction, le traitement infligé aux "présumés coupables" qui, s'ils ne sont pas battus, sont méprisés et victimes de harcèlement moral. Le but est de faire craquer les suspects : en France, on garde encore une forte culture de l'aveu.

   Vient ensuite la phase de prison. Je pense qu'on ne nous montre pas tout... mais on en voit suffisamment : une cellule surpeuplée, avec la promiscuité, la saleté... et la peur de prendre un mauvais coup.

   L'étape suivante est la grève de la faim menée par Marécaux-Torreton. L'engagement de l'acteur (qui a perdu 27 kilos... moins toutefois que le vrai Marécaux) y est perceptible. On touche à quelque chose qui dépasse cette affaire et qui dépasse le film. J'ai repensé à Hunger.

   Ne croyez cependant pas que tout repose sur les épaules de l'acteur principal. Tous les autres sont brillants, de Noémie Lvovsky (l'épouse qui perd pied) à Wladimir Yordanoff (l'avocat), en passant par l'étonnant Raphaël Ferret en juge Burgaud. (On l'avait découvert en geek de la police dans la série Profilage.) Les seconds rôles, qui ne sont pas forcément tenus par des professionnels, sont aussi très bons.

   Bref, en ce moment, c'est le film français à voir.

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vendredi, 07 octobre 2011

La presse aveyronnaise en évolution

   Elle s'organise autour de deux pôles. Le premier, dominant dans le département, est celui des Journaux du Midi (passés sous la coupe du Groupe Sud-Ouest). Le navire amiral est Midi Libre, mais le plus lu dans l'Aveyron est Centre Presse, qui penche plutôt à droite. Ce groupe connaît des difficultés, dont il a été fait état dans Centre Presse le 4 octobre, dans un article intitulé "Journaux du Midi : un plan de transformation du groupe".

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   Du coup, un appel à la grève a été lancé. C'est le quotidien de Montpellier qui semble le plus menacé par les réductions d'effectif, qui sont d'autant plus mal perçues que, d'après Le Figaro, si la situation s'est dégradée en 2011, le bilan 2010 était bon.

   Dans l'Aveyron, deux hebdomadaires dépendent de ce groupe : Le Journal de Millau et (indirectement) Le Saint-Affricain. ("Philosophiquement", on pourrait y a jouter le Bulletin d'Espalion, un indépendant dont certains contributeurs ne me semblent pas sans lien avec Centre Presse.) Le premier semble bien se vendre, mais, depuis plusieurs mois, le site internet (qui permettait d'accéder -de manière limitée- à une partie du contenu rédactionnel) a été mis en sommeil. Au contraire, Le Saint-Affricain semble avoir misé sur le numérique (son site est bien fourni). C'est lié à son changement de statut, puisque de payant il est devenu gratuit, avec davantage d'espace publicitaire. Son directeur s'en est expliqué sur la radio Totem.

   C'est là que j'ai eu la puce à l'oreille. S'il est affirmé que le projet remontait à janvier 2010, je constate une curieuse coïncidence : la nouvelle version gratuite du Saint-Affricain date du 23 avril 2010 (le dernier numéro payant étant paru le 16 avril), soit à peine plus d'un mois après le lancement, sur le Grand Rodez, de l'hebdomadaire Le Ruthénois.

   Vous allez me dire : quel lien peut-il y avoir ? Eh bien Le Ruthénois est un "petit frère" du Progrès Saint-Affricain, un indépendant qu'on sent proche de La Dépêche du Midi (plusieurs journalistes travaillent pour les deux), elle plutôt de gauche. Les Journaux du Midi ont paraît-il très mal pris l'arrivée du nouvel hebdomadaire sur le Piton. La transformation du Saint-Affricain en gratuit à plus fort tirage (imprimé à Montpellier...) ne pourrait-elle pas s'analyser aussi comme une sorte de croche-pied tendu au Progrès ?

