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mercredi, 25 février 2015

Les Nouveaux Héros

   C'est le dernier Disney en date, à la destinée duquel a veillé John Lasseter (ancien pilier de Pixar). La première partie de l'histoire nous fait découvrir un héros pas forcément toujours sympathique : Hiro Hamada est un geek en pleine crise d'adolescence, élevé par une mère-courage très travailleuse et un grand frère lui aussi surdoué, mais plus mûr et pondéré que son cadet.

   Ce début nous propose quand même une séquence particulièrement réussie, celle du combat clandestin de robots. Elle est drôle... et indispensable à l'intrigue, puisqu'elle introduit une invention qui va devenir centrale.

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   Le deuxième moment clé est la découverte par le héros du labo dans lequel travaille son frère. Il y fait la connaissance d'une bande de (jeunes) scientifiques plus déjantés les uns que les autres. Un événement traumatique va rapidement faire basculer l'histoire.

   A partir de là, l'intrigue tourne autour de deux éléments importants : la relation Baymax-Hiro et la menace représentée par un dangereux individu masqué, dont on va mettre un bon moment à découvrir la véritable identité.

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   Les passages qui mettent en scène le héros et le robot infirmier sont pétris de drôlerie. (On en voit quelques-uns dans la bande-annonce.) Le comique de situation s'appuie principalement sur le physique particulier du compagnon du héros. S'ajoutent des répliques décalées, le robot persistant à vouloir remplir sa mission médicale, quelle que soit la situation. Les circonstances parfois exceptionnelles le conduisent à adapter son attitude, un peu à l'image de ce qui se passait dans Robot and Frank.

   L'histoire devient plus animée quand l'affrontement avec le méchant se précise. Cela tourne au film de super-héros, sauf qu'ici les sauveurs de l'humanité sont les scientifiques farfelus, dotés désormais d'équipements de haute technologie.

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   Sur le fond, l'histoire n'est pas bête. Le jeune héros va devoir choisir entre la vengeance et la poursuite de l'oeuvre de son frère. Un autre personnage est amené à se poser des questions semblables.

   A l'écran, c'est joli à regarder et, comme c'est assez trépidant (sans fonctionner sur un rythme effréné), on passe un bon moment. Vers la fin, j'ai même eu les yeux qui piquent, preuve que j'étais pris par cette histoire en apparence anodine, mais qui convient à la fois aux (pas trop) petits et aux grands. L'Oscar 2015 du film d'animation est amplement mérité, même si je suis un peu déçu pour Les Boxtrolls (trop noir pour le jury hollywoodien).

22:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 18 février 2015

Hard Day

   Cette "journée de merde" est celle du héros, un policier véreux qui, en moins de 24 heures, va perdre sa mère, renverser un piéton, subir un chantage, se faire casser la figure et même déterrer un cadavre.

   Autant dire qu'on ne s'ennuie pas dans ce polar sud-coréen, qui est bien fichu sans être un chef-d'oeuvre. C'est la peinture du monde policier qui est la plus "corsée". On a l'impression que c'est à qui sera le plus tordu ou le plus corrompu. C'est évidemment excessif, mais c'est une convention du genre. A la longue, c'est toutefois un peu lassant.

   Le jeu des acteurs est parfois aussi un peu outré. On a visiblement cherché à nous faire plaindre le héros (qui est tout de même un bel enfoiré). S'ajoute à cela la tentation du "juste à temps", perceptible dès la séquence de l'accident, et qui atteint le summum à la morgue. Les scènes d'action sont prenantes, sans être omniprésentes. Avis aux amateurs : l'une d'entre elles frise la sauvagerie. Comme c'est plutôt bien filmé et rehaussé d'une pointe d'humour noir, ça passe.

   Néanmoins, les spectateurs attentifs remarqueront quelques incohérences, notamment au niveau des phares et du pare-brise de la voiture du héros. Tout ça pour dire qu'un soir, si on aime les films de genre, cela peut constituer un agréable divertissement. Sans plus.

22:11 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 15 février 2015

L'Enquête

   Quatre ans après l'excellent Présumé coupable, Vincent Garenq s'est à nouveau emparé d'une histoire qui a défrayé la chronique judiciaire : l'affaire Clearstream. Voilà un sujet en or, servi par une distribution haut de gamme : principalement Gilles Lellouche (qui vient de s'illustrer dans La French) et Charles Berling (qui s'est fait la tête du juge Van Ruymbeke), ainsi qu'une pléiade de brillants seconds rôles, qu'on s'est évertué à rendre aussi ressemblants que possible aux modèles. Et pourtant... le film, en sortie nationale, est programmé dans moins de 200 salles... aucune en Aveyron. Il faut donc se rendre chez le voisin tarnais pour le voir.

   Trois histoires s'entremêlent. L'affaire des frégates de Taïwan baigne dans un climat plus que trouble, avec une série de morts suspectes. La corruption semble mener en France, en passant par des paradis fiscaux. Les services secrets ne sont de plus jamais bien loin. Se greffent là-dessus les dessous (!) de deux campagnes présidentielles : celle de 1995 (pour le financement) et celle de 2007 (pour la rivalité Sarkozy-Villepin). L'enquête de Denis Robert sur la société Clearstream va être instrumentalisée dans ce contexte.

