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jeudi, 03 mars 2011

L'automne des étiquettes

   Alors que le printemps n'est pas très loin, la proximité des élections cantonales, loin de favoriser un quelconque bourgeonnement, semble plutôt provoquer la chute des étiquettes. En Aveyron, comme le site Aligorchie l'a pointé, à gauche comme à droite, beaucoup de candidats semblent avoir perdu toute référence à un parti politique auquel pourtant ils étaient il y a peu clairement rattachés. En Aveyron, l'UMP décroche le pompon, seulement 3 des 22 candidats soutenus par la majorité de droite affichant cet encartement.

   Mais ce n'est pas un phénomène limité à ce département. L'Alsace comme Le Figaro relèvent (sous un titre identique... cela sent le pompage de dépêche AFP) une véritable épidémie de disparition des étiquettes. A droite, les exemples les plus fréquemment cités sont ceux de la Sarthe (département dont fut l'élu un certain François Fillon) et de la Seine-et-Marne (fief de Jean-François Copé), ainsi que le Tarn et l'Aveyron. A gauche, on évoque principalement les Bouches-du-Rhône, les récents développements judiciaires touchant la famille Guérini n'étant peut-être pas étrangers au phénomène.

   Quant à l'Aveyron, toujours cité dans les articles, il a même fait l'objet d'une synthèse publiée dans le quotidien La Croix. Ce n'est pas extrêmement fouillé, mais c'est révélateur de l'intérêt suscité par la campagne indécise dans ce département... qui pourrait voir un quasi-inconnu arriver à sa tête, en cas d'égalité entre les deux camps !

mercredi, 09 février 2011

Yves Censi, socialiste ivoirien ?

   Décidément, on en apprend tous les jours. Voilà-t-y pas que trois députés UMP (dont un Aveyronnais) se sont fait taper sur les doigts pour avoir envisagé une petite virée en Côte-d'Ivoire, à l'invitation du "président" Laurent Gbagbo.

   Il est intéressant de comparer les versions des faits rapportées par la presse locale, La Dépêche du Midi en l'occurence, et la presse nationale, Le Figaro. Le choix des journaux n'est pas neutre : le quotidien de Toulouse est réputé de gauche (on pourrait donc s'attendre à ce qu'il épingle la faute des députés UMP), alors que Le Figaro est sans doute l'organe le plus proche de l'UMP. Finalement, l'article le plus dur n'est pas celui que l'on croit...

   Un site ivoirien confirme les informations publiées dans Le Figaro : c'est bien Laurent Gbagbo qui a invité les députés UMP et le programme de visites est centré sur le camp pro-Gbagbo. Ce voyage était donc une faute politique.

   Au passage, on apprend qu'Yves Censi est un "spécialiste de l'Afrique". Ah bon ? Si je me fie à son profil, c'est un élu membre de la Commission des Finances, plutôt spécialisé dans les questions liées à l'enseignement (privé) et au monde rural. Mais qu'allait-il faire dans cette galère ? (Est-ce au titre de la francophonie ? Mmmm... Cela paraît un peu tiré par les cheveux.)

   C'est d'autant plus étonnant que Laurent Gbagbo n'est a priori pas proche de l'UMP française. Il a plutôt des accointances avec le Parti socialiste. C'est un membre (encombrant) de l'Internationale socialiste (qui en compte d'autres). Si la direction du PS a pris ses distances avec l'ancien opposant à Félix Houphouët-Boigny, certains de ses cadres ont commis la faute que les députés UMP s'apprêtaient à imiter...

   Y aurait-il des raisons sous-jacentes, inconnues du grand public, à ce projet de visite ?

lundi, 24 janvier 2011

Madame Ladroite, Service Public et les élections cantonales

Madame Ladroite, fière de son royaume,

Vieille souveraine de son département,

Voyait jusque-là sans aucun désagrément

Service Public souffrir d'horrible Sarkome.

 

Dans les campagnes de sa généralité,

Montaient les plaintes de ses fidèles sujets.

Adieu Trésor Public, tribunaux, hôpitaux !

Adieu maternités, écoles et préaux !

 

Deux-mille-huit vit les élections sénatoriales.

Et les anciens vassaux, lassés qu'on les exploite,

Sonnèrent des barons de Madame Ladroite

L'humiliante retraite, gifle magistrale.

 

Très sonnée, Madame Ladroite se dépense,

Adapte son discours en vue des cantonales.

De Service Public elle défend l'existence,

Tandis qu'à Paris ses amis tuent le cheval.

 

 Vérité en deçà de ce Massif Central

Erreur au-delà et, sans la moindre pudeur,

On tente de troubler l'esprit de l'électeur.

Henri-Blaise de La Fontaine

samedi, 22 janvier 2011

Groland en pleine forme

   A cause de ce satané football, on avait été privé d'émission la semaine dernière. La fine équipe nous est revenue pleine d'allant.

   Dans la première partie de l'émission, on a droit à une satire de la position française pendant la révolution de Tunisie. Elle est suivie d'une séquence fort réjouissante, qui s'appuie sur des poupées gigognes grolandaises... à l'effigie des présidents de la Ve République :

Gigognes 22 01 2011 a.jpg

   De droite à gauche, on a successivement Charles de Gaulle (1), Georges Pompidou (2), Valéry Giscard d'Estaing (3), François Mitterrand (4) et Jacques Chirac (5). C'est alors que Jules-Edouard Moustic se rend compte qu'il en manque un, qu'il finit par trouver :

Gigognes 22 01 2011 b.jpg

   Le "petit dernier" se retrouve à l'extrême-gauche (!) de l'écran. On reconnaît bien là l'esprit moqueur de l'équipe de Groland. En effet, d'habitude, c'est la personnalité la plus ancienne qui est la plus petite, au coeur de la poupée. C'est le cas des matriochkas russes, comme celles dont j'ai fait l'acquisition il y a bientôt quatre ans.

   C'est aussi le cas des poupées russes fabriquées de nos jours et consacrées aux président français. L'ancienne version (vendue environ 40 euros), qui court de Charles de Gaulle à Jacques Chirac, représentait ce dernier en grand et le premier en tout petit. (Ironie de l'affaire : leur importance historique a été exactement l'inverse.)

Gigognes russes 1.jpg

   La dernière version (vendue moins cher !) court de Georges Pompidou à Nicolas Sarkozy, ce dernier  figurant sur la poupée englobant toutes les autres. On comprend que les auteurs de Groland.con aient tenu à inverser la règle !

Gigognes russes 2.jpg

   La deuxième partie de l'émission pète le feu ! On découvre une nouvelle journaliste de l'équipe, Marine Kuntz, digne fille de Francis... On assiste à une vague d'arrestations gigantesque... fondée sur un fichier de délinquants très spécial... Ensuite, c'est au tour de Frankiki d'illustrer les difficultés des jeunes sur le marché du travail. Le reportage suivant (co-réalisé par "Jean Dutourd"...) nous présente un chef d'entreprise qui ne se laisse pas facilement décontenancer et dont les employés participent de manière active à la survie de la boîte...

   Ajoutez à cela quelques "brèves" savoureuses et vous avez une idée du coktail explosif de cru du 22 janvier 2011.

lundi, 27 décembre 2010

Bigard sarkozyste ou pas ?

   Il me faisait bien rigoler, Bigard, à ses débuts. Je dois dire qu'à partir du "lâcher du salopes", j'ai décroché. Cela fait donc un petit moment. Plus tard, j'ai essayé de regarder le spectacle du Stade de France. Je reconnais qu'il y a eu un gros boulot derrière, j'ai même ri plusieurs fois, mais le charme n'agit plus comme auparavant.

   En plus, il s'est mis en tête d'afficher ses relations politiques (je ne parlerai même pas de ses délires conspirationnistes). Franchement, je me contrefiche de savoir pour qui les acteurs, chanteurs, humoristes, imitateurs votent ! Se prendraient-ils pour des maîtres à penser ? N'est pas Desproges qui veut.

   Bon, voilà notre Bigard catalogué sarkozyste en 2007... mais l'étiquette porte la scoumoune : presque tous les artistes qui l'ont revendiquée ont vu leur carrière connaître un sérieux coup de mou. Du coup, aujourd'hui, peut-être aussi parce que le locataire de l'Elysée a moins de succès qu'il y a trois-quatre ans, Bigard a déclaré dans VSD que non, pas du tout, il n'avait jamais été un fervent supporteur du président, qu'il avait été en quelque sorte récupéré et que, de toute manière, il ne l'avait rencontré "que trois fois"... dont une place de la Concorde, en 2007 :

Bigard Concorde Gala.jpg

   Et vous allez me dire qu'ils se sont forcément déjà vus une paire de fois avant, puisqu'ils habitaient la même commune, Neuilly-sur-Seine. (Dans l'un des sketches de l'humoriste, il est même question du Monoprix de cette commune.)

   Et puis il y a eu cette fameuse visite au Pape :

Bigard Pape.jpg

   Et puis, en fouillant dans un vieux paquet de journaux, je suis tombé sur un Paris Match d'août 2007, dans lequel j'ai trouvé ceci :

Bigard Hortefeux PMatch 08 2007.JPG

   Ne sont-ils pas mignons tous les deux ? Ah, oui, la légende dit : "Le 14 août, Brice Hortefeux et son ami Jean-Marie Bigard se rendent au Feu Follet, le restaurant que l'humoriste a ouvert à Mougins. " (Depuis, il a revendu, l'affaire s'étant cassé la figure.)

   Bon, je ne vais pas continuer là-dessus pendant des plombes. Entre 2005 et 2008, il semble avoir été (très) proche du clan Sarkozy, dont il s'est (apparemment) détaché depuis. C'est peut-être pour des raisons idéologiques, peut-être parce qu'il a changé... ou peut-être par opportunisme (ce n'est plus "porteur").

   En tout cas, aucune des personnes qui partageait avec lui le déjeuner de VSD n'a semble-t-il cru bon de le contredire ou ne serait-ce que le titiller. Non, les vieilles gloires que sont Cavanna, Wolinski et Berroyer ont plutôt paru le soutenir. (Triste fin pour ceux qui ont pu incarner, à une époque, la liberté de penser et le non-conformisme. Notons que le repas organisé par VSD a été l'occasion pour chacun de faire sa promo, Cavanna venant pour Le pire de Hara Kiri, joli bouquin... qui a été imprimé en Chine.)

16:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, humour

samedi, 11 décembre 2010

Journalistes et politiques : une dérangeante proximité

   L'attention est en général focalisée sur quelques couples médiatiques : Anne Sinclair et Dominique Strauss-Khan, Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Béatrice Schönberg et Jean-Louis Borloo, plus récemment Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg (et, de manière brève, Marie Drucker et François Baroin). Vu que les deux professions se côtoient régulièrement, ce genre de situation est inévitable. Plus que les exclusions d'antenne, c'est la transparence qui est importante. Déjà qu'on nous cache pas mal de choses sur les relations intestines entre journalistes et politiques (voir les documentaires de Pierre Carles), il ne faudrait pas qu'en plus on apprenne un jour ce que le petit monde médiatique sait depuis longtemps, à savoir que telle vedette de télé partage la vie de l'un de ses invités récurrents.

   Je pense que c'est à un autre niveau qu'il faut être vigilant. A gauche comme à droite, pour la com', on embauche des spécialistes de l'information. Cela s'est vérifié au plan national, avec les recrutements opérés par l'équipe sarkozyste (au Point, au Figaro et au Parisien) et aussi, l'an dernier, par le départ pour le Conseil régional de Poitou-Charentes de Françoise Degois, à l'époque au service politique de France Inter... où elle suivait le Parti socialiste. Que penser de leur supposée indépendance journalistique passée ? Que penser de l'impartialité de leurs collègues restés journalistes, peut-être en attendant de rejoindre l'équipe d'un-e autre élu-e ?

   L'Aveyronnais confiant pouvait se dire que ce genre de pratiques ne touche que les "hautes sphères" parisiennes. Hé bien, non ! L'été dernier, l'un des sujets de conversation, sur Rodez, était le transfert d'une journaliste du quotidien Centre Presse à la Communauté d'agglomération du Grand Rodez. Cette année, toujours à gauche, une correspondante de Midi Libre est, d'après La Dépêche du Midi, sur le point de devenir chargée de communication de la mairie de Saint-Affrique.

   Assez perfidement, le quotidien édité à Toulouse remarque que les journaux du groupe concurrent (qui publie notamment Centre Presse et Midi Libre) semblent être un vivier à la fois pour la gauche et la droite aveyronnaises.

   C'est là que je me dis que l'on peut se réjouir de la diversité de la presse locale. Sans cette petite rivalité, qui peut dire si l'information serait sortie ?

lundi, 29 novembre 2010

"Midi-Pyrénées info" numéro 40

   Aujourd'hui, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres le dernier numéro de la gazette publiée (grâce aux contribuables) par le Conseil régional de Midi-Pyrénées.

   Page 3, mon attention fut attirée par un article titré "L'axe routier Rodez-Toulouse entièrement en 2x2 voies à l'horizon 2015". C'est habile. Cela laisse entendre que tout le boulot consiste à relier les deux agglomérations, alors que la route nationale 88 mène de Toulouse non pas à Rodez... mais à Lyon. L'équipe de Malvy a raison de rappeler que la région a dû pallier la démission de l'Etat, pour qui les exonérations fiscales des riches sont plus importantes que l'aménagement du territoire. Le magazine se garde cependant bien d'évoquer le dernier morceau de la partie midi-pyrénéenne de l'axe routier, entre Rodez et l'autoroute A75. Et là, que ce soit pour le grand contournement du chef-lieu aveyronnais comme pour le dernier tronçon, ce n'est pas l'horizon 2015 qu'il faut fixer, mais plutôt 2020 voire 2025...

   Page 4, l'autosatisfaction de la majorité socialo-communisto-écolo-radicale peut paraître justifiée : les lycéens ont, depuis cette année, la possibilité d'acquérir un ordinateur portable à bas prix (celui-ci variant en fonction du revenu fiscal de leurs parents, une bonne idée ma foi). Cette opération, bien relayée par la presse locale (qui a, par exemple, parlé de la remise des ordinateurs dans deux lycées publics du Grand Rodez, Monteil et La Roque) s'appelle OrdiLib'.

   Reste pour les lycéens et leurs familles à mettre à jour régulièrement une partie des logiciels installés sur la machine... et donc à s'abonner à l'internet, de préférence à haut débit. Attention aussi à la protection de ce beau jouet. Seule la durée permettra de dire si ce fut une belle et grande initiative ou simplement une opération de com' de plus. Un signe ? Le successeur de Georges Frêche à la tête du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, va dans le même sens.

   Le dossier principal est consacré à la gastronomie, avec le salon SISQA en ligne de mire. (N'oublions pas que le "repas gastronomique des Français" vient d'être inscrit par l'Unesco au patrimoine immatériel de l'humanité.)

   Je regrette toutefois qu'aucun produit aveyronnais ne soit cité... On a par contre droit à un article sur l'AOC Rocamadour (très bon fromage, soit dit en passant)... un éclairage lotois qui ne doit sans doute rien au fait que le vice-président en charge de l'Agriculture, Vincent Labarthe, soit élu du côté de Lacapelle-Marival, dans un département cher au coeur de Martin Malvy.

   Il est toutefois question de l'Aveyron à deux reprises, lorsque sont évoqués les travaux ferroviaires réalisés autour de Capdenac-Gare et en toute fin de magazine, où une pleine plage est consacrée à l'inévitable Pierre Soulages et au futur musée. Evidemment, n'attendez aucun recul critique sur ce projet dispendieux et mal calibré.

 

mardi, 16 novembre 2010

"Le Monde", fillonniste honteux ?

   La lecture du "quotidien de référence" réserve parfois quelques surprises, surtout quand on compare les versions papier et électronique, la seconde étant réputée plus "réactive"... mais plus sujette à des bourdes aussi.

   Le 14 novembre, parmi les nombreux articles consacrés au remaniement orchestré par Nicolas Sarkozy et ses conseillers, on pouvait en lire un (un portfolio) titré ainsi :

Fillon 14 11 2010.jpg

   Il s'agit, vous l'avez sans doute remarqué, de la reprise d'un article de 2007, déjà bien "lèche-fillon"... tellement qu'il a suscité les réactions sarcastiques de lecteurs... et que, dès le lendemain, il n'était plus possible d'y accéder, alors qu'il avait donné lieu à 18 commentaires (il aurait donc dû figurer dans le classement qui s'affiche sur la partie droite de la page), le dernier datant du 15 novembre, à 7h23.

   Intrigué, j'ai effectué une recherche à partir de la page d'accueil du Monde... sans parvenir à retrouver l'article. C'était parce que je m'étais limité à la dernière semaine. Ce n'est qu'en puisant dans les archives de 2007 que l'on peut accéder à l'article, pourtant republié quelques jours auparavant. (Pour retrouver l'article sans passer par le journal, il suffit d'utiliser votre moteur de recherche internet habituel et de taper "Fillon gaulliste social".)

   Aurait-on eu un peu honte de ce zèle premierministrophile ?

 

mercredi, 10 novembre 2010

Satanés Auvergnats... de 1942 !

   On en apprend tous les jours. Vous avez tous entendu parler de la très mauvaise plaisanterie de notre ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, proférée devant caméras à l'université d'été de l'UMP en 2009. Bon, cela nous a permis de réaliser qu'un membre du gouvernement pensait pouvoir tenir des propos ouvertement racistes... sans que les journalistes présents s'aventurent à diffuser les extraits gênants. (C'est dire aussi si les politiques ont confiance en la complaisance -la soumission ?- des médias de masse.)

   Brice Hortefeux, croyant échapper à la polémique, avait sorti une excuse bidon, affirmant avoir plaisanté non pas sur les Arabes, mais sur les Auvergnats. Cela a permis aux satiristes de se déchaîner, saisissant la moindre occasion d'employer le mot "Auvergnat", dans un contexte particulier.

   Sans le savoir, nombre d'entre eux ont perpétué une pratique née sous l'occupation allemande. En effet, lorsque, en 1942, les autorités allemandes ont imposé aux juifs le port de l'étoile jaune, certaines personnes, qualifiées d' "amis des juifs", ont décidé de porter une étoile un peu particulière, avec une inscription en son centre : "swing", "zazou", "goï"... ou encore...

Auvergnat juif.jpg

   L'histoire ne se répète pas mais, parfois, elle a de drôles de façons de bégayer...

mercredi, 13 octobre 2010

Combien de manifestants ?

   La polémique fait rage. La police est accusée de sciemment sous-estimer le nombre de manifestants, délaissant sa mission de service public pour adopter une attitude partisane. (Cela révulse jusqu'à certains flics !) De leur côté, les syndicats sont soupçonnés de gonfler exagérément les chiffres de la mobilisation.

   Cela se ressent aussi au niveau de l'Aveyron, plus précisément de Rodez. Dès hier, Force Ouvrière affirmait que le cortège ruthénois (où je me suis caché) avait réuni 16 000 personnes, information relayée notamment par la radio Totem.

   Aujourd'hui, les quotidiens donnent des estimations différentes. La Dépêche du Midi confronte les chiffres avancés par FO à ceux donnés par la police (qui n'a pas communiqué dessus) :

Manifs 13 10 2010.jpg

   Le plus croquignolet, dans cet article, est l'écart qui sépare les estimations à propos de Marseille : 24 500 personnes selon la police... 230 000 selon les syndicats ! Alors, soit on n'a pas arrêté d'abuser du pastis dans les commissariats phocéens, soit la réputation de galéjade des militants locaux est encore largement au-dessous de la vérité ! 

   Midi Libre ne se mouille pas trop, mais semble quand même relativiser fortement l'estimation fournie par FO :

Manifs 13 10 2010.jpg

   Centre Presse fait de son côté assaut d'honnêteté, les journalistes reconnaissant ne pas être des habitués de ce genre de décompte. Le quotidien aveyronnais nous livre quand même son estimation :

Manif 13 10 2010.JPG

   On retrouve les chiffres fournis par la police... Finalement, seule La Dépêche se mouille, jugeant certes les chiffres syndicaux trop élevés, mais ceux de la police nettement inférieurs à la réalité. D'après des participants réguliers aux manifs, il apparaît peu probable que moins de 10 000 personnes aient été présentes mardi 12. On arrive donc à quelque chose entre 10 000 et 16 000 (13 000 selon La Dépêche).

mardi, 12 octobre 2010

Au coeur de la manif'

   Me voilà en pleine opération d'infiltration, tel un Harry Roselmack blanc aveyronnais ! Pour me fondre dans le paysage, je ne me suis pas lavé les cheveux pendant une semaine, je suis sorti avec une barbe de deux jours (c'est mon côté George Michael !) et j'ai pris soin de faire figurer du rouge dans mon accoutrement, histoire qu'on ne me soupçonne pas d'antibolchevisme primaire.

   Le rendez-vous, place d'Armes, à Rodez, était fixé à 14h30. En toute logique, c'est après 16 heures que le cortège s'est élancé. Apparemment, il a fallu attendre que les derniers bus aient débarqué leur flot de manifestants. (Certains sont venus d'Aubin !)

