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lundi, 01 juillet 2019

Wardi

   Cette coproduction franco-suédo-norvégienne est sortie sur nos écrans il y a quelques mois de cela... et n'est jamais arrivée jusqu'à Rodez. J'ai profité du début de la Fête du cinéma pour voir cette animation par stop-motion, image par image, avec de petites poupées très expressives (quelques scènes étant réalisées de manière plus classique) :

cinéma,cinema,film,films

   A gauche et à droite se trouvent les deux personnages principaux, ceux de Sidi et de Wardi son arrière-petite-fille, qui vivent dans un camp de réfugiés devenu une ville palestinienne au Liban, dans l'agglomération de Beyrouth.

   Sidi est l'un des seuls réfugiés au sens strict que l'on voit à l'écran. Enfant en 1948, il a dû quitter son village avec ses parents lors de la première guerre israélo-arabe. Autour du cou, il conserve la clé de la porte de la maison familiale, que lui a transmise son père, décédé depuis des années. A travers ses souvenirs, qu'il raconte à son arrière-petite-fille, on mesure l'intensité de la nostalgie qui l'habite. Comme d'autres membres de sa famille, il a perdu espoir. Il est sur le point de donner sa clé à Wardi.

   Quand elle a compris que son aïeul est gravement malade, Wardi se lance à la poursuite de l'espoir (pour lui redonner goût à la vie), dans la ville, bâtie de manière anarchique. Elle part à la rencontre des autres membres de sa famille : son grand-père (encore plus abattu que son propre père), sa grand-tante, sa mère, sa tante et un oncle devenu colombophile, qui vit perché (au propre comme au figuré) au sommet d'une tourelle.

   Chaque rencontre est l'occasion d'évoquer les moments marquants de l'existence de ces personnages. Tous sont liés au conflit israélo-palestinien. Curieusement, le conflit de 1967, aux conséquences si importantes, est évoqué de manière très allusive. Les souvenirs se concentrent sur la "catastrophe" de 1948, le mouvement des fedayin et les incursions israéliennes au Liban. C'est intéressant parce que cette famille palestinienne n'a pas le même vécu que celles qui habitent en territoire occupé ou celles qui ont choisi de rester en Israël.

   On ne va pas cacher que ce film ne propose pas une vision objective du conflit. Comme il est construit à partir de souvenirs palestiniens réinterprétés (par un Occidental favorable à la cause palestinienne), il attribue presque tous les malheurs des Palestiniens aux Israéliens. La principale exception est l'exécution d'un enfant (l'ami de l'oncle) par un tireur embusqué dont on nous suggère qu'il serait chrétien (un membre des phalanges, peut-être).

    Il faut avoir cela en tête quand on va voir ce film, qui mérite néanmoins le détour.

   P.S.

   Le propos du réalisateur est plus nuancé dans le dossier de presse téléchargeable sur le site dédié au film.

Wardi

   Cette coproduction franco-suédo-norvégienne est sortie sur nos écrans il y a quelques mois de cela... et n'est jamais arrivée jusqu'à Rodez. J'ai profité du début de la Fête du cinéma pour voir cette animation par stop-motion, image par image, avec de petites poupées très expressives (quelques scènes étant réalisées de manière plus classique) :

cinéma,cinema,film,films

   A gauche et à droite se trouvent les deux personnages principaux, ceux de Sidi et de Wardi son arrière-petite-fille, qui vivent dans un camp de réfugiés devenu une ville palestinienne au Liban, dans l'agglomération de Beyrouth.

   Sidi est l'un des seuls réfugiés au sens strict que l'on voit à l'écran. Enfant en 1948, il a dû quitter son village avec ses parents lors de la première guerre israélo-arabe. Autour du cou, il conserve la clé de la porte de la maison familiale, que lui a transmise son père, décédé depuis des années. A travers ses souvenirs, qu'il raconte à son arrière-petite-fille, on mesure l'intensité de la nostalgie qui l'habite. Comme d'autres membres de sa famille, il a perdu espoir. Il est sur le point de donner sa clé à Wardi.

   Quand elle a compris que son aïeul est gravement malade, Wardi se lance à la poursuite de l'espoir (pour lui redonner goût à la vie), dans la ville, bâtie de manière anarchique. Elle part à la rencontre des autres membres de sa famille : son grand-père (encore plus abattu que son propre père), sa grand-tante, sa mère, sa tante et un oncle devenu colombophile, qui vit perché (au propre comme au figuré) au sommet d'une tourelle.

   Chaque rencontre est l'occasion d'évoquer les moments marquants de l'existence de ces personnages. Tous sont liés au conflit israélo-palestinien. Curieusement, le conflit de 1967, aux conséquences si importantes, est évoqué de manière très allusive. Les souvenirs se concentrent sur la "catastrophe" de 1948, le mouvement des fedayin et les incursions israéliennes au Liban. C'est intéressant parce que cette famille palestinienne n'a pas le même vécu que celles qui habitent en territoire occupé ou celles qui ont choisi de rester en Israël.

   On ne va pas cacher que ce film ne propose pas une vision objective du conflit. Comme il est construit à partir de souvenirs palestiniens réinterprétés (par un Occidental favorable à la cause palestinienne), il attribue presque tous les malheurs des Palestiniens aux Israéliens. La principale exception est l'exécution d'un enfant (l'ami de l'oncle) par un tireur embusqué dont on nous suggère qu'il serait chrétien (un membre des phalanges, peut-être).

    Il faut avoir cela en tête quand on va voir ce film, qui mérite néanmoins le détour.

   P.S.

   Le propos du réalisateur est plus nuancé dans le dossier de presse téléchargeable sur le site dédié au film.

dimanche, 30 juin 2019

(Wo)men in Black : International

   Fête du cinéma, acte II. Voilà encore un film que je ne me serais pas risqué à aller voir si la place n'avait pas été à 4 euros. Eh, ouais... en tant que "vieux" cinéphile, je garde un souvenir ému des premiers opus, en particulier du duo d'acteurs Tommy Lee Jones - Will Smith. Oh, les remplaçants (le sculptural Chris Hemsworth et l'énergique Tessa Thompson) ne sont pas sans mérite, mais il leur manque ce petit quelque chose qui faisait toute la saveur de l'équipe formée par leurs augustes aînés (visibles d'ailleurs sur l'une des affiches placardées dans le bureau de "T").

   Chris assure quand même un peu mieux que sa collègue. Il s'est parfaitement coulé dans le personnage de l'agent doué mais dilettante... qui s'en prend plein la gueule au cours de cet épisode. (Si j'étais producteur de cinéma, je songerais à lui pour remplacer Daniel Craig dans un célèbre rôle...) Tessa/M arrive un peu comme un  cheveu sur la soupe. Certes, la séquence rétro du début (où le personnage apparaît enfant) est nécessaire au développement de l'intrigue (ainsi qu'au dénouement cocasse d'une scène très tendue), mais je trouve que son recrutement chez les MIB se fait un peu trop facilement. Et que dire des horribles (et peu pratiques) godillots à talon qu'on lui fait porter !

   Fort heureusement, nos deux héros (et les spectateurs) n'ont pas trop le temps de cogiter, parce que, question action, on est servi ! Et quels effets spéciaux, messieurs-dames ! Ils sont encore plus éblouissants que ceux qu'on a vu à l'oeuvre dans les dernières productions Marvel... et ils sont mieux intégrés à l'intrigue, je trouve. Entre les personnages d'extraterrestre, les véhicules et les armes diverses et variées, on a de quoi se régaler !

   Du coup, même si j'ai très vite compris qui était le traître, j'ai savouré ce film d'aventures sans prise de tête, bourré d'humour et filmé avec un indéniable savoir-faire.

23:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

(Wo)men in Black : International

   Fête du cinéma, acte II. Voilà encore un film que je ne me serais pas risqué à aller voir si la place n'avait pas été à 4 euros. Eh, ouais... en tant que "vieux" cinéphile, je garde un souvenir ému des premiers opus, en particulier du duo d'acteurs Tommy Lee Jones - Will Smith. Oh, les remplaçants (le sculptural Chris Hemsworth et l'énergique Tessa Thompson) ne sont pas sans mérite, mais il leur manque ce petit quelque chose qui faisait toute la saveur de l'équipe formée par leurs augustes aînés (visibles d'ailleurs sur l'une des affiches placardées dans le bureau de "T").

