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dimanche, 31 mars 2013

Des cloches qui apportent des oeufs... et des médailles

   La promotion de Pâques de la Légion d'honneur confirme que la gauche, tout comme la droite, est très attachée aux décorations symboliques. Se confirme aussi une tendance déjà perceptible en janvier dernier : la volonté de distinguer le monde économique. Selon Le Monde, il représente 28 % des décorés, devant l'enseignement et la fonction publique. On devrait donc dire après la fonction publique au sens large (la majorité des enseignants étant fonctionnaires), qui cumule un gros tiers des hochets.

   A ce propos, la lecture du principal décret (le quatrième de la liste parue au Journal Officiel) permet de constater que ce sont rarement les fonctionnaires "de base" qui sont récompensés. Aujourd'hui comme hier, on privilégie "l'élite", se contentant, ici ou là, de glisser le nom d'un prolétaire méritant.

   Je me suis intéressé à une autre catégorie de décorés, les élus. Ils sont 48 sur un total 563, soit 8,5 %. (Et encore, je n'ai compté que ceux qui étaient clairement identifiés comme exerçant ou ayant exercé une fonction politique élective.) Rappelons que la France compte environ 600 000 élus, pour une population d'environ 65 millions d'habitants, soit un peu moins de 1 % du total. Les politiques sont donc surreprésentés. Qu'en est-il de leur origine géographique ?

   Sans surprise, la région Ile-de-France arrive en tête, avec 9 élus : 2 pour Paris (Serge Blisko et Michèle Blumenthal - deux socialistes) et 7 pour la banlieue, dont 4 pour la Seine-Saint-Denis : Josiane Bernard, Daniel Guiraud, Gilbert Klein et Corinne Valls. Il me semble que deux d'entre eux ne sont pas socialistes (J. Bernard et G. Klein, communistes). L'ouverture est encore plus grande au niveau des autres banlieusards. S'il n'est pas étonnant de trouver Francis Chouat (successeur de Manuel Valls à la mairie d'Evry) dans cette liste, on pourra s'étonner de la présence de Gilbert Dijon (UMP) et de Pierre-André Wiltzer, qui a fait carrière sous les couleurs de l'UDF puis de l'UMP.

   Viennent ensuite deux régions, avec 5 décorés chacune : Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées. 4 des 5 heureux élus rhônalpins sont socialistes, la cinquième (Christiane Echallier) plutôt centriste. En Midi-Pyrénées, les cinq personnes sont issues de cinq départements différents. Un seul n'est pas de gauche : Pierre Montastruc, ancien député UDF de Haute-Garonne.

Montastruc.jpg

   Le Tarn-et-Garonne voisin est représenté par le maire de Villemade, Francis Labruyère, membre du PRG :

Labruyère.jpg

   Les autres sont tous socialistes, à commencer par Thierry Carcenac, ancien député et président du Conseil général du Tarn :

Carcenac.jpg

   Il est accompagné de la Lotoise Geneviève Lagarde, adjointe au maire de Cahors et vice-présidente du Conseil général :

Lagarde 2.jpg

   Voici enfin l'Aveyronnaise de la bande, Hélène Thibal, ancienne adjointe au maire de Saint-Affrique (de 2001 à 2008).

   On reste dans le grand Sud-Ouest avec la région suivante, le Languedoc-Roussillon. 4 de ses élus (3 socialistes) ont été désignés, une seule venant des Pyrénées-Orientales (Renée Soum). Les trois autres sont gardois : Alain Journet (ancien sénateur-maire du Vigan et ancien président du Conseil général), Jean Denat (actuel vice-président du Conseil général) et Renée Bouvier (maire divers gauche du Cailar).

   Cinq régions ont deux élus au palmarès : la Franche-Comté, la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et le Poitou-Charentes. C'est dans ce dernier cas qu'il est intéressant de relever les noms : Maxime Bono (maire PS de La Rochelle) et Jean-François Douard (maire divers droite de Lagord, en Charente-Maritime). Cela nous ramène aux législatives de 2012, qui ont vu la défaite de Ségolène Royal face à Olivier Falorni, socialiste dissident soutenu par une partie de la gauche... et de la droite. Durant la campagne, Maxime Bono (le sortant qui avait eu l'amabilité de ne pas se représenter) avait apporté son soutien à Ségolène Royal. Le voilà promu officier sur le contingent du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, presque un voisin.

   Il est beaucoup plus étonnant de voir figurer sur la liste le nom de Jean-François Douard, un divers droite proche de Dominique Bussereau (rival de Ségolène dans la région). Durant la campagne des régionales, en 2010, le maire de Lagord s'était même laissé aller à des propos outranciers à l'égard de la candidate socialiste. Notons qu'il est nommé sur le contingent de la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, au titre de la Décentralisation. C'est donc soit aux bons soins de Marylise Lebranchu, soit à ceux d'Anne-Marie Escoffier que ce bretteur de droite doit sa décoration.

   Les autres régions sont représentées par un seul décoré : Aquitaine, Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Centre, Pays-de-la-Loire, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Alsace, celle-ci avec Philippe Richert, président UMP (tendance centre-droit) du Conseil régional. On n'a pas oublié l'outre-mer, avec la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion. Même les Français de l'étranger (pas forcément de gauche) ont eu leurs décorés (trois) !

   Cette brochette éclectique laisse toutefois quelques territoires à l'écart, notamment quatre régions de France métropolitaine, dont deux de coeur du président de la République : la Haute-Normandie (où il a passé les 14 premières années de sa vie) et le Limousin (sa terre d'élection). Les élus de Corse et d'Auvergne vont eux aussi devoir patienter un peu avant de décrocher de nouveaux hochets !

vendredi, 29 mars 2013

Un nouveau vice-président aveyronnais

   A l'issue de la réunion plénière du Conseil régional de Midi-Pyrénées, le maire de Rodez, Christian Teyssèdre, est devenu vice-président de ladite assemblée. Cette réunion a été retransmise en direct et enregistrée, ce qui permet de la regarder sur le site du Conseil régional. Plusieurs caméras ont filmé la séance : une placée en hauteur, qui donnait à voir presque toute la salle (ses images sont à l'écran en début et fin de réunion, ainsi que durant la pause méridienne), une face à la tribune où siégeait l'exécutif régional, une (la même ?) dirigée sur le pupitre (où se sont exprimés Martin Malvy et Jean-Louis Chauzy), une ou deux autres proposant des vues de l'hémicycle et des plans rapprochés des conseillers qui avaient la parole.

   Le début était annoncé à 10 heures. Or, quand Martin Malvy lance le départ de la déposition des listes pour le renouvellement partiel de la commission permanente, il annonce qu'il est 11h35, alors que, selon l'horloge de l'écran, la réunion a débuté 1h09 auparavant... soit à 10h26. Ah, le "quart-d'heure toulousain"...

   Comme le début a été tardif, la pause méridienne ne survient qu'à 13h16 (2h50 après le début). Les débats ont repris à 14h30 pétantes 14h44 (à l'insistance du président du Conseil régional, qui devait trouver que les troupes s'attardaient trop au café), pour s'achever, 9h35 après le départ, à 20 heures semble-t-il.

