jeudi, 04 septembre 2008
The clone wars
Le distributeur français n'a pas voulu traduire... alors je m'y risque : "Les guerres clones" (ou "les guerres de clones" ?)... pour dire qu'en fait ce sont des guerres menées par des clones (encadrés notamment par des Jedi... faut pas déconner !). Il s'agit de l'épisode II-bis de la saga lucassienne. On y retrouve le jeune Jedi Anakin Skywalker, se battant aux côtés d'Obi-Wan Kenobi (montré sous un jour flatteur) pour le compte de la République.
Côté graphisme (attention aux noms à consonance chinoise au générique... Lucas a créé une succursale à Singapour... et la musique est jouée par l'orchestre philharmonique de Prague, réputé certes, mais surtout nettement meilleur marché que ses homologues occidentaux !), on a voulu laisser aux principaux personnages des visages semblables à ceux des acteurs qui les ont interprétés dans les films. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement joli à regarder.
Par contre, le spectacle est assuré. Les combats sont nombreux, mis en scène avec, parfois, jusqu'à de la virtuosité. L'action se suit sans déplaisir... et on sent dans quelle mesure les contraintes scénaristiques (l'histoire de l'épisode III) ont pesé sur le choix des péripéties.
Deux trouvailles sont à relever : l'intervention (fréquente et piquante à souhait) de la jeune padawan Ahsoka Tano, fort débrouillarde et la présence (souvent comique) du rejeton de Jabba The Hutt, source inépuisable de dialogues d'une grande profondeur dramatique...
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dimanche, 24 août 2008
La tombe de l'empereur dragon
... Bon, oui, d'accord, c'est La Momie 3... Je voulais juste mettre en valeur le fait qu'en cette fin de Jeux Zolympiques, j'ai continué à m'intéresser au Pays du milieu (Zhongguo, dans la langue de Hu Jintao). Comme je n'ai pas vu les numéros 1 et 2, ce fut une totale découverte. J'y suis donc allé pour le contexte chinois, avec le personnage du premier empereur : Qin Shi Huangdi, dont le nom a inspiré les Occidentaux, "Qin" se prononçant "Tchin" (A la vôtre !), donnant finalement "Chine". Le film étant une coproduction chinoise, j'ai apprécié qu'on ne cherche pas à faire de ce fondateur de l'empire un génial précurseur sans défaut.
Ne croyez cependant pas que l'idéologie soit absente de ce sous Indiana Jones. L'action se passe en 1947, soit en pleine guerre civile entre nationalistes de Chang Kaï Shek et communistes de Mao Zedong, dans le Nord du pays plus précisément (ça tombe bien, on n'est pas loin de Xi'an !... sont déments ces scénaristes !).
Comme de bien entendu, dans le film, on ne voit pas l'ombre d'un communiste (officiellement), mais des éléments de l'armée nationaliste (des méchants grave !... mais je kiffe à donf l'officière balafrée !), qui cherchent à ressusciter le défunt empereur. Un spectateur chinois attentif comprendra néanmoins que l'armée des sans-grade (zombies eux aussi, on reste dans le trip) qui est levée par la magicienne (Michelle Yeoh, j'adore !) pour contrer Qin (Jet Li, très vilain) évoque les va nus-pieds maoïstes. Un autre cliché de la propagande communiste se retrouve à l'écran : l'image sulfureuse de Shanghaï, ville de tous les vices (mmm, c'est que ça m'excite, ça !).
Bon, à part ça, les dialogues sont faiblards, tout comme les séquences "familiales" entre nos héros occidentaux (le couplet sur les relations père-fils est à chier), l'acteur incarnant le père détenant sans doute la palme de l'inconsistance. La dilection des héros occidentaux pour les armes à feu est aussi particulièrement pesante.
Côté effets spéciaux, ça dépote, le tout se mariant assez bien avec les scènes de groupe, martiales à souhaits (et donc un peu lourdingues à la longue).
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vendredi, 22 août 2008
L'Empreinte de l'ange
Au départ, j'hésitais à aller voir ce film. Cela sentait un peu le téléfilm de France Télévision, sujet socio-psychologique à la clé. Mais c'est joué par Catherine Frot et Sandrine Bonnaire. Hier soir, je me suis retrouvé au cinéma avec le choix entre ce film, La Momie 3 et le dernier Lucchini... bof. J'ai remarqué un groupe de blaireaux qui se dirigeait vers la salle où était projeté le nouvel opus aventuro-fantastique. J'ai donc opté pour L'Empreinte de l'ange.
L'instinct maternel est l'argument du film. C'est vraiment très bien joué, y compris par les enfants. Les habitués des films français (et du théâtre) apprécieront les prestations de Wladimir Yordanoff et Michel Aumont. Le réalisateur, notamment grâce à la caméra subjective (avec en plus une belle séquence de rêve), a réussi à créer le malaise, tangible tout au long du film.
Le tout est de savoir dans quelle mesure Elsa (Catherine Frot), qui croit reconnaître sa fille supposée morte dans un incendie, est barge : un peu, beaucoup, complètement ? Je me garderai bien de dévoiler le mystère. La première partie du film tourne plutôt autour du personnage d'Elsa, alors que le dernier tiers met davantage en valeur Claire (Sandrine Bonnaire). Finalement, ce film est une bonne surprise.
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mercredi, 06 août 2008
Kung Fu Panda
Les Jeux Zolympiques approchent à pas de Tibétain cherchant à échapper aux matraques chinoises. Du coup, j'ai fait un effort, je me suis intéressé à la Chine ET au sport. Bon, comme c'est l'été et que je suis légèrement en vacances, j'ai fixé un programme modeste. Je suis donc allé voir l'un des récents succès au box office du "pays du milieu".
Ils sont quand même malins, chez Dreamworks ! Le début du film rend hommage à d'autres formes d'animations... pour bien souligner combien ce qui va suivre est plus "moderne", plus "abouti". Ce n'est pas toujours faux. Le "dessin" est très soigné. C'est toutefois un peu moins virtuose que Ratatouille, par exemple. La séquence qui voit le panda chanceux (qui se nomme "Po"... reconnaissez qu'il fallait la faire !) suivre l'entraînement rigoureux de son nouveau maître (auquel Pierre Arditi prête sa voix -avec grand talent- dans la version française) est la plus réussie, selon moi. La plus drôle est le combat final qui oppose le héros au super-méchant-qu-est-pas-du-tout-gentil.
C'est joliment fait, on se marre souvent. En fait, les potes à Spielberg nous ont concocté une version animale extrême-orientale de Shrek. Ne manque que l'intrigue sentimentale. Ne croyez pas toutefois que ce soit visible par tous. Les tout petits ne vont pas bien comprendre. Dans la salle, les trois personnes qui riaient le plus étaient des adultes (dont deux accompagnaient leur progéniture... la méga excuse pour aller voir ce genre de film, on le sait !).
Sur le fond, c'est très américain : le film est l'illustration de l'idée qu'une attitude volontariste mène au succès.
Restez pour le générique de fin : on y voit défiler des images fixes, très jolies, faisant allusion à plusieurs épisodes du film... et il y a un petit bonus au bout du bout !
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mardi, 15 juillet 2008
Hancock
C'est le genre de film propre à attirer dans les salles obscures un public bruyant, pas très bien élevé. Il convient donc de prendre ses précautions avant de choisir sa séance. Un soir de 14 juillet est tout à fait approprié, à condition que, pendant la projection, se déroule le traditionnel feu d'artifice.