   Devant la cathédrale, la foule était bigarrée. J'ai été étonné par le nombre relativement important de jeunes (lycéens et étudiants), qui étaient toutefois minoritaires. Le gros des troupes était constitué d'actifs des deux sexes, auxquels s'est jointe une kyrielle de retraités.

   Comme le soleil était de la partie, certaines tenues étaient légères... et les filles jolies ! Je pense que l'on doit à la présence des jeunes quelques éléments qui ont rendu cette manif' plus gaie, moins conventionnelle (tout est relatif...) qu'à l'habitude. Une jeune femme (aux ravissantes couettes) se promenait en couche-culotte (rassurez-vous, elle portait un pantalon en dessous). Un groupe de garçons avait bricolé un panneau sur lequel on pouvait lire "LES VIEUX AU BOULOT - LES JEUNES AU BISTRO ?". Moins inspiré (et plus politisé...), un autre brandissait une pancarte établissant un lien entre Nicolas Sarkozy et le groupe de Bilderberg.

   La zique était à l'unisson, puisqu'on a eu droit à quelques morceaux revendicatifs de rock et de rap. De temps à autre, un pétard éclatait... parfois de manière tellement bruyante que l'on pouvait se demander si Al Qaida n'avait pas décidé de se joindre au mouvement ! On peut par contre déplorer le lâchage de P.Q. qui, une fois la marche terminée, a dû donner un surcroît de travail aux employés municipaux.

   Bon, c'était pas tout ça, mais il fallait s'y mettre... pas avant toutefois d'avoir entendu la tirade de chaque représentant syndical... Purée, ce fut long ! Apparemment, bon nombre de manifestants (plutôt les anciens) tenaient à ces discours militants.

   Ensuite, le cortège s'est mis en route, par la rue Gambetta, puis les boulevards Guizard, Laromiguière, Fabié, Flaugergues, Puech, de la République, Belle-Isle et d'Estourmel :

 

Manif 12 10 2010.jpg

   Notons au passage le souci des organisateurs de faciliter la tâche des policiers : comme la manifestation est passée sous les fenêtres du commissariat, on peut espérer que le comptage sera d'une rigueur incontestable.

   Au cours de la manif, des estimations différentes ont circulé. Ce serait la plus suivie de ces dernières semaines. Alors, par combien de personnes ? 10 000 ? 15 000 ?

dimanche, 12 septembre 2010

De Pierre Perret à Nicolas Sarkozy

   D'habitude, je n'aime pas les attaques sur le physique des gens. Je me suis même déjà pris le chou  avec des collègues au sujet de Sarkozy quand les attaques ciblaient uniquement sa taille.

   Mais là, franchement, la parodie que je vous propose d'écouter est vraiment bien fichue. Comme vous vous en doutez sûrement après avoir vu le titre, c'est la chanson Le Zizi qui a été détournée. L'interprète est censée être Carla Bruni... Y a eu un gros boulot sur les rimes, moi j'vous l'dis !

samedi, 21 août 2010

La France y perd son latin

   ... ainsi que son grec ! C'est le lot des langues anciennes, dont les enseignants ont vocation à disparaître des collèges et des lycées, ainsi que le regrettent des pétitionnaires publiés par Le Monde. Dans le texte qu'ils ont signé, ils déplorent les mesures discriminatoires dont ces langues sont déjà victimes dans le secondaire.

   Cela ne date pas d'aujourd'hui. Je suis assez âgé pour avoir connu, au collège, en classe de 5e, une initiation à ces deux langues. Je me souviens très bien que la prof de français avait démarré l'année avec le grec, avant de consacrer la majeure partie de l'horaire d'initiation au latin, où elle se sentait plus à l'aise. Cela m'a plu. Du coup, en 4e, j'ai choisi l'option latin.

   J'étais dans la 5e 6 (dont on pourrait compter sur les doigts d'une main les élèves qui ont fini par obtenir un bac). Dans les 5es 1 et 2, les classes "bourgeoises" (celles où se retrouvaient, comme par hasard, les enfants de médecins, avocats, notaires, dentistes, ingénieurs, enseignants...), dont les élèves (ou plutôt leurs parents) avaient choisi l'allemand en première langue, on avait mis les "meilleurs" profs de français. Ils avaient donc suivi une véritable initiation au grec. Les élèves de ces classes se sont tout naturellement trouvés dans les 4es 1 et 2 et les 3es 1 et 2, avec allemand en première langue et latin-grec ou grec en option. (Je précise que tout ceci se passait dans un établissement public...)

   Quelques années plus tard, me voilà au lycée, dans une Seconde plutôt composée d'élèves à profil scientifique. Je fais partie de ceux qui ont gardé l'option latin, même si cela nous a été déconseillé. Même chose en 1ère S. Là, on était encore moins nombreux (une douzaine, dans mon souvenir). Une partie des cours avait été programmée entre midi et 14h... En Terminale, ce fut encore pire : on a tenté de nous empêcher de suivre l'option latin : elle n'était pas inscrite à l'emploi du temps et une seule classe avait été formée sur tout le lycée. A force de râler, les parents finissent par obtenir une amélioration... mais les élèves de ma classe n'ont jamais pu suivre l'intégralité des cours. Nous avons quand même présenté l'examen et été notés avec indulgence (à mon avis).

   Pour les élèves des séries scientifiques qui voulaient garder le grec, ce fut impossible. Je crois que, sur tout l'établissement, il devait y avoir 5-6 élèves, pour lesquels venait un prof d'un autre lycée (le seul prof de grec du département, je crois).

   Et pourtant... quand on veut écrire correctement le français (et comprendre ce que l'on écrit), acquérir quelques notions de latin et de grec est particulièrement judicieux. Et que dire de la culture gréco-latine ? Elle est très riche et pourrait être très utile encore aujourd'hui.

   Tout ça pour dire que le mépris avec lequel les ronds-de-cuir de l'Education Nationale traitent les langues anciennes n'est pas récent : j'ai passé mon bac à l'époque où Michel Rocard était Premier ministre... (Nom de Diou !)

   Aujourd'hui, ce sont les langues anciennes qui trinquent, mais, dans un avenir proche, c'est l'histoire-géographie qui va y passer, d'après ce que j'ai compris de la réforme des lycées. Sûr qu'avec des jeunes plus incultes et analphabètes, les démagogues de tout poil ont un bel avenir politique dans notre pays.

 

 

  

  

samedi, 17 juillet 2010

République irréprochable

   J'ai repensé aux propos tenus par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2007. J'ai revu le petit film de propagande qui  avait été tourné à cette occasion.

   "Le président de la République, c'est l'homme de la Nation, ce n'est pas l'homme d'un parti, ce n'est pas l'homme d'un clan." Jolie formule... qui a été mise en pratique, à des degrés divers. D'un côté, il y a les has been qui ont pu revenir dans le bain grâce à l'attention présidentielle (Bernard Kouchner, Frédéric Mitterrand au gouvernement, Michel Charasse au Conseil constitutionnel... et pourquoi pas Jean-Luc Hees à Radio France). De l'autre, il y a des personnages plus prometteurs. Eric Besson a semble-t-il fait passer son ambition avant ses convictions. Il fut pourtant coordonnateur et préfacier d'une critique acerbe du sarkozysme :

L'inquietante_rupture_tranquile_de_monsieur_Sarkozy.pdf

   L'arrivée de Philippe Val (ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo) à France Inter peut passer pour un beau symbole d'ouverture, mais, quand on  a vu la suite, on se demande qui s'est le plus ouvert à l'autre... Par contre, l'arrivée de Didier Migaud à la Cour des Comptes, tout comme l'attribution de la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale à un socialiste, sont deux manifestations de modernisation de la vie politique française telle que Nicolas Sarkozy l'avait annoncée. Mais il y a aussi la face sombre, celle du "clan du Fouquet's", dont les membres sont soupçonnés être les grands gagnants de la politique sarkozyenne...

   "Je veux que les nominations soient irréprochables." Quel exemple choisir ? Là, il faut regarder du côté des entreprises (semi)publiques. Le cas d'Henri Proglio, bombardé à la tête d'E.D.F., illustre assez bien à quel point les mauvaises habitudes ont la vie dure. Si les personnes choisies pour exercer de hautes responsabilités sont souvent compétentes, la manière dont elles ont été désignées rappelle encore et toujours le "fait du prince".

   "Je veux que le Parlement ait davantage de pouvoirs." Pas facile à mettre en pratique lorsque les lois sont presque toutes issues de projets gouvernementaux. Et quand, par malheur, une partie des députés ou des sénateurs de la majorité se rebelle (ou fait mine), le pouvoir exécutif a tendance à sortir le gourdin.

   "Je veux que les ministres soient moins nombreux, quinze, au maximum, et qu'ils rendent des comptes" François Fillon inclus, on en est à 21 ministres... auxquels il faut ajouter 17 secrétaires d'Etat, eux aussi membres du gouvernement. Quant à rendre des comptes... au président, oui, mais aux citoyens, non !

   "Mais je veux changer la pratique de la République. Plus de simplicité, plus de proximité"... Je n'ai pas l'impression que les pratiques en vigueur au sommet de l'Etat aient changé... Quant à la simplicité et à la proximité, on ne peut pas dire que la réforme des collectivités territoriales aille dans ce sens, même si, au départ, on pouvait y croire.

   A la fin, il est question d'une "démocratie moderne, qui sera exemplaire au regard du monde". Cela fait écho à la plaquette du candidat, plus précisément au deuxième point, "Une démocratie irréprochable", où il est écrit (en caractères gras, s'il-vous-plaît) "Je veillerai rigoureusement à l'indépendance de la justice"... alors qu'il tente de faire le contraire. Les multiples affaires tournant autour de Liliane Bettencourt et d'Eric Woerth, loin de poser la France en modèle, la présentent comme un repoussoir aux yeux des démocrates du monde entier.

   Dans les dernières secondes de ce film à diffusion nationale, les Aveyronnais auront vu passer quelques visages connus :

Sarkozy viaduc.jpg

   Avec le viaduc de Millau à l'arrière-plan, la scène est (presque) grandiose. Elle se déroule pendant la campagne de 2007, en janvier me semble-t-il, la date figurant sur l'article du Figaro étant sans doute erronée. (Comment Nicolas Sarkozy pourrait-il encore être "candidat" à l'élection présidentielle en novembre 2007 ?)

   A gauche de l'image se trouve Jean Puech, qui était encore président du conseil général de l'Aveyron à l'époque. Il a depuis renoncé à ce mandat... et essuyé une belle défaite aux élections sénatoriales de 2008 ! A droite, on note la présence de Jacques Godfrain (encore maire de Millau en 2007, il a été déboulonné l'année suivante) et Yves Censi, qui a conservé son mandat (unique, c'est à signaler) de député de la première circonscription de l'Aveyron (à l'époque, il avait peur que le fiston Puech ne lui pique la place). A gauche de tout ce beau monde, dans la séquence originale, se trouvent, sauf erreur de ma part, Brice Hortefeux et Jean-François Roverato (le papy barbu juste à côté de J. Puech), P.D.G. du groupe Eiffage, qui a construit le viaduc (et tire de son exploitation de substantiels profits).