   La séance a commencé avec l'appel des conseillers, par Gérard Onesta. Sur les 91 élus, 78 étaient présents (dont 3 perdus dans les couloirs visiblement), 13 d'entre eux ayant prévu de "sécher" une partie de la réunion : leur départ était annoncé qui pour 18h30, qui pour 18h, qui pour 17h, qui pour 16h... voire 14h ! Il y en a même une (Michèle Garrigue, je crois) qui s'est fait excuser pour la tranche 11h-13h30, histoire sans doute de déjeuner en paix. (Elle est de surcroît élue de la Haute-Garonne.) Notons que la dame n'a donc suivi les débats matinaux que de 10h26 à 11h... trop dure, la life ! Les véritables absents ne seraient donc qu'au nombre de 13, soit 14 % du total. Le nombre de présents a tout de même varié durant la journée. Au maximum, il y a eu 80 votants lors des scrutins :

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   Mais, étant donné qu'une dizaine d'absents (ou de présents temporaires) avaient donné procuration à un autre conseiller, on penser qu'il y avait en moyenne entre 65 et 75 élus, soit entre 71 % et 82 %. Et les Aveyronnais là-dedans ? 7 sur 10 étaient présents. Les trois absents étaient Jean-Claude Luche (qui avait donné pouvoir de vote à Anne-Sophie Monestier-Charrié), Marie-Françoise Vabre (qui avait donné pouvoir de vote à François Simon, autre représentant d'Europe Ecologie) et Pierre Pantanella (qui avait donné pouvoir de vote à une Ariégeoise, Rolande Sassano). Marie-Lou Marcel est partie à 18h30, laissant pouvoir de vote... à un Ariégeois (Marc Carballido). La ministre (de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme) Sylvia Pinel était aussi absente.

   Si l'on ajoute le cas d'un président d'intercommunalité qui a quitté les lieux un peu avant la fin, on arrive à la conclusion que les cumulards sont moins assidus que les autres. Voilà qui devrait inspirer les rédacteurs de la future loi sur le cumul des mandats. Un président de Conseil régional, une députée et une ministre n'ont aucune raison (autre que financière) de garder un mandat de conseiller régional. Au niveau local, on s'aperçoit que ceux qui empilent les casquettes (maire, président de structure intercommunale, de syndicats divers voire secrétaire d'un parti politique) ont tendance à déserter l'hémicycle toulousain... tout en étant payés !

   Ma deuxième remarque s'applique aux élus aveyronnais de gauche. Il est étonnant que les socialistes Marie-Lou Marcel et Pierre Pantanella aient donné procuration à des Ariégeois. Les relations entre camarades aveyronais seraient-elles tendues à ce point ?

   Cela nous mène tout naturellement à Christian Teyssèdre. D'après Midi Libre de ce vendredi, le maire de Rodez semble avoir retenu les leçons de l'an passé ; il a joué la partie de manière discrète. Le voilà donc intronisé vice-président :


   Cette annonce a été faite 2h21 après le début de la retransmission, soit à 12h47. Dans le quotidien montpelliérain, Laurent Hortes précise que c'est vers 13h30 (au début de la pause méridienne, donc) qu'un "touitte" de Martin Malvy a répandu la nouvelle. Il a pourtant été pris de vitesse (toujours d'après Midi Libre) :

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   Déjà, en septembre dernier, Daniel Rozoy s'était signalé en félicitant publiquement Christian Teyssèdre pour une promotion qu'il a obtenue... cinq mois plus tard. Quelle prescience ! Rappelons que c'est le départ de Nicole Belloubet pour le Conseil constitutionnel (où elle a été nommée par le président du Sénat Jean-Pierre Bel... encore un Ariégeois !) qui a libéré un poste de vice-président. De surcroît, il écarte un candidat de poids de la course à la succession de Martin Malvy (qui a pris un petit coup de vieux).

   Si l'on écoute attentivement les minutes qui suivent, on s'aperçoit qu'une conseillère a demandé à intervenir au sujet des vice-présidences. Il s'agit de l'écologiste Marie-Christine Pons, qui regrette que les récentes retouches apportées à l'exécutif régional aient fait reculer la parité. En effet, le rapport hommes/femmes (au niveau des vice-présidences) est passé de 8/7 à 9/6. Martin Malvy a rappelé que la parité n'était qu'un des facteurs pris en compte dans la composition de l'équipe dirigeante. S'y ajoutent notamment l'origine départementale et l'appartenance politique : c'est une majorité plurielle qui administre la région.

   Je ne sais pas si cela peut consoler Mme Pons, mais le respect de l'esprit de la parité a conduit une nouvelle femme au poste de 1ère vice-présidente : Janine Loïdi. Celle-ci a connu une promotion fulgurante, puisque, n'étant pas membre de l'exécutif en 2010 (elle est néanmoins conseillère depuis 2004), elle n'est devenue vice-présidente que fin 2012, suite à trois démissions. La voilà propulsée dauphine de Martin Malvy !

   J'ai envie de terminer ce billet par quelques touches humoristiques. Certains élus n'ont visiblement pas encore réalisé que les séances étaient filmées. Se croyant protégés des regards d'en face par le rebord élevé de leur pupitre, plusieurs conseillers ont carrément sorti l'ordinateur portable. Disposant sans doute d'une connection wi-fi, ils doivent mettre à profit certains temps morts pour perfectionner leur connaissance des dossiers...

   En voici un qu'il est difficile d'identifier (compte tenu de la prise de vue) :

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   En voici un autre, qui ne se cache nullement :

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   J'ai pointé sa joue droite parce, dans la vidéo, à plusieurs reprises, on le voit mâcher ostensiblement un chewing-gum. Je ne dirai rien du col largement ouvert. Il paraît que c'est à la mode chez les bobos. Le monsieur en est peut-être un. Je pense qu'il s'agit d'un élu d'Europe Ecologie (compte tenu de son voisinage), sans doute François Arcangeli qui, lorsqu'il veut paraître, prend soin de se présenter sans lunettes :

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   Il ressemble quand même plus à celui qui était interrogé par Le Petit Journal, en 2006 :

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   Les plus malins ont peut-être placé une tablette numérique à plat sur leur bureau... ou alors ils surfent grâce à leur téléphone haut de gamme. Vont-ils jusqu'à passer des coups de fil durant la séance ? Oui... et c'est un Aveyronnais qui donne le mauvais exemple, en la personne de Jean-Louis Chauzy :

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   Le présdent du CESER (et conseiller municipal de Rodez) est intervenu au début de la réunion, puis il s'est rassis immédiatement à la droite de Martin Malvy, signe de l'estime dont il jouit. C'est peut-être la raison pour laquelle il s'est permis, quelques minutes plus tard, de prendre un appel au vu de tous.

