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vendredi, 07 octobre 2016

Voir du pays

   C'est la réponse de l'une des soldates françaises quand on l'interroge sur ce qui l'a poussée à s'engager dans l'armée de terre. On découvre l'ensemble des personnages à l'occasion d'une escale à Chypre. Les troupes, qui reviennent d'Afghanistan, vont alterner debriefing et décompression dans un hôtel de luxe. Ces jeunes hommes et femmes, aux motivations diverses, vont côtoyer de riches touristes (britanniques et russes) oisifs, ainsi que quelques locaux (chypriotes), beaucoup moins fortunés.

   Les réalisatrices nous proposent de beaux portraits, en particulier des femmes. Les personnages masculins m'ont paru un peu stéréotypés. Par contre, ceux de Marine, Aurore et Fanny sont plus fouillés, même si j'ai un peu tiqué devant l'interprétation de Soko (que j'avais pourtant adorée dans Augustine). Ici, peut-être mal dirigée, elle livre la composition d'une racaille de banlieue au féminin, dont on ne sait pas trop ce qu'elle fait là, ni comment elle a pu passer les tests de sélection de l'armée, présentés (abusivement ?) comme faciles à contourner. Ariane Lebed (déjà très bien en femme de chambre dans The Lobster) est beaucoup plus marquante, dans un rôle pourtant plus effacé.

   L'autre intérêt est la tension créée par les rapports humains. Au centre se trouve un événement traumatique, qui s'est produit en Afghanistan. L'un des buts de l'escale (pour les officiers) est de crever l'abcès, notamment au moyen de reconstitutions s'appuyant sur la réalité virtuelle. Cela donne des séquences troublantes, vraiment originales.

   Petit à petit, on réalise que chacun a ses petits secrets, qu'il essaie d'éviter de révéler. La tension monte et l'on se demande quelle va être l'étincelle. Cela viendra-t-il des jeunes femmes militaires, objets du désir de leurs camarades de combat, mais aussi convoitées par les Chypriotes ? Est-ce la rivalité entre les mecs, ces jeunes coqs qui peinent à se contrôler ? Le coup va-t-il partir du fait des relations avec les autres clients de l'hôtel ? Ou bien le déclencheur sera-t-il être le geste extrême de l'un des soldats névrosés ?

   L'ensemble forme une histoire forte, de notre époque, servie par une bonne interprétation et une mise en scène très correcte.

dimanche, 02 octobre 2016

La Taularde

   L'intrigue s'inspire d'une histoire vraie, celle d'une femme qui a permis à son homme de s'évader, et qui s'est à son tour retrouvée en prison... sauf qu'elle n'est pas une criminelle endurcie. Ici, elle est prof de Lettres et a les traits (ravissants) de Sophie Marceau, que je crois n'avoir jamais vue aussi intense.

   Attention toutefois (ici je m'adresse aux fans de Sophie), on n'est pas du tout dans le glamour. On prend les trente premières minutes en pleine gueule, de la fouille d'entrée aux premières bagarres. Le début (comme d'autres moments) n'est pas sans rappeler Présumé coupable, lorsque le héros (incarné par Philippe Torreton) subit sa première fouille. La mise en scène diffère toutefois. La détenue est à l'arrière-plan, le pubis masqué par une table, tandis que la gardienne est au premier plan, habillée, sûre d'elle... et tutoyant la détenue. Le rapport de subordination est en place.

   Ceci dit, le portrait des gardiennes est nuancé. Il y a les autoritaires, les conciliantes et les démagos (ou peureuses). En face, souvent, elles ont affaire à des garces, que l'enfermement et la promiscuité peuvent transformer en fauves.

   C'est un autre intérêt du film (même si le propos n'est pas nouveau) : montrer comment ce lieu de réclusion, censé rendre meilleures ses "locataires", les dégrade, tout comme il détruit à petit feu certaines gardiennes. A travers elles, on mesure la misère du système pénitentiaire, avec le manque d'effectif, les pénuries matérielles et, parfois, la perte de motivation. C'est le grand talent de la réalisatrice Audrey Estrougo que de faire se croiser ces destins en apparence si dissemblables.

   Et puis il y a ces moments de comédie, si précieux, qui redonnent de l'espoir aux détenues comme aux spectateurs. Mais, très vite, l'intrigue reprend le dessus : aux conditions d'incarcération difficiles s'ajoute l'incertitude quant à l'attitude du conjoint de Mathilde/Sophie, qui a disparu. C'est donc sur les épaules du fils, à peine adulte, que repose la survie de l'héroïne. Cela nous vaut quelques scènes touchantes... et une limite dégueulasse, à l'occasion d'un parloir. Elle est hélas assez vraisemblable. Elle illustre bien le caractère documentaire de cette fiction, qui repose d'abord sur les rapports humains. Toutes les actrices sont formidables et l'aspect huis-clos des scènes de cellule est très bien rendu.

La Taularde

   L'intrigue s'inspire d'une histoire vraie, celle d'une femme qui a permis à son homme de s'évader, et qui s'est à son tour retrouvée en prison... sauf qu'elle n'est pas une criminelle endurcie. Ici, elle est prof de Lettres et a les traits (ravissants) de Sophie Marceau, que je crois n'avoir jamais vue aussi intense.

   Attention toutefois (ici je m'adresse aux fans de Sophie), on n'est pas du tout dans le glamour. On prend les trente premières minutes en pleine gueule, de la fouille d'entrée aux premières bagarres. Le début (comme d'autres moments) n'est pas sans rappeler Présumé coupable, lorsque le héros (incarné par Philippe Torreton) subit sa première fouille. La mise en scène diffère toutefois. La détenue est à l'arrière-plan, le pubis masqué par une table, tandis que la gardienne est au premier plan, habillée, sûre d'elle... et tutoyant la détenue. Le rapport de subordination est en place.

   Ceci dit, le portrait des gardiennes est nuancé. Il y a les autoritaires, les conciliantes et les démagos (ou peureuses). En face, souvent, elles ont affaire à des garces, que l'enfermement et la promiscuité peuvent transformer en fauves.

   C'est un autre intérêt du film (même si le propos n'est pas nouveau) : montrer comment ce lieu de réclusion, censé rendre meilleures ses "locataires", les dégrade, tout comme il détruit à petit feu certaines gardiennes. A travers elles, on mesure la misère du système pénitentiaire, avec le manque d'effectif, les pénuries matérielles et, parfois, la perte de motivation. C'est le grand talent de la réalisatrice Audrey Estrougo que de faire se croiser ces destins en apparence si dissemblables.

   Et puis il y a ces moments de comédie, si précieux, qui redonnent de l'espoir aux détenues comme aux spectateurs. Mais, très vite, l'intrigue reprend le dessus : aux conditions d'incarcération difficiles s'ajoute l'incertitude quant à l'attitude du conjoint de Mathilde/Sophie, qui a disparu. C'est donc sur les épaules du fils, à peine adulte, que repose la survie de l'héroïne. Cela nous vaut quelques scènes touchantes... et une limite dégueulasse, à l'occasion d'un parloir. Elle est hélas assez vraisemblable. Elle illustre bien le caractère documentaire de cette fiction, qui repose d'abord sur les rapports humains. Toutes les actrices sont formidables et l'aspect huis-clos des scènes de cellule est très bien rendu.

samedi, 01 octobre 2016

Ivan Tsarevitch et la princesse changeante

   Le titre est celui de l'un des quatre contes qu'a mis en images Michel Ocelot, cinq ans après Les Contes de la nuit et surtout dix ans après Azur et Asnar. On y retrouve la même fascination de l'auteur pour l'Orient, un Orient qui peut prendre la forme de l'orthodoxie russe, de l'islam perse ou d'un monde imaginaire.

   L'intrigue recourt au même procédé narratif que le précédent film d'Ocelot. Dans une ville moderne, dont on ne distingue que des immeubles aux fenêtres allumées (qui progressivement vont s'éteindre), un vieil homme, entouré d'un garçon et d'une fille, crée des histoires illustrées, en s'appuyant sur différentes traditions, et en modernisant certains aspects, à la demande des enfants.

   "La Maîtresse des monstres" raconte comment, grâce aux conseils d'un rat avisé (mais un peu colérique), une enfant va s'extraire du monde souterrain où elle et ses congénères sont retenus par des monstres en apparence invincibles. L'histoire est un appel à surmonter ses peurs... et un tableau peu valorisant des adultes !

   "L'Ecolier-sorcier" met aux prises un orphelin et un machiavélique magicien, qui lui propose un emploi, mais lui cache quelque chose. J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui emprunte un peu au duel entre Merlin et la sorcière dans Merlin l'enchanteur. C'est aussi l'un des deux contes au coeur duquel se trouve la naissance du sentiment amoureux.

   "Le Mousse et sa chatte" est mon préféré, parce que le jeune héros y vit une relation quasi fusionnelle avec un adorable sac-à-puces, sur le point de donner naissance à une portée de chatons. Le problème est que le duo se trouve sur le navire d'une bande de pirates, pas des plus sympathiques. Leur arrivée en Inde va changer le cours de leur vie. Sur le plan visuel, c'est de surcroît magnifique.

   "Ivan Tsarevitch et la princesse changeante" clôt cette série, avec une histoire pleine de rebondissements, qui semblera quelque peu familière aux lecteurs de Charles Perrault et des frères Grimm. C'est à la fois beau et touchant.

   Il faut donc se précipiter à une séance avant que le film ne soit déprogrammé. Il ne dure qu'une heure (et bénéficie d'un tarif réduit). Hélas, il n'attire pas les foules.

20:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Ivan Tsarevitch et la princesse changeante

   Le titre est celui de l'un des quatre contes qu'a mis en images Michel Ocelot, cinq ans après Les Contes de la nuit et surtout dix ans après Azur et Asnar. On y retrouve la même fascination de l'auteur pour l'Orient, un Orient qui peut prendre la forme de l'orthodoxie russe, de l'islam perse ou d'un monde imaginaire.

   L'intrigue recourt au même procédé narratif que le précédent film d'Ocelot. Dans une ville moderne, dont on ne distingue que des immeubles aux fenêtres allumées (qui progressivement vont s'éteindre), un vieil homme, entouré d'un garçon et d'une fille, crée des histoires illustrées, en s'appuyant sur différentes traditions, et en modernisant certains aspects, à la demande des enfants.

   "La Maîtresse des monstres" raconte comment, grâce aux conseils d'un rat avisé (mais un peu colérique), une enfant va s'extraire du monde souterrain où elle et ses congénères sont retenus par des monstres en apparence invincibles. L'histoire est un appel à surmonter ses peurs... et un tableau peu valorisant des adultes !