La première partie du film est très djeunse. Will Smith y incarne un antihéros, sorte de négatif de Superman : c'est un clodo alcoolique, grossier, sans gêne... Mais il est invulnérable ! C'est trop cool. Bon, comme on n'a pas voulu trop charger le personnage, on en a fait un défenseur de l'Ordre... à sa manière. J'ai trouvé les effets spéciaux vraiment tape-à-l'oeil... et pas tout à fait réussis lorsqu'il est question des envols et atterrissages du héros. Mais c'est globalement assez bien foutu... et plutôt drôle.
Je me demandais comment les scénaristes avaient fait pour tenir 1h30 sur ce schéma quand, vers la moitié du film, un coup de théâtre est survenu. Je ne vous dirai pas lequel mais sachez que cela donne une tout autre densité au film, qui prend un tour un peu plus surnaturel. Il y avait matière à un "grand" film, mais on s'est visiblement contenté de rester dans le créneau de départ.
A côté de Will Smith, on trouve Charlize Theron et Jason Bateman, excellents. La première ne cesse de me surprendre : épatante dans Monster, surprenante dans Dans la vallée d'Elah (http://lasenteurdel-esprit.hautetfort.com/archive/2007/11...), faussement classique dans Bataille à Seattle (http://lasenteurdel-esprit.hautetfort.com/archive/2008/05...). Le second est impeccable dans le rôle d'un gentil persévérant.
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mercredi, 09 juillet 2008
My father, my Lord
Vous voulez savoir à quoi ressemblent des cul bénits juifs, histoire de vérifier s'ils sont comme leurs équivalents chrétiens et musulmans, par exemple ? Eh bien, ce film est fait pour vous ! Attention toutefois : ce n'est pas un documentaire, plutôt une fiction, en partie autiobiographique... donc un brin documentaire quand même.
Ne vous attendez pas à une charge aussi virulente que caustique. L'auteur de ce film décrit les mécanismes de l'intérieur. Nous suivons donc cette famille, où tout tourne autour du rabbin prestigieux, sa femme la bonniche aux cheveux couverts (les femmes de ces olibrius vont jusqu'à porter des perruques pour ne jamais sortir tête nue !) et son fils Menahem (quelle idée de le prénommer ainsi), plutôt obéissant, pas méchant au fond, mais avide de tout connaître, et pas seulement ce que la Torah (ou l'interprétation qu'en donnent les barbus à chapeau) dit.
La partie la plus poétique du film essaie de faire sentir au spectateur cet éveil du garçon, attentif à un pigeon femelle couvant ses petits, à un chien fidèle jusqu'à la mort à sa maîtresse grabataire, un gamin attiré par la mer, symbole à la fois de sensualité et de vie, même si elle est morte (ceci est un calembour salé).
Le grand talent du film est de montrer comment, dans des actes simples de la vie quotidienne (la venue de la maman à l'école religieuse, l'échange de cartes de collection, le port de la kippa, l'observation de la nature), le jusqu'au-boutisme religieux est absurde, ridicule voire dangereux.
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mercredi, 02 juillet 2008
Bons Baisers de Bruges
In Bruges (c'est le titre original) est un film policier atypique. A une trame somme toute assez traditionnelle, noire, se superposent des considérations artistiques (sur le cinéma, le patrimoine architectural), bien insérées dans l'histoire, une romance et une constellation de petits moments d'humour.
Il est d'abord question d'un duo de tueurs, qui forment un bien étrange couple. Le plus vieux (Brendan Gleeson, parfait) se passionne pour la vieille ville, l'art religieux, alors que le plus jeune semble tourmenté par un lourd secret... qu'il cherche à oublier auprès d'une charmante dealeuse (Clémence Poésy, à croquer). Colin Farrell est très bon en jeune homme désaxé, faux dur au cœur tendre, avec deux barres de sourcils impressionnantes !
A partir du moment où le patron, Harry, intervient, la noirceur semble l'emporter sur le ton de comédie... sans que l'humour parfois abracadabrantesque disparaisse ! Le dernier quart-d'heure du film est à cet égard un véritable régal.
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lundi, 30 juin 2008
Capitaine Alatriste
C'est un grand film de cape et d'épée, à la mode espagnole, même si le rôle-titre a été attribué à Viggo Mortensen (qui doit sans doute sa maîtrise de la langue de Luis Aragones à ses années enfantines passées en Amérique du Sud). Cela se passe au XVIIe siècle, à peu près à l'époque où Alexandre Dumas a situé ses Trois mousquetaires : les pendants de Louis XIII et Richelieu sont Philippe IV et le comte-duc Olivarès. (On a même droit à la présence du duc de Buckingham !)
Ce film est d'abord d'un grand intérêt pour qui veut toucher du doigt l'influence dont a longtemps joui en Europe l'Eglise catholique en général, sa frange extrémiste en particulier. Soyez attentifs aussi au statut des femmes, à leur habillement (voile ou pas, habit d'homme ou pas...)
C'est évidemment pétri de rebondissements, romanesque à souhaits. On peut noter que les amours sont fortement contrariées. Il y a comme une ambiance de doux désespoir parfois. On se bat aussi avec courage et adresse... et le réalisateur a tenu à montrer qu'un ou plusieurs coups d'épée ne tuent pas immédiatement. La séquence du début, dans les marais de Flandre, est excellente.
La critique n'a guère aimé, mais, en gros, qu'ils aillent se faire voir ! C'est un bon spectacle, très hollywoodien certes, mais réussi.
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dimanche, 29 juin 2008
Au bout de la nuit
Los Angeles, la nuit, au crépuscule, à l'aube, c'est joli... et pourtant il s'y passe des choses pas très propres. Fort heureusement, une bande de flics sévèrement burnés est là pour remettre un peu d'ordre. Autour de Keanu Reeves et Forest Whitaker (excellents), James Ellroy a coécrit un scénario noir, très noir, mis en scène de façon nerveuse, très nerveuse, giclante parfois.
C'est donc d'une très grande violence tout en étant bien léché. A travers le personnage du "redresseur de torts" (Keanu Reeves), le propos est extrêmement ambigu. Les exécutions sommaires sont montrées comme étant la seule solution efficace face à la corruption généralisée.... tellement généralisée qu'on finit par se demander qui est plus pourri que l'autre, tout le monde étant plus ou moins "mouillé".
C'est divertissant, prenant, mais assez nauséabond sur le fond.
16:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
samedi, 28 juin 2008
Les hommes
Voilà un bien étrange documentaire, dont le titre sonne comme une antiphrase : il n'est pratiquement pas question des êtres humains dans ce film, sauf à la fin (la caméra s'est concentrée sur la quête et les gestes méthodiques des scientifiques). Le reste du temps, ils apparaissent très peu et leurs conversations ont été effacées de la bande-son. Pourtant, l'expédition scientifique qu'Ariane Michel a accompagnée au Groënland a joué un rôle important.
Les héros sont en réalité les non humains. On a les animaux : un ours polaire, vraiment magnifique bête, des morses (ça pourrait faire de sacrés vampires !), des oiseaux en veux-tu en voilà (bon moi, je suis incapable de les reconnaître, mais je suppose que les spécialistes apprécieront). Les végétaux apparaissent plutôt sur la fin, alors que le monde minéral est assez bien représenté.
Mais, d'une manière générale, le paysage est le véritable héros du documentaire. C'est très contemplatif. Pour ceux qui l'ont vu, il y a quelque chose du Grand silence.