   La fin de la séance a été émaillée de quelques joutes verbales et de mini-incidents divers. Je relève le concours de photographies auquel se sont livrés l'écologiste Gérard Onesta et le conseiller d'opposition Jacques Thouroude (un Tarnais qui siège avec J-C Luche, A-S Monestier-Charrié et S Roques dans le groupe "Osons Midi-Pyrénées") :

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   Le premier semble avoir voulu mettre en évidence les bancs quelque peu dégarnis de la droite en cette fin de journée. Son adversaire a décidé d'en faire autant... avec les bancs de la gauche. J'en profite pour signaler à mes lecteurs villefranchois que si, dans un futur proche, ils reçoivent un document illustré d'une photographie de Serge Roques dans l'hémicycle régional, il devront certainement celle-ci à son collègue tarnais.

jeudi, 28 mars 2013

Une nouvelle localisation du Groland

   Je l'ai trouvée dans l'émission Made in Groland de samedi 23 mars dernier. Très en forme, Jules-Edouard Moustic a commencé par évoquer la pédophilie, à travers une référence religieuse d'actualité et une autre, scolaire. Pédagogue, il a conclu sa présentation par cette formule pleine de bon sens : "No zob in job."

   Le journal s'est ensuite intéressé à la nouvelle génération de médicaments... et de pharmacies :

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   Cela nous a tout naturellement menés aux scandales alimentaires qui semblent s'accumuler ces temps-ci. Un autre vient d'ailleurs d'éclater au Groland, plus précisément dans les grandes surfaces d'un groupe local :

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   Après une fantaisie sur la "flexisécurité" et une fiction sur la bombe atomique bio, il a été question de ces emplois d'assistance téléphonique délocalisés on ne sait où. C'est à cette occasion qu'une carte d'Europe intégrant le Groland nous a été proposée :

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   La présipauté se trouverait donc à la frontière tchéco-slovaque. En décembre dernier, dans un autre numéro, c'était à la limite de l'Allemagne et de la République tchèque qu'elle avait été placée.

   La suite de l'émission contient quelques perles, notamment ce faux documentaire animalier dont les personnages principaux (lions et buffles) portent des prénoms humains (en  général) démodés. J'ai aussi bien aimé la parodie du clash entre les deux rappeurs Booba et La Fouine :

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   Une devinette pour terminer. Quel est l'écrivain contemporain (à succès) dont l'oeuvre est caricaturée avec tant de finesse ?

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mardi, 26 mars 2013

La Morinade aime le Roquefort

   L'émission humoristique du Mouv', désormais diffusée entre 13h et 14h, toujours du lundi au jeudi, semble apprécier les produits du terroir aveyronnais. Ainsi, il y a environ six mois, le père Albert avait fait mention de l'aligot, dans sa chronique hautement spirituelle.

   Tout récemment, c'est le sud du département qui a été à l'honneur. Dans l'émission d'hier, l'un des jingles utilisés pour introduire la séquence de "grande musique" (sélectionnée par Daniel Morin en personne) mentionnait "le roi des fromages" (certes associé à un collègue nordique à forte "personnalité") :


   Aujourd'hui mardi, c'est dans le journal de l'émission qu'il a été question du même produit emblématique. Le reportage portait sur le projet de la mairie de Paris d'utiliser des moutons pour tondre les pelouses municipales. L'entreprenante équipe de La Morinade est parvenue à dénicher un témoignage original, traduit par l'inénarrable Jean-Kévin :





Week-end royal

   Dans la seconde moitié des années 1930, le président des Etats-Unis Franklin Roosevelt s'entiche d'une lointaine cousine (Daisy). Une maison de campagne est le théâtre de leurs rencontres... et un pique-nique très spécial y est organisé, peu avant la guerre, en l'honneur du roi d'Angleterre (George VI... oui, celui du Discours d'un roi).

   Le scénario fait donc se percuter ces deux trames historiques. Pépé Roosevelt, bien qu'handicapé moteur, avait gardé l'entier usage de son appendice pénien... et cherchait ailleurs que dans les bras de son épouse Eleanor les occasions de le mettre en action. Dans le rôle du président coquin, (faussement ?) passionné de timbres, Bill Murray excelle. Il s'est parfaitement coulé dans le personnage et fait oublier ses précédentes incarnations. Face à lui, Laura Linney (une habituée des seconds rôles) se débrouille très bien, tout comme les autres membres de l'entourage présidentiel, notamment Olivia Williams, brillante en épouse indépendante et lucide. La meilleure scène de la première partie est sans doute la "conclusion" de la romance entre le vieil homme et la cousine coincée (et fauchée... un aspect qui a peut-être pesé plus qu'il n'est dit), en voiture, dans un pré, devant un paysage magnifique... et à la force du poignet !

   Le film décolle avec l'arrivée du couple royal. Le réalisateur sait jouer sur le contraste entre l'aristocratie très attachée aux apparences et l'élite décontractée d'outre-Atlantique. Samuel West et Olivia Colman sont épatants, le premier réussissant (presque) à faire oublier Colin Firth. Une scène magnifique voit le roi et le président partager quelques verres dans un bureau, le soir, après le dîner. Chacun est conscient de ses faiblesses et, la franchise aidant, un courant de sympathie passe entre les deux hommes. Marquant est le moment qui voit Bill Murray passer d'un canapé à un fauteuil par la seule force de ses bras, en s'appuyant sur une série de meubles, sans doute pas disposés au hasard dans la pièce. Durant ce moment magique, la qualité de la mise en scène s'ajoute à la beauté de la photographie, au talent des interprètes et aux dialogues piquants.

   Bref, cette heure et demi passe en douceur, sans déplaisir. On peut juste regretter la trop grande présence de la voix-off (celle de Daisy) dans le dernier tiers du film.

20:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

dimanche, 24 mars 2013

Mystery

   C'est le nouveau film de Lou Ye, cinéaste né à Shanghaï, remarqué il y a quelques années pour Une Jeunesse chinoise. En à peine plus d'1h30, ce long-métrage réussit à entremêler les thématiques : drame bourgeois, portrait social, polar urbain.

   La séquence initiale est indicatrice de ce que va être la suite. On commence avec une musique douce, des personnages jeunes et riches, dans des voitures luxueuses. L'action se situe sur l'une des autoroutes urbaines qui enserre la ville de Wuhan (située sur le fleuve Yangzi) :

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   Survient un événement qui va bouleverser la vie des personnages... et révéler leur véritable tempérament. Mais c'est d'autres personnes dont il va être principalement question durant le reste du film. Petit à petit, le réalisateur dévide sa pelote, nous montrant les tenants et les aboutissants de cette séquence initiale.

   On passe aux véritables personnages principaux. Ils incarnent la bourgeoisie chinoise en pleine expansion. Ils sont riches, ont un bel appartement et une ravissante petite fille (politique de l'enfant unique oblige... ce n'est pas sans importance). Attention toutefois : ce tableau idyllique est trompeur. La suite du film va nous montrer ces personnages sous un autre jour, soit qu'ils cachent leur jeu, soit qu'ils évoluent. Mention spéciale pour Hao Lei (déjà vue dans Une Jeunesse chinoise), que l'on pourrait comparer à Kate Winslet : elle peut tout jouer.

   Le drame bourgeois tourne autour de l'infidélité et de la double vie. Le réalisateur donne la part belle aux actrices, (principalement les deux jeunes femmes, mais aussi l'étudiante, sa mère et celle du héros). Je le trouve néanmoins trop indulgent pour l'un de ses personnages masculins, qui est un bel enfoiré.