   "L'Ecolier-sorcier" met aux prises un orphelin et un machiavélique magicien, qui lui propose un emploi, mais lui cache quelque chose. J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui emprunte un peu au duel entre Merlin et la sorcière dans Merlin l'enchanteur. C'est aussi l'un des deux contes au coeur duquel se trouve la naissance du sentiment amoureux.

   "Le Mousse et sa chatte" est mon préféré, parce que le jeune héros y vit une relation quasi fusionnelle avec un adorable sac-à-puces, sur le point de donner naissance à une portée de chatons. Le problème est que le duo se trouve sur le navire d'une bande de pirates, pas des plus sympathiques. Leur arrivée en Inde va changer le cours de leur vie. Sur le plan visuel, c'est de surcroît magnifique.

   "Ivan Tsarevitch et la princesse changeante" clôt cette série, avec une histoire pleine de rebondissements, qui semblera quelque peu familière aux lecteurs de Charles Perrault et des frères Grimm. C'est à la fois beau et touchant.

   Il faut donc se précipiter à une séance avant que le film ne soit déprogrammé. Il ne dure qu'une heure (et bénéficie d'un tarif réduit). Hélas, il n'attire pas les foules.

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vendredi, 30 septembre 2016

Les 7 Mercenaires

   A Hollywood, la mode semble être aux remakes et au reboots. Ce mois-ci, après le péplum Ben-Hur, c'est au tour d'un monument du western de passer à la casserole. On n'a visiblement pas voulu surcharger le film d'effets spéciaux. On a misé sur du classique : des coups de feu et des cascades. Aux manettes, on trouve Antoine Fuqua, qui nous a régalés avec Equalizer, il y a deux ans.

   Le réalisateur semble avoir voulu travailler avec des acteurs qui lui sont familiers. Outre Denzel Washington, la distribution comprend Ethan Hawke et Vincent d'Onofrio (l'ex-inspecteur Goren, qui n'arrive plus à maigrir). Un autre mercenaire crève l'écran : Martin Sensmeier, qui incarne un Indien. Par contre, Chris Pratt m'a gonflé en dragueur alcoolique.

   Pour faire un bon western, plusieurs ingrédients sont nécessaires. Il faut bien entendu des duels au flingue. Ne pas oublier d'engager des "gueules" d'acteurs... et, surtout, il faut un bon gros méchant. Peter Sarsgaard s'est glissé avec délectation dans le rôle d'une pourriture de sa race d'un homme d'affaires aux méthodes peu conventionnelles, Bartholomew Bogue.

   L'une des premières séquences voit le "méchant" venir faire sentir sa domination aux habitants d'une bourgade qui seraient tentés de se révolter. Elle est excellente. Elle donne le ton de la lutte qui va suivre, âpre et sans concession.

   La deuxième séquence marquante arrive bien plus tard dans l'histoire. Entre temps, on a assisté au recrutement successif des sept crapules qui vont se mettre au service des citadins opprimés (contre espèces sonnantes et trébuchantes). J'ai beaucoup aimé leur arrivée en ville et la première confrontation avec des hommes de main de Bogue. A ce moment-là, l'esprit de Sergio Leone flotte sur le film (des plans des yeux à la musique de fond... hommage ou plagiat, je vous laisse le soin de choisir).

   On attend évidemment l'affrontement final, durant lequel la poudre parle. Les défenseurs se montrent ingénieux et l'intrigue ménage pas mal de rebondissements. Ces citadins mal armés ne sont pas sans rappeler les chrétiens menés par Balian (dans Kingdom of Heaven) ou encore ces rebelles réfugiés dans un temple qu'ils vont transformer en forteresse (dans A Touch of Zen).

   C'est donc spectaculaire et souvent brut de décoffrage. Cependant, en dépit du talent des acteurs, on n'atteint pas la splendeur des chefs-d'oeuvre de Sergio Leone. Il manque un peu de poésie et d'humour. On pourrait aussi faire la liste des facilités que s'autorise le scénario. On sait immédiatement quel citadin va se faire tuer par Bogue. On comprend aussi qu'un des mercenaires risque de quitter la bande... tout en sachant qu'il va ensuite revenir. Et que dire de ces sept tireurs d'élite, qui font mouche à chaque coup, tandis que leurs adversaires, pourtant tueurs chevronnés, peinent à provoquer la moindre égratignure !

   Quant au principal personnage féminin, il est certes moderne dans son attitude (c'est tout le contraire d'une femme soumise), mais elle passe les trois quarts du film à se balader dans une robe outrageusement (délicieusement ?) décolletée, sans que cela suscite plus que quelques vagues regards concupiscents. On est décidément bien respectueux des dames dans cette ville de gangsters et de chercheurs d'or !

   Pour se consoler, on peut chercher à deviner quel est le secret de l'un des mercenaires, la raison qui fait qu'il n'est pas motivé que par l'argent dans cette affaire... ou l'on peut se contenter de jouir du spectacle créé par ces hommes en armes qui, sous la houlette d'Antoine Fuqua, se balancent quantité de dragées...

23:13 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Les 7 Mercenaires

   A Hollywood, la mode semble être aux remakes et au reboots. Ce mois-ci, après le péplum Ben-Hur, c'est au tour d'un monument du western de passer à la casserole. On n'a visiblement pas voulu surcharger le film d'effets spéciaux. On a misé sur du classique : des coups de feu et des cascades. Aux manettes, on trouve Antoine Fuqua, qui nous a régalés avec Equalizer, il y a deux ans.

   Le réalisateur semble avoir voulu travailler avec des acteurs qui lui sont familiers. Outre Denzel Washington, la distribution comprend Ethan Hawke et Vincent d'Onofrio (l'ex-inspecteur Goren, qui n'arrive plus à maigrir). Un autre mercenaire crève l'écran : Martin Sensmeier, qui incarne un Indien. Par contre, Chris Pratt m'a gonflé en dragueur alcoolique.

   Pour faire un bon western, plusieurs ingrédients sont nécessaires. Il faut bien entendu des duels au flingue. Ne pas oublier d'engager des "gueules" d'acteurs... et, surtout, il faut un bon gros méchant. Peter Sarsgaard s'est glissé avec délectation dans le rôle d'une pourriture de sa race d'un homme d'affaires aux méthodes peu conventionnelles, Bartholomew Bogue.

   L'une des premières séquences voit le "méchant" venir faire sentir sa domination aux habitants d'une bourgade qui seraient tentés de se révolter. Elle est excellente. Elle donne le ton de la lutte qui va suivre, âpre et sans concession.

   La deuxième séquence marquante arrive bien plus tard dans l'histoire. Entre temps, on a assisté au recrutement successif des sept crapules qui vont se mettre au service des citadins opprimés (contre espèces sonnantes et trébuchantes). J'ai beaucoup aimé leur arrivée en ville et la première confrontation avec des hommes de main de Bogue. A ce moment-là, l'esprit de Sergio Leone flotte sur le film (des plans des yeux à la musique de fond... hommage ou plagiat, je vous laisse le soin de choisir).

   On attend évidemment l'affrontement final, durant lequel la poudre parle. Les défenseurs se montrent ingénieux et l'intrigue ménage pas mal de rebondissements. Ces citadins mal armés ne sont pas sans rappeler les chrétiens menés par Balian (dans Kingdom of Heaven) ou encore ces rebelles réfugiés dans un temple qu'ils vont transformer en forteresse (dans A Touch of Zen).

   C'est donc spectaculaire et souvent brut de décoffrage. Cependant, en dépit du talent des acteurs, on n'atteint pas la splendeur des chefs-d'oeuvre de Sergio Leone. Il manque un peu de poésie et d'humour. On pourrait aussi faire la liste des facilités que s'autorise le scénario. On sait immédiatement quel citadin va se faire tuer par Bogue. On comprend aussi qu'un des mercenaires risque de quitter la bande... tout en sachant qu'il va ensuite revenir. Et que dire de ces sept tireurs d'élite, qui font mouche à chaque coup, tandis que leurs adversaires, pourtant tueurs chevronnés, peinent à provoquer la moindre égratignure !

   Quant au principal personnage féminin, il est certes moderne dans son attitude (c'est tout le contraire d'une femme soumise), mais elle passe les trois quarts du film à se balader dans une robe outrageusement (délicieusement ?) décolletée, sans que cela suscite plus que quelques vagues regards concupiscents. On est décidément bien respectueux des dames dans cette ville de gangsters et de chercheurs d'or !

   Pour se consoler, on peut chercher à deviner quel est le secret de l'un des mercenaires, la raison qui fait qu'il n'est pas motivé que par l'argent dans cette affaire... ou l'on peut se contenter de jouir du spectacle créé par ces hommes en armes qui, sous la houlette d'Antoine Fuqua, se balancent quantité de dragées...

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jeudi, 29 septembre 2016

Frantz

   Quand on n'est fan ni de François Ozon ni de Pierre MNiney, il faut de solides raisons pour se décider à aller voir ce film. La première est l'originalité de l'histoire. (Je ne connais ni la pièce de théâtre ni l'adaptation réalisée jadis par Ernst Lubitsch.) La seconde est le choix (artistique et économique) du noir et blanc. Seuls deux instants en couleurs encadrent le film, au tout début et à la fin. C'est évidemment porteur de sens.

   La mise en scène est soignée. On sent le réalisateur sûr de son art. Certains moments sont particulièrement inspirés, comme le voyage en train de l'héroïne qui, par la fenêtre, voit les dégâts de la guerre encore visibles plusieurs années après, en France. (Le coup du reflet dans la vitre est superbe.) Saisissante aussi est la scène qui se conclut par une Marseillaise collective, dans un café parisien. Ozon est toujours habile à entremêler l'image et le son, chacun portant l'autre, à son tour.

   Du côté des acteurs, ce n'est pas Pierre Niney qui m'a impressionné, mais Paula Beer, impeccable en fiancée éplorée, touchée à nouveau par l'amour et devenue audacieuse par obligation. Grâce à son jeu tout en retenue, elle fait passer quantité de choses. A ses côtés, les seconds rôles assurent, parmi lesquels on relève Johann von Bülow, remarqué récemment dans Elser, un héros ordinaire et Le Labyrinthe du silence. Ernst Stötzner est excellent en père du soldat décédé.

   L'intrigue ménage plusieurs rebondissements. Il y a tout d'abord le secret que le soldat français venu en Allemagne garde en lui. (Je pense que n'importe quel spectateur devine très vite de quoi il s'agit.) Il y a ensuite le retournement de situation, avec l'Allemande qui décide de partir en France. Ce périple constitue pour moi le meilleur de l'histoire. L'héroïne va découvrir un autre monde... et en apprendre sur le passé de son défunt fiancé.