Cela donne de longues séquences de "cinéma-carmélite". Parfois c'est réussi, on se passionne pour ce qui est montré. Parfois on se fait franchement chier. 1h30 à ce rythme, c'est un peu long. Ceci dit, c'est une expérience à tenter.
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jeudi, 26 juin 2008
Valse avec Bachir
Le Bachir en question est (était) Béchir Gémayel, chef des Phalanges libanaises, assassiné en 1982. (Son neveu, Pierre, a connu le même sort en 2006. Dans les deux cas, beaucoup y voient la main de la Syrie...) Cet assassinat a servi de prétexte au massacre de centaines de Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés au Liban. Le titre peut se comprendre de deux manières. C'est d'abord une allusion à une très belle séquence de ce docu-fiction animé, qui voit un des soldats israéliens se souvenir de sa participation à l'invasion du Liban par Tsahal. C'est aussi, de manière plus symbolique, une allusion à la collusion des officiers israéliens avec les extrémistes chrétiens libanais.
Le film s'articule autour de séquences-témoignages. Le réalisateur a rencontré des vétérans israéliens et, au lieu de les filmer, il les dessine (ou fait dessiner). Cela ressemble à des entretiens, cela a le goût d'entretiens, mais c'est plus que cela. Le dessin animé autorise les retours en arrière, la reconstitution de scènes, parfois de manière onirique. Il est question d'interpréter les rêves (les cauchemars plutôt) de ces anciens soldats qui ont refoulé leur participation à ce conflit.
Sans être aussi léché qu'une animation japonaise haut-de-gamme, le film est une grande réussite formelle. Le rêve récurrent, celui des hommes sortant de l'eau, est vraiment très marquant. La musique est bonne. C'est parfois drôle, caustique, lorsque cela prend la forme de clips vidéos : les bombardements ratés et le passage sur le film porno sont particulièrement réussis.
Reste cette violence inacceptable, celle des Phalanges libanaises. La fin du film laisse la réalité passer devant les images de fiction. L'auteur a visiblement voulu montrer ce qu'est un crime contre l'Humanité.
Une remarque : il est important de se documenter un minimum avant d'aller voir ce film. Si vous ne connaissez rien à l'histoire du Proche-Orient, vous risquez d'être un peu déroutés.


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mercredi, 25 juin 2008
Teeth
Voilà un vrai film de gonzesses ! J'en déconseille donc vivement le visionnage à ceux de mes collègues burnés qui n'ont pas les gonades solidement arrimées ! Hé, oui ! Figurez-vous que l'héroïne, qui a grandi à proximité d'une centrale nucléaire, a une dent (voire plusieurs) contre la gent masculine.
Comme tout bon film censé susciter l'effroi, celui-ci est fondé sur une sorte de morale : les méchants mecs (ceux qui ne traitent pas bien les femmes) sont punis. Le tout est montré avec un réalisme (sans que la mise en scène soit ostentatoire, ce qui est à noter : le réalisateur n'est pas un tâcheron ; il a bien construit ses plans... c'est un délice à regarder) qui m'a fait plusieurs fois porter la main aux parties génitales ! Bon, j'ai bien rigolé aussi !
Le film se veut faussement angélique. Les scènes supposées mièvres alternent avec des moments de tension. Le scénario place l'action dans le milieu blanc conservateur, fondamentaliste même. Au secours Darwin ! La mise en scène est pleine de sous-entendus, qu'il soit question d'un nouvel Eden, d'une corde à noeuds, d'une ouverture en forme de vulve dans un arbre ou encore de sortes de stalactites rocheuses, dans une grotte, formant comme la dentition d'une gueule agressive...
L'interprétation est brillante, en particulier celle de l'actrice principale, Jess Weixler (interprète de Dawn, une jeune femme à l'aube d'une nouvelle vie...), qui excelle à alterner les tempéraments (coincée bondieusarde, ado amoureuse, paumée larmoyante et lutine vengeresse).
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mardi, 24 juin 2008
Et puis les touristes
Am Ende kommen Touristen que ça s'appelle, en allemand, langue dans laquelle (avec le polonais et un soupçon d'anglais) le film a été tourné. La traduction aurait été meilleure avec un titre du genre Et, finalement, les touristes. Bon, moi je dis ça comme ça...
Sujet casse-gueule : un djeunse teuton fait son "service civil" (vous avez bien lu, amis français au civisme défaillant) à Oswiecim... Auschwitz. Il va notamment être chargé de s'occuper d'un vieux Polonais, lié au camp : c'est un ancien détenu, qui intervient devant les groupes (de jeunes, en particulier)... et qui répare des valises. Pas n'importe lesquelles : celles des anciens déportés, dont certaines sont exposées dans une vitrine du musée.
Vous vous doutez bien qu'au début, le courant ne passe pas très bien entre le vétéran souffreteux mais orgueilleux et le jeune homme bien sous tout rapport mais à la base pas emballé à l'idée de passer plusieurs mois dans ce trou polonais. L'un des attraits du film est l'évolution des relations entre ces deux personnages, du point de vue affectif mais aussi du point de vue de l'ascendant.
Notre jeune héros prend aussi contact avec des Polonais de base, notamment une guide trilingue dont il aimerait encore plus se rapprocher. (On le comprend : elle a un charme fou.) Les scènes confrontant l'Allemand à différents Polonais sont souvent comiques (en plus il ne comprend guère la langue des frères Kaczynski). Même si ce n'est pas le propos principal du film, on voit comme une fracture Nord/Sud séparer certains personnages (de surcroît une entreprise allemande a "délocalisé" en Pologne).
Le film est très profond quand il aborde la transmission du vécu des déportés. On a ici une illustration germanique du "devoir de mémoire", avec l'émotion qui l'accompagne, mais aussi ses limites et, parfois, ses incongruités. Une des premières scènes du film voit le héros passer en taxi devant l'entrée du camp, où l'on aperçoit des cars et des touristes (qui sait, peut-être en short et tongs). Il y a quelque chose d'obscène dans cette scène. Obscène aussi le désintérêt de certains jeunes, à peine réveillés par le vestige de tatouage de l'ancien déporté. Obscène enfin l'obséquiosité exagérée des représentants de cette entreprise allemande, très "politiquement corrects" mais finalement peu respectueux du vieil homme.
Le film est en partie autobiographique :
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lundi, 23 juin 2008
Quatre New-Yorkaises dans le vent
Je n'ai vu aucun épisode de la série Sex and the City. Par contre, j'en avais beaucoup entendu parler avant de me décider à voir ce film. Ce sont principalement des collègues femmes qui m'ont renseigné sur la chose. J'y suis allé en ayant deux idées en tête : les héroïnes baignent dans un milieu ultra favorisé, très fashion, et le ton est à la comédie, parfois crue dès qu'il est question de sexe.
Le film suit ce cahier des charges, en gros. J'ai donc été particulièrement agacé par le côté "pétasses" des héroïnes, obsédées par les fringues moches et chères (c'est fou la variété de godasses immondes et hors de prix qu'il existe). Je n'ai pas compté le nombre de scènes au cours desquelles une marque de produit de luxe est soit apparente (à travers un paquet notamment) soit citée par l'un des personnages, mais c'est saoulant à la longue. (Voyons néanmoins le côté positif : cela contribue peut-être à maintenir des emplois en France dans ce secteur...) Dans le genre, il est intéressant de noter que le mec idéal (pas le même pour chacune des quatre) est forcément très à l'aise financièrement. Vous ne voudriez tout de même pas qu'elles s'amourachent d'un type incapable de leur payer des vacances à Acapulco ? Ceci dit, comme elles-mêmes gagnent bien leur vie, au moins ne sont-elles pas entretenues.
