Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 31 octobre 2009

Mary et Max

   C'est un film d'animation "pour adultes". Les personnages (deux principaux, une dizaine d'entourage et une foule de figurants) ont été fabriqués à partir de matières diverses : pâte à modeler, plastique, métal, crottes de nez (ah non, pas celui-là).

   C'est d'abord l'histoire de la correspondance qui va naître par le plus grand des hasards (et à l'initiative de la petite fille) entre une gamine australienne pas jolie jolie, complexée, élevée par une mère alcoolique et un New-yorkais obèse atteint du syndrome d'Asperger

   Nos deux héros asociaux ont des manies qui sont des ressorts comiques du film, notamment l'amour démesuré du chocolat (et de certaines friandises) et une passion pour le même programme télévisé. Mary a pour animal domestique un poulet. Max a pour uniques compagnons une perruche, un chien galeux et un poisson rouge, qu'il est obligé de remplacer régulièrement (et qu'il prénomme Henry I, II, III, IV... XXVI !). Mary est un peu amoureuse d'un garçon de son âge. Max n'a jamais eu de relations sexuelles (même pas avec sa main, apparemment !) et a pour seule connaissance régulière une mamie quasi aveugle de son immeuble. Mary aime donner un coup de main au vétéran de guerre agoraphobe qui vit près de chez elle.

   Si le comique naît de l'inadaptation des héros au monde qui les entoure, le film ne les méprise pas pour autant. C'est ce monde qui est montré comme étrange, voire hostile. C'est en cela que c'est un film à réserver à un public déjà mature : il est vraiment noir et, sur bien des points, prend le contrepied du cinéma d'animation commercial.

   Sur le site de Gaumont (qui distribue le film en France), on peut accéder à plein de bonus sympatoches.

   En France, le syndrome est mal connu. Plusieurs associations s'en préoccupent, dont une "marrainée" par l'épouse de l'actuel Premier ministre François Fillon.

12:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

vendredi, 30 octobre 2009

Rachel

   La réalisatrice franco-israélienne Simone Bitton s'est attachée au cas de Rachel Corrie, cette jeune Américaine membre de l'I.S.M. (International Solidarity Movement) tuée par un engin de chantier israélien à Gaza, en 2003.

   C'est donc un long documentaire, d'une durée de 1h30, en forme d'enquête... et d'hommage aussi. Si la réalisatrice donne la parole à tout le monde et si elle utilise des documents extrêment variés, on sent tout de même qu'elle penche pour la version colportée par l'I.S.M.

   Il ne fait aucun doute que la jeune femme est morte tuée par l'engin de chantier. Mais était-ce intentionnel ? Franchement, en sortant du film, je suis bien incapable de répondre à cette question... sauf si je me fie à la majorité des témoignages et opinions rapportés par la réalisatrice. Pour acquérir une certitude à ce sujet, il aurait fallu pouvoir filmer de l'intérieur du bulldozer-char, histoire de vérifier si ce qu'affirment les conducteurs à propos de leur champ de vision est plausible. Les schémas et dessins montrés (et issus des deux "camps") ne sont pas assez précis.

   Il n'en reste pas moins que, dans cette tragédie, l'armée israélienne a, une fois de plus, fait preuve d'une certaine négligence dans le respect des droits fondamentaux de ses adversaires. Je recommande tout particulièrement les entretiens avec le chef de la police, qui n'a pas trop cherché à creuser... d'autant plus que la procédure d'enquête est vraiment particulière ! (Les militaires ne risquent pas grand chose, quoi qu'il arrive...)

   Le film est donc très intéressant parce qu'il est une sorte de "tranche de vie" du conflit du Proche-Orient, que l'on découvre par le biais de la destruction des habitations palestiniennes sous prétexte de sécurité. A ce sujet, on peut noter que des sites pro-israéliens soutiennent que les militants d'I.S.M. s'opposaient, dans ce cas précis, non pas à la destruction d'une maison mais à celle d'un tunnel de communication entre la bande de Gaza et l'Egypte. (Si vous cliquez sur le lien, et même si vous allez jusqu'à la source anglophone, vous vous apercevrez que les vidéos censées démonter la thèse des activistes ont été retirées par le contributeur...) A la limite, on s'en fiche : rien ne justifiait l'emploi disproportionné de la force.

   Le film mérite le déplacement aussi par le portrait qu'il trace de cette jeune femme qui, contrairement à nombre de crétins de son âge, ne passait pas son temps à regarder la télévision, faire du lèche-vitrines ou papoter à propos de la dernière niaiserie à la mode. C'est l'histoire d'un engagement, restitué par l'intermédiaire des textes écrits par Rachel Corrie, mais lus par ses camarades.

   On peut en savoir plus sur elle en consultant le site de la fondation qui lui est consacrée.

18:09 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

mardi, 27 octobre 2009

The September Issue

   A priori, je ne fais pas partie du public-cible de ce genre de film... parce que la mode, j'évite de marcher dedans, même du pied gauche. Ceci dit, le bouche-à-oreille étant bon, je me suis laissé tenter. Et puis, au-delà du côté "paillettes", le film semblait aborder d'autres aspects du sujet, notamment la personnalité de celle qui dirige Vogue d'une poigne de fer (dans un gant de soie ?), Anna Wintour.

   C'est d'ailleurs l'un des intérêts du film, qui croise les entretiens avec les scènes tournées au siège du magazine et d'autres, filmées en extérieur, notamment en Europe. On finit par se rendre compte que cette Britannique fait un complexe vis-à-vis des membres de sa famille qui ont "réussi"... et pas dans la futilité (il faut bien la regarder quand elle dit que son travail fait sourire ses frères et soeurs) : un est chroniqueur politique au Guardian (quotidien britannique de centre-gauche), un autre contribue à développer le programme de logements collectifs bon marché pour les classes populaires.

   Par contre, j'ai été moins intéressé par le côté "fanfreluches". Franchement, ces dames (et quelques messieurs) se donnent bien du mal pour un sujet qui n'en vaut pas la peine. Et puis que dire de leurs présupposés esthétiques... Plus d'une fois j'ai souri en voyant ce qui était considéré comme "beau". La plupart du temps, les mannequins portent des trucs immettables... et surtout moches ! Quant aux rédactrices et autres directrices artistiques, force est de constater qu'elles s'habillent avec un goût douteux, y compris la patronne.

   Ah si, il y a quelque chose de vraiment beau dans le film : les photographies. Comme c'est un magazine qui contient peu de texte, un grand soin est apporté aux choix iconographiques. Et là, il faut le dire, nombre d'oeuvres sont absolument fabuleuses. Je pense en particulier aux photographies illustrant le style "garçonne", mais aussi celles prises au château de Versailles. Sur grand écran, c'est magnifique... et cela donnerait presque envie d'acheter le magazine.

   Fort heureusement, quelques traits d'humour émaillent ce long reportage. J'ai particulièrement ri lorsqu'il est question de la forme physique de l'un des assistants (obèse) de la rédac' chef : il se met au tennis... accompagné d'un attirail très fashion ! Je recommande aussi la séquence (vers la fin) où il est question du ventre du réalisateur... Si vous avez mauvais esprit, vous ricanerez aussi aux scènes dans lesquelles apparaît une vedette du moment, qui va servir de support à la couverture du numéro de septembre en préparation. Avec son joli minois, cette Sienna Miller (inconnue au bataillon) n'est qu'un objet modelable entre les mains des créateurs de Vogue. On se pose donc de grandes questions sur sa coiffure et ses dents, où un regard avisé distingue, derrière la blancheur immaculée apparente, des traces de plombage...

   Je termine par deux bémols. Tout d'abord, on ne nous montre quasiment pas le travail des rédacteurs (ben oui, y a quand même du texte dans ce magazine), alors que beaucoup de temps est consacré à celui des directeurs artistiques et des photographes. Seule la conception des titres est évoquée, rapidement. Enfin, quand on n'est pas parfaitement bilingue, on a besoin de s'accrocher aux sous-titres. Or, il faut souvent (surtout au début) jongler entre ceux-ci et les incrustations, qui donnent la fonction de tel ou tel intervenant. C'est un peu fatiguant.

10:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

lundi, 26 octobre 2009

7 minutes au paradis

   Attention : sujet casse-gueule. L'héroïne est une Israélienne de base, rescapée d'un attentat-suicide dans un bus. Sans que je puisse en dire plus, sachez qu'elle n'en est pas complètement sortie. Elle va chercher à retrouver le secouriste qui lui a sauvé la vie.

   Le film est une sorte de puzzle mental. Se croisent des moments du passé (la vie d'avant l'attentat, l'attentat lui-même), des moments fantasmés, où semblent revivre les morts... et d'autres moments, mal définis. Derrière une apparence de limpidité se cache une relative complexité narrative. Faites bien attention aux personnages croisés au début : on les retrouve dans d'autres circonstances, à la fin.

   Le film repose entièrement sur les épaules de l'actrice principale, Reymonde Amsellem, vraiment épatante et disposant d'une palette de jeu très variée : elle alterne les phases les plus contrastées et paraît tour à tour femme forte, amoureuse qui doute et blessée en plein désespoir.