   C'est dingue mais, si on laisse de côté une seconde scène (qui doit avoir été tournée en province, mais il n'est pas facile de dire où), l'Aveyron est le seul département clairement identifiable dans ce film ! N'existerait-il pas d'autres versions, dans lesquelles seule une partie de la fin serait changée ?

samedi, 03 juillet 2010

Comment les médias ont rendu compte de la visite de Nicolas Sarkozy en Aveyron

   Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas m'intéresser aux médias locaux (à une exception près), mais à leurs collègues nationaux, quotidiens et hebdomadaires.

   L'Aveyron, a fortiori le Carladez, c'est loin, enclavé... et pas très "hype" pour qui prise la vie de citadin friqué. Du coup, quand le président de la République se déplace dans un coin paumé, on n'envoie pas forcément de journaliste accrédité. On compte puiser dans les comptes-rendus des agences de presse... quitte à commettre des erreurs.

   La dépêche AFP a été tout simplement recopiée par plusieurs organes de presse, notamment L'Express, Le Point et La Croix, qui ont utilisé les mêmes photographies (une seule pour Le Point)... et publié la même erreur, orthographiant mal le nom de la commune de Mur-de-Barrez ("Mur-de-Barrèze" à chaque fois). A l'étranger, le même texte est publié dans dans le quotidien suisse Le Temps, par exemple... Et, ô surprise ! Midi Libre est pris les doigts dans le pot de confiture :

Midi Libre Sarkozy Brommat 01 07 2010 ter2.jpg

   On ne retrouve cependant pas cette erreur sur le site de France24, qui a pourtant puisé à la même source, parce que la dépêche a été contractée, le passage incriminé ayant disparu du texte final.

   Fort heureusement, ce manque de professionnalisme n'est pas étendu à tout ce qui a été publié sur le sujet. Dans Le Point lui-même, un second article a été écrit à partir d'une dépêche de l'agence Reuters... sans faute. On peut faire la même remarque à propos du Nouvel Observateur, qui s'est appuyé sur le travail d'une autre agence, Associated Press (AP).

   Je trouve quand même sidérant que ce soit l'agence de presse française (l'AFP) qui fournisse un billet comportant une erreur grossière, alors que ses concurrentes britannique (Reuters) et américaine (Associated Press) ont été plus performantes (mais moins prolixes au niveau des photographies, semble-t-il).

   Ah ben, tiens, causons un peu des photos. Si vous avez jeté un coup d'oeil aux articles vers lesquels mènent les liens précédents, vous vous êtes aperçus que certaines "têtes" se sont arrangées pour figurer dans le champ des photographes et des caméras. S'il est parfaitement normal que les agriculteurs rencontrés par Nicolas Sarkozy soient représentés en sa compagnie, on peut se demander ce que viennent faire le président du Conseil général, Jean-Claude Luche, et le député de la circonsciption Yves Censi (ainsi que son collègue Alain Marc, élu de la région de Millau !) alors que, d'après la presse, ils n'ont joué aucun rôle dans cette manifestation soigneusement organisée, cadrée et minutée... Faut-il préciser que tout ce beau monde est à l'U.M.P. ?

   De son côté, le conseiller général et maire de Brommat (écharpe apparente) Francis Issanchou semble avoir su jouer des coudes pour figurer aux premières loges :

Issanchou Sarkozy 2010.jpg

   On note aussi la présence de l'ancien omniprésident du Conseil général de l'Aveyron, Jean Puech, visible notamment dans une vidéo disponible sur le site du quotidien auvergnat La Montagne. (On peut d'ailleurs lire avec profit le récit de la journée par le correspondant cantalien du journal.)

   Sur le sujet, j'ai aussi bien aimé le "post" d'un blogueur, très attaché aux détails du déroulement de la visite.

   Je me dois aussi de signaler une vidéo de Karl Zéro dans laquelle celui-ci se veut critique du président... tout en manifestant un certain mépris pour les Aveyronnais.

   Un petit cadeau, pour terminer. Je me suis permis de détourner une photographie prise pendant la visite (on la trouve sur le site de La Dépêche du Midi et le blog d'Alain Marc). J'ose espérer que nos éminences aveyronnaises ne se formaliseront pas trop de cette pochade :

Alain Marc Sarkozy 2010.jpg

dimanche, 20 juin 2010

De la politesse en politique

   En public comme en privé, il fut un temps où Ceux Qui Nous Dirigent conservaient une dignité qui s'étendait au langage. Est-ce parce que la société française s'est un peu décoincée ? Est-ce par souci de "faire peuple" (vulgaire ?) ? Depuis une vingtaine d'années, plusieurs détenteurs du pouvoir exécutif se sont fait connaître par la verdeur de leur langage, notamment en public.

   Ainsi Jacques Chirac a jadis choqué nos amis britanniques en associant le Premier ministre de l'époque (l'inénarrable Margaret Thatcher) à certains de ses organes génitaux. Dominique de Villepin n'est pas réputé avoir la langue dans sa poche. Il lui est arrivé à plusieurs reprises de se lâcher, en particulier sur les députés (U.M.P.) et les journalistes. Notre actuel président n'est pas non plus un exemple de classe et de distinction, en dépit des prétentions affichées.

   Voilà de quoi inspirer la jeunesse, qui n'aura pas mieux si elle se règle sur le comportement de footballeurs comme Nicolas Anelka.

   Mais je suis récemment tombé sur encore mieux, en lisant Le Canard enchaîné du 31 mars dernier :

frères Guérini.JPG

   C'est le récit d'une altercation survenue à Marseille entre Renaud Muselier et Alexandre Guérini, dont on peut trouver une autre version sur le site de La Provence. Le second, l'agresseur, a pour frère Jean-Noël Guérini, président (socialiste) du Conseil général des Bouches-du-Rhône, auquel L'Express a consacré un fort instructif dossier.

   Pour éviter toute confusion, il convient toutefois de préciser que, bien qu'ils portent le même nom qu'eux et qu'ils soient originaires du même village corse (Calenzana), Jean-Noël et Alexandre n'auraient rien à voir avec de célèbres mafieux, les frères Guérini, qui ont longtemps régné sur le Milieu marseillais.

jeudi, 17 juin 2010

Coup de gueule

   Certains vont penser que je suis sur le point d'exprimer ma colère, ou une grande déception, quant aux performances de l'équipe nationale de football. Que nenni ! D'abord, je n'ai pas regardé le match (j'ai préféré aller voir le dernier film de Kim Ki-Duk). Ensuite, le résultat ne m'étonne pas. Que voulez-vous que fasse une bande (je n'appelle pas cela une équipe) de frimeurs, obsédés uniquement par la célébrité, le pognon et les filles faciles ? Tiens... ce portrait me rappelle quelqu'un... mais oui ! Les footballeurs français sont, finalement, assez représentatifs, non pas du pays réel, mais de celui qui le dirige. Leurs résultats sportifs sont d'ailleurs à l'image des résultats économiques obtenus par l'incompétent immature de l'Elysée.

   Mais passons à l'objet de ma chronique, l'émission des Grosses Têtes de mercredi 16 juin 2010. J'aime bien écouter de temps à autre ce groupe de misogynes gentiment réactionnaires, dans lequel se glisse(nt) une (ou deux) femme(s) de tempérament. Comme ce n'est pas possible à mon boulot, je profite du site internet de R.T.L., bien fichu, pour en jouir à ma guise.

   Le programme n'a plus le lustre d'antant, quand on pouvait entendre d'aussi éminentes personnalités que Jacques Martin, Jean Yanne, Sim, Léon Zitrone, Jean Dutourd ou encore Robert Sabatier. Heureusement, Philippe Bouvard est encore là. Il a quelque peu reformaté l'émission, qui compte davantage de séquences désormais. On a ainsi régulièrement droit à un moment avec "l'auditeur du bout du monde" et, chaque jour, l'invité d'honneur doit vider ses poches en début d'entretien.

   La première partie de l'émission voit l'un des intervenants nous livrer son "coup de sang", de préférence avec style. Ce mercredi, Jacques Mailhot s'y est collé. D'habitude, je l'aime bien, mais là il m'a sérieusement agacé. De manière fort injuste, il s'en est pris à Eva Joly, une femme pour laquelle j'ai beaucoup de respect. Cela commence par des jeux de mots très plats et une attaque sur le physique de l'ancienne magistrate. D'abord, je ne la trouve pas si laide... pour quelqu'un de 66 ans :

eva-joly.jpg
   Combien de vieilles badernes officiant aux Grosses Têtes peuvent se vanter d'être aussi bien conservées ? Et puis, regardez comme elle était belle à 15-16 ans ; on comprend qu'elle ait fait tourner des têtes :
Eva gro Farseth.jpg

   (Eva Gro Farseth est l'identité première de celle qui épousa par la suite un certain Pascal Joly, cousin de l'humoriste Sylvie Joly.)

   J. Mailhot continue en dénigrant son travail de juge alors que, contrairement à nombre de ses collègues masculins, de pitoyables carriéristes qui n'ont rien dans le pantalon, elle n'a pas hésité à s'en prendre à quelques "intouchables" comme Roland Dumas et Loïk Le Floch-Prigent, qui ont leur rond de serviette dans les médias, mais qui ont coûté cher à la collectivité. Elle s'est faite toute seule, à la force du poignet, contrairement à d'autres nés une cuillère en argent dans la bouche. C'est de son exemple qu'il faudrait plutôt s'inspirer.

   Mailhot continue dans l'ignominie en ironisant sur le bégaiement de François Bayrou et les toilettes sèches de José Bové, deux personnes qui valent mieux que lui. Il termine, très classe, en suggérant qu'avec Marie-George Buffet et Martine Aubry, on aurait trois "horreurs" candidates à la prochaine présidentielle, ce qui suffirait à expliquer une abstention élevée. Pauvre banane ! Les électeurs sont bien plus intelligents que toi (ou que le pauvre scribouillard qui a pondu ta chronique maladroite) ! Ils s'abstiennent d'abord parce qu'ils trouvent creux (ou mensongers) les discours et les projets des politiques. De ce point de vue, l'arrivée d'Eva Joly serait au contraire une salutaire bouffée d'air frais !

vendredi, 11 juin 2010

Clotilde Reiss, Ahmadinejad et les media français

   J'ai fini par aller regarder le 20 heures de TF1 du 7 juin dernier. Pour accéder directement à la dizaine de minutes consacrée à l'entretien entre Laurence Ferrari et Mahmoud Ahmadinejad, on peut passer par le menu "chapitres" sous la fenêtre, à droite, ou aller chercher la séquence en dessous, parmi le florilège proposé.