   Cela pourrait former un excellent film si le rythme n'en était pas si languissant. On sent l'heure cinquante passer, moi je vous le dis ! Mais c'est bien joué et remarquablement réalisé.

 

Frantz

   Quand on n'est fan ni de François Ozon ni de Pierre MNiney, il faut de solides raisons pour se décider à aller voir ce film. La première est l'originalité de l'histoire. (Je ne connais ni la pièce de théâtre ni l'adaptation réalisée jadis par Ernst Lubitsch.) La seconde est le choix (artistique et économique) du noir et blanc. Seuls deux instants en couleurs encadrent le film, au tout début et à la fin. C'est évidemment porteur de sens.

   La mise en scène est soignée. On sent le réalisateur sûr de son art. Certains moments sont particulièrement inspirés, comme le voyage en train de l'héroïne qui, par la fenêtre, voit les dégâts de la guerre encore visibles plusieurs années après, en France. (Le coup du reflet dans la vitre est superbe.) Saisissante aussi est la scène qui se conclut par une Marseillaise collective, dans un café parisien. Ozon est toujours habile à entremêler l'image et le son, chacun portant l'autre, à son tour.

   Du côté des acteurs, ce n'est pas Pierre Niney qui m'a impressionné, mais Paula Beer, impeccable en fiancée éplorée, touchée à nouveau par l'amour et devenue audacieuse par obligation. Grâce à son jeu tout en retenue, elle fait passer quantité de choses. A ses côtés, les seconds rôles assurent, parmi lesquels on relève Johann von Bülow, remarqué récemment dans Elser, un héros ordinaire et Le Labyrinthe du silence. Ernst Stötzner est excellent en père du soldat décédé.

   L'intrigue ménage plusieurs rebondissements. Il y a tout d'abord le secret que le soldat français venu en Allemagne garde en lui. (Je pense que n'importe quel spectateur devine très vite de quoi il s'agit.) Il y a ensuite le retournement de situation, avec l'Allemande qui décide de partir en France. Ce périple constitue pour moi le meilleur de l'histoire. L'héroïne va découvrir un autre monde... et en apprendre sur le passé de son défunt fiancé.

   Cela pourrait former un excellent film si le rythme n'en était pas si languissant. On sent l'heure cinquante passer, moi je vous le dis ! Mais c'est bien joué et remarquablement réalisé.

 

samedi, 24 septembre 2016

Iqbal, l'enfant qui n'avait pas peur

   J'avais raté ce film d'animation lors de sa programmation à Rodez. Il faut dire qu'il n'avait bénéficié que de trois ou quatre séances, pas souvent placées à un horaire convenable pour un actif. Heureusement, le film, placé sous le patronage de l'UNICEF, tourne beaucoup dans la région. Et c'est parti pour une séance de rattrapage !

   Le début m'a fait un peu peur. J'ai trouvé qu'on en faisait trop au niveau du pathos... et l'animation n'est pas exceptionnelle. Le résultat ressemble un peu à ce qu'on a pu voir dans Adama, mais en moins bien. Toutefois, on finit par s'y habituer, d'autant plus que l'intrigue, linéaire, est entrecoupée de quelques scènes fantasmagoriques, qui apportent un peu de merveilleux à une histoire assez triste.

   Comme on s'adresse d'abord au jeune public, on a atténué les malheurs que subit le garçon (qui a réellement existé)... et l'on arrête l'histoire avant son assassinat, ce qui lui donne une conclusion positive.

   J'ai été captivé à partir du moment où le héros se retrouve chez le marchand de tapis esclavagiste. On découvre la bande de gamins kidnappés (ou vendus...), contraints de tisser des tapis pour le compte du couple qui dirige les lieux. Celui-ci est une bonne trouvaille, qui rappellera au public français les Thénardier créés par Victor Hugo. Ils sont inquiétants à souhaits, même si certaines des scènes qui les font intervenir sont drôles. Pour s'en sortir, les enfants vont devoir faire preuve d'imagination, surmonter leurs peurs... et rester solidaires les uns des autres.

   C'est une belle histoire, terrible parfois... et une petite leçon de vie pour certains enfants gâtés de l'Occident, qui pensent que le monde est vraiment trop tynjuste quand on sanctionne leurs caprices.

Iqbal, l'enfant qui n'avait pas peur

   J'avais raté ce film d'animation lors de sa programmation à Rodez. Il faut dire qu'il n'avait bénéficié que de trois ou quatre séances, pas souvent placées à un horaire convenable pour un actif. Heureusement, le film, placé sous le patronage de l'UNICEF, tourne beaucoup dans la région. Et c'est parti pour une séance de rattrapage !

   Le début m'a fait un peu peur. J'ai trouvé qu'on en faisait trop au niveau du pathos... et l'animation n'est pas exceptionnelle. Le résultat ressemble un peu à ce qu'on a pu voir dans Adama, mais en moins bien. Toutefois, on finit par s'y habituer, d'autant plus que l'intrigue, linéaire, est entrecoupée de quelques scènes fantasmagoriques, qui apportent un peu de merveilleux à une histoire assez triste.

   Comme on s'adresse d'abord au jeune public, on a atténué les malheurs que subit le garçon (qui a réellement existé)... et l'on arrête l'histoire avant son assassinat, ce qui lui donne une conclusion positive.

   J'ai été captivé à partir du moment où le héros se retrouve chez le marchand de tapis esclavagiste. On découvre la bande de gamins kidnappés (ou vendus...), contraints de tisser des tapis pour le compte du couple qui dirige les lieux. Celui-ci est une bonne trouvaille, qui rappellera au public français les Thénardier créés par Victor Hugo. Ils sont inquiétants à souhaits, même si certaines des scènes qui les font intervenir sont drôles. Pour s'en sortir, les enfants vont devoir faire preuve d'imagination, surmonter leurs peurs... et rester solidaires les uns des autres.

   C'est une belle histoire, terrible parfois... et une petite leçon de vie pour certains enfants gâtés de l'Occident, qui pensent que le monde est vraiment trop tynjuste quand on sanctionne leurs caprices.

jeudi, 22 septembre 2016

War Dogs

   Dans les duos d'ami(e)s, l'un(e) est souvent le(la) dominant(e), l'autre le(la) dominé(e). Dans le cas qui nous occupe, de prime abord, on serait tenté de penser que c'est le beau gosse David qui a le dessus sur son meilleur pote Efraim, grassouillet et mal fringué. Sauf que le premier végète dans l'activité de massage pour homme (source de situations délicates pour un hétérosexuel sans compromission), alors que le second semble avoir "fait son trou" et palpe bien plus de thunes que son ancien camarade de classe.

   La relation est assez convenue, d'autant plus que David le bogoss vit avec une créature intelligente et désespérément belle (Ana de Armas, qui a dû arrêter de compter les demandes en mariage depuis bien longtemps). Mais, dans le rôle d'Efraim, Jonah Hill (qu'on a pu voir récemment dans Django unchained, Le Loup de Wall Street et Ave, César !) est excellent. Il incarne avec un plaisir évident ce type abject, faux dévot (juif), faux vendeur de couvertures et surtout faux meilleur ami. Il n'hésite même pas à truander des truandeurs professionnels... c'est dire le culot (et l'inconscience) du personnage ! Il est de plus très bien doublé en français.

   Le fond de l'histoire est pourtant déplaisant. Le scénario (qui s'inspire de faits réels) transforme en héros un duo d'opportunistes sans scrupules, poussés essentiellement par l'appât du gain. C'est une nouvelle illustration des petits malins qui font la nique aux gros (un peu comme dans The Big Short)... à ceci près qu'ici il est question de vente d'armes et de la mort de centaines de milliers de personnes. La mise en scène ne prend presque aucun recul avec les personnages principaux, se contentant de présenter l'un des deux comme plus moral que l'autre. Et je ne parle pas de l'apologie de la consommation de drogues diverses...

   Cela donne un film inégal, parfois inventif (chaque séquence étant introduite par une citation de l'un des personnages, le jeu étant de deviner qui va l'énoncer), souvent drôle, mais un peu malsain.

23:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

War Dogs

   Dans les duos d'ami(e)s, l'un(e) est souvent le(la) dominant(e), l'autre le(la) dominé(e). Dans le cas qui nous occupe, de prime abord, on serait tenté de penser que c'est le beau gosse David qui a le dessus sur son meilleur pote Efraim, grassouillet et mal fringué. Sauf que le premier végète dans l'activité de massage pour homme (source de situations délicates pour un hétérosexuel sans compromission), alors que le second semble avoir "fait son trou" et palpe bien plus de thunes que son ancien camarade de classe.

   La relation est assez convenue, d'autant plus que David le bogoss vit avec une créature intelligente et désespérément belle (Ana de Armas, qui a dû arrêter de compter les demandes en mariage depuis bien longtemps). Mais, dans le rôle d'Efraim, Jonah Hill (qu'on a pu voir récemment dans Django unchained, Le Loup de Wall Street et Ave, César !) est excellent. Il incarne avec un plaisir évident ce type abject, faux dévot (juif), faux vendeur de couvertures et surtout faux meilleur ami. Il n'hésite même pas à truander des truandeurs professionnels... c'est dire le culot (et l'inconscience) du personnage ! Il est de plus très bien doublé en français.

   Le fond de l'histoire est pourtant déplaisant. Le scénario (qui s'inspire de faits réels) transforme en héros un duo d'opportunistes sans scrupules, poussés essentiellement par l'appât du gain. C'est une nouvelle illustration des petits malins qui font la nique aux gros (un peu comme dans The Big Short)... à ceci près qu'ici il est question de vente d'armes et de la mort de centaines de milliers de personnes. La mise en scène ne prend presque aucun recul avec les personnages principaux, se contentant de présenter l'un des deux comme plus moral que l'autre. Et je ne parle pas de l'apologie de la consommation de drogues diverses...

   Cela donne un film inégal, parfois inventif (chaque séquence étant introduite par une citation de l'un des personnages, le jeu étant de deviner qui va l'énoncer), souvent drôle, mais un peu malsain.

23:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 21 septembre 2016

Le Fils de Jean

   Philippe Lioret est un cinéaste qui se fait rare. Il a fallu attendre cinq ans après le formidable Toutes nos envies pour que sorte sa nouvelle réalisation. Entre temps, l'auteur de Welcome a produit une autre pépite du cinéma hexagonal, Un Français.

