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vendredi, 24 juin 2016

Les enfants gâtés du Royaume-Uni

   Et si on causait un peu du Brexit, de ses tenants et de ses aboutissants ? Commençons par l'analyse des résultats. Une carte globale a été publié par Le Monde :

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   Elle permet de formuler quelques remarques de base : Les Ecossais et les Nord-Irlandais ont massivement rejeté la sortie de l'Union européenne, tout comme la majorité des Londoniens. Par contre, Gallois comme Anglais ont manifesté leur désir de quitter l'UE. Ils l'ont emporté.

   Cependant, quand on regarde les résultats en détail (comme sur le site du New York Times), on découvre quelques nuances parfois surprenantes. Ainsi, si toutes circonscriptions écossaises se sont prononcées pour le maintien dans l'UE, celle de la capitale Edimbourg (où le Scottish National Party est très bien implanté) a voté contre le Brexit à près de 75 % ! Voilà qui annonce des années mouvementées au Royaume-Uni, si le SNP préserve son influence.

   L'Irlande du Nord a été moins unanime que sa voisine l'Ecosse, puisque certaines circonscriptions se sont quand même prononcées en faveur du Brexit (elle sont en rose sur la carte ci-dessous) :

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   Qu'est-ce qui peut expliquer une telle fracture territoriale, perceptible jusque dans le chef-lieu, Belfast ? Remontons un peu en arrière, jusqu'en mars 2015, avant les dernières élections législatives :

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   Sur cette carte, publiée par The Economist, on réalise que les circonscriptions en vert ou gris-vert sont les mêmes que celles qui ont choisi de rester dans l'UE. Elles élisent traditionnellement des députés membres du Sinn Fein ou du SDLP, deux partis catholiques qui penchent pour une réunification de l'île. Pour que l'Irlande ne (re)fasse plus qu'un, un jour, encore faudrait-il que le Royaume-Uni reste dans l'UE, comme la République de Dublin.

   Au Pays-de-Galles, la situation n'est pas simple non plus. Globalement, les habitants ont voté comme leurs voisins Anglais, mais de manière moins tranchée.

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   A Cardiff et autour, comme dans certaines villes anglaises (Londres bien sûr, mais aussi Liverpool, Manchester, Oxford et... Cambridge), on a voté à plus de 60 % (voire à plus de 70 % dans les villes universitaires) pour rester dans l'Union européenne. (Les deux régions rurales de l'Ouest sont elles marquées par le mouvement nationaliste gallois, très hostile à Londres.) Sur la carte, on voit comme un "couloir de l'ouverture" qui part de Londres, vers l'ouest, jusqu'à Cardiff, embrassant Oxford.

   De beaux esprits se sont crus autorisés à affirmer que c'était là la preuve de la coupure entre les élites et le peuple. C'est une analyse à courte vue. Certes, dans les circonscriptions urbaines qui ont massivement rejeté le Brexit, les classes moyennes et supérieures sont très présentes. Mais c'est aussi le cas dans de nombreuses autres circonscriptions anglaises qui ont voté pour sortir de l'UE, notamment dans le Sud de l'Angleterre.

   A Londres, le vote pour ou contre la sortie de l'UE ne dépend pas du niveau de richesse. Pour s'en persuader, il suffit de comparer la carte du New York Times avec celle de la pauvreté infantile publiée naguère par le Guardian :

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   Parmi les partisans du maintient dans l'UE, on trouve aussi bien des districts où la pauvreté infantile est faible que d'autres où elle est forte. Par contre, les districts périphériques (à l'ouest et à l'est), qui ont plutôt voté contre le maintien, sont des quartiers bourgeois.

   Il nous reste à aborder les raisons qui expliquent que le Brexit l'ait emporté. Le Parti conservateur a toujours été divisé quant à la construction européenne. David Cameron fait partie des "libéraux", qui pensent que la chance du Royaume-Uni est dans l'ouverture vers le continent, alors que les "souverainistes" rejettent l'aventure commune de l'UE pour prendre le large. Ils jugent que l'Union européenne coûte plus qu'elle ne rapporte à leur pays. C'est l'une des idées reçues sur lesquelles Le Monde est revenu en février dernier :

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   Sur un plan strictement comptable, le Royaume-Uni était jusqu'à présent légèrement déficitaire ; autrement dit, c'est un contributeur net au budget européen : il lui verse plus que ce qu'il en reçoit. Mais c'est beaucoup moins, en nombre, que la France et l'Allemagne, et très loin, en pourcentage du PIB, de ce que cela représente pour les Pays-Bas ou la Suède.

   C'est dû au fameux rabais britannique, obtenu jadis par Margaret Thatcher... et totalement injustifié aujourd'hui. Le Brexit aura au moins ce grand avantage que de supprimer cette charge pour la France. De surcroît, c'est une analyse à courte vue. Il ne faut pas prendre en compte uniquement l'aspect budgétaire, mais considérer comment l'argent redistribué au sein de l'Union est utilisé. S'il circule majoritairement entre les pays et entreprises de l'UE, tout le monde en sort bénéficiaire. Dans cette optique, c'est plutôt le fanatisme libéral des dirigeants britanniques qui est une menace pour l'Union, affaiblissant les solidarités communautaires.

   Cette influence ultralibérale s'exerce au sein même des institutions européennes, où travaillent encore plus de 1 000 fonctionnaires britanniques (ils ont été jusqu'à 1 500 il y a une dizaine d'années). Un récent article des Echos révèle qu'ils occupent plus de 10 % des postes de direction, une surreprésentation qui n'est dépassée (depuis peu) que par celle des Allemands. Les politiques du Royaume-Uni sont donc de mauvaise foi quand ils dénoncent une UE antibritannique. Celle-ci subit toujours une forte influence anglo-saxonne. D'un point de vue politique, l'effacement du Royaume-Uni est d'abord le fait de ses élus, qui estiment que si l'Union n'est pas conforme à leurs moindres désirs, alors mieux vaut la boycotter voire la quitter.

   La gestion des mouvements de population est un autre motif de mécontentement des Britanniques. Pourtant, ils ne sont pas membres de l'espace Schengen, à l'intérieur duquel les contrôles aux frontières sont supprimés (sauf événement extraordinaire). Mais la liberté de circulation s'applique bien au Royaume-Uni. Elle était prévue dès le traité de Rome (en 1957) et a été sanctuarisée par celui de Maastricht (en 1992). Elle était associée à la circulation des marchandises, des capitaux et des services. C'est l'un des enjeux des négociations qui vont débuter dans les semaines qui viennent. Les Britanniques vont sans doute tenter d'avoir le beurre et l'argent du beurre, c'est-à-dire les capitaux, les marchandises, les services, les permis de travail... mais pas les migrants indésirables. Il est possible que le Royaume-Uni demande à être intégré à l'espace économique européen, qui regroupe l'UE et ce qu'il reste des membres de l'AELE.

   Le plus cocasse serait que, dans 8 à 10 ans, un nouveau gouvernement britannique, sans envisager une ré-adhésion, demande l'entrée de son pays dans l'espace Schengen, dont sont membres des pays extérieurs à l'UE, comme la Norvège, l'Islande, le Liechtenstein... et la Suisse, dont l'attitude vis-à-vis de la construction européenne semble inspirer les conservateurs britanniques.

vendredi, 17 juin 2016

Midi-Languedoc : un vote biaisé

   Les résultats du sondage organisé par le nouveau conseil régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées sont tombés : c'est la proposition "Occitanie" qui arrive en tête, apparemment loin devant les quatre autres... Mais tout dépend de la manière de présenter les résultats. Comme vous allez le constater, dans la réalité, c'est beaucoup plus serré qu'il n'y paraît.

   Commençons par la participation. Seuls 203 993 votes ont été exprimés (selon les résultats détaillés disponibles en ligne). Est-ce beaucoup ? Non. Les politiques en espéraient 500 000, en sachant que, dans la région, plus de quatre millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales. De surcroît, les adolescents de 15-17 ans pouvaient voter, tout comme certaines personnes extérieures à la région, mais y ayant des attaches. Cela donne un taux de participation inférieur à 5 %. Etant donné que l'on pouvait voter de chez soi, sur ordinateur, ou par courrier, on peut parler de fiasco : le vote n'a pas massivement intéressé les électeurs. Cela donne plus de poids aux votes des minorités actives, capables de se mobiliser pour un scrutin de faible importance. Cela se voit dans les résultats.

   Les médias ont communiqué sur un seul chiffre, le pourcentage de premières places obtenu par chaque liste. A ce petit jeu, "Occitanie" arrive largement en tête. Cependant, le principe du vote était de classer les cinq propositions de 1 à 5. Que constate-t-on ? Que la proposition "Occitanie" est la dernière choisie pour les 2e, 3e et 4e rangs. Certes, comme elle a été souvent choisie pour la 1ère place, cela diminue d'autant le nombre de chances d'être désigné 2e, 3e ou 4e. Mais cela traduit aussi un rejet de cette proposition de la part des votants qui ont choisi une autre solution en 1er.

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   Une autre proposition semble presque aussi populaire qu'Occitanie : "Languedoc-Pyrénées". C'est la plus souvent retenue en 2e et 3e places, devant "Pyrénées-Méditerranée". De plus, si l'on s'intéresse à l'autre bout du classement, à savoir les propositions classées en 5e place, on s'aperçoit que, de très loin, c'est la proposition "Languedoc-Pyrénées" qui a été la moins souvent choisie (5 413 fois contre 22 333 pour "Occitanie" et 67 149 pour "Languedoc", par exemples). C'est donc la moins clivante des propositions.

   Du coup, j'ai imaginé le système de pondération suivante : j'ai attribué à chaque liste un nombre de points dépendant de sa place dans chaque vote, soit 5 points pour une première place, quatre points pour une deuxième place, trois points pour une troisième place, deux points pour une quatrième place et un point pour une cinquième place. Ensuite, j'ai multiplié par le nombre de places obtenu dans chaque position et j'ai effectué la somme, pour chaque proposition. Voici les résultats :

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   O surprise ! Avec ce mode de calcul, la proposition "Occitanie" arrive en tête, mais de justesse, devant "Languedoc-Pyrénées" : la première n'a recueilli 24,4 % des préférences (somme des points obtenus en additionnant les premières, deuxièmes, troisièmes, quatrièmes et cinquièmes places), contre 22,2 % à la deuxième (qui devraient être arrondis à 22,3 %, mais cela aboutirait à un total de 100,1 %). "Pyrénées-Méditerranée" occupe bien la troisième place (20 %), devant "Occitanie-Pays catalan" (16,8 %), une proposition pénalisée par son très grand nombre de cinquièmes places (70 911) et qui a failli être dépassée par "Languedoc" (16,6 % des préférences).

   Contrairement à ce qu'on a commencé à entendre et à lire jeudi soir, le véritable résultat de ce vote n'est pas une victoire écrasante de la proposition "Occitanie". Elle arrive en tête, mais de peu, à l'issue d'un scrutin serré. Il serait donc nécessaire d'organiser un second tour entre les deux propositions les plus populaires. Cependant, je n'y crois guère. Depuis le début, je sens que le conseil régional comme la quasi-totalité des médias locaux sont très sensibles à la pression du lobby occitaniste. C'est dommage, parce qu'on avait là un bel exemple d'exercice démocratique.

lundi, 13 juin 2016

Jeune député, vieilles pratiques ?