   Cela commence par une demi-surprise : au lieu d'aborder un sujet iranien, la journaliste française évoque la crise de Gaza. Est-ce son choix ou une demande des autorités iraniennes ? On ne le sait pas. On peut penser que, comme elle a l'intention de poser quelques questions gênantes, débuter en tendant une perche à son interlocuteur est une forme de politesse. On pourrait aussi penser que, comme cet entretien a été préparé bien en amont (comme on l'apprend sur le site du Figaro... les dénégations des gens de TF1 ne me convainquent pas franchement), à l'actualité de la crise de Gaza s'est superposée cette volonté propagandiste de Téhéran : se poser en défenseur des Palestiniens est gage de popularité dans le monde arabo-musulman.

   Très vite, la Française s'enhardit et interroge le président sur Israël. Sa réponse est habile. S'il réaffirme l'absence de légitimité (selon lui) de l'Etat juif, il est en fait sur une position proche de celle du Hamas : il déteste Israël, mais se dit d'abord défenseur de la justice pour les Palestiniens, ce qui ménage un espace pour la négociation. Néanmoins, la formule "que chacun rentre chez soi" est clairement la proposition de la suppression de l'Etat juif (mais pas par la force... tant qu'il n'en a pas les moyens ?).

   Là où Ahmadinejad est (involontairement) comique, c'est quand il dit "s'en remettre à la voix du peuple" (palestinien), sous-entendu : si ces imbéciles de Palestiniens décident librement de cohabiter avec ces enfoirés d'Israéliens, il n'est pas contre. Que n'applique-t-il ce sage précepte à sa propre politique intérieure ! L'an passé, c'est contre la voix du peuple (volée à l'issue d'un scrutin truqué) qu'il a lancé ses sbires... ce que Laurence Ferrari s'est bien gardée de rappeler.

   Sur la bombe atomique, le président iranien est évasif et cherche à s'en tirer par une pirouette. Il en ressort pour moi clairement que son gouvernement cherche à doter le pays de l'arme atomique, peut-être pas pour en agresser un autre, mais pour éviter d'être attaqué par les Etats-Unis.

   Au passage, il "enfume" son interlocutrice en affirmant qu'il n'y a pas de zone d'ombre dans l'histoire des relations franco-iraniennes. Il fait sans doute allusion au séjour de l'ayatollah Khomeyni en France, à Neauphle-le-Château. Mais il semble oublier qu'après avoir hébergé le fondateur de la République islamique, notre pays a accueilli ses opposants. Il laisse aussi de côté l'important contentieux autour d'Eurodif, les attentats perpétrés en France et ailleurs, ainsi que les prises d'otages. Autant de précisions que Laurence Ferrari a négligé d'apporter, peut-être aussi pour ne pas abuser du "temps de cerveau disponible" des téléspectateurs de son journal.

   Quand enfin il est question de Clotilde Reiss, M. Ahmadinejad nous ressort la "version officielle" : il n'y a pas eu de marchandage. Cet acharnement des gouvernements français et iraniens à maintenir ce tissu de mensonges se comprend. Nicolas Sarkozy ne veut pas perdre la face : après avoir levé le menton et proclamé haut et fort qu'il ne cèderait pas, il a baissé son pantalon. De son côté, Mahmoud Ahmadinejad ne veut pas passer pour un preneur d'otages, un rançonneur... et il a connaissance de l'agenda international. Je ne serais pas étonné d'apprendre que cette entrevue ait fait partie du "marché", puisqu'elle a été diffusée juste avant que le Conseil de Sécurité de l'O.N.U. ne se prononce sur des sanctions contre l'Iran. Sont notamment dans le collimateur les Gardiens de la Révolution, auquel le président iranien est lié. Il est indigne que le journal télévisé le plus regardé de France se soit prêté à une opération de propagande de la dictature iranienne.

   Quant à Clotilde Reiss, elle refait parler d'elle. On peut entendre son témoignage sur France Culture. La première partie a été diffusée jeudi 10, la deuxième étant programmée vendredi 11, à 13h30. Elle y raconte sa détention et commente des dessins qu'elle a réalisés. On peut les voir dans le Libération daté du 10 juin. Comme j'ai acheté la version papier, je vous propose l'un d'entre eux :

Reiss 3.jpg

   On se demande toutefois comment ces croquis ont pu être faits pendant la détention de Clotilde Reiss, comme l'affirme le quotidien. Il est plus vraisemblable qu'ils aient été exécutés juste après, pendant la période de résidence surveillée à l'ambassade de France (après le versement d'une caution -200 000 euros selon Libé, 210 000 selon Le Point- qui, rappelez-vous, a sans doute finalement servi à payer l'amende au tribunal iranien).

   Dans la seconde partie de l'entretien, Clotilde Reiss fait allusion à l'emballement médiatique que son "aventure" a suscité et dit avoir été (rétrospectivement)  touchée par une caricature parue dans Le Canard enchaîné. C'était dans le numéro du 12 août 2009 :

Canard enchaîné 12 08 2009.JPG

   Mais revenons à l'entretien de Laurence Ferrari avec Mahmoud Ahmadinejad. Celui-ci nous a réservé quelques belles formules pour la fin : "La situation était bonne l'an dernier et elle le reste" ; "L'Iran est un pays libre" (J'en vois qui rigolent au fond ! Ce n'est pas bien !) ; "L'Iran est le pays des manifestations" (surtout de celles des opposants à la dictature)... Vite, un bêtisier !

   Après, il y a la question du foulard. Le voir porté par une Française non musulmane me choque, comme beaucoup de monde. Mais, en y réfléchissant bien, la justification de Laurence Ferrari ne manque pas de pertinence. Elle respecte la "législation"" (même mauvaise) du pays dans lequel elle se trouve et donc, cela implique la réciprocité, c'est-à-dire qu'en France, les musulmanes adaptent leur manière de s'habiller aux lois françaises. Et puis, après tout, quand on ne veut pas d'ennui, le mieux est d'éviter de se rendre dans ce genre de pays rétrograde.

mardi, 18 mai 2010

Quelques réflexions sur l'affaire Clotilde Reiss

   Je vais commencer par quelque chose qui peut sembler anecdotique. Et si Clotilde Reiss avait été un "cageot", l'engouement pour sa cause en aurait-il pâti ? En fait, c'est depuis son retour en France que je me suis posé la question. Auparavant, les seules images que j'avais vues d'elle provenaient d'Iran, à l'occasion de ses comparutions devant la justice (sur le site de L'Express par exemple) :

C Reiss procès.jpg

   Elle était vêtue d'une manière aussi peu sexy que possible. Toutefois, à l'occasion, un plan rapproché (trouvé sur un site iranien contestataire) permettait de percevoir son charme, malgré l'horrible foulard qui la défigurait :

C Reiss foulard.jpg

   Après sa libération, Le Monde (qui utilise une photographie de l'AFP) nous la présente sous une forme très "BCBG", sobrement classieuse et mignonne :

C Reiss LeMonde.jpg

   Très vite, deux polémiques ont émergé. La première porte sur les activités menées par la jeune universitaire en Iran. L'article du Monde fait état des affirmations d'un ancien sous-directeur de la D.G.S.E., qu'il a très vite été conduit à nuancer. Il n'y a pas d'étonnement à avoir. Il me semble qu'il est assez traditionnel que des Français travaillant à l'étranger, en général d'un bon niveau de formation, servent de temps à autre de source d'informations (pas ultrasecrètes, non) à la représentation extérieure de leur pays. Clotilde Reiss n'est sans doute pas une espionne, ou alors elle a sacrément bien simulé ses maladresses !

   La seconde polémique porte sur le possible marchandage qui a abouti à la libération de la jeune Française. Cela a commencé, au début du mois de mai, par la libération d'un ingénieur iranien soupçonné de trafic, après une longue détention provisoire. Le comique de l'histoire (encore que... je ne sais pas s'il y a vraiment matière à rire) est que tout le monde s'accorde à dire que ce personnage fait du commerce de produits d'armement au bénéfice de l'Iran, mais que ce n'est pas un délit en France, contrairement aux Etats-Unis.

   La deuxième couche vient de l'expulsion-libération d'Ali Vakili Rad. Cet homme a fait partie du commando qui a assassiné, en France, l'ancien Premier ministre du Shah d'Iran Chapouk Bakhtiar, en août 1991. Pas de bol pour lui, il a été très vite arrêté, puis jugé et condamné, en 1994, à la réclusion criminelle à perpétuité, avec 18 ans incompressibles. Au bout de ces 18 ans, une libération est possible même si, en théorie, la condamnation à perpétuité persiste. Mais, vous dites-vous, pourquoi nous affirme-t-on qu'il était libérable depuis 2009 ? 1994 + 18 = 2012, non ? Oui, mais il faut tenir compte de la détention provisoire, qui court à partir de 1991... + 18 = 2009. Toujours est-il que rien ne justifie, en apparence, la libération anticipée d'un criminel qui n'a, à ma connaissance, jamais exprimé le moindre remords.

   On termine par ce qui pourrait être l'objet d'une troisième polémique : le montant de l'amende infligée à Clotilde Reiss par le tribunal iranien : 300 millions de tomans, soit 3 milliards de rials... convertis en 230 000 ou 245 000 euros environ, selon les sources ! La question est : d'où vient cet argent ? L'avocat de la jeune femme affirme l'avoir réglée très rapidement, sans préciser la source. France Info a soulevé un lièvre, en évoquant la possibilité que la caution versée (par le gouvernement français) en 2009 ait servi à régler l'amende, les deux montants étant curieusement proches...

   Je ne suis aucunement choqué que le produit des contributions publiques ait été utilisé pour la libération de la jeune femme. Mais cacher cette information confirme les soupçons de marchandage... et empêche de donner une meilleure dénomination à cette supposée amende, qui n'est finalement qu'une rançon...

samedi, 27 mars 2010

Le nouveau Conseil régional de Midi-Pyrénées

   Je vais m'y intéresser sous l'angle aveyronnais, en m'appuyant sur deux articles parus dans la presse locale/régionale. C'est dans La Dépêche du Midi que l'on apprendra (si on ne le sait pas déjà) que, sur 91 conseillers régionaux (dont 69 pour la majorité socialo-radicalo-frond-de-gaucho-écologiste... que c'est érotique tout cela !), 15 vont devenir vice-présidents. D'après Midi Libre (un article signé "H.M.", sans doute Hugues Ménatory, une des plumes du quotidien), 52 siègeraient à la commission permanente.