   L'histoire tourne autour d'un mystère, celui du père biologique de Mathieu, un jeune commercial français, séparé de son épouse. Le jeune homme (Pierre Deladonchamps, très bien) ne l'a jamais connu et ne sait pratiquement rien de lui, sa mère ayant toujours refusé de lui en parler. Pourtant, un jour, un étrange coup de fil arrive du Québec, avec la nouvelle du décès de son géniteur (Jean), qui lui aurait laissé quelque chose. Intrigué, le jeune homme décide de se rendre sur place.

   Là-bas, le mystère s'épaissit : le corps du défunt est introuvable (il a disparu dans un lac)... et Mathieu découvre qu'il a des demi-frères, qui ignorent son existence. Au Québec, son guide est Pierre, le meilleur ami de Jean, avec lequel se noue une relation de méfiance teintée d'estime réciproque.

   Lioret joue donc sur le registre de l'incertitude : celle de la mort du père et celle de la vérité à révéler (ou pas). Entre temps, le jeune Français découvre a posteriori quelle fut la vie de ce Jean qui lui lègue un tableau... et il rencontre l'entourage familial, qui ne sait pas toujours qui il est réellement. Et puis il y a cette histoire de tableau... L'argent se met de la partie... et Mathieu n'est pas au bout de ses surprises.

   J'ai un peu traîné les pieds pour aller voir ce film, mais je ne regrette pas du tout d'avoir succombé. Lioret nous conte une belle histoire de paternité(s), nimbée d'un mystère fort bien mis en scène. Les interprètes sont bons, avec Gabriel Arcand très touchant dans le rôle de Pierre, et deux femmes très attachantes : la fille de Pierre, incarnée par l'appétissante Catherine de Léan, et sa mère (l'épouse de Pierre), interprétée par Marie-Thérèse Fortin, vraiment épatante. J'ai notamment en tête la scène où elle découvre le fin mot de l'histoire. Elle nous fait tout comprendre, sans quasiment s'exprimer, épaulée par une mise en scène totalement maîtrisée.

20:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Le Fils de Jean

   Philippe Lioret est un cinéaste qui se fait rare. Il a fallu attendre cinq ans après le formidable Toutes nos envies pour que sorte sa nouvelle réalisation. Entre temps, l'auteur de Welcome a produit une autre pépite du cinéma hexagonal, Un Français.

   L'histoire tourne autour d'un mystère, celui du père biologique de Mathieu, un jeune commercial français, séparé de son épouse. Le jeune homme (Pierre Deladonchamps, très bien) ne l'a jamais connu et ne sait pratiquement rien de lui, sa mère ayant toujours refusé de lui en parler. Pourtant, un jour, un étrange coup de fil arrive du Québec, avec la nouvelle du décès de son géniteur (Jean), qui lui aurait laissé quelque chose. Intrigué, le jeune homme décide de se rendre sur place.

   Là-bas, le mystère s'épaissit : le corps du défunt est introuvable (il a disparu dans un lac)... et Mathieu découvre qu'il a des demi-frères, qui ignorent son existence. Au Québec, son guide est Pierre, le meilleur ami de Jean, avec lequel se noue une relation de méfiance teintée d'estime réciproque.

   Lioret joue donc sur le registre de l'incertitude : celle de la mort du père et celle de la vérité à révéler (ou pas). Entre temps, le jeune Français découvre a posteriori quelle fut la vie de ce Jean qui lui lègue un tableau... et il rencontre l'entourage familial, qui ne sait pas toujours qui il est réellement. Et puis il y a cette histoire de tableau... L'argent se met de la partie... et Mathieu n'est pas au bout de ses surprises.

   J'ai un peu traîné les pieds pour aller voir ce film, mais je ne regrette pas du tout d'avoir succombé. Lioret nous conte une belle histoire de paternité(s), nimbée d'un mystère fort bien mis en scène. Les interprètes sont bons, avec Gabriel Arcand très touchant dans le rôle de Pierre, et deux femmes très attachantes : la fille de Pierre, incarnée par l'appétissante Catherine de Léan, et sa mère (l'épouse de Pierre), interprétée par Marie-Thérèse Fortin, vraiment épatante. J'ai notamment en tête la scène où elle découvre le fin mot de l'histoire. Elle nous fait tout comprendre, sans quasiment s'exprimer, épaulée par une mise en scène totalement maîtrisée.

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dimanche, 18 septembre 2016

Confucius a des poils

   Ce Confucius n'est pas le penseur chinois, mais un chat de fiction, qui occupe une place non négligeable dans l'épisode 15 de la deuxième mouture des Petits meurtres d'Agatha Christie, diffusé vendredi. Dans cette "affaire de Styles", on découvre le matou lorsque la journaliste Alice Avril rend visite à la propriétaire d'une institution de soins. Curieusement, alors que le félin se méfie grandement des étrangers, il adopte immédiatement l'héroïne :

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   Un peu plus tard, en raison de circonstances que je ne peux pas révéler, le chat devient le compagnon d'Alice, désormais installée dans l'hôtel pour écrire son article... et mener l'enquête (dans le dos du commissaire Laurence) :

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   Ce n'est toutefois pas la seule personne dont la proximité n'effraie pas Confucius. Lorsque l'une des employées de l'institution rend visite à Alice, non seulement il ne fuit pas, mais voilà qu'il fait le "kéké", signe qu'il est en confiance :

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   Il faut dire que les deux jeunes femmes sont liées (sans le savoir au départ) et que c'est ce lien qui pourrait expliquer l'attitude du chat envers elles. C'est tout de même Alice qu'il préfère. Elle lui laisse faire à peu près ce qu'il veut !

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   Je vous laisse découvrir ce qui lui arrive dans la suite de l'épisode. Il joue un rôle important dans le déroulement des événements.

   Ce n'est toutefois pas le seul intérêt de cette série, vraiment savoureuse. L'histoire qui nous a été proposée vendredi (qui est une réécriture du roman d'Agatha Christie) mélange intrigue policière, marivaudage et satire sociale. Le commissaire Laurence, touché par la cinquantaine, cherche à faire jeune (mais toujours classe). La journaliste va apprendre l'identité de sa mère biologique. Enfin, au commissariat, débarque un nouveau médecin légiste, dont le tempérament va heurter quelques habitudes.

   Pour mieux connaître les personnages principaux, on peut regarder les petites vidéos mises en ligne sur le site de France 2. Je recommande particulièrement celle confrontant Elodie Frenck à Marlène... où comment les costumes, le maquillage et le talent d'actrice peuvent transformer une femme d'apparence ordinaire en vamp télévisuelle. Notons qu'on avait déjà pu voir ce dédoublement à l'oeuvre, dans l'épisode Pension Vanilos, dans lequel l'actrice incarnait à la fois la secrétaire du commissaire et la soeur de celle-ci.

   Quant au chat si docile, il me semble l'avoir vu ailleurs, au cinéma. C'est peut-être le même animal qui officiait comme compagnon d'Isabelle Huppert dans Elle.

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   Il ressemble aussi au matou de Josiane Balasko, dans Retour chez ma mère.

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Free State of Jones

   Le titre fait référence  à une tentative utopique, celle de fonder, en pleine guerre de Sécession, un Etat libre, dans lequel cohabiteraient Noirs et Blancs, les premiers esclaves en fuite, les seconds soldats sudistes déserteurs. Ce n'est pas une fiction, puisque cette tentative a été menée à bien.

   On commence par une séquence de guerre, avec une bataille de tranchées, ses morts et ses blessés. En une dizaine de minutes, le réalisateur Gary Ross nous fait toucher du doigt l'horreur de la guerre, une guerre différente de celles qui l'ont précédée : quasi industrielle, elle annonce déjà la Première guerre mondiale. La mise en scène est brillante. Ames sensibles s'abstenir.

   La suite montre le héros prendre du recul, au départ pour rendre hommage à un gamin tué au combat. Le soldat devenu brancardier en a marre de la boucherie... et il se rend compte que lui, le fermier pauvre, risque sa vie pour que les grands planteurs esclavagistes conservent leurs privilèges.

   Les acteurs sont bons, très bien dirigés. Dans ce genre de production, qui recourt à quantité de figurants, on est parfois indulgent avec le jeu de certains d'entre eux, lorsque les mouvements d'ensemble sont réussis, sous la houlette des acteurs principaux. Ici, on a l'impression que tout le casting s'est évertué à donner le meilleur de soi.

   En tête d'affiche, il y a Matthew McConaughey... impressionnant. (A Rodez, on peut même l'entendre en version originale sous-titrée.) Sa barbe lui donne un petit air de Christian Bale... mais, surtout, qu'est-ce qu'il est bon ! Un deuxième Oscar est-il en vue ?

   A ses côtés l'on trouve notamment Gugu Mbatha-Row, un nom qui ne vous dit sans doute pas grand chose, mais qu'on risque de beaucoup entendre à l'avenir. On l'a déjà remarquée dans Seul contre tous. Ici, elle incarne l'esclave domestique, qu'on croit privilégiée par rapport à ceux qui courbent l'échine dans les champs de coton, mais qui est soumise aux "appétits" de son maître... Ce beau personnage s'implique dans une révolte clandestine, tout en apprenant à lire. Il lui arrive aussi de chaparder dans la maison de ses "propriétaires". Dans une scène, on la voit s'emparer discrètement d'un objet brillant. C'était pour l'offrir au héros, Newton Khight... et, ô surprise, il s'agit d'un petit couteau pliable, aux formes caractéristiques... un Laguiole ? Est-ce possible au début des années 1860, dans le Mississippi ?

   L'un des personnages principaux est un marais, celui dans lequel les esclaves en fuite et les soldats déserteurs vont se réfugier et y acquérir une véritable autonomie, à la fois matérielle, militaire, intellectuelle et politique. On a l'impression de se trouver dans un entre-deux, une sorte d'univers parallèle où les lois du vrai monde ne s'appliquent pas. Le film ne cache cependant pas les difficultés de la petite nation, certains soldats sudistes déserteurs peinant à se débarrasser de leurs préjugés racistes.

   La part la plus inattendue de l'histoire est celle qui se déroule après la guerre. Le changement, c'est maintenant ! ont dû penser les anciens esclaves. Dans un premier temps, il apparaît que plus jamais rien ne sera comme avant. Mais les élites blanches esclavagistes n'ont pas renoncé, et c'est une nouvelle guerre, plus sournoise, qui se déclenche dans les Etats du Sud, avec l'émergence du Ku Klux Klan. Le héros tente de s'y opposer.

   Notons que les séquences des années 1860-1870 sont parfois entrecoupées de scènes se déroulant plus de soixante-dix ans plus tard, en pleine ségrégation. Petit à petit, on appréhende certaines des conséquences les plus absurdes de la mise en place d'une politique raciste... et l'on découvre le devenir de certains des descendants du héros.