   C'est une contribution à L'Hebdo paru vendredi 10 juin qui a attiré mon attention. Elle est signée Bernard Dufay, un habitué des tribunes engagées (à droite) qui, depuis plus de dix ans, a pour cible privilégiée le maire (socialiste) de Saint-Affrique Alain Fauconnier. S'il a dû se résoudre à voir celui-ci conserver son mandat de maire (en 2008 et 2014), il a pu se réjouir de sa défaite aux sénatoriales de 2014 (suivie de la proclamation de son inéligibilité pour un an, en 2015) et de la perte par la gauche de son canton d'origine, aux élections départementales de mars 2015, au profit d'un binôme de droite mené par Sébastien David.

   Outre une allergie à tout ce qui semble être de gauche, Bernard Dufay semble avoir aussi été motivé par le rejet de certaines pratiques. Ainsi, il avait été reproché à Alain Fauconnier, lorsqu'il était sénateur, d'avoir embauché son propre fils comme assistant parlementaire... ainsi que la compagne du président du Sénat de l'époque, le socialiste Jean-Pierre Bel. Sur la forme, tout était légal. Sur le fond, la méthode avait fait jaser... et ricaner, à droite.

   On se disait donc que la nouvelle génération d'élus allait tourner le dos à ces pratiques douteuses. Aujourd'hui, certains électeurs de droite doivent déchanter. Dans L'Hebdo de cette semaine, il est question des assistants parlementaires d'Arnaud Viala, élu député de l'Aveyron en septembre dernier. Sur sa déclaration d'intérêts et d'activités (merci la loi sur la transparence de la vie publique votée par la gauche !) comme sur le site du Projet Arcadie, on trouve les trois mêmes noms : Guiseppina Benel, Jean-Robert Bosc et F.

   D'après Bernard Dufay, l'une d'entre eux serait la compagne de Sébastien David, conseiller départemental Les Républicains... et suppléant d'Arnaud Viala. Ecartons tout de suite Jean-Robert Bosc, qui travaille aussi pour Alain Marc. Je doute que Sébastien David ait contracté un "mariage pour tous". Ce ne peut pas être non plus F. D'après son profil LinkedIn, elle a cessé son travail parlementaire en février 2016, emploi où elle avait débuté en janvier 2014. Accessoirement, cela prouve qu'elle a travaillé pour au moins un autre député qu'Arnaud Viala (qui, rappelons-le, n'a été élu qu'à la fin de 2014). Parions que c'était un membre de LR : en février 2016, la jeune femme a été embauchée par le conseil régional d'Ile-de-France (désormais présidé par Valérie Pécresse), à un poste stratégique. Ajoutons qu'elle dirige un comité de soutien à la candidature d'Alain Juppé (aux prochaines présidentielles).

   Apparemment, il ne nous reste plus que Guiseppina Benel. Sur le site d'Arnaud Viala, on la découvre sous l'identité de Joséphine Benel. C'est d'ailleurs sous ce nom et ce prénom qu'elle a créé un profil LinkedIn. Apparemment, c'est la personne de confiance d'Arnaud Viala, qui "tient la boutique" en son absence, à la mairie de Vezins comme à la communauté de communes. Quelle que soit l'identité sur laquelle on effectue une recherche, on ne trouve rien qui la relie intimement à Sébastien David. Une question demeure : pourquoi cette différence de prénom, sur des documents pourtant officiels ? Est-ce une sorte de négligence volontaire ?

   En tout cas, jusqu'à présent, rien ne vient confirmer les accusations de Bernard Dufay. Cependant, la page d'accueil du site d'Arnaud Viala ne mentionne que deux assistants, prenant acte du départ de F. La déclaration d'intérêts n'a pas été mise à jour, à l'heure où j'écris ces lignes. Alors ? Allons voir à l'onglet "Equipe". On y découvre une troisième personne, simplement prénommée Caroline. O coïncidence, cette femme (ravissante) ressemble beaucoup à celle qui est présentée comme la compagne de Sébastien David, sur Copains d'avant :

Caroline 2.jpg

   Si c'est bien la personne à laquelle je pense, elle tient une boutique de lingerie "de l'amour" (qui a sa page Facebook) à Saint-Affrique.

   Bref, on a ici l'exemple de deux élus dits "prometteurs", censés incarner la relève à droite, et qui commettent les mêmes erreurs que leurs aînés.

   Un autre point abordé dans la tribune publiée dans L'Hebdo me cause souci : le lien qui existerait entre le repreneur de l'abattoir de Saint-Affrique et Sébastien David. (On note que celui-ci s'est abstenu au moment du vote du conseil communautaire.) Ce proche de la famille serait donc Jacques Poujol... un sacré pedigree : l'ancien propriétaire de l'abattoir de Sainte-Geneviève-sur-Argence (surnommé à l'époque "l'usine à steaks hachés") serait impliqué dans le scandale de la viande de cheval. Il me semble que la procédure le concernant est toujours en cours : sa mise en examen n'a pas été levée, à ma connaissance. Dans ces conditions, même s'il est présumé innocent, était-il judicieux de lui confier les clés de l'abattoir ?

   C'est un secteur qui subit actuellement beaucoup de pressions. Cela explique qu'une commission d'enquête ait été nommée sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français. Arnaud Viala en est membre. Même s'il n'y joue qu'un rôle secondaire, est-ce compatible avec le fait que son suppléant soit proche du repreneur du principal abattoir de sa circonscription ?

   P.S.

   Sur le site de l'Assemblée nationale, on peut lire (entre autres) les comptes-rendus de la commission d'enquête. Ils sont très instructifs à plusieurs niveaux. A partir d'eux, on peut faire le décompte des présences et absences des 22 députés membres. Je dois hélas révéler qu'Arnaud Viala est jusqu'à présent l'un des moins assidus. Sur les 22 premières réunions, il n'a été présent que 8 fois : les trois premières, puis les septième et huitième réunions, sans prononcer le moindre mot. (On peut émettre l'hypothèse qu'il a compté sur la présence de son smartphone à côté de lui...) Il est revenu à la douzième réunion, qui a vu les membres de la commission (mais pas A. Viala) dialoguer avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Pour la petite histoire, un autre député aveyronnais a assisté à la séance : Yves Censi, qui n'était visiblement venu que pour poser une question en rapport avec la grève des techniciens et vétérinaires officiant à l'abattoir de Sainte-Geneviève-sur-Argence. (On remercie au passage le député pour son travail d'information, les médias locaux étant restés très discrets sur ce conflit social...)

   Arnaud Viala ne s'est exprimé qu'une fois (il a posé une question sur la méthode d'abattage), lors de la vingtième réunion... à laquelle assistait aussi Yves Censi. Précisons que c'était une table ronde avec des universitaires, des pointures chacun dans son domaine.

   Sur les douze séances "séchées" par Arnaud Viala, il n'a été excusé que deux fois. Pour traduire : il a été absent à une séance sur deux, sans même prévenir ni s'excuser. Parmi les séances qu'il a ratées, il y avait, au début, les trois consacrées aux abattoirs dans lesquels des vidéos choquantes ont été tournées. Cela dénote un manque d'implication de sa part dans un sujet pourtant important, pour l'alimentation des Français et pour l'économie aveyronnaise. A titre de comparaison, le député de la Lozère, Pierre Morel-A-L'Huissier (membre lui aussi du groupe Les Républicains) a assisté à 13 des 22 premières réunions (et aux douze premières)... et il a été bien plus actif pendant les séances.

dimanche, 29 mai 2016

Manifestation de bêtise

   C'était hier, samedi, à Millau. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est offert une journée aveyronnaise, qui l'a conduit de l'inauguration d'une plaque commémorative à celle d'un bâtiment de gendarmerie, en passant par le baptême d'une école.

   D'un côté, on peut se dire que la venue d'un membre éminent du gouvernement est l'occasion d'exprimer son mécontentement, surtout si ce membre a sous son autorité des personnes dont l'action est contestée (les forces de police).

   D'un autre côté, sa venue donne une force symbolique à ces trois événements. La présence du "chef de la police" à l'inauguration d'une plaque rappelant la déportation de 17 juifs de l'Aveyron pendant la Seconde guerre mondiale n'est pas anodine, puisque ces déportations n'auraient pas pu être effectuées sans la participation de la police du gouvernement de Vichy. (Signalons qu'une première plaque avait été apposée en 2011. La nouvelle concerne-t-elle d'autres personnes ?)

   La deuxième cérémonie n'a pas dû être moins émouvante, puisqu'elle a rendu hommage au policier chargé de protéger le caricaturiste Charb et qui, tout comme lui, a été assassiné le 7 janvier 2015. A cette occasion, j'ai appris que Franck Brinsolaro avait des attaches aveyronnaises. Cette semaine, c'est d'abord un article de Var Matin qui révélait que le policier toulonnais était le petit-fils de Jules Merviel, un coureur cycliste décédé à Toulon, mais né à Saint-Beauzély.

   Concernant ce sportif, le plus étonnant a été de constater que le site le plus complet à son égard est une page wikipedia... en anglais ! Pour en savoir un peu plus, on peut consulter Le Dictionnaire de l'Aveyron, de Jean-Michel Cosson. On y découvre que le cycliste a participé à trois Tours de France, l'un d'entre eux ayant été le théâtre d'un grave accident. (Toutefois, l'année de décès -1963- ne coïncide pas avec ce qui est dit dans la note, ni avec ce qu'on peut lire ailleurs.) Dans l'article de Midi Libre d'hier, on apprend que, garçons, les deux frères Brinsolaro ont, à plusieurs reprises, passé leurs vacances chez leur grand-père aveyronnais.

   Le périple rouergat de Bernard Cazeneuve s'est achevé à Salles-Curan, où il a inauguré les nouveaux locaux d'une brigade de gendarmerie. Il en a profité pour annoncer le renforcement des effectifs de policiers et gendarmes dans notre département. Même s'il est légitime de penser qu'à moins d'un an d'élections capitales, cette annonce n'est pas le fruit du hasard, elle n'en est pas moins bienvenue. (A partir de 2017, si, comme beaucoup de monde le pense, Les Républicains reviennent au pouvoir, je pense que l'on sentira rapidement la différence...)

   Cela nous ramène à la vulgarité du comité d'accueil organisé par une poignée de manifestants, à Millau :

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Midi Libre, 28 mai 2016

   Qu'ils aient souhaité exprimer leur opposition à la politique gouvernementale, soit, mais point n'était besoin de pourrir l'intervention de Serge Klarsfeld et celles des enfants associés à la cérémonie. A ce niveau, je partage la réaction du président du Conseil départemental, Jean-Claude Luche, publiée aujourd'hui dans La Dépêche du Midi.

samedi, 14 mai 2016

Accusations opportunes

   Le week-end est souvent pour moi l'occasion de trier les journaux... et, éventuellement, de relire tel ou tel article, à la lumière des jours ou semaines qui ont suivi. Voilà pourquoi je me suis replongé dans un papier paru le 20 avril dernier dans Le Monde. Il est consacré au départ de Denis Baupin d'Europe Ecologie Les Verts, un événement intersidéral auquel je n'avais à l'époque guère prêté attention. Au-delà de ce que je pouvais penser du vice-président de l'Assemblée nationale, l'article confirmait le sectarisme de ces supposés écologistes, de surcroît plus adeptes des jeux politiciens que de l'action concrète.

