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mardi, 29 mars 2011

Le diable se niche dans les détails

   L'inspiration m'est venue en consultant le site internet de La Dépêche du Midi, ce mardi, plus précisément l'article titré "Jean-Claude Luche prépare sa majorité". Il est illustré par une photographie centrée sur le président du Conseil général, sur le point d'être reconduit à ce poste. Il est entouré par deux de ses fidèles, Jean-Michel Lalle (pas si bien réélu que cela à Bozouls) et Bernard Saules, nouvel élu à Rodez-Est.

La Dépêche 29 03 2011.jpg

   La photographie choisie par le quotidien met en valeur le chef de la "Majorité départementale". Il porte le plus joli costume (Jean-Michel Lalle persistant à associer chemise, cravate et veste sombres, Bernard Saules ayant tombé la cravate). Il donne aussi l'impression d'être le patron, à la manoeuvre, alors que Jean-Michel Lalle semble tenter de deviner son avenir politique dans les lignes de sa main droite. De son côté, Bernard Saules fait un peu figure de petit nouveau dans la classe, un peu gêné, les mains sous la table... ce qui nous empêche de distinguer sa montre.

   Le détail n'est pas sans importance. Les membres de la "Majorité départementale" semblent affectionner les montres à cadran rectangulaire, commes celles que portent J.-M. Lalle et J.-C. Luche sur cette photographie. Je m'étais fait la remarque lorsque le président du Conseil général était venu à La Salvetat-Peyralès soutenir André At (la photographie a été publiée le 18 mars dernier) :

At-Luche LaDépêche 18 03 2011.jpg

   Au poignet de Jean-Claude Luche se trouve visiblement la même montre.

   Concernant Bernard Saules, j'ai finalement retrouvé une photographie permettant d'établir une comparaison, dans La Dépêche du 10 mars. A l'époque, je n'y avais pas fait attention... parce qu'il porte sa montre au poignet droit !

Luche-Saules Dépêche 10 03 2011.jpg

   Vous noterez que Jean-Claude Luche porte une montre différente de celle visible sur les précédentes photographies (mais toujours à cadran rectangulaire). Mais, surtout, vous remarquerez que le cadran de celle de Bernard Saules est rond !

   Ce goût est confirmé par une autre photographie, prise à l'occasion de sa déclaration de candidature, en mai 2010 (c'est aussi visible dans un article publié dans Le Ruthénois n°24) :

politique,cantonales,presse

   J'en arrive à la conclusion éblouissante que, si le nouveau conseiller général de Rodez-Est met les mains sous la table (sur la première photographie), ce n'est pas par timidité ou en signe de soumission, mais parce qu'il redoute que tout le monde constate qu'il n'est pas au diapason de la Majorité départementale ! La possession d'une montre à cadran rectangulaire est-elle exigée par Jean-Claude Luche pour accéder à une vice-présidence ? Mystère... Qu'attend donc la presse pour enquêter ?

   Cerise sur le gâteau : regardez le nom du photographe du premier cliché : Escoffier ! 

 

lundi, 28 mars 2011

Bilan du second tour des cantonales dans l'Aveyron

   Neuf cantons étaient en jeu. On pouvait estimer que l'élection ne devait pas réserver de surprise dans cinq d'entre eux (Saint-Affrique, Entraygues-sur-Truyère, Laguiole, Bozouls et Millau-Ouest). Le scrutin paraissait plus ouvert dans les quatre autres (Villefranche-de-Rouergue, Nant, Mur-de-Barrez et Rodez-Est).

   On ne s'étonnera donc pas de la réélection du socialiste Jean-Luc Malet à Saint-Affrique (avec 62,25 % des suffrages exprimés) : seule une primaire à gauche l'avait empêché de l'emporter au premier tour. On notera toutefois que, s'il augmente son score de plus de 1 000 voix, son adversaire de droite en gagne un peu moins de 500 entre les deux tours (avec un taux de participation quasi identique), alors qu'il ne disposait, en théorie, d'aucune réserve... C'est là que les propos d'un collègue de travail plus âgé, qui connaît bien le coin, me reviennent à l'esprit : "Avant l'arrivée d'Alain Fauconnier, on votait traditionnellement à droite dans le canton." Jean-Claude Luche a semé une graine...

   C'était aussi plié d'avance à Entraygues, où le concurrent du conseiller général sortant a été prié de remballer les gaules, histoire d'assurer une réélection triomphale à son rival. Pour son anniversaire, Jean-François Albespy a reçu en cadeau 63,07 % des suffrages exprimés. Il ne récupère toutefois qu'une partie des voix de Pierre Laurens, alors que Guilhem Serieys dépasse le score cumulé des candidats de gauche au premier tour. Il y a eu quelques rebelles du côté de la Truyère... Signalons qu'en 2004, année de la première victoire de J.-F. Albespy (contre papa Serieys, le socialo), il avait réuni 140 voix de plus, avec une participation plus importante. Serieys fils fait aussi moins bien que Serieys père.

   On s'y attendait un peu aussi et donc Vincent Alazard, le maire de Laguiole, est assez facilement élu dans le canton du même nom, avec près de 60 % des suffrages exprimés. Son adversaire Joseph Chauffour n'avait été battu que de 13 voix en 2004 par Guy Dumas, qui ne se représentait pas.

   On pensait que le résultat serait tout aussi éclatant pour Jean-Michel Lalle à Bozouls. On avait déjà été surpris par sa mise en ballottage, face à quatre candidats de gauche, lui qui, en 2004, avait été reconduit dès le premier tour avec 61,90 % des suffrages exprimés. Même si, à gauche, on faisait mine de nourrir quelques espoirs, il semblait évident que le porte-flingue de Jean-Claude Luche n'avait pas grand chose à craindre. Il s'en sort avec un petit 56 % des suffrages (et seulement 65 voix d'avance dans sa propre commune, Rodelle...).

   Un élu de gauche était un peu dans ce cas : on pensait sa réélection assurée... et il a frôlé la correctionnelle. Il s'agit de Jean-Dominique Gonzales, à Millau-Ouest. Il ne l'emporte que de 65 voix sur le petit prof de collège que Jean-Claude Luche lui avait balancé dans les pattes. Entre 2004 et 2011, le sortant a perdu environ 1 000 voix au premier tour et près de 2 000 au second. Et pourtant, l'adversaire de droite n'a pas progressé entre ces deux dates. Il s'agit donc visiblement d'un désaveu du sortant. Durant la campagne, il s'était fait épingler par le site Aligorchie pour son absentéisme au Conseil général et la faiblesse de son bilan. Il a aussi été victime d'attaques virulentes de la part du Front de Gauche local. Même le Journal de Millau ne l'a pas épargné. Il est aussi possible que la déception engendrée par la politique du nouveau maire Guy Durand ait rejailli sur sa candidature. Bref, la gauche va devoir resserrer les boulons !

   Je pensais que le second tour de Villefranche-de-Rouergue avait des chances d'être aussi disputé. Finalement, ce ne fut pas le cas. Dès dimanche dernier, le socialiste Claude Penel avait clairement appelé à voter pour le radical Eric Cantournet, qui l'emporte nettement sur le maire de Villefranche, Serge Roques. Celui-ci a peut-être quelques soucis à se faire pour son avenir...

   La situation à Nant apparaissait plus confuse : le canton a longtemps été tenu par la droite, mais l'ensemble des forces de gauche y était majoritaire au premier tour, même si le candidat de la majorité départementale était arrivé en tête. Celui-ci a gagné près de 300 voix. Seule une petite partie est venue du surcroît de participation. Il semble bien que l'électorat du Front national ait voulu faire barrage à la gauche, notamment à La Cavalerie. De manière générale, on constate que les reports de voix à gauche n'ont pas été bons. Il semble que la candidature écologiste ait drainé, au premier tour, les suffrages de personnes rendues inquiètes par le projet d'exploitation des gaz de schistes, voix qui sont retournées d'où elles venaient (de la droite) au second tour. Si quelqu'un a de meilleures explications à proposer...

   A Mur-de-Barrez s'est produite la surprise que l'on attendait un peu : l'élection du candidat de gauche Daniel Tarrisse. Dans quatre des six communes, son adversaire Pierre Miquel arrive pourtant légèrement devant lui. Dans le chef-lieu, c'est l'inverse et, à Thérondels, le socialiste recueille 74 % des suffrages exprimés, récupérant sans doute ceux qui s'étaient portés sur Joseph Chayrigues (ce qui expliquerait aussi qu'il soit passé en tête à Mur-de-Barrez), tandis que les électeurs qui avaient choisi Marie-Pierre Guimontheil semblent s'être reportés, en bons petits soldats du luchisme, sur Pierre Miquel. La commune de Murols offre une situation paradoxale : au premier tour, elle avait placé Mme Guimontheil largement en tête mais, au second, une partie des électeurs de celle-ci (une vingtaine) ont choisi Daniel Tarrisse. On peut penser que le vote du premier tour s'expliquait par le fait qu'un adjoint au maire de Murols était le remplaçant de Mme Guimontheil. Pour le second, ces électeurs ont exercé leur liberté de choix.

   Je pense qu'en dépit de son succès global aux élections cantonales, Jean-Claude Luche a très mal pris cette victoire de la gauche. Pour s'en convaincre, il suffit de lire ses réactions, telles que les rapporte La Dépêche du Midi de ce lundi. Très arrogant, le président du Conseil général déclare en gros ne pas comprendre comment un canton comme celui de Mur-de-Barrez peut voter majoritairement à gauche. Il me rappelle ces militants socialistes, choqués qu'on puisse ne pas choisir le Bien, le Beau, le Vrai (leur parti). Sur ce point, droite et gauche se rejoignent. La suite des propos tenus par J.-C. Luche est plus inquiétante pour Daniel Tarrisse : "je crains que les habitants du Carladez ne regrettent leur choix : on fera le bilan dans trois ans." Cela sonne comme une menace. On n'ose imaginer que la majorité départementale puisse soutenir en priorité les projets valorisant les cantons qu'elle détient afin de pouvoir, au moment des élections, faire parler son superbe bilan, dénigrant celui des sortants socialistes ou radicaux...

   La résurgence de l'arrogance de Jean-Claude Luche se comprend parce qu'il a réussi à faire battre l'un de ses principaux adversaires : Stéphane Bultel. Celui-ci n'a en effet pas été réélu à Rodez-Est. Quand on analyse les résultats dans le détail, on s'aperçoit tout d'abord que la participation a été plus élevée au second tour qu'au premier. Elle a cependant légèrement baissé à Sainte-Radegonde et au Monastère, alors qu'elle a assez fortement augmenté à Rodez. A Sainte-Radegonde, je ne constate rien de particulier au niveau du report des voix. Au Monastère, on notera que Stéphane Bultel a globalement bénéficié de bons reports du Front de Gauche et des écologistes. Pourtant, il a quelque peu malmené ceux-ci durant la campagne, ce qui lui a sans doute coûté des voix. A Rodez même, Bernard Saules a distancé son adversaire sur les bureaux 4,5,6 et 7. La participation a sensiblement augmenté sur les bureaux 2,3,4 et 5. Je pense que les électeurs rattachés à ces secteurs sont plus âgés que la moyenne (j'ai vu une de ces quantités de papys et de mamies quand je suis venu voter dimanche !). Je me demande aussi de quels bureaux de vote dépendent les parents qui avaient inscrit leurs enfants à l'école François Fabié...

dimanche, 27 mars 2011

"Le Nouvel Hebdo" numéro 168

   Gérard Galtier redevient journaliste à 100 % et nous gratifie d'un éditorial percutant, où il est question du Front national et du vote blanc.

   Il revient ensuite évidemment sur sa candidature, dont les résultats ont sans doute dû le décevoir, quels que soient les messages d'encouragement qu'il a reçus. Dans un autre article, les résulats du canton de Rodez-Est sont analysés de manière très fine. Faut s'accrocher quand on s'intéresse aux pourcentages !

   Un encadré aborde le début de polémique né du projet de déplacement du monument aux morts de Rodez. Celui-ci se trouve actuellement à l'entrée du jardin du Foirail (ou plutôt de ce qu'il en reste). Seule la statue de la Victoire a été conservée du monument originel, qui trônait sur la place d'Armes :

politique,presse

   Pour faire un peu de place, la mairie envisagerait d'enlever la statue du Foirail... pour l'installer à la place de celle du square François Fabié, à côté du palais de Justice. Les mauvaises langues disent que la majorité actuelle doit vraiment avoir une dent contre feu le poète aveyronnais pour, après avoir fermé l'école portant son nom, vouloir dégager la statue lui rendant hommage !