   Le réalisateur a beaucoup misé sur les gros plans. Cela véhicule bien l'émotion et nous rend attentifs à des détails en apprence anodins, comme les éléments de la combinaison qu'est obligée de porter l'héroïne, qui a été gravement brûlée au dos. Une des scènes les plus réussies est d'ailleurs celle qui la voit se gratter furieusement par tous les moyens possibles (de la cuillère en bois à la paroi de son appartement).

   Si on comprend assez vite quelle est l'identité de la personne recherchée par l'héroïne, le retournement final est assez inattendu. Je m'attendais à quelque chose d'autre mais, après tout, c'est dans la ligne du titre du film.

22:15 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

samedi, 24 octobre 2009

Démineurs

   ... vu en version française. Et voilà la guerre en Irak qui repointe le bout de son nez. Ici, elle est abordée par un côté anecdotique : l'action d'une équipe de démineurs, certains d'entre eux particulièrement "allumés". Il faut dire qu'ils sont quotidiennement confrontés à l'horreur humaine. C'est donc un film à déconseiller aux âmes sensibles (ainsi qu'aux enfants, bien qu'aucune interdiction ne soit spécifiée... on voit là un trait caractéristique de notre époque violente, qui censure dès qu'un poil de cul ou un bout d'étron dépasse, mais qui laisse les yeux les plus innocents accéder aux pires images sanguinaires).

   Question mise en scène, on ne nous donne rien de nouveau, mais Kathryn Bigelow semble avoir puisé dans le "lourd" : Voyage au bout de l'enfer et Full metal jacket pour le Vietnam, Battle for Haditha et Redacted pour la guerre en Irak. L'image est soignée, la caméra à l'épaule n'est pas utilisée à tort et à travers... et le rendu est finalement assez agréable pour le spectateur. On peut aussi trouver une parenté avec le bon film israélien Beaufort, dans lequel le déminage n'occupait qu'une partie de l'intrigue.

   Ici, la place est centrale. Le film s'articule autour de ces moments de tension, au cours desquels les héros risquent leur vie. Jeremy Renner est particulièrement bon en sergent franc-tireur, intrépide et bricoleur (particulièrement à l'aise quand il s'agit d'étriper une bagnole !), dans un rôle qui aurait parfaitement convenu jadis à Bruce Willis. Entre ces moments fort, le film ménage des séquences plus humoristiques ou tendres, dans lesquelles les vaillants soldats apparaissent le plus souvent comme de pauvres types.

   Dans la séquence à mon avis la plus forte du film le déminage n'occupe pourtant qu'un rôle secondaire : il s'agit d'un get-apens tendu en plein désert, où les combats durent toute la journée. Tout y est réussi : la mise en scène, les effets spéciaux, les dialogues et l'interprétation.

   Par souci de réalisme (et peut-être aussi histoire de ne pas paraître trop unilatéral), le scénario fait intervenir ponctuellement des personnages irakiens (sans doute interprétés par des Jordaniens ou des Palestiniens de Jordanie). On perçoit l'une des limites de ce film : trop centré sur ce groupe de jeunes Américains, il évacue le contexte géopolitique de l'intervention en Irak et pourrait passer, parfois, pour une apologie de la guerre, en dépit de toutes les horreurs qu'il montre, souvent de manière assez crue.

23:14 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

dimanche, 27 septembre 2009

L'Affaire Farewell

   "Farewell" est un nom de code, attribué à un officier du K.G.B. idéaliste, qui a décidé de trahir le régime soviétique pour mieux servir son pays. Comme il a été en poste en France, qu'il parle français et qu'il admire la culture française, c'est aux services secrets français qu'il s'adresse pour dévoiler les secrets de son organisation.

   L'un des ressorts comiques (pas inventé) est que son "agent traitant" n'est pas un professionnel (c'est un ingénieur travaillant chez Thomson)... et c'est d'ailleurs pour cela qu'il n'a pas été repéré ! Guillaume Canet joue donc les candides au pays des Soviets, face à un Emir Kusturica impressionnant, tout de granite. L'autre fil rouge comique, en quelque sorte, est l'ampleur de la pénétration soviétique en Occident. Grâce à Sergeï Grigoriev (alias Farewell), Français puis Américains vont comprendre d'abord à quel point ils ont été bernés pendant des années, puis à quel point leur adversaire est finalement affaibli.

   Les seconds rôles sont excellents. On a bien choisi les acteurs qui campent Mitterrand et Reagan. David Soul (oui, Hutch !) et William Dafoe sont parfaits en membres de l'administration américaine. Les femmes sont très bien aussi, même si l'on doit noter qu'elles sont au second plan. Cette histoire d'espionnage est d'abord une affaire de burnes !

   Christian Carion, bien que né à Cambrai, n'a pas tourné que des bêtises ! J'avais préféré son Une Hirondelle a fait le printemps à Joyeux Noël, film tout à fait honorable mais plus inégal que le précédent. J'ai retrouvé dans L'Affaire Farewell des qualités entrevues dans ces deux derniers. Carion nous propose quelques très belles scènes "en pleine nature", notamment sous la neige. En intérieur, il manie avec dextérité les contrastes, jouant sur les visages des protagonistes pour accentuer une atmosphère particulière. C'est d'abord un film à suspense, même si les initiés connaissent déjà la fin. C'est aussi un film d'espionnage : on n'apprendra cependant rien d'étourdissant sur les techniques mises en oeuvre, les deux héros étant finalement assez basiques dans leur relation clandestine... et, pour tout dire, maladroits.

   Il faut, pour terminer, évoquer la musique d'accompagnement. Elle est formidable et signée Clint Mansell, illustre inconnu pour moi, mais qui a une bonne cote dans le métier apparemment.

01:16 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, cinema, histoire

samedi, 26 septembre 2009

L'armée du crime

   C'est le nouveau film de Robert Guédiguian, consacré aux résistants du "groupe Manouchian", du nom du meneur, d'origine arménienne. On peut penser que l'histoire personnelle du réalisateur, né à Marseille d'une mère allemande et d'un père arménien, a pesé sur le choix du sujet. L'engagement politique des protagonistes a sans doute contribué à lui rendre leur cause sympathique : ils sont tous communistes, militants ou sympatisants... parfois peu orthodoxes (l'un des propos du film est de montrer que les dirigeants communistes clandestins n'ont pas ménagé les membres du groupe, dont la réussite s'est parfois construite contre les ordres venus d'en haut).

   C'est aussi une histoire de familles, celles que l'on perd (exterminée par les Turcs pour Manouchian, par les nazis pour les membres juifs de son commando), celle que l'on se crée. On retrouve là le style Guédiguian, appuyé sur des séquences de repas qui mettent en scène cette fraternité basée sur la proximité idéologique et la convivialité. Ces scènes d'intérieur font partie des mieux jouées. Je pense notamment à celle au cours de laquelle interviennent deux policiers français (qui se demandent un peu où ils débarquent)... qui finissent par porter un toast à Philippe Pétain !

   On appréciera aussi le soin apporté à la description de certains aspects matériels de la lutte clandestine, comme l'impression de tracts, les changements de "planque" ou la difficulté de se procurer armes et munitions. Les scènes violentes sont très réalistes, sans que l'on en rajoute inutilement (on a ainsi une vision concrète des traitements indignes infligés par les flics collabos... mais on aurait pu montrer bien plus horrible).

   On pourra aussi penser que le style est un peu appuyé et que, un peu trop souvent, le film baigne dans un sentimentalisme gauchisant déplacé. Ceci dit, j'ai apprécié le souci d'éviter l'héroïsation de la violence. Simon Abkarian (découvert dans Chacun cherche son chat, très bon dans Le Chant des mariées, mais dont le talent a surtout éclaté dans J'ai vu tuer Ben Barka ; en tendant l'oreille, on reconnaît sa voix dans celle du père de l'héroïne de Persepolis) excelle à rendre les contradictions du personnage, poète de tempérament, mais victime de l'histoire qui va se transformer en justicier (et apprendre à bien tirer au pistolet... sur une affiche représentant Pétain !... moment croquignolesque). La séquence montrée comme celle du premier attentat est vraiment bien pensée de ce point de vue-là (avec retour sur les lieux et vision des victimes).

   Le reste de la distribution est irréprochable. J'ai retrouvé avec plaisir Virginie Ledoyen dans un  vrai rôle... même si j'estime que le personnage féminin le plus réussi du film est Monique, brillamment interprétée par Lola Naymark (à mon avis, on reparlera de cette pulpeuse rouquine). Côté masculin, c'est Robinson Stévenin (découvert dans Mauvaises fréquentations) qui rayonne, même si les autres ne déméritent pas.

   En dépit de toutes ces qualités, le film est un peu poussif. Il peine à démarrer et l'on sent bien que Guédiguian n'est pas aussi à l'aise dans la réalisation des scènes d'extérieur. Quelque chose pourra aussi étonner certains spectateurs : plus qu'une monographie de ce groupe de résistants communistes, ce long-métrage est une dénonciation implacable de la collaboration sous toutes ses formes. Les comédiens incarnant les policiers et hauts fonctionnaires français sont remarquables, des plus âgés (comme Darroussin) aux plus jeunes (comme Yann Tregouët). Aux images de fiction se superposent parfois les extraits (authentiques) de Radio Paris, notamment les éructations du sinistre Philippe Henriot.