   La manne des annonceurs publicitaires n'est pas infinie, on le sait, surtout en période de crise. (Cela a d'ailleurs sans doute conduit les gérants du gratuit A l'oeil à le transformer de quinzomadaire en mensuel.). Tenter de monopoliser cette source de revenus est un moyen d'étouffer la concurrence. De la même manière, l'avancement du jour de parution (du jeudi, comme le Progrès, au mercredi) pourrait se comprendre comme une mauvaise manière pour récupérer une partie du lectorat et des annonceurs du concurrent.

   Le second pôle de presse aveyronnais ne semble pas péter le feu non plus. Le navire amiral, La Dépêche du Midi, se vend plutôt dans l'Ouest du département et sur Decazeville, d'après mes informations, où est aussi bien implanté l'hebdomadaire Le Villefranchois, qui fait partie du même groupe, et qui vient de rénover sa formule. L'an dernier, une rumeur a circulé sur le non-remplacement d'une personne sur le départ, voire sur la fermeture du bureau de Rodez. Ceci dit, le site internet de La Dépêche est, à mon avis, le meilleur toutes publications confondues.

   Au niveau des ventes, les hebdomadaires proches du quotidien de Toulouse (Le Ruthénois et Le Villefranchois) ne semblent pas atteindre les scores de leurs confrères aveyronnais. Par contre, le "navire amiral" lui, se vend globalement mieux que Midi Libre et surtout, il s'appuie sur un bon réseau d'abonnés, qui représentent 53% de ses ventes, contre 39% pour le quotidien de Montpellier. (Notons que, sous cet aspect, le record est battu par Centre Presse, avec 77% d'abonnés !)

   Tout cela pour dire que la presse aveyronnaise, riche et assez diversifiée, me semble être d'une santé précaire...

02:55 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, médias

jeudi, 06 octobre 2011

L'Aveyron, gros dégueulasse

   Dans le département, l'année 2010 a notamment été marquée par la polémique née de la fermeture du site du Burgas, à Sainte-Radegonde (commune située à la périphérie immédiate de Rodez) et l'ouverture du quai de transfert (provisoire) à Sébazac-Concourès. L'hebdomadaire local Le Ruthénois s'est penché à plusieurs reprises sur cette affaire, notamment dans le numéro 5, le numéro 7 et le numéro 12.

   En gros, je n'ai rien à ajouter aux billets écrits l'an dernier (ni à ma -modeste- contribution au site Aligorchie). Le changement survenu depuis cette date est le début de la construction du quai de transfert définitif, sur le territoire de la commune de Sainte-Radegonde... après bien des péripéties.

   Et puis, voilà-t-y pas que Le Monde s'en mêle ! Le numéro daté du jeudi 6 octobre contient un article (signé Gilles van Kote) consacré aux départements contraints d'exporter leurs déchets (chez les voisins). Il est illustré par une carte fort intéressante :

Déchets 06 10 2011.jpg

   J'ai retouché l'image de manière à mieux mettre en valeur certaines zones. Ainsi, on remarque qu'il ne semble pas y avoir de lien entre la démographie des départements et leur capacité à traiter eux-mêmes les déchets produits par la population qu'ils abritent.

   En effet, parmi les départements dont on pense qu'ils n'auront pas, en 2015, la capacité à traiter leurs déchets (entourés de rouge), on trouve aussi bien le Nord (le plus peuplé du pays), le Rhône (avec Lyon), la Moselle et les Alpes maritimes que le Sud du Massif Central (avec l'Aveyron au coeur de la zone...).

   De la même manière, parmi les départements dont la capacité est estimée suffisante (avec des points verts), on trouve aussi bien ceux de l'agglomération parisienne (Paris et la petite couronne) et la Gironde que les plaines du Bassin parisien et les marches Nord et Est du Massif Central.