   Mais cette relecture m'a fait tiquer parce qu'auparavant, je m'étais plongé dans Le Canard enchaîné de mercredi dernier. Or, page 2, se trouve un encadré intitulé "Duflot et Mélenchon à la manoeuvre". Il y est fait mention de courriels datant du 4 mai (émanant de l'entourage des deux susnommés), annonçant pour bientôt des révélations sur le harcèlement sexuel en France. Le 10 mai éclatait l'affaire Baupin. Etonnant, non ?

   Soyons clairs : il n'est pas question ici de dédouaner Denis Baupin de quoi que ce soit. S'il est avéré qu'il s'est comporté comme un porc, je souhaite qu'il soit condamné avec sévérité. Mais, alors qu'il apparaît que les écarts de comportement du député étaient connus d'un assez grand nombre de personnes (et ce depuis plusieurs années), il est sidérant de constater que c'est deux semaines après son départ d'EELV que l'histoire a pris une tournure judiciaire.

   Conclusion : soit les auteurs des courriels évoqués par le Canard ont seulement bénéficié d'un "tuyau" juste avant que l'affaire n'éclate, soit certains apparatchiks d'EELV ont fermé les yeux pendant des années sur le comportement de Denis Baupin, pour ne les rouvrir que quand ça les arrangeait. (De sordides calculs politiciens seraient derrière cela : il faut empêcher les écologistes gouvernementaux de se renforcer, dans le but de torpiller la candidature Hollande en 2017.)

   Et que dire de l'attitude de sa compagne, Emmanuelle Cosse ? Elle n'est peut-être qu'une femme trompée comme tant d'autres, c'est-à-dire la dernière à être au courant, malgré les soupçons qu'elle nourrissait. J'ai quand même du mal à le croire. Et que dire de leur mariage en 2015 ? Etait-ce pour la galerie ? Leur relation fonctionnait-elle sur la base de l'amour libre ? Ou bien s'agit-il là d'un énième couple de façade, uni surtout par l'ambition politique ?

vendredi, 13 mai 2016

Emmanuel et Jeanne

   Le ministre de l'Economie s'est illustré lors de la seconde fête nationale française, celle du patriotisme, qui rend hommage à Jeanne d'Arc et -on l'a souvent oublié- a été instaurée en 1920. Quand elle tombe le 8 mai (c'est-à-dire quand celui-ci est le deuxième dimanche du mois), on la confond avec la commémoration de la capitulation allemande, en 1945. Des dizaines d'années de désinformation du Front national ont aussi fait croire que c'était le premier mai qu'il fallait rendre hommage à la Pucelle. (Rappelons que l'extrême-droite n'a fixé cette date que pour contrecarrer les manifestations de salariés organisées le premier mai.)

   On l'a aussi oublié, mais il est prévu qu'un représentant de l'Etat (éventuellement membre du gouvernement) assiste la commémoration de la délivrance d'Orléans. La présence d'Emmanuel Macron ne résulte donc pas d'un caprice, mais plutôt du désintérêt de ses collègues pour la chose. (Et ça le rapproche un peu de Nicolas Sarkozy...) Le discours qu'il a prononcé est plutôt bien tourné, même si l'on comprend assez vite qu'à travers Jeanne, c'est sa propre cause qu'il défend.

   Certains caricaturistes ont sauté sur l'occasion pour comparer les deux personnages, dont les préoccupations ont pourtant l'air si éloignées les unes des autres. Voilà donc Emmanuel Macron traité à la sauce johannique. Vu la jalousie qu'il suscite jusque dans son camp, on ne s'étonne pas que certains de ses "camarades" souhaitent le voir finir sur un bûcher. Ornikar voit plutôt Manuel Valls y mettre le feu :

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   ... alors que Nono, dans Le Télégramme, est d'avis que c'est François Hollande lui-même qui pourrait avoir envie de se débarrasser du jeune ambitieux :

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   Notez l'inscription qui figure sur le socle de la statue, dont le dessin évoque celle qui se trouve non pas à Orléans, mais à Paris, place Saint-Augustin :

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   Ce rapprochement est tout sauf innocent, puisque c'est à cet endroit qu'en 2016, Marine Le Pen a choisi de célébrer la Pucelle, laissant la place des Pyramides aux groupies de son père (qui comptaient peut-être sur une nouvelle intervention des Femen....). C'est d'ailleurs la statue d'un autre Emmanuel (Frémiet) qui semble avoir inspiré Le Canard enchaîné (dans le numéro sorti le 11 mai) :

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   ... à moins que ce ne soit plutôt une image de propagande nazie (Le Porte-drapeau), célébrant Adolf Hitler. Vous allez voir, la ressemblance est troublante (et, si l'intention est confirmée, c'est vraiment minable de la part du dessinateur du Canard) :

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   Les statues nous mènent immanquablement à l'armure, un détail vestimentaire qui ne va pas trop mal au ministre de l'Economie, que ce soit sur un site droitier...

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   ... ou un autre, plus neutre :

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   Cette fois encore, la statuaire johannique est mise à contribution... et de manière plus rigoureuse que ci-dessus, puisque la tête du ministre a été placée au sommet de la très belle statue de la place du Martroi, à Orléans. (Concernant cette oeuvre, l'histoire se fait ironique, puisqu'elle aurait été sculptée dans un bronze issu... de canons anglais !)

   Une fois vêtu comme Jeanne, il n'est pas étonnant que le ministre se mette lui aussi à entendre des voix, comme l'imagine Zonz :

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   A ceux qui trouveraient cette posture familière, je précise qu'elle est calquée sur celle de l'actrice Ingrid Bergman qui, en 1948, incarna la paysanne lorraine dans un film réalisé par Victor Fleming :

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   Plus terre-à-terre, Lacaï fait le lien avec le petit comité d'accueil hostile qui s'est exprimé lors de la venue d'Emmanuel Macron :

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   Très majoritairement, les caricaturistes dénoncent la tentative de récupération, que ce soit à pieds...

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   ... ou à cheval :

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   A ma connaissance, une seule personne a suggéré (par le dessin) que le ministre pouvait avoir perdu la tête :

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   Mais, après tout, pourquoi ne serait-il pas (au moins un peu) sincère ? Pourquoi un ministre du XXIe siècle ne pourrait-il pas "en pincer" pour la révoltée du XVe ? C'est ce qu'a imaginé l'un des caricaturistes de Charlie Hebdo (qui s'appuie aussi sur le fait que l'épouse d'Emmanuel Macron soit beaucoup plus âgée que lui) :

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   P.S.

   Une âme charitable m'a signalé que le prénom Emmanuel, d'origine hébraïque, signifie "Dieu avec nous". Voilà qui le lie encore plus à Jeanne d'Arc. De surcroît, il me semble que le prénom a aussi été utilisé pour désigner le Messie. Macron sera-t-il celui de la gauche ?

mercredi, 11 mai 2016

Inculture américaine

   Lundi soir, France 2 a diffusé l'avant-dernier épisode de la saison 5 de la série Rizzoli & Isles. On y découvre que le médecin-légiste, interprété par la charmante Sasha Alexander (qui fit jadis les beaux jours de NCIS), a été nommée présidente de l'ordre des médecins de la Nouvelle-Angleterre (la région située dans le nord-est des Etats-Unis) :

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   En son honneur, ses amis ont organisé une petite sauterie, au cours de laquelle se produit un de ces couacs culturels qui marque, aux yeux du téléspectateur américain moyen, l'écart qui sépare l'intello bourgeoise Maura Isles de ses collègues et amis du commissariat de Boston :


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   Pour être juste, il faudrait faire l'expérience en France. Quelle proportion de gens ordinaires ignore que Nemo est le nom de l'un des plus célèbres héros de Jules Verne, un capitaine ombrageux qui apparaît dans Vingt mille lieues sous les mers et L'Ile mystérieuse ?

   Pour les médecins de Boston, Nemo est l'acronyme de l'association médicale. Pour les autres, c'est juste un poisson coloré, héros d'un film d'animation, l'un des premiers gros succès des studios Pixar.

lundi, 09 mai 2016

Politiquement correct à Londres

   La récente campagne des élections municipales de Londres a placé au centre de l'attention générale le candidat (finalement élu) du parti travailliste Sadiq Khan. On a lu et entendu un peu tout et n'importe quoi à son sujet. Qu'en retenir ?

   Tout d'abord (et c'est le plus important), qu'un enfant d'immigrés, dont les parents sont chauffeur de bus et couturière, est devenu maire de la plus grande ville du pays (et l'une des plus puissantes du monde). Mais point n'est besoin de s'esbaudir. En 2014, les Parisiens ont fait encore plus fort, élisant pour la première fois une femme au poste de maire, et pas n'importe laquelle : Anne Hidalgo, une immigrée, née en Andalousie, dont les parents, ardents républicains, exerçaient des métiers modestes (ouvrier et couturière). Mais elle n'est pas musulmane... Les médias avaient besoin de ce symbole, qui donne une image positive d'un croyant sincère, mais moderne, aucunement intégriste.

   Pourtant, durant la campagne, ses adversaires ont laissé entendre qu'il avait côtoyé de drôles de zigues dans sa jeunesse, notamment quand il était avocat. Sadiq Khan l'a reconnu, mais affirme avoir coupé les ponts avec toute cette engeance intégriste. A voir sa compagne et ses filles, habillées à l'occidentale, on est tenté de croire à cette version, en dépit des tentatives de désinformation relevées par Le Monde.

   La deuxième erreur est de présenter le nouveau maire comme un perdreau de l'année. C'est au contraire un politicien déjà expérimenté : il est devenu conseiller municipal dès 1994 (à 24 ans), député en 2005 (à 35 ans) et ministre en 2008 (à 38 ans). En 2010, il a aidé Ed Miliband à prendre le contrôle du Labour et il a occupé un poste (virtuel) de ministre dans son "cabinet fantôme" (sorte de contre-gouvernement mis sur pied par le principal parti d'opposition, au Royaume-Uni).

   Une autre question qui se pose à propos de Sadiq Khan est son attitude vis-à-vis des juifs. Ses anciennes fréquentations (notamment son soutien au prédicateur extrémiste Louis Farrakhan) ont pu jouer contre lui. Mais il a condamné sans réserve les dérives antisémites de certains membres de son parti, y compris les propos (très) tendancieux de l'ancien maire de Londres Ken Livingstone. Un journal comme le Times of Israel (peu suspect de complaisance dans ce domaine) a dressé un portrait plutôt flatteur du candidat travailliste.

   Cela nous mène à son principal adversaire, Zac Goldsmith, présenté dans le même article. C'est fou comme les Anglo-Saxons n'ont pas les mêmes prudences que nous ! Durant la campagne, jamais je n'ai lu ou entendu un-e journaliste français évoquer le fait que le candidat conservateur est issu d'une famille judéo-chrétienne. Le plus souvent, on s'est contenté d'opposer socialement les deux hommes (le fils du conducteur de bus contre le fils de milliardaire).