   Guédiguian nous offre un panorama assez noir des Parisiens sous l'occupation, nombre d'entre eux (par antisémitisme, anticommunisme primaire, cupidité, ambition, petitesse...) se faisant les auxiliaires zélés de la bête immonde.

   Le film s'achève sur cette célèbre "affiche rouge" qui, curieusement, n'a pas été utilisée pour le promouvoir :

Affiche_rouge.jpg
  
Affiche rouge.jpgOn n'entend pas non plus la chanson, interprétée par Léo Ferré et dont les paroles ont été écrites par Louis Aragon, en 1956. (La version studio est écoutable sur un blog de Hautetfort consacré à la Résistance de gauche... avec une belle faute de conjugaison sur la dernière vignette du diaporama !)
  
  
   Par contre, à la fin, la voix de Virginie Ledoyen - Mélinée lit la dernière lettre du condamné, bouleversante, et d'une hauteur de vue peu commune. En voici le fac-similé :
Manouchian dernière lettre.jpg

12:16 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : film, cinema, histoire

vendredi, 11 septembre 2009

Brüno

   Sacha Baron Cohen est de retour. Cette fois-ci, au lieu d'incarner un Kazakh machiste et antisémite (le délicieux Borat), il s'est mis dans la peau d'un homosexuel à paillettes, prétendûment autrichien (d'où les références délicates à ses deux concitoyens les plus célèbres au monde... l'un est encore en vie, l'autre, bien que décédé, fait encore beaucoup parler de lui...).

   C'est très laborieux au début. Déjà que je n'ai eu aucune envie d'aller voir des daubes genre People ou Jet set, ce n'est pas pour qu'on me refourgue la même camelote en douce ! C'est peut-être l'une des limites du film : au-delà de la gaudriole et de la dénonciation des travers de ses contemporains, Cohen semble tout de même éprouver de la fascination pour son personnage.

   Cela démarre vraiment quand on nous montre par le menu détail le contenu des relations qu'entretient Brüno avec son "mignon"... jubilatoire ! Mais notre héros se fait larguer et il débarque aux Etats-Unis, suivi de l'assistant de son ancien assistant, fou amoureux de lui... et, accessoirement, caricature de l'homo admiratif moche. La séquence qui voit Paula Abdul (ancienne danseuse, ancienne chanteuse qui a connu son heure de gloire -assez brève) se faire interroger sur son action caritative, assise sur un ouvrier mexicain, est du plus bel effet !

   Cohen excelle à dénoncer la course au vedettariat et les faux-semblants du show-biz. Cela se poursuit à Milan, lors d'un défilé (bien réel, comme on peut l'apprendre sur le site Allociné, riche en anecdotes de tournage), puisqu'il interroge un mannequin sur les difficultés du métier... surtout le demi-tour en bout de piste ! La séquence se termine façon éléphant dans un magasin de porcelaine...

   Notons toutefois que Sacha Baron Cohen a fortement tendance à recycler les ficelles de Borat. Sa participation (visible en fin de film) à un spectacle de catch, au cours duquel, déguisé en beauf à rouflaquettes, il étale son homophobie supposée, n'est pas sans rappeler la séquence du rodéo dans le précédent film. Dans les deux cas, le héros, dans un premier temps, flatte les bas instincts de la foule, avant de s'en faire rejeter. La bagarre qui l'oppose à son ancien acolyte a aussi un petit côté "déjà vu". Comment ne pas penser à la baston de l'hôtel, dans Borat, qui voit le personnage principal s'étriper avec son manager (qui finit par le laisser tomber, comme l'assistant de Brüno l'a fait). On pourrait continuer longtemps comme cela, en citant par exemple le cas des photos "de famille", complètement détournées dans les deux films (et à fortes connotations sexuelles).

   Reste le propos politique, la dénonciation de l'homophobie. Parfois, il tape à côté, comme avec ce prof de karaté qui, bien qu'interloqué par la tournure que prend sa leçon d'autodéfense, fait son job sans faire montre d'aucun préjugé. C'est par contre bien vu au niveau des échangistes, groupe qui pourrait passer pour très "ouvert" sur le plan sexuel... mais uniquement d'un point de vue hétéro. (Cela se termine par une scène "coup de fouet", en compagnie d'une bimbo siliconée... bon ça, c'est du scénarisé.) Les religieux qu'il consulte (quand il fait mine de devenir hétéro... tout un programme !) sont à l'écoute... dans une certaine mesure (le plus jeune des deux a eu du mal à tenir la route, visiblement). On voit aussi Brüno en Israël se faire courser par des ultra-orthodoxes (alors que les intervenants israéliens et palestiniens qu'il essaie de concilier m'ont paru faire preuve d'une étonnante mansuétude à son égard... pas terrible cette séquence, en plus), ou encore l'ex candidat aux présidentielles Ron Paul le fuir en éructant des imprécations. (Ceci dit, je me demande comment j'aurais réagi à sa place.) Le passage qui montre sa participation à une émission de télé-réalité américaine, au public quasi exclusivement noir... et conservateur, vaut son pesant de strass. La séquence qui confronte l'apprentie vedette au panel de téléspectateurs moyens américains est par contre en partie ratée, tout comme celle qui se passe dans le centre d'entraînement de la garde nationale, pourtant riche en potentialités.

   La toute fin du film voit Brüno concrétiser ses rêves : devenir célèbre et enregistrer un disque (la chanson est une merde innommable), en compagnie des grandes vedettes dont le film a pu paraître se gausser auparavant : Bono (qui se demande ce qu'il fait là), Sting (qui tire aussi la tronche), Elton John (étonnant de professionnalisme... et pas décontenancé le moins du monde par la nature de son "siège" !), un mec que je n'arrive pas à identifier... qui se donne à fond (un certain Chris Martin... ah, si : c'est le mec de Coldplay !) et un rappeur noir en qui j'ai fini par reconnaître (à la voix) Snoop Dogg, qui a l'air très détaché de tout cela.

   Entre les séquences chocs, cela bande un peu mou (pour rester dans le ton du film)... mais celles-là méritent le détour, tant le rire qu'elles suscitent est "héneaurme". On sourit à l'audition de la bande originale de Titanic, évidemment détournée. On ne boude pas son plaisir quand la scène qui montre le héros se faire prendre (par les services sociaux) l'enfant qu'il a acheté en Afrique (contre un I-Pod haut de gamme, tout de même !) est filmée au ralenti, façon attention-séquence-émotion-oh-mon-dieu-que-c-est-horrible-mais-regardez-le-bien-ne-va-t-il-pas-pleurer ?

   P.S.

   Le sous-titrage n'est pas terrible. Il m'a semblé laisser des parties entières de dialogues de côté et l'interprétation (nécessaire dans toute traduction) ne m'est pas apparue toujours appropriée.

16:52 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

vendredi, 04 septembre 2009

Numéro 9

   C'est produit par Tim Burton, dont on retrouve la "patte" dans le côté noir de l'intrigue et, formellement, au niveau de l'animation des personnages.

   C'est d'abord une bonne histoire, qui puise dans les classiques de la science-fiction (La Guerre des mondes, E.T., Star wars, L'Armée des douze singes...). La réalisation elle-même se veut un décalque de ce qui se pratique dans le cinéma : panoramiques, travellings, zooms, champs/contrechamps sont peut-être familiers aux spectateurs, mais leur utilisation avec une telle maîtrise dans un film d'animation est à signaler.

   On n'a pas cherché à compliquer inutilement l'intrigue. Cela tourne autour de manipulations robotiques, de dictature, avec l'action d'un héros, plutôt ordinaire à la base (si l'on excepte sa "constitution"). C'est assez linéaire, basique dirais-je, sans être simpliste. Cela se suit donc facilement.

   C'est aussi très joli à regarder. On a visiblement été très attentif aux effets de transparence et de miroir (merci le numérique !). Mais le reste du "dessin" est tout aussi somptueux, avec ces petits personnages fabriqués à partir de morceaux de sacs de toile, de fils et de circuits basiques. (La parenté avec Coraline m'est apparue évidente.) C'est tellement réussi que j'ai eu l'impression de pouvoir palper ces bonhommes comme je pouvais le faire jadis avec les sacs à patates de mes grands-parents !

   P.S.

   De retour du cinéma, en voiture, j'ai failli percuter un ravissant petit chat crème et blanc, un peu à l'image de celui-ci :

 
Crème blanc.jpg

   J'arrivais à proximité d'une agglomération. J'étais donc en train de décélérer et sur le point de passer en feux de croisement (j'étais en feux de route). Fort heureusement, je n'ai pas procédé à la manipulation. Cela a permis au chat qui commençait à traverser, sur ma gauche, de me voir arriver. Il s'est cabré en plein milieu de la route et a esquissé un demi-tour. De mon côté, j'ai collé à droite (ça va, pas de fossé à signaler). Je l'ai évité ! Heureusement, sinon cela aurait gâché ma fin de soirée.

23:24 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

lundi, 10 août 2009

Whatever works

   Le héros est un vieux Newyorkais juif, causeur comme on en fait peu, aimant polémiquer, faisant moult gestes devant ses interlocuteurs, sachant envoyer des flèches empoisonnées à qui l'énerve... mais ce n'est pas Woody Allen ! Evidemment, Larry David, qui incarne le professeur Boris Yelnikoff (à la retraite), génie raté, largué par son épouse, est un double du réalisateur, dont il s'est évertué à copier la gestuelle. Il y parvient assez bien... mais le vrai Woody était quand même mieux.