   J'aurais bien une autre suggestion à faire : rétablir l'ancienne localisation, place d'Armes, celle-ci rendue piétonne dans la perspective du classement à l'Unesco. En cherchant bien dans les ateliers dépendant de la mairie de Rodez, il se pourrait même que l'on retrouve les éléments qui entouraient la statue, à l'origine (sur lesquels avaient été gravés les noms des soldats morts pour la France). Ils auraient bien besoin d'une restauration, mais la chose n'est pas irréalisable.

politique,presse

   Le positionnement du monument aux morts ne pose pas problème qu'à Rodez. La récente commémoration du cessez-le-feu en Algérie (le 19 mars) a été l'occasion de vérifier qu'il devient parfois de plus en plus difficile d'organiser une cérémonie.

   Ce fut le cas à Espalion, comme on a pu le lire dans le Bulletin :

politique,presse

   Le monument est situé en plein centre ville, juste devant la mairie, dans un virage dangereux, où la circulation est importante. Il est vrai que la scultpure est superbe :

politique,presse

   On notera que, si le maire de la commune (Gilbert Cayron) est bien présent, il n'est pas question de la conseillère générale, Simone Anglade, bien que la cérémonie soit cantonale. Il faut dire que les deux élus n'entretiennent pas les meilleures relations.

   L'article du Bulletin sous-entend que l'organisation semble avoir été défaillante. Je pense qu'à terme, il va falloir trancher quant à la localisation du monument. Le même problème s'est posé à Ceignac, où une décision a récemment été prise. Quand ces monuments ont été construits, dans les années 1920, la circulation automobile n'était pas aussi dense (ni aussi rapide) que de nos jours. Il faut juste veiller à ce que le monument ne soit pas relégué dans un coin obscur de la commune et qu'un espace suffisant soit disponible pour y organiser des cérémonies. De surcroît, des règles sont à respecter.

   Il est souvent question de la commune d'Espalion dans Le Nouvel Hebdo, dont l'un des contributeurs ne semble guère apprécier la gestion de Gilbert Cayron. En compagnie de Fabrice Geniez d'Onet-le-Château, il fait office de punching-ball officiel de l'hebdomadaire satirique.

   Cette semaine, il est question du repas des aînés organisé par la mairie. Cela se fait un peu partout. On sait très bien que c'est un moyen utilisé pour choyer l'électorat âgé, plus prompt à déposer un bulletin dans l'urne que les jeunes de la commune...

   A Onet-le-Château, c'est la construction du théâtre ainsi que le nombre de places de parking qui font débat. Le fait que tout cela intervienne dans une zone "résidentielle" n'est pas innocent. Quand les (supposées) nuisances sont placées du côté des pauvres, les protestations vertueuses se font en général plus rares. (D'autre part, je pense que les riverains surestiment l'impact négatif de la présence d'un théâtre. Ce sont plutôt les voisins du futur multiplexe de cinéma, à Rodez, qui vont comprendre leur douleur, d'ici quelques années...)

   Concernant le chef-lieu départemental, un article intéressant évoque les pentes de Bourran, où l'on a semble-t-il raté l'occasion de réaliser un aménagement utile, esthétique et peu coûteux... et je finis par me rendre compte que le texte publié sous le nom de "Rutène" vient du blog de droite Rodez - Unir pour gagner.

   Je vous laisse découvrir le reste, dans le numéro de cette semaine...

  

samedi, 26 mars 2011

Les rancunes d'Entraygues

   Le canton d'Entraygues-sur-Truyère était le seul (du département de l'Aveyron) où devait se dérouler une triangulaire, au second tour des élections cantonales. Le sortant, Jean-François Albespy, devançait son rival divers droite de 2004, Pierre Laurens, et le surprenant candidat du Front de Gauche, Guilhem Serieys. Tous trois avaient obtenu plus que les 12,5 des inscrits indispensables à la poursuite de l'aventure.

   Mais le conseiller titulaire avait l'air d'en savoir beaucoup, lui qui, dès dimanche dernier, parlait d'un duel. L'analyse des résultats du premier tour allait dans ce sens.

   Dès mercredi, on a eu la réponse : la presse locale (Midi Libre notamment) se faisait l'écho du désistement de Pierre Laurens, arrivé pourtant deuxième avec un peu plus de 25 % des suffrages exprimés. L'ancien conseiller général s'était montré jusque-là très discret : il n'avait pas fait de commentaire sur son résultat du premier tour et n'a pas donné de consigne de vote pour le second. Vendredi, dans le Bulletin d'Espalion, on pouvait toutefois lire ceci :

politique,cantonales

   On voit qu'il ne fait pas de cadeau au sortant, pour lequel "on" (la majorité tenant le Conseil général, bien sûr) l'a forcé à se retirer. Bon, eh bien, puisque Pierre Laurens n'a pas voulu donner un petit coup de pouce à Jean-François Albespy, c'est encore Jean-Claude Luche qui est venu mouiller la chemise pour son petit chouchou :

politique,cantonales

   Sauf erreur de ma part, tous les maires du canton sont présents sur la photographie, épaulés par deux conseillers généraux venus en voisins : René Lavastrou, triomphalement réélu à Saint-Amans-des-Côts, et Simone Anglade (une autre fidèle de J.-C. Luche), élue d'Espalion. On déploie l'artillerie pour une élection qui, n'en déplaise à Guilhem Serieys (qui a raison d'y croire, après tout), me semble pliée. Mais que ne ferait-on pas pour un fidèle serviteur bon copain !

   Il ne faudrait cependant pas croire qu'à gauche la situation soit plus "rose". On aurait pu penser que la candidate socialiste, éliminée à l'issue du premier tour, soutiendrait son camarade du Front de Gauche. Ce n'est pas si sûr :

politique,cantonales

   Dans Centre Presse du 25 mars, Béatrice Orozco apporte son soutien à... Daniel Tarrisse, candidat à Mur-de-Barrez ! Pour Entraygues-sur-Truyère, elle ne donne aucune consigne de vote. Quelque chose me dit qu'elle s'est sentie un peu vexée d'avoir été (nettement) devancée par le "gauchiste ruthénois" venu tenter sa chance sur les terres de ses ancêtres.

 

Résultats des anciens du NPA

   Il y a trois semaines de cela, j'ai consacré un billet à ces cas particuliers des élections cantonales : trois anciens militants du Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot, qui courent sous d'autres couleurs... assez surprenantes ma foi.

   Ils ont connu des fortunes diverses. La moins gâtée est Ilham Moussaïd, qui, dans le canton d'Avignon Sud, n'a recueilli que 2,26 % des suffrages exprimés (103 voix). Le second tour y opposera la sortante, vice-présidente du Conseil général du Vaucluse, la socialiste Michèle Fournier-Armand, au candidat du Front national Alain Oddone. Ces deux personnes ont recueilli respectivement 31,64 % et 26,90 % des suffrages exprimés, l'abstention étant de 58,22 % !

   Fabien Engelmann n'est pas passé loin de l'exploit : il termine troisième du premier tour, à Algrange. Il rate le second tour pour un peu moins de 170 voix, (il obtient 23,4 % des exprimés) derrière le sortant, le socialiste René Gori, et un communiste. Vous allez me dire : mais, avec un tel score, il devrait pouvoir se maintenir au second tour ! Eh, non, car, la participation n'ayant été que de 32,5 % (et donc l'abstention de 67,5 % !), le candidat FN n'obtient que 7,42 % des inscrits, loin des 12,5 % requis. Et je peux vous assurer que la participation risque d'être encore plus faible au second tour : le communiste s'est désisté ! On demande donc à des électeurs qui se sont déjà très peu déplacés de revenir pour plébisciter le sortant, qui n'avait pourtant rassemblé sur son nom (et son bilan) que 10 % des inscrits ! Tout cela à cause d'accords secrets entre PS et PCF... On se fout un peu de la gueule des électeurs !

   La plus grande "réussite" est celle de Vénussia Myrtil, âgée de seulement 21 ans (18 ans suffisent pour être candidat) : elle arrive en deuxième position à l'issue du premier tour à Aubergenville, devant la candidate socialiste, qui ne peut se maintenir au second faute d'avoir atteint 12,5 % des inscrits. Ce n'est d'ailleurs le cas que du candidat UMP, arrivé en tête. On remarque que, par rapport à 2004, la personne qui représente le FN ne progresse pas en suffrages : Vénussia Myrtil a réuni 1821 voix, contre 1948 pour Bertrand de Brosses sept ans plus tôt. Elle bénéficie de l'effondrement du vote socialiste (presque divisé par trois !). La participation est passée de 61,53 % à 36,06 %. On notera que les deux "grands partis" présentaient de nouvelles têtes. Ce canton est assez révélateur de ce qui a été annoncé comme le succès du FN : la présence de candidats d'extrême-droite au second tour n'est pas tant liée à l'essor d'un vote d'adhésion qu'au rejet des partis dominants, qui n'arrivent plus à mobiliser leur électorat traditionnel.

   Sans être voyant, on peut penser que le candidat UMP devrait être facilement élu... à moins qu'une partie de l'électorat de gauche, protestataire, anti-UMP, ne soit prête à se porter sur une candidate FN issue d'une "minorité visible".

12:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, cantonales

vendredi, 25 mars 2011

Incertitude à Mur-de-Barrez

   C'est l'un des cantons les plus disputés du département de l'Aveyron. Composé des communes de Brommat, Lacroix-Barrez, Mur-de-Barrez, Murols, Taussac et Thérondels, il est situé à la frontière avec le Cantal :

Mur-de-Barrez.jpg

   Jusqu'à il y a un ou deux ans, peu de personnes auraient songé que le résultat du vote des habitants de ce canton puisse faire basculer la majorité du Conseil général (et, quel que soit le résultat de dimanche, cela ne se produira finalement sans doute pas) : la région passe pour être un bastion de la droite (Nicolas Sarkozy l'a même choisie l'an dernier pour se faire mousser auprès des paysans) et le conseiller titulaire (le maire de Brommat Francis Issanchou) était bien implanté. Mais voilà : celui-ci ne se représente pas et, aux dernières élections régionales, la gauche est arrivée en tête dans le canton. Or, il se trouve qu'en 2010, au premier tour, sur la liste conduite par Marie-Lou Marcel figurait (en dernière position) Daniel Tarrisse, originaire de Thérondels. Cette commune a d'ailleurs, ô surprise, placé la liste PS-PRG loin devant les autres. Seules les communes de Mur-de-Barrez (de justesse) et de Murols avaient accordé leur préférence à la droite, pourtant conduite par Jean-Claude Luche.

   Il est donc apparu naturel que le même Daniel Tarrisse défende les couleurs de la gauche sur le canton. Il a mené une campagne dynamique, sur la Toile avec son blog et sur le terrain, réalisant notamment une enquête auprès de ses concitoyens.

   A droite, on ne s'est pas bousculé pour l'affronter. Francis Issanchou s'est dit qu'il avait fait son temps. L'UMP n'a pas réussi à convaincre l'ancien président de la Chambre d'agriculture, Jean Laurens (qui a des attaches dans la région), de se lancer. Comme souvent à droite, c'est le "patron" qui décide et Jean-Claude Luche a choisi, pour contrecarrer la poussée de la gauche, de miser sur une femme, Marie-Pierre Guimontheil, adjointe au maire de Mur-de-Barrez. Il a peut-être compté sur la notoriété de sa famille : elle est la belle-fille d'un ancien maire de Thérondels (ben oui, il fallait torpiller la candidature Tarrisse) et la fille d'un ancien élu UMP des Yvelines. Bon sang ne saurait mentir...

   Pour soutenir sa candidate, comme souvent, J.C. Luche a mobilisé les maires et la presse locale :

Mur-de-B CPresse 09 03 2011.JPG

   Cet article a été publié dans Centre Presse le 9 mars dernier. A l'époque, il était censé illustrer le soutien sans faille dont bénéficiait la "candidate officielle". Avec le recul, il montre que, dernière la façade d'unité affichée, des craquements se faisaient sentir. Seuls trois des six maires étaient présents à cette réunion de propagande... ah pardon quatre, comme on prend bien soin de le préciser dans l'article. Mais pourquoi diable n'est-il pas sur la photo ? De plus, chez les présents, on ne remarque pas un enthousiasme délirant : regardez comme ils sont crispés ! Cela ressemble plus à une convocation chez le dirlo qu'à une réunion de potes autour d'un bon verre. Il se dit d'ailleurs (Le Nouvel Hebdo de cette semaine s'en fait l'écho)  que le sortant ne s'est pas démené en faveur de la "candidate officielle". Aurait-il soutenu discrètement quelqu'un d'autre ? Enfin, il faut signaler l'absence à la réunion des maires de Lacroix-Barrez et surtout de Mur-de-Barrez, le chef-lieu.