   Le portrait social est soigné. La grande bourgeoisie est présente à travers les fils à papa et l'une des épouses. A l'écran, un spectateur attentif notera la présence des marques étrangères : le téléphone portable de l'une des femmes (qui joue un rôle non négligeable dans l'intrigue) est de marque japonaise (Sharp), les voitures sont souvent américaines (Ford) et les vêtements chics viennent de Corée du Sud. La musique même est européenne (on entend L'Hymne à la joie, de Beethoven)... et on la voit jouée une fois sur un piano de marque Strauss. On remarque la différence de classes au niveau des loisirs : les rejetons de la bourgeoisie fréquentent les jardins d'enfants, ont des cours de musique et de danse. Les pauvres jouent au football sur un terrain vague.

   Plus bas dans l'échelle sociale se trouvent la seconde jeune femme, qui ne possède pas de voiture (ni sans doute de permis de conduire), ainsi que la mère de l'étudiante. On rencontre aussi un garagiste et un policier qui, lui, bénéficie d'un bel appartement, dans un immeuble donnant sur le fleuve. Mais sa paie ne lui permet visiblement pas de faire des folies. Il s'en sort toutefois bien mieux que le sans-abri, qui survit dans les bois en récupérant des déchets urbains. Cependant, il est flagrant que, dans le film, l'argent ne semble pas faire le bonheur... ou plutôt il ne suffit pas.

   Le titre indique que l'intrigue est aussi celle d'un polar. Au départ, on ne comprend pas tout ce qui s'est passé autour de l'événement auquel sont confronté les gosses de riches en voiture. Le mystère prend donc deux formes. D'un côté, les spectateurs cherchent à comprendre qui a fait quoi... et surtout qui sait quoi (les personnages ont furieusement tendance à se mentir ou à dissimuler). De son côté, le policier (et son copain le garagiste) cherchent d'abord à établir les responsabilités dans un accident, avant de s'intéresser à ce qui ressemble à une tentative de meurtre.

   Certains spectateurs un peu mous du bulbe ont été désorientés par ce foisonnement scénaristique. Le film réclame certes de l'attention, mais il est bigrement bien construit et interprété. Au niveau du style, on retrouve les marottes du réalisateur : la caméra à l'épaule pour suivre les personnages qui marchent, les prises de vue aériennes pour montrer la ville et l'usage du flou et du fondu quand il est question des sentiments. Cela se situe quelque part entre Claude Sautet et Michel Deville, avec une touche d'Assayas.

14:41 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

vendredi, 22 mars 2013

No

   1988. La Guerre Froide touche à sa fin. Les Etats-Unis savent qu'ils ont gagné. Du coup, ils deviennent plus sensibles aux aspirations des populations dans les dictatures qu'ils soutiennent, quand ils n'ont pas contribué à les mettre en place. C'est le cas de la Corée du Sud, en voie de démocratisation. C'est le cas de plusieurs pays d'Amérique latine, à commencer par l'Argentine (dès 1983) et le Brésil (en 1985). Voilà donc le Chili d'Augusto Pinochet prié de présenter une image plus "convenable", en organisant un référendum.

   Après Santiago 73, Pablo Larrain nous propose l'histoire de la campagne en faveur du "non" (au maintien de Pinochet au pouvoir), vue de l'intérieur... mais aussi du camp d'en face. Cela nous vaut d'ailleurs l'une des plus belles scènes du film, au début : les artisans de la campagne du "oui" (ministres, officiers, conseillers) sont réunis dans une pièce aux boiseries luxueuses. Le réalisateur nous donne à entendre leurs arguments (certains étaient de bonne foi). On perçoit aussi nettement leur anticommunisme primaire, qui tournait à la paranoïa. L'humour est pince-sans-rire (comme dans le reste du film). On sourit du décalage entre tel propos et la réalité ou entre l'écart qui existe entre les différentes manières de percevoir les événements.

   Je pense aussi à une scène qui voit le patron du héros (favorable au "oui") discuter, avec un ministre, des partisans du "non". Les deux hommes marchent à proximité d'un bâtiment officiel et finissent dans un jardin. L'homme de pouvoir vieillissant ne comprend pas la symbolique de l'arc-en-ciel choisi par ses adversaires ("un truc de pédés" voire de "Mapuches pédés" ?). La discussion, très drôle au second degré, s'achève devant un canon décoratif, dans le fût duquel le ministre dépose ses pelures d'orange. (On peut y voir aussi le symbole de la décrépitude du pouvoir militaire.)

   La mise en scène est habile. On peut cependant contester le choix d'une image "qualité d'époque", qui rappellera aux téléspectateurs un peu âgés certains épisodes de la série Starsky et Hutch. Par contre, la caméra n'est pas placée au hasard, et certains mouvements sont savamment calculés. Je pense notamment à une scène qui montre le héros en train de souper avec son fils. Tous deux sont assis devant le poste de télévision, à proximité duquel est placé, de manière symétrique, un four à micro-ondes. A certains moments, on se demande quel est l'écran qui passionne le plus le duo... d'autant plus que l'émission diffusée pendant le repas est tout à la gloire de Pinochet. De surcroît, quand on voit l'aspect de ce qui sort du four, on comprend que, pour le réalisateur, le contenu du discours n'est pas plus appétissant.

   L'intrigue tourne autour du fait que la campagne du "non", au lieu de marteler à l'ancienne les thèmes de prédilection des opposants (principalement) de gauche, prend un tour ludique et commercial, sous l'impulsion du héros. Il a compris que, plus que sur le passé, le vote allait se jouer sur l'avenir. Il va donc mener une campagne sur le thème de la joie. La confrontation de ses idées aux présupposés des opposants est restituée avec une certaine subtilité (le héros n'a pas toujours raison... ouf !).

   Partis de bouts de ficelles, les "nonistes" font preuve d'imagination. Ils vont avoir droit, pendant un mois, à 15 minutes quotidiennes qu'il faut remplir de manière convaincante. L'humour est de leur côté. Ils introduisent dans leur quart d'heure une séquence d'information, intitulée "no... ticias" (les news ou les nouvelles). Pour inciter les électeurs à voter non, ils détournent la forme des bulletins :

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   Cela se dit "no mas", c'est-à-dire "plus" : non pas "davantage de", mais "plus du tout de" ("Plus du tout de Pinochet" par exemple). En face, les partisans du dictateur (beaucoup plus nombreux que ce que l'on imagine en Europe) écrivent ici ou là des "PIN 8". Il ne s'agit pas du code d'un téléphone portable, pas plus que de la taille d'un pénis (au repos ou en érection). Cela se prononce "Pine-otcho"... naaan, pas Pinocchio ! Cela sonne comme Pinochet et cela fait référence aux huits ans de prolongation du pouvoir qu'il réclame ("ocho" signifie huit).

   A intervalles réguliers, le film évoque les pressions dont les partisans du "non" ont fait l'objet. Quasi inexistantes au début, elles ont monté en puissance au fur et à mesure qu'a grandi l'agacement du régime, dont certains défenseurs ont fini par prendre au sérieux cette campagne de publicitaires.