   Les journalistes ont peut-être redouté d'alimenter certains clichés antisémites, qui ont récemment fait l'actualité dans notre pays. Mais, refuser l'assimilation juif = riche est une chose, admettre que certains juifs sont riches en est une autre. Je reconnais toutefois qu'il n'est pas aisé de rester nuancé sur le sujet, surtout quand, sur la Toile, quelques abrutis déversent leur bile antisémite. De surcroît, à ma connaissance, Zac Goldsmith n'est pas du tout religieux et il n'a jamais publiquement revendiqué ce pan de la culture familiale. Cette information aurait cependant éclairé le public français : elle permet de comprendre l'engouement que la candidature de Sadiq Khan a suscité dans certains milieux, qui voulaient surtout faire perdre un Zac Goldsmith.

dimanche, 08 mai 2016

Le Broussy à l'honneur

   Chaque samedi, Centre Presse et Midi Libre (édition de Rodez) publient (sous la plume de Jacques Boutet) un petit article rétro (illustré) à propos d'un lieu, d'une rue ou d'une activité du chef-lieu aveyronnais. Il me semble qu'il y a quelques mois, le jour de parution de la chronique était le dimanche. Depuis le basculement au samedi, je dois avouer que j'achète Midi Libre ce jour-là, d'abord parce que le magazine télé vendu avec Centre Presse le samedi ne m'intéresse aucunement, ensuite parce que, dans Midi Libre, la chronique est en couleurs. (Ceci dit, c'est aussi désormais le cas de Centre Presse.) Elle a pour titre Hier encore, peut-être en référence à une chanson de Charles Aznavour.

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   Bien que construit en 1891, c'est entre les deux guerres mondiales que l'hôtel-restaurant a pris la physionomie qui a fait sa réputation, sous l'impulsion de l'architecte André Boyer, un ami de Pierre Broussy, avec lequel il chassait. A ce sujet, je conseille vivement la lecture du livre Combarel, 1919-1939, publié dans le cadre d'une passionnante exposition organisée au musée Fenaille en 2013-2014.

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   On y découvre qu'André Boyer avait projeté de transformer le quartier du Foirail, en le reliant à une nouvelle gare, qui aurait été aménagée aux environs de la halte Paraire, pas très loin de l'un des viaducs ferroviaires. Cela aurait donné naissance à une grande perspective jusqu'à la cathédrale :

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   Mais revenons au Broussy. L'hôtel et le café ont vu leurs destins se séparer. L'hôtel a connu des difficultés financières. Il me semble qu'il a subi une liquidation judiciaire, avant d'être racheté (en 2007)... par le groupe Ruban Bleu. Son nom a été changé. L'établissement est devenu l'hôtel Mercure Cathédrale, dont le confort se serait nettement amélioré grâce aux travaux engagés depuis une dizaine d'années. La récompense n'a pas tardé : en 2012, l'hôtel a obtenu une quatrième étoile (un classement qu'il faudra confirmer en 2017).

   Quant au café, resté "Le Broussy", il continue sa vie atypique dans le paysage ruthénois. Pensez donc : on ne s'y fait pas flinguer les tympans par un tintamarre diffusé à pleins tubes. Ici règne la musique classique, en fond sonore, parfois entrecoupée de morceaux de jazz. Côté boissons, le café est connu pour l'excellence de son chocolat chaud et la variété de ses thés. Il est tenu par un couple emblématique, très sympathique... et âgé ! Même s'ils ne sont pas seuls, il faut reconnaître qu'ils ont bien du courage. Ils ont d'ailleurs mis en vente l'établissement. Je crois avoir compris qu'ils ne souhaitent pas le céder à n'importe qui.

   De plus, il a récemment pris une valeur supplémentaire. Un arrêté du 16 octobre 2014 a inscrit l'hôtel et le café à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Parmi les parties protégées, outre les mosaïques, on remarque le salon de l'hôtel, garni de toiles de Maurice Bompard, un peintre orientaliste (né à Rodez) auquel une exposition avait été consacrée en 2013 par le musée Denys-Puech de Rodez et celui de Millau.

   Terminons par les illustrations. La chronique de Jacques Boutet en contient deux. La première pourrait dater des années 1970, au vu du style des voitures :

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   La seconde est beaucoup plus récente. Elle est signée José Torres. Elle est reprise d'un article paru l'an dernier dans Centre Presse :

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   P.S.

   La petite renommée de l'établissement n'a pas que des conséquences positives. Certains touristes indélicats pénètrent sans vergogne dans la salle, jettent un coup d'oeil, parfois prennent une photographie... et repartent sans consommer ne serait-ce qu'un modeste café ! Bande d'abrutis !

vendredi, 06 mai 2016

Du bruit autour des éoliennes

   Ce bruit est d'abord celui d'une série d'articles parus ce vendredi dans La Dépêche du Midi, sur une double page. Ils sont illustrés par une carte (fort instructive) des implantations d'éoliennes dans l'Aveyron (en service, en attente, en cours d'instruction) :

LaDépêche 06 05 2016.jpg

(Une version grand format est disponible dans l'édition papier.)

   Que constate-t-on ? Que l'ouest, le nord-ouest et le nord du département sont exempts d'implantation. Pour le nord, on n'est pas étonné, puisque les promoteurs aveyronnais du PNR Aubrac n'en veulent pas (contrairement  à certains de leurs voisins lozériens). Concernant les installations en attente, on remarque que sont concernées les communes proches de la partie est de la RN88 et (surtout) celles du Sud Aveyron, le projet le plus important portant sur la commune de Mélagues. Le quotidien oublie de rappeler qu'une discrète décision de justice (relayée, à ma connaissance, uniquement par L'Hebdo) entrave la réalisation dudit projet.

   Cette énergie renouvelable semble ne plus avoir le vent en poupe dans le département : le commissaire-enquêteur désigné pour évaluer à nouveau le dossier de Bertholène vient de rendre un avis défavorable. Notons que cela ne clôt pas l'affaire : il y a trois ans, un autre commissaire-enquêteur, analysant la première version du dossier, avait donné un avis favorable, ce qui n'avait pas empêché le projet d'être bloqué. (Le quotidien publie un autre papier utile pour comprendre les méandres de la procédure.)

   Bien conçue, la double-page de La Dépêche s'efforce d'aborder le plus grand nombre d'aspects possible. Ce sont surtout les aspects négatifs qui sont évoqués, notamment dans un entretien avec un opposant au projet des Palanges. C'est intéressant parce que c'est argumenté, à l'exception toutefois de la question touristique. J'aimerais bien connaître l'identité de ces "professionnels du secteur du tourisme installés au Lévézou" qui auraient cessé leur activité à cause de la mauvaise image des éoliennes. Là, on est dans l'exagération.

   Il faut aussi revenir sur certaines affirmations, notamment celles portant sur la supposée dévalorisation du patrimoine immobilier à cause de l'implantation d'éoliennes à proximité. Voilà qui mériterait une argumentation chiffrée, qui s'appuierait, par exemple, sur les données rassemblées par les notaires. Rendez-vous compte ! Des bourgeois s'offrent une chaumière dans une campagne dynamique, comptant la revendre avec un joli bénéfice ! On est loin des ruraux bien implantés, dont la maison, véritable patrimoine familial, n'est pas destinée à être vendue, mais léguée aux enfants.

   Tout cela n'empêche pas qu'il faille rester vigilant quant au développement de l'éolien, à mon avis indispensable. Mais il doit s'effectuer en suivant des règles strictes, qui concilient notre avenir énergétique avec le bien-être des habitants.

vendredi, 29 avril 2016

Antisémitisme ordinaire

   Hier, dans La Dépêche du Midi (mais l'information est parue dans d'autres journaux), une petite colonne, située en bas à gauche de la page 7, portait le titre : "Passé à tabac car juif et donc... riche". On pourrait se contenter de hausser les épaules et se dire que, dans le torrent de violence et d'incivilités qui marque notre époque, ce n'est qu'une goutte d'eau supplémentaire. Certains "esprits forts" pourraient même suggérer la prudence, puisque, ces dernières années, quelques unes (très rares) des agressions rapidement qualifiées d'antisémites se sont révélées fausses. (On pense notamment à la jeune femme du RER, en 2004, et à l'enseignant marseillais, en 2015.)

   Mais l'affaire qui nous occupe (et qui remonte à novembre 2015, pour l'agression) est éclairante à bien des égards. Elle est d'abord révélatrice des préjugés antisémites qui existent au sein d'une partie de la population française : l'employé de la serrurerie était présumé riche car juif. On retrouve ici le même type de préjugés que ceux qui ont été à l'oeuvre dans l'enlèvement puis le meurtre d'Ilan Halimi, en 2006. (Notons que la plupart des agresseurs sont déjà sortis de prison...) Le pire est que l'homme n'est pas juif, mais a été supposé tel parce que son patron avait fait de la publicité sur Radio J. Là, c'est révélateur d'un mode de raisonnement communautaire, une autre des plaies de notre époque : les juifs avec les juifs, les musulmans avec les musulmans etc.

   Le troisième élément qui saute aux yeux est une absence : celle de la moindre allusion à l'origine ou la culture des accusés. Les deux principaux sont qualifiés d'adolescents (ils ont 16 ans, mais en avaient 15 lors de l'agression). Ils habiteraient Bussy-Saint-Georges (ils sont scolarisés dans le lycée local), une ville de la banlieue parisienne, située dans une partie de la Seine-et-Marne proche de la Seine-Saint-Denis. Vous voyez où je veux en venir : on se demande si les agresseurs ne seraient pas musulmans. L'affirmer, à ce stade, est faire preuve de préjugés... mais aucun élément n'a été publié dans la presse permettant de se faire une idée sur la question (ni prénom, ni initiales, ni lieu d'habitation ou situation familiale). Je sais bien qu'il faut protéger l'identité des mineurs, mais là, il me semble que l'excès de précaution masque quelque chose...

   P.S.

   Le jeune homme agressé a récemment témoigné sur Europe 1.

jeudi, 21 avril 2016

Une "nouvelle" statue-menhir

   Elle a été découverte à la frontière du Tarn et de l'Aveyron (côté tarnais), dans la commune de Montirat, située grosso modo à mi-chemin de Villefranche-de-Rouergue et d'Albi :

Carte.jpg

   A ma connaissance, c'est Centre Presse qui a sorti l'information en premier, dans son numéro de mardi :

CPresse 19 04 2016.jpg

   L'article nous révèle deux autres choses, d'abord que la véritable découverte est beaucoup plus ancienne, ensuite que c'est parce qu'il était venu au (superbe) musée Fenaille qu'un chasseur du coin a compris l'importance de l'objet. (On peut aussi déplorer que ce modeste paragraphe n'ait pas été relu avec plus d'attention...)

   Pour savoir à quoi ressemble la statue-menhir, on peut se rendre sur le site de France 3 Midi-Pyrénées, qui en a parlé le même jour que Centre Presse (mais plus tard, dans l'après-midi) :

2016 a.jpg

2016 e.jpg

   On nous dit que la statue aurait environ 5 000 ans et qu'elle serait inachevée. La courte vidéo montre un archéologue examinant l'objet. Il penche pour une statue féminine, bien qu'il manque nombre de détails. Peut-être qu'après son nettoyage d'autres éléments (même ténus) apparaîtront.