   Chris assure quand même un peu mieux que sa collègue. Il s'est parfaitement coulé dans le personnage de l'agent doué mais dilettante... qui s'en prend plein la gueule au cours de cet épisode. (Si j'étais producteur de cinéma, je songerais à lui pour remplacer Daniel Craig dans un célèbre rôle...) Tessa/M arrive un peu comme un  cheveu sur la soupe. Certes, la séquence rétro du début (où le personnage apparaît enfant) est nécessaire au développement de l'intrigue (ainsi qu'au dénouement cocasse d'une scène très tendue), mais je trouve que son recrutement chez les MIB se fait un peu trop facilement. Et que dire des horribles (et peu pratiques) godillots à talon qu'on lui fait porter !

   Fort heureusement, nos deux héros (et les spectateurs) n'ont pas trop le temps de cogiter, parce que, question action, on est servi ! Et quels effets spéciaux, messieurs-dames ! Ils sont encore plus éblouissants que ceux qu'on a vu à l'oeuvre dans les dernières productions Marvel... et ils sont mieux intégrés à l'intrigue, je trouve. Entre les personnages d'extraterrestre, les véhicules et les armes diverses et variées, on a de quoi se régaler !

   Du coup, même si j'ai très vite compris qui était le traître, j'ai savouré ce film d'aventures sans prise de tête, bourré d'humour et filmé avec un indéniable savoir-faire.

23:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Made in China

   Le fait de retrouver Frédéric Chau et Medi Sadoun dans le même film et qu'il y soit question des origines des Français d'ascendance étrangère fait immanquablement penser à Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? Pourtant, ce long-métrage n'en est pas un spin-off (un film dérivé). Sur le plan conceptuel, il est même peut-être plus intéressant, parce qu'au lieu de nous présenter l'histoire du point de vue d'une famille française "de souche" qui accueille des gendres d'ascendance étrangère, il fait tourner l'intrigue autour de ce Français d'origine chinoise, qui a rompu avec sa famille dix ans auparavant. Sa prochaine paternité l'incite à renouer avec son milieu d'origine.

   Franchement, s'il n'y avait pas eu la Fête du cinéma, je ne serais sans doute pas allé voir ce film. Eh bien, j'aurais eu tort. Je trouve cette comédie plutôt bien troussée. La première partie illustre les clichés qui courent sur les Chinois et les préjugés que les autres habitants de notre pays ont sur leurs compatriotes issus du "pays du milieu". Ce n'est pas toujours d'une grande finesse, mais c'est assez convaincant. Dans le rôle du meilleur ami un peu lourdingue, Medi Sadoun fait le job.

   Le meilleur arrive quand des scènes avec plusieurs membres de la "communauté chinoise" nous sont proposées. C'est souvent savoureux, avec de beaux personnages féminins (la grand-mère, la tante, les cousines... et les voisines !)... y compris de l'autre côté, dans la famille française : Julie de Bona et Clémentine Célarié sont épatantes.

   D'un point de vue sociologique, j'attendais de voir de quel côté le scénario allait pencher : plutôt le multiculturalisme à l'anglo-saxonne ou l'assimilationnisme à la française ? Un peu des deux, en fait, même si le propos est fortement ancré dans le contexte français. Les Franco-Chinois ressemblent un peu à la minorité juive : les parents ont donné des prénoms chrétiens à leurs enfants et les ont poussés à suivre les études les plus longues possibles. Ils se sont fondus dans la masse, sans que cela les empêche de préserver certaines coutumes ancestrales. (Voilà un modèle d'intégration qui devrait inspirer d'autres minorités...)

   La seconde partie de l'histoire est plus marquée par l'émotion. François éprouve d'énormes difficultés à renouer avec son père. Au fur et à mesure que le temps passe, on réalise à quel point les deux hommes se comprennent mal... et que le père a aussi des raisons à faire valoir. Frédéric Chau ne s'est pas toujours réservé le beau rôle.

   J'ai beau avoir vu arriver la conclusion à des kilomètres, j'ai quand même été touché par l'émotion, vers la fin.

   Le film constitue une petite comédie tout à fait visible, qui met en valeur une catégorie de personnes qu'on a peu l'occasion de voir au cinéma sous un jour non caricatural.

Roxane

   C'est le nom d'une poule (une Sussex), qui est l'animal de compagnie du héros, Raymond, un paysan breton, éleveur bio, bientôt lâché par sa coopérative qui choisit de ne renouveler les contrats que des agriculteurs les plus "rentables" à ses yeux.

   Ce paysan a les traits de Guillaume de Tonquédec, un de nos très bons acteurs, qui se cantonne hélas à des rôles de comédie. (Le film est d'ailleurs indirectement un hommage à ces films de divertissement, qui ne laissent pas forcément un souvenir impérissable, mais qui apportent un peu de bonheur dans le quotidien pas toujours rose de leurs spectateurs.) Ai-je besoin de préciser qu'il est formidable ? Pour sauver son exploitation, ce paysan tente l'aventure du web et commence à poster des vidéos sur la Toile, dans lesquelles on le voit déclamer des extraits de Cyrano de Bergerac à ses poules, qui semblent diablement réceptives à ses propos ! (Coup de chapeau au passage à celles et ceux qui ont dressé les gallinacées.)

   Comme il n'est pas très bon acteur (un comble pour le personnage interprété par Le Tonquédec, passé par le conservatoire !), il se tourne vers sa voisine anglaise, forcément excentrique. Au départ, ces deux-là ne s'entendent pas très bien, mais leur duo va commencer à faire des étincelles... (Dans le rôle, Kate Duchene est une révélation.)

   Ce film est donc plus qu'une simple comédie. Comme autrefois Une Hirondelle a fait le printemps, il dresse le portrait d'une campagne française et aborde certains sujets sensibles (la pression des grandes surfaces, l'endettement paysan, l'image du monde agricole). Parfois, on n'est pas loin du drame.

   C'est aussi un film sur le couple et la famille. Raymond est marié à une employée de banque (Léa Drucker, très bien). Ils ont eu trois enfants, dont peut-être seul le dernier envisage de reprendre (dans un paquet d'années) l'exploitation. La fille aînée est à Sciences Po et le cadet adolescent a plutôt honte de son père. Le couple illustre un fait sociologique connu : la bi-activité de nombre de ménages paysans, dont un des membres exerce un métier à l'extérieur... ce qui permet d'ailleurs à certains d'entre eux de garder la tête hors de l'eau. Le film va un peu plus loin, introduisant une crise de couple dans l'intrigue quasi-vaudevillesque.

   Cela donne un feel good movie, un "film qui fait du bien" comme on dit. On y montre des choses graves, d'autres légères. L'interprétation est bonne, jusque dans les seconds rôles. C'est une découverte à tenter pendant la Fête du cinéma.

Roxane

   C'est le nom d'une poule (une Sussex), qui est l'animal de compagnie du héros, Raymond, un paysan breton, éleveur bio, bientôt lâché par sa coopérative qui choisit de ne renouveler les contrats que des agriculteurs les plus "rentables" à ses yeux.

   Ce paysan a les traits de Guillaume de Tonquédec, un de nos très bons acteurs, qui se cantonne hélas à des rôles de comédie. (Le film est d'ailleurs indirectement un hommage à ces films de divertissement, qui ne laissent pas forcément un souvenir impérissable, mais qui apportent un peu de bonheur dans le quotidien pas toujours rose de leurs spectateurs.) Ai-je besoin de préciser qu'il est formidable ? Pour sauver son exploitation, ce paysan tente l'aventure du web et commence à poster des vidéos sur la Toile, dans lesquelles on le voit déclamer des extraits de Cyrano de Bergerac à ses poules, qui semblent diablement réceptives à ses propos ! (Coup de chapeau au passage à celles et ceux qui ont dressé les gallinacées.)

   Comme il n'est pas très bon acteur (un comble pour le personnage interprété par Le Tonquédec, passé par le conservatoire !), il se tourne vers sa voisine anglaise, forcément excentrique. Au départ, ces deux-là ne s'entendent pas très bien, mais leur duo va commencer à faire des étincelles... (Dans le rôle, Kate Duchene est une révélation.)

   Ce film est donc plus qu'une simple comédie. Comme autrefois Une Hirondelle a fait le printemps, il dresse le portrait d'une campagne française et aborde certains sujets sensibles (la pression des grandes surfaces, l'endettement paysan, l'image du monde agricole). Parfois, on n'est pas loin du drame.

   C'est aussi un film sur le couple et la famille. Raymond est marié à une employée de banque (Léa Drucker, très bien). Ils ont eu trois enfants, dont peut-être seul le dernier envisage de reprendre (dans un paquet d'années) l'exploitation. La fille aînée est à Sciences Po et le cadet adolescent a plutôt honte de son père. Le couple illustre un fait sociologique connu : la bi-activité de nombre de ménages paysans, dont un des membres exerce un métier à l'extérieur... ce qui permet d'ailleurs à certains d'entre eux de garder la tête hors de l'eau. Le film va un peu plus loin, introduisant une crise de couple dans l'intrigue quasi-vaudevillesque.