   La couleur politique ne semble pas plus être un facteur explicatif. Reste le dynamisme des élus (et leur sens des priorités), qu'ils soient de gauche, de droite ou d'ailleurs. Or, dans l'Aveyron, force est de constater que les deux camps ont l'esprit tourné vers des projets aussi dispendieux qu'inutiles (le musée Soulages pour la gauche du Grand Rodez, le barreau de Saint-Mayme pour la droite départementale).

dimanche, 02 octobre 2011

"Groland.con" et les affaires DSK

   C'est d'abord dans l'émission du 24 septembre dernier qu'il a été question du priapique ancien directeur général du FMI. Michael Kael y était censé interroger Tristane Banon... et se comportait de manière particulièrement peu élégante :

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   Cela conduisait le reporter de l'impossible à s'excuser à l'antenne, à la manière de DSK lors de son entretien promotionnel avec Claire Chazal sur TF1.

   Sans trop m'étendre dessus (!), je veux juste dire qu'il est hypocrite de sa part de parler de "faute morale". En effet, comme DSK nie le viol (et le rapport tarifé), la relation sexuelle serait donc un simple adultère. Il ne serait donc "coupable" que d'avoir trompé son épouse Anne Sinclair. C'est là un gros mensonge : on sait depuis des années que le couple est assez libre (surtout DSK). Ce n'est donc pas la première fois qu'il trompe son épouse... et ce n'est pas non plus la première fois qu'il a une attitude plus qu'ambivalente avec une femme.

   Les curieux pourront lire avec profit Sexus politicus, qui révèle quelques exemples (anciens ou récents) de relations ambiguës nouées dans la sphère politico-médiatique... dont on se garde bien d'informer les électeurs, alors qu'elles jouent un rôle sous-jacent.

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   (Le chapitre 3 de la septième partie est intitulé "L'affaire DSK".)

   Un autre mensonge est l'utilisation qu'il fait du rapport de Cyrus Vance. Celui-ci n'innocente pas du tout DSK. Je l'ai déjà écrit et c'est aussi évident dans l'esprit des journalistes du Monde qui se sont penchés sur l'affaire Nafissatou Diallo. Cela apparaît au détour de plusieurs articles, ainsi que dans l'entretien accordé par l'avocat de DSK, William Taylor. Dans la version papier, l'une des questions posées par Marion Van Renterghem est particulièrement révélatrice :

"Comment expliquez-vous qu'une relation de neuf minutes [au maximum, compte tenu des informations transmises par le pass de la femme de ménage], dont M. Strauss-Kahn a dit lui-même qu'elle n'était pas tarifée, et alors qu'il est établi que les deux protagonistes ne se connaissaient pas, puisse être consentie ?"

   L'avocat semble un peu embêté. La solution serait de donner la version de DSK de ce qui s'est passé dans la chambre (il se contente de dire ce qui, selon lui, ne s'y est pas passé). Voici ce qu'il déclare :

"Nous avons décidé de ne pas parler de ce qui s'était passé dans la chambre. Nous n'y dérogerons pas."

   Pour moi, la seule raison qui pousse la défense à ne pas s'exprimer là-dessus est la prudence : toute affirmation de DSK serait soumise à la critique...et risquerait de relancer les poursuites !

   Ajoutons que, dans son intervention sur TF1, DSK s'en est pris à L'Express, qui a publié le rapport médical, dont les conclusions ne sont pas tranchées. Nafissatou Diallo a bien des traces sur le corps, mais ont-elles été provoquées par l'agression qu'elle dénonce ? Le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, Christophe Barbier, a rapidement répondu à Dominique Strauss-Kahn.

   Mais revenons à Groland.con. L'émission du samedi 1er octobre traite du cas DSK en deux occasions. Il y a tout d'abord le reportage de Gustave de Kervern, qui, n'écoutant que son courage, s'est placé sous les fenêtres de l'appartement parisien du hiérarque socialiste :

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   La fine équipe en tire une conclusion pertinente sur l'état de santé de DSK. Je vous laisse imaginer laquelle...