   P.S.

   Rappelons qu'en 2013 une autre statue-menhir avait été découverte, à la limite de l'Hérault et du Tarn. A l'époque, on en a beaucoup parlé parce qu'elle a été trouvée enterrée (ce qui pourrait fournir de précieuses informations sur le contexte de sa création) et parce qu'elle comporte une bouche (ronde), une première chez une statue masculine :

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   P.S. II

   Quelques années auparavant (en 2010 ?), une autre statue avait été découverte dans le Tarn, à Montalet (du côté de Lacaune), pas très loin des rives du lac où la précédente était enfouie. Elle a fait l'objet d'une analyse détallée par Jean Gasco et Michel Maillé.

mercredi, 30 mars 2016

"Le Monde" coquinou

   Je fais partie des lecteurs du "quotidien de référence" qui apprécient modérément le supplément magazine du samedi. Celui-ci est essentiellement constitué de publicités tape-à-l'oeil pour des produits moches et chers. Sont intercalés des articles d'intérêt extrêmement variable. Parfois, ce sont des entretiens lèche-cul, parfois, ce sont des reportages originaux. Du coup, en général, je survole les pages en papier glacé, réservant mon attention au véritable contenu rédactionnel, celui imprimé sur les feuilles pourries qui tachent les doigts.

   Ce week-end, en mettant un peu d'ordre dans les vieux journaux avant de les apporter à la borne dédiée, je me suis replongé dans certains exemplaires, dont le magazine du samedi 12 mars 2016. Je suis retombé sur des photographies de mode d'un Japonais excentrique qui, dans la plupart de ses clichés, avait associé des objets anodins ou des poupées démembrées à des accessoires de mode. L'une des photographies faisait exception : on pouvait y voir un sac à main sans doute onéreux, que l'on pourrait qualifier de bien membré :

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mercredi, 17 février 2016

Un métier à risques

   C'est peu après 11 heures, ce matin, que, sur mon lieu de travail, a commencé à se répandre la nouvelle du meurtre d'une jeune conseillère de la Chambre d'agriculture de l'Aveyron, sur la commune de Mayran.

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   Dès que cela a été possible, tout le monde s'est rué sur les sites des médias locaux et nationaux, où l'on a pu lire les informations basiques sur cet horrible fait divers. Ici ou là, quelques imprécisions ont été relevées, sur l'heure du meurtre (7h ? 7h30 ? 8h30 ?) ou l'âge de la victime (estimé selon les sources à 25, 26 ou 27 ans). Presque tous les médias n'ont publié que le prénom de la victime (Elodie). Son identité complète a été révélée notamment par L'Obs.

   Il serait déplacé de discuter ici des détails de l'agression dont la jeune femme a été la cible. La gendarmerie enquête. Laissons-la traiter cette affaire avec la circonspection qui s'impose. L'examen du contexte dans lequel ce meurtre s'est déroulé n'en est pas moins porteur d'enseignements sur quelques évolutions récentes du monde agricole et para-agricole.

   La victime, technicienne à la Chambre d'agriculture, a pu être parfois désignée sous le nom de "contrôleur laitier". Cela appelle deux remarques. La première est que, depuis au moins une dizaine d'années, le contrôleur laitier est de plus en plus souvent... une contrôleuse. La profession, comme tant d'autres, s'est féminisée... et rajeunie. Les agriculteurs ont vu débarquer dans leur ferme un autre profil de technicien-ne, auquel ils n'étaient pas accoutumés.

   Ces jeunes sont généralement issus de l'enseignement supérieur court. Ils (Elles) sont souvent titulaires d'un BTS, agricole ou pas. Ils (Elles) ont de plus en plus tendance à prolonger par une licence professionnelle. Ils (Elles) deviennent techniciens, à un poste où la rémunération dépasse rarement le SMIC. De surcroît, comme l'activité de conseil à laquelle ils (elles) se livrent ne se limite pas aux visites sur site (ils sont souvent contactés par téléphone... et pas qu'aux heures de boulot), on comprend vite que la fonction n'est pas des plus attractives. Du coup, dans certains départements, le turn-over est élevé, ce qui agace les agriculteurs plus âgés, habitués à garder longtemps le même interlocuteur, qui finit par comprendre à demi-mots les petits problèmes de ses "clients".

   La deuxième remarque porte sur le travail de ces "contrôleurs". Ce sont fréquemment de simples conseillers, dont la mission est d'aider les agriculteurs à améliorer leur production, dans le respect de la réglementation existante. C'est le prix à payer pour garder une agriculture de qualité, quoi qu'en pensent les grandes gueules promptes à beugler contre les "contraintes administratives". Mais, pour certains agriculteurs, ces conseillers sont parfois les seuls visiteurs qu'ils reçoivent de la semaine. Si une relation de confiance s'installe entre les deux parties, le conseiller peut se muer en confident. Si c'est la méfiance qui l'emporte, le conseiller peut devenir le bouc émissaire du mal-être d'un agriculteur dépassé par les événements.

   On pourrait penser que des femmes compétentes sur le plan technique sont mieux placées pour instaurer un dialogue apaisé avec des professionnels à cran. Mais, au quotidien, les jeunes femmes se retrouvent, de temps à autre, confrontées à des situations délicates... et à des individus qu'il serait difficile de qualifier de gentlemen. C'est qu'il peut s'en passer des choses, dans la quiétude d'une exploitation reculée ! Certaines garderaient une petite bombe dans leur sac. D'autres, plus sportives, se sentent suffisamment "entraînées" pour repousser un mec trop collant. Il y a aussi la solution du gros chien qui attend dans la voiture. Il paraît que ça calme bien des ardeurs...

   Tout ça pour dire que la fonction de technicien-ne à la Chambre d'agriculture n'est pas de tout repos et que, si ce fait divers horrible pouvait (indirectement) contribuer à améliorer le sort de ces agents, ce ne serait déjà pas si mal.

dimanche, 14 février 2016

Délinquance juvénile (suite)

   Cela fait partie des petits bonheurs de la lecture d'anciens journaux. Chaque semaine, l'hebdomadaire aveyronnais Le Villefranchois propose, dans un encadré, un extrait d'un numéro datant d'environ 100 ans. A l'époque, le journal s'appelait Le Narrateur. Voici ce qu'on peut lire dans l'exemplaire sorti jeudi dernier :

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   Comme cet organe de presse a été entièrement numérisé, on peut se rendre sur le site des Archives départementales de l'Aveyron pour vérifier que la citation est exacte :

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   Il s'agit bien d'un extrait du numéro du 12 février 1916. (Notons qu'une petite coupure a été pratiquée.) Dans la partie aveyronnaise des informations, on peut lire un article sur une nouvelle marraine de guerre, qui a accepté de correspondre avec un soldat prisonnier en Allemagne, père de six enfants. Un peu plus loin, il est question d'une éclipse de soleil et de nouvelles machines agricoles, dont la maniabilité a été testée.

   La première page du journal est consacrée aux informations nationales et internationales. Les nouvelles des combats sont assez vagues et peu intéressantes. Au niveau des anecdotes, on retiendra les funérailles des victimes des bombardements opérés par les dirigeables allemands (les fameux Zeppelins). A l'étranger, c'est la guerre civile en Chine qui est l'honneur, ainsi qu'un mystérieux incendie du parlement canadien, à Ottawa. L'article penche pour un complot allemand.

   Mais revenons à nos moutons aveyronnais. Les incivilités de 1916 ne sont pas sans rappeler (hélas) celles de notre époque, preuve que, d'un siècle à l'autre, la bêtise ne change guère. On en avait d'ailleurs déjà eu la preuve dans un précédent numéro du Villefranchois, paru il y a environ deux ans et demi.

   P.S.

   Concernant le Journal de l'Aveyron, dont les exemplaires ont eux aussi été numérisés, il conviendrait de mettre un peu d'ordre dans le classement des numéros. Quand on recherche ceux d'une année précise, on trouve les exemplaires présentés non pas par mois, mais en fonction du jour de parution, quel que soit le mois... si bien que, dans l'ordre des réponses pour l'année 1916, le numéro du 1er octobre arrive en tête, suivi de ceux du 2 janvier, du 2 avril, 2 juillet, 3 septembre, 3 décembre, 4 juin...

vendredi, 22 janvier 2016

Féminisme assyrien

   Il y a environ 4 000 ans, dans la région de Mossoul, où sévissent actuellement les nervis de l'Etat islamique, des femmes jouissaient d'une assez grande liberté, comme on peut le constater en lisant l'un des articles du dernier numéro des Cahiers de Sciences & Vie (celui de janvier 2016) :

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   C'est grâce à la traduction de milliers de tablettes d'argile que l'on en a appris davantage sur cette prestigieuse civilisation. On découvre ainsi des bribes de correspondance au sein de familles de marchands. Le père ou mari étant souvent en déplacement, une grande autonomie était laissée aux épouses et aux filles qui, de surcroît, avaient appris à lire, écrire et compter (autant de compétences qu'on serait ravi de voir maîtrisées par les élèves qui sortent de l'école primaire française du XXIe siècle...).

   Les extraits proposés dans l'article témoignent de l'aplomb avec lequel les marchandes s'exprimaient : elles n'étaient visiblement pas des épouses ou des filles soumises et effacées. Elles pouvaient d'ailleurs décider de divorcer. Ajoutons qu'à cette époque, le monde assyrien tend vers la monogamie (contrairement à ce qui existe dans bien d'autres civilisations de l'Antiquité, du Moyen Age... voire de l'époque contemporaine). Il existait même des femmes adultes célibataires, qui pouvaient posséder des terres et hériter des biens de leur père.

   Ce numéro des Cahiers de Sciences & Vie comporte d'autres articles enrichissants. Certains d'entre eux n'apprendront pas grand chose à ceux qui s'intéressent à des sujets comme le Saint Suaire de Turin ou les conséquences de l'éruption du Vésuve à Pompéi en 79. Le dossier qui fait la Une (consacré aux "invasions barbares") fait le point sur une question controversée, en s'appuyant sur de nombreux documents. Je recommande aussi l'article consacré à la violence à l'époque néolithique et celui qui évoque les pilleurs de patrimoine.

   Pour moins de six euros, cela vaut le coup !

mercredi, 13 janvier 2016

Déchéance de nationalité

   La Une du Canard enchaîné sorti aujourd'hui comporte un joli scoop (pour ceux qui ne connaissaient pas ce détail de l'Histoire) : un extrait du Journal Officiel (daté de 1940) évoquant la déchéance de nationalité qui a frappé, à l'époque, un certain Charles de Gaulle.

   On peut retrouver l'intégralité du décret sur le site de la Fondation de la France Libre. Notons que sa republication n'a rien à voir avec le débat qui agite actuellement l'opinion publique : il a été mis en ligne en juin 2010.

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    Cette avanie n'était que la dernière d'une série que le gouvernement de Vichy avait fait subir à Charles de Gaulle. Le général de brigade (à titre provisoire) a été successivement dégradé, mis à la retraite d'office, condamné à de la prison (par un conseil de guerre réuni à Toulouse) puis à mort, par contumace, à Clermont-Ferrand. (Cela veut dire que s'il avait été fait prisonnier par Vichy au cours de la guerre, il aurait sans doute été exécuté.)