   Le contribuable de base aurait tort de se désintéresser de la chose. Ainsi qu'un autre Hugues (Robert) l'a écrit, dans le numéro 4 du Ruthénois, l'indemnité de base d'un conseiller régional est grossie dès lors qu'il siège à la commission permanente. En Midi-Pyrénées, elle passe de 2263 à 2489 euros... par mois. S'il devient vice-président, le conseiller touche 3 168 euros, somme que je ne gagnerai sans doute jamais, même en fin de carrière, même si j'ai bénéficié de promotions... Au passage, je plains encore plus les contribuables de Languedoc Roussillon, leur mégalo-président Frêche ayant proposé, dans un grand élan réconciliateur, que les 67 conseillers régionaux siègent à la commission permanente ! Se revendiquer de Jaurès tout en faisant du pied au Front national, à part Nicolas Sarkozy, il n'y a que Georges Frêche qui pouvait le faire ! Dans la foulée, il a fait l'éloge de Jacques Blanc (on ne signale aucun infarctus parmi les membres socialistes de sa liste)... mais ne va pas jusqu'à promettre à tous les groupes politiques (donc aussi au F.N.) d'avoir des représentants dans les conseils d'administration des lycées...

    Mais revenons à Midi-Pyrénées, où l'atmosphère est tout de même moins pesante. Si La Dépêche du Midi signale que c'est un Lotois qui hérite de la vice-présidence en charge de l'agriculture, il faut lire Midi Libre pour apprendre qu'il succède à un Aveyronnais... et que la passation de pouvoir a un arrière-goût syndical : à Régis Cailhol, membre de la F.N.S.E.A. succède un adhérent de la Confédération paysanne, Vincent Labarthe... et non Barthe, contrairement à ce qu'écrit La Dépêche :

Vice-présidents 2010 Dépêche.jpg

   Le nouveau vice-président, dont l'édition aveyronnaise de Midi Libre ne cite pas le nom, était numéro 2 sur la liste P.S. du Lot, au premier comme au second tour. Il est maire de Sainte-Colombe et président de la communauté de communes de Lacapelle-Marival, au nord de Figeac. Va-t-il trouver le temps de tout faire ? Il va sans doute lever le pied sur son exploitation (si ce n'est déjà fait), où il est associé à quatre autres agriculteurs dans un GAEC.

   Cependant, une lecture rapide de Midi Libre pourrait laisser croire que l'Aveyron sort perdant de la répartition des "fromages" de la nouvelle assemblée régionale. Le quotidien montpelliérain enfonce le clou en évoquant le cas du maire de Rodez, Christian Teyssèdre, qui n'a pas obtenu de poste. Mais il oublie de préciser que sa tête de liste officielle, Marie-Lou Marcel, a dégoté la vice-présidence en charge des finances, ce qui n'est pas rien. C'est à La Dépêche (très lue dans l'ouest aveyronnais, dont M.-L. Marcel est l'élue) que l'on doit cette précision.

   On peut aussi deviner que, pour 2014, ce n'est pas l'élu aveyronnais qui tient la corde pour succéder à Martin Malvy : celui-ci a fait nommer la Toulousaine Nicole Belloubet première vice-présidente. Ce serait une erreur que d'attribuer à la seule parité la promotion de l'ancienne rectrice, devenue première adjointe du maire de Toulouse. Après l'Aveyron et le Lot, en 2014, ce sera peut-être le tour de la Haute-Garonne de briguer la présidence...

   Enfin, les deux journaux évoquent (chacun apportant des détails différents) les divisions de la droite.

 

dimanche, 21 février 2010

Les vrais terroristes de Tarnac

   Ils ne sont pas cachés dans une ferme de la commune du nord de la Corrèze ! (Au passage, signalons que le village risque de perdre sa classe unique, menacée de fermeture.) Plus les journalistes ont accès aux documents de l'enquête en cours, plus ils en viennent à douter de la version officielle.

   Non, je veux parler d'un autre "Tarnac", qui s'écrit différemment, mais dont j'ai reconnu la prononciation dans un documentaire (diffusé sur M6) visible sur Dailymotion : La Face cachée de ben Laden. (Vous pourrez aussi vous amuser à lire les commentaires des internautes anonymes, certains particulièrement délirants... mais il faut faire avec : la Toile permet à tous les paranoïaques de matérialiser leurs fantasmes.) Allez directement à la trente-neuvième minute. Vous entendrez que, dans la deuxième moitié des années 1990, en Afghanistan, les talibans ont mis à la disposition de ben Laden et de ses amis une ancienne coopérative agricole de l'époque soviétique : la ferme de Tarnah, située près de Kandahar.

   Il y a à boire et à manger dans cette enquête supposée approfondie. Je lui reproche principalement de ne prendre aucun recul vis-à-vis des propos tenus par les personnes interrogées, que ce soient des Saoudiens ou d'anciens hauts responsables ou espions états-uniens. Malgré cela, le film n'est pas sans qualités. L'allusion à la fameuse ferme est confirmée par un livre :

CIA.jpg

   On peut en trouver le chapitre 20, Quand la C.I.A. "ratait" Ben laden, sur internet. La ferme est mentionnée page 338. L'édition originale datant de 2007 (2009 pour le poche), le documentaire de M6 de 2004, je trouve qu'avec le recul, l'anecdote ne manque pas de saveur...

mercredi, 20 janvier 2010

La Promo - Sciences Po 86

   Je viens de lire le livre écrit par Ariane Chemin (et publié en 2004), alors journaliste au Monde (elle a depuis rejoint Le Nouvel Observateur). A sa sortie, je n'avais pas été intéressé. Je m'étais dit : voilà encore un bouquin vite écrit, mal ficelé, qui joue sur la "pipolisation" de la vie politique. Et puis, franchement, je ne suis pas fasciné par les coteries.

SciencesPo 86.JPG

   C'est tout récemment que j'ai été titillé, quand je me suis un peu intéressé à Anne Roumanoff (dont il est très peu question dans le livre d'ailleurs). Je me suis donc procuré l'ouvrage, que j'ai avalé en deux heures.

   Il contient de nombreuses anecdotes et, s'il ne révèle pas de secret, sa lecture n'est pas inutile au citoyen de base. Parce que je pense (mais ça depuis des années) que trop de choses échappent à l'électeur(trice) moyen(ne), choses dont les journalistes (qui sont issus des mêmes milieux que les politiques, voire ont fréquenté les mêmes écoles... ne parlons pas des coucheries) sont au courant. Il est toujours bon de savoir, par exemple, que Jean-François Copé et Arnaud Montebourg ont côtoyé des gens comme David Pujadas (plutôt réputé à l'époque pour ses compétences en économie apparemment), Isabelle Giordano (une dilettante de gauche dont on sent que l'auteure n'est pas une amie intime), Bruno Patino (directeur de France Culture, ancien président du Monde Interactif S.A.).

   Parmi les anecdotes, j'ai retenu la passion éprouvée par Alexandre Jardin pour la Politique, avec un grand p, la timidité de Claude Chirac (dégoûtée par l'informatique), le parcours étonnant d'un condisciple disparu, qui a dû croiser Oussama ben Laden en Afghanistan dans les années 1980. Je n'ai pas été étonné de retrouver Frédéric Beigbéder en gosse de riche talentueux et bringueur, Jean-François Copé en obsédé de la politique, carriériste et bûcheur, ou encore le prof Jean-Pierre Raffarin (que des types dans son genre puissent enseigner à Sciences Po en dit long sur ce qu'est devenue la politique...), spécialiste de "communication politique", un peu feignasse sur les bords... mais présenté avec empathie, m'a-t-il semblé.

   Au-delà de la liste des célébrités, le livre évoque rapidement la masse de ceux qui sont inconnus du grand public, mais qui occupent des postes à responsabilité(s).

   L'écriture se veut neutre... c'est-à-dire facile et lire et pas agressive. Il ne faut pas attendre de ce livre une enquête fouillée, mais juste un coup de projecteur pas déplaisant.

19:12 Publié dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, france

lundi, 14 décembre 2009

Stéphane Guillon a-t-il son bac S ?

   C'est juste une question en passant... parce qu'il nous a gratifiés d'une belle bourde historico-cinématographique, ce matin. Muriel Cousin, sa compagne, qui relit ses sketches, paraît-il (et qui serait passée par hypokhâgne et Sciences Po, tout de même) n'y peut-être aussi vu que du feu. Mais de quoi s'agit-il ?

   Dans sa chronique consacrée à la santé de Johnny Hallyday, Guillon fait référence à l'excellent film de Robert Altman, Mash... sauf qu'il en situe l'action pendant la guerre du Vietnam (1964-1973)... au lieu de la guerre de Corée (1950-1953). Vous me direz, l'erreur est compréhensible, puisque le film, sorti en 1970, a été tourné avec d'évidentes arrière-pensées.

   Même si l'humoriste a un passé de cancre (qu'il sait habilement mettre en valeur, comme par exemple chez Mireille Dumas), cette bourde, commise par quelqu'un qui, quelques jours auparavant, défendait le maintien de l'histoire-géographie en Terminale S, fait un peu tache.

samedi, 17 octobre 2009

Les ânes font-ils de la politique ?

   J'aime bien la randonnée. Mais que diable la politique vient-elle faire là-dedans ? Eh bien, il s'avère que ce samedi, j'ai avalé un sympathique parcours dans le Cantal, pas très loin de l'Aveyron, puisqu'il s'agit de la partie cantalienne de l'Aubrac (la moins riche, disent les mauvaises langues).

   En tout début d'après-midi, le temps était couvert et, au sommet des collines, je peux vous dire qu'on entendait siffler le vent ! Le temps s'est éclairci par la suite. J'aime bien ce parcours de randonnée, prévu pour durer 4 heures (mais que je termine en 3h15 - 3h30, pauses incluses... y a pas de raison que je ne me vante pas un peu, hein).

   On passe par des prés, on croise des bovins si typiques :

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   Jolie scène, non ? Pour continuer la marche, il me fallait longer la clôture, à droite. J'ai fait un petit détour, sous le regard étonné des autres bovidés du pré.

   Parfois, je me réjouis de ne pas avoir à en traverser un, vu le regard que l'on me jette :

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   Tout ça pour dire que le coin est magnifique et que, quand on se retrouve en hauteur, la vue est imprenable :

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   Là, on est proche du départ. On distingue bien le bourg de Chaudes-Aigues.