   C'est pour moi un très beau film, qui prend son temps, servi par des acteurs impeccables.

Free State of Jones

   Le titre fait référence  à une tentative utopique, celle de fonder, en pleine guerre de Sécession, un Etat libre, dans lequel cohabiteraient Noirs et Blancs, les premiers esclaves en fuite, les seconds soldats sudistes déserteurs. Ce n'est pas une fiction, puisque cette tentative a été menée à bien.

   On commence par une séquence de guerre, avec une bataille de tranchées, ses morts et ses blessés. En une dizaine de minutes, le réalisateur Gary Ross nous fait toucher du doigt l'horreur de la guerre, une guerre différente de celles qui l'ont précédée : quasi industrielle, elle annonce déjà la Première guerre mondiale. La mise en scène est brillante. Ames sensibles s'abstenir.

   La suite montre le héros prendre du recul, au départ pour rendre hommage à un gamin tué au combat. Le soldat devenu brancardier en a marre de la boucherie... et il se rend compte que lui, le fermier pauvre, risque sa vie pour que les grands planteurs esclavagistes conservent leurs privilèges.

   Les acteurs sont bons, très bien dirigés. Dans ce genre de production, qui recourt à quantité de figurants, on est parfois indulgent avec le jeu de certains d'entre eux, lorsque les mouvements d'ensemble sont réussis, sous la houlette des acteurs principaux. Ici, on a l'impression que tout le casting s'est évertué à donner le meilleur de soi.

   En tête d'affiche, il y a Matthew McConaughey... impressionnant. (A Rodez, on peut même l'entendre en version originale sous-titrée.) Sa barbe lui donne un petit air de Christian Bale... mais, surtout, qu'est-ce qu'il est bon ! Un deuxième Oscar est-il en vue ?

   A ses côtés l'on trouve notamment Gugu Mbatha-Row, un nom qui ne vous dit sans doute pas grand chose, mais qu'on risque de beaucoup entendre à l'avenir. On l'a déjà remarquée dans Seul contre tous. Ici, elle incarne l'esclave domestique, qu'on croit privilégiée par rapport à ceux qui courbent l'échine dans les champs de coton, mais qui est soumise aux "appétits" de son maître... Ce beau personnage s'implique dans une révolte clandestine, tout en apprenant à lire. Il lui arrive aussi de chaparder dans la maison de ses "propriétaires". Dans une scène, on la voit s'emparer discrètement d'un objet brillant. C'était pour l'offrir au héros, Newton Khight... et, ô surprise, il s'agit d'un petit couteau pliable, aux formes caractéristiques... un Laguiole ? Est-ce possible au début des années 1860, dans le Mississippi ?

   L'un des personnages principaux est un marais, celui dans lequel les esclaves en fuite et les soldats déserteurs vont se réfugier et y acquérir une véritable autonomie, à la fois matérielle, militaire, intellectuelle et politique. On a l'impression de se trouver dans un entre-deux, une sorte d'univers parallèle où les lois du vrai monde ne s'appliquent pas. Le film ne cache cependant pas les difficultés de la petite nation, certains soldats sudistes déserteurs peinant à se débarrasser de leurs préjugés racistes.

   La part la plus inattendue de l'histoire est celle qui se déroule après la guerre. Le changement, c'est maintenant ! ont dû penser les anciens esclaves. Dans un premier temps, il apparaît que plus jamais rien ne sera comme avant. Mais les élites blanches esclavagistes n'ont pas renoncé, et c'est une nouvelle guerre, plus sournoise, qui se déclenche dans les Etats du Sud, avec l'émergence du Ku Klux Klan. Le héros tente de s'y opposer.

   Notons que les séquences des années 1860-1870 sont parfois entrecoupées de scènes se déroulant plus de soixante-dix ans plus tard, en pleine ségrégation. Petit à petit, on appréhende certaines des conséquences les plus absurdes de la mise en place d'une politique raciste... et l'on découvre le devenir de certains des descendants du héros.

   C'est pour moi un très beau film, qui prend son temps, servi par des acteurs impeccables.

jeudi, 15 septembre 2016

Jason B(o)urne

   Séance de rattrapage ce soir, avec les nouvelles nouvelles nouvelles aventures du plus célèbre ex-agent de la CIA. J'ai beaucoup hésité avant d'aller voir ce film, d'abord parce que je ne suis pas particulièrement fan du tueur amnésique (qui n'en finit pas de recouvrer la mémoire), ensuite parce que le bouche-à-oreille n'est pas excellent. Mais, derrière la caméra, il y a quand même Paul Greengrass, auquel on doit, entre autres, Vol 93, Green Zone et Capitaine Phillips. Devant, il y a certes Matt Damon. Mais il y a aussi (et surtout) Alicia Vikander... et Vincent Cassel.

   Les vingt premières minutes sont emballantes. La séquence se déroulant à Athènes, en pleine contestation sociale, est une petite merveille de mise en scène, avec un savant enchevêtrement des fils de l'action. J'ai retrouvé le réalisateur de Bloody Sunday, qui maîtrise les mouvements de foule, avec, ici, l'ajout des technologies de pointe. Signalons que Greengrass n'est pas esclave de ses joujoux numériques. Ils sont au service de son intrigue. A l'écran, c'est superbe.

   De leur côté, les acteurs assurent. Matt Damon a dû passer un sacré moment dans les salles de sport pour perdre les bourrelets que ses récents rôles laissaient entrevoir. Le voilà gaulé comme un gladiateur, capable d'assommer un boxeur serbe d'un pain dans la gueule ! C'est jouissif si l'on a le point de vue d'un amateur de jeux vidéo. C'est décevant si l'on a en tête le pedigree du réalisateur, qui nous a habitués à plus de rigueur.

   Heureusement, aux côtés de David Webb (la véritable identité de Bourne) va apparaître une délicieuse analyste de la CIA. Alicia Vikander apporte son charme et son mystère à ce personnage énigmatique, qui allie l'ambition à une pincée d'idéalisme. A quel moment est-elle la plus sincère ? Le sait-elle vraiment ?

   Face à ces charismatiques gentils, on a placé une doublette de redoutables crapules : un chef de la CIA sans le moindre scrupule, secondé par un agent déterminé... et revanchard. Le premier est interprété par un Tommy Lee Jones accablé de fatigue, à tel point qu'on lui souhaite de prendre sa retraite. Jason Bourne semble penser de même. Mais, sur son chemin, il va trouver une sorte de double maléfique, un autre tueur-né, qui lui ne renie rien de ce qu'il a accompli. Dans le rôle, Vincent Cassel est excellent, jusqu'au combat final.

   Celui-ci prend place dans la dernière demi-heure, presque aussi réussie que le début. Malheureusement, entre temps, il a fallu se taper plus d'une heure d'entremets plus ou moins digestes. Les scénaristes se sont creusés la cervelle pour tenter de faire émerger de nouveaux secrets dans la vie du héros. A vrai dire, on s'en tape un peu.

   Le film souffre de deux autres défauts, un de forme et un de fond. Sur la forme, les scènes d'action sont gâchées par un montage épileptique, accumulant les micro-plans d'une demi-seconde, jusqu'à la nausée. On n'a même pas le temps de savourer ! Sur le fond, on nous ressert une vieille rengaine anti-étatique, typiquement anglo-saxonne : tout le mal vient du "gouvernement" (comprenez : l'Etat), alors que les richissimes (et tentaculaires) entreprises du net sont présentées comme des bienfaiteurs de l'humanité. Pourquoi devrait-on redouter l'intrusion de l'Etat sur la Toile et, dans le même temps, confier sans état d'âme toute sa vie privée à des marchands cupides ? De la part de quelqu'un comme Greengrass (qui a participé à l'écriture du scénario), c'est très décevant.

   Si j'étais de mauvaise humeur, je pourrais aussi passer en revue les petites incohérences des scènes d'action, de la voiture hyper-accidentée où aucun air-bag ne se déclenche à l'agent touché par une balle, perdant du sang, qui trouve le moyen d'enchaîner un rallye, un semi-marathon et trois rounds de lutte... en ne saignant presque plus. Trop fort, ce Jason !

   Il reste que les scènes d'action sont prenantes, malgré la musique un peu trop présente. A voir un soir, pour digérer un bon repas.

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Jason B(o)urne

   Séance de rattrapage ce soir, avec les nouvelles nouvelles nouvelles aventures du plus célèbre ex-agent de la CIA. J'ai beaucoup hésité avant d'aller voir ce film, d'abord parce que je ne suis pas particulièrement fan du tueur amnésique (qui n'en finit pas de recouvrer la mémoire), ensuite parce que le bouche-à-oreille n'est pas excellent. Mais, derrière la caméra, il y a quand même Paul Greengrass, auquel on doit, entre autres, Vol 93, Green Zone et Capitaine Phillips. Devant, il y a certes Matt Damon. Mais il y a aussi (et surtout) Alicia Vikander... et Vincent Cassel.

   Les vingt premières minutes sont emballantes. La séquence se déroulant à Athènes, en pleine contestation sociale, est une petite merveille de mise en scène, avec un savant enchevêtrement des fils de l'action. J'ai retrouvé le réalisateur de Bloody Sunday, qui maîtrise les mouvements de foule, avec, ici, l'ajout des technologies de pointe. Signalons que Greengrass n'est pas esclave de ses joujoux numériques. Ils sont au service de son intrigue. A l'écran, c'est superbe.

   De leur côté, les acteurs assurent. Matt Damon a dû passer un sacré moment dans les salles de sport pour perdre les bourrelets que ses récents rôles laissaient entrevoir. Le voilà gaulé comme un gladiateur, capable d'assommer un boxeur serbe d'un pain dans la gueule ! C'est jouissif si l'on a le point de vue d'un amateur de jeux vidéo. C'est décevant si l'on a en tête le pedigree du réalisateur, qui nous a habitués à plus de rigueur.

   Heureusement, aux côtés de David Webb (la véritable identité de Bourne) va apparaître une délicieuse analyste de la CIA. Alicia Vikander apporte son charme et son mystère à ce personnage énigmatique, qui allie l'ambition à une pincée d'idéalisme. A quel moment est-elle la plus sincère ? Le sait-elle vraiment ?

   Face à ces charismatiques gentils, on a placé une doublette de redoutables crapules : un chef de la CIA sans le moindre scrupule, secondé par un agent déterminé... et revanchard. Le premier est interprété par un Tommy Lee Jones accablé de fatigue, à tel point qu'on lui souhaite de prendre sa retraite. Jason Bourne semble penser de même. Mais, sur son chemin, il va trouver une sorte de double maléfique, un autre tueur-né, qui lui ne renie rien de ce qu'il a accompli. Dans le rôle, Vincent Cassel est excellent, jusqu'au combat final.