   La première qualité du film est de rendre assez aisée la compréhension des principaux enjeux. Je conseille toutefois de prendre quelques renseignements avant de se rendre en salle. (Sur le sujet, je recommande le documentaire Manipulations, qui s'appuie sur le travail de Pierre Péan et Vanessa Ratignier.) On reste néanmoins un peu sur notre faim, à propos de Clearstream et sur les rôles respectifs de Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Concernant ce dernier, je suis persuadé que, soit il a poussé à la création de la liste trafiquée, soit il l'a fait circuler en sachant qu'elle était fausse. Concernant Nicolas Sarkozy, plutôt une victime dans cette affaire, il semble qu'il était mieux informé qu'on ne l'a dit de ce qui se machinait contre lui.

   Il reste les activités de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream. La partie légale est déjà révélatrice de l'opacité du système financier international. La partie illégale (secrète, avec les comptes non déclarés) est le coeur du scandale, qui concerne essentiellement l'évasion fiscale. La partie (peut-être) franchement criminelle serait le blanchiment d'argent de différents trafics. Le film ne démontre pas l'existence de cette activité, mais la suspicion est forte. On (re)découvre surtout la force de frappe des banquiers (luxembourgeois, russes et autres...), qui savent comment utiliser les rouages de la démocratie libérale pour faire taire les impudents. De ce point de vue, L'Enquête est un très bon polar.

   Il s'appuie sur d'excellents seconds rôles et une grande minutie dans la construction des plans. La réalisation est efficace, sans être virtuose. Garenq utilise bien les plongées et les contre-plongées. Il s'appuie aussi sur une bonne photographie pour les scènes de nuit, très jolies. L'ensemble forme un film "propre" (sur l'argent sale !), avec une tension sous-jacente, sans que ce soit trépidant.

23:55 Publié dans Cinéma, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 14 février 2015

Une merveilleuse histoire du temps

   Inspiré du best-seller de Stephen Hawking, le titre français indique que ce biopic va d'abord nous entretenir de la vie privée du célèbre physicien, même si son activité de chercheur n'est pas totalement laissée de côté.

   Cela commence comme une bluette sentimentale. Dans les années 1960, à l'université de Cambridge, un jeune homme un peu spécial et une demoiselle bien sous tout rapport vont s'éprendre l'un de l'autre. Cette histoire d'amour est torpillée par les premiers symptômes de la terrible maladie qui frappe Hawking, la sclérose latérale amyotrophique. Dans le rôle du scientifique, Eddie Redmayne (remarqué dans la mini-série Les Piliers de la Terre... moins bon dans le film My Week with Marilyn) réalise une véritable performance, qui lui a d'ailleurs valu une nomination aux Oscar 2015.

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   Le film est aussi un superbe hommage à celle qui partagea sa vie pendant des années. Quand on découvre de l'intérieur le fonctionnement de ce qui est devenu un couple improbable, on est sidéré par le dévouement de cette femme, très bien incarnée par Felicity Jones (vue il y a trois ans dans une savoureuse comédie : Oh My God !).

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   Au départ, le "sacrifice" de cette bonne chrétienne n'était pas censé durer très longtemps : les médecins donnaient au maximum deux ans à vivre au jeune Hawking. Il est aujourd'hui grand-père... C'est donc sur la durée que l'on voit évoluer le couple. C'est représenté avec nuance et beaucoup de tact. On mesure la volonté qu'il a fallu à l'épouse pour être à la fois la mère au foyer, l'infirmière, l'amante... et l'intellectuelle qu'elle a tenté de rester. L'usure du temps finit par faire son oeuvre. Jane se sent attirée par l'organiste de la paroisse et Stephen renaît entre les mains d'une nouvelle accompagnatrice...

   Notons que les débats scientifiques sont à peine esquissés. On nous dépeint juste l'ambiance de la fac de l'époque et le rôle particulier joué par l'un des enseignants, qui a les traits de David Thewlis (qu'on peut voir encore dans Queen and country). A de rares reprises, le réalisateur tente d'introduire quelques notions scientifiques (au cours d'une soirée ou dans la mise en scène d'une des dernières séquences, par exemple), mais cela reste limité. Quant aux controverses nées des travaux d'Hawking, elles ne transpercent quasiment pas. On reste au niveau de la polémique sur la (non) existence de Dieu.

   Au final, même si la réalisation est très académique, cela reste une belle histoire, qui véhicule un message de courage et d'espoir (certes un peu simpliste) : dans la vie, rien n'est jamais perdu.

   P.S.

   A la vision du film, je n'avais pas fait le rapprochement, même si son visage me disait quelque chose. C'est en écoutant l'émission Si tu écoutes, j'annule tout de jeudi dernier que j'ai réalisé que l'ancien footballeur Frank Leboeuf fait une courte apparition, dans le rôle d'un médecin