   Il faut dire quelques mots de l'interprète principal, que j'avais déjà vu dans Babel, La Science des rêves et surtout l'excellent Carnets de voyage (de Walter Salles). Gael Garcia Bernal incarne à la perfecption ce pubard cool et doué, fils d'opposant de gauche à Pinochet, pas engagé au départ et qui, s'il voit sa vision de la campagne l'emporter, ne connaît pas le même succès dans sa vie privée.

   Cependant, je regrette que le réalisateur prenne si peu de recul avec la communication politique moderne. Ici, elle n'est pratiquement présentée que sous un jour positif : c'est nouveau, dynamique, jeune, drôle. On ne dit pas assez que la forme l'emporte sur le fond. Seules quelques touches sont chargées de faire comprendre aux spectateurs un peu grincheux que le réalisateur n'est pas dupe. A deux reprises, le héros se comporte en véritable perroquet : quand il critique la campagne de son adversaire de la même manière que son ex (communiste) critiquait la sienne (au début)... et à la toute fin, qui montre qu'on peut recycler la rhétorique des "nonistes" dans la campagne de promotion d'une série télévisée. (Mais Les Inconnus l'ont démontré avec brio il y a bien longtemps déjà.)

samedi, 16 mars 2013

Gruiiiik !

   C'est l'une des polémiques qui agitent l'Aveyron depuis la fin de l'année 2012 : l'extension programmée d'une porcherie située dans l'ouest du département, sur le territoire de la commune de Causse-et-Diège (en rouge sur la carte) :

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   En dépit d'une opposition importante, des risques encourus sur le plan environnemental (et touristique), la préfète de l'Aveyron vient d'autoriser ladite extension, suivant en cela le récent avis du CODERST (Conseil Départemental de l'Environnement et des Risques Technologiques) aveyronnais.

   Cette affaire nous amène à nous interroger à plusieurs niveaux : sur le type d'élevage pratiqué, sur les rejets de nitrates, sur le rôle des pouvoirs publics et enfin sur le positionnement de l'entreprise Nutergia.

   Commençons par le type d'élevage. Le GAEC de Cassan compte, avant l'extension, un peu moins de 1200 bêtes. (Il en passe beaucoup plus durant une année mais, en moyenne, c'est l'effectif que doit compter l'exploitation.) Le premier projet prévoyait de faire passer ce nombre à près de 3 000. Il devrait finalement se limiter à 1956 bêtes. Le nombre paraît important au profane. La revue professionnelle GraphAgri (dans son édition 2012) va nous permettre de resituer cette exploitation dans le contexte français :

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   L'exploitation porcine se situe dans le "haut du panier" : les 21 % comptant le plus de têtes, cumulant 79 % du cheptel porcin français. Et encore... si le projet initial avait abouti, elle aurait rejoint le club des "2 000 et plus", 9 % des exploitations qui regroupent à elles seules... la moitié du cheptel porcin national. Je pense d'ailleurs que c'est dans cette catégorie qu'il faudra malgré tout classer l'exploitation aveyronnaise agrandie : ponctuellement, il est certain que les 1956 têtes vont devenir 2 000 voire 2 100. Qui va venir perdre des heures à compter l'ensemble ? Ce projet n'est donc pas l'illustration de la défense de la petite ou moyenne agriculture familiale. Il constitue un renforcement des structures dominantes.

   Passons à présent aux rejets de nitrates. C'est la grande crainte des riverains, pour leur santé... et pour la préservation d'un important site touristique local : la grotte de Foissac. (La commune est coloriée en vert sur la première carte.) Ceci dit, à l'heure actuelle, la qualité des eaux aveyronnaises ferait bien des envieux du côté de la Bretagne (où l'élevage porcin industriel est particulièrement développé) :

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    L'écrasante majorité du territoire connaît des taux de nitrates inférieurs à 50 mg/l. On peut considérer toutefois que, dans les zones où ce taux est compris entre 25 et 40 mg, localement, des situations problématiques peuvent se poser. (Rappelons que, pour les nourrissons, il est recommandé d'utiliser une eau contenant moins de 10 mg/l.) C'est le cas de la zone que j'ai entourée en marron, accompagnée d'un point d'interrogation. Il s'agit de la commune de Salles-Courbatiès, qui voisine Causse-et-Diège (mise en évidence par des pointillés rouges). La pollution aux nitrates (ponctuelle) dont cette commune semble être victime ne doit pas toucher ses voisines situées au nord-ouest : elle est sans doute (en partie) emportée par les cours d'eau qui se dirigent au nord, vers le Lot.

   Mais la grotte de Foissac (située ci-dessous dans la zone cerclée de vert) pourrait être menacée par les épandages supplémentaires de lisier, prévus sur des centaines d'hectares autour du GAEC de Causse-et-Diège, situé au lieu-dit Cassanus :

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   Il faut dire que, si l'élevage une fois étendu est censé n'héberger qu'environ 2 000 bêtes, c'est un total de 8 000 qu'il est prévu de faire défiler sur l'exploitation en une année ! Pluies, crues et infiltrations contribuent à mêler le nitrate aux eaux souterraines, qui s'en retrouvent acidifées. A la suite du gestionnaire de la grotte, Sébastien du Fayet de La Tour, la revue Sciences et Avenir et le site hominidés.com (parmi d'autres) ont émis de vives inquiétudes quant au devenir des peintures rupestres (récemment découvertes) et des squelettes vieux de milliers d'années. Le nouveau plan d'épandage (plus restreint) et l'augmentation du nombre de têtes moins importante que prévu suffiront-ils à préserver le site ? A suivre...

   Dans cette affaire, quel a été le rôle des pouvoirs publics ? Il est difficile de le dire avec exactitude. Le Conseil général a été d'une discrétion de violette. Traditionnellement, la majorité départementale est très proche de la direction de la FDSEA. Mais il semble que, sur ce sujet, le bloc se soit fissuré. On a même pu lire, dans Centre Presse (mercredi 13 mars), une tribune de Jean Milesi hostile au projet d'agrandissement : "Pourquoi j'ai voté contre le projet d'extension de la porcherie de Causse et Diège".

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  Il est possible qu'une action discrète ait été engagée, pour inciter l'exploitant à "réduire la voilure", pour faire passer son projet.