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   A ce moment-là, on a atteint le premier sommet et on amorce la première descente, qui va mener à la confluence du Remontalou (le cours d'eau communal) et de la Truyère (LA célébrité de la région) :

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   En remontant, on a une intéressante vue du barrage de Lanau :

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   Dans la partie boisée, on entend ou voit fréquemment des animaux. Aujourd'hui, il m'a semblé percevoir les mouvements d'un cervidé, en fuite. Je n'ai pas tardé à comprendre pourquoi : j'ai vite croisé la route d'un chasseur du samedi, accompagné de deux chiens. Plus loin, c'est même une battue qui était organisée... J'espère qu'ils n'ont pas attrapé la bête. Plus loin, quand on revient sur Chaudes-Aigues, on croise notamment des ânes :

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   Celui-ci était assez timide. Par contre, le cheval qui était avec lui dans le pré s'est approché puis, quand il a vu que je n'avais rien à lui donner à manger, s'est désintéressé de moi.

   J'ai retrouvé des ânes en toute fin de randonnée, quand je suis retourné sur le parking où je m'étais garé. J'étais en train de me changer quand j'ai été abordé par une vieille dame, qui m'a demandé si j'avais vu son mari, qu'elle m'a décrit. Je lui ai répondu que non. Nous avons ensuite engagé la conversation. Elle m'a dit qu'elle devait le retrouver ici. Il était en train de promener leur chien et devait la rejoindre pour nourrir les ânes.

   Nourrir les ânes ??? En effet, derrière le parking, dans un petit pré fermé par du grillage haut, trois ânes venaient d'arriver. Ils observaient les humains (pas très nombreux) présents sur le parking. Au loin, une bande de papys rigolards jouait à la pétanque. Deux femmes sont venues ranger leurs courses dans leur voiture... provoquant une manifestation particulièrement bruyante des équidés aux longues zoreilles !

   Peu de temps après est arrivé le mari, qui a laissé le chien à sa femme et s'est approché du grillage. Il a dénoué un sac en plastique et a tendu un quignon de pain à l'âne gris (doté d'une robe magnifique, comme vous allez pouvoir le constater plus bas) en lui disant : "Allez Sarko, viens !" Et l'âne gris s'est approché !!!!!

   Là, j'ai éclaté de rire !

   La grand-mère était un peu gênée. Elle m'a dit que le surnom ne venait pas d'eux. Ce sont des habitants du coin qui, un jour, voyant son mari apporter de la nourriture aux ânes, lui auraient dit : "Alors, tu vas donner à manger à Sarko ?"

   Il est donc temps de vous présenter l'animal en question. sachez tout d'abord qu'il est très sensible aux médias :

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   Quand il m'a vu dégainer mon appareil photo numérique, il s'est empressé de prendre la pose !

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   Vous noterez son envie de passer avant les autres ânes...
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   ... au besoin en poussant un peu du museau.
   Il paraît aussi que, lorsque "Sarko" n'est pas content, il pique une crise et qu'on l'entend des kilomètres à la ronde !
   Vraiment, les gens sont médisants !
   Pour les amateurs de mauvais esprit :

dimanche, 06 septembre 2009

Un Français au service des Etats-Unis

   C'était un diplomate du Quai d'Orsay, qui, alors que Charles de Gaulle était président de la République, a décidé de renseigner la C.I.A., en particulier sur le projet de de Gaulle de quitter le commandement militaire intégré de l'O.T.A.N..

   J'ai appris l'existence de cet homme par l'émission Rendez-vous avec X du samedi 5 septembre 2009. On peut la réécouter sur le site de France Inter. Cependant, dans cette émission, le fameux "Monsieur X" ne donne pas le nom du traître, tout en laissant des indices susceptibles de permettre à qui le veut d'en retrouver l'identité. Il dit notamment qu'il portait un nom à particule. Je me suis donc livré à de menues recherches, qui m'ont mené au site du Point, qui propose un long article sur les archives secrètes de la C.I.A.. Un journaliste-enquêteur français, Vincent Nouzille, les a exploitées et en a tiré un livre, Des secrets si bien gardés, les dossiers secrets de la Maison Blanche et de la C.I.A. sur la France et ses présidents, 1958-1981.

   Au fait, le diplomate s'appelait Jean de La Grandville.

21:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, histoire

mardi, 30 juin 2009

L'aube, le soir ou la nuit

   Il s'agit bien entendu du livre écrit par Yasmina Reza à partir des notes qu'elle a prises durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Je n'ai acheté le bouquin que très récemment, à sa sortie en poche. A la base, je ne pensais pas apprendre grand chose sur une période que j'ai bien suivie dans la presse.

   Confirmation : ce court livre ne révèle pas de secret, enfin rien qui ne soit connu de ceux qui s'intéressent à la politique française... rien sauf le lien qu'a entretenu l'auteure avec un rival de l'actuel président. En effet, à plusieurs reprises il est fait mention d'un certain "G", homme influent, conscient de son importance, dont Y. Reza parle avec une tendresse indéniable. Au départ, vu le profil, j'ai songé à Dominique de Villepin. Mais ça ne collait qu'à moitié. Et puis je me suis souvenu que la dramaturge est "de gauche" (la gauche caviar, faut pas déconner non plus !). Mon attention s'est donc portée sur un autre gros queutard, que l'on peut rattacher à l'initiale G : Dominique (Gaston) Strauss-Kahn. La confirmation est venue du blog de Pierre Assouline (et d'un article du Sunday Times).

   Voilà pour la chronique "pipol" (encore que... cela nous donne un éclairage supplémentaire sur la nomination de D.S.K. au F.M.I.). Passons au contenu du livre à présent. Il est peu volumineux. Y. Reza a choisi d'évacuer les déboires conjugaux de N. Sarkozy, mais aussi tous ces attouchements qui font le sel d'une campagne (ça nique dans les entourages de candidats !). Elle a aussi, je crois, choisi de laisser de côté tout ce qui pouvait entamer la crédibilité du personnage. Entendons nous bien : elle ne passe pas sous silence les nombreux défauts de l'ancien ministre de l'Intérieur, mais les aborde systématiquement de manière positive, rendant presque le personnage attachant.

   Elle a visiblement succombé au charme, passant du vouvoiement au tutoiement. C'est honnête de sa part de ne pas le cacher. Elle le fait comprendre en nuance : au début elle écrit vouloir s'attacher au voussoiement (pour garder de la distance), mais très vite, on comprend qu'elle est passée au tutoiement. Par contre, on peut lui reprocher de ne pas avoir pris de recul par rapport à sa propre évolution. Comme elle a écrit son livre quelques semaines après la fin de la présidentielle, elle aurait pu apporter quelques éléments de réflexion sur sa propre incapacité à rester distanciée.

   C'est devenu tel qu'elle prend fait et cause pour son poulain quand la presse ou les intellectuels le dénigrent. Je ne citerai pas ici les attaques systématiques dont elle gratifie Michel Onfray. Je préfère aborder le cas de deux journaux. Il est d'abord question du Canard enchaîné. A la page 75 (de l'édition de poche), il est écrit : "La visite de Madrid a été en partie gâchée par un article infamant et dérisoire du Canard enchaîné." Bigre ! Voilà que la "probité" de l'ancien maire de Neuilly est remise en cause. L'article en question, publié dans l'édition du 28 février 2007, traite de l'appartement de l'île de la Jatte. Le voici :

politique,de tout et de rien

   Depuis, l'affaire a fait l'objet d'une enquête préliminaire... prestement close...

   Toujours aussi courageuse, Y. Reza s'en prend ensuite à une tribune anti-Sarkozy, publiée dans Libération le 30 avril 2007. A vous de juger, rétrospectivement, si l'on peut se contenter d'évoquer la "faiblesse du texte" (page 118).

   Quelques mots sur le style, pour terminer. La volonté de ne pas trop réécrire les notes prises sur le fait (ou de laisser cette impression) est évidente. Entre la posture pseudo-surréaliste (garder le matériau brut) et la tentation du Verbatim à la Jacques Attali, l'auteure penche plutôt pour l'intello-reportage, délaissant la plupart du temps les guillements, ce qui donne un texte parfois confus, où il est difficile de démêler ce qui revient à telle ou telle personne. Je ne sais pas si c'est volontaire ou l'expression de l'inconscient, mais cela traduit assez bien la proximité trouble de Yasmina Reza avec son sujet.

mercredi, 10 juin 2009

Petit mensonge de la soirée électorale

   Petit, mais très souvent répété ! Sur le coup, je n'ai pas vraiment fait attention. Par la suite, je me suis bien dit que le propos, répété en choeur par presque tous les intervenants U.M.P., qui avaient bien appris leur leçon, méritait que l'on s'y attarde.

   De quoi s'agit-il ? Tout simplement de l'affirmation que les élections européennes de 2009 auraient vu, pour la première fois, la victoire du parti présidentiel depuis qu'elles s'effectuent au suffrage universel direct (c'est-à-dire depuis 1979, ce qui ne nous rajeunit pas). En fait, plusieurs des intervenants que j'ai entendus à la radio (Nadine Morano, Rachida Dati et Xavier Bertrand notamment) ont joué sur l'ambiguïté de la formule : est-ce la première fois tout court ou est-ce la première fois depuis les élections de 1979 ?

   Evidemment, ce n'est pas la vraie première fois. En 1979, la liste menée par Simone Veil était arrivée en tête lors du scrutin européen... ce qui, incidemment, avait sans doute contribué à l'arrivée de l'ancienne ministre à la tête du Parlement européen. Or, elle conduisait une liste estampillée U.D.F., le parti du président Valéry Giscard d'Estaing. A l'époque, elle avait dû faire face aux attaques virulentes des colistiers de Jacques Chirac (ancien Premier ministre), qui lui menait une liste R.P.R. ...

   Au passage, on notera que, 5 ans plus tard, c'est sous la direction de l'ancienne magistrate que les deux frères ennemis de la droite concourent aux élections européennes de 1984. La mémoire est parfois injuste. On n'a souvent retenu de ce scrutin que l'émergence du Front National, qui, sous la houlette de Jean-Marie le Pen, avait recueilli un peu moins de 11 % des suffrages exprimés. On a un peu vite oublié l'écrasante victoire de la liste conduite par Simone Veil, qui avait réuni 43 % des voix, le P.S. étant loin avec un peu moins de 21 %. Avouez que cela avait autrement plus de gueule que les poussifs 27 % des listes U.M.P. en 2009 !

   En 1989, rebelote !... Pas totalement en réalité. Si une liste d'union R.P.R.-U.D.F. arrive bien en tête à l'occasion des élections européennes, elle a subi la concurrence d'une liste centriste, menée par Simone Veil. "Momone" n'a pas hésité à se présenter contre son ancien mentor, V.G.E., qui conduisait la liste d'union. Du coup, la victoire de "l'ex" a été assez étriquée.