Car on n'a pas voulu en faire des poufs. Elles sont sympathiques, touchantes parfois. Ma préférée est celle qui est heureuse en mariage et finit par tomber enceinte. (Charlotte, je crois.) Elle est au coeur de deux scènes très cocasses, une avec du caca (j'adooore !), l'autre avec l'ex-futur-mari de Carrie (elle finit par lui sortir la réplique qui tue... Tordant !). Par contre, il est évident que les dialoguistes y sont allés mollo avec le sexe, histoire sans doute d'éviter un avis Restricted, hyper pénalisant pour un film commercial. On a tout de même droit à quelques moments coquins autour du personnage de Samantha.
Sarah Jessica Parker semble au-dessus du lot. Elle dégage quelque chose de supplémentaire. Je ne sais pas... la forme du visage, le sourire, le regard.
Ce n'est donc pas un mauvais film, mais j'ai quand même été un peu déçu.
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vendredi, 20 juin 2008
Ken 1 (L'Ere de Raoh)
Derrière ce titre se cache l'adaptation cinématographique d'un manga, Ken le survivant, rendu célèbre jadis par feu le Club Dorothée. (Hé, oui, "je vous parle d'un temps, que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaître"...). Je crois me souvenir que sa diffusion avait été interrompue suite à des protestations vertueuses (forcément vertueuses) : le dessin animé s'était fait remarquer par son extrême violence, rendue encore plus marquante par des choix graphiques assez originaux.
Thierry Ardisson avait abordé le sujet avec Dorothée (rien qu'à voir la tronche de ces deux-là, on se dit que l'extrait ne date pas d'hier) :
http://www.youtube.com/watch?v=Q4gire1yn78
On retrouve l'esprit de la série dans ce long-métrage. Les mecs sont hyper-baraqués, avec des bras épais comme deux paires de cuisses, des abdos plaques de chocolat transgénique et le regard farouche, très farouche. On n'est pas là pour rigoler ! Si le dessin m'est apparu davantage soigné que dans l'animé, il reste des tics, comme ces plans fixes (avec un petit zoom pour faire croire au mouvement) qui permettent d'économiser le travail des dessinateurs.
Au niveau de l'histoire, il vaut mieux avoir quelques souvenirs de la série pour bien comprendre le film : les explications du début sont insuffisantes (et débitées rapidement) pour le spectateur lambda. Peut-être pour éviter l'accusation de sexisme, on a introduit un personnage féminin combatif... mais secondaire tout de même. (A quoi vous attendiez-vous, hein ?) Comme le titre l'indique, ce n'est que le premier épisode d'une série.
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lundi, 16 juin 2008
JCVD
J.C.V.D.... Bon sang, mais quoi qu'est-ce ? "Je Chie Vraiment Dur" ? "Jamais Carla ne Voudra mon Dard" ? "Joueur de Curling Vachement Débile" ? Pas du tout ! Il s'agit de Jean-Claude Vandamme (Van Varenberg de son vrai nom). C'est un mélange de fiction et de documentaire. A la base, pas de quoi m'intéresser. Pour moi, Vandamme est resté le symbole d'abord de films de blaireaux, ensuite d'une ringardise assumée à travers ses formules creuses, faussement philosophiques.
Le film joue sur les deux niveaux. Ce qui est dit et montré sur Vandamme est-il vrai ? Plus ou moins. Quand est-ce une fiction, quand est-ce la réalité ? Vandamme est-il un gros crétin ? Est-ce bien lui qui braque la banque ?
Cela commence par un joli plan séquence, une méga baston durant laquelle Jean-Claude Vandamme dézingue tous les méchants. C'est à la fois dynamique et comique, à l'image de tout le film, toujours à la limite de la parodie. C'est en noir et blanc, très joli (comme un autre film belge truculent, C'est arrivé près de chez vous, auquel il est plusieurs fois fait allusion dans le film... On peut aussi voir des références au Pulp fiction de Tarantino voire aux frères Coen). La musique est jazzy, très bien.
L'un des principaux ressorts comiques du film est le fait que l'un des gangsters auxquels Vandamme se retrouve confronté est fan de ses films. Cela crée une multitude de situations cocasses. Un autre ressort est constitué par l'accumulation de déboires de Vandamme qui, décidément, n'a pas de bol ! Autour de lui, on remarque une brochette d'acteurs hauts en couleur, avec notamment une chauffeuse de taxi belgissime et surtout en méchant très méchant bien chtarbé Zinedine Soualem comme vous ne l'avez jamais vu !
Le réalisateur est Mabrouk el Mechri. Un nom à retenir à mon avis.
Le site officiel :
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dimanche, 15 juin 2008
Phénomènes
C'est le nouveau Shyamalan. On y retrouve le procédé caractéristique de ce cinéaste : la confrontation d'individus a priori ordinaires à un élément qui semble paranormal. Le début fonctionne bien. Les suicides des ouvriers du bâtiment, en particulier, sont impressionnants. C'est (à mon avis) un écho au 11 septembre 2001 : des dizaines de personnes ont préféré sauter des deux tours plutôt que de mourir brûlées vives ou écrasées. Il paraît que les images de l'impact des corps au sol existent, mais que les autorités les ont censurées. En tout cas, cela démarre fort.
Le problème est que cela s'essouffle vite. Shyamalan sombre dans une sorte de mysticisme écologiste. Le scénario est moins bien charpenté que ce à quoi je m'attendais. Ajoutez à cela une interprétation très moyenne (pour ne pas dire mauvaise par instants... purée, où est passée la direction d'acteurs ?) et vous aurez un tableau de ce que cela donne. Je garde en mémoire des moments forts, quelques autres comiques (ah voir Mark Wahlberg parler à une plante verte... dont il s'aperçoit finalement qu'elle est en plastique, voilà qui ne manque pas de sel !), mais l'ensemble est trop inégal, décevant au final.
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samedi, 14 juin 2008
Les orphelins de Huang Shi
La critique n'a en général pas été tendre avec cette production australo-américano-chinoise. Peut-être le réalisateur n'a-t-il pas la cote ? Peut-être le style hollywoodien (assumé) de nombre de séquences a-t-il rebuté ? A la base, il s'agit d'une aventure humaine, sur fond d'invasion de la Chine par l'armée japonaise. Là-dessus se greffe un jeu amoureux pas si simple que cela.
L'interprétation est en général bonne : Chow Yun-Fat et Michelle Yeah sont excellents, tout comme Radha Mitchell (qu'on a vue chez Woody Allen il y a quelques années) ; la déception vient de Jonathan Rhys-Meyers (lui aussi remarqué chez Woody... rappelez-vous, Match point), certes joli garçon (ouais... bof), mais pas très crédible dans le rôle de ce journaliste (qui a réellement existé) entreprenant, qui va découvrir une forme d'idéalisme (il est déjà un peu boy scout à la base).