   Cela donne un feel good movie, un "film qui fait du bien" comme on dit. On y montre des choses graves, d'autres légères. L'interprétation est bonne, jusque dans les seconds rôles. C'est une découverte à tenter pendant la Fête du cinéma.

samedi, 29 juin 2019

Toy Story 4

   Ce film d'animation est censé boucler la boucle engagée en 1995, avec la sortie du premier opus de la série, qui était aussi le premier long-métrage d'animation en images de synthèse d'une jeune firme, Pixar.

   Le grand ancien John Lasseter (auteur, entre autres, des deux premiers Toy Story) a cédé la main depuis un petit moment déjà. Pour réaliser ce film, on est allé chercher Josh Cooley, le coscénariste de l'excellent Vice Versa. (Lee Unkrich, le réalisateur du décevant numéro 3, était lui occupé avec Coco.)

   Cela commence avec une entraînante séquence de sauvetage de jouet, tout à fait dans la tradition des films précédents. C'est parfaitement mis en images, avec néanmoins une tendance au "juste à temps" qui m'agace toujours. Mais le meilleur est à venir, notamment avec le premier jour à l'école de Bonnie, la petite soeur d'Andy. Woody y déploie des trésors d'inventivité. Le personnage de la gamine est aussi très bien mis en scène. La concernant, les auteurs ont évité les deux principaux écueils : jouer la facilité en représentant une enfant pleurnicharde, perturbée par le changement, et créer un personnage idéal de petite fille modèle, qui manquerait de réalisme. Comme dans les précédents films, je sens qu'au niveau du scénario, on s'est inspiré de situations réelles, vécues par d'authentiques parents. Cela donne plus de force à l'histoire.

   Et pourtant, elle n'en avait pas besoin. Le scénario est fertile en rebondissements. L'intrigue regorge de caractères originaux, de la poupée classique quasi-psychopathe aux peluches geignantes, en passant par le motard-cascadeur québécois et la mini-figurine de policière, source de gags savoureux. On retrouve aussi Bo la bergère, qui insuffle une salutaire énergie (et un poil de romantisme) à l'histoire.

   Surtout, on rit franchement et souvent. Ici, on n'est pas dans une comédie moyenne, qui assure le job, sans plus. On a déployé des trésors d'imagination pour créer des situations cocasses. Dans la salle, tout le public ne rit pas en même temps... mais c'est bon signe : il y en a pour toute la famille.

   Le fond de l'intrigue est riche d'enseignements. Les auteurs ont dépeint une méchante qui est une victime, et qui peut s'améliorer (même si, au départ, on la trouve quand même un peu flippante, dans une séquence inspirée de Shining). Pour Woody, c'est l'oeuvre de la maturité. Pour vivre un amour adulte, il faut quitter sa famille, sans l'oublier.

   Ce film d'animation est donc à la fois une excellente comédie et une oeuvre cinématographique aboutie. A voir absolument !

   P.S.

   Ne partez pas au début du générique de fin !

16:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Toy Story 4

   Ce film d'animation est censé boucler la boucle engagée en 1995, avec la sortie du premier opus de la série, qui était aussi le premier long-métrage d'animation en images de synthèse d'une jeune firme, Pixar.

   Le grand ancien John Lasseter (auteur, entre autres, des deux premiers Toy Story) a cédé la main depuis un petit moment déjà. Pour réaliser ce film, on est allé chercher Josh Cooley, le coscénariste de l'excellent Vice Versa. (Lee Unkrich, le réalisateur du décevant numéro 3, était lui occupé avec Coco.)

   Cela commence avec une entraînante séquence de sauvetage de jouet, tout à fait dans la tradition des films précédents. C'est parfaitement mis en images, avec néanmoins une tendance au "juste à temps" qui m'agace toujours. Mais le meilleur est à venir, notamment avec le premier jour à l'école de Bonnie, la petite soeur d'Andy. Woody y déploie des trésors d'inventivité. Le personnage de la gamine est aussi très bien mis en scène. La concernant, les auteurs ont évité les deux principaux écueils : jouer la facilité en représentant une enfant pleurnicharde, perturbée par le changement, et créer un personnage idéal de petite fille modèle, qui manquerait de réalisme. Comme dans les précédents films, je sens qu'au niveau du scénario, on s'est inspiré de situations réelles, vécues par d'authentiques parents. Cela donne plus de force à l'histoire.

   Et pourtant, elle n'en avait pas besoin. Le scénario est fertile en rebondissements. L'intrigue regorge de caractères originaux, de la poupée classique quasi-psychopathe aux peluches geignantes, en passant par le motard-cascadeur québécois et la mini-figurine de policière, source de gags savoureux. On retrouve aussi Bo la bergère, qui insuffle une salutaire énergie (et un poil de romantisme) à l'histoire.

   Surtout, on rit franchement et souvent. Ici, on n'est pas dans une comédie moyenne, qui assure le job, sans plus. On a déployé des trésors d'imagination pour créer des situations cocasses. Dans la salle, tout le public ne rit pas en même temps... mais c'est bon signe : il y en a pour toute la famille.

   Le fond de l'intrigue est riche d'enseignements. Les auteurs ont dépeint une méchante qui est une victime, et qui peut s'améliorer (même si, au départ, on la trouve quand même un peu flippante, dans une séquence inspirée de Shining). Pour Woody, c'est l'oeuvre de la maturité. Pour vivre un amour adulte, il faut quitter sa famille, sans l'oublier.

   Ce film d'animation est donc à la fois une excellente comédie et une oeuvre cinématographique aboutie. A voir absolument !

   P.S.

   Ne partez pas au début du générique de fin !

16:28 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 28 juin 2019

Nevada

   C'est dans cet Etat des Etats-Unis que se trouve l'une des prisons participant au programme de réhabilitation des détenus par le cheval, tout en contribuant à la sauvegarde des mustangs, ces chevaux sauvages nord-américains qui descendent d'animaux domestiques apportés jadis par les Européens.

   La première scène, sans dialogue, est un superbe plan de "corraling", cette technique de capture dont le principe est de poursuivre les animaux que l'on veut piéger jusque dans un grand enclos, que l'on referme après leur passage. C'est très bien filmé, à l'image de tout le long-métrage , qui se signale aussi par la qualité de la photographie.

   Roman Coleman (Mathieu Schoenaerts, impeccable, comme d'hab') est emprisonné depuis une douzaine d'années, pour un acte que l'on ne découvre que tardivement dans l'histoire. C'est un condamné mutique, mais pas du genre serein : c'est une boule de nerfs prête à exploser.

   Sa chance est de se voir offrir de participer à ce programme de réhabilitation. Au départ, il est utilisé pour ramasser la merde. Mais il semble avoir un don avec les animaux. Avec un en particulier, un étalon sauvage récemment capturé, particulièrement rétif au dressage. Le cheval claustrophobe qui martèle la porte du hangar où il est enfermé est un double du détenu, aussi sauvage que lui.

   Une belle histoire s'amorce, avec ses hauts et ses bas. Attention : ce n'est pas un conte de fées. Le héros peine à tisser des liens avec le cheval qu'il est chargé de préparer pour une vente aux enchères, qui permet de financer le programme. Dans le même temps, il a vraiment du mal à renouer avec sa fille (une mineure déjà enceinte), seule personne à lui rendre visite à la prison.

   Outre la beauté des plans (les chevaux étant très bien filmés), j'ai aimé cette histoire âpre, qui voit un détenu pour lequel une porte semble s'ouvrir se retrouver entre le marteau et l'enclume, la vie au pénitencier n'étant pas de tout repos. En cette période canicule, c'est une excellente raison d'aller s'enfermer dans une salle obscure climatisée.

Nevada

   C'est dans cet Etat des Etats-Unis que se trouve l'une des prisons participant au programme de réhabilitation des détenus par le cheval, tout en contribuant à la sauvegarde des mustangs, ces chevaux sauvages nord-américains qui descendent d'animaux domestiques apportés jadis par les Européens.

   La première scène, sans dialogue, est un superbe plan de "corraling", cette technique de capture dont le principe est de poursuivre les animaux que l'on veut piéger jusque dans un grand enclos, que l'on referme après leur passage. C'est très bien filmé, à l'image de tout le long-métrage , qui se signale aussi par la qualité de la photographie.