   Bon, tout ça pour dire que nos journalistes ont manqué quelque peu de répartie quand ils ont recueilli les réactions des politiques. J'ai bien entendu, sur France inter (France info ?) je crois, un des animateurs reprendre Nadine Morano quand elle s'est mise à débiter sa leçon, mais j'aurais aussi apprécié que le recul critique s'appuie sur une meilleure connaissance des scrutins passés. C'est tout de même leur boulot !

   Pour terminer, on peut ajouter que la volonté de comparer le résultat des élections européennes au bord politique de l'occupant de l'Elysée n'est pas toujours pertinente... en particulier en période de cohabitation. Ainsi, on peut estimer que la victoire de la liste menée par Dominique Baudis en 1994 confirmait la domination des duettistes R.P.R.-U.D.F., au pouvoir depuis 1993 (avec le gouvernement Balladur). La même réflexion peut être faite à propos du scrutin de 1999. La liste socialiste arrive en tête, alors que le pays est dirigé depuis déjà deux ans par la coalition de "gauche plurielle". Plus qu'avec l'orientation du président, c'est avec la tendance gouvernementale qu'il faut comparer les résultats... quitte à froisser quelques susceptibilités.

jeudi, 25 décembre 2008

Qui est Philippe Marini ?

   En voila une question qu'elle est bonne ! Et d'abord, pour quoi me la posè-je ? Jusqu'à novembre dernier, je ne m'étais pas intéressé à cet homme politique, mais sa proposition d'amendement visant à permettre à certains épargnants de déduire de leurs impôts une partie de leurs pertes à la bourse m'a sidéré. On peut trouver une présentation (plutôt favorable) de ce projet (qui avait été adopté par la commission des finances du Sénat) sur le site du Figaro :

http://www.lefigaro.fr/impots/2008/12/08/05003-20081208AR...

   Je ne possède pas d'actions cotées en bourse, mais j'ai discuté de la chose avec des personnes qui en ont et elles ont trouvé cette proposition abracadabrantesque : d'abord parce qu'elles assument les risques de leurs placements boursiers, ensuite parce que les "petits" porteurs ont massivement conservé leurs titres. Il leur reste à attendre la remontée des cours... (Tant pis pour les blaireaux qui ont cédé à la panique !)

   Du coup, je me suis connecté au (très bon) site internet du Sénat (http://www.senat.fr/). Je me suis intéressé à la biographie de P. Marini ainsi qu'à ses propositions de loi.

   Ce n'est pas un nouveau né en politique : il est maire de Compiègne depuis 1987 (il précise sur son site qu'il est conseiller municipal depuis 1977) et sénateur de l'Oise depuis 1992 (il a été réélu en 2001, pourra l'être à nouveau en 2011... oui, n'oubliez pas, le calendrier a été décalé d'un an... ce qui, soit en dit en passant, ne se justifiait réellement que pour la série de 2007,  renouvelée finalement en 2008).

   A la base, c'est un inspecteur des finances, passé par Sciences Po et l'E.N.A. Une fois au palais du Luxembourg, il s'est donc logiquement dirigé vers la commission des finances, dont il est le rapporteur général. (N'oubliez pas que cette commission a voté sa proposition sur les "moins-values" boursières.)

   En un peu plus de 15 ans, il est l'auteur d'une quarantaine de propositions de loi. Six d'entre elles ont un objet directement lié à la bourse :

- créer des fonds de pension (1992-1993)

- améliorer l'information des actionnaires (1995-1996)

- les pactes d'actionnaires (1996-1997)

- les offres publiques d'acquisition (1998-1999)

- l'adaptation du droit boursier (2001-2002)

- le développement de l'épargne-retraite (2007-2008)

   J'ai aussi remarqué son intérêt pour les questions liées aux "gens du voyage". Plusieurs propositions abordent ce sujet :

- une sur le stationnement des "gens du voyage" (session de 1994-1995)

- une sur la procédure d'expulsion en cas de stationnement illégal (session de 2001-2002)

- une l'occupation illégale de terrains affectés à une activité économique (session de 2007-2008)

   Concernant cette dernière, j'ai l'impression qu'elle est une sorte de nouvelle charge sur le même sujet, les deux précédentes ayant été déclarées caduques.

   Au total, 25 de ses propositions sont désormais "caduques". En général, cela veut dire que, au début de la troisième session qui suit celle où elles ont été déposées, le Sénat n'a toujours pas statué dessus. (http://www.senat.fr/role/caducite.html)

   Je ne voudrais pas paraître médisant, mais on dirait que la majorité des petits camarades de P. Marini (qui siège dans le groupe U.M.P.) ne semble pas souvent s'intéresser à ses idées. Encore que... Il convient de nuancer, en observant le devenir des propositions qui ne sont pas caduques. Certaines ont été adoptées par le Sénat, voire même sont devenues lois :

- un texte sur les candidatures multiples aux élections cantonales (avec des visées un peu plus larges toutefois), de la session 1997-1998, devenu une loi en 2000 (voyez le temps qu'il faut...) ; je remarque au passage que l'une des suggestions phares du texte, qui visait à harmoniser les règles de présentation des candidats au second tour des différentes élections, n'a pas été retenue ; du coup, aux législatives, il faut toujours recueillir 12,5 % des inscrits, contre 10 % aux cantonales... et 10 % des exprimés aux municipales (dans les communes peuplées de 3 500 habitants et plus) ; P. Marini voulait infléchir les scrutins dans un sens majoritaire (qui n'est pas le sens du courant... le système a au contraire besoin de davantage de proportionnalité), imposant partout la barre de 15 % des inscrits ; comme je suis un peu mauvais esprit, je pense que, vu le contexte dans lequel cette proposition avait été faite, P. Marini avait peut-être dans la tête l'idée de limiter la capacité de nuisance du Front national, qui était grande à l'époque

- un texte sur la création d'un Conseil des prélèvements obligatoires (session de 2004-2005)

- un texte sur les fiducies (même session, même si la loi n'a été définitivement votée qu'en 2007... champagne !)

- une résolution sur l'adoption d'un texte européen (session de 2006-2007... loi de 2008)

   Le sénateur de l'Oise semble donc disposer de plus d'influence depuis l'année 2004 environ. De surcroît, une de ses anciennes propositions est devenue une loi du gouvernement Fillon. En effet, durant la session 1999-2000, P. Marini avait proposé la création du R.M.A. "revenu minimum d'activité", adopté par le Sénat, mais pas par l'Assemblée nationale (majorité de "gauche plurielle" oblige). Ce R.M.A. me paraît être un peu l'oncle du R.S.A. créé en 2008.

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samedi, 15 décembre 2007

Yvan Colonna, coupable, innocent ou faux-cul ?

   J'ai suivi le procès à travers la presse et la radio. Franchement, le cas Colonna, je m'en fous un peu. C'est la mort de Claude Erignac que je regrette. D'où l'importance du jugement de ses assassins présumés... de TOUS les assassins, car le tireur n'est pas le seul responsable, c'est toute une idéologie sectaire (le nationalisme corse), adepte de la violence extrême, qui a créé les conditions de ce meurtre.

   La tactique des avocats de Colonna était claire : instiller le doute. Ils y sont parfois arrivés, il faut le reconnaître : je pense qu'on n'a pas abordé tout le fond de l'affaire... cela dérangerait-il du monde ? Commençons par procéder à une véritable reconstitution. Les avocats de Colonna ont aussi, de manière moins explicite, défendu l'idée qu'il s'agit d'un règlement de compte de "l'Etat colonisateur" contre le pauvre petit peuple corse (du coup, ils se sont évertués à prononcer "Colonn", à la corse, et pas "Colonna"). Cela nous a donné l'occasion de bien rigoler. Mais c'est tout de même insultant pour la grande majorité des Corses, qui ne sont pas des crapules.

   Deux moments ont été pour moi particulièrement éclairants : ceux qui ont vu l'interrogatoire des épouses des membres du commando déjà condamnés puis celui de leurs époux. On sentait que des pressions avaient été exercées. Ce sont d'abord des familles qui sont victimes de cette affaire... à commencer par la famille Erignac. Mais, de l'autre côté, on a fini par se rendre compte qu'au-delà du militantisme politique puéril, il y a avait le foyer et les femmes et enfants dont on serait séparé pendant des années, puisque, cette fois-ci, le pouvoir politique parisien ne semble pas avoir pesé en faveur de l'indulgence dont ont trop longtemps bénéficié les excités de la cagoule. Je comprends parfaitement le désarroi des épouses, auquel s'ajoutent les pressions locales. Je conseille de (re)lire les comptes-rendus des audiences : on réalise que ces femmes, qui avaient d'abord mentionné la présence d'Yvan Colonna, n'étaient pas très sereines au tribunal.

   Reste le cas du présumé tireur. Ses avocats étaient chargés de déminer cet aspect de l'affaire. Il fallait, pour éviter une condamnation, déjouer aussi les accusations de participation au commando. Colonna savait qu'il jouait gros (il risque à son tour d'être séparé de sa famille pendant un long moment), d'où la manière dont il a apostrophé un des membres de l'équipe. Vraiment, à la lecture du dialogue, on sent que l'un essaie de faire pression sur l'autre.

   Je ne suis donc pas totalement convaincu qu'Yvan Colonna était le tireur, mais je suis persuadé qu'il a participé à l'opération. (Avec une cavale bien organisée ma foi ce mec avait des choses à se reprocher.) Rien que pour cela, il mérite une condamnation lourde. Mais, visiblement, les autorités tenaient à en faire le tireur. Pourquoi ? Savent-elles des choses que l'on n'a pas révélées au procès ? S'appuient-elles sur des preuves supplémentaires (je pense en particulier à des témoignages) qu'il a été jugé dangereux de produire au procès ? 

   Dernière chose : la réaction de certains nationalistes, après l'énonciation du verdict. L'usage d'armes contre des symboles de l'Etat (plus précisément de ses forces de l'ordre) est à lui seul débile. Mais le dynamitage de la villa de l'une des amies de la veuve de Claude Erignac est dégueulasse.

17:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Politique

jeudi, 22 novembre 2007

Accusé Chirac, levez-vous !

   C'était la surprise du mercredi. Grâce aux "nouvelles technologies", on est vite informé de ce genre de truc. Ce n'est que tard le soir que j'ai regardé les informations. Je n'étais peut-être plus très frais, mais il m'a bien semblé que, sur LCI, les réactions montrées à l'antenne étaient systématiquement opposées à la mise en examen de l'ancien maire de Paris.

   Eh bien tel n'est pas mon avis. Mieux vaut tard que jamais et si, par cette attitude, on peut filer les jetons à quelques politiciens corrompus, ce n'est pas plus mal.

   Courage madame Siméoni, ne cedez pas aux pressions de la clique politico-médiatique !

   Ironie de l'histoire : c'est une "Xavière" qui poursuit Chirac pour des affaires liées à la mairie de Paris !

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