   Il s'avère que, dans le coin, on n'apprécie pas trop la méthode Luche... et des querelles de personnes viennent parasiter le joli scénario conçu par le président du Conseil général. On a donc vu surgir la candidature de Pierre Miquel, conseiller municipal de Brommat ("Une candidature d'importation !" tonnent certains) et celle de Joseph Chayrigues... maire de Mur-de-Barrez (depuis 1995), qui vient donc concurrencer sa propre adjointe ! Signalons qu'il avait tenté d'emporter le canton en 1998, mais qu'il n'avait terminé qu'en troisième place, à l'issue du premier tour. Et puis, je me dis, qu'au-delà des questions de personnes, certaines histoires locales pourraient permettre de comprendre des conflits en apparence inexplicables...

   Résultat du premier tour : Daniel Tarrisse est assez largement en tête... et n'affrontera pas la candidate de la "Majorité départementale" au second tour : Marie-Pierre Guimontheil n'arrive qu'en troisième position, mais devant "son" maire. On peut penser toutefois que, même sans la candidature Chayrigues, c'est Pierre Miquel qui serait arrivé deuxième. C'est l'adversaire le plus dangereux pour Daniel Tarrisse, parce qu'il est en tête dans quatre des six communes du canton, avec certes peu d'avance sur son rival du second tour. Murols a donné ses suffrages de préférence à Marie-Pierre Guimontheil, dont le suppléant était Roland Cazard, adjoint dans cette commune.  (Le devenir de ces voix est une des clés du scrutin). Thérondels a plébiscité Daniel Tarrisse : il y obtient environ 67 % des suffrages exprimés !

   La vraie question est : pour qui vont voter les électeurs de Joseph Chayrigues ? Celui-ci est arrivé en troisième position dans sa commune, ainsi qu'à Taussac et Lacroix-Barrez. Je vous laisse imaginer les sollicitations dont il a fait l'objet. Il y a répondu par voie de presse, dans le Bulletin d'Espalion du 25 mars :

Bulletin E. 25 03 2011.JPG

   Il ose dire tout haut ce que bon nombre de petits maires n'osent la plupart du temps révéler que tout bas, loin des regards indiscrets : la vie politique locale s'apparente parfois à un marécage nauséabond. Il a le courage de ses opinions et déclare ne pas choisir entre les deux candidats présents au second tour. Voilà qui peut servir les intérêts de Daniel Tarrisse.

   Finalement, cette élection très particulière est symbolique. Pour faire battre Daniel Tarrisse, Jean-Claude Luche, qui a partout clamé (contre l'évidence) que l'enjeu n'était que local, appelle au rassemblement de la droite contre la gauche... et soutient le moins aveyronnais des deux candidats !

 

jeudi, 24 mars 2011

Sans identité

   C'est à la fois un polar et un film d'action, une variation contemporaine de ce que l'on pouvait voir dans les années 1970, avec Jean-Paul Belmondo dans le premier rôle. Ici l'on retrouve Liam Neeson, dans un rôle sur mesure, un peu à l'image de ce qu'il faisait dans Taken, film éminemment contestable sur le fond, mais diablement efficace dans la forme.

   Bon, là, vu qu'on ne comprend pas pourquoi sa femme refuse de reconnaître le héros après son accident, on se triture les méninges. Y a-t-il complot ? Qui manipule qui ? Le héros est-il fou ? Ce que l'on voit à l'écran est-il la réalité ? J'ai mis environ une heure à comprendre le retournement. Y a un bon scénario, faut dire.

   Côté acteurs, c'est du lourd. Liam Neeson, bien que pas très bien doublé, est efficace. Diane Kruger est enivrante, même si on a un peu de mal à l'imaginer en immigrée bosniaque. On lui a taillé un joli rôle : cette fausse faible femme se révèle très débrouillarde ! A noter, dans un second rôle excellent, la présence de Bruno Ganz, inoubliable interprète d'Hitler dans La Chute.

   Evidemment, on nous sert son lot de scènes d'action. L'accident de la route est spectaculaire (avec une brillante intervention de ma Bosniaque préférée). La séquence de bagarre autour de l'appartement est bigrement bien maîtrisée, tout comme l'arrivée fort opportune de l'héroïne, en voiture, pour sauver notre amnésique.   

   Il y a bien quelques facilités : on a rallongé inutilement le suspense autour de certains moments-clés, comme lorsque le héros met trois plombes à récupérer une malheureuse paire de ciseaux ou quand on se demande si l'héroïne va arriver deux secondes trop tôt ou deux secondes trop tard pour conclure un entretien fort animé.

   C'est visuellement agréable, parfois inventif. J'ai été particulièrement touché par la scène du réveil du héros, à l'hôpital. Le réalisateur réussit à nous transmettre le malaise qu'il ressent. Cela m'a rappelé un moment pas très agréable quand, après une opération pour laquelle j'avais subi une anesthésie générale, j'avais repris conscience dans une salle de réveil, complètement désorienté... et surtout attaché au chariot !

   Bref, en soirée, après un bon repas, cela remplit son office... et on fait un gros pipi à la fin !

23:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

mercredi, 23 mars 2011

La tactique de Bernard Saules sur Rodez-Est

   A l'issue du premier tour des élections cantonales, Bernard Saules, candidat de la "Majorité départementale", se retrouve face au sortant,  le socialiste Stéphane Bultel. Très vite, un nouveau tract a été mis au point. Je l'ai trouvé aujourd'hui dans ma boîte aux lettres. En voici le recto :

politique,cantonales

   La photographie a été prise en vieille ville (s'il ne s'agit pas d'un montage), pas très loin du siège du Conseil général. O surprise ! Le personnage mis au premier plan n'est ni le candidat Saules, ni sa remplaçante Evelyne Frayssinet, mais Jean-Claude Luche ! En gros, on dit aux électeurs du canton : "Voter Saules, c'est voter Luche". Ce n'est pas faux, sur le fond, mais cela renforce l'idée que les conseillers généraux de la majorité sont comme les vassaux du grand seigneur qu'est le président du Conseil général. (A lire la presse locale de ces derniers jours, on sent que, ragaillardi par le petit succès du premier tour, J.-C. Luche a un peu laissé tomber la panoplie du Modeste de service pour retrouver le ton conquérant -et parfois arrogant- qu'on lui connaît.)

   Notez l'attitude cool, décontractée de la fine équipe, en particulier de Bernard Saules, qui ne porte pas de cravate et semble se balancer, les mains dans les poches. C'est qu'il faut séduire l'électorat centriste et les jeunes urbains qui ont voté écolo au premier tour ! Cela justifie bien une petite entorse au code vestimentaire... que J.-C. Luche ne s'autorise pas. (C'est tout de même lui le patron, bordel de merde !)

   Le verso du tract est composé uniquement de texte :

politique,cantonales

   La première affirmation s'en prend à Stéphane Bultel. Elle mérite commentaire et "ajustements". Tout d'abord, je pense qu'il est faux d'affirmer qu'aucun des projets n'a été porté par le sortant. Pour en être certain, il faudrait établir la liste de tout ce qui s'est fait entre 2004 et 2011 sur Rodez-Est. On pourrait avoir quelques surprises... d'autant plus qu'une partie des activités, des projets, a été soutenue par le Conseil municipal de Rodez, dont Stéphane Bultel est membre depuis 2008. Il faudrait aussi savoir quel a été le vote du conseiller Bultel quand des projets concernant son canton ont été proposés à l'Assemblée départementale. On peut ne pas avoir été l'instigateur (surtout quand on se trouve dans l'opposition) mais soutenir les mesures proposées par l'autre camp, si on les juge intelligentes.

   La deuxième affirmation du tract est une attaque contre les Conseils généraux dirigés par des majorités de gauche. Les chiffres sont censés montrer que la gestion de la majorité "luchienne" serait plus prudente voire plus efficace que celles des socialistes voisins. C'est à voir. Pour confirmer cette impression, il faudrait comparer l'évolution de la dette de ces départements entre 2008 et 2011. On verrait alors si, de ce point de vue, l'actuelle majorité a été si "vertueuse" que cela au regard de ce qui s'est fait ailleurs.

   Les trois affirmations suivantes visent l'électorat écologiste. C'est une "cible" importante, parce que c'est lui qui détient les clés du scrutin. Ces trois affirmations concernent toutes des énergies renouvelables. Elles sous-entendent que si l'Aveyron est aussi bien placé dans ce domaine, il le doit à l'actuelle majorité départementale.

   Là encore il convient de nuancer. Si l'Aveyron est si bien doté en barrages hydroélectriques, il le doit aux investissements publics réalisés (sauf exception) après la Seconde guerre mondiale, sous l'impulsion de différents gouvernements et une entreprise alors publique : EDF-GDF. Il faudrait ajouter que cette situation est fragilisée par le renouvellement des concessions, suivant une procédure dont les gouvernements UMP sont responsables. Cela suscite d'ailleurs de légitimes inquiétudes dans le Nord Aveyron.

   Enfin, ce soutien aux énergies renouvelables est entaché de maladresse : la promotion de l'éolien est fortement contestée dans le camp écologiste. Ou comment se tirer une balle dans le pied en voulant trop bien faire... Trop d'écologisme tue l'écologisme ! Signalons néanmoins que, comme le document de campagne de Bernard Saules, ce tract a été imprimé suivant des techniques respectueuses de l'environnement. (L'imprimeur HERAIL bénéficie du label IMPRIM'VERT.)

   Le tract continue avec les promesses du candidat Saules. Il s'engage à maintenir le contact avec les électeurs. La formule, vague, très répandue dans cette campagne, ne mange pas de pain. Mouais... Faudrait pour cela qu'il donne déjà l'exemple et, comme je l'ai écrit au début du mois, sa récente escapade à Paris (et son absence consécutive lors d'une séance du Conseil municipal de Rodez, où il fait figure de chef de l'opposition) ne laisse rien présager de bon. Nous savons tous que l'objectif de M. Saules n'est pas le Conseil général de l'Aveyron mais la mairie de Rodez, en 2014.

   Il s'engage aussi à travailler avec les autres élus (locaux)... donc avec les socialistes du Piton ? Hem... Enfin, il soutient la maîtrise des dépenses publiques. On pourrait penser que c'est une allusion à la politique nationale (celle du gouvernement Fillon-Sarkozy, sur laquelle il y aurait des pelletées de choses à dire... on verra ça plus tard). En fait, il faut comprendre : il n'y aura pas d'augmentation des impôts locaux. La bonne blague ! Si telle est l'intention de la majorité de droite, pourquoi une ébauche du budget de 2011 n'a-t-elle pas été présentée en ce sens ? Guy Durand avait mis le doigt dessus lors du débat qui l'avait opposé à Jean-Claude Luche. Quand on écoutait attentivement les propos de celui-ci, on sentait bien qu'il y avait dans l'air une "correction fiscale" qu'on se gardait bien d'évoquer franchement.

   On nous garde cela pour plus tard !

   Le tract se termine par le rappel que le vote a lieu à la mairie de Rodez. Mesdames et messieurs les absentionnistes, viendez, viendez !

 

 

 

 

 

lundi, 21 mars 2011

Bilan du premier tour des cantonales dans l'Aveyron

   Sur 22 cantons renouvelables, 13 ont déjà désigné leur élu. Sur ces treize personnes, onze sont des sortants : trois pour la gauche, huit pour la droite.

   Commençons par les élus de gauche. Les trois personnes ont facilement gagné. A Naucelle, Jean-Paul Mazars l'emporte largement sur son homonyme, avec plus de 62 % des suffrages exprimés : les électeurs ont préféré le sortant du cru à la greffe de l'ancien avocat tarno-toulousain, contributeur occasionnel au Nouvel Hebdo. Sa réaction, telle qu'elle a été publiée dans Centre Presse, est surprenante : il parle de faire la fête (après une jolie veste !... l'alcool aide à oublier les malheurs) et déclare surtout se préparer aux municipales de Naucelle, le chef-lieu dont la maire a soutenu son adversaire.

   A gauche toujours, mais à Marcillac-Vallon, Anne Gaben-Toutant a fait mentir ceux qui la voyaient en difficulté : elle l'emporte avec plus de 61 % des suffrages exprimés, de surcroît contre l'un des trois candidats estampillés UMP. La participation avoisinant 55 %, on peut penser qu'une partie de l'électorat de droite ne s'est pas mobilisée.

   Enfin, à Najac, Bernard Vidal a lui aussi fait mentir les pronostics qui lui prédisaient certes une réélection, mais difficile : il atteint presque 60 % des suffrages exprimés. Comme pour Jean-Paul Mazars, l'implantation et le dévouement du candidat semblent avoir fortement joué, lui permettant de battre facilement un notable de la profession agricole : le Monsieur "Veau d'Aveyron et du Ségala".

   Mais c'est à droite que l'on note le plus grand nombre de réélections de sortants : huit. Toutes n'ont pas été confortables, bien qu'étant intervenues au premier tour. On peut distinguer trois catégories : les maréchaux, les comtes et les petits marquis.