Comme c'est un photographe, le réalisateur effectue de temps à autre des arrêts sur image (en noir et blanc), très réussis ma foi (encore merci au matériel et aux techniciens). C'est correctement filmé, superbes paysages à l'appui. On n'a pas cherché à trop édulcorer : les massacres commis par l'armée japonaises sont rendus avec un réalisme certain, même si les pires horreurs ne sont pas montrées. Le souci du détail a conduit les scénaristes à présenter les divisions des Chinois (entre nationalistes et communistes). Ceci dit, le personnage de Chow Yun-Fat, un "rouge", a très peu de caractéristiques le rattachant explicitement au communisme. Il est surtout montré comme un résistant.
J'ai ri grâce aux orphelins, en particulier lors de la séquence de l'épouillage, où le ridicule du nouvel arrivant est utilisé pour "faire passer la poudre"... Les gamins font les cons, assez plaisamment ma foi. Plus loin dans le film, une petite bataille de boules de neige produit le même effet. D'un autre côté, le basculement de la majorité des enfants, de l'oisiveté au travail productif dans l'intérêt de tous, est mis en scène avec subtilité.
Evidemment, deux des personnages finissent par coucher ensemble (mais ça met du temps). A plusieurs reprises, j'ai été émouvé, je le reconnais. Globalement, ça marche, quoi.
Une remarque pratique pour terminer. J'ai vu le film en version originale sous-titrée à Paris, au cinéma Le Bretagne , situé dans le quartier Montparnasse. Je ne vous le recommande pas. On a laissé entrer des retardataires jusqu'à plus d'un quart d'heure après le début du film (pas le début de la séance, hein !). Vous me direz, vu que cela dure 2 heures, la gêne n'est pas si grande. Ben ça fait chier quand même ! (Surtout quand la place est à près de 10 euros !)
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vendredi, 13 juin 2008
Le film que je n'ai pas pu voir
De passage à Paris pour le boulot, je me suis réjoui d'avance des soirées cinéphiliques que je pourrais m'offrir. Mercredi dernier donc, j'avais prévu de voir Ezra, un film nigérian sur les enfants-soldats. J'avais choisi ce jour-là parce que les places sont moins chères (ben oui, je suis un peu aveyronnais sur les bords) et parce qu'une séance était prévue à 22h.
Vient le mercredi. En fin d'après-midi, je sors du boulot, tranquillement, je rentre à l'hôtel, je fais une petite toilette (oui, tout de même, je ne suis pas un gros porc) puis je vais me sustenter. Sur les coups de 21h15, je commence ma promenade digestive en direction de la place Saint-Michel, où se trouve le cinéma qui programme Ezra. Les moins jeunes savent qu'il s'agit du cinéma qui a été victime d'un incendie criminel lors de la sortie du film La dernière tentation du Christ, en 1988. Pour se rafraîchir la mémoire, ou en savoir plus :
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&a...
J'arrive vers 21h40. Sur la place, à côté, une bande de djeunses de lieue-ban fait un petit show sur de la musique moderne. Un petit attroupement se forme. Les voitures de police qui passent ont d'autres chats à fouetter que la diffusion illégale de chansons non libres de droits. Le problème est que je suis tout seul devant la caisse ! Les spectateurs de la séance précédente sortent. La caissière me fait remarquer que, si je suis l'unique client pour celle de 22h, elle ne lancera pas le film. Du coup, durant les dix minutes qui suivent, j'observe avec une attention toute particulière les passants qui regardent les affiches. Vient le moment fatidique : je suis toujours seul ! La caissière ferme... et je me retrouve grosjean comme devant !
19:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, detout et de rien
jeudi, 05 juin 2008
Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal
Un soir de semaine, l'affluence est moindre. Ces deux heures et quelque permettent de digérer confortablement. Ceux qui ont aimé les précédents retrouveront avec plaisir l'humour et le côté "roman d'aventures" qui font le charme de la série. J'aime bien la séquence qui se déroule dans le bar des années 1950, avec les mecs du KGB qui surveillent Indy en train de converser avec celui dont il ne sait pas encore qu'il est son fils. Le tout se termine avec une baston fort bien déclenchée. Très drôle aussi est la poursuite automobile (en forêt) qui voit le fiston, tiraillé entre deux véhicules (mmm, ça mériterait une psychanalyse, ça) se prendre une foule de végétaux dans les burnes !
Le lien fait entre archéologie et science-fiction est toujours aussi intéressant. Les amateurs du genre reconnaîtront les références à la bande dessinée Martin Mystère (dont j'ai appris récemment qu'elle faisait l'objet d'une adaptation en animé, actualisée pour les djeunses...). Le principal atout de ce nouvel opus est le personnage interprété par Cate Blanchett. Elle est très belle, très intelligente, très russe, très bolchevique, très impitoyable... très bandante au fond. J'adore la manière avec laquelle elle écrase une fourmi rouge entre ses jambes ! (Ah, ces bottes de couiiirrr !!)
Justement, cette séquence dite "des fourmis rouges" est de toute beauté, avec quelques plans particulièrement intéressants (notamment celui qui voit un méchant très costaud se faire emporter par la masse d'insectes). Je reproche néanmoins à Spielberg de vouloir trop en faire : les effets spéciaux sont d'un tape-à-l’œil parfois ! De surcroît, le critère de vraisemblance ne semble pas avoir été très présent à l'esprit des scénaristes. Jamais les héros, sur lesquels quelques centaines de balles sont tirées, ne reçoivent la moindre égratignure. Jamais ils ne se plantent à l'occasion de l'une des nombreuses cascades auxquelles ils se livrent pour échapper aux "méchants". Et je ne parle pas de ces bagarres qui s'éternisent, avec un Indiana qui se relève de tous les gigantesques pains qu'on peut lui administrer ! (Pensez qu'en plus il survit à une explosion atomique... Quand on vous dit qu'il a des gonades en béton armé !)
Parlons un peu de lui pour terminer. Je n'ai pas revu les films précédents. J'en suis donc resté à l'impression laissée sur moi par le numéro 3, marqué par la présence de Sean Connery. Ben je trouve qu'Harrison Ford a terriblement vieilli. Il se traîne, le pauvre. Alors, le réalisateur essaie de compenser le statisme de l'acteur par la diversité des plans, mais cela ne convainc qu'à moitié.
Ford vieillissant (un peu comme le Willis de Die Hard, qui s'en sort cependant mieux pour l'instant, mais qu'on a affublé d'une fi-fille très dynamique), on nous prépare la relève. Je sens que le numéro 5 va voir le passage de relais entre Papa Jones (devenu papy) et Fiston Jones. Pour que cela réussisse, il faudra épaissir le personnage de ce dernier, pour l'instant assez superficiel.
21:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
samedi, 24 mai 2008
Iron Man
Voici le premier super-héros bling bling : c'est un play-boy cynique et surdoué (marchand d'armes de surcroît... Lord of war n'est pas très loin), gosse de riches, harcelé par une horde de potiches friquées, qui porte des lunettes sombres pour ne pas voir la nuit et roule dans des bagnoles moches mais très chères et qui vont vite. Robert Downey Junior (parfait dans le rôle... entre deux cures de désintox et après quelques séances de muscu) se donne à fond. Il est très bien entouré, notamment par la ravissante, la discrète, l'efficace assistante (Gouinette Pas-trop, délicieuse... mais perchée sur des godasses immondes), forcément amoureuse de son patron, forcément dévouée. Un couple archi-classique, mais qui fonctionne bien.