   Notre jazzman obsédé sexuel quitte donc le cinéma feutré londonien pour revenir à ses premières amours : la comédie de moeurs. On nous sert donc une rafale de dialogues piquants (à savourer en version originale sous-titrée, of course), des situations cocasses où s'entrechoquent des personnages hauts en couleur. Souvent, on n'est pas loin du théâtre de boulevard.

   C'est bien joué, filmé avec une bonne maîtrise du panoramique et du champ / contrechamp. Par contre, je n'ai pas aimé les phases durant lesquelles le héros s'adresse à la caméra.

   La première partie du film voit notre "presque-Woody" s'amouracher d'une belle ingénue. Le trait est un peu appuyé, mais cela fonctionne. Au bout de trois quarts d'heure, alors que l'action semble s'essoufler, voilà que débarque la mère de la jeune mariée. La catho coincée va vivre une véritable révolution culturelle, qui nous vaut les moments les plus réussis du film. Le pompon est atteint quand le père débarque à son tour... avec des conséquences évidemment burlesques, le principal changement n'étant pas une réelle surprise pour les spectateurs qui sont entrés dans la logique du film.

   Bref, sans que ce soit un chef-d'oeuvre, on passe un bon moment, on rit, même si le professeur Allen est un peu casse-couilles avec son anti-leçon de morale.

17:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

samedi, 01 août 2009

Là-haut

   C'est la dernière production de chez Pixar (après Cars, Ratatouille et Wall-E)... la prochaine étant déjà annoncée, avant le court-métrage qui précède le film : il s'agit de Toy story 3. Quant au court-métrage, il est tout mignon de sa race : il nous conte l'histoire de la naissance des bébés de toutes espèces, façonnés dans le ciel par de gros nuages débonnaires, enveloppés dans un linge puis transportés à leurs parents par de dévouées cigognes... l'une d'entre elles ayant une tâche particulièrement ardue, vu la "production" que lui confie le vieux nuage grisonnant maladroit !

   Vient ensuite la première partie de Là-haut. Elle narre une histoire d'un amour fou, celui qui naît entre le petit Carl Fredricksen et une sympathique gamine exploratrice édentée qui devient par la suite son épouse. On les suit jusqu'à la vieillesse et le décès de celle-ci. Commence alors l'histoire telle qu'elle a été présentée au grand public : il ne fallait pas alarmer les petits avec ce côté tristounet, pourtant très réussi, émouvant et drôle.

   Le reste du film est donc consacré aux pérégrinations du duo formé par le veuf aigri (auquel Charles Aznavour prêtre sa voix -avec talent- dans la version française) et le scout maladroit mais plein de bonne volonté. Ils rencontrent un drôle d'oiseau... et une tripotée de clébards qui causent ! Cela nous vaut d'excellents gags, tant visuels que dialogués.

   L'animation est très réussie (cela va devenir banal de le dire, mais bon, c'est tout de même le minimum syndical concernant un dessin animé), les péripéties nombreuses (le pépé a tout de même une sacrée santé, moi je vous le dis !). Le fond est aussi très intéressant, avec une dénonciation de la folie immobilière qui a saisi les grandes villes et une vision pas forcément louangeuse du monde des explorateurs (pourtant idéalisé dans la première partie). Se nouent aussi des liens qui vont contribuer à la formation d'une nouvelle famille.

15:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

vendredi, 17 juillet 2009

Departures

   A la base, ce film contient plusieurs éléments susceptibles de me rebuter :

- les héros sont, au départ, d'horribles bobos tokyoïtes (c'est pas sexuel, voyons, ça veut juste dire qu'ils vivent dans la capitale nippone !), lui violoncelliste dans un orchestre en perte de vitesse, elle informaticienne-graphiste très cool

- les relations à l'intérieur des couples, même jeunes, sont marquées par une répartition des tâches et une hiérarchie dans la prise de décision assez archaïques

- le rythme est lent, le film est peut-être trop long (2h10)

   Et pourtant... et pourtant, j'ai beaucoup aimé.

   C'est d'abord un film très stylisé. Le cérémonial, sous toutes ses formes (toilette mortuaire, funérailles, consommation du thé, repas traditionnels...), occupe une grande place dans ce film, qui regarde un peu du côté d'Ozu.

   Comme il est question du deuil (les héros sont croque-mort) et que c'est filmé avec dignité (avec une prédisposition pour les décès de femmes), c'est souvent émouvant, le réalisateur voulant montrer que ces Japonais, souvent méprisés parce qu'ils exercent une activité "impure" (ce sont des burakumin), jouent en fait un rôle important dans le travail de deuil et dans l'exorcisation des tensions familiales.

   C'est aussi une aventure individuelle, celle de ce violoncelliste à qui sa méticulosité va être d'un grand secours pour pratiquer son nouveau métier. Cela nous vaut quelques séquences cocasses, comme la séquence de pose pour le film publicitaire (ne vous laissez jamais filmer dans une position inconvenante, vous risqueriez de le regretter plus tard !), son "dépucelage" mortuaire (une vieille femme morte depuis deux semaines... je ne vous raconte pas l'état du corps et de l'appartement, où elle vivait seule) et, plus tard (mais c'est montré en premier dans le film), sa première toilette mortuaire officielle (on ne sait jamais ce sur quoi on peut tomber quand on tripote un cadavre...).

   C'est aussi une tranche de vie du Japon de l'envers, plutôt rural et traditionnel, quasi bloqué par la neige l'hiver, où l'on trouve encore des bains publics à l'ancienne (très belles séquences) et où habite au moins un habitant écoutant de la musique classique européenne sur un vieux tourne-disques !

   Le héros navigue tranquillement entre l'amour de la musique (toutefois trop présente : elle accentue inutilement le côté mélo du film) et la quête longtemps inavouée d'une figure paternelle, entre son géniteur qui l'a abandonné jadis (et dont il est sans nouvelle) et son nouveau patron, avec lequel il finit par entretenir des liens quasi filiaux.

00:41 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

mercredi, 15 juillet 2009

Bancs publics (Versailles, rive droite)

   Des frères Podalydès j'ai bien aimé Liberté-Oléron et Le mystère de la chambre jaune. Ici se clôt un triptyque commencé avec Versailles, rive gauche (un moyen métrage hilarant) et Dieu seul me voit (Versailles chantiers), lui aussi amusant. L'histoire se déroule en trois lieux : l'entreprise où travaillent les secrétaires-comptables, le jardin public et le magasin Brico-Dream.

   C'est l'apparition d'une banderole sinistre "UN HOMME SEUL", accrochée au balcon d'une fenêtre de l'immeuble d'en-face, qui suscite la curiosité du personnel de l'entreprise... et réveille quelques douleurs. (La solitude moderne est au coeur du sujet.) Toute cette première partie est délicieuse, même si parfois cela manque de rythme. Ce n'est qu'à la fin du film que l'on saura qui habite cet appartement.

   La deuxième partie se déroule dans un jardin public, toujours à Versailles bien sûr, plus précisément pendant la pause de midi. Si le réalisateur fait preuve d'un incontestable brio dans l'entrecroisement des petites situations du parc, force est de constater que le résultat est artificiel : cette bulle de petits bobos gaulois (le seul "non blanc" est l'employé communal qui vient effeuiller les allées, à l'image de ce qui se passe dans l'entreprise, où l'on décrouvre à la fin qu'elle emploie un technicien de surface "de couleur"... dont l'apparition risque de dénouer bien des langues !), où même le clodo est hyper culturé, est un peu agaçante. On a aussi un peu l'impression qu'il s'agit d'une accumulation de sketches, le plus drôle étant sans conteste celui de la drague avec Elie Seymoun (une sorte de parodie de ses propres productions).

   La troisième partie, la plus intéressante, se passe dans le magasin, dirigé par un patron charismatique (Bruno Podalydès en personne) plein de bagout. Les clients sont souvent de vraies taches, des casses-pieds de première, tel celui interprété par Benoît Poelvoorde (excellent !). Le retour dans les bureaux, pour le pot de départ à la retraite d'une secrétaire, n'est pas très bon : Arditi surjoue et l'ensemble est mal fagoté. Il me semble que le metteur en scène a été paralysé par le prestige des invités et qu'il n'a pas osé leur demander de refaire certaines scènes (comme celles avec Catherine Deneuve), d'où l'impression d'inabouti.

   Bref, un film inégal, souvent drôle, mais qui aurait gagné à un peu plus de rigueur.

http://bancspublics-lefilm.com/

14:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

vendredi, 10 juillet 2009

L'âge de glace 3 - le temps des dinosaures

   En deuxième semaine, chaque soir, la grande salle est pleine. On y trouve beaucoup de petits, toujours accompagnés d'au moins un parent (quand ce ne sont pas les deux). Les "grands" ne sont pas absents... mais les personnes âgées sont très rares. C'est donc un film fédérateur, mais plutôt dans la tranche d'âge 5-50 ans.

   Au passage, qu'est-ce qu'ils peuvent bouffer comme cochonneries, ces jeunes ! A 21 h ! Ou alors ils n'ont rien dîné... Ceci dit, comme ils ont été très nombreux à assaillir la vendeuse de confiseries, après les bandes-annonces, on a surtout entendu les crissements des paquets pendant les publicités et au tout début du film. Cela s'est vite calmé...