   Enfin, le rappel (bidon) des titres est l'occasion d'évoquer un mini-documentaire tentant d'expliquer aux enfants la tentative de viol dont DSK serait l'auteur sur Tristane Banon :

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   PS

   Décidément, le travail d'une femme de ménage dans un grand hôtel semble l'exposer à bien des avanies. Tout récemment, ce sont trois joueurs de rugby anglais qui, en Nouvelle-Zélande, se sont comportés comme de gros beaufs : ils se sont amusés à subtiliser le talkie-walkie de l'employée, lui ont fait des propositions "indécentes"... mais la dame a pris un avocat !

 

   PS II

   Cette histoire a été pour moi l'occasion de perfectionner ma connaissance de la langue de James Cameron. Dans l'article du Sunday Mirror, il est question d'un "Aussie kiss" que l'un des joueurs demande à la femme de ménage de lui prodiguer. Ce "baiser australien" est une autre manière de désigner la fellation... On reconnaît bien là le sens de l'euphémisme de nos amis anglais, qui savent allier grivoiserie et rigueur géographique ! (Ben oui, l'Australie, c'est "en bas"... mais pas tout en bas !)

samedi, 01 octobre 2011

Le Pakistan va-t-il basculer ?

   On peut légitimement s'inquiéter de l'évolution interne de ce pays peuplé de plus de 180 millions d'habitants. On sait que l'islam traditionnel y occupe une place très importante, variable selon les régions, les villes et les types de population. Depuis quelques années, une radicalisation semble à l'oeuvre. On en a eu une nouvelle preuve à travers un article de Jacques Follorou, publié dans Le Monde daté du 28 septembre : "Une collégienne pakistanaise battue pour blasphème".

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   A la lecture de l'article, on est saisi par la bêtise des fanatiques religieux, incapables de comprendre que la pauvre gamine a commis une faute d'orthographe, que l'on pourrait rapprocher, en français, de la confusion enre "chrétien" et "crétin".

   Malheureusement pour elle, cette adolescente n'est pas musulmane, et cette histoire a pris des proportions gigantesques, instrumentalisée par les bigots du pays.

   Dans l'article, il est piquant de constater que les autorités religieuses, qu'on ne saurait suspecter de faire preuve d'une tolérance excessive envers les chrétiens, en sont à souligner le caractère involontaire de la "faute" (ben oui, c'est un blaphème que d'insulter, même involontairement, le Prophète... on a failli y goûter aussi en France, souvenez-vous), contre les plus butés de leurs coreligionnaires.

   Cette affaire n'est de surcroît pas isolée. En Europe, on a (à raison) beaucoup médiatisé le cas d'Asia Bibi, cette autre chrétienne du Pakistan, condamnée à mort (l'appel est en cours). Une pétition a même été lancée en sa faveur.

   Rappelez-vous : le gouverneur du Penjab, Salman Taseer, qui avait défendu la chrétienne, a été assassiné par un policier extrémiste, qui est aujourd'hui considéré comme un héros par un gros paquet d'abrutis. Il vient néanmoins d'être condamné à mort par la justice pakistanaise, qui semble avoir encore des couilles au cul.

   Elle en aura bien besoin, parce que le fils du gouverneur assassiné a été récemment enlevé, sans doute par des proches des talibans pakistanais. Rappelons aussi que, toujours en 2011, le ministre (chrétien) des minorités religieuses qui, tout comme Salman Taseer, militait pour la réforme de la loi sur le blasphème, a été assassiné par des hommes non identifiés.

   Je vais m'arrêter là, alors que je pourrais continuer avec d'autres exemples, moins médiatisés, de chrétiennes (pakistanaises) violées par des musulmans. Dans ces cas, toutefois, il faut reconnaître qu'il est difficile de distinguer ce qui relève du fait divers, du machisme ambiant et de la persécution religieuse.