   Roman Coleman (Mathieu Schoenaerts, impeccable, comme d'hab') est emprisonné depuis une douzaine d'années, pour un acte que l'on ne découvre que tardivement dans l'histoire. C'est un condamné mutique, mais pas du genre serein : c'est une boule de nerfs prête à exploser.

   Sa chance est de se voir offrir de participer à ce programme de réhabilitation. Au départ, il est utilisé pour ramasser la merde. Mais il semble avoir un don avec les animaux. Avec un en particulier, un étalon sauvage récemment capturé, particulièrement rétif au dressage. Le cheval claustrophobe qui martèle la porte du hangar où il est enfermé est un double du détenu, aussi sauvage que lui.

   Une belle histoire s'amorce, avec ses hauts et ses bas. Attention : ce n'est pas un conte de fées. Le héros peine à tisser des liens avec le cheval qu'il est chargé de préparer pour une vente aux enchères, qui permet de financer le programme. Dans le même temps, il a vraiment du mal à renouer avec sa fille (une mineure déjà enceinte), seule personne à lui rendre visite à la prison.

   Outre la beauté des plans (les chevaux étant très bien filmés), j'ai aimé cette histoire âpre, qui voit un détenu pour lequel une porte semble s'ouvrir se retrouver entre le marteau et l'enclume, la vie au pénitencier n'étant pas de tout repos. En cette période canicule, c'est une excellente raison d'aller s'enfermer dans une salle obscure climatisée.

mercredi, 26 juin 2019

Yves

   Le héros éponyme est... un réfrigérateur, doté d'une intelligence artificielle. C'est le pendant des enceintes connectées (avec assistant personnel) dont on nous rebat les oreilles depuis des mois. Ce réfrigérateur est installé, à titre gracieux, chez Jérem, une caricature de djeunse qui n'est pas à la rue uniquement parce qu'il a hérité de la baraque de sa grand-mère. C'est un rappeur raté, d'une hygiène douteuse, qui fantasme ses relations avec les femmes. Mais c'est plutôt un chic type.

   Le frigo intelligent va prendre de plus en plus de place dans sa vie. (Même si les sexes sont échangés entre l'humain et la machine, on ne peut pas ne pas penser à Her, de Spike Jones.) Il se révèle plus efficace que les humains dans pas mal de domaines... notamment la musique, puisqu'il se met à remixer les "chansons" de Jérem pour en faire des tubes. Gros problème pour moi : ce sont d'horribles bouses, avec des paroles d'une affligeante bêtise, l'abus de boîtes à rythmes et une voix autotunée... Pendant un moment, je me suis demandé si c'était parodique... apparemment non.

   C'est un peu à l'image du film, qui hésite entre la comédie déjantée et l'histoire fantastique, "sérieuse", porteuse de sens. Le mélange ne colle pas trop. Sauf dans la première partie, quand Yves prend en mains la carrière (et la vie privée...) de Jérem. Mais la séquence du procès est assez mauvaise, tout comme celle de la battle, complètement ratée à mon avis. La conclusion est plus réussie, s'appuyant sur ce qu'il y a de bon dans l'histoire.

   Parmi les qualités du film, il y a celle de l'interprétation féminine, en particulier celle de Doria Tillier, qui réussit à instiller le doute sur ses motivations (est-elle envers et contre tout une manipulatrice ou une femme amoureuse ?). Je regrette toutefois que la vision des femmes que donne ce film soit aussi caricaturale. On n'y croise quasiment que de jolis petits culs, de surcroît pas farouches, toutes prêtes à se jeter dans les bras de types insignifiants. (Philippe Katerine ne parvient pas à faire décoller son personnage. Franchement, il donne l'impression de cachetonner.) Paradoxalement, du côté masculin, c'est le personnage d'Yves (avec la voix d'Antoine Gouy) qui a le plus de chair.

   Pour ses quelques moments drôles (notamment la séquence du concours Eurovision), le film peut valoir le détour, à l'occasion de la Fête du cinéma. Mais sans plus.

23:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Yves

   Le héros éponyme est... un réfrigérateur, doté d'une intelligence artificielle. C'est le pendant des enceintes connectées (avec assistant personnel) dont on nous rebat les oreilles depuis des mois. Ce réfrigérateur est installé, à titre gracieux, chez Jérem, une caricature de djeunse qui n'est pas à la rue uniquement parce qu'il a hérité de la baraque de sa grand-mère. C'est un rappeur raté, d'une hygiène douteuse, qui fantasme ses relations avec les femmes. Mais c'est plutôt un chic type.

   Le frigo intelligent va prendre de plus en plus de place dans sa vie. (Même si les sexes sont échangés entre l'humain et la machine, on ne peut pas ne pas penser à Her, de Spike Jones.) Il se révèle plus efficace que les humains dans pas mal de domaines... notamment la musique, puisqu'il se met à remixer les "chansons" de Jérem pour en faire des tubes. Gros problème pour moi : ce sont d'horribles bouses, avec des paroles d'une affligeante bêtise, l'abus de boîtes à rythmes et une voix autotunée... Pendant un moment, je me suis demandé si c'était parodique... apparemment non.

   C'est un peu à l'image du film, qui hésite entre la comédie déjantée et l'histoire fantastique, "sérieuse", porteuse de sens. Le mélange ne colle pas trop. Sauf dans la première partie, quand Yves prend en mains la carrière (et la vie privée...) de Jérem. Mais la séquence du procès est assez mauvaise, tout comme celle de la battle, complètement ratée à mon avis. La conclusion est plus réussie, s'appuyant sur ce qu'il y a de bon dans l'histoire.

   Parmi les qualités du film, il y a celle de l'interprétation féminine, en particulier celle de Doria Tillier, qui réussit à instiller le doute sur ses motivations (est-elle envers et contre tout une manipulatrice ou une femme amoureuse ?). Je regrette toutefois que la vision des femmes que donne ce film soit aussi caricaturale. On n'y croise quasiment que de jolis petits culs, de surcroît pas farouches, toutes prêtes à se jeter dans les bras de types insignifiants. (Philippe Katerine ne parvient pas à faire décoller son personnage. Franchement, il donne l'impression de cachetonner.) Paradoxalement, du côté masculin, c'est le personnage d'Yves (avec la voix d'Antoine Gouy) qui a le plus de chair.

   Pour ses quelques moments drôles (notamment la séquence du concours Eurovision), le film peut valoir le détour, à l'occasion de la Fête du cinéma. Mais sans plus.

23:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Bunuel après l'âge d'or

   Ce film d'animation espagnol évoque les débuts du cinéaste surréaliste, après qu'il a réalisé Un Chien andalou et donc L'Age d'or (avec la collaboration -discutée- de Salvador Dali au scénario), deux oeuvres qui ont provoqué le scandale.

   Buñuel a donc des difficultés à recueillir l'argent nécessaire au tournage de son film suivant, un documentaire consacré à l'Espagne rurale miséreuse (Terre sans pain). Son mécène est un anarchiste qui a gagné au loto (véridique !) et qui voudrait que cette nouvelle oeuvre fasse passer l'inventivité cinématographique après la revendication sociale. Cela va provoquer quelques tensions avec le réalisateur, qui n'en fait qu'à sa tête.

   J'ai eu un peu de mal à entrer dans le film. Le graphisme n'est pas très élaboré et j'ai trouvé que cela manquait de rythme. En revanche, j'ai bien aimé l'ajout d'extraits des films de Buñuel, parfaitement intégrés à l'intrigue.

   L'une des qualités de ce film est de ne pas dresser de statue au réalisateur. Pour parvenir à ses fins, celui-ci est un peu truqueur sur les bords (avec les chèvres des montagnes) et, parfois, sans pitié avec les animaux (notamment l'âne). C'est la souffrance humaine qui l'émeut, comme celle de cette gamine que tout le monde au village laisse mourir, seule dans son coin.

   L'anticléricalisme du lascar est bien visible, notamment dans la séquence qui le voit porter un costume de nonne ! L'humour sarcastique est perceptible à plusieurs reprises, notamment à l'occasion de la rencontre avec un groupe de nains.

   Le film se veut aussi un hommage au style de Buñuel. Il est donc surréaliste, par instants. Ces scènes tournent presque toutes autour de la famille du cinéaste, notamment de son père, un grand bourgeois qui s'intéressait à beaucoup de choses, mais qui a désapprouvé la voie choisie par son fils.

   Cela donne un ensemble hétéroclite, intéressant, parfois émouvant, à voir pour ceux qui apprécient l'oeuvre de Buñuel. Cela peut aussi constituer une bonne porte d'entrée dans son univers pour celles et ceux qui n'ont vu aucun de ses films.

18:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Bunuel après l'âge d'or

   Ce film d'animation espagnol évoque les débuts du cinéaste surréaliste, après qu'il a réalisé Un Chien andalou et donc L'Age d'or (avec la collaboration -discutée- de Salvador Dali au scénario), deux oeuvres qui ont provoqué le scandale.

   Buñuel a donc des difficultés à recueillir l'argent nécessaire au tournage de son film suivant, un documentaire consacré à l'Espagne rurale miséreuse (Terre sans pain). Son mécène est un anarchiste qui a gagné au loto (véridique !) et qui voudrait que cette nouvelle oeuvre fasse passer l'inventivité cinématographique après la revendication sociale. Cela va provoquer quelques tensions avec le réalisateur, qui n'en fait qu'à sa tête.

   J'ai eu un peu de mal à entrer dans le film. Le graphisme n'est pas très élaboré et j'ai trouvé que cela manquait de rythme. En revanche, j'ai bien aimé l'ajout d'extraits des films de Buñuel, parfaitement intégrés à l'intrigue.

   L'une des qualités de ce film est de ne pas dresser de statue au réalisateur. Pour parvenir à ses fins, celui-ci est un peu truqueur sur les bords (avec les chèvres des montagnes) et, parfois, sans pitié avec les animaux (notamment l'âne). C'est la souffrance humaine qui l'émeut, comme celle de cette gamine que tout le monde au village laisse mourir, seule dans son coin.

   L'anticléricalisme du lascar est bien visible, notamment dans la séquence qui le voit porter un costume de nonne ! L'humour sarcastique est perceptible à plusieurs reprises, notamment à l'occasion de la rencontre avec un groupe de nains.

   Le film se veut aussi un hommage au style de Buñuel. Il est donc surréaliste, par instants. Ces scènes tournent presque toutes autour de la famille du cinéaste, notamment de son père, un grand bourgeois qui s'intéressait à beaucoup de choses, mais qui a désapprouvé la voie choisie par son fils.

   Cela donne un ensemble hétéroclite, intéressant, parfois émouvant, à voir pour ceux qui apprécient l'oeuvre de Buñuel. Cela peut aussi constituer une bonne porte d'entrée dans son univers pour celles et ceux qui n'ont vu aucun de ses films.

18:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Godzilla 2 - Roi des monstres

   A ceux qui n'auraient pas vu le premier opus, sorti il y a cinq ans (ou qui n'en auraient gardé aucun souvenir, ce qui n'est pas invraisemblable), je précise que, dans ce film, les humains ont conscience de vivre dans un monde qui a été autrefois peuplé de monstres. (Chez nous, on appelle cela des dinosaures, mais, comme le sujet a déjà été traité par Spielberg et consorts, il a fallu trouver autre chose.)

   On en était resté à la victoire épique de Godzilla contre les autres monstres, un peu moins forts que lui, mais beaucoup plus méchants. Depuis, plus de nouvelles. Il est reparti roupiller dans son coin, en attendant un coup de fil des producteurs de Hollywood.

   Pendant ce temps-là s'est développée une multinationale spécialisée dans la recherche, l'étude... et l'emprisonnement des monstres, en coopération avec l'ONU l'armée des Etats-Unis. Dans la première partie de l'histoire, on ne peut que constater à quel point les personnages humains sont taillés à la hache... et presque tous antipathiques. Entre les militaires qui veulent zigouiller tous les monstres, les chercheurs qui ne pensent qu'à leurs expériences (mais pas à leurs conséquences), une bande d'écolo-terroristes adepte de la terre brûlée et une scientifique à moitié givrée depuis qu'elle a perdu son fils, on peut dire qu'on collectionne les caricatures sur deux pattes.

   Très vite, on se désintéresse de ces humains insignifiants. Dès que les grosses bébêtes apparaissent à l'écran. Les effets spéciaux sont impressionnants, si bien qu'on fait preuve d'indulgence envers un scénario squelettique (et prévisible au possible) et des dialogues affligeants.

   Au bout de deux heures de baston numérique, on comprend qu'il y aura une suite, impression renforcée à la vue de la scène post-générique. On y retrouve l'un des méchants de l'histoire, ainsi qu'un morceau d'un autre personnage...

01:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Godzilla 2 - Roi des monstres

   A ceux qui n'auraient pas vu le premier opus, sorti il y a cinq ans (ou qui n'en auraient gardé aucun souvenir, ce qui n'est pas invraisemblable), je précise que, dans ce film, les humains ont conscience de vivre dans un monde qui a été autrefois peuplé de monstres. (Chez nous, on appelle cela des dinosaures, mais, comme le sujet a déjà été traité par Spielberg et consorts, il a fallu trouver autre chose.)

   On en était resté à la victoire épique de Godzilla contre les autres monstres, un peu moins forts que lui, mais beaucoup plus méchants. Depuis, plus de nouvelles. Il est reparti roupiller dans son coin, en attendant un coup de fil des producteurs de Hollywood.

   Pendant ce temps-là s'est développée une multinationale spécialisée dans la recherche, l'étude... et l'emprisonnement des monstres, en coopération avec l'ONU l'armée des Etats-Unis. Dans la première partie de l'histoire, on ne peut que constater à quel point les personnages humains sont taillés à la hache... et presque tous antipathiques. Entre les militaires qui veulent zigouiller tous les monstres, les chercheurs qui ne pensent qu'à leurs expériences (mais pas à leurs conséquences), une bande d'écolo-terroristes adepte de la terre brûlée et une scientifique à moitié givrée depuis qu'elle a perdu son fils, on peut dire qu'on collectionne les caricatures sur deux pattes.

   Très vite, on se désintéresse de ces humains insignifiants. Dès que les grosses bébêtes apparaissent à l'écran. Les effets spéciaux sont impressionnants, si bien qu'on fait preuve d'indulgence envers un scénario squelettique (et prévisible au possible) et des dialogues affligeants.

   Au bout de deux heures de baston numérique, on comprend qu'il y aura une suite, impression renforcée à la vue de la scène post-générique. On y retrouve l'un des méchants de l'histoire, ainsi qu'un morceau d'un autre personnage...

01:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 24 juin 2019

Lune de miel

   La réalisatrice Elise Otzenberger s'est sans doute inspirée de son histoire familiale pour écrire cette fiction, qui tourne autour d'un jeune couple de Français juifs (plutôt laïcs), dont les grands-parents ont échappé à la Shoah, contrairement au reste de la famille.

   Du côté d'Adam, on sait à peu près tout ce qui est arrivé aux membres de la famille (ceux qui sont morts et ceux qui ont survécu). En Pologne, une cérémonie est organisée dans un village en hommage à l'ancienne population juive disparue (comme en témoigne le vaste cimetière, plus guère entretenu... voire pillé). Son épouse Anna, qui vient d'accoucher, le pousse à accepter de se rendre sur place, ses parents s'engageant à s'occuper du bébé pendant leur absence.

   C'est donc à la fois une comédie familiale et un film sur la mémoire de la Shoah. Le ton est tragi-comique. Tragique est le destin de ces millions de personnes massacrées dans d'horribles conditions, les rescapés restant marqués à vie. Comique est le comportement d'Anna, épouse-mère qui veut tout contrôler et qui parfois, submergée par l'émotion, dérape. Dans le rôle, Judith Chemla (vue dans Le Sens de la fête, Une Vie et Camille redouble) est for-mi-dable, complètement investie dans son personnage.

   Sur la Pologne, le propos du film est contrasté. La mère d'Anna, hostile au pays d'origine de sa famille, est un peu tournée en ridicule (au départ). Mais, à leur arrivée en Pologne, Adam et Anna découvrent que la Shoah est un bon filon pour les commerçants locaux... et que l'antisémitisme n'a pas disparu du pays, loin de là : un vendeur de "souvenirs" propose étoiles de David et médailles à croix gammées dans la même vitrine ; un autre vend des figurines "typiques" (made in China ?), certaines dotées d'un gros nez crochu...

   Ce retour aux sources est donc une belle histoire, entre recherche du passé et réconciliation avec soi-même. Anna veut retrouver l'esprit de sa grand-mère et quelque chose à transmettre à son jeune enfant... et je dois dire que je ne comprends pas la sévérité de certaines critiques. Nous n'avons visiblement pas vu le même film.

Lune de miel

   La réalisatrice Elise Otzenberger s'est sans doute inspirée de son histoire familiale pour écrire cette fiction, qui tourne autour d'un jeune couple de Français juifs (plutôt laïcs), dont les grands-parents ont échappé à la Shoah, contrairement au reste de la famille.