   ... parce que c'est super bien foutu ! Il me semble que la qualité de l'animation a encore progressé ! Désormais, le dessin fait jeu égal avec le cinéma, auquel il rend hommage d'ailleurs. On peut d'amuser à relever les références (mais cela finit par devenir fastidieux... mieux vaut jouir du spectacle et rester concentré : certains gags, plus subtils que les autres, ont visiblement été concoctés pour un public adulte) : au choix, piochez dans les films avec poursuite automobile, les films de science-fiction, les comédies sentimentales et surtout Star wars. Une des répliques verse dans le littéraire : elle cite la Divine comédie de Dante !

   Plusieurs personnages subissent une évolution notable dans ce troisième volet : Scratch rencontre une Scratchette... et tombe amoureux. Les étapes de cette love story à queue touffue font partie des meilleurs moments du film. De son côté, dame mammouth est enceinte des oeuvres de Manny (la voix de Gérard Lanvin m'est apparue étrange dans cet épisode, comme changée). Diego le battant n'est plus aussi fringant que par le passé... mais on aura l'occasion de s'apercevoir qu'il a de beaux restes.

   Sid le paresseux commence à m'énerver sérieusement. Ce n'est plus seulement un gaffeur, c'est vraiment un con... gentil certes, mais un con quand même. Va falloir renouveler le personnage dans l'épisode suivant.

   On remarquera que les couples formés donnent deux visions des rapports masculin-féminin. Chez les écureuils, la femme est montrée comme quelqu'un d'assez superficiel, dans un vision assez conservatrice de la relation. Chez les mammouths, c'est la femelle qui a le plus de bon sens et de courage.

   Si les parents ont sans doute apprécié, en ce qui me concerne, toutes les considérations sur l'enfantement, le statut de parent m'ont laissé froid... pour ne pas dire franchement barbé. Par contre, j'ai trouvé les bébés dinosaures très marrants.

   Quelques séquences sont particulièrement hilarantes, comme celle mettant en scène la plante carnivore, ou encore la première rencontre de Sid avec la maman dinosaure (quel morveux ce paresseux !).

   La plus spectaculaire est celle qui montre la poursuite en dinosaure volant, digne des combats spatiaux de la Guerre des étoiles. Et puis il arrive si fréquemment aux scénaristes de glisser un "détail qui tue", tellement drôle...

23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

lundi, 06 juillet 2009

Jeux de pouvoir

   Voilà un polar dont on a soigné le casting. Les mecs, au choix, peuvent s'identifier au politique vertueux, mince, beau gosse dans son costard à plusieurs milliers de dollars (Ben Affleck, très bon... et toujours aussi bien doublé) ou au reporter pointilleux, un peu à l'arrache, bedonnant et amateur d'alcool (Russelt Crowe, très convaincant... tout comme sa voix française). Aux femmes, on propose la jeune journaliste bloggueuse ambitieuse, au départ plutôt intéressée par les ragots (Rachel McAdams, déjà remarquée dans Serial noceurs), la directrice du journal, pugnace et hantée par le chiffre des ventes de sa feuille de chou (Helen Mirren, ex-cel-lente... mais on le sait depuis longtemps... cherchez à voir The Queen si vous en doutez) ou encore l'épouse (jadis infidèle) trompée, impeccablement interprétée par Robin Wright Penn. Les héros masculins sont donc un peu mieux valorisés, à mon avis.

   Le réalisateur Kevin Macdonald (remarqué pour Mon meilleur ennemi et surtout Le dernier roi d'Ecosse) excelle à restituter l'atmosphère d'une salle de rédaction (ce n'est pas le premier, ceci dit) et réussit à introduire dans son film plusieurs éléments illustrant les difficultés de la presse aujourd'hui : la baisse des ventes, la concurrence de la télévision, d'internet, la tentation du sensationnalisme... Comme dans tout bon polar, la vie intime des personnages s'entremêle avec l'histoire principale. L'action se déroule principalement la nuit, dont l'atmosphère est agréablement rendue par la photographie, soignée. Quelques moments d'action, bien mis en scène, relancent efficacement l'intérêt de cette longue (presque deux heures) fiction.    Il s'agit évidemment de dévoiler la face sombre de la vie politique états-unienne au temps de George W. Bush. C'est l'emprise croissante des sociétés de sécurité (et de combat) privées qui est dénoncée ici (on pense à la célèbre Blackwater, qui a fait du dégât en Irak).

   Je mettrai un bémol : le retournement final, que je ne révèlerai pas. Selon moi, il complique inutilement l'histoire et introduit l'idée que la manigance peut s'infiltrer partout. Cela donne au film un tour plus cynique (plus réaliste ?), moins classiquement hollywoodien.

12:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

vendredi, 03 juillet 2009

The chaser

   Fête du cinéma, acte V. Et pourquoi pas un polar sud-coréen en version originale sous-titrée ? Le suspense ne porte pas sur l'identité du tueur sadique, puisqu'il est arrêté au bout d'une demi-heure environ. Il se retrouve en garde à vue et avoue tout... sauf l'identité du propriétaire du véhicule qu'il conduisait et sa nouvelle adresse à Séoul. Du coup, la police n'a aucune preuve contre lui. Il lui faut donc retrouver les corps... d'autant plus que la dernière prostituée à laquelle il s'est attaqué n'est peut-être pas encore morte.

   C'est le mac de celle-ci, un ancien policier (sans doute aussi son ancien amant... et peut-être le père de son enfant, qu'elle cache à tout le monde), qui mène la "chasse". Ce n'est pas un type sympathique : il est violent, narcissique... et pas très futé au fond (on en a de multiples preuves dans le film).

   Les thèmes s'entremêlent : c'est une chronique à la fois sociale (sur le vécu des prostituées), policière (les forces de l'ordre n'en sortent pas grandies...), politique (idem pour le maire de Séoul) et amoureuse. C'est dynamique, enlevé. Tout est bien filmé, des scènes d'intimité aux poursuites en passant par les bastons, souvent de nuit. C'est aussi très violent, sanglant même, avec une évidente surenchère, tant au niveau de l'imagerie meurtrière (ah ces coups de marteau qui n'en finissent pas) que du scénario, finalement assez peu hollywoodien (si un jour il prend l'envie à producteur de Los Angeles de faire un remake, je peux vous prédire quelles sont les scènes qu'il va modifier). Le dernier quart d'heure m'apparaît plutôt raté.

   C'est dommage parce que le film est plein de qualités... mais il est assez putassier... un comble pour un long métrage centré sur le devenir de prostituées ! 

19:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinéma

jeudi, 02 juillet 2009

Let's make money !

   Ouaiiiis, t'as raison, faisons-nous un max de thunes ! Erwin Wagenhofer, remarqué pour son pertinent We feed the world (Le marché de la faim), remet le couvert et, cette fois-ci, il s'attaque au noeud du problème : le pognon, sa concentration et sa circulation.

   Dès le début, il montre et fait parler un de ces requins de la finance, pour qui les questions d'éthique n'entrent absolument pas en ligne de compte dans le travail effectué. Ce portrait est très intéressant par ce qui est montré à l'écran : un homme assez âgé s'informant tout en courant sur un tapis roulant, puis soulevant de la fonte, ensuite dans son véhicule, enfin au bureau. Comme à son habitude, le réalisateur n'ajoute pas de commentaire ; il laisse ce type, intelligent, livrer le fond de sa pensée (comme avec le patron de Nestlé dans son précédent film). La suite du documentaire va se charger d'apporter la contradiction.

   Une séquence, dont on a beaucoup parlé, fait particulièrement sens : il s'agit du "parcours de l'or", de l'extraction au stockage des lingots, en passant par leur fabrication. L'objectif de Wagenhofer est de montrer l'inégalité à l'oeuvre : les entreprises et les banques occidentales s'enrichissent sur le dos du travail des habitants du "tiers monde", dont ils exploitent les richesses. Le propos peut sembler manichéen mais, si le film est clairement orienté, il ne ment pas. Il se contente de mettre l'accent sur un aspect de la réalité. (Je suis néanmoins très dubitatif quant à l'explication qui est donnée de la cause de la seconde guerre d'irak.)

   Côté spéculateurs, on a ceux qui planquent leur pognon à Jersey, en toute légalité, ceux qui étranglent les pays en développement à coup de crédits et ceux qui "investissent" dans l'immobilier, en Espagne par exemple, en Andalousie, où la gestion de l'eau n'obéit plus qu'à une seule règle : le profit des dominants. La crise qui secoue ce pays depuis plus d'un an désormais a frappé tout spécialement le secteur immobilier, le paradoxe étant que la plupart des propriétaires de ces appartements surgis du désert ne comptent pas les habiter, mais les revendre avec profit (ou, à la rigueur, vivre sur les loyers versés). Le pire est que nombre d'épargnants ont, souvent sans le savoir, souscrit à des placements orientés vers ce type de spéculation.

   Côté exploités, on a les Indiens, qui ont la chance d'habiter un pays qui ne cesse de se développer, un pays où, lorsqu'on est un digne entrepreneur allemand par exemple, on peut développer sa boîte comme on veut, grâce notamment à une main-d'oeuvre docile (même si, dans certains secteurs, elle "coûte" de plus en plus cher). Je rapprocherais cet intervenant de l'ingénieur agronome de We feed the world, qui prétend comme lui à l'impartialité et sait mettre en valeur quelques points positifs à propos d'un sujet sur lequel on sent que l'auteur du film a un point de vue très différent.