   Cette condamnation à mort a d'ailleurs été évoquée par certains organes de presse. C'est le gros titre du numéro de Paris-soir paru le 4 août 1940 :

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   On la retrouve aussi en première page du quotidien catholique conservateur La Croix, le même jour :

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   Même le très sérieux journal économique Le Temps aborde le sujet, mais indirectement, dans un discret article situé en page 2 du numéro daté lui aussi du dimanche 4 août 1940 :

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samedi, 09 janvier 2016

La Poste menacée à Rodez

   Aujourd'hui, il fallait avoir de bons yeux, quand on est lecteur de La Dépêche du Midi, pour y dénicher, dans un coin de la page 36, un tout petit article qui aborde pourtant un grand sujet :

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   Selon le syndicat FO, l'existence même du bureau de Poste du Faubourg serait menacée, la direction de l'entreprise de service public étant tout acquise au fanatisme libéral qui fait des ravages dans notre pays. Derrière, on sent poindre l'argument de la "rentabilité" et, sans doute, le fait que la commune de Rodez (peuplée de 24 à 26 000 habitants, selon la méthode de comptage) possède deux autres bureaux de poste, un petit dans le "nouveau" quartier de Bourran et un grand (le principal, l'historique) au coeur du Piton, à proximité de la cathédrale :

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   Pourtant, le bureau du Faubourg ne me semble pas sous-utilisé. A chaque fois que je m'y rends, il y a du monde... certes, pas autant qu'à la poste centrale, mais tout de même ! De surcroît, ce bureau  a récemment (en 2012) bénéficié d'importants investissements (plus de 250 000 euros). Il ne faudrait pas que la municipalité ruthénoise se fasse berner comme sa voisine castonétoise, il y a environ trois ans. Je ne voudrais pas que l'on tente de faire avaler aux usagers la fermeture du bureau du Faubourg en échange de l'ouverture d'un relais-commerçant qui serait une régression en matière de service public.

dimanche, 03 janvier 2016

Des soldats drogués

   Ils sont au coeur de l'intrigue de l'épisode 2 de la saison 4 des Enquêtes de Murdoch, rediffusé ce dimanche sur France 3. Comme souvent dans cette série, les scénaristes ont mêlé des éléments historiques (de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle) à des considérations liées à notre époque, celle du début du XXIe siècle. Ainsi, dans la saison 1, a été abordé le cas des orphelins envoyés de force au Canada. Plus récemment, la question des droits des femmes s'est souvent retrouvée au premier plan, qu'il s'agisse du droit de vote, de l'éligibilité, des études, de la carrière comme de l'homosexualité féminine.

   Dans l'épisode qui nous occupe, les prémices de la seconde guerre des Boers constituent la trame de fond. Ce conflit a vu la participation des forces canadiennes, aux côtés des Britanniques, contre les colons sud-africains d'origine néerlando-franco-germanique. Chez nous, cette guerre, quand elle est connue, a la réputation d'avoir vu naître les camps de concentration, où des dizaines de milliers de civils ont été "parqués" par les Britanniques, dans des conditions exécrables.

   Durant son enquête, l'inspecteur Murdoch va découvrir l'usage qui a été fait de l'éphédrine... et ses effets secondaires. Je ne sais pas si l'armée britannique, dès cette époque, réalisait ce genre d'expérimentations. L'usage d'amphétamines s'est répandu dans l'Entre-deux-guerres, les nazis les ayant même utilisées au début du second conflit mondial.

   Mais, comme l'épisode a été tourné au début du XXIe siècle, on peut se demander s'il ne fait pas plutôt écho à une situation plus récente. Le fait qu'une part non négligeable des soldats se drogue (à l'opium, au cannabis, à l'héroïne...) pour échapper au stress des combats n'est pas nouveau. Mais le fait que l'armée teste de nouveaux produits sur ses soldats était resté relativement secret... jusqu'à la guerre d'Afghanistan. L'objectif avoué était de diminuer les effets de la fatigue sur les militaires en mission.

   Mais une atroce bavure a levé un coin du voile : en 2002, un aviateur américain a tué quatre soldats canadiens. Au bout de la procédure judiciaire, il n'a écopé que d'une interdiction de vol, d'un blâme et d'une amende. En 2004-2005, on avait prêté peu d'attention à l'une des justifications avancées (maladroitement) par le pilote Harry Schmidt : les effets secondaires de la prise de produits dopants. Ils sont évoqués dans un long article du Chicago Magazine, en juin 2007.

   Plus récemment, en 2012, Le Point s'est penché sur une dérive supplémentaire : l'automédication de certains soldats, qui fait d'eux de véritables bombes chimiques.

   Le phénomène touche d'ailleurs aussi bien les Occidentaux que les djihadistes. Au Moyen-Orient, le captagon est l'objet d'un important trafic : il est apparemment très prisé par les membres de Daech... et il est aussi très populaire en Arabie saoudite.

vendredi, 01 janvier 2016

Les premiers légionnaires de 2016

   Le Journal Officiel a publié les décrets comportant les noms des nommés et promus, que l'on peut aussi trouver sur le site de la Grande Chancellerie. La presse (notamment Le Monde) s'est comme d'habitude amusée à faire le compte des politiques connus et des "pipoles" distingués par le pouvoir social-démocrate. Elle a aussi relevé la place réservée aux victimes des attentats du 7 janvier 2015 et aux sauveteurs des rescapés (ceux de l'attentat raté du Thalys ayant été décorés en août dernier).

   Les lecteurs aveyronnais des décrets remarqueront la présence de certains noms. Le premier qui saute aux yeux (dès la page 2 du décret principal) est celui de Chantal Jourdan, promue sur le contingent du Premier ministre Manuel Valls :

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   L'ex-préfète de l'Aveyron (de 2004 à 2007) n'est pas présentée à ce titre, mais comme ancienne directrice de cabinet d'un ancien président du Sénat. Il s'agit de Jean-Pierre Bel, naguère élu ariégeois qui, avant Chantal Jourdan, avait utilisé les services d'un autre haut-fonctionnaire passé par l'Aveyron : Pierre Besnard (ancien secrétaire général de la préfecture), qui lui était devenu chef de cabinet. (Celui-ci gère l'agenda de la personnalité à laquelle il est attaché ; c'est une sorte de secrétaire, alors que le directeur de cabinet est un petit Premier ministre, qui a autorité sur les autres membres du cabinet.)

   Coïncidence troublante, quelques pages plus loin, c'est Pierre-René Lemas, le prédécesseur de Chantal Jourdan auprès de Jean-Pierre Bel, qui apparaît, sur le contingent du ministère des Finances :

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   C'est en tant que directeur général de la Caisse des dépôts et consignations qu'il est distingué. Cependant, au vu de son pedigree, il est évident que François Hollande récompense un fidèle parmi les fidèles, qui fut, rappelons-le, secrétaire général de l'Elysée de 2012 à 2014.

   Indirectement, ces nominations confirment la proximité entre Jean-Pierre Bel et l'actuel président de la République. La seconde promotion est d'autant plus gênante que Pierre-René Lemas est en fonction, tout comme, par exemple, Sylvie Pierre-Brossolette, promue sur le contingent du Premier ministre :

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   A première vue, cette promotion pourrait apparaître comme un signe d'ouverture (à droite) : Sylvie Pierre-Brossolette est une ancienne journaliste à L'Express, passée ensuite au Figaro et au Point, dont elle a été rédactrice en chef. Mais elle est aussi la petite-fille du résistant Pierre Brossolette (panthéonisé par François Hollande en 2015) et, surtout, elle a été nommée au CSA en 2013, par le président de l'Assemblée nationale, l'ineffable Claude Bartolone (défait aux élections régionales de décembre dernier, en Ile-de-France).

   N'est-il pas inconvenant qu'un gouvernement distingue un membre d'une autorité supposée être indépendante, alors que ce membre est encore en fonction ? De mauvais esprits seraient tentés d'y voir une forme de connivence, voire de faire le lien avec la récente décision du CSA d'autoriser le passage à la TNT gratuite de la chaîne LCI. Rappelons que ledit CSA est présidé par Olivier Schrameck, grand serviteur de la République, certes, mais aussi ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin (le mentor de François Hollande) pendant toute la période de cohabitation, de 1997 à 2002. Comme le hasard fait bien les choses, Lionel Jospin figure en tête des nouveaux promus : il obtient la dignité de grand'croix :

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   Mais revenons à nos moutons aveyronnais. L'ancienne préfète Chantal Jourdan n'est pas la seule à avoir été distinguée. On trouve dans la liste l'actuel occupant du poste, Louis Laugier. L'ancien militaire est nommé chevalier sur le contingent du ministère de l'Intérieur :

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   Un autre de ses prédécesseurs figure sur la liste : Anne-Marie Escoffier, préfète entre 1999 et 2001. Elle est promue officier, elle aussi sur le contingent du ministère de l'Intérieur. On se souvient d'elle parce que, par la suite, elle fut conseillère générale (du canton de Rignac), sénatrice de l'Aveyron et membre du second gouvernement Ayrault.

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   Si sa présence sur la liste des promus n'est pas une surprise, il est un autre nom que l'on s'étonne de retrouver, celui de l'un des actuels vice-présidents du Conseil départemental de l'Aveyron, Jean-François Galliard :

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   D'après vous, ce contempteur de la politique gouvernementale va-t-il pousser la cohérence idéologique jusqu'à refuser la breloque ? Les paris sont ouverts !

   Une autre personnalité de droite du Massif Central figure dans le décret, une certaine Eliane Wauquiez-Motte, maire de la commune du Chambon-sur-Lignon (en Haute-Loire) depuis 2008 (difficilement réélue en 2014) :

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   A ceux qui l'ignoreraient, j'apprendrai donc qu'il s'agit de la mère de Laurent Wauquiez. Elle n'est pas originaire du département (pas plus que son fils, né à Lyon et qui a fréquenté des établissements scolaires parisiens...), mais elle a jadis acheté une résidence secondaire pas très loin de là, en Ardèche. Touchée sur le tard par le virus de la politique, la maman n'accepte-t-elle pas en fait de jouer le rôle de marchepied pour son fils adoré, si doué... et si arriviste ? A travers elle, le gouvernement veut sans doute récompenser la maire qui a soutenu le projet de mémorial qui rend hommage à tout une région qui a sauvé des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. (On notera toutefois qu'en 2013, le gouvernement n'avait envoyé qu'une ministre déléguée à l'inauguration.)

   Il est d'autres personnes que l'on aurait souhaité ne pas voir figurer sur la liste des nommés et promus. Que vient donc faire ici la communicante Anne Méaux ? Elle symbolise avec d'autres le règne d'une faune de parasites de la politique, qui contribuent à faire passer la forme avant le fond. Aujourd'hui promue officier sur le contingent du ministre de l'Economie (socialiste), elle avait été nommée chevalier en 2007, par Dominique de Villepin, alors Premier ministre de Jacques Chirac. Quoi d'étonnant pour cette proche de François Pinault, ami intime de celui qui était alors président de la République ?

   Quant à ceux qui croiraient encore aux propos du style "Mon véritable adversaire [...] c'est le monde de la finance", je leur conseille de lire la page 9 du décret principal. Ils y trouveront Xavier Rolet, qui n'est autre que le directeur de... la Bourse de Londres.