   Celui-ci prend place dans la dernière demi-heure, presque aussi réussie que le début. Malheureusement, entre temps, il a fallu se taper plus d'une heure d'entremets plus ou moins digestes. Les scénaristes se sont creusés la cervelle pour tenter de faire émerger de nouveaux secrets dans la vie du héros. A vrai dire, on s'en tape un peu.

   Le film souffre de deux autres défauts, un de forme et un de fond. Sur la forme, les scènes d'action sont gâchées par un montage épileptique, accumulant les micro-plans d'une demi-seconde, jusqu'à la nausée. On n'a même pas le temps de savourer ! Sur le fond, on nous ressert une vieille rengaine anti-étatique, typiquement anglo-saxonne : tout le mal vient du "gouvernement" (comprenez : l'Etat), alors que les richissimes (et tentaculaires) entreprises du net sont présentées comme des bienfaiteurs de l'humanité. Pourquoi devrait-on redouter l'intrusion de l'Etat sur la Toile et, dans le même temps, confier sans état d'âme toute sa vie privée à des marchands cupides ? De la part de quelqu'un comme Greengrass (qui a participé à l'écriture du scénario), c'est très décevant.

   Si j'étais de mauvaise humeur, je pourrais aussi passer en revue les petites incohérences des scènes d'action, de la voiture hyper-accidentée où aucun air-bag ne se déclenche à l'agent touché par une balle, perdant du sang, qui trouve le moyen d'enchaîner un rallye, un semi-marathon et trois rounds de lutte... en ne saignant presque plus. Trop fort, ce Jason !

   Il reste que les scènes d'action sont prenantes, malgré la musique un peu trop présente. A voir un soir, pour digérer un bon repas.

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dimanche, 11 septembre 2016

Infiltrator

   Une histoire vraie, l'ambiance des années 1980, un jeune réalisateur déjà remarqué pour un film de genre (La Défense Lincoln) et une pléiade de bons acteurs : voilà les ingrédients de ce polar tendu comme un string trop serré.

   De quoi s'agit-il ? De la traque d'un cartel de la drogue (pas n'importe lequel : celui du Colombien Pablo Escobar) par la police américaine. Comme le titre l'indique, pour démanteler le réseau (qui va du "patron" aux dealers, en passant par des banquiers, des entrepreneurs et des porte-flingue), deux policiers vont l'infiltrer. Ils forment un duo improbable, alliant l'eau et le feu. Bob Mazur (Bryan Cranston, vu récemment dans Dalton Trumbo) est un flic expérimenté, à l'ancienne... et attaché aux "valeurs" : il ne profite pas de ses missions pour se taper des prostituées et ne semble pas toucher à la drogue. Emir Abreu (John Leguizamo, acteur fétiche de Brad Furman... et connu pour être la voix américaine de Sid, dans L'Age de glace) est un chien fou, qu'on pourrait aisément confondre avec certaines des personnes qu'il poursuit.

   La bonne surprise est que, dans ce qui aurait pu n'être qu'un énième "film de mecs", on ait travaillé les personnages féminins. Si l'épouse de Bob passe souvent au second plan, la nouvelle partenaire du policier va jouer un rôle déterminant dans l'intrigue. Elle est incarnée par Diane Kruger... qui m'a épaté. De manière générale, je suis agréablement surpris par l'éclectisme de cette actrice, qui joue aussi bien dans des grosses productions grand public (Troie, Benjamin Gates, Sans Identité) que dans films plus risqués (Lascars, Les Adieux à la reine, Maryland). Comme j'ai pu voir le film en version originale sous-titrée, à Rodez, j'ai pu constater qu'elle tient la dragée haute à ses collègues masculins.

   Deux autres personnages féminins ont attiré mon attention : Gloria, l'épouse de l'un des associés d'Escobar, et Bonni Tischler, la directrice des opérations antidrogue, une femme à poigne qui a su s'imposer dans un monde encore très masculin à l'époque. La première est interprétée par Elena Ayana, que le public français a pu découvrir dans Mesrine, l'instinct de mort. Amy Ryan, qui joue la seconde, est plus connue. Elle a notamment été à l'affiche de Green Zone et de Birdman. Ici, on la voit mener à la baguette son petit monde de flics de terrain et de bureaucrates. Elle ne manie pas la langue de bois, adoptant parfois un langage très imagé. J'ai en mémoire le moment où elle s'adresse au héros (Bob), qu'elle accepte de soutenir dans son opération alambiquée. En descendant un escalier, elle lui demande de lui prouver qu'elle a "branlé la bonne bite" !

   C'est d'ailleurs l'une des qualités de ce film (très écrit) : les dialogues, souvent percutants, mais qui tombent juste aussi dans les scènes de transition. Si l'on ajoute à cela une mise en scène rythmée et une musique entraînante, on arrive à un très bon divertissement, nourri d'une forte tension : même si l'on sait dès le départ que l'opération a réussi, on va découvrir petit à petit quels sont les dégâts collatéraux. Sans tomber dans le travers de nombre de films du même genre (qui cirent les pompes des mafieux), Infiltrator fait quand même comprendre que ce cartel, où sévissent majoritairement d'impitoyables ordures, est aussi composé d'êtres humains. Les policiers infiltrés vont les approcher d'un peu trop près...

   ... Et, pour une fois, c'est bon d'assister à un spectacle où ce sont les flics qui roulent les truands dans la farine, et pas l'inverse !

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Infiltrator

   Une histoire vraie, l'ambiance des années 1980, un jeune réalisateur déjà remarqué pour un film de genre (La Défense Lincoln) et une pléiade de bons acteurs : voilà les ingrédients de ce polar tendu comme un string trop serré.

   De quoi s'agit-il ? De la traque d'un cartel de la drogue (pas n'importe lequel : celui du Colombien Pablo Escobar) par la police américaine. Comme le titre l'indique, pour démanteler le réseau (qui va du "patron" aux dealers, en passant par des banquiers, des entrepreneurs et des porte-flingue), deux policiers vont l'infiltrer. Ils forment un duo improbable, alliant l'eau et le feu. Bob Mazur (Bryan Cranston, vu récemment dans Dalton Trumbo) est un flic expérimenté, à l'ancienne... et attaché aux "valeurs" : il ne profite pas de ses missions pour se taper des prostituées et ne semble pas toucher à la drogue. Emir Abreu (John Leguizamo, acteur fétiche de Brad Furman... et connu pour être la voix américaine de Sid, dans L'Age de glace) est un chien fou, qu'on pourrait aisément confondre avec certaines des personnes qu'il poursuit.

   La bonne surprise est que, dans ce qui aurait pu n'être qu'un énième "film de mecs", on ait travaillé les personnages féminins. Si l'épouse de Bob passe souvent au second plan, la nouvelle partenaire du policier va jouer un rôle déterminant dans l'intrigue. Elle est incarnée par Diane Kruger... qui m'a épaté. De manière générale, je suis agréablement surpris par l'éclectisme de cette actrice, qui joue aussi bien dans des grosses productions grand public (Troie, Benjamin Gates, Sans Identité) que dans films plus risqués (Lascars, Les Adieux à la reine, Maryland). Comme j'ai pu voir le film en version originale sous-titrée, à Rodez, j'ai pu constater qu'elle tient la dragée haute à ses collègues masculins.

   Deux autres personnages féminins ont attiré mon attention : Gloria, l'épouse de l'un des associés d'Escobar, et Bonni Tischler, la directrice des opérations antidrogue, une femme à poigne qui a su s'imposer dans un monde encore très masculin à l'époque. La première est interprétée par Elena Ayana, que le public français a pu découvrir dans Mesrine, l'instinct de mort. Amy Ryan, qui joue la seconde, est plus connue. Elle a notamment été à l'affiche de Green Zone et de Birdman. Ici, on la voit mener à la baguette son petit monde de flics de terrain et de bureaucrates. Elle ne manie pas la langue de bois, adoptant parfois un langage très imagé. J'ai en mémoire le moment où elle s'adresse au héros (Bob), qu'elle accepte de soutenir dans son opération alambiquée. En descendant un escalier, elle lui demande de lui prouver qu'elle a "branlé la bonne bite" !

   C'est d'ailleurs l'une des qualités de ce film (très écrit) : les dialogues, souvent percutants, mais qui tombent juste aussi dans les scènes de transition. Si l'on ajoute à cela une mise en scène rythmée et une musique entraînante, on arrive à un très bon divertissement, nourri d'une forte tension : même si l'on sait dès le départ que l'opération a réussi, on va découvrir petit à petit quels sont les dégâts collatéraux. Sans tomber dans le travers de nombre de films du même genre (qui cirent les pompes des mafieux), Infiltrator fait quand même comprendre que ce cartel, où sévissent majoritairement d'impitoyables ordures, est aussi composé d'êtres humains. Les policiers infiltrés vont les approcher d'un peu trop près...

   ... Et, pour une fois, c'est bon d'assister à un spectacle où ce sont les flics qui roulent les truands dans la farine, et pas l'inverse !

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samedi, 10 septembre 2016

Ben-Hur

   C'est l'un des remakes les plus attendus du cinéma, avec un enjeu énorme : l'introduction des effets numériques permettra-t-elle de sublimer l'histoire déjà formidablement mise en scène par William Wyler en 1959 ? C'est le pari pris par la MGM, qui a produit les deux longs-métrages. Aux manettes se trouve Timur Bekmambetov, un habile faiseur (passé par la publicité), auquel on doit notamment l'étonnant Unfriended.

   Sur le plan de la dynamique, le film tient ses promesses. Evidemment, on l'attendait au tournant de la course de chars... et l'on n'est pas déçu. Celle-ci constitue l'une des dernières séquences, mais on en a un avant-goût au tout début et un peu plus tard dans l'histoire. D'un point de vue technique, on notera que les effets spéciaux ont été utilisés pour rendre la course à la fois spectaculaire et réaliste. On n'a pas cherché à faire des chars des machines de guerre, dotés d'une multitude de gadgets plus ou moins autorisés. Non, ici, ce sont la vitesse et les chocs qui rythment l'action. Soulignons aussi le gros travail des cascadeurs et des dresseurs de chevaux.

   Ce n'est pas la seule séquence spectaculaire de l'histoire. La première met aussi en scène des chevaux, lors d'une course entre les jeunes Ben-Hur et Messala. Les vues aériennes sont superbes. La seconde se déroule en mer, lors d'un combat entre la flotte romaine et des Grecs. Ben-Hur se trouve en cale, attaché à une rame (il a été condamné aux galères). C'est puissant à la fois sur le plan de la représentation de la tactique militaire (même si ce n'est pas aussi brillant que dans 300 - La Naissance d'un empire) et sur le plan de l'ambiance à l'intérieur du bateau. On a aussi droit à quelques plans superbes pris sous l'eau.