   L'expert politique qui tient le rôle de Jean Ziegler dans l'autre film est ici un député allemand. Ses propos, sans être inintéressants, marquent moins que les images des séquences qu'ils accompagnent.

01:39 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

mardi, 30 juin 2009

Toute l'histoire de mes échecs sexuels

   Fête du cinéma, acte III. C'est un documentaire autobiographique, réalisé par le Britannique Chris Waitt. Celui-ci, plutôt beau garçon, assez "cool", qui, de l'avis général, embrasse bien et qui nous fait comprendre que son anatomie pénienne est plus que satisfaisante, se demande pourquoi il s'est tant fait plaquer par les filles. Ce film est donc une sorte d'auto-enquête.

   C'est très drôle parce que l'auteur ne cache pas ses défauts : il est feignant, plutôt sale, répugne à toute sorte d'engagement et arrive systématiquement en retard à ses rendez-vous... quand il ne les a pas purement oubliés. Techniquement, c'est essentiellement du champ / contrechamp, les scènes étant filmées tantôt par le caméraman qui accompagne Waitt, tantôt par lui-même.

   Le projet cinématographique met du temps à prendre forme parce que ses ex refusent tout simplement de le revoir. Et, quand par bonheur l'une d'entre elles accepte, c'est l'occasion de découvrir combien il a pu être naze ! Non seulement ces moments dégradants n'ont pas été coupés au montage, mais le film résulte plutôt de leur assemblage. On finit même par apprendre que notre héros est un mauvais coup au pieu... et que, depuis plusieurs années, il souffre d'impuissance !

   Pour tenter de résoudre ses problèmes, il recourt aux services de sa maman (excellentes séquences qui voient celle-ci lui dire -gentiment- ses quatre vérités ou remettre un peu d'ordre dans ses affaires)... et se met en quête d'une nouvelle petite amie. Je vous rassure : il finit par en dégoter une, un peu barge d'ailleurs, mais après avoir récolté des dizaines de rateaux !

   Avant cela, il a fini par essayer le viagra... un peu trop même, puisqu'à la suite de l'absorption d'une dizaine de cachets bleus, il se retrouve avec une méga érection douloureuse ! Il faut dire que notre héros souffre beaucoup : entre les réflexions acides de ses ex et son incapacité à bander, il est perdu et même la petite séance sado-maso au cours de laquelle il se fait fouetter les parties génitales n'est pas parvenue à lui remettre les idées en place !

00:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

lundi, 29 juin 2009

Dans la brume électrique

   Fête du cinéma, acte II. Cette manifestation est l'occasion de voir des films que l'on a ratés à leur sortie... de préférence en version originale sous-titrée, comme c'est le cas ici. Faut pas oublier que l'action se passe dans la Louisiane d'après l'ouragan Katrina, même si aux meurtres contemporains se superpose une affaire vieille de 40 ans...

   Il s'agit donc d'un polar. Si l'histoire est américaine, le réalisateur est français, puisqu'il s'agit de Bertrand Tavernier. Eh bien, je vous assure, si on ne le sait pas avant de voir le film, on est persuadé que le réalisateur est un authentique yankee. Tavernier s'est parfaitement coulé dans le style (qu'il affectionne) des metteurs en scène des films de ce genre.

   Comme c'est un bon polar, l'histoire marie le suspense à la chronique sociale. Honnêtement, si vous êtes amateur-trice de films ou romans policiers, vous découvrirez le fin mot de l'énigme assez rapidement. Cela permet de se concentrer sur le contexte, les relations interraciales comme on dit là-bas et le décor des bayous... le tout agrémenté par la présence d'une équipe hollywoodienne vraiment insupportable.

   Bien entendu, Tommy lee Jones (déjà excellent dans No country for old men et Dans la vallée d'Elah) incarne un flic bourru, franc-tireur, pas très respectueux du règlement. Les méchants sont très méchants. C'est plein de pourris qu'il faudrait zigouiller à coup de carabine !

   L'originalité du film tient dans son onirisme, le côté surnaturel, avec l'intervention d'un général sudiste (dont il faut prendre la peine d'écouter les paroles, parfois à double sens). Les tons bleutés ou bruns donnés à l'image renforcent le sentiment d'étrangeté : dans cette Louisiane crépusculaire, voire lunaire, les comportements déviants se développent... mais l'important est de rester fidèle à ses "valeurs"...

00:19 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

dimanche, 28 juin 2009

Coraline

   Fête du cinéma, acte I. Voilà un événement qui, à l'origine, visait plutôt un public d'ados lycéens, d'étudiants et/ou de vacanciers. Pas facile de voir beaucoup de films quand, sur les trois jours que durait cette manifestation auparavant, on en travaillait deux. La décision d'étaler la "fête" sur une semaine complète, démarrant un samedi, est donc une bonne nouvelle pour tous les actifs passionnés de cinéma.

   En route donc pour cette animation très particulière, très "tim-burtonienne", qui mêle le conte féérique et l'épouvante macabre (cela fiche quand même un peu les jetons). On retrouve l'esprit des Noces funèbres, à ceci près que les héros sont des enfants. Les adultes montrés de manière positive sont des marginaux, des foldingues sympathiques. Mais que dire des parents de l'héroïne, caricatures de bobos, rivés à l'écran de leur ordinateur, le père très djeunse attardé, à côté de ses pompes, la mère dominatrice qui se refuse à faire la cuisine. On sent une critique assez forte de la "nouvelle bourgeoisie" américaine progressiste. Par contraste, les parents de substitution, assez emballants au premier abord, sont très "tradi" : ils prient avant le repas, consacrent du temps à leur fille, font du jardinage... et c'est la mère qui cuisine.

   Mais cette façade lumineuse cache de noirs desseins. Ce film joue donc bien le rôle des contes de fées : il donne des leçons de vie à ses spectateurs, les met en garde contre les travers humains et invite à regarder au-delà des apparences.

   La forme est absolument splendide. Les décors sont somptueux et l'animation d'une qualité exemplaire, avec plein de trouvailles visuelles (on a évidemment ajouté des effets numériques aux mouvements des poupées) : cela va du piano à mains aux souris qui forment un mot en passant par le jardin visager, le cadre photo animé ou encore les canons à barbe à papa. Le scénario ménage de multiples rebondissements, certains dus au deus ex machina de cette histoire... un chat ! Miaouuuu !

22:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

samedi, 27 juin 2009

Lascars

   Ouahh, sur la vie d'ma mère, ta race que c'est un film qui cause de la lieu-ban ! Ouais, avec la tchatche et tout ! Tain les filles, que des bombasses ! Et les keums comme ils se la jouent, les mythos, grave !

   On risquait fort de tomber dans les clichés... l'important étant de s'en relever ! Alors oui les dialogues de djeunses dominent ce film, oui les jeunes femmes sont "kiffantes" et ressemblent davantage à des fantasmes de mecs qu'aux femmes de la vraie vie, oui la fascination pour la célébrité et le pognon anime les personnages.

   Mais c'est plus que cela. Le graphisme tout d'abord est original. C'est le résultat d'un mélange entre "l'art de rue", les tags et le dessin animé commercial japonais. C'est détonnant, expressionniste à souhaits, parfois même surréaliste (je pense notamment à une poursuite en bagnole). Je recommande aussi toutes les scènes où apparaissent des policiers... qui, à un moment, nous gratifient d'une "danse des canards" (revue et corrigée par les "Schmitts") pas piquée des hannetons...

   C'est surtout très drôle. Les mecs sont des loosers patentés... qui se démènent comme de beaux diables pour s'en sortir : le film, s'il ne cache pas certaines des difficultés qui touchent les "quartiers sensibles", a une tonalité globalement positive, même s'il frôle parfois le drame. C'est son grand talent.

   Côté voix, les acteurs et actrices s'en sont donnés à coeur joie. On sent chez eux une véritable jubilation à incarner ces personnages tranchés, à la langue bien pendue.

   Attention toutefois : c'est un peu cru, c'est un vrai film d'ados et d'adultes. Dans la salle où je l'ai vu, une maman et son fils de 6-8 ans sont partis au bout d'un quart d'heure.

00:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

mardi, 23 juin 2009

Dernière saison - Combalimon

   Voici un nouveau documentaire agricole qui synthétise en quelque sorte bien de ses prédécesseurs... ainsi que quelques films de fiction à la base bien documentés. Il a été tourné dans le département du Cantal, sur le territoire de la commune de Saint-Urcize, mais dans une région frontalière. Voici de quoi vous repérer :

Carte Aubrac.doc

   Nous sommes sur l'Aubrac cantalien, tout près de la Lozère (dans le film, Jean, le paysan, téléphone à une connaissance de Nasbinals) et de l'Aveyron (il n'est pas excessif d'affirmer que Saint-Urcize est située dans l'arrière-pays de Laguiole). C'est dans ce (magnifique) département que notre fermier a acheté nombre de ses vaches : dans le film, il dit avoir été en affaire avec quelqu'un de Thérondels, sans doute la commune aveyronnaise du Carladez, une région proche de l'Aubrac et il parle d'un marchand de bestiaux du nom de Latieule, un patronyme typiquement aveyronnais.