   Les maréchaux ont bénéficié d'une réélection triomphale. En tête se détache Jean-Claude Anglars (parfois surnommé "mini-Luche"), qui obtient plus de 83 % des suffrages exprimés sur le canton d'Estaing. Sans vouloir être condescendant, on peut dire qu'en face, il n'avait pas un candidat très "lourd" : il n'habite même pas sur le canton ! C'était laisser la partie belle à l'un des élus locaux les mieux implantés du département.

   Pas très loin derrière, on trouve René Lavastrou, qui obtient plus de 79 % des suffrages exprimés sur le canton de Saint-Amans-des-Côts. Pour la gauche, ce fut même motif, même punition. Face à un élu enraciné dans le territoire, présenter un candidat non résident (quels que soient ses mérites) est politiquement suicidaire.

   Vient ensuite Arnaud Viala, qui obtient les deux tiers des suffrages exprimés sur le canton de Vezins-de-Lévézou. On le sentait venir : la gauche ne lui a mis dans les pattes qu'un candidat venu de Millau ! Son seul rival fut un sans-étiquette, naguère proche de lui. Et boum ! Troisième leçon électorale !

   La large victoire d'André At (environ 63 % des suffrages exprimés), sur le canton de La-Salvetat-Peyralès, s'explique par d'autres facteurs. Si la réélection du vice-président du Conseil général n'est pas une surprise, l'ampleur du résultat étonne un peu... d'autant que la campagne du sortant a été très discrète, au point que la gauche a espéré pouvoir créer la sensation dans ce canton. L'afflux de personnalités clairement marquées à gauche a pu effrayer une partie de l'électorat modéré qui aurait pu se porter sur la candidature de Catherine Ichard. Certains de ses partisans ont peut-être aussi eu la langue un peu trop pendue. Et puis, il y a ce qui se passe en dehors des réunions électorales. La candidate de gauche semble avoir compris d'où venaient les flèches tirées contre elle. Dans La Dépêche du Midi du 21 mars, elle remercie ironiquement un certain Jean Bousquié. Mais kikicé donc ? Irais-je trop loin en affirmant que c'est en quelque sorte le "papet" du canton ? Il en fut conseiller général pendant... 49 ans (de 1949 à 1998) ! Il a apporté (discrètement) son soutien à André At. Celui-ci a beau fanfaronner, dans Centre Presse (il déclare "J'ai prouvé que je pouvais gagner tout seul"), il oublie le soutien (certes tardif) de Jean-Claude Luche mais surtout l'appui du retraité de la politique pas tout à fait rangé des voitures. Il se dit des choses du côté de La Salvetat... que, durant les derniers jours de campagne, certains habitants auraient reçu de la visite, qu'on les aurait incités à ne pas voter pour la gauche (Les rouges au pouvoir en Aveyron ! Nom dé Diou !), pour une femme sans expérience...

   D'autres sortants de la "Majorité départementale" sont les comtes : ils l'ont emporté nettement, mais n'ont pas écrasé leurs adversaires. Il s'agit de Gisèle Rigal, à Montbazens (environ 54 % des suffrages exprimés) et d'Alain Pichon à Pont-de-Salars (à peine plus de 50 %). Concernant ce dernier, je pense que la presse a exagéré la menace qui pesait sur lui, en cas de second tour : ses adversaires flavinois me paraissaient trop divisés.

   Restent les "petits marquis" : s'ils ont été réélus dès le premier tour, on peut penser qu'un second aurait pu leur être fatal. A mon avis, c'est dans ces deux cantons que la gauche a perdu l'occasion de ravir la majorité des sièges.

   A Campagnac, on a failli assister à une grosse surprise. Le sortant Pierre-Marie Blanquet n'a été reconduit qu'avec 51,83 % des suffrages exprimés (contre plus de 78 % en 2004 !). Sans vouloir me faire mousser, je me permets de rappeler que dans un billet du 8 mars, j'avais senti que l'élection risquait d'être plus serrée que prévu. La gauche peut s'en mordre les doigts : elle n'a pas présenté de candidature unique et Sébastien Cros n'a pas bénéficié d'une intense mobilisation de la part de son camp.

   Ce fut encore plus disputé à Belmont-sur-Rance. Et pourtant... La sortante, Monique Aliès, appartient à une famille très respectée dans la région. On lui prédisait une réélection dans un fauteuil... Centre Presse lui donnant même un petit coup de main rédactionnel... Mais figurez-vous que dans le propre fief de la sortante, son adversaire de gauche est arrivé en tête ! L'opposition départementale a visiblement raté le coche, ne proposant même pas une candidature unique.

   Les deux derniers élus du premier tour (de droite) ont conquis leur premier mandat départemental. A Laissac, Jean-Paul Peyrac (bien introduit dans le monde agricole) l'emporte avec un peu plus de 50 % des suffrages exprimés. A Saint-Sernin-sur-Rance, la maire du chef-lieu rapporte à la droite un canton qu'un divers gauche lui avait ravi par surprise en 2004.

   Neuf cantons sont donc encore à pourvoir. Les ballottages ménagent plus ou moins d'incertitude. Cette fois-ci, je vais commencer par la droite. Elle est bien placée pour l'emporter dans deux voire trois cantons.

   A Laguiole, le maire de la commune éponyme va sans doute succéder à Guy Dumas. A Entraygues-sur-Truyère, Jean-François Albespy devrait s'en sortir, dans des conditions qui varient en fonction de la physionomie du second tour. S'il se retrouve seul face à Guillhem Serieys, nul doute que la réélection est assurée, et qu'elle s'annonce triomphale. S'il est confronté à une triangulaire, ce sera plus difficile, voire risqué. En effet, l'ancien conseiller général (et rival de J-F Albespy) Pierre Laurens obtient un pourcentage des voix sensiblement égal à celui de 2004 (même s'il perd une centaine de voix), tout comme son adversaire de centre-droit d'ailleurs. S'il se maintient, il pourrait (en cas d'excellents reports de voix à gauche et d'une mobilisation parfaite de cet électorat), mettre en danger la réélection du sortant. Cela me paraît toutefois peu probable... et j'imagine bien quelles pressions sont en train de s'exercer sur Pierre Laurens. On remarque d'ailleurs que la presse n'a pas publié sa réaction aux résultats de dimanche, tandis que Jean-François Albespy (dans Centre Presse) y va au culot et parie sur un désistement de sa part. Soulignons la bonne performance du candidat du Front de Gauche, qu'on n'attendait pas à pareille fête.

   Enfin, la presse fait semblant de s'inquiéter pour le sort de Jean-Michel Lalle à Bozouls. Sa non-réélection dès le premier tour est une surprise, d'autant plus qu'aucun adversaire de droite ne venait gêner sa candidature. Il est victime de la faible participation, inférieure à 58 %. Du coup, à gauche, on se prend à rêver, on additionne des carottes et des choux-fleurs, imaginant d'improbables parfaits reports de voix de tous les candidats d'opposition. Mouais... Les déclarations des battus du premier tour ne laissent pas présager un fort engagement en faveur du candidat de gauche le mieux placé. Je pense qu'une meilleure mobilisation de l'électorat de droite suffirait à calmer tout le monde, mais l'incertitude demeure.

   La "Majorité départementale" risque toutefois de perdre deux cantons. A Nant, même si le candidat de droite arrive en tête, les reports de voix devraient permettre au socialiste de l'emporter. (Les écolos sont de gauche dans le coin.) La (demi)surprise vient de Mur-de-Barrez, où un candidat de gauche bien implanté, Daniel Tarrisse, est bien parti pour réaliser le coup du siècle dans ce bastion de la droite aveyronnaise. Celle-ci parviendra-t-elle à rétablir la situation ? (Je m'arrête là, parce que je compte reparler de ce canton d'ici vendredi.)

   A gauche, on semble assuré de conserver les cantons de Saint-Affrique et de Millau-Ouest, malgré les divisions. La situation est plus confuse dans deux autres cantons urbains, ceux de Rodez-Est et de Villefranche-de-Rouergue.

   A Rodez-Est, le candidat de droite Bernard Saules est dans la situation de Jean-François Galliard, à Nant : il est arrivé en tête mais dispose, en théorie, de moins de réserves de voix que son adversaire socialiste. Notons que le sortant, Stéphane Bultel, réalise le même score qu'en 2004. Ajoutons que lors du précédent scrutin, deux candidats UMP s'affrontaient. A eux deux, ils totalisaient 45 % des suffrages exprimés. On peut donc affirmer que si Stéphane Bultel ne bénéficie pas de la prime au sortant, il n'est pas victime d'un vote sanction et que Bernard Saules, malgré une campagne tous azimuts, ne fait pas le plein des voix à droite. Il reste que, sur ce canton-là, le vote écologiste n'est pas forcément de gauche. De là à penser que les orphelins d'Emily Teyssèdre-Jullian vont apporter leurs suffrages à l'ancien arbitre fan de Téléfoot, il y a un pas... qui peut être un fossé ! Quant aux électeurs de Gérard Galtier, ils peuvent être tentés par l'abstention, le vote nul... ou le vote Saules (par rejet de Bultel).

   J'ai gardé pour la fin la cerise sur la gâteau, le canton de Villefranche-de-Rouergue. Les crêpages de chignon de la gauche ont abouti à ce qui peut passer pour un succès de Serge Roques, candidat UMP, largement en tête à l'issue du premier tour. Le sortant Claude Penel a fait la campagne de trop. Il est logiquement éliminé au profit de celui qui aurait dû, dès le départ, incarner la gauche (modérée) unie. Les reports de voix suffiront-ils à garder le canton à gauche ? Un basculement serait révélateur de l'un des facteurs de l'échec des socialistes dans la conquête du département : la division de leur camp, comme l'avait pertinemment souligné Jean-Claude Luche lors du débat qui l'avait opposé à Guy Durand.

dimanche, 20 mars 2011

True Grit

   C'est le dernier film des frères Coen, auxquels on doit auparavant No Country for old men, There will be blood et Burn after reading. Il s'agit d'un western, où l'on retrouve la "patte" des auteurs de O'Brother, de Fargo et de The Big Lebowski. On y sent aussi l'influence de Sergio Leone : ce western est "picaresque", il est émaillé de nombreux moments d'humour, parfois grotesque.

   Deux poids lourds mènent l'action : Jeff Bridges (qu'on a revu il y a peu dans Tron) en marshall alcoolique, qui oscille entre le coup de génie et la décrépitude, et Matt Damon en Texas Ranger boy-scout un brin casse-burnes. Mais la véritable héroïne est cette adolescente de 14 ans, qui veut venger la mort de son père. Cette brunette obstinée est incarnée par Hailee Steinfeld, la révélation de ce film. Pour tout dire, j'adore cette gamine ! C'est un personnage qui n'est pas sans rappeler, par certains côtés, la Mercredi de la famille Adams et l'irremplaçable Hermione Granger d'Harry Potter. Figurez-vous que la donzelle va en ville régler les détails de l'enterrement de son père, mais aussi recruter un mec qui ait de "vraies tripes" (true grit) : il lui faudra pénétrer dans une réserve indienne pour retrouver l'assassin de son père, qui, de surcroît, a rejoint une bande de voleurs de grand chemin.

   Le début, bien que souvent macabre (entre la pendaison des condamnés et la nuit passée au milieu des cadavres, il n'y a pas beaucoup de place pour le romantisme), pétille d'humour : le condamné indien est le seul qu'on ne laisse pas parler avant l'exécution (tout comme les esclaves noirs, il n'a pas voix au chapitre) et la jeune Mattie, qui finit par trouver où dormir, doit supporter les ronflements incessants d'une mamie sans gêne. On goûtera aussi le talent indéniable que possède l'adolescente pour négocier, même avec un vieux roublard...

   La suite est le périple de la petite équipe constituée de l'orpheline, du marshall et du ranger. Autant vous dire qu'on ne joue pas dans la dentelle. On flingue à tout va et, quand on n'a pas d'arme à feu, on remplace par autre chose. Et puis, pas facile de tout le temps viser juste...

   Dans cette deuxième partie, les paysages sont très jolis et les scènes d'action réussies.

   La fin du film nous fait faire un bond en avant. J'ai moyennement aimé, mais le reste du film est super !

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samedi, 19 mars 2011

Comment faire un beau Soulages ?

   Mea culpa. Mea maxima culpa. Il est temps pour moi de cesser d'ironiser sur l'art du "chantre de l'outrenoir" et de me rendre enfin aux arguments de ses thuriféraires... qui y comprennent certainement beaucoup plus de choses que moi, vu qu'ils emploient des expressions compliquées pour désigner des choses simples.