Les 45 premières minutes sont excellentes. Le héros découvre qu'en vendant des armes on peut faire du mal... surtout si ce sont des pas-gentils qui mettent le grappin dessus. A la séquence de démonstration, encore bling bling, succède l'attaque (y a du virtuose à la réalisation, moi je vous le dis) puis la détention. On a droit à un portrait de groupe de talibans et autres djihadistes. C'est criant de vérité... à ceci près que cela conforte en certains points les préjugés de base du spectateur ricain : ils sont quand même un peu crétins ces islamistes ! (Vous noterez au passage le keffieh porté en écharpe par le chef... pas une invention totale... mais lui accorder une telle importance dans le costume n'est pas innocent.) Tout cela se termine par une baston générale, qui voit les malins Occidentaux niquer leur race aux méchants islamistes. Je vous parais peut-être légèrement sarcastique, mais sachez que le film est truffé d'ironie, à la fois dans les dialogues (dès que Downey-Stark est dans les parages) et les péripéties (les débuts de l'apprenti homme-volant sont assez comiques). Tout ce qui précède me conduit à déconseiller ce film aux plus jeunes : c'est trop violent et ils ne comprendront pas nombre de "piques" d'adultes.
Le retour aux States nous vaut d'autres scènes qui dépotent : là les effets spéciaux sont particulièrement mis à contribution : c'est éblouissant. Le plus intéressant est que, contrairement à ce qui se passe dans les autres adaptations de comic books, les acteurs ne sont pas réduits à de la figuration. Downey se démène comme il peut et il se débrouille fort bien, ma foi.
Reste la morale. Je trouve très positif que, dans un film commercial de cette envergure, le commerce des armes soit dénoncé. Sans trop en dévoiler, je peux ajouter que désigner comme ennemi principal non pas l'islamiste mais celui qui les arme est assez gonflé (même si cela peut aussi être interprété comme l'expression d'un complexe de supériorité : on ne conçoit d'ennemi à sa taille qu'issu du monde "occidental"). Mon humeur s'améliore encore quand je perçois une critique du "gouvernement d'entreprise", en particulier du poids des gros actionnaires dans la définition de la stratégie commerciale d'une boîte. Rien que pour cela, merci les gars.
Et rendez-vous au numéro 2.
22:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
vendredi, 23 mai 2008
Jeux de dupes
Ouah ! Ouah, ouah ! Ouah, ouah, ouah ! Ouah, ouah ! Ouah !... Eh, oui, ça cabotine un max dans cette tranche de vie signée George Clooney. Les dialogues entre Dodge (Clooney himself, impeccable, tout en charme et autodérision) et Lexie (Renée Zellweger... mmm... délicieuse, piquante... excitante... bon j'arrête, sinon je vais défoncer une pastèque) sont savoureux.
Clooney est à la fois un esthète et un nostalgique. L'image est donc très "léchée" (oui, Renée, tu peux l'être aussi, si tu le veux !), avec un soin tout particulier accordé aux génériques de début et de fin, avec cette succession de photographies censées être d'époque... C'est assez drôle à la fin... Ne sortez pas trop vite ! Les années 1920 me semblent bien rendues, avec une prédilection pour le côté "obscur", non conventionnel : les bars où, malgré la prohibition, on sert de l'alcool, où l'on se mélange entre Noirs et Blancs, où l'on rencontre des femmes de mauvaise vie... N'oublions pas la triche, la débrouille, érigées en système.
L'histoire tourne autour du football américain (oui, je sais, mes chers compatriotes, le "faux" football... soyons indulgents pour nos amis incultes d'outre-Atlantique), un sujet qui est loin de me passionner. C'est finalement très intéressant, parce que Clooney a choisi d'insister sur l'essor du professionnalisme, lié à la fois à la "moralisation" du jeu et à l'arrivée des détenteurs de capitaux dans le secteur.
De l'humour, du romantisme, de l'action (ah cette scène de bagarre avec les bidasses !), dans un cadre volontairement désuet, mais joli. Rien de plus, mais rien de moins. J'en suis sorti content.
19:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
jeudi, 22 mai 2008
Bataille à Seattle
Il paraît que, quand on est proche des altermondialistes, il faut trouver le film caricatural, éloigné de la réalité du mouvement et que, quand on rejette l'altermondialisme, il faut trouver le film trop complaisant vis-à-vis des agitateurs. Reste qu'il montre l'action de ces militants de l'intérieur, plutôt avec empathie, mais il met aussi en valeur le vécu de policiers (un en particulier, joué par Woody Harrelson, excellent) et d'intervenants "officiels" à la réunion de l'O.M.C. organisée à Seattle, en 1999.
Nous les Frenchies, on se souvient certes de la violence qui s'est déchaînée à l'époque, mais on s'est aussi focalisé sur un célèbre moustachu néo-aveyronnais, parti là-bas dénoncer la mondialisation néo-libérale, la taxation du Roquefort (shocking !)... et la malbouffe. Ce film s'inspire à mon avis du Bloody Sunday de Paul Greengrass : par un effet documentaire, en multipliant les points de vue, il vise à faire émerger les causes du dérapage. Comment des manifestants en grande majorité pacifiques et des policiers ayant reçu des consignes de modération ont-ils pu finir par s'affronter violemment ? S'il dénonce les exactions des anarchistes, le réalisateur place clairement la responsabilité sur les épaules des dirigeants des forces de l'ordre et des agents du Gouvernement (ben oui, c'était Clinton à l'époque)
C'est tourné de manière efficace et surtout c'est bien interprété. On notera que les principaux altermondialistes sont tous de beaux mecs ou des gonzesses bien roulées, que la troupe de policiers ressemble un peu parfois à une bande de surfeurs et que nombre de politiques (états-uniens comme étrangers) "présentent" bien. (Salut Isaach de Bankolé !) C'est peut-être la principale limite de ce film qui, par souci de faire passer un certain nombre de messages, joue à fond la carte hollywoodienne.
Une remarque pour terminer. J'ai vu le film en version doublée (en français). Deux erreurs sont à noter : une faute de conjugaison dans le texte affiché, à la fin, et l'obstination à faire dire aux personnages s'exprimant dans la langue de François Fillon "IMF" au lieu de "FMI" (il s'agit du Fonds Monétaire International, autre bête noire des altermondialistes).
18:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
jeudi, 15 mai 2008
Cleaner
Nettoyeur, que ça donne quand on traduit. Le héros (Samuel L. Jackson, vieilli, un peu empâté... va falloir faire un peu d'exercice, mon gars... à moins que ce ne soit pour le rôle ?) exerce une activité particulière : il nettoie les lieux où s'est déroulé un drame sanglant (accident mortel, suicide, assassinat, épilation atomique, émasculation par les oreilles...). Il est très méthodique, maniaque même, obsédé par l'hygiène... et c'est un ancien flic ! N'en jetez plus ! Néanmoins, le personnage n'est pas d'un bloc. Le film se charge de nuancer le portrait. C'est tout de même un type attachant, qui vit avec sa fille. Cela nous donne de belles scènes de famille, tendres ou conflictuelles (la petite, mûre pour son âge, est une ado tourmentée... et le papa a du mal à gérer parfois).
Le talent du réalisateur (qui, s'il n'est pas un génie, est un habile faiseur) s'est porté sur les séquences de "nettoyage". Il a soigné la disposition des caméras, varié le cadrage et les prises de vue. Le verre et les autres matières transparentes (ou translucides) sont souvent mis à contribution. C'est la première séquence de nettoyage (celle qui met en place l'intrigue en fait) qui est la plus détaillée. On aurait pu craindre qu'elle s'apparente à une resucée d'images publicitaires pour produits détergents mais, en fait, c'est très réussi, fascinant parfois (la musique accompagne bien).