   J'ajoute à cela les vues de la Jérusalem antique (une bourgade italienne, en réalité), en particulier celles qui ont été prises du dessus. Elles mettent en valeur le rocher sur lequel la cité s'est implantée et les mouvements de foule dans les rues étroites. L'arrivée de la légion romaine dans la ville sainte est particulièrement impressionnante.

   On avait donc les ingrédients constitutifs d'un grand film. Malheureusement, l'interprétation n'est pas au niveau, tout comme la direction d'acteurs, à mon avis. Les interprètes de Ben-Hur et de Messala ont un jeu stéréotypé et, dès qu'une scène intime émerge, on voit leurs limites. Par contraste, les actrices m'ont paru nettement meilleures, en particulier Nazanin Boniadi, qui incarne Esther. C'est la révélation du film. Du côté des déceptions masculines, on peut ajouter Pilou Asbaek, pas très bon en Ponce Pilate ou encore Morgan Freeman, pas franchement mauvais, mais dont la propension à jouer les vieux sages commence à lasser.

   Un aspect de l'histoire semble avoir dérangé certains spectateurs : l'apologétique chrétienne, vaguement présente dans les trois premiers quarts de l'intrigue, déterminante dans la dernière demi-heure. Elle fait partie intégrante du roman d'origine... tout comme de l'adaptation de William Wyler. Alors, on aime ou on n'aime pas, mais, au moins, c'est un discours religieux qui prône la paix au lieu de la violence, une leçon que pas mal de croyants (de toutes origines) feraient bien de retenir.

   Je suis sorti de là plutôt satisfait. En dépit de ses limites, le film constitue un bon divertissement.

11:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Ben-Hur

   C'est l'un des remakes les plus attendus du cinéma, avec un enjeu énorme : l'introduction des effets numériques permettra-t-elle de sublimer l'histoire déjà formidablement mise en scène par William Wyler en 1959 ? C'est le pari pris par la MGM, qui a produit les deux longs-métrages. Aux manettes se trouve Timur Bekmambetov, un habile faiseur (passé par la publicité), auquel on doit notamment l'étonnant Unfriended.

   Sur le plan de la dynamique, le film tient ses promesses. Evidemment, on l'attendait au tournant de la course de chars... et l'on n'est pas déçu. Celle-ci constitue l'une des dernières séquences, mais on en a un avant-goût au tout début et un peu plus tard dans l'histoire. D'un point de vue technique, on notera que les effets spéciaux ont été utilisés pour rendre la course à la fois spectaculaire et réaliste. On n'a pas cherché à faire des chars des machines de guerre, dotés d'une multitude de gadgets plus ou moins autorisés. Non, ici, ce sont la vitesse et les chocs qui rythment l'action. Soulignons aussi le gros travail des cascadeurs et des dresseurs de chevaux.

   Ce n'est pas la seule séquence spectaculaire de l'histoire. La première met aussi en scène des chevaux, lors d'une course entre les jeunes Ben-Hur et Messala. Les vues aériennes sont superbes. La seconde se déroule en mer, lors d'un combat entre la flotte romaine et des Grecs. Ben-Hur se trouve en cale, attaché à une rame (il a été condamné aux galères). C'est puissant à la fois sur le plan de la représentation de la tactique militaire (même si ce n'est pas aussi brillant que dans 300 - La Naissance d'un empire) et sur le plan de l'ambiance à l'intérieur du bateau. On a aussi droit à quelques plans superbes pris sous l'eau.

   J'ajoute à cela les vues de la Jérusalem antique (une bourgade italienne, en réalité), en particulier celles qui ont été prises du dessus. Elles mettent en valeur le rocher sur lequel la cité s'est implantée et les mouvements de foule dans les rues étroites. L'arrivée de la légion romaine dans la ville sainte est particulièrement impressionnante.

   On avait donc les ingrédients constitutifs d'un grand film. Malheureusement, l'interprétation n'est pas au niveau, tout comme la direction d'acteurs, à mon avis. Les interprètes de Ben-Hur et de Messala ont un jeu stéréotypé et, dès qu'une scène intime émerge, on voit leurs limites. Par contraste, les actrices m'ont paru nettement meilleures, en particulier Nazanin Boniadi, qui incarne Esther. C'est la révélation du film. Du côté des déceptions masculines, on peut ajouter Pilou Asbaek, pas très bon en Ponce Pilate ou encore Morgan Freeman, pas franchement mauvais, mais dont la propension à jouer les vieux sages commence à lasser.

   Un aspect de l'histoire semble avoir dérangé certains spectateurs : l'apologétique chrétienne, vaguement présente dans les trois premiers quarts de l'intrigue, déterminante dans la dernière demi-heure. Elle fait partie intégrante du roman d'origine... tout comme de l'adaptation de William Wyler. Alors, on aime ou on n'aime pas, mais, au moins, c'est un discours religieux qui prône la paix au lieu de la violence, une leçon que pas mal de croyants (de toutes origines) feraient bien de retenir.

   Je suis sorti de là plutôt satisfait. En dépit de ses limites, le film constitue un bon divertissement.

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vendredi, 09 septembre 2016

Un Petit Boulot

   C'est Michel Blanc (à la fois acteur et scénariste) qui a assumé le gros de la promo de ce film de Pascal Chaumeil, sorti après le décès prématuré de celui-ci. Ce faux polar est une comédie satirique, avec un fond social bien inséré dans l'intrigue.

   C'est donc (pour moi) une bonne surprise, notamment en raison de la qualité de l'interprétation. Michel Blanc assure dans le rôle de l'entrepreneur aux méthodes louches, qui a déjà fait de la prison, mais qui, depuis, parvient à filer entre les doigts de la police. Face à lui, Romain Duris est vraiment très bon en ouvrier au chômage, quitté par sa femme et sur le point de perdre pied.

   Ces deux têtes d'affiche sont épaulées par une brochette de bons seconds rôles. Gustave Kervern n'en fait pas trop en gérant de station service sympa mais dépressif. On sent que, derrière, la direction d'acteurs a oeuvré pour qu'il ne tombe pas l'interprétation caricaturale à laquelle il se laisse trop souvent aller. Alex Lutz est une révélation pour moi. Il incarne Brecht, le cadre commercial envoyé par la maison mère pour redresser l'établissement. On sent l'ancien étudiant d'école de commerce ambitieux et pas du tout en empathie avec ses collègues. Son personnage est quand même un peu travaillé : il est plus froid que haineux... et, quand il est seul en voiture, il écoute une chanteuse pour midinettes !

   Deux autres comédiens tirent leur épingle du jeu : Charlie Dupont (très crédible en copain crétin) et Philippe Grand'Henry (en homme de main dont on a du mal à savoir s'il est très con ou très malin).

   Du côté des dames émerge Anita, agent administratif du commissariat local... et joueuse de billard émérite. Comme elle est interprétée par la superbe Alice Belaïdi (remarquée naguère dans Radiostars), elle tape dans l'oeil du héros... qui s'engage pourtant dans une carrière de criminel !

   C'est l'un des intérêts de ce film, qui n'hésite pas à manier les paradoxes, au service d'une comédie limite déjantée, qui ne se refuse rien. Voici donc l'ex-chômeur (devenu travailleur précaire) engagé par un truand. Lui qui pense au départ n'avoir pas les tripes pour exécuter un contrat va découvrir que, non seulement il a les nerfs pour ce genre de boulot, mais qu'en plus il a des aptitudes qui le rendent très efficace ! Et quand survient un imprévu (c'est-à-dire très trouvent) ou lorsqu'il commet une maladresse (un petit peu moins souvent), il arrive à trouver une solution. Cela nous vaut les meilleures séquences du film, vraiment très cocasses.

   Cela donne un ensemble plutôt inclassable, parfois immoral... et assez jouissif.

11:51 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Un Petit Boulot

   C'est Michel Blanc (à la fois acteur et scénariste) qui a assumé le gros de la promo de ce film de Pascal Chaumeil, sorti après le décès prématuré de celui-ci. Ce faux polar est une comédie satirique, avec un fond social bien inséré dans l'intrigue.

   C'est donc (pour moi) une bonne surprise, notamment en raison de la qualité de l'interprétation. Michel Blanc assure dans le rôle de l'entrepreneur aux méthodes louches, qui a déjà fait de la prison, mais qui, depuis, parvient à filer entre les doigts de la police. Face à lui, Romain Duris est vraiment très bon en ouvrier au chômage, quitté par sa femme et sur le point de perdre pied.

   Ces deux têtes d'affiche sont épaulées par une brochette de bons seconds rôles. Gustave Kervern n'en fait pas trop en gérant de station service sympa mais dépressif. On sent que, derrière, la direction d'acteurs a oeuvré pour qu'il ne tombe pas l'interprétation caricaturale à laquelle il se laisse trop souvent aller. Alex Lutz est une révélation pour moi. Il incarne Brecht, le cadre commercial envoyé par la maison mère pour redresser l'établissement. On sent l'ancien étudiant d'école de commerce ambitieux et pas du tout en empathie avec ses collègues. Son personnage est quand même un peu travaillé : il est plus froid que haineux... et, quand il est seul en voiture, il écoute une chanteuse pour midinettes !

   Deux autres comédiens tirent leur épingle du jeu : Charlie Dupont (très crédible en copain crétin) et Philippe Grand'Henry (en homme de main dont on a du mal à savoir s'il est très con ou très malin).

   Du côté des dames émerge Anita, agent administratif du commissariat local... et joueuse de billard émérite. Comme elle est interprétée par la superbe Alice Belaïdi (remarquée naguère dans Radiostars), elle tape dans l'oeil du héros... qui s'engage pourtant dans une carrière de criminel !

   C'est l'un des intérêts de ce film, qui n'hésite pas à manier les paradoxes, au service d'une comédie limite déjantée, qui ne se refuse rien. Voici donc l'ex-chômeur (devenu travailleur précaire) engagé par un truand. Lui qui pense au départ n'avoir pas les tripes pour exécuter un contrat va découvrir que, non seulement il a les nerfs pour ce genre de boulot, mais qu'en plus il a des aptitudes qui le rendent très efficace ! Et quand survient un imprévu (c'est-à-dire très trouvent) ou lorsqu'il commet une maladresse (un petit peu moins souvent), il arrive à trouver une solution. Cela nous vaut les meilleures séquences du film, vraiment très cocasses.

   Cela donne un ensemble plutôt inclassable, parfois immoral... et assez jouissif.