   Le film commence par une séquence qui nous mène à un vêlage, celui d'une vache Aubrac. Au départ, on ne sait pas trop à quoi s'attendre ; ce n'est que lorsque l'on distingue le cul de l'animal que l'on se rend compte que quelque chose dépasse... juste avant que l'animal ne se couche et ne commence à mettre bas. C'est toujours un moment impressionnant.

   Puis il est question de la solitude de ce vieux célibataire (qui plus est fils unique) de 66 ans, qui a conclu un drôle de mariage avec une Camerounaise qui a pris depuis la poudre d'escampette. Son ami lozérien a lui aussi connu une mauvaise expérience, avec une Marocaine semble-t-il. C'est un sujet délicat, qu'une fiction comme Je vous trouve très beau avait abordé avec un certain tact (la promise étant, dans ce cas, originaire de Roumanie). En gros, les anciennes colonies françaises voire les D.O.M.-T.O.M. (et même l'Ile Maurice) ont été pourvoyeurs d'épouses pour les paysans esseulés. Les mariages ne se sont pas toujours déroulés dans la plus grande harmonie, loin de là...

   Ensuite, une séquence plus attendue nous présente les difficiles négociations menées autour de la vente du bétail. Déjà que la conversion des euros ne simplifie pas les choses, mais, de surcroît, le héros raisonne encore en anciens francs ! Cette partie fait peut-être écho au premier volet de la trilogie Profils paysans de Raymond Depardon, dans lequel une séquence de ce type est visible.

   Enfin, il est question de la transmission de l'exploitation. Pierre Barrès ne veut pas voir ses terres accaparées par les "gros" de la région, avec lesquels il semble avoir eu maille à partir dans le passé. Mais c'est qu'on ne se bouscule pas au portillon ! Il y a bien une stagiaire, fort sympathique, volontaire, mais pourra-t-elle tenir le coup ? Le vieux paysan en doute (un peu à l'image du personnage joué par Michel Serrault dans le très beau Une hirondelle a fait le printemps)... d'autant plus qu'au lieu d'élever des vaches, elle veut implanter des brebis et transformer leur lait en fromage.

   Le film s'achève sur cette incertitude, porteuse d'espoir, même si je doute qu'elle lui ait succédé.

   Deux documents, quasi jumeaux, permettent d'appréhender le film : le dossier de presse oiginal (à mon avis) et le dossier pédagogique réalisé par "zéro de conduite". Le site eurozoom permet aussi de visionner des extraits du film.

   Laissez-vous tenter ! C'est une vraie réussite (contrairement à d'autres), avec beaucoup d'humour et un personnage principal très attachant.

00:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

lundi, 22 juin 2009

Toto qui vécut deux fois

   C'est un film italien, en noir et blanc, dont l'action se déroule  sans doute en Sicile... mais en fait symboliquement au Proche-Orient, puisque les évangiles sont très souvent parodiés. Cela a d'ailleurs valu quelques ennuis au film qui, dans un premier temps, a été censuré en Italie, avant de finalement sortir avec une interdiction aux moins de 18 ans.

   Les auteurs me donnent l'impression d'être un peu les équivalents ritals de l'équipe de Groland... Côté références, s'il y a une évidente filiation avec le "vieux" cinéma d'avant les années 1960 (le noir et blanc est très joli, les effets d'ombre et de lumière travaillés), on peut aussi évoquer un cousinage avec un film plus récent, d'Ettore Scola : Affreux, sales et méchants.

   Les personnages principaux sont donc moches (édentés, obèses...), sales, teigneux voire violents : des groupes mafieux font régner leur loi... mais parfois tout ne se passe pas comme prévu. Qu'est-ce qui travaille toutes ces personnes ? Le cul et le fric. Il est donc normal que l'arrivée d'une prostituée (interprétée, comme les vieilles femmes, par un homme à la sensualité que je qualifierai de... débordante) suscite un grand enthousiasme dans ce bourg du bout du monde, où nombre de mâles esseulés se retrouvent dans les toilettes du cinéma pour se masturber...

   Ah, oui, j'oubliais : si vous êtes en quête d'humour raffiné, passez votre chemin. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait quatre spectateurs de la séance à laquelle j'ai assisté. Deux lycéennes n'ont pas voulu aller plus loin que le premier quart d'heure, qui voit se succéder une scène de zoophilie, la branlette collective au cinoche et l'érection progressive d'un âne. Un (jeune) couple est parti peu de temps après, sans doute dépassé par la puissance des dialogues qui oscillent entre scatologie et pornographie... Petites natures ! (Ils ont donc raté la bluette homosexuelle et la  sodomie du faux ange par trois obèses, qui les auraient certainement ravis.)

   Ceci dit, tout n'est pas réussi. Le lien entre les séquences est parfois ténu et, malgré la relative brève durée du film (1h30, en cette période d'inflation pelliculaire, c'est court), on perçoit quelques temps morts. Mais, bon, si vous n'êtes pas trop coincés et que vous avez envie d'une bonne tranche de rigolade, vous pouvez vous laisser tenter...

14:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

dimanche, 21 juin 2009

Amerrika

   C'est une nouvelle lecture du "rêve américain", à la sauce du XXIème siècle, le contexte proche-oriental en plus : l'héroïne est une Palestinienne (mais issue de la minorité chrétienne) qui quitte la Cisjordanie peu avant l'invasion de l'Irak par les troupes yankees. Cela nous vaut d'intéressantes scènes au début, notamment sur le comportement des soldats israéliens. Précisons que la réalisatrice est une Américaine d'origine jordanienne. Ainsi qu'elle le déclare dans le dossier de presse, la part d'autobiographie est grande dans le film.

   Il y a donc un fond dramatique à cette histoire : l'occupation israélienne de la Cisjordanie (avec ses conséquences multiples), l'unilatéralisme de la politique étrangère de George W. Bush et le racisme de certains Blancs américains. Fort heureusement, plusieurs personnages sont introduits pour nuancer ce dernier point (le proviseur, le jeune collègue au piercing et l'employée de banque notamment).

   C'est aussi une comédie, qui joue sur le supposé sentimentalisme des Orientaux et pointe les difficultés d'intégration, le déclassement social. On vit les joies et les peines de ces migrants à travers notamment les yeux de l'héroïne (magnifiquement interprétée par Nisreen Faour), qui souffre d'un handicap supplémentaire : elle est obèse.

   Tous les acteurs sont formidables. Certains visages paraîtront familiers à ceux qui ont déjà vu de bons films (classés "art et essai") consacrés au Proche-Orient. Ainsi, la soeur de Mouna, Raghda, est interprétée par Hiam Abbas, remarquée, entre autres, dans La fiancée syrienne ou encore Paradise now.

22:50 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

samedi, 20 juin 2009

Jusqu'en enfer

   Sam Raimi revient à ses premières amours : le film d'épouvante. Pour le scénario, il s'est fait aider par le frangin Ivan (qui a déjà mis la patte aux scénars de L'armée des ténèbres et de Spiderman 3).

   C'est un film conforme aux "canons" du genre : certains personnages font ce qu'ils ne devraient pas faire, les acteurs sont souvent filmés de dos et la musique est là pour ficher les jetons quand il faut. Comme on est au XXIème siècle, les effets spéciaux numériques déchirent : ils rendent certaines séquences gores à souhaits... et instillent parfois une note d'humour. Mais, bon, ne vous attendez à rien d'extraordinaire d'un point de vue filmique. C'est du travail correct. Seule la séquence du cimetière (avec actrice principale en T-shirt mouillé dans la boue... mmm) sort du lot, d'un point de vue photograhique.

   Le meilleur du film est son propos sociologique, voire politique. C'est une critique du travail des banques (la crise des subprimes est dans toutes les têtes aux States) et du carriérisme. C'est donc l'intransigeance de la banque qui est à la source de la malédiction... et la féroce compétititon que se livrent deux des employés ne va pas arranger les choses. De la même manière, au passage, le réalisateur choisit d'épingler le conservatisme social d'une partie de la grande bourgeoisie.

   On peut dire que Raimi s'est compliqué le travail : au lieu de choisir la facilité, avec une héroïne siliconée, débile, gosse de riche et pétasse, il a bâti un personnage attachant, celui d'une ancienne grosse devenue jolie, fille de fermier qui s'est élevée à la force du poignet.

   Comme dans tout bon film d'épouvante, la fable morale n'est pas loin. A la base, le spectateur prend connaissance de la force de la malédiction à travers un ancien cas (que l'on relie plus tard directement à l'histoire principale), lié à un vol. Toute faute, tout péché doit être expié.

   On remarquera que le surnaturel surgit des groupes de population situés à la marge : les gitans, les Mexicains (l'action se passe en Californie). Je ne révèlerai pas la fin, mais plusieurs pistes sont suggérées dans la seconde moitié du film... et celle retenue par les scénaristes se devine assez aisément.

22:07 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

vendredi, 19 juin 2009

Le sens de la vie pour 9,99 $

   C'est un film d'animation australo-israélien, fondé sur la technique du stop motion (dite aussi animation image par image... oui, comme dans Wallace et Gromit, Chicken run -sauf qu'il ne s'agit pas ici de pâte à modeler- mais aussi Les Noces funèbres), à partir de marionnettes. Imaginez le boulot que cela a dû représenter, même si le film dure un peu moins d'1h20 !