   De son côté, la préfecture a été attentiste puis suiviste. Il faut dire que la préfète ne connaît pas grand chose à ce type de dossier. Chartiste de formation, ambassadrice avant d'arriver dans l'Aveyron, elle doit sans doute s'en remettre aux fonctionnaires spécialisés... voire aux bons conseils de politiques qu'elle croise fréquemment. Au vu de la composition du CODERST, représentants de la Préfecture et de la majorité départementale peuvent facilement verrouiller un dossier. La nouvelle de l'approbation du projet d'extension n'était donc pas une surprise... sauf peut-être pour le rédacteur en chef du Villefranchois (Michel Heuillet), qui, dans l'édition du 28 février, s'était un peu trop avancé :

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   Il nous reste à aborder le rôle de l'entreprise Nutergia, dont le laboratoire se trouve à Capdenac-Gare (coloriée en bleu sur la première carte du billet). Le directeur, Antoine Lagarde, prévoyait de s'implanter sur la commune voisine... Causse-et-Diège. A terme, il déclarait envisager la création d'une trentaine d'emplois dans le département. Le projet d'extension de la porcherie avait tout pour lui déplaire, puisque son laboratoire communique sur son respect de l'environnement :

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   Furieux, il a même menacé un temps de délocaliser son activité... avant d'adopter une tactique plus offensive : il a proposé d'aider l'éleveur porcin à convertir son exploitation à l'agriculture biologique ! Ces coups de théâtre appellent plusieurs remarques. Tout d'abord, il est sidérant que les protestations d'un entrepreneur dynamique, créateur d'emplois, n'aient visiblement pas été considérées par les autorités locales. C'est dire aussi la puissance du lobby qui soutenait l'extension de la porcherie industrielle. Quant au projet de conversion au bio, je ne sais pas s'il tenait vraiment la route. Et puis, pouvait-on ainsi forcer la main à une famille d'exploitants ?

   Cette histoire ne me semble pas terminée pour autant. La décision de la préfecture est peut-être attaquable devant un tribunal administratif. Les opposants au projet d'extension auront-ils les moyens juridiques et financiers de continuer leur action ?

Pierre Soulages fait la fine bouche

   C'est dans un article qui m'avait échappé et dont Le Nouvel Hebdo du 15 mars a eu la bonne idée de signaler l'existence. Le 8 mars dernier, sur le site du Figaro a été mis en ligne un entretien avec le peintre d'origine aveyronnaise.

   Il y est notamment question du (futur) musée ruthénois. L'artiste rappelle sa relation privilégiée avec l'ancien maire de Montpellier, Georges Frêche... et son refus d'un bâtiment qui lui soit entièrement consacré. Entre les lignes, on peut comprendre que c'est à l'activisme forcené d'un autre ancien maire, celui de Rodez (Marc Censi) que l'on doit l'implantation ruthénoise des gigantesques boîtes à chaussures.

   Tout aussi intéressants sont les passages qui évoquent les convictions philosophiques du peintre, ainsi que la manière de concevoir la scénographie d'un musée. On sent bien que l'artiste a une haute opinion lui et de son oeuvre. Il n'en est pas moins conscient du risque que la fréquentation de l'établissement qui va porter son nom chute rapidement : "Un musée d'artiste dure trois ans. La première année, tout le monde y va. La deuxième aussi. Puis plus personne. Je n'ai pas envie de vivre ça." De surcroît, en lisant les commentaires des internautes, on réalise que les lecteurs ne sont pas aussi enthousiastes que nos élites...

   C'est marrant parce que, quelques mois plus tôt, un article paru dans Le Nouvel Observateur (issu d'une dépêche AFP, comme celui paru dans Le Point) offrait une vision plus optimiste du projet. En dépit du rappel de l'opposition du peintre à l'idée d'un "mausolée" artistique, la tonalité était essentiellement positive. En lisant le "papier", on apprend toutefois que Pierre Soulages n'envisageait pas, à cette date, de troisième donation d'oeuvres au musée :

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vendredi, 15 mars 2013

Le Grand Retournement

   Ce court film (1h17) est conçu de manière originale. Les personnages (banquiers, politiques, conseillers), qui parlent de la crise financière, de ses tenants et aboutissants, s'expriment en alexandrins, habillés en costumes-cravates pour la plupart.

   Parmi les acteurs, on trouve quelques têtes d'affiche, comme Jacques Weber (le plus constant au niveau de la qualité de la diction), François Morel (très inégal, avec quelques éclairs de génie) et Edouard Baer (inconsistant). D'autres trognes sont connues, davantage que les noms : Franck de La Personne et Thibault de Montalembert notamment. D'autres sont de parfaits inconnus pour moi. Parmi ceux-ci, j'ai remarqué Patrick Mille.

   Je vais sans doute hérisser le poil des militants altermondialistes qui lisent ce billet, mais je me suis globalement fait chier durant ce film. Dans la première partie, j'ai même piqué du nez ! Et il n'est pas possible de faire porter la responsabilité de ce ratage aux comédiens, certains étant très bons. Il n'en reste pas moins vrai que la qualité du jeu est très inégale... et que cela se sent.

   L'autre problème est l'écriture des dialogues. Il ne suffit pas de construire une phrase de 6, 12 ou 24 pieds et de faire rimer deux d'entre elles pour prétendre avoir versifié. C'est trop souvent boursouflé, maladroit. Au lieu de les aider, les phrases ont considérablement compliqué la tâche des acteurs. Un auteur de talent (genre Racine ou Corneille - non, pas le chanteur) est capable de produire un texte (aussi subtil soit-il) sur lequel un bon acteur doit pouvoir s'appuyer.

   Au niveau de la mise en scène, au départ, j'ai trouvé intéressant le contexte de l'usine abandonnée. Cela avait du sens. Mais l'utilisation de cet espace devient vite maladroite, le comble étant atteint lorsque l'un des conseillers du président, devenu trop critique, se fait virer.

   Parlons enfin du fond. Le film se veut pédagogique. On commence par les causes de la crise financière, référence à l'affaire Kerviel à l'appui. On continue avec le renflouage des banques et la bêtise des politiques. Plus que les banquiers, la cible est ici l'exécutif français en place en 2009-2010, à savoir le président Sarkozy (un peu trop sobrement campé par Elie Triffault) et le premier ministre Fillon (Montalembert, très bon). Le tour des banquiers vient juste après, quand il est question de l'introduction de nouvelles normes et du rôle de la BCE.

   Le problème est que tout cela m'a semblé très manichéen. Ce n'est de plus pas destiné à un public profane, parce que, aussi simpliste soit la description des mécanismes de la crise, le fait qu'elle soit véhiculée par un langage ampoulé n'aide en rien à sa compréhension. Bref, le propos est destiné à un public plutôt cultivé, et/ou déjà convaincu.

   Quelles solutions propose l'auteur ? Rien de moins que la Révolution. En gros, les seuls vrais contestataires sont ceux qui manifestent cagoulés, qui cassent des vitrines et renvoient les bombes lacrymos à la police. Cette fin est malheureusement symbolique de l'ensemble du film, qui manque singulièrement de finesse.

   PS

   Sur la crise financière, Inside Job est plus fouillé. Cleveland contre Wall Street montre ce que peut être un vrai film de cinéma sur des questions politiques, financières et sociales. Tout aussi réussi est Margin Call, qui place le spectateur au coeur du processus. Moralité ? Louez un bon DVD.

samedi, 09 mars 2013

Zaytoun

   La critique a en général été plutôt sévère avec ce film israélien, dont le réalisateur Eran Riklis a été salué naguère pour La Fiancée syrienne et Les Citronniers. Le genre du film (une fable politique) a pu dérouter. Il est question d'un olivier (zaytoun en arabe) qu'un jeune Palestinien du Liban voudrait planter dans la propriété familiale... en Israël. Dans quelle mesure le pilote israélien récemment fait prisonnier va-t-il lui être utile ?