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dimanche, 04 septembre 2016

Hôtel Singapura

   Cet étonnant film singapourien est signé Eric Khoo, auteur il y a quelques années de Tatsumi et récemment producteur du formidable Apprentice. Il prend la forme d'une série de sketchs, autant de coups de projecteur sur une période de la vie de cet hôtel. Attention toutefois : on commence par la fin, avant qu'un grand retour en arrière ne nous fasse découvrir l'histoire de l'établissement.

   On commence en 1942, lorsque les Japonais mettent la main sur ce qui est une possession britannique réputée imprenable. Dans la suite numéro 27 (qui va servir de cadre à toute l'intrigue), deux hommes discutent de la situation militaire... mais aussi de leur relation intime. C'est délicatement filmé et interprété.

   On passe ensuite à la deuxième moitié des années 1940, après le départ des Japonais. C'est la séquence la plus drôle... et néanmoins très ambiguë. Je ne sais toujours pas à quel degré il faut l'interpréter : le premier ? le deuxième ? le troisième ?... le douzième ? On découvre un groupe de prostituées, cornaquées par une maîtresse femme, qui va leur enseigner comment prendre le contrôle des hommes en utilisant leur corps. Après cette séquence, on ne voit plus le tennis de table de la même manière !

   Les années 1960 constituent une étape-clé. On y rencontre les personnages qui vont devenir le fil rouge... l'un d'entre eux ayant été entraperçu auparavant, si l'on a été attentif. La tonalité est festive (et un brin irresponsable), autour de la thématique "sexe, drogue et rock'n'roll".

   La période suivante nous plonge dans davantage d'ambiguïté, avec un nouveau couple masculin... encore que... il n'est pas simple de déterminer l'identité sexuelle de l'un d'entre eux, une question qui est d'ailleurs au coeur de cette petite histoire (qui ne m'a pas vraiment emballé).

   Les Japonais sont de retour dans les séquences suivantes, ou plutôt une Japonaise, d'abord jeune et belle épouse d'un homme riche auprès duquel elle s'ennuie. Du coup, elle profite d'une escale singapourienne pour se taper un jeune Apollon local. Hélas, on tombe assez rapidement dans les clichés. Les étreintes de ces deux corps magnifiques semblent avoir été tournées sur de la pellicule glacée. C'est techniquement réussi, mais cela manque d'âme. On revoit cette Japonaise à deux reprises, la dernière fois beaucoup plus âgée, dans une séquence de prime abord sordide, mais qui surprend agréablement.

   Un autre moment marquant est celui qui met en scène deux jeunes adultes (amis), un homme et une femme. On comprend assez vite qu'elle sort d'une rupture difficile... mais qu'elle a coutume de trouver facilement de quoi se consoler. Lui est le confident, un peu coincé. Là encore, on n'est pas loin de tomber dans les clichés, mais le thème du renversement contemporain des rôles amoureux est intéressant, avec, en bonus, l'intervention d'un fantôme !

   L'histoire ne se termine pas dans le présent... mais dans un futur proche. Je n'en dis pas plus. Même si l'ensemble est inégal, le film est attachant, la plus belle histoire d'amour étant celle qui semble ne pas devoir se concrétiser.

13:11 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Hôtel Singapura

   Cet étonnant film singapourien est signé Eric Khoo, auteur il y a quelques années de Tatsumi et récemment producteur du formidable Apprentice. Il prend la forme d'une série de sketchs, autant de coups de projecteur sur une période de la vie de cet hôtel. Attention toutefois : on commence par la fin, avant qu'un grand retour en arrière ne nous fasse découvrir l'histoire de l'établissement.

   On commence en 1942, lorsque les Japonais mettent la main sur ce qui est une possession britannique réputée imprenable. Dans la suite numéro 27 (qui va servir de cadre à toute l'intrigue), deux hommes discutent de la situation militaire... mais aussi de leur relation intime. C'est délicatement filmé et interprété.

   On passe ensuite à la deuxième moitié des années 1940, après le départ des Japonais. C'est la séquence la plus drôle... et néanmoins très ambiguë. Je ne sais toujours pas à quel degré il faut l'interpréter : le premier ? le deuxième ? le troisième ?... le douzième ? On découvre un groupe de prostituées, cornaquées par une maîtresse femme, qui va leur enseigner comment prendre le contrôle des hommes en utilisant leur corps. Après cette séquence, on ne voit plus le tennis de table de la même manière !

   Les années 1960 constituent une étape-clé. On y rencontre les personnages qui vont devenir le fil rouge... l'un d'entre eux ayant été entraperçu auparavant, si l'on a été attentif. La tonalité est festive (et un brin irresponsable), autour de la thématique "sexe, drogue et rock'n'roll".

   La période suivante nous plonge dans davantage d'ambiguïté, avec un nouveau couple masculin... encore que... il n'est pas simple de déterminer l'identité sexuelle de l'un d'entre eux, une question qui est d'ailleurs au coeur de cette petite histoire (qui ne m'a pas vraiment emballé).

   Les Japonais sont de retour dans les séquences suivantes, ou plutôt une Japonaise, d'abord jeune et belle épouse d'un homme riche auprès duquel elle s'ennuie. Du coup, elle profite d'une escale singapourienne pour se taper un jeune Apollon local. Hélas, on tombe assez rapidement dans les clichés. Les étreintes de ces deux corps magnifiques semblent avoir été tournées sur de la pellicule glacée. C'est techniquement réussi, mais cela manque d'âme. On revoit cette Japonaise à deux reprises, la dernière fois beaucoup plus âgée, dans une séquence de prime abord sordide, mais qui surprend agréablement.

   Un autre moment marquant est celui qui met en scène deux jeunes adultes (amis), un homme et une femme. On comprend assez vite qu'elle sort d'une rupture difficile... mais qu'elle a coutume de trouver facilement de quoi se consoler. Lui est le confident, un peu coincé. Là encore, on n'est pas loin de tomber dans les clichés, mais le thème du renversement contemporain des rôles amoureux est intéressant, avec, en bonus, l'intervention d'un fantôme !

   L'histoire ne se termine pas dans le présent... mais dans un futur proche. Je n'en dis pas plus. Même si l'ensemble est inégal, le film est attachant, la plus belle histoire d'amour étant celle qui semble ne pas devoir se concrétiser.

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samedi, 27 août 2016

La Chanson de l'éléphant

   C'est une chanson douce que lui chantait sa maman... en français, d'où l'intérêt de voir ce film en version originale sous-titrée, les rares dialogues dans la langue de Molière revêtant une importance particulière. Lui, c'est Michael, pensionnaire très perturbé mentalement d'un drôle d'asile, dans les années 1960. Il semble avoir souffert du manque d'affection de sa mère. Il semble aussi cacher quelques secrets. Les différents médecins qui l'ont examiné en ont percé quelques-uns... mais ce n'est pas le cas du psychiatre qui commence à l'interroger : ayant oublié ses lunettes, il n'a pas pu lire le dossier de ce patient exceptionnel auparavant.

   Trois temporalités s'entrecroisent dans l'intrigue : celle de l'enfance du patient, celle de son examen par le psychiatre et celle des entretiens réalisés un peu plus tard, pour une raison qu'on finira par découvrir. Ce puzzle se suit agréablement, notamment en raison de la qualité de l'interprétation : le chevronné Bruce Greenwood (vu récemment dans Good Kill et Truth) incarne le psy, Catherine Keener l'infirmière principale (qui est aussi son ex-femme) et Xavier Dolan le patient très spécial. Il nous gratifie d'un joli numéro (même si, parfois, il m'a donné l'impression d'avoir un peu trop regardé la série Esprits criminels). Est-il juste un jeune homme perturbé, ou bien un dangereux psychopathe ? Est-il une victime ou un prédateur ? Et qu'est devenu le médecin qui le suivait et qui a soudainement disparu de l'hôpital ?

   J'ai bien aimé l'aspect policier de l'intrigue. Cela compense certaines grosses ficelles : on voit très vite que le psy se fait manipuler par le patient et l'infirmière est un peu trop réduite au rôle de spectatrice impuissante. (Ben sinon l'histoire se serait arrêtée beaucoup plus tôt.) De manière générale, je trouve que les personnages féminins ne sont pas bien traités. (L'une d'entre elle est interprétée par Carrie-Anne Moss, qui, pour tous les cinéphiles, est la Trinity de Matrix.)

   A voir pour la composition des acteurs et si l'on aime l'ambiance des huis-clos.

22:52 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

La Chanson de l'éléphant

   C'est une chanson douce que lui chantait sa maman... en français, d'où l'intérêt de voir ce film en version originale sous-titrée, les rares dialogues dans la langue de Molière revêtant une importance particulière. Lui, c'est Michael, pensionnaire très perturbé mentalement d'un drôle d'asile, dans les années 1960. Il semble avoir souffert du manque d'affection de sa mère. Il semble aussi cacher quelques secrets. Les différents médecins qui l'ont examiné en ont percé quelques-uns... mais ce n'est pas le cas du psychiatre qui commence à l'interroger : ayant oublié ses lunettes, il n'a pas pu lire le dossier de ce patient exceptionnel auparavant.

   Trois temporalités s'entrecroisent dans l'intrigue : celle de l'enfance du patient, celle de son examen par le psychiatre et celle des entretiens réalisés un peu plus tard, pour une raison qu'on finira par découvrir. Ce puzzle se suit agréablement, notamment en raison de la qualité de l'interprétation : le chevronné Bruce Greenwood (vu récemment dans Good Kill et Truth) incarne le psy, Catherine Keener l'infirmière principale (qui est aussi son ex-femme) et Xavier Dolan le patient très spécial. Il nous gratifie d'un joli numéro (même si, parfois, il m'a donné l'impression d'avoir un peu trop regardé la série Esprits criminels). Est-il juste un jeune homme perturbé, ou bien un dangereux psychopathe ? Est-il une victime ou un prédateur ? Et qu'est devenu le médecin qui le suivait et qui a soudainement disparu de l'hôpital ?

   J'ai bien aimé l'aspect policier de l'intrigue. Cela compense certaines grosses ficelles : on voit très vite que le psy se fait manipuler par le patient et l'infirmière est un peu trop réduite au rôle de spectatrice impuissante. (Ben sinon l'histoire se serait arrêtée beaucoup plus tôt.) De manière générale, je trouve que les personnages féminins ne sont pas bien traités. (L'une d'entre elle est interprétée par Carrie-Anne Moss, qui, pour tous les cinéphiles, est la Trinity de Matrix.)

   A voir pour la composition des acteurs et si l'on aime l'ambiance des huis-clos.

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