   C'est la chronique douce-amère d'un quartier et plus précisément d'un immeuble, qui pourrait se trouver à Tel Aviv (ou peut-être Sydney... voire New York). On y croise un veuf esseulé, qui tente de nouer des contacts avec les autres habitants, notamment un jeune homme qui vit avec son père. Celui-ci est une caricature de petit bureaucrate, replié sur lui depuis que sa femme l'a quitté (et quel bide !). Son fils tente de lui redonner goût à la vie... et puise son inspiration un peu partout, notamment dans des bouquins, comme celui qui a donné son titre au film.

   Mais le personnage le plus original de cette petite famille est sans conteste le fils aîné, qui bosse dans une boîte de recouvrement. Cela nous vaut, au passage, quelques scènes assez dures sur la saisie mobilière. Mais ce personnage va surtout se distinguer par l'histoire d'amour qui naît entre lui et un mannequin qui emménage dans l'immeuble. Cette partie du film, au départ la plus terre à terre, devient franchement surréaliste.

   C'est d'ailleurs la marque de fabrique du film : le balancement régulier entre la description minutieuse des rapports humains au sein d'un petit groupe de voisins et les envolées fantastiques. Ainsi, l'un des habitants de l'immeuble (qui se fait larguer par sa copine l'institutrice) est parfois rejoint par trois petits compagnons facétieux (ah, le pet enflammé !...)... surtout quand il a piccolé et/ou fumé des joints...

   Le summum est atteint à travers le personnage de l'ange, qui n'a pas grand chose d'angélique. Je vous laisse le plaisir de découvrir les péripéties liées à ce deus ex machina qui n'arrange pas vraiment les choses. Ici l'humour est noir, grinçant.

   L'émotion est plus grande lorsqu'il est question du veuf, mais surtout quand le petit garçon apparaît à l'écran. L'histoire bâtie autour des économies et du petit cochon est très belle, accordant une place grandissante à cette tirelire inanimée qui imprime l'imaginaire enfantin.

   Le portrait social ne serait pas complet sans que ne soit évoquée la force du consumérisme, à travers le démarchage téléphonique. Ces enquêtes de consommation, sorte de fil rouge du film, donnent lieu à des moments assez cocasses.

   Notons que la qualité de l'animation est grande. Aux effets cinématographiques proprement dits sont couplés les mouvements des marionnettes, criants de vérité (de la marche aux pleurs en passant par les caresses). A la fin, on en voit même faire quelques plongeons dans un lac !

   Ajoutez à cela une musique subtile et légère, et vous obtenez une grande réussite !

   Voici l'adresse du site officiel :

http://www.9dollars99movie.com/

11:02 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema

mardi, 16 juin 2009

Herbe

   Et un documentaire agricole de plus ! Depuis trois-quatre ans, le genre fait florès, et les Français ne sont pas à la remorque de cette tendance. Cela donne des films aussi réussis que We feed the world, Notre pain quotidien, L'apprenti ou Les brebis font de la résistance, mais aussi des demi-échecs comme La vie moderne.

   Ici, comme dans d'autres films, le point de vue est militant. On compare deux manières de pratiquer l'agriculture, en Bretagne. Ceci dit, c'est honnête : chacun peut exposer son point de vue. Du coup, l'élevage bovin est vu de manière moins anecdotique... mais ce n'est guère passionnant. Alors que le sujet m'intéresse à la base, j'ai vraiment eu du mal à rester accroché à ce film. Il souffre vraiment de la comparaison avec d'autres documentaires ou semi-documentaires consacrés au monde agricole. Franchement, vu le battage qui a été fait autour, c'est une déception.

20:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, film

vendredi, 12 juin 2009

Nous resterons sur terre

   Le principe est le suivant : on a interrogé quatre "personnalités éminentes" (Wangari Maathai, Mikhaïl Gorbatchev, Edgar Morin, James Lovelock) et on a "monté" leurs réponses, de manière à les confronter à des images tournées aux quatre coins du monde (dans 21 pays, je crois). Les intervenants ont été choisis parce chacun incarne un type d'engagement : la fondatrice d'O.N.G. dans un pays en développement, le politique, l'intellectuel, le scientifique.

   Les images ont été tournées dans des lieux "remarquables" ou sur des sites qui subissent d'importantes dégradations : on nous propose des montagnes de déchets empilés, des zones victimes de la déforestation ou de l'exploitation pétrolière...

   Le visuel est très joli. Dans une grande salle, c'est appréciable. Mais... qu'est-ce que c'est ennuyeux ! Les interventions des "spécialistes" sont assez pontifiantes, se limitent trop à des idées générales. Du coup, j'ai failli m'endormir !

http://presse.nousresteronssurterre.com/

12:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, cinema, cinéma

samedi, 06 juin 2009

Le Voyage de Primo Levi

   Primo Levi était un Italien juif, déporté à Auschwitz, où sa compétence scientifique (il était chimiste) lui a sans doute sauvé la vie : il a travaillé dans le troisième camp, celui dit de Buna-Monowitz (comportant une usine de caoutchouc). Il raconte cela dans son plus célèbre livre : Si c'est un homme.

   Mais le film que j'ai vu traite d'un autre aspect de sa déportation : le périple accompli en Europe entre sa libération, en janvier 1945, et son retour en Italie, plus de huit mois plus tard. Ce voyage est le sujet d'un autre livre de Primo Levi : La Trève, qui a été adapté au cinéma en 1997 par Francesco Rosi (avec John Turturo).

   L'originalité de ce Voyage est d'être un parcours contemporain sur les traces de Primo Levi. Au début, une carte dynamique décrit le parcours chaotique de l'ancien déporté, qui va être celui du film. Des images d'archives (montrant le plus souvent Primo Levi) sont insérées entre les séquences tournées au XXIème siècle.

   Tout commence donc par Auschwitz, pour se poursuivre en Europe de l'Est, revenir en Europe centrale et finalement aboutir en Italie du Nord. Je dois dire que le résultat est très inégal. Si le début est assez fort, le suite, qui se déroule en Pologne et en Ukraine, est assez décevante... et mal filmée. Je ne sais pas si c'est dû à la copie du film ou au fait qu'il ait en partie été tourné en vidéo numérique, mais c'est assez laid à regarder. De surcroît, je ne vois pas trop ce que le 11 septembre 2001 vient faire là-dedans. Montrer Ground zero n'apporte rien ; c'est plutôt même, à mon avis, un facteur de confusion pour le spectateur moyen.

   L'intérêt remonte au moment du retour en Europe centrale, notamment à l'occasion du passage par l'Autriche et l'Allemagne. Les auteurs nous mènent dans une réunion électorale... celle d'un parti néo-nazi !

   L'image est beaucoup plus soignée dans la dernière partie du film, qui se déroule en Italie. Le parcours de Primo Levi est mis en parallèle avec celui d'un autre Italien emporté dans la tourmente de la Seconde guerre mondiale : Mario Rigoni Stern. Pour bien apprécier ce passage, peut-être faut-il un peu connaître le sujet. C'est d'ailleurs une remarque que l'on pourrait étendre au film : si cette période de l'histoire vous intéresse, vous y trouverez de l'intérêt, sinon, vous risquez d'être fortement déçu-e-s, au vu de la faible qualité cinématographique.

samedi, 16 mai 2009

Les brebis font de la résistance

   Le film a beau être sorti en salles un 1er avril, ce n'est pas un canular ! Une version tronquée (de 50 minutes environ) avait été diffusée auparavant sur France 3 (on en retrouve certaines séquences comme celle avec le jeune couple venu de Montpellier, celle de l'ancien éleveur catho de droite "converti" ou encore celle du boulanger).

   Le sujet est le Larzac, ses agriculteurs, leurs engagements. Si le film remonte à la lutte des années 1970, il n'en fait pas un historique détaillé. (D'après la réalisatrice, présente à la séance à laquelle j'ai assisté, une oeuvre de ce type serait en préparation.) Plus qu'un documentaire militant, c'est un vrai long métrage de cinéma. Un grand soin a été apporté à l'image, que ce soit au cadre ou à la photographie. Les animaux sont mis en valeur, presque comme des personnages : ce sont des brebis bien sûr, mais aussi des chèvres (moins qu'on ne le croit, le plateau étant essentiellement occupé par des ovins), des ânes... et même des chiens et des chats !

   L'essentiel repose tout de même sur les témoignages des hommes et femmes, anciens et plus jeunes. C'est la difficulté du métier qui est soulignée, difficulté finalement supportable parce que tous ces "acteurs" (au vrai sens du terme) ont conscience de donner un sens à leur existence... et de vivre dans un cadre magnifique.

   J'ai aussi aimé ce film parce qu'il accorde une assez grande place au travail manuel, celui des éleveurs bien sûr (de la conduite du troupeau à la traite, en passant par les soins et la mise-bas), mais aussi la transformation des produits (avec la fabrication de fromage, de pain...) et même la construction de bâtiments (certaines des actions symboliques de la lutte des années 1970 ayant consisté à restaurer -collectivement le plus souvent- des bâtiments d'élevage).

   A lire : le dossier de presse, bien fichu.