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   La première partie du film tente de restituer l'ambiance dans le Liban du début des années 1980, au moment de l'intervention israélienne. Il y est bien entendu question des réfugiés palestiniens (et du camp de Chatila), dont les enfants sont embrigadés très jeunes dans des organisations para-militaires supposées patriotiques. On nous fait aussi comprendre que les Libanais "de souche" n'apprécient guère cette population turbulente, maintenue à l'écart des autres habitants.

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   Comme dans d'autres films ayant pour sujet les déshérités du monde musulman (Les Chevaux de Dieu, par exemple), un coup de projecteur est mis sur de jeunes garçons fans de football. Le héros Fahed est d'ailleurs surnommé Zico (aujourd'hui, son modèle serait peut-être Lionel Messi) et il ne se sépare pratiquement jamais d'un ballon en cuir. Si les scènes avec les gamins sont très convenues, il faut signaler la performance du jeune Abdallah El Akal (entraperçu, comme un autre acteur du film, dans Lebanon), qui incarne à merveille ce gamin palestinien révolté, un peu dépassé par les événements, mais qui tient à aller au bout de son projet.

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   Le réalisateur a l'honnêteté de montrer toute la difficulté de la vie quotidienne des civils palestiniens, ainsi que les drames auxquels ils sont confrontés. C'est pourquoi il faut un peu de bonne volonté pour croire à l'argument principal : l'alliance de circonstance entre l'orphelin de guerre et l'aviateur. Si l'on adhère à cet élément de l'histoire, on suivra avec plaisir le périple de cet improbable duo, qui va devoir louvoyer pour éviter divers groupes armés (palestiniens, libanais et même syriens). C'est souvent drôle, parfois émouvant.

   La fin est moins réussie. J'ai trouvé assez mauvaises les scènes qui font intervenir Alice Taglioni (qui porte l'uniforme de l'ONU). La séquence du village palestinien détruit ne m'a convaincu qu'à moitié. On sent aussi que le réalisateur a voulu montrer que les deux camps ont souffert des guerres. Je ne dirai rien sur le choix final qui est fait par l'un des personnages principaux. Ceux qui connaissent la suite de l'Histoire savent qu'ils est lourd de conséquences.

mercredi, 06 mars 2013

Công Binh

   Ce documentaire (un brin fictionné) est sous-titré "La longue nuit indochinoise". Il n'est toutefois question que du Vietnam (composé du Tonkin, de l'Annam et de la Cochinchine), pas du Laos ni du Cambodge. Ceux qu'on a appelés les Công Binh ("ouvriers-soldats", en vietnamien) ont été envoyés en France métropolitaine au début de la Seconde guerre mondiale. Il y sont restés bloqués au moins jusqu'en 1946. Certains ne sont même jamais retournés dans leur patrie.

   Cinq types d'images composent ce film. Classiquement, on y trouve des documents d'archives (datant de la fin des années 1930 au Vietnam indépendant) et des entretiens avec certains des anciens travailleurs envoyés en France (âgés de 89 à 103 ans, si je ne m'abuse). On y entend (et voit) aussi une petite-fille de travailleur déporté lire des extraits de textes anticoloniaux, au premier rang desquels Les Damnés de la Terre (de Franz Fanon) et Discours sur le colonialisme (d'Aimé Césaire). A cela s'ajoutent des scènes de fiction, restituant des situations du passé, et jouées par des (petits-)enfants des travailleurs déportés. Enfin, régulièrement, vient s'intercaler un extrait de spectacle de marionnettes aquatiques, en liaison avec le sujet.

   Le plan est chronologique. Le film revient d'abord sur les conditions du recrutement, forcé dans la majorité des cas. On est ensuite effaré par les conditions de vie qui furent celles de ces jeunes hommes. A peine débarqués en métropole, ils sont parqués dans la prison des Baumettes, tout juste construite... mais dont l'intérieur n'a pas été encore aménagé. Ils ont ensuite été envoyés dans différentes usines (des poudreries, entre autres), notamment à Bourges et Clermont-Ferrand. Ils ont été logés dans des camps spéciaux, dans des conditions là encore précaires.

   Parmi les multiples anecdotes que contient le film, il y a l'histoire du développement de la culture du riz en Camargue, dû à l'initiative de certains travailleurs d'origine rurale, qui ont vu là l'occasion d'améliorer leur ordinaire... à condition toutefois de faire tout le boulot.

   Un des plus beaux passages raconte le processus d'alphabétisation des travailleurs, arrivés en métropole pour la plupart illettrés.

   Après guerre, l'enjeu devient politique. De 1946 à 1954 s'est déroulée la guerre du Vietnam. Ces 20 000 jeunes hommes sont une masse à ne pas négliger. Au départ, le gouvernement français n'a pas envie de renvoyer au pays ces bras vigoureux qui pourraient renforcer la rébellion vietminh. A cet égard, le film montre que la petite troupe était divisée. Il n'évoque toutefois que trois groupes : la minorité favorable au colonisateur et les rebelles, communistes ou trotskystes, eux-mêmes rivaux. L'expression "gouvernement fantoche" fait allusion à l'empereur Bao Daï. Est négligée une partie du mouvement nationaliste, celle qui n'était pas d'obédience marxiste et qu'on a parfois qualifiée de "troisième voie".

   La fin du documentaire est consacrée à la vie dans le Vietnam indépendant (ou la France, pour ceux qui s'y sont définitivement installés) et la quête de reconnaissance.

   Sur le plan formel, c'est correctement filmé et le montage varie suffisamment les types d'images pour qu'on ne s'ennuie pas (trop). Mais le rythme est lent et certaines scènes m'ont paru inutiles. (Concernant le théâtre de marionnettes, si les premiers "interludes" m'ont intéressé, l'accumulaton a fini par me lasser.) On sent bien les deux heures passer !

mardi, 05 mars 2013

Les Chevaux de Dieu

   Ce film de fiction ambitionne de mettre en scène les éléments qui expliquent que de jeunes Marocains, pour la plupart inconnus des services de police, aient participé aux attentats de Casablanca du 16 mai 2003.

   L'histoire s'attache au destin d'une demi-douzaine de garçons du bidonville de Sidi Moumen (8 des 14 kamikazes en sont issus), dont une partie seulement va verser dans le terrorisme. Le début du film, maladroit, m'a fait un peu peur. Les images des gamins fans de football, prêts à en venir aux mains... ou à détaler dare-dare, sont proches du cliché. Mais le réalisateur fait preuve d'une incontestable maîtrise derrière la caméra, avec de très beaux plans du bidonville à la clé.

   Petit à petit, la psychologie des personnages est creusée, les situations deviennent plus complexes... et le film passionnant. Il faut souligner l'interprétation remarquable des acteurs principaux, qui incarnent les garçons devenus de jeunes adultes.

   Abdelilah Rachid est celui dont la palette de jeu est la plus variée. Seul véritable délinquant de la bande au début de l'histoire, son personnage (Hamid) est le premier du groupe à se convertir à l'islam radical, sans doute en prison. (Voilà qui rappellera des choses à nos amis toulousains)

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   Comme à d'autres "jeunes en recherche", la religion donne un cadre, pas forcément négatif au départ. Mais ses "maîtres" ont un projet politique en tête. J'ajoute que, dans la troisième partie du film, ce personne recommence à évoluer, dans un sens que je ne révèlerai pas ici. Sachez que l'acteur rend vraisemblables les trois facettes.