   Du côté d'Adam, on sait à peu près tout ce qui est arrivé aux membres de la famille (ceux qui sont morts et ceux qui ont survécu). En Pologne, une cérémonie est organisée dans un village en hommage à l'ancienne population juive disparue (comme en témoigne le vaste cimetière, plus guère entretenu... voire pillé). Son épouse Anna, qui vient d'accoucher, le pousse à accepter de se rendre sur place, ses parents s'engageant à s'occuper du bébé pendant leur absence.

   C'est donc à la fois une comédie familiale et un film sur la mémoire de la Shoah. Le ton est tragi-comique. Tragique est le destin de ces millions de personnes massacrées dans d'horribles conditions, les rescapés restant marqués à vie. Comique est le comportement d'Anna, épouse-mère qui veut tout contrôler et qui parfois, submergée par l'émotion, dérape. Dans le rôle, Judith Chemla (vue dans Le Sens de la fête, Une Vie et Camille redouble) est for-mi-dable, complètement investie dans son personnage.

   Sur la Pologne, le propos du film est contrasté. La mère d'Anna, hostile au pays d'origine de sa famille, est un peu tournée en ridicule (au départ). Mais, à leur arrivée en Pologne, Adam et Anna découvrent que la Shoah est un bon filon pour les commerçants locaux... et que l'antisémitisme n'a pas disparu du pays, loin de là : un vendeur de "souvenirs" propose étoiles de David et médailles à croix gammées dans la même vitrine ; un autre vend des figurines "typiques" (made in China ?), certaines dotées d'un gros nez crochu...

   Ce retour aux sources est donc une belle histoire, entre recherche du passé et réconciliation avec soi-même. Anna veut retrouver l'esprit de sa grand-mère et quelque chose à transmettre à son jeune enfant... et je dois dire que je ne comprends pas la sévérité de certaines critiques. Nous n'avons visiblement pas vu le même film.

Un Havre de paix

   Trois frères israéliens se retrouvent au domicile familial, dans un kibboutz (Yehiam) situé au nord d'Israël, à proximité de la frontière avec le Liban. (Cela correspond à la punaise bleue, sur la carte ci-dessous.)

cinéma,cinema,film,films

   Ces retrouvailles ont pour cadre les obsèques de leur père, décédé un an auparavant, mais qui avait légué son corps à la science. Le délai est aussi sans doute dû aux dernières volontés du défunt, qui exigeait que ses fils fussent réunis. Or, cette famille est quelque peu dysfonctionnelle. D'énormes tensions (déclarées ou sous-jacentes) divisent les membres : la mère, ses trois fils et la tante. Le kibboutz, censé être un lieu d'apaisement, sûr, est perçu par certains comme un lieu dangereux, surtout depuis que des roquettes du Hezbollah commencent à tomber à proximité. Les esprits forts auront compris que ce kibboutz est (aussi) une métaphore d'Israël.

cinéma,cinema,film,films

   Les trois frères sont marqués par l'armée et le service militaire, mais de manière différente. Yoav semble être l'aîné, sur lequel le père avait placé beaucoup d'espoirs... et qui l'a déçu. Il a rompu avec son milieu d'origine, s'est installé à Tel Aviv (la ville de la débauche pour les Israéliens conservateurs). A demi-mots, on comprend qu'il est homosexuel. De surcroît, son passage par l'armée l'a visiblement traumatisé, sans que l'on sache (au début de l'histoire) pourquoi.

   Itai est le cadet va-t-en-guerre. Il s'est coulé dans le moule de virilité qu'on a créé pour lui... mais n'en est pas plus heureux. C'est lui qui a soutenu toute la famille depuis la maladie du père. Il en veut énormément à son aîné, peut-être aussi parce que sa réputation a souffert de la "trahison" de son frère.

   Avishai est le petit dernier, sur le point de partir à son tour effectuer son (long) service militaire. Il est tiraillé entre la trouille de ne pas revenir de la frontière libanaise (ou d'en revenir diminué) et le désir de faire son devoir, d'être quelqu'un aux yeux de ses proches. Il subit l'influence concurrente de ses deux frères.

   Cela donne un film âpre, où le drame familial s'insère dans l'histoire israélienne. J'ai trouvé cela un peu trop noir, pessimiste, ne me sentant réellement proche d'aucun des trois fils. Mais c'est une histoire forte.

Un Havre de paix

   Trois frères israéliens se retrouvent au domicile familial, dans un kibboutz (Yehiam) situé au nord d'Israël, à proximité de la frontière avec le Liban. (Cela correspond à la punaise bleue, sur la carte ci-dessous.)

cinéma,cinema,film,films

   Ces retrouvailles ont pour cadre les obsèques de leur père, décédé un an auparavant, mais qui avait légué son corps à la science. Le délai est aussi sans doute dû aux dernières volontés du défunt, qui exigeait que ses fils fussent réunis. Or, cette famille est quelque peu dysfonctionnelle. D'énormes tensions (déclarées ou sous-jacentes) divisent les membres : la mère, ses trois fils et la tante. Le kibboutz, censé être un lieu d'apaisement, sûr, est perçu par certains comme un lieu dangereux, surtout depuis que des roquettes du Hezbollah commencent à tomber à proximité. Les esprits forts auront compris que ce kibboutz est (aussi) une métaphore d'Israël.

cinéma,cinema,film,films

   Les trois frères sont marqués par l'armée et le service militaire, mais de manière différente. Yoav semble être l'aîné, sur lequel le père avait placé beaucoup d'espoirs... et qui l'a déçu. Il a rompu avec son milieu d'origine, s'est installé à Tel Aviv (la ville de la débauche pour les Israéliens conservateurs). A demi-mots, on comprend qu'il est homosexuel. De surcroît, son passage par l'armée l'a visiblement traumatisé, sans que l'on sache (au début de l'histoire) pourquoi.

   Itai est le cadet va-t-en-guerre. Il s'est coulé dans le moule de virilité qu'on a créé pour lui... mais n'en est pas plus heureux. C'est lui qui a soutenu toute la famille depuis la maladie du père. Il en veut énormément à son aîné, peut-être aussi parce que sa réputation a souffert de la "trahison" de son frère.

   Avishai est le petit dernier, sur le point de partir à son tour effectuer son (long) service militaire. Il est tiraillé entre la trouille de ne pas revenir de la frontière libanaise (ou d'en revenir diminué) et le désir de faire son devoir, d'être quelqu'un aux yeux de ses proches. Il subit l'influence concurrente de ses deux frères.

   Cela donne un film âpre, où le drame familial s'insère dans l'histoire israélienne. J'ai trouvé cela un peu trop noir, pessimiste, ne me sentant réellement proche d'aucun des trois fils. Mais c'est une histoire forte.

vendredi, 21 juin 2019

Le Daim

   C'est un animal, un blouson (par métonymie)... et (métaphoriquement) le personnage principal, Georges, incarné par Jean Dujardin. (Je sais bien qu'on peut lire et entendre un peu partout que ce serait le blouson le personnage principal... eh ben pas pour moi.)

   Le début nous montre dans quelles circonstances Georges acquiert ledit blouson. Pour cela, il contacte un petit vieux interprété par Albert Delpy, qui n'est pas très bien utilisé à mon avis. (Sa fille Julie a mieux su le diriger dans 2 days in New York.) Mais la séquence est déterminante, puisque avec le blouson, Georges récupère un caméscope, dont l'utilisation va contribuer à développer sa folie obsessionnelle. La première partie n'en est pas moins poussive. Le film peine réellement à démarrer, même si l'on voit quelques plans bien construits. (Par contre, il aurait fallu veiller à une meilleure stabilité de la caméra.)

   A partir du moment où Georges rencontre la serveuse Denise (excellente Adèle Haenel, comme d'hab' ai-je envie de dire), il se passe quelque chose. Un peu parfois à l'image des acteurs, Georges improvise son périple en blouson de daim. Quand Denise entre dans son délire, cela prend une tout autre ampleur. Cela devient franchement jouissif. Mais faut aimer... et se fader la première demi-heure.

   A ceux qui ne connaissent pas le style de Quentin Dupieux (auteur, entre autres, de Rubber et Au Poste !), je conseille de se renseigner avant de décider d'aller voir ce film seulement pour Jean Dujardin.

   P.S.

   Adèle Haenel s'est un peu livrée ce vendredi dans l'émission Popopop, sur France Inter.

21:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Le Daim

   C'est un animal, un blouson (par métonymie)... et (métaphoriquement) le personnage principal, Georges, incarné par Jean Dujardin. (Je sais bien qu'on peut lire et entendre un peu partout que ce serait le blouson le personnage principal... eh ben pas pour moi.)

   Le début nous montre dans quelles circonstances Georges acquiert ledit blouson. Pour cela, il contacte un petit vieux interprété par Albert Delpy, qui n'est pas très bien utilisé à mon avis. (Sa fille Julie a mieux su le diriger dans 2 days in New York.) Mais la séquence est déterminante, puisque avec le blouson, Georges récupère un caméscope, dont l'utilisation va contribuer à développer sa folie obsessionnelle. La première partie n'en est pas moins poussive. Le film peine réellement à démarrer, même si l'on voit quelques plans bien construits. (Par contre, il aurait fallu veiller à une meilleure stabilité de la caméra.)

   A partir du moment où Georges rencontre la serveuse Denise (excellente Adèle Haenel, comme d'hab' ai-je envie de dire), il se passe quelque chose. Un peu parfois à l'image des acteurs, Georges improvise son périple en blouson de daim. Quand Denise entre dans son délire, cela prend une tout autre ampleur. Cela devient franchement jouissif. Mais faut aimer... et se fader la première demi-heure.

   A ceux qui ne connaissent pas le style de Quentin Dupieux (auteur, entre autres, de Rubber et Au Poste !), je conseille de se renseigner avant de décider d'aller voir ce film seulement pour Jean Dujardin.

   P.S.

   Adèle Haenel s'est un peu livrée ce vendredi dans l'émission Popopop, sur France Inter.

21:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Beaux-parents

   Cette comédie "familiale" est signée Héctor Cabello Reyes, qui est le coscénariste de Retour chez ma mère, avec là aussi Josiane Balasko. De prime abord, on est tenté de penser qu'on a essayé de réutiliser les recettes qui ont fait de ce précédent film un succès. Coline/Josiane se retrouve en conflit avec sa fille et des secrets familiaux, parfois profondément enfouis, vont ressurgir.

   Au niveau de l'interprétation, c'est inégal. Clairement, le principal atout du film est Josiane Balasko, à la fois drôle et touchante. Son compagnon est incarné par Didier Bourdon, qui cabotine ostensiblement, mais je trouve que cela passe. C'est une nouvelle incarnation du patriarche familial, qui n'est pas sans rappeler celui incarné par Christian Clavier dans Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ? (en moins rétrograde). De la même manière, le personnage de Garance (la fille, interprétée par Charlie Bruneau) aurait pu être incarné par Camille Chamoux ou Camille Cottin.

   Le gros point faible est le personnage d'Harold. Je n'ai pas trouvé Bénabar très bon. Fort heureusement, quelques seconds rôles viennent donner un peu de saveur à certaines scènes, comme le restaurateur ou le meilleur ami, ce dernier interprété avec une évidente gourmandise par Bruno Salomone.

   Quelques moments m'ont particulièrement plu. Ils tournent souvent autour des repas. Il y a la séquence du restaurant, qui rouvre après une période de fermeture, avec une ambiance, une carte et... des tarifs transformés. Pour une raison que je ne vais pas révéler, certains des héros s'y rendent deux fois dans la même soirée !

   Il y a aussi ce petit-déjeuner qui succède à une nuit au poste. On en voit une partie dans la bande-annonce, mais la séquence est meilleure vue dans son intégralité. Les gags reposent souvent sur le quiproquo, comme lorsque le père approche du parking où son épouse a garé le camping-car.

   C'est une comédie du samedi/dimanche soir, inoffensive. Elle ne fait pas de mal et pas beaucoup de bien. Mais comme elle est courte (1h25), elle suffit à égayer une soirée, après le boulot.

12:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Beaux-parents

   Cette comédie "familiale" est signée Héctor Cabello Reyes, qui est le coscénariste de Retour chez ma mère, avec là aussi Josiane Balasko. De prime abord, on est tenté de penser qu'on a essayé de réutiliser les recettes qui ont fait de ce précédent film un succès. Coline/Josiane se retrouve en conflit avec sa fille et des secrets familiaux, parfois profondément enfouis, vont ressurgir.

   Au niveau de l'interprétation, c'est inégal. Clairement, le principal atout du film est Josiane Balasko, à la fois drôle et touchante. Son compagnon est incarné par Didier Bourdon, qui cabotine ostensiblement, mais je trouve que cela passe. C'est une nouvelle incarnation du patriarche familial, qui n'est pas sans rappeler celui incarné par Christian Clavier dans Qu'est-ce qu'on a encore fait au bon Dieu ? (en moins rétrograde). De la même manière, le personnage de Garance (la fille, interprétée par Charlie Bruneau) aurait pu être incarné par Camille Chamoux ou Camille Cottin.

   Le gros point faible est le personnage d'Harold. Je n'ai pas trouvé Bénabar très bon. Fort heureusement, quelques seconds rôles viennent donner un peu de saveur à certaines scènes, comme le restaurateur ou le meilleur ami, ce dernier interprété avec une évidente gourmandise par Bruno Salomone.

   Quelques moments m'ont particulièrement plu. Ils tournent souvent autour des repas. Il y a la séquence du restaurant, qui rouvre après une période de fermeture, avec une ambiance, une carte et... des tarifs transformés. Pour une raison que je ne vais pas révéler, certains des héros s'y rendent deux fois dans la même soirée !

   Il y a aussi ce petit-déjeuner qui succède à une nuit au poste. On en voit une partie dans la bande-annonce, mais la séquence est meilleure vue dans son intégralité. Les gags reposent souvent sur le quiproquo, comme lorsque le père approche du parking où son épouse a garé le camping-car.

   C'est une comédie du samedi/dimanche soir, inoffensive. Elle ne fait pas de mal et pas beaucoup de bien. Mais comme elle est courte (1h25), elle suffit à égayer une soirée, après le boulot.

12:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 19 juin 2019

Parasite

   Les jurys cannois aiment les histoires de "cas sociaux"... asiatiques. L'an dernier, la palme était allée à Une Affaire de famille (en fait, surtout au réalisateur Kore-eda, dont ce n'est pas le meilleur film). Cette année, c'est un grand formaliste sud-coréen qui a été primé, Bong Joon Ho, dont l'excellent thriller Memories of Murder était ressorti sur nos écrans en 2017.

   Le premier tiers de l'intrigue repose sur un scénario malin et le jeu des acteurs. Après avoir constaté que le quotidien de la famille de héros (résidant dans un sous-sol humide) est déplorable, on admire presque l'habileté dont ils font preuve pour s'incruster dans la vie des grands bourgeois pas franchement antipathiques, bien qu'irritants de condescendance.

   A partir du moment où l'on entre dans cette grande et superbe demeure, c'est la mise en scène qui prend le dessus. En effet, pas mal de péripéties sont téléphonées, même si les auteurs nous réservent des surprises, jusqu'à la toute fin, qui est d'ailleurs une pirouette fondée sur la mise en scène et le montage. Bong Joon Ho maîtrise parfaitement les espaces confinés (le réduit familial, le grand appartement bourgeois, sa cave... et sa "sous-cave"). Il se montre aussi habile lors des scènes d'extérieur (avec une bonne utilisation du jardin et de la topographie de la ville, très accidentée, les riches vivant sans surprise sur les hauteurs, les pauvres au sous-sol. C'est bien entendu métaphorique. S'appuyant sur leurs talents d'arnaqueurs de débrouillardise, les héros vont tenter de toucher leur part du rêve. Le réalisateur évite le manichéisme : les riches ne sont pas foncièrement méchants... et les pauvres se comportent parfois comme de belles enflures, y compris (surtout ?) entre eux.

   Evidemment, on s'attend à ce que la combine mise au point par les héros finisse par déraper. Trois coups de théâtre surviennent dans la seconde moitié de l'histoire. Certains voient dans ce film une leçon de morale sociale. Ce n'est pas sur ce point qu'il me paraît brillant. C'est d'abord une oeuvre cinématographique très bien construite (en dépit de quelques petites invraisemblances)... et une palme d'or méritée.

Parasite

   Les jurys cannois aiment les histoires de "cas sociaux"... asiatiques. L'an dernier, la palme était allée à Une Affaire de famille (en fait, surtout au réalisateur Kore-eda, dont ce n'est pas le meilleur film). Cette année, c'est un grand formaliste sud-coréen qui a été primé, Bong Joon Ho, dont l'excellent thriller Memories of Murder était ressorti sur nos écrans en 2017.