Les autres personnages sont travaillés : ils ont une part d'ombre et une de lumière... même les corrompus peuvent faire preuve d'humanité ! Cela donne du corps à l'histoire et introduit de l'incertitude, de la tension : mais qui a tué ? Honnêtement, très vite, j'ai eu des soupçons fondés, mais ce n'est que dans les 20 dernières minutes que l'on découvre le pot-aux-roses. Le personnage principal m'a d'ailleurs semblé résoudre l'énigme un peu abruptement. Comme le film ne dure qu'1h25, je pense que deux-trois scènes intermédiaires ont dû être coupées au montage, ce qui est regrettable.
14:46 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
vendredi, 09 mai 2008
Beaufort
Il n'est question ni d'un charmant village de France profonde ni d'une mer déchaînée hostile aux pêcheurs. Il s'agit tout simplement du nom d'une fortification construite jadis par les croisés, dans le Sud de l'actuel Liban. L'action se déroule au tournant des XXe et XXIe siècles, peu avant le retrait israélien. C'est la vie confinée d'une poignée de soldats qui nous est montrée.
Visiblement, le réalisateur s'est documenté. J'ai vu dans le générique de fin que c'est tiré d'un livre, sans doute autobiographique. Les relations entre ces jeunes Israéliens aux origines diverses sont décrites avec réalisme et un grand souci du détail. Les contrastes sont forts entre le fils de gauchiste, devenu démineur, le fils de personne, militariste à donf et les appelés du contingent (hé, oui, le service militaire existe encore là-bas... et il dure 3 ans pour les garçons !). Il est souvent question des femmes (les mères, les copines, réelles ou supposées), mais on n'en voit aucune à l'écran (sauf en photo). J'insiste : ça manque de gonzesses !
L'image est soignée, dès le début : je pense à cette scène qui voit la silhouette du soldat finalement s'inscrire dans une des lettres du titre. Comme une bonne partie de l'action se déroule la nuit, on a droit à des jeux d'ombre et de lumière... sympas. Il faut aussi bien faire attention au cadre : à un moment, dans le quartier de repos, pendant que l'un des soldats se débarrasse, on perçoit du mouvement dans un coin : un autre saisit une cigarette puis l'allume... il va bientôt s'exprimer. C'est vraiment joliment filmé. Quelques séquences rappellent que l'on est en guerre, sans chichis.
Deux heures (et cinq minutes), cela fait toutefois un peu long. C'est parfois trop contemplatif. Par contre, la musique est excellente : elle en rajoute dans le côté irréel de certaines scènes, un peu dans l'esprit de certains films d'anticipation des années 1960-1970.
Pour les amateurs : le site du Monde propose le commentaire d'images extraites du film par le réalisateur.
19:20 Publié dans Cinéma, Proche-Orient | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
jeudi, 08 mai 2008
La source thermale d'Akitsu
Il s'agit d'une reprise : le film de Kuji Yoshida date de 1962. On redécouvre ce réalisateur japonais, qui m'a semblé s'inspirer à la fois du cinéma "qualité française" classique (genre les films avec Danielle Darrieux) et de la "nouvelle vague" (non, il ne s'agit pas de la nouvelle coupe de cheveux de l'un des fils Sarkozy).
Le début est très intéressant : l'action prend place à la fin de la seconde guerre mondiale. A travers l'histoire de ce soldat malade, on entrevoit un pan de la société japonaise à la veille de la défaite. La première rencontre avec l'héroïne (superbe actrice, au passage) est joliment filmée. Le metteur en scène sait utiliser les contrastes d'ombres et de lumières pour suggérer les sentiments. Mais après ce bon début, cela s'enlise. C'est un mélo ennuyeux, où tout est surligné par une musique envahissante (assez de violons !). La fin est attendue.
Voilà pour le commentaire de l'Occidental de base. Mais, si l'on change de point de vue, on peut voir ce film comme l'étude de l'échec du don. Ce soldat n'a pas compris qu'il était redevable à cette jeune femme qui lui a sauvé la vie. En échange, elle demandait son amour. Pour couronner le tout, je dois dire que le "héros" m'est particulièrement antipathique : c'est un gamin attardé, capricieux et superficiel. (Tiens, prends ça dans les burnes !)
18:15 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma
mercredi, 07 mai 2008
[Rec]
Les Espagnols ont effectué une appréciable percée dans le cinéma de genre, d'épouvante dans le cas qui nous occupe. [Rec] louche à la fois sur les longs métrages espagnols (et états-uniens) qui ont été précédemment consacrés aux phénomènes "surnaturels" (mais avec une explication somme toute rationnelle...) et sur Le Projet Blair Witch. Le film qui nous est présenté est supposé être l'enregistrement de la caméra du duo de reporters qui suit des pompiers, une nuit, dans leurs interventions. On a donc du direct, du off, du refait... bref, on ajoute aux séquences "filmiques" classiques tout ce qui est d'habitude coupé au montage. Le principe est grosso modo respecté, en dépit de quelques entorses (avec la scène de "retour en arrière" notamment).
Ce n'est pas très effrayant, surtout à partir du moment où on a compris la source des "problèmes"... et surtout quand on a compris comment cela va se terminer. Cela se regarde néanmoins sans déplaisir.
Les meilleurs moments du film sont ceux qui mettent en scène une vision assez caustique des médias. Cette petite équipe de journalistes veut du sensationnel (ils espèrent un bon incendie, histoire de mettre en boîte une séquence qui déchire) est assez puante sur le fond. On les sent souvent méprisants vis-à-vis des gens qu'ils interrogent et ils sont prêts à enfreindre toutes les règles pour avoir leur "sujet".
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vendredi, 25 avril 2008
sTarko
... Un an dans la peau de Sarko. Il s'agit du dernier film de notre GERPAF (gentil rebelle du paysage audiovisuel français) préféré, Karl Zéro, réalisé avec sa chère et tendre Daisy d'Errata. Je ne savais même pas qu'ils préparaient quelque chose sur le nouveau président français. J'ai entendu Zéro sur France Inter, dans l'émission Le Fou du roi. Ben, du coup, quand je suis passé chez mon marchand de journaux, mercredi, j'ai acheté VSD (voilà le genre d'info que je me garderai bien de communiquer à mes collègues de travail...), avec lequel il était possible de se procurer le DVD du film.
C'est entraînant. La musique est vraiment agréable, gaie, et se marie bien avec les choix graphiques : aux images "d'archives" (ça n'est pas vieux, tout de même) sont ajoutées des animations (au début surtout) qui rappellent les comédies des années 1970 : Nicolas Sarkozy y fait figure d'un Louis de Funès de la politique.
Pour moi qui ne possède pas de poste de télévision (bon, d'accord, il m'arrive de la regarder chez des ami-e-s ou dans la famille), quelques extraits furent de totales découvertes (le reste m'étant parvenu par le biais d'internet, de la presse ou de la radio).
Il faut voir cela comme l'un des précédents films de Zéro, Dans la peau de Jacques Chirac : la satire n'est pas virulente, peut-être pas par manque de volonté, mais du fait de la technique utilisée. Les auteurs ont réalisé un montage d'images d'actualités, parfois inédites (issues du off, ce qui est filmé avant et après une intervention diffusée), mais ils ont peu enquêté. C'est pourquoi leur critique du clinquant sarkozien s'apparente elle-même à du journalisme "pipole", avec un peu de recul toutefois. Les réflexions sur l'économie et la fiscalité, par exemple, sont quasiment absentes du film, alors que cela devrait être le plus important. C'est l'accessoire (l'image) qui apparaît essentiel.