   Qu'est-ce qui m'a fait changer d'avis ? Le visionnage de l'émission du 19 mars de Groland.con, du samedi 19 mars. On y voit une spectaculaire démonstration de créativité soulagienne, que l'on me permettra d'illustrer par cet extrait hélas pas suffisamment représentatif :

peinture,art,culture

 

François Mitterrand, décidément gros queutard

   Voilà une révélation qui n'en est pas une, va-t-on me dire. Certes. L'ancien président de la République socialiste, tout comme son prédécesseur et son successeur immédiats, entretenait une relation ambiguë avec son pénis. Un événement récent est venu le confirmer.

   Le décès d'Annie Girardot a donné lieu à de nombreux articles nécrologiques. Ceux-ci se sont souvent plus à raconter les déboires professionnels (et alcoolisés...) de l'actrice, s'attardant moins sur sa vie sentimentale plutôt agitée. Il fallait lire attentivement le portrait publié dans Le Monde du 2 mars dernier, sous la plume de Jean-Luc Douin. Voici ce qu'on pouvait y trouver :

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   A cette date (1978), le premier secrétaire du jeune Parti socialiste vivait une exaltante double vie, se partageant entre le ménage officiel et sa maîtresse, Anne Pingeot, dont il venait d'avoir une fille, Mazarine, née en 1974. Et donc, de temps à autre (un peu à l'image de Victor Hugo qui, en plus de son épouse régulière et de sa maîtresse attitrée, s'autorisait quelques extras avec des femmes de rencontre), celui qu'on n'appelait pas encore "Tonton" culbutait une actrice à la mode ou une journaliste en vue.

   Le bonhomme était peut-être encore plus cynique (et égocentrique) que cela. Si l'on se fie à ce qu'a écrit la fille d'Annie Girardot, la saynète en caleçon se serait déroulée "au début des années 1970", soit juste avant ou juste après la naissance de Mazarine.

 

 

Le Discours d'un roi

   ... The King's Speech, dans la version originale (la seule envisageable pour un film dont l'intrigue repose sur le bégaiement du personnage principal). On peut se demander pourquoi le titre n'a pas été traduit par "Le Discours du roi". Cette formulation aurait davantage mis l'accent sur LE discours, celui de la fin, sorte d'aboutissement de l'intrigue.

   C'est un film d'acteurs, un tantinet théâtral. Mais c'est impeccablement joué. Colin Firth est excellent en prince puis roi bègue (le fameux George VI), plutôt bon bougre, aimant sa famille. Geoffrey Rush  est à mon avis encore plus remarquable dans le rôle du thérapeute hors norme. (Comme il coproduit le film, il a sans doute oeuvré à se tailler un joli rôle.) Le mâle hétérosexuel que je suis accorde une mention particulière à l'envoûtante Helena Bonham Carter, dont les sourcils ne laissent pas de me fasciner.

   Même si elles sont moins présentes à l'écran, les deux filles du couple princier, Elizabeth (la future reine) et Margaret, sont délicieusement interprétées. N'oublions pas non plus une galerie de seconds rôles furieusement British.

   Certaines scènes sont croquignolesques. L'épouse du prince se démène pour essayer de le guérir. Mais on ne traite pas un membre de la famille royale comme n'importe quel patient ! C'est pourtant ce que prétend vouloir faire cet étrange thérapeute. Shocking !

   L'arrière-plan historique est bien rendu, avec cette succession monarchique problématique. L'affaire Edouard VIII - Wallis Simpson est vue de l'intérieur. On assiste (de loin) à la montée des régimes totalitaires et à l'approche de la Seconde guerre mondiale.

   C'est filmé de manière très classique. Il faut y aller pour le jeu des acteurs et  l'aventure humaine : les efforts pathétiques menés par un grand de ce monde pour surmonter un handicap qui fait de lui la risée de la cour, voire du pays.

vendredi, 18 mars 2011

Alors, de droite ou pas ?

   Récemment, une connaissance mienne qui réside sur le Piton, dans le canton de Rodez-Est, a reçu la visite de deux personnes venues lui parler de la candidature de Bernard Saules. Celui-ci n'était pas présent. Cette mienne connaissance ne s'intéresse pas trop à la politique, mais ne rechigne pas à s'informer. Elle écoute donc les deux personnes, qui prennent bien soin de préciser que leur candidat est "sans étiquette", sans appartenance politique.

   Et pourtant... en préfecture, Bernard Saules est enregistré "divers droite" (voir la même infographie, publiée dans Le Ruthénois et le Bulletin d'Espalion de cette semaine... ça sent le document de préfecture). En 2008, aux municipales, il était le numéro 2 de la liste "officielle" de la droite, fortement colorée UMP, et menée par Régine Taussat. Tout récemment encore, il s'est déplacé à Sainte-Radegonde lors de la venue de Jean-François Copé :

politique,cantonales

   On le reconnaît, sur la droite de l'image, au bout d'une rangée où figurent Anne-Sophie Monestier (qui aurait pu être sa concurrente sur le canton de Rodez-Est), Serge Roques (l'un des trois du département qui concourent sous les couleurs de l'UMP) et Arnaud Viala, qui cherche à se faire réélire à Vezins-de-Lévézou.

   Cerise sur le gâteau : dans le dernier numéro du magazine gratuit A l'oeil figure un panorama des candidatures à Rodez-Est. Voici comment Bernard Saules se présente :

politique,cantonales

   Pour quelqu'un qui prétend vouloir faire de la politique autrement, c'est décevant. On s'aperçoit que la pratique du double-langage, caractéristique de la politique politicienne, a été la tactique du candidat. Il avait malheureusement déjà donné récemment un exemple de comportement peu recommandable, quand il avait "séché" une séance du Conseil municipal de Rodez pour se payer une petite virée à Paris et figurer dans le public de l'émission Téléfoot.

   Trop de sincérité tue la sincérité !

 

 

 

 

 

jeudi, 17 mars 2011

Gros "fight" à Entraygues-sur-Truyère

   Voilà un canton qui n'arrête pas de faire parler de lui ! Dans Centre Presse daté du 17 mars, il est question de deux des candidats, l'un soutenu par la gauche, l'autre par la droite. N'allez pourtant pas croire que les deux s'y livrent à une joute à distance. Non. Tous deux ont d'autres comptes à régler.

   Il y a tout d'abord le conseiller général sortant, Jean-François Albespy. A la lecture de sa tribune, on le sent un peu fébrile :

politique,cantonales

   Il tient tout d'abord à affirmer qu'il est "le seul candidat soutenu par la majorité départementale". Mais curieusement, au lieu d'afficher son appartenance au centre-droit, il se présente sous l'appellation "sans étiquette". Le rappel du soutien de la majorité départementale est là pour combattre le retour de Pierre Laurens qui, dans sa contribution publiée dans Centre Presse le 12 mars dernier, précisait qu'en cas d'élection, il rejoindrait l'actuelle majorité. Il s'en prenait indirectement au sortant en se déclarant contre tout cumul de mandats. Celui-ci lui en envoie une dans les dents en proclamant n'être motivé par aucun "désir de revanche"...

   Concernant Jean-François Albespy, plus que de la majorité départementale, c'est du président du Conseil général que vient son soutien : il a eu droit à trois visites médiatisées en huit jours ! L'une d'entre elles a mis en lumière les travaux routiers effectués sur la commune du Fel, dont le maire est... Jean-François Albespy. Il n'en a pas fallu plus pour que, dans le canton, certains mauvais esprits accusent l'exécutif départemental de partialité. C'est ce à quoi J.-F. Albespy tente de répondre quand il affirme ne pas avoir cherché "à favoriser une commune au détriment des autres". C'est encore plus clair un peu plus loin : "dans le domaine routier, la commune du Fel étant la dernière servie". On sent qu'il redoute de perdre de nombreux suffrages du côté de la commune d'Entraygues, qui "pèse" la moitié du canton. C'est pourquoi il écrit "Vous connaissez mon attachement à d'Entraygues" (sic). Il est possible que de nombreux habitants du canton aient très mal pris la nouvelle de la fermeture du collège. Si, avec un conseiller général dans les petits papiers du président et un député UMP, on n'arrive pas à garder l'établissement, c'est à désespérer de voter à droite !

   Mais, après tout, peut-être que J.-F. Albespy se fait du souci pour rien. Réponse dimanche.

   L'autre vedette du canton est Guilhem Serieys, "le délocalisé de Rodez" comme certaines mauvaises langues le surnomment. On aurait pu penser que le représentant du Front de Gauche l'aurait joué profil bas, se contentant de faire de la figuration. Voilà qu'il se met à mener une véritable campagne ! Il organise des réunions, développe ses idées. Figurez-vous qu'il a un programme ! (On peut le télécharger sur le blog du Front de Gauche aveyronnais.)

   Pour la petite histoire, signalons que le tract programmatique (assez luxueux) sort de l'Imprimerie du Progrès... qui édite Le Ruthénois !

politique,cantonales

   On peut y dénicher une belle faute de français :

politique,cantonales  

   Cela n'a pas trop plu, semble-t-il, au maire de l'une des communes du canton, Saint-Hippolyte. Guilhem Serieys a eu l'outrecuidance de rappeler l'action réalisée par le Conseil régional de Midi-Pyrénées en faveur de l'Aveyron. Comme il appartient à la majorité qui dirige la région, il s'en attribue le mérite. C'est de bonne guerre. Mais, visiblement, à droite, on tient à ce que l'électeur de base continue à croire que tout ce qui se fait de bien dans l'Aveyron vient du Conseil général et des maires qui sont inféodés à son président.

  Voici la tribune de G. Serieys, publiée en réponse aux attaques dont il a été la cible :

politique,cantonales

 

 

 

 

mercredi, 16 mars 2011

France Inter encore à la faute

   Eh, oui ! Ca recommence. Les petites mains qui permettent aux internautes de (ré)écouter leurs émissions favorites, la vidéo en plus, ont cédé à leur péché mignon : la faute de français. Voici ce sur quoi je suis tombé en voulant regarder la dernière chronique (pas très réussie, une fois n'est pas coutume) de Daniel Morin :

 

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   En moins d'un mois, c'est la deuxième fois que je constate ce genre de mésaventure... et encore, entre temps, Daniel Morin a pris une semaine de vacances !

 

 

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mardi, 15 mars 2011

Jean-Claude en remet une l(o)uche à Entraygues !

   Je ne crois pas qu'un seul conseiller général bénéficie autant de la sollicitude du "patron" du département. Pensez donc : en huit jours, c'est la troisième fois qu'une activité à laquelle est mêlée le sortant (Jean-François Albespy) est honorée par la présence de Jean-Claude Luche.
   Et donc, après les travaux de rectification d'une route départementale, après le soutien à une manifestation de jeunes, voici venu le tour de la rénovation de la piscine du coin, ainsi qu'on peut le lire dans Centre Presse du 15 mars :

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   Comme par hasard, toutes ces excellentes nouvelles surviennent à quelques jours du premier tour des élections cantonales. Quel sens du timing !

   Blague à part, cet activisme pro-Albespy serait-il pour Jean-Claude Luche un moyen de faire oublier qu'il ne semble pas s'être trop bagarré pour le collège privé local, sur le point de fermer ? (Au passage, lors du débat qui l'a opposé à Guy Durand, le président du Conseil général, s'il a répondu à son contradicteur en matière d'éducation, a évité de s'étendre sur le sort du collège...)

   A moins que J.-C. Luche ne redoute l'éventuel retour dans l'hémicycle départemental de Pierre Laurens, avec lequel il se sent moins d'affinités qu'avec J.-F. Albespy...

 

 

lundi, 14 mars 2011

Quand "Centre Presse" sort de sa neutralité...

   Depuis le numéro daté du vendredi 4 mars 2011, le quotidien aveyronnais nous offre, chaque jour, un éclairage (intéressant) sur un ou plusieurs cantons. La page débute par une présentation générale, signée d'un des journalistes ruthénois. Suivent les réponses des candidats (quand le journal les a reçues) aux deux mêmes questions stéréotypées : Qui êtes-vous ? Pourquoi vous présentez-vous ? En général, une photographie accompagne les réponses.

   C'est au niveau du paragraphe introductif que les interrogations naissent, parfois. Ainsi, dans le numéro du 5 mars, où il est question du canton de Rodez-Est, la candidature de Gérard Galtier n'est pas évoquée dans la présentation générale. (Il lui est arrivé la même mésaventure dans un reportage diffusé sur France 3 Quercy Rouergue... Il m'est avis que le directeur du Nouvel Hebdo n'a pas que des amis dans la profession !)

   Dans le numéro de lundi 14 mars, la présentation du canton de Vezins semble tenir pour acquise la réélection d'Arnaud Viala... alors que celui-ci ne l'avait emporté que d'un souffle en 2004. Autant je peux comprendre qu'un journaliste se risque à un pronostic quand le sortant est un "vieux briscard" comme Jean-Michel Lalle ou Jean-Claude Anglars (surtout quand la gauche ne semble pas leur opposer une candidature de poids), autant je me demande parfois si le pronostic n'est pas en fait une prophétie autoréalisatrice...

   Et puis, il arrive qu'on repère une drôle de coïncidence, comme dans le numéro de samedi 12 mars. La moitié haute de la page 9 est consacrée au canton de Belmont-sur-Rance, présentant la conseillère générale sortante comme la grande favorite. Or, que découvre-t-on, page 21 ? Un magnifique article faisant l'éloge de Belmont : "un canton rural, "petit" mais dynamique". Dans le même numéro ! C'est un peu gros, non ? Et il me semble avoir déjà remarqué quelque chose de similaire à propos d'un autre canton tenu par la "Majorité départementale"...

samedi, 12 mars 2011

Le face à face Luche - Durand

   Samedi, en fin de matinée, France 3 a diffusé une émission spéciale (celle du 12 mars), tournée place d'Armes à Rodez. Le coeur de ce programme était un débat entre Jean-Claude Luche, le président du Conseil général, et Guy Durand, le chef de la gauche en campagne (et maire socialiste de Millau).

   Tout d'abord, je trouve le principe de cette émission intéressant. Même si ceux qui suivent la campagne de près n'y ont pas appris grand chose, les citoyens de base ont eu accès à une véritable émission politique, où les deux "camps" ont pu s'exprimer courtoisement, parfois ironiquement.

   La première question a porté sur l'enjeu du scrutin. Evidemment, J.-C. Luche a affirmé, contre l'évidence, qu'il ne s'agissait que d'une élection locale. Si cet aspect est important, la suite de l'entretien entre les deux hommes a suffi à prouver, mieux que la réponse de son adversaire socialiste, que l'enjeu est aussi fortement national. Avantage Durand

   Sur la campagne électorale et la possibilité de basculement, J.-C. Luche a été modeste. Il n'a pas parlé de réaliser un carton plein (ce qu'il a affirmé dans la presse il y a quelques semaines...  rhooo... le baratineur !). Il a bien su pointer les divisions de la gauche et mettre en valeur l'aspect pluriel de la majorité départementale. De son côté, Guy Durand a bien "chargé" sur les "sans étiquette" et les quelques dissidences à droite. Il m'a semblé un peu optimiste sur le rassemblement de la gauche au second tour. Avantage Luche. (Au passage, la référence, par J.-C. Luche, à la catastrophe qui frappe le Japon m'a paru déplacée.)

   Sur le ressenti des candidats, J.-C. Luche s'est contenté de rappeler l'importance du scrutin et d'évoquer son action depuis 2008 (en passant sous silence la période précédente). G. Durand a évoqué une probable forte participation pour deux raisons : le traditionnel civisme aveyronnais et la possibilité de basculement. Il m'a semblé plus convaincant. Avantage Durand.

   Sur la rupture de 2008, J.-C. Luche a insisté sur sa différence avec Jean Puech. Il a défendu son bilan avec vigueur, se présentant comme l'avocat passionné des Aveyronnais. Jusque-là, ça passait bien. Mais, quand, à plusieurs reprises, il a souligné combien lui-même, puis les élus de sa majorité, puis les employés du Conseil général, sont proches des Aveyronnais, c'est devenu "lourd". De son côté, Guy Durand a été cinglant, estimant que rien n'avait fondamentalement changé. Il a levé un joli lièvre : le budget 2011 n'est toujours pas voté, ni même en discussion. Que nous cache-t-on ? Avantage Durand.

   On a aussi interrogé les deux candidats sur la principale compétence obligatoire du département : l'aide sociale. J.-C. Luche a bien défendu son bilan... avec, pour ceux qui ont bien écouté, un sous-entendu : le Conseil général va avoir besoin de nouvelles ressources. Donc, l'actuelle majorité a prévu d'augmenter les impôts... après les élections. Guy Durand a mis en valeur une mesure projetée par la gauche, portant sur l'A.P.A. (Allocation Personnalisée d'Autonomie), notamment un complément à verser aux retraités à faibles revenus. Match nul.

   Il a ensuite été question des services publics. J.-C. Luche ne m'a pas semblé très l'aise (il avait pourtant pris de l'assurance par rapport au début de l'émission, où on le sentait un peu fébrile), tandis que Durand a parlé du projet commun à toute la gauche (pas uniquement aveyronnaise) : la création d'un bouclier territorial, pour pallier le désengagement de l'Etat. J.-C. Luche a eu beau jeu d'ironiser : la gauche lui reproche de dépenser, pour la RN 88, sur un sujet de compétence nationale... ce qu'elle envisage de faire au niveau des écoles et de la poste ! G. Durand m'a toutefois paru plus pertinent sur le rail. Match nul.

   On en vient à deux choses qui m'ont déplu. Alors que le débat a été équilibré, que les journalistes n'ont pas fait pencher la balance en faveur de l'un des deux hommes, au niveau des interventions supplémentaires, seule la gauche a été représentée. On a eu d'abord Jean-Louis Roussel, pour le Front de Gauche, dont les propos ont en partie contredit ce que venait d'affirmer Guy Durand. Plus tard est venu le tour de Marie-Claude Carlin, pour les Verts... Mouais... Je pense que ces interventions ont plus nui à la gauche qu'elles ne lui ont servi. Mais pourquoi aucune intervention n'est-elle venue en faveur de J.-C. Luche ? A-t-il refusé ? Vu qu'il a lâché l'étiquette UMP, c'était peut-être plus sage.  Ceci dit, au fond du café, on a pu distinguer quelques silhouettes. Parmi celles-ci, Simone Anglade :

 

politique,cantonales

   Par contre, à deux reprises, il s'est laissé à dire que Guy Durand ne connaissait pas les dossiers, ce qui m'a paru un peu bas comme attaque. Jusque-là, les échanges étaient d'un bon niveau.

 

   Enfin, les deux prétendants se sont exprimés sur les collèges, autre compétence obligatoire des départements. Guy Durand a évoqué la fermeture annoncée de celui d'Entraygues et a développé la proposition de constituer un groupement d'achat des produits alimentaires pour toutes les cantines, dans le but d'assurer un revenu aux agriculteurs locaux. J.-C. Luche a embrayé en affirmant que son équipe est à l'origine de cette idée. Il s'est bien gardé de répondre sur le collège d'Entraygues, se contentant d'affirmer que, si la gauche l'emportait, d'autres pourraient fermer, vu qu'à Rodez, c'est ce que la municipalité a fait avec l'école François Fabié. Cette dernière attaque était un peu facile, mais c'était de bonne guerre... Sur le fond, il a raison et tort : quelle que soit la majorité départementale en 2011, elle devra faire face, si c'est la même politique qui est menée nationalement, à  de nouvelles menaces sur les collèges aveyronnais. Enjeu national quand tu nous tiens... Avantage Luche.

   Alors, quel bilan ? J'accorderais un léger avantage à Guy Durand, qui a su montrer l'interaction entre les enjeux locaux et nationaux. Il a aussi donné l'impression de savoir où il allait. (Je n'avais pas une très bonne image de lui avant ce débat.) De son côté, Jean-Claude Luche a su défendre son bilan, même si sur l'avenir, il était moins convaincant.

Drôle de campagne à Vezins-de-Lévézou

   C'est l'un des plus jolis cantons du département. Il n'est pas très peuplé (il compte moins de 1 800 habitants) et s'étend sur quatre communes : Ségur, Saint-Laurent-de-Lévézou, Saint-Léons (siège du très coûteux Micropolis) et Vezins.

politique,cantonales

   En 2004, le conseiller général sortant a été battu et il s'en est fallu d'un cheveu (25 voix très exactement) pour qu'un divers gauche ne l'emporte.

   Du coup, 7 ans plus tard, on pouvait penser que, dans la perspective de la conquête du Conseil général, la gauche fasse de ce canton un objectif prioritaire.

   Le sortant est Arnaud Viala, qui fait beaucoup parler de lui en raison des multiples fonctions qu'il exerce. Cela a un avantage : sa notoriété est grande. L'inconvénient est qu'il donne l'impression d'être un peu partout et nulle part. Il tient un blog, sur lequel on peut trouver ses documents de campagne. C'est joli, en couleurs, avec de belles photographies... Sa remplaçante est Marie-Noëlle Chauzy, curieusement présentée comme adjointe au maire de Ségur (sur la plaquette), alors que le Livre des Maires de l'Aveyron (page 202) ne la fait figurer que comme simple conseillère municipale. Précisons que Ségur et Vezins sont les deux communes les plus peuplées du canton.

   C'est pourquoi le sortant a pu redouter d'avoir à affronter le premier adjoint du maire de Ségur (Gérard Sigaud). Cela ne s'est finalement pas fait. C'est une épine de moins dans son pied. Mais il aura quand même un "sans étiquette" sur sa route : Olivier Monteillet, le maire de Saint-Léons, graphiste de formation (il a réalisé le logo du canton !). Une mini-polémique oppose d'ailleurs les deux hommes, à propos de la diffusion des documents de propagande. Arnaud Viala a répondu par voie de presse, mais le débat n'est pas clos. De manière générale, il révèle l'inégalité des candidats : tous n'ont pas les mêmes moyens de se faire connaître et de propager leurs idées.

   Pour approfondir la question de la propagande, on peut consulter les articles du code électoral communs à plusieurs scrutins et ceux dédiés aux élections cantonales.

   Dans ce canton, les liens familiaux me semblent particulièrement entremêlés. Certains Monteillet et certains Sigaud seraient apparentés. Cela a-t-il joué un rôle ici ? Mystère et boule de pétanque. Il est aussi possible que la remplaçante d'Olivier Monteillet, Edith Izard, soit liée à une conseillère municipale de Saint-Laurent-de-Lévézou.

   A gauche, sans surprise, on trouvera un candidat estampillé Front de Gauche : Georges Gaubert. Il s'ajoute au candidat socialiste, Ahmed Eddarraz, suppléé par Marie-Laure Mayot. Or, il se trouve qu'aucun des deux n'est du canton ! (Ou alors, ils y ont des attaches, information qui n'est pas arrivée jusqu'à mes oreilles.)  Tous deux sont conseillers municipaux... à Millau ! A. Eddarraz siège aussi à la communauté de communes de Millau-Grands Causses.

   S'agit-il d'une erreur de casting ? A-t-on pensé ainsi promouvoir la "diversité" en politique ? N'arrivait-on pas à trouver un candidat du cru ? A-t-on fait une croix sur ce canton ? Y a-t-il un accord secret avec Arnaud Viala ? Tout cela est bien mystérieux.

   Pourtant, il y avait un candidat tout trouvé sur le canton : Daniel Delmas, ancien maire de Ségur (son beau-frère lui a succédé en 2001), qui a failli être élu en 2004. Peut-être n'a-t-il pas voulu se représenter. Il semble s'être éloigné de la politique et avoir reporté son intérêt sur le concours de chiens de berger.

   Localement, la candidature d'A. Eddarraz semble avoir du mal à passer. Il s'est même fait gentiment tailler un costard par le Journal de Millau, d'habitude fort respectueux de la gent politique. Du coup, le P.S. a sonné le rappel des troupes et, mercredi 9 mars, dans Centre Presse, était publiée une tribune de Daniel Delmas :

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   Affaire à suivre...

 

 

vendredi, 11 mars 2011

Il faut sauver le soldat Albespy

   L'un des gros titres, en "une" de Centre Presse, ce vendredi 11 mars, est le suivant : "Entraygues - J.-F. Albespy va-t-il conserver son siège ?" A priori, la question ne devrait pas se poser. Le canton d'Entraygues-sur-Truyère (dont j'ai déjà parlé) a la réputation d'être solidement ancré à droite et Jean-François Albespy est le sortant, sous l'étiquette Majorité dép... euh, ah ben tiens, non,  il est  "sans étiquette", alors qu'en 2004 il était classé "divers droite". Etonnant, non ?

   En face, deux de ses adversaires affichent leur engagement, au Front de Gauche pour Guilhem Serieys, au Parti socialiste pour Béatrice Orozco.

   Mais le principal concurrent du sortant pourrait bien être Pierre Laurens, l'ancien conseiller général arrivé deuxième au premier tour en 2004, qui, curieusement, n'est pas présenté dans le quotidien aveyronnais, faute d'avoir répondu dans les temps au questionnaire envoyé par le journal. J'espère qu'il n'y a pas d'autre raison...

   Le discrédit dont souffre la droite gouvernementale (pourtant plébiscitée par la majorité des élus nord-aveyronnais... en 2007) ainsi que la fermeture annoncée du collège (privé) d'Entraygues semblent causer quelques soucis au sortant.