   Le premier tiers de l'intrigue repose sur un scénario malin et le jeu des acteurs. Après avoir constaté que le quotidien de la famille de héros (résidant dans un sous-sol humide) est déplorable, on admire presque l'habileté dont ils font preuve pour s'incruster dans la vie des grands bourgeois pas franchement antipathiques, bien qu'irritants de condescendance.

   A partir du moment où l'on entre dans cette grande et superbe demeure, c'est la mise en scène qui prend le dessus. En effet, pas mal de péripéties sont téléphonées, même si les auteurs nous réservent des surprises, jusqu'à la toute fin, qui est d'ailleurs une pirouette fondée sur la mise en scène et le montage. Bong Joon Ho maîtrise parfaitement les espaces confinés (le réduit familial, le grand appartement bourgeois, sa cave... et sa "sous-cave"). Il se montre aussi habile lors des scènes d'extérieur (avec une bonne utilisation du jardin et de la topographie de la ville, très accidentée, les riches vivant sans surprise sur les hauteurs, les pauvres au sous-sol. C'est bien entendu métaphorique. S'appuyant sur leurs talents d'arnaqueurs de débrouillardise, les héros vont tenter de toucher leur part du rêve. Le réalisateur évite le manichéisme : les riches ne sont pas foncièrement méchants... et les pauvres se comportent parfois comme de belles enflures, y compris (surtout ?) entre eux.

   Evidemment, on s'attend à ce que la combine mise au point par les héros finisse par déraper. Trois coups de théâtre surviennent dans la seconde moitié de l'histoire. Certains voient dans ce film une leçon de morale sociale. Ce n'est pas sur ce point qu'il me paraît brillant. C'est d'abord une oeuvre cinématographique très bien construite (en dépit de quelques petites invraisemblances)... et une palme d'or méritée.

dimanche, 16 juin 2019

Nicky Larson Private Eyes

   Quinzaine japonaise, acte IV. Cette adaptation en long-métrage animé du manga City Hunter succède, en France, au film délicieusement régressif de Philippe Lacheau. Celui-ci ayant plutôt bien marché (ayant attiré environ 1,7 million de spectateurs), il est étonnant que la distribution de l'animé soit aussi parcimonieuse.

   La plupart des séances sont proposées en version doublée (à laquelle a contribué P. Lacheau). Je me suis tourné vers l'une des rares séances en version originale sous-titrée. L'intrigue aura un goût de déjà-vu pour les familiers de la série télévisée. Une ravissante jeune femme est menacée par de mystérieux individus. Coup de bol pour elle : elle va bénéficier de la protection du meilleur garde du corps du monde, à savoir Nicky Larson.

   Hélas pour elle, son protecteur, s'il est un combattant d'élite, a une mentalité de gamin de treize ans. C'est la principale source de gags de l'histoire. On y voit aussi un gros dur fondre en larmes pour un petit robot pour lequel il s'est pris d'affection.

   Une place assez importante est laissée à Laura, la partenaire de Nicky, dont on découvre depuis quand elle a pris l'habitude de marteler le crâne des mecs immatures à l'aide d'une massue. Elle se trouve aussi embarquée dans une étrange histoire sentimentale : elle recroise un séduisant ami d'enfance, qui est désormais à la tête d'un puissant conglomérat, dont l'étendue des activités ne cesse de surprendre les détectives...

   Au niveau du dessin, c'est de la production industrielle japonaise : pas dégueu, mais pas brillant. Aux amateurs de graphisme élaboré, je conseille d'aller voir plutôt Maquia, dont l'intrigue est de surcroît d'une autre tenue.

   D'humeur indulgente, je me suis laissé prendre à cette histoire rocambolesque, menée à la truelle. Si j'ai parfois un peu piqué du nez, la dernière demi-heure a retenu toute mon attention. Cela devient trépidant... et très violent.

   C'est un film visiblement fait pour les aficionados.

   P.S.

   Le réalisateur Kenji Kodama s'est d'abord fait connaître au Japon avec la série Cat's Eye (Signé Cat's Eyes dans la version française). Cela explique les nombreuses références insérées dans ce film.

23:10 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Nicky Larson Private Eyes

   Quinzaine japonaise, acte IV. Cette adaptation en long-métrage animé du manga City Hunter succède, en France, au film délicieusement régressif de Philippe Lacheau. Celui-ci ayant plutôt bien marché (ayant attiré environ 1,7 million de spectateurs), il est étonnant que la distribution de l'animé soit aussi parcimonieuse.

   La plupart des séances sont proposées en version doublée (à laquelle a contribué P. Lacheau). Je me suis tourné vers l'une des rares séances en version originale sous-titrée. L'intrigue aura un goût de déjà-vu pour les familiers de la série télévisée. Une ravissante jeune femme est menacée par de mystérieux individus. Coup de bol pour elle : elle va bénéficier de la protection du meilleur garde du corps du monde, à savoir Nicky Larson.

   Hélas pour elle, son protecteur, s'il est un combattant d'élite, a une mentalité de gamin de treize ans. C'est la principale source de gags de l'histoire. On y voit aussi un gros dur fondre en larmes pour un petit robot pour lequel il s'est pris d'affection.

   Une place assez importante est laissée à Laura, la partenaire de Nicky, dont on découvre depuis quand elle a pris l'habitude de marteler le crâne des mecs immatures à l'aide d'une massue. Elle se trouve aussi embarquée dans une étrange histoire sentimentale : elle recroise un séduisant ami d'enfance, qui est désormais à la tête d'un puissant conglomérat, dont l'étendue des activités ne cesse de surprendre les détectives...

   Au niveau du dessin, c'est de la production industrielle japonaise : pas dégueu, mais pas brillant. Aux amateurs de graphisme élaboré, je conseille d'aller voir plutôt Maquia, dont l'intrigue est de surcroît d'une autre tenue.

   D'humeur indulgente, je me suis laissé prendre à cette histoire rocambolesque, menée à la truelle. Si j'ai parfois un peu piqué du nez, la dernière demi-heure a retenu toute mon attention. Cela devient trépidant... et très violent.

   C'est un film visiblement fait pour les aficionados.

   P.S.

   Le réalisateur Kenji Kodama s'est d'abord fait connaître au Japon avec la série Cat's Eye (Signé Cat's Eyes dans la version française). Cela explique les nombreuses références insérées dans ce film.

23:10 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Stubby

   Ce film d'animation est sorti le mois dernier dans une relative confidentialité. Pourtant, le sujet qu'il traite est porteur : les aventures d'un chien des rues américain, devenu la mascotte d'un régiment d'infanterie de l'armée d'Oncle Sam, à la fin de la Première Guerre mondiale. Si l'intrigue comporte des éléments fictionnels, l'histoire du chien est vraie : à sa mort, il a eu droit à une nécrologie dans The New York Times ! Sa dépouille a même été "naturalisée" :

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   Il s'agit d'une coproduction franco-canado-états-unienne. Signalons qu'aussi bien dans la version originale (en anglais) qu'en français, le "poilu" costaud (cuisinier dans le civil) qui devient ami avec le maître de Stubby a la voix de Gérard Depardieu, qui fait bien le job.

   Mais le principal atout de ce film est son personnage éponyme. Il est très bien animé (contrairement aux personnages humains, dessinés de manière un peu schématique) et, surtout, il est adorable. Non, mais, quel cabot !

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   Le scénario s'appuie sur des données historiques : l'entraînement des soldats, la vie dans les tranchées, la menace du gaz, la médiocrité de la nourriture, la découverte du vin par les Américains, l'arrivée de la grippe espagnole... Il y a aussi pas mal de clichés sur la France et les Français (le film est d'abord destiné aux spectateurs d'outre-Atlantique), mais cela reste bon enfant. Comme on vise aussi le jeune public, on a évité ce qui pourrait trop le choquer : on ne voit donc pas de corps éclater ni de sang gicler. C'est un peu aseptisé de ce point de vue, même si l'on ne nous cache pas que la guerre fait des ravages.

   J'ai beaucoup aimé ce film, enlevé et assez joyeux, qui tourne autour d'une belle histoire d'amitié entre un chien et des humains.

   P.S.

   Nombre de Français savent que Stubby n'est pas le plus célèbre chien de la Première Guerre mondiale. C'est Rintintin, né en France et sans doute sauvé d'une mort certaine par des soldats américains. Ramené aux Etats-Unis par le caporal Lee Duncan, il est devenu une vedette de cinéma. (Il serait néanmoins enterré en France, au cimetière d'Asnières.) C'est l'un de ses descendants qui aurait été utilisé dans la série télévisée qui porte son nom.