   L'autre personnage "solaire" est son petit frère, interprété par Abdelhakim Rachid.

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   Dans le quartier, Tarek est surnommé Yachine, en raison de son poste de gardien de but, au football, où il n'est d'ailleurs pas maladroit. Il idolâtre le Soviétique, seul de sa catégorie à avoir décroché le ballon d'or. Là encore, l'évolution du jeune homme (moins abrupte que pour son frère) est restituée par l'acteur avec subtilité.

   Le "troisième homme" de l'histoire est Nabil, le meilleur ami de Tarek-Yachine. Il ne semble pas connaître son père et sa mère a très mauvaise réputation dans le quartier. On finit par comprendre qu'elle monnaye ses "services". Le fils subit la réprobation attachée à sa mère (qui est protégée par le chef de la police)... et son côté efféminé, ainsi que l'amitié extraordinairement forte qui le lie à Tarek, lui valent moqueries et avanies.

   Dans le groupe évoluent aussi notamment Fouad, grand-frère (très) protecteur de Ghislaine (dont Tarek est amoureux) et un drôle de lascar, qui ne pense qu'à s'amuser (et qui va résister à l'influence des "Frères").

   Ces jeunes ne sont pas bien encadrés par les adultes du bidonville. Le père des deux héros semble frappé d'Alzheimer (et le frère aîné est un peu dérangé... mais pas bête sur le fond). La mère est dépassée par les événements et ne voit pas ce que la nouvelle orientation religieuse de ses gamins peut avoir de menaçant. Les autres parents sont plutôt absents.

   Ils laissent donc la place aux propagandistes islamistes, qui en imposent par leur constance, leur charisme... voire leur maîtrise des arts martiaux. (On n'attrape les mouches avec du vinaigre !) On sent aussi que le chef du groupuscule est fin psychologue : il comprend vite quel est le profil de chaque gamin et comment il peut les utiliser.

   Mais le réalisateur n'oublie pas la vie quotidienne du bidonville, dans ce qu'elle a de plus sordide. Les gamins sont d'abord des victimes des caïds locaux et de la police, à moitié corrompue et pas franchement respectueuse des droits de l'homme. (Le chef local est surnommé "Pitbull", c'est dire.) Entre eux, enfants comme adolescents sont parfois sans pitié. (Cela va de la bagarre au viol... et le meurtre n'est pas loin.) Hors cadre familial, la solidarité est l'exception. Chacun essaie de se sortir de la misère (qui n'est pas totale, dans ce bidonville un peu aménagé), au besoin en passant sur les autres.

   On pourrait regretter que le film ne dénonce pas suffisamment l'influence pernicieuse d'une conception extrémiste de la religion. On aurait aussi pu souhaiter que soit posée la question de la démocratie au Maroc... mais cela aurait peut-être empêché le film de se faire. Il a le grand mérite d'exister et il témoigne d'une certaine habileté.

   P.S.

   Les cinéphiles français auront l'impression de se retrouver devant une version cousine, d'outre-Méditerranée, de l'excellent long-métrage de Philippe Faucon La Désintégration. On peut aussi être frappé par la ressemblance avec le film palestinien Paradise now.

14:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film

samedi, 02 mars 2013

7 Psychopathes

   Si vous aimez les histoires faciles à comprendre, qui vous prennent par la main d'un début clairement identifiable à une fin sans ambiguïté, si vous tenez à des personnages d'une seule trempe, qui évoluent peu... alors évitez ce film.

   Martin McDonagh, à qui l'on doit l'excellent Bons Baisers de Bruges, récidive avec un thriller parodique qui louche sur Pulp Fiction (de Tarantino) et Barton Fink (des frères Coen). La construction prend une forme proche du puzzle. Mais commençons par les personnages principaux.

   On suit l'action à travers les pérégrinations d'un improbable trio. Le héros (Marty) est un scénariste en panne d'inspiration (alcoolique de surcroît), interpété par Colin Farrell, qui a un peu tendance à jouer toujours sur le même registre :

Psy Farrell.jpg

   Si j'étais mauvaise langue, j'écrirais que ses "qualités physiques" sont pour beaucoup dans sa présence à l'écran.

   Le véritable héros de l'histoire est son meilleur ami, Billy, un beauf rigolo, parfois complètement givré, incarné avec talent par Sam Rockwell (que l'on a pu voir dans Iron Man 2 et L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) :

Psy Billy.jpg

   Pour compléter le trio, on a une pointure, Christopher Walken, très classe en vieil époux attentionné... et plein de mystère :

Psy Walken.jpg

   A cause de l'enlèvement d'un chien (le gagne-pain des deux derniers membres du trio), la fine équipe va se retrouver confrontée à un chef de gang ultraviolent, hystérique et immature, incarné à merveille par Woody Harrelson (remarqué dans A Scanner darkly et No Country for old men) :

Psy Harrelson.jpg

   Une fois de plus, hélas, les femmes sont au second plan, que ce soit la copine blonde du héros, ou la petite amie brune du mafieux (Olga Kurylenko, toujours aussi charmante). Ne parlons pas de l'employée noire obèse. Seule l'épouse de Christopher Walken dispose d'une part de jeu intéressante.

   Les autres personnages sont des rencontres virtuelles ou réelles du scénariste, qui essaie de constituer son "équipe" de sept psychopathes, support du scénario qu'il tente d'écrire. (Mention spéciale pour Tom Waits, le tueur de tueurs en série... qui affirme avoir liquidé le Zodiac !) Il faut donc prendre soin de distinguer les scènes d'imagination pure des scènes se déroulant dans la vie réelle. Au début, cela va. Mais on finit par se rendre compte que ce qui a été raconté auparavant a des répercussions dans la vraie vie des personnages. Les deux mondes se croisent... et le film devient plus compliqué, un peu dingo... J'ai aimé !

   Les amateurs de film d'action auront leur lot de meurtres. Les dialogues sont de surcroît fort bien écrits. C'est très souvent drôle, parfois de manière complètement inattendue. J'ai ainsi en mémoire une discussion entre Marty et Billy. Le premier voudrait écrire un thriller, dans lequel domineraient les discussions. Le second lui répond que cela risque d'être hyper-chiant... il n'est tout de même pas en train de faire un film français ! Plus loin dans l'histoire, dans le désert, Christopher Walken parle d'une vision qu'il a eue, dans une ambiance grise. Son interlocuteur lui demande : "Gris ? Comme en Angleterre ? " L'autre lui répond : "Pire."

   La fin du film coïncide avec la conception de la fin du scénario. Billy nous offre sa vision d'un finale grandiose, avec beaucoup de détonations et d'hémoglobine. Marty n'est évidemment pas du tout de cet avis. Tout se joue autour du comportement des mafieux, décidément bien imprévisibles. Je vous laisse découvrir dans quelle direction leur intervention conduit le film...

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