En cela, le film ne se démarque pas du travail habituel des journalistes français (qu'ils apprécient ou détestent Nicolas Sarkozy) : il est un peu superficiel... et surtout, il est plus dur pour les adversaires de l'actuel président que pour celui-ci, puisque le texte (savoureux) écrit par Karl Zéro, est lu par la "voix" de l'ancien ministre de l'Intérieur (excellent Michel Guidoni). Si Nicolas Sarkozy, vu la place qu'il occupe dans le film, est tour à tour mis en valeur et dénigré, ses adversaires (pour les rares fois qu'ils apparaissent) ne jouissent que d'un traitement défavorable (les moins maltraités étant peut-être François Hollande et Dominique Strauss-Khan). On pourrait s'amuser à analyser la pensée politique de Karl Zéro à travers ce qu'il fait dire à Nicolas Sarkozy...
Sur le site de K. Zéro, on peut trouver l'auto-interview des deux comparses :
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mercredi, 23 avril 2008
Taken
Il y a des avantages cinéphiliques à résider dans une région rurale. Ainsi, quand on a raté un film à sa sortie dans les "grandes villes" (25 000, 30 000, 50 000 habitants au maximum, on reste dans le convivial), on peut se rattraper quelques semaines plus tard dans un cinéma plus "campagnard".
Bryan (Liam Neeson, insubmersible) n'est pas une tarlouze. C'est le principal message de ce film. Et pourtant, au départ, on a un peu l'impression de se trouver face à une "chochotte" : il vit mal son divorce (son ex s'est maquée avec un millionnaire vieux et moche) et a lâché son boulot (qu'il adorait pourtant) pour se rapprocher de sa fille, qui, en fait, n'est pas très attachée à lui. C'est une figure classique du "gentil bourrin", bosseur, honnête, mais pas forcément facile à vivre.
Bien vite, on s'aperçoit que le héros a des burnes de mammouth. Bon, déjà, sa femme et sa fille auraient dû l'écouter et se méfier de ces vacances à Paris. Très vite, il prend les choses en mains. Il va buter toute une bande de proxénètes albanais (une belle brochette d'enculés, il faut le reconnaître), en deux temps, sans recevoir la moindre égratignure. C'est que Bryan est un ancien agent spécial des Etats-Unis, c'est vous dire s'il peut enfumer sans problème les flicards frenchies (à moitié pourris de surcroît). C'est dynamique, trépidant même ; les scènes de baston sont bonnes, tout comme celles de poursuite automobile.
Là où on se rend compte que Bryan est vraiment un type formidable, à mi-chemin entre John Rambo et le James Bond incarné par Sean Connery, c'est quand il pénètre dans l'immeuble parisien où se déroule une vente sordide. Bien entendu, il s'en sort, mais avec plus de difficultés : il affronte des Blancs, donc des adversaires plus redoutables que ces pieds-nickelés d'Albanais, tout juste bons à brutaliser des gonzesses.
L'apothéose vient sur un yatch, sur la Seine, quand notre héros zigouille une floppée de serviteurs interlopes d'un potentat oriental (arabe) pervers, débauché, lâche... un gros vilain quoi. Le sang gicle à nouveau mais il faut noter que, de manière générale, on a davantage soigné les effets sonores (les membres qui craquent, les muscles et les chairs que l'on déchire, les têtes que l'on fracasse etc) que les projections d'hémoglobine.
Derrière cet excellent film d'action se cache une mentalité pas franchement progressiste. La fille est "sauvée" parce qu'elle est encore vierge alors que sa copine, qui a déjà connu le(s) membre(s) masculin(s), s'en sort moins bien. A travers la France, c'est l'Europe qui est décrite comme une zone dangereuse, où l'on ne peut faire que de mauvaises rencontres. Les flics français sont dépeints soit comme des lourdauds, soit comme des corrompus complètement imperméables aux droits de l'homme. Ceci dit, le héros n'en est pas un meilleur apologiste : pour défendre sa fille, il applique une méthode : tuer... éventuellement torturer. C'est tout ce que méritent proxénètes, hommes de mains, trafiquants, flics indignes... et même leur famille !
On pourrait se dire, après tout, que cette vision manichéenne et paranoïaque est bien dans le ton du conservatisme au pouvoir à Washington, mais le problème est que le réalisateur, Pierre Morel, est français (il a été directeur de la photographie sur Taxi 4)... et que le scénario a été coécrit par Luc Besson, qui produit le film ! Ou comment des Français passent par le biais américain pour mettre en scène leurs fantasmes sécuritaires...
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lundi, 21 avril 2008
Passe passe
Voici une deuxième comédie sur l'affaire Elf. Après L'ivresse du pouvoir de Chabrol, avec l'excellente Isabelle Hupert en juge Eva Joly, Tonie Marshall a choisi de mettre en lumière Christine Deviers-Joncour, incarnée ici par Nathalie Baye (qu'on a appelée "Irène"). Guy Marchand est chargé d'interpréter Roland Dumas, ancien ministre des Affaires Etrangères (ici successivement aux affaires Sociales et à l'Environnement). On a aussi légèrement modifié le contexte de la corruption : il s'agit de Coréens (du Sud) et non de Taïwanais mais, dans les deux cas, un intermédiaire joue un rôle ambigu dans une vente d'armes (le Taïwanais Andrew Wang devient le beau gosse coréen qui s'accroche à Nathalie Baye).
La critique sérieuse n'a pas aimé le film. Est-ce pour des raisons morales ou cinématographiques ? Il est vrai que Nathalie Baye, éblouissante, réussit à rendre sympathique un personnage d'insupportable poule de luxe... mais je crois surtout que Tonie Marshall ne bénéficie pas de la même "cote" que Claude Chabrol auprès des penseurs autoproclamés du cinéma hexagonal.
Et pourtant... que les acteurs sont bons ! C'est un régal ! Vraiment, Nathalie Baye est délicieuse en fausse ingénue, amoureuse des plaisirs et du luxe, pas si bête au fond. Edouard Baer est très bien... mais il fait de l'Edouard Baer, donc, si vous ne l'appréciez pas... Les seconds rôles sont excellents sauf, paradoxalement, Guy Marchand, dont j'attendais mieux. On a notamment droit à Joey Starr, criant de vérité en gros beauf (mais qui se fait piquer sa BMW par le héros... je suis persuadé que la firme allemande a lâché la thune pour ce film, qui se transforme parfois en publicité scénarisée pour la bagnole !) : on connaît tous au moins un sale con dans le genre... Les amateurs de grossièretés seront ravis puisque, outre les éructations du beau-frère, on entend périodiquement les élucubrations scato-sexuelles d'une ravissante personne atteinte du syndrome de Tourette (je dois avouer queue, durant ces scènes, j'étais à la limite de l'érection).
Un peu de densité humaine est donné à l'histoire par l'intermédiaire du personnage de la mère (Bulle Ogier, pas mal, sans plus). Après Cortex, Passe passe est le deuxième film commercial français récent à mettre en scène la maladie d'Alzheimer et ses conséquences sur les relations avec les proches. C'est montré de manière digne, parfois comique.
Ajoutez là-dessus une musique légère, judicieusement placée, et vous obtenez une comédie bien menée, pas endiablée, mais très agréable.
15:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma