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   Croquignolesque est aussi la présence au tableau d'honneur d'une certaine Marie-Jeanne Caudron de Coqueréaumont, "sous directrice des privilèges et immunités diplomatiques et consulaires au ministère" [des Affaires étrangères] :

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   Mais c'est un autre décoré figurant sur le contingent du ministre des Affaires étrangères qui est pour moi la source du meilleur gag de la promotion : James Bond en personne !

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   Evidemment, il ne s'agit pas d'un agent des services secrets britanniques. (Encore que... en est-on sûr ?) Le James Bond en question est un financier du développement durable, activité bien plus honorable que l'assassinat ciblé sur commande.

   Je suis persuadé que François Hollande a signé ce décret avec un petit sourire aux lèvres...

   P.S.

   J'ajoute une note aveyronnaise, pour conclure. L'architecte montpelliérain Emmanuel Nebout est lui aussi nommé chevalier de la légion d'honneur (page 21 du décret). A Rodez, on lui doit la nouvelle salle des fêtes, le cinéma multiplexe (et le parking) ainsi que le réaménagement du jardin public du Foirail. Toutes ces réalisations sont d'ailleurs présentées sur le site professionnel de l'architecte, dans l'onglet "projets", aux années 2012, 2013 et 2014.

mardi, 15 décembre 2015

Une animatrice aveyronnaise ?

   J'ai failli sursauter ce soir, en écoutant le podcast de l'émission "Si tu écoutes j'annule tout" de ce mardi, dont l'invité était le journaliste Benoît Collombat. Dans la dernière partie de l'émission, il était question du fait de passer ses vacances dans un lieu proche de son domicile, une pratique qui se développerait avec la persistance de la crise économique.

   Charline Vanhoenacker a fini par demander à l'ensemble des personnes présentes autour de la table si elles n'avaient pas gardé de bons souvenirs de vacances "ordinaires", dans l'enfance. Voici ce que l'une des chroniqueuses a répondu :


   Vu le ton employé par Mélanie Bauer, la vie aveyronnaise ne semble pas avoir franchement égayé son existence...

dimanche, 06 décembre 2015

Placement de produits

   C'est devenu une pratique courante dans le cinéma. On pourrait par exemple s'amuser à relever dans 007 Spectre la liste des produits de luxe (vêtements, voitures, montres, boissons, parfums...) qui sont plus ou moins habilement insérés dans l'intrigue. C'est aussi le cas des séries télévisées... y compris celles qui sont animées, comme Archer, la parodie de films d'espionnage dont j'ai déjà parlé l'an dernier.

   Actuellement, la chaîne France 4 rediffuse la saison 2, dont je n'avais pas vu l'intégralité. Dans l'épisode 8, où il est question du cancer de Malory puis de Sterling Archer, on voit distinctement une bouteille d'armagnac, dont l'étiquette est montrée en gros plan :

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   La commune d'Eauze, située dans le Gers, existe bel et bien... et, pour ceux qui l'ignoreraient, précisons que c'est le berceau historique de la célèbre eau-de-vie.

   Une question demeure : l'image (et la rédaction de l'étiquette) est-elle identique dans la version d'origine (américaine) de la série ? La réponse est oui. Voici ce que l'on peut voir au même moment de l'épisode :

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   Cela confirme qu'à l'étranger, il est signifiant de conserver le caractère français de certaines marques.

samedi, 28 novembre 2015

Montage hasardeux

   C'est un détail qui m'a sauté aux yeux en regardant l'épisode 8 de la saison 6 de la série Profilage (plus réussie que la saison 5, qui s'était achevée de manière grand-guignolesque). L'une des scènes de transition du début, à tonalité humoristique, fait intervenir l'informaticien Hyppolite et Jessica, ancienne coiffeuse délurée avec laquelle il a eu un enfant.

   Alors que celle-ci, sitôt arrivée, lui plaque une vigoureuse bise sur la joue droite (et rien que sur celle-ci), immédiatement après, c'est sur la joue gauche du jeune homme que l'on remarque une trace de rouge à lèvres (absente avant l'entrée de son ex dans la pièce) :

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   Fort heureusement, dans les plans suivants (issus d'un champ-contrechamp), on note la présence d'une autre trace de rouge à lèvres, sur la joue droite d'Hippolyte :

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   Tout semblait donc rentrer dans l'ordre. On avait visiblement coupé un peu trop tôt l'entrée de Jessica, qui avait dû gratifier l'informaticien de deux grosses bises, une sur chaque joue... eh bien non ! Juste après, lorsqu'on distingue à nouveau la joue gauche d'Hippolyte, on y constate l'absence de trace :

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   Une dizaine de secondes plus tard, catastrophe ! C'est de nouveau bisouté sur la joue gauche que le jeune homme apparaît à l'écran :

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   Le jeu continue quelques instants après, avec une joue sans tache :

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   La scène se conclut, juste avant l'arrivée d'une tierce personne, par un dernier plan de la joue gauche de l'informaticien, cette fois-ci marquée de rouge à lèvres :

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   On remarque d'ailleurs que la forme et la localisation de la trace varient en fonction des plans. La conclusion est que la scène a été jouée plusieurs fois. Certaines prises comportent deux bises, d'autres une seule. Au montage, on n'a pas pris la précaution de séparer les deux types de prises et l'on a mélangé les images des unes avec celles des autres.

   C'est courant quand on tourne un peu dans l'urgence. Il y a environ deux ans, j'avais fait le même genre de constatation à propos d'un épisode des Experts.

samedi, 21 novembre 2015

Le 13 novembre, tragédie mondiale

   Les journaux se sont mis à publier la liste des victimes des attentats de vendredi dernier. La plus complète que j'ai trouvée est celle du Parisien (que l'on peut croiser avec celle du Monde). Notons qu'un 130e nom (le dernier, espérons-le) vient de s'ajouter : l'une des personnes gravement blessées au Bataclan est décédée jeudi, à l'hôpital.

   Sur 130 personnes assassinées, 30 sont de nationalité étrangère ou nées à l'étranger, soit 23% du total. Quand on s'intéresse aux pays d'origine, on constate que quatre continents ont été touchés : l'Europe, l'Amérique, l'Afrique et (un peu) l'Asie.

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   D'outre-Atlantique, ce sont des Latino-Américains qui ont été tués. L'une d'entre eux, Nohemi Gonzalez, est états-unienne (avec des origines mexicaines semble-t-il). On remarque que l'autre Mexicaine (Michelle Gil Jaimez) et le Vénézuélien (Sven Silva Perugini) ont des liens avec l'Espagne, ce qui peut expliquer leur présence en France. Le cas de la Franco-Chilienne Patricia San Martin est le plus frappant : jeune femme, elle avait fui la dictature de Pinochet... et elle est morte tuée par des islamo-fascistes.

   On est moins étonné de voir la place qu'occupe l'Afrique dans le cortège des victimes. A l'exception de l'Egypte, tous les pays d'origine sont d'anciennes possessions coloniales françaises, d'où sont ensuite parties les vagues de migrants économiques : Maroc, Algérie et Tunisie au nord, Mali, Burkina Faso et Congo au sud du Sahara. Ce dernier pays est à l'honneur, en raison du comportement héroïque de la victime, Ludovic Boumbas, mort en protégeant une amie. Signalons que d'autres personnes (françaises, celles-là) ont fait preuve du même courage. Dans la liste publiée par Midi Libre, on repère les noms de Nicolas Catinat, Julien Galisson, Gilles Leclerc et Richard Rammant.

   Concernant l'Afrique, les médias ont surtout insisté sur le cas de la cousine du footballeur Lassana Diara, la Franco-Malienne Asta Diakité. On aurait tout aussi bien pu mettre à l'honneur Kheireddine Sahbi, violoniste algérien.

   Sans surprise, l'Europe occupe la part du lion, avec certains de nos voisins (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni), d'autres victimes étant issues de pays un peu plus lointains (Portugal et Roumanie). Notons que l'un des deux Portugais décédés, Manuel Dias, est la seule victime du Stade de France. On peut rattacher à ce groupe les personnes de culture euro-asiatique, la jeune Franco-Arménienne Lola Ouzounian (l'une des dernières à avoir été identifiées) et Nathalie Mouravieva, une Russe devenue l'épouse du Français Serge Lauraine.

vendredi, 20 novembre 2015

Crétins Academy

   A la suite de l'action des barbares de l'Etat islamique à Paris vendredi dernier, il a été décidé, en France mais aussi ailleurs dans le monde, d'organiser un recueillement autour d'une minute de silence, au début des rencontres de football. En général, cela a donné des scènes émouvantes.... ce qu'il est important de rappeler avant d'évoquer les tristes sires qui profité de l'occasion pour révéler au monde à quel point ils sont stupides.

   On a surtout parlé de ce qui s'est passé à Istanbul, à l'occasion du match Turquie-Grèce. De nombreux crétins congénitaux supporteurs mal élevés ont sifflé la minute de silence, voire ont proféré des "Allah Akhbar". On a aussi entendu des chants favorables au président (islamiste présumé modéré) Erdogan. Une journaliste d'Europe 1 rappelle que ce n'est pas la première fois que cela se produit dans une enceinte sportive turque.

   Sur le site 20minutes, on apprend qu'il s'agirait d'un chant hostile aux rebelles du PKK et que ces vocalises auraient pour but de souligner la différence de traitement entre les victimes des attentats de Paris et Istanbul (qui ont pourtant été eux aussi abondamment médiatisés). Le problème est que les attentats d'Istanbul n'ont pas été perpétrés par le PKK, mais par l'Etat islamique. Il y a donc une confusion (volontaire ?) entre l'action de ces deux groupes, qui rappelle la propagande du gouvernement Erdogan. C'est un chant hostile aux islamo-fascistes de Daech qu'il aurait été cohérent d'entonner... mais le mieux aurait surtout été que ces imbéciles ferment leur gueule. (Au passage, on remarque la similitude de la politique de désinformation pratiquée par Erdogan en Turquie et el-Assad en Syrie, chacun faisant volontairement l'amalgame entre tous ses opposants pour les réduire au vocable de "terroristes".)

   Dublin a connu des événements comparables à ceux d'Istanbul, mais on en a moins parlé. Avant le coup d'envoi du match Irlande-Bosnie, ce sont des supporteurs bosniens qui ont manifesté leur "beaufitude". Précisons que la majorité du public a eu plus de classe... et le résultat de la rencontre (2-0 pour la République d'Irlande) sonne comme une petite revanche : la Bosnie est éliminée de la course à l'euro 2016. L'été prochain, les stades français seront au moins libérés de cette catégorie d'abrutis-là. (Il risque hélas d'en y avoir bien d'autres...)

   Ne croyons pas cependant que l'imbécillité soit le privilège d'étrangers. La France a aussi été le théâtre de comportements inciviques... jusque dans mon bel Aveyron. Cette semaine, alors je prenais mon repas de midi dans l'agglomération ruthénoise, j'ai capté quelques bribes d'une conversation qui se tenait pas très loin de ma table. Il y était question de rencontres de football qui se sont déroulées le week-end dernier en Aveyron, entre équipes de jeunes. A l'occasion de la minute de silence (décrétée par le District), certains joueurs d'une équipe, issus d'un quartier de Rodez, auraient manifesté leur mauvaise volonté voire leur hostilité. A confirmer.