   Heureusement, tonton Luche est là pour ses fidèles vassaux. Il a mis au propre sa garde-robe de costumes sobres et élégants (avec cravates voyantes - mais pas vulgaires) et s'est lancé dans un furieux périple automobile de soutien aux candidats de sa majorité. On l'a vu très récemment à Villefranche-de-Rouergue avec Serge Roques (voir La Dépêche du Midi des 8 et 9 mars), à Estaing avec Jean-Claude Anglars et à Rodez avec Bernard Saules.

   A Entraygues, s'il s'est prudemment tenu à l'écart lors de l'annonce de la fermeture du collège, il s'est depuis rattrapé en s'affichant aux côtés du conseiller général sortant à deux reprises. Lundi 7 mars, Centre Presse a relayé une opération de com' autour des travaux routiers dans le canton :

politique,cantonales

   Admirez la rédaction des dernières lignes...

   Mais un bon conseiller général, ce n'est pas seulement un loyal vassal qui fait chauffer la carte bleue du contribuable pour le bitume de sa commune. C'est aussi quelqu'un qui s'occupe de culture... et qui le fait savoir. Voici ce que l'on pouvait lire, toujours dans Centre Presse, jeudi 10 mars :

politique,cantonales

   Jean-Claude Luche s'est même fendu d'un compliment d'une sincérité confondante (souligné par moi dans l'article). Ajoutons que, sous un titre légèrement différent, le même article, quasiment mot pour mot (on a effectué quelques  menues retouches), est publié dans le Bulletin d'Espalion de cette semaine. (Notons que, pour l'activité culturelle, on n'a pas pris la peine de citer les chiffres, sans doute moins impressionnants que ceux du budget consacré aux routes...)

   Si avec ça il n'est pas réélu, c'est à désespérer de la politique de papa !

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 10 mars 2011

"Midi Libre" vote Bernard Saules à Rodez

   Diantre ! Voilà une affirmation fort péremptoire ! Je me la suis faite après la lecture des articles consacrés par les trois quotidiens paraissant à Rodez à la séance de serrage de l(o)uches pratiquée par le candidat "UMP à l'insu de son plein gré" Bernard Saules.

   Centre Presse et Midi Libre se ressemblant de plus en plus, il n'est pas étonnant que le même article soit publié dans les deux journaux. Cependant, la présentation et la photographie diffèrent quelque peu. Voici ce que cela donne dans Centre Presse :

politique,cantonales

   Comparons avec la version électronique de Midi Libre :

 

politique,cantonales

 

   Dans les deux cas, la citation de Jean-Claude Luche, présentée entre guillemets, sert de titre. Cependant, dans Centre Presse, la présence du mot "Cantonales" avant permet de bien faire la différence, alors qu'un lecteur peu attentif de Midi Libre (faudra que j'aille jeter un coup d'oeil à la version papier) pourrait prendre cela pour une affirmation du journal. De surcroît, dans Centre Presse, une phrase donne l'explication, ce qui n'est pas le cas dans Midi Libre.

   Passons à la photographie à présent. Contrairement à ce qu'un regard rapide pourrait laisser croire, ce n'est pas la même dans les deux journaux. Sur celle parue dans Centre Presse, Bernard Saules n'a pas encore serré la main de la grand-mère rencontrée place du Bourg, alors qu'il est en train de la serrer sur la photo de Midi Libre. Précisons que c'est la même personne qui a pris les deux photographies : Yves Estivals.

   Une autre différence porte sur l'attitude des personnages. Sur la photo de Centre Presse, Bernard Saules ne semble pas particulièrement à son aise. La vieille dame est de trois-quarts dos. C'est Jean-Claude Luche qui est mis en valeur : il est au centre, quasiment de face, et semble présenter la femme à son candidat... qui est censé être du cru ! La photo de Midi Libre est cadrée de manière à laisser plus d'espace à gauche (on a peut-être rogné celle parue dans Centre Presse), ce qui place Bernard Saules dans une position plus centrale. De plus, il est souriant, alors que Jean-Claude Luche a le visage baissé : c'est bien Bernard Saules la vedette. Dernier détail : seule la photographie publiée dans Centre Presse est légendée. On y fait bien la distinction entre le "candidat Bernard Saules" et "le président Jean-Claude Luche". C'est bien Luluche le patron !

   Donc, même si l'article est identique, l'organisation du titre et le choix de la photographie indiquent le penchant de Midi Libre.

   Qu'ajouter sur le fond ? Ben que Rui Dos Santos ne fait pas preuve d'un début d'esprit critique. Les propos des deux politiques sont rapportés tels quels. Ils "chargent" Stéphane Bultel le sortant socialiste (au passage, des cinq candidats du canton, c'est le seul qu'il m'arrive de croiser dans les rues de Rodez !) et jouent sur la division avec les écologistes. Bernard Saules se permet même d'affirmer, à propos d'Emily Teyssèdre-Jullian : "Je voulais la prendre comme remplaçante". Au-delà de la formulation, pas très habile (du genre "Elle aurait fait joli dans mon salon"), on peut se demander si l'on n'est pas en train d'enfumer le lecteur : c'est quasiment invérifiable.

   Enfin, Jean-Claude Luche, d'une franchise vraiment à toute épreuve, nous trace un portrait dithyrambique du candidat Saules, le présentant comme un gros bosseur... On a pu le vérifier récemment : lui qui convoite la mairie de Rodez a séché une séance du Conseil municipal pour aller se montrer dans le public de l'émission Téléfoot. Si c'est pour faire preuve du même manque d'assiduité au Conseil général, alors non merci !

   Sans surprise, La Dépêche du Midi est plus sobre sur le sujet. Elle semble même n'avoir pas envoyé quelqu'un suivre le candidat sur le marché.

 

   P.S.

   Je suis retourné jeter un oeil dans Le Ruthénois n°24, paru l'an dernier. L'"interview de la semaine" était consacrée à Bernard Saules, qui y parlait déjà de sa candidature aux cantonales. Il y affirmait haut et fort : "J'ai une règle que vous pourrez vérifier : on ne gagne pas en dénigrant son adversaire."... A comparer à ce qu'il a déclaré au journaliste de Midi Libre : "De toute façon, Stéphane Bultel, la population ne le connait pas, alors que les maires disent qu'ils ne l'ont jamais vu en sept ans".

 

 

mardi, 08 mars 2011

Les mystères de Campagnac

   Ce canton n'est pas très peuplé : il compte environ 1 800 habitants. Sur une carte, il peut paraître excentré : il est situé à l'extrémité est du département de l'Aveyron... pas très loin de l'autoroute A75 en fait. On peut y accéder par le sud et Sévérac-le-Château ou par Saint-Laurent d'Olt, l'une des cinq communes du canton (qui s'étend aussi sur La Capelle-Bonance, Saint-Martin-de-Lenne et Saint-Saturnin-de-Lenne).

 

politique,cantonales

 

   Trois prétendants s'affrontent : le sortant Pierre-Marie Blanquet, membre de la majorité départementale, Sébastien Cros, un petit nouveau soutenu par le Parti socialiste, et André Perez du Front de Gauche. On peut penser que l'élection se jouera entre les deux premiers :

politique,cantonales

   Voici donc à ma gauche Sébastien Cros, conseiller municipal à Saint-Martin-de-Lenne, où il habite. Mais il travaille à Rodez : il est agent technique ErDF. Sa remplaçante, Sabrine Vaas, voyage beaucoup elle aussi, puisque, bien que résidant à Campagnac, elle travaille sur Millau.

   Il me semble que le duo représentant le Front de Gauche a le même profil. André Perez serait le secrétaire de la section du PCF... de Millau. Sa remplaçante, Valérie Andrieu, était n°6 sur la liste du Front de Gauche aveyronnaise aux dernières élections régionales, présentée comme aide-soignante de Verrières (une commune séparée de Campagnac par celle de Sévérac-le-Château).

   A ma droite se trouve le sortant, Pierre-Marie Blanquet, que l'on pourrait présenter selon trois axes. C'est d'abord un juriste de profession, qui travaille à la C.C.I. de l'Aveyron... sur le site de Rodez (notamment au Centre de Formalités des Entreprises) :

 

politique,cantonales

   Vous allez me dire : en voilà encore un qui vit entre le canton et Rodez. Au moins, il n'a pas d'autre mandat électif (cela nous change des cumulards). Il a bien été conseiller municipal de Campagnac entre 1989 et 1995. Désormais, c'est son épouse, Christine, qui siège... et le maire est un petit-cousin : Jean-Michel Ladet préside aux destinées du bourg depuis 1995. Joseph Ladet est l'arrière-grand-père des deux bonshommes. Le sortant a donc des attaches (et des partisans bien placés) dans le canton.

   Il a choisi comme remplaçante Caroline Nivoix-Grousset, qui habite Saint-Laurent-d'Olt, la commune la plus peuplée du canton, dont l'un des quatre adjoints est son mari Philippe. Autant dire que, même si les trois candidatures sont marquées par un indéniable éparpillement géographique (pour des raisons principalement professionnelles... et pourtant, aucun candidat ne met l'accent sur la RN88 !), l'assise du sortant semble solide. Elu depuis 1985 (!), il l'avait emporté dès le premier tour en 2004... mais uniquement face à des adversaires situés aux extrêmités de l'échiquier politique (un FN et un PCF).

   Du coup, cette année, comme la gauche modérée lui a mis un candidat dans les pattes, pas un parachuté en plus, certains se prennent à rêver... Ils comptent sur l'usure, peut-être aussi sur la manière dont les séjours de P-M Blanquet à l'étranger (il s'occupe de coopération internationale) peuvent être perçus. (A ce sujet, une prise de bec est survenue l'an dernier sur le site Aligorchie.) Le véritable enjeu est d'abord de savoir s'il y aura un second tour.

 

 

 

Santiago 73

   Le coup d'Etat d'Augusto Pinochet sert de toile de fond à ce film décalé, dont le héros, qui travaille au service de médecine légale, ne vit pas les événements en direct (sauf exception), mais en perçoit les conséquences.

   On devrait plutôt parler d'antihéros. Le gars n'est pas un canon physiquement. Sa coupe de cheveux évoque celle d'un coiffeur sur le retour. Ses vêtements sont d'un classicisme désespérant. Lui-même n'est pas d'un tempérament gouailleur ; il est même plutôt sinistre. C'est donc une quasi-caricature de fonctionnaire terne, ennuyeux.

   Mais il est amoureux d'une jeune femme, sa voisine d'en face, qui vit avec son père et son frère, très investis dans la contestation gauchiste. Elle fréquente un tas de jeunes fils de bourges progressistes libérés sexuellement dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils contrastent fortement avec le héros très catholique (il refuse même les avances d'une jolie collègue à la cuisse leste).

   Celui-ci n'est d'aucun camp. On sent qu'il n'est pas en empathie avec la foule de manifestants de gauche et il ne semble pas apprécier les militaires putschistes, même s'il songe à sa carrière. Mais, à la base, c'est plutôt un "type bien", qui rend service. On observe donc la naissance d'une curieuse relation avec la voisine.

   Mais les choses s'accélèrent. Les corps arrivent en nombre à la morgue, où les militaires se sont installés. La maison d'en face est perquisitionnée "virilement". Le devenir de la jeune femme est l'enjeu de la seconde moitié du film même si, au début, les spectateurs attentifs ont pu deviner la suite des événements.

   C'est donc une histoire prenante, bien jouée... mais pas très bien filmée. Je ne sais pas si c'est dû à la qualité de la copie que j'ai vue, mais, franchement, on avait l'impression qu'on nous ressortait une bobine des années 1970 !

11:58 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma, cinema, histoire

lundi, 07 mars 2011

Comment bien embrasser ?

   La chaîne de télévision Arte, allant toujours plus loin dans sa mission éducative, nous propose un charmant petit dessin animé, intitulé L'Art du baiser. Il est accessible pendant sept jours sur le site de télé de rattrapage de la chaîne franco-allemande.

   Il a été réalisé par Bill Plympton, un type un peu barge à qui l'on doit notamment Des idiots et des anges.

   Parmi les techniques abordées, il y a le French Kiss :

humour,film,amour

   Le début du film évoque aussi évidemment le "premier baiser", précédé d'une habile parade de séduction :

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   Très tendre à première vue, la pratique du baisotement peut donner lieu à de surprenantes dérives :

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   Enfin, très prisé lors de la phase d'amour passionnel, le "baiser-succion" n'est pas sans risque :

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   Bon, maintenant, il est temps de passer aux travaux pratiques !

 

00:54 Publié dans Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour, film, amour

dimanche, 06 mars 2011

Des soucis pour le futur musée Soulages ?

   La lecture du compte-rendu de la dernière réunion du Conseil d'agglomération du Grand Rodez (celle du 14 décembre 2010) nous en apprend de belles.