   Encore plus stupide est le comportement qui m'a été signalé par un commerçant ruthénois. Samedi 14 novembre au soir, à Cap Cinéma, lors d'une projection du film Spectre 007, un individu aurait profité de l'obscurité pour crier "Allah Akhbar". Il aurait quitté la salle avant la fin de la séance. Je pense que cela valait mieux pour lui, parce que sinon, il aurait eu quelques petits problèmes une fois la lumière revenue dans la salle...

   Mais assez parlé des cons, réjouissons-nous plutôt des mouvements de solidarité dont la France a été bénéficiaire. L'un des plus extraordinaires est sans conteste cette Marseillaise chantée (notamment) par des Anglais, à Wembley ! (En regardant attentivement les images filmées à cette occasion, on remarquera qu'une partie du public anglais  semble mieux connaître les paroles de notre hymne national que certains joueurs français...) Mon coeur continue toutefois de pencher pour l'interprétation de l'Opéra de New York, dont j'ai déjà parlé.

samedi, 14 novembre 2015

Une "Marseillaise" new-yorkaise

   Je l'ai entendue (pas en entier) sur France Inter, à la fin de l'émission de ce soir, dans laquelle les auditeurs étaient amenés à réagir. Je suis ensuite parti à la recherche de la version intégrale. Je suis d'abord tombé sur un autre extrait, sur le site de BFMTV. Puis, j'ai eu l'idée d'aller sur le site du Metropolitan Opera de New York, où j'ai vu ceci :

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   De là, on peut accéder à l'interprétation des chanteurs et de l'orchestre... jusqu'aux applaudissements finaux. A ce moment-là, tendez bien l'oreille : on entend plusieurs "Vive la France !"

   Thank you, New York !

mardi, 10 novembre 2015

Avec le Laguiole, c'est "plus belle la vie" !

   Décidément, il semble que la petite équipe de l'émission Si tu écoutes, j'annule tout affectionne le couteau aveyronnais... en tout cas d'après ce que l'on entend de la bouche d'Alex Vizorek. En un mois, c'est la deuxième fois qu'au sein d'une mini-fiction, le plus beau couteau du monde est cité à l'antenne de la radio publique. Souvenez-vous, en octobre, c'était à l'occasion du déplacement de Manuel Valls en Arabie saoudite.

   Aujourd'hui mardi, les satiristes de l'info avaient imaginé ce que pourrait devenir le feuilleton Plus belle la vie si TF1 (qui vient de prendre le contrôle de la société qui produit ce programme) donnait une nouvelle orientation à l'intrigue :



   L'une des répliques cite le couteau Laguiole avec un statut de marque... ce qui n'est hélas pas le cas. Pour que l'analogie avec tous les produits nommés dans la mini-fiction fonctionne, il aurait fallu citer un couteau Laguiole produit par une entreprise, par exemple la Forge. Mais soyons indulgents : l'intention était louable.

   Moins louables étaient par contre les propos tenus par Sergi Lopez quand il a été un peu titillé sur le nationalisme catalan (cette nouvelle incarnation de l'égoïsme bourgeois à prétexte identitaire). Cet acteur qu'au demeurant je respecte s'est embourbé dans des explications confuses et même des contradictions, sur lesquelles Guillaume Meurice a eu la charité de ne pas trop insister.

mardi, 03 novembre 2015

Suffisance radiophonique

   C'est dans la voiture que j'écoute le plus souvent la radio. Le matin, je passe d'une station à l'autre, en général France Inter ou France Culture (qui développe davantage les sujets internationaux). Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre ceci, aujourd'hui, vers 7h30 :



   Pour réécouter l'intégralité de la chronique de ce Charles Dantzig, il faut "charger" la "Matinale des écrivains" de France Cul' et se rendre à 1h03. On entendra l'écrivain commencer son propos par... une référence à son dernier livre ! (Un peu d'autopromotion ne peut pas faire de mal...)

   Plus dérangeants sont ses raccourcis historiques. Les motivations de Gavrilo Princip (l'auteur de l'attentat de Sarajevo) sont autrement plus complexes (et débattues) que ce qui ressort de cette chronique écrite à la hâte... trop même, puisque, dans sa précipitation, Charles Dantzig a omis de vérifier les détails de la biographie de l'ancien Premier ministre israélien Menahem Begin, mort dans son lit (en 1992) et pas sous les coups d'un fanatique.

   L'écrivain l'a sans doute confondu avec Yitzhak Rabin, dont on commémore actuellement le vingtième anniversaire de la disparition. Le journaliste de France Culture s'est bien gardé de relever cette erreur. Il a même conclu l'intervention de l'invité par un peu de publicité pour son oeuvre.

   Une question demeure : le journaliste (Guillaume Erner) s'est-il rendu compte de la bourde de son invité, ou bien n'a-t-il pas rectifié en raison de sa propre ignorance ?

jeudi, 29 octobre 2015

Le retour de Groland

   Quand je pense que l'émission "Made in Groland" a redémarré samedi dernier et que je ne m'en étais même pas aperçu ! Vive la télévision de rattrapage !

   Une surprise attendait les téléspectateurs... le costume porté par le présentateur Jules-Edouard Moustic, celui d'une Bretonne traditionnelle :

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   C'est évidemment une allusion à la main-mise de Vincent Bolloré sur le groupe Canal+. Le premier sujet est d'ailleurs consacré à un produit à l'usage particulier, fabriqué par une entreprise qui fut longtemps l'un des fleurons du groupe Bolloré. Cela continue par une enquête sans concession, menée par le meilleur journaliste de la chaîne, j'ai nommé l'incomparable, l'inarrêtable, l'incommensurable Michael Kael :

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   D'autres membres de l'équipe (dont quelques petits nouveaux) ont creusé de leur côté. L'un d'entre eux a découvert la véritable cause du succès de Marine Le Pen dans le nord de la France métropolitaine :

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   Mais, sans conteste, le territoire le plus à l'honneur dans cette émission a été l'Aveyron... eh, oui ! D'abord, il était représenté sur le plateau, par un syndicaliste-PDG (double de Xavier Beulin) auquel un célèbre moustachu a prêté ses traits :

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   Un peu plus tôt, c'est dans une publicité détournée que le plus beau département du monde de France est apparu, de manière sous-jacente :

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   C'est un pastiche d'une publicité pour un fromage au lait de brebis, Lou Pérac. (C'est un concurrent pasteurisé du Roquefort, qui lui est au lait cru. Il est vendu par Société, du groupe Lactalis, que l'on soupçonne de vouloir délaisser le "roi des fromages".) On remarque aussi la présence d'un couteau Laguiole, ou supposé tel. Celui qu'on voit à la fin du pastiche (ci-dessus) n'est d'ailleurs pas le même que celui qui est visible auparavant (qui n'est sans doute pas un authentique Laguiole) :

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   Mais revenons à l'actualité politique, cible privilégiée de l'équipe de "Made in Groland". Devinez de quel ancien président de la République il est question dans ce sujet :

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   J'ai aussi bien aimé la satire d'une émission de télé-réalité... qui ne se déroule pas tout à fait selon le scénario de départ :

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   On termine par quelques friandises. On découvre quelle terrible arme secrète le Groland vient de mettre en point :

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   Et voici une devinette, puisée dans "les infos made in ailleurs". Qu'est-ce qui met la jeune femme visible au bas de l'image dans un tel état ?

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   Banzaï !

mercredi, 28 octobre 2015

Cela sent le roussi pour Dominique Reynié

   La parachutage du politologue aveyronnais continue de susciter la polémique... curieusement, principalement dans sa famille politique, l'ex-UMP. Sa désignation comme tête de liste aux prochaines élections régionales n'a toujours pas été encaissée par certains barons gaullistes de Midi-Languedoc, en particulier Jean-Pierre Grand, maire LR de Castelnau-le-Lez, dans l'Hérault. Il  a commencé par émettre des doutes sur l'éligibilité de Dominique Reynié, ce qui a conduit celui-ci à répondre en détail, jouant la transparence.

   Le problème est qu'en dévoilant sa position, le politologue a laissé davantage de prise à la critique, ce dont ne se sont pas privés deux journalistes de France 3 Midi-Pyrénées, qui ont soulevé un beau lièvre, celui de la date réelle de la signature du bail du candidat à Onet-le-Château (dans l'Aveyron).

   Là-dessus, Jean-Pierre Grand a décidé de mettre une deuxième couche, comme on a pu s'en apercevoir dans La Dépêche du Midi de ce mercredi (édition d'Auch) :

Grand LaDépêche 28 10 2015 b.jpg

   Un mystère demeure : comment Jean-Pierre Grand est-il entré en possession d'une lettre de l'avocat de son rival ? Si c'est légalement, cela veut dire qu'il bénéficie de soutiens haut-placés dans le parti de Nicolas Sarkozy. Sinon, il risque des poursuites. C'est d'ailleurs en ce sens qu'a réagi Dominique Reynié, qui vient de déposer plainte contre son rival.

   Mais ce n'est pas encore fini. Toujours cette semaine, on a appris que le politologue vient de se faire lâcher par sa directrice de campagne, qui pourrait même retirer sa candidature de la liste LR-UDI-Modem.

   Derrière tout cela, il y a d'abord une guerre des coqs à droite. La gauche gouvernementale souffrant d'une grande impopularité et Martin Malvy ne se représentant pas, nombre de roitelets LR (ex-UMP) se sont senti pousser des ailes. L'arrivée de Dominique Reynié a fait l'effet d'une douche froide. La surprise s'est transformée en colère quand il s'est agi de composer les listes départementales de candidats. (L'enjeu était bien entendu de désigner les plus compétents ou les plus dévoués à l'intérêt général...) Du côté gaulliste, on a accusé D. Reynié de faire un peu trop de place aux alliés de centre-droit.

   Du coup, certains, comme Jean-Pierre Grand, ont commencé à regarder ailleurs... du côté du maire de Montpellier, par exemple ! Dans cette campagne des régionales, Philippe Saurel aura gagné le surnom de "Recyclator", pour sa capacité à intégrer les aigris et has been de droite et de gauche partisans d'une autre approche politique. En Aveyron, il s'est adjoint les services de Régis Cailhol, conseiller régional socialiste sortant, mais pas reconduit sur la nouvelle liste PS-PRG. En Ariège, les "Citoyens du Midi" seront menés par l'ancien maire (socialiste) de Prayols et dans les Hautes-Pyrénées, c'est l'ancien maire UMP de Lourdes (de 2000 à 2014) qui tiendra la barre pour le compte de P. Saurel. (On pourrait continuer ainsi encore longtemps...)

   Du côté de certains membres de LR, on table visiblement sur une contreperformance de Dominique Reynié au soir du premier tour pour changer la tête de liste de droite pour le second. D'autres, comme Jean-Pierre Grand, pensent peut-être que le maire de Montpellier, soutenu par une partie de la droite, serait le meilleur candidat pour battre la liste conduite par le PS. Quant à Philippe Saurel, il se rêve sans doute en plus petit dénominateur commun à la gauche et à la droite républicaines pour battre une liste FN qui arriverait en tête au premier tour.