   Ainsi, dès le début (page 2), dans le paragraphe "décisions du président prises par délégation du Conseil", on découvre qu'à l'occasion de la pose de la première pierre du musée (cérémonie totalement fictive qui a donné lieu à une propagande intense), Môssieur Soulages n'a pas eu à faire chauffer la carte bleue :

Financement GdRodez 14 12 2010 p2.jpg

   L'agglomération est décidément bonne fille ! Mais ce n'est que peccadille par rapport à la suite. Page 14, il est question d'un "ajustement des crédits de paiement du musée Soulages". Voici donc la dernière estimation :

Financement GdRodez 14 12 2010 p14.jpg

   Nous en sommes donc désormais officiellement à plus de 26 millions d'euros... alors qu'on ne voit pas encore les fondations du bâtiment ! Un vote a suivi la présentation. Signalons que sur 45 conseillers, 38 étaient présents, 5 des 7 absents ayant donné une procuration de vote. (Mais tout le monde ne semble pas avoir participé.) Seules deux personnes se sont distinguées de la masse moutonnesque, une seule ayant voté contre !

   Un peu plus loin (page 36), il est question des assurances :

Financement GdRodez 14 12 2010 p36.jpg

   On ne semble pas du tout douter de la qualité du travail fourni par certains entrepreneurs, puisqu'on se prémunit contre un possible effondrement des bâtiments (pendant la construction !) et surtout  contre le risque de malfaçons non apparentes. La confiance règne !

   Il est vrai que la fin de l'année 2010 a été marquée par la défaillance de l'entreprise Felgines, qui ne travaillait pas directement sur le chantier du musée, mais juste à côté. Divers ragots ont circulé à ce sujet. Certains ont affirmé que la boîte n'était pas sérieuse et que des élus locaux le savaient. Il y a comme un petit contraste : ils affirment qu'on avait choisi le candidat le "mieux-disant", alors qu'il apparaît qu'il a décroché le marché parce qu'il était 40 % moins cher que ses concurrents ! Et puis... Yves Felgines s'est expliqué... et il semble qu'il se soit un peu fait rouler... Mais, d'après vous, qui va en être de sa poche, au final ? Le contribuable du Grand Rodez !

samedi, 05 mars 2011

Les fables de Starevitch

   Il s'agit de la réédition de courts-métrages datant de l'Entre-deux-guerres, avec une bande-son rénovée et un petit documentaire (fort instructif) à la fin, qui explique comment les auteurs (le couple Starevitch) ont conçu et animé les poupées et autres figurines que l'on voit à l'écran.

   Cinq fables de Jean de La Fontaine ont été adaptées : Le Lion et le moucheron, Le Rat de ville et le rat des champs, Les Grenouilles qui demandent un roi, La Cigale et la fourmi et enfin Le Lion devenu vieux (que l'on peut voir sur la Toile).

   Formé en Russie, avant les révolutions de 1917, Ladislas Starevitch a émigré en Italie puis en France. Il s'est notamment fait remarquer pour son adaptation du Roman de Renart , la série des Fétiche (comme Fétiche prestidigitateur et Fétiche en voyage de noces) et Fleur de Fougère. Il a inspiré nombre de cinéastes d'animation, par exemple le Tim Burton des Noces funèbres ou le Wes Anderson de Fantastic Mr Fox.

   Franchement, c'est à voir sur grand écran, tant la qualité et la subtilité de l'animation sont grandes. La virtuosité est particulièrement visible dans les deux adaptations qui mettent en scène le lion (accompagné d'une foule d'autres animaux). En général, le texte de la fable est dit (ou écrit) au fur et à mesure que l'action se déroule. Cela facilite la compréhension des scènes, qui parfois s'écartent un peu de l'historiette écrite par La Fontaine.

   Du coup, ce n'est pas toujours facile à suivre pour les tout petits, même si leur intérêt est capté par la vie donnée aux animaux... et même s'ils rient de bon coeur à l'activité grouillante et (faussement) désordonnée des rats comme des grenouilles. C'est paradoxalement le film adapté de la fable la plus connue, La Cigale et la fourmi, qui peut leur poser le plus de problèmes : le texte est dit en entier dès le début, suivi par environ dix minutes de film.

   Pour la somptuosité des costumes et des décors, je recommande les fables avec le lion. Pour l'humour et la maîtrise des "scènes d'action", je recommande les fables avec les rats et les grenouilles.  C'est d'ailleurs dans Le Rat de ville et le rat des champs (visible sur la Toile dans une version sans musique) que l'on peut voir le seul "acteur" vivant : un chat, dont l'arrivée provoque évidemment la panique dans le groupe de rats en train de festoyer !

 

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vendredi, 04 mars 2011

"Le Ruthénois" a un an !

   Bon anniversaire donc pour ce numéro 53. Dans ce qui peut ressembler à un éditorial, Bruno et Eric Aufrère soulignent la fragilité de l'entreprise, d'autant plus qu'une partie de la presse locale (Midi Libre et Centre Presse pour ne pas les nommer) n'a rien fait pour leur faciliter la tâche. Qu'en est-il de la diffusion ? D'après un site spécialisé (dont les informations remontent à plusieurs mois), elle serait d'environ 1 500 exemplaires, ce qui n'est pas brillant.

   De la part des patrons du Ruthénois, il aurait aussi été courtois de rendre un petit hommage au travail effectué par Hugues Robert, même s'ils se sont séparés en mauvais termes.

   Juste en-dessous, un entrefilet se veut plus rebelle : on signale l'absence (non justifiée) de Bernard Saules de la dernière réunion du Conseil municipal de Rodez :

Conseil municipal 25 02 2011.jpg

   Signalons que quatre autres membres de l'opposition ont "séché" la séance... Ne restaient que Maïté Laur et Jean-Louis Chauzy. Cela ne fait pas très sérieux... surtout quand on a appris la raison de l'absence de Bernard Saules. S'il n'était pas présent à Rodez le vendredi 25 au soir, c'était pour pouvoir assister (et se montrer) à l'émission Téléfoot, à Paris, le dimanche 27 au matin :

Saules 3.jpg

   On le reconnaît, assis dans le public et, comme par hasard, juste dans l'axe de l'un des animateurs de l'émission, de manière à se trouver dans le champ de l'une des caméras. Elle est pas belle cette opération de com' ? Non seulement l'ancien arbitre a séché une séance du Conseil municipal alors qu'il n'était même pas invité à l'émission, mais il y a fort à parier qu'une négociation se soit déroulée pour que sa bobine soit clairement visible à l'écran. C'est sûr que c'est plus cool que d'arpenter les rues du canton de Rodez-Est !

   Revenons au Ruthénois, qui a interrogé le député de la première circonscription aveyronnaise Yves Censi. Autant le dire tout de suite, là, l'esprit frondeur a été laissé au vestiaire. S'il est légitime que le député UMP formule des critiques à l'égard du maire de Rodez, on se serait néanmoins attendu à ce que Benjamin Laumaillé ne laisse pas proférer trop d'inexactitudes. Ainsi, Yves Censi peut affirmer sans être contredit que l'actuelle majorité ruthénoise n'a monté aucun projet propre. Il aurait été facile de torpiller cet argument, par exemple, en opposant le bilan de papa Censi et celui de Teyssèdre sur les écoles...

   Si le député est titillé sur sa faible visibilité dans la circonscription, le journaliste s'est bien gardé de l'interroger sur son projet de séjour en Côte-d'Ivoire, qui lui a valu quelques reproches...

   La suite est plus intéressante. Se posant en patron de l'UMP départementale, Yves Censi défend le bilan de Jean-Claude Luche (et égratigne au passage celui de son prédécesseur Jean Puech, dont le fiston a tenté de lui ravir son siège de député en 2007). A lire les propos du député, on sent aussi qu'il redoute le score de Daniel Tarrisse (qu'il n'ose pas nommer) dans le canton de Mur-de-Barrez.

   S'il semble un peu gêné aux entournures par l'affaire Alliot-Marie et la politique étrangère menée par le gouvernement français, Yves Censi affiche clairement la couleur en matière de politique intérieure. Lui au moins porte son étiquette. Il n'est cependant pas contredit quand il se présente comme un défenseur de la laïcité... mais uniquement vis-à-vis de la religion musulmane. (Il ne faudrait pas que cela l'empêche de financer, sur sa réserve parlementaire, un collège privé.)

   Je conseille aussi aux fonctionnaires en général et aux enseignants en particulier de lire la fin de cet entretien. Ils y  verront l'annonce du programme du deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy, si d'aventure celui-ci est réélu en 2012. Permettez-moi de vous dire que vous risquez de déguster grave !

   Cet entretien a inspiré Stéphanie Gras pour son dessin de la semaine. Yves Censi est caricaturé en Blueberry (son héros de fiction préféré d'après sa réponse au "questionnaire de Proust"), prêt à jouer du flingue à côté de la mairie de Rodez :

Censi Blueberry.JPG

   La politique est toujours à l'honneur dans ce numéro du Ruthénois, à travers diverses contributions. On peut y lire une réponse d'Emily Teyssèdre-Jullian aux attaques qu'elle a subies. Plus bas, Guilhem de Coulonges signe une tribune que je trouve très pertinente, sur la démocratie locale. Page suivante, Jean Milési, élu jadis de gauche passé à la majorité départementale, justifie son parcours dans un texte intéressant... mais très partial.

   La suite du journal contient les rubriques habituelles et plein d'autres petites choses qui méritent l'attention.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques "anciens" du NPA se font remarquer...

   ... dans la campagne des élections cantonales. Certains médias (plutôt de droite) ont relevé ces cas atypiques. Je ne pense pas qu'il faille en tirer des conclusions définitives sur le NPA. Contentons-nous d'examiner ces exemples.

   On a surtout parlé des transfuges passés au Front national. Il me semble qu'il a d'abord été question de Fabien Engelmann, délégué CGT qui se présente en Moselle (à Algrange, dont le maire est communiste, le Conseil général étant tenu par l'UMP). Aux régionales de 2010, il était numéro 2 sur la liste NPA de Moselle (qui a recueilli 2 % des suffrages exprimés). Son positionnement politique a provoqué un malaise dans le syndicat de gauche, naguère rattaché au Parti communiste. Toutefois, au vu du nombre d'adhérents (plus de  600 000 apparemment), il est inévitable qu'en dépit de l'attachement affiché par les dirigeants syndicaux aux "valeurs de gauche", une partie des adhérents soit tentée par un autre vote protestataire... et ce n'est pas nouveau. Un "vote ouvrier" en faveur de l'extrême-droite a émergé dès les années 1980.

   Mais la plus belle "prise" du FN est sans conteste Vénussia Myrtil (elle aussi venue du NPA), étudiante à Nanterre. Elle appartient à ce qu'il est convenu d'appeler une "minorité visible", mais non musulmane : une partie de sa famille est antillaise. Elle se présente dans les Yvelines, à Aubergenville (dont le maire et le conseiller général sont membres de l'UMP, qui gère le département).

   Une troisième "ex" du NPA refait parler d'elle : Ilham Moussaïd, qui fut candidate aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (numéro 4 sur la liste NPA du Vaucluse, qui a recueilli 2 % des suffrages exprimés) et dont le foulard islamique a fait couler beaucoup d'encre. Elle a donc quitté le NPA et créé son propre mouvement politique, sous la bannière duquel elle compte se présenter aux cantonales, à Avignon (le canton Sud est tenu par le PS, tout comme le Conseil général du Vaucluse).

13:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, cantonales

jeudi, 03 mars 2011

L'automne des étiquettes

   Alors que le printemps n'est pas très loin, la proximité des élections cantonales, loin de favoriser un quelconque bourgeonnement, semble plutôt provoquer la chute des étiquettes. En Aveyron, comme le site Aligorchie l'a pointé, à gauche comme à droite, beaucoup de candidats semblent avoir perdu toute référence à un parti politique auquel pourtant ils étaient il y a peu clairement rattachés. En Aveyron, l'UMP décroche le pompon, seulement 3 des 22 candidats soutenus par la majorité de droite affichant cet encartement.

   Mais ce n'est pas un phénomène limité à ce département. L'Alsace comme Le Figaro relèvent (sous un titre identique... cela sent le pompage de dépêche AFP) une véritable épidémie de disparition des étiquettes. A droite, les exemples les plus fréquemment cités sont ceux de la Sarthe (département dont fut l'élu un certain François Fillon) et de la Seine-et-Marne (fief de Jean-François Copé), ainsi que le Tarn et l'Aveyron. A gauche, on évoque principalement les Bouches-du-Rhône, les récents développements judiciaires touchant la famille Guérini n'étant peut-être pas étrangers au phénomène.

   Quant à l'Aveyron, toujours cité dans les articles, il a même fait l'objet d'une synthèse publiée dans le quotidien La Croix. Ce n'est pas extrêmement fouillé, mais c'est révélateur de l'intérêt suscité par la campagne indécise dans ce département... qui pourrait voir un quasi-inconnu arriver à sa tête, en cas d'égalité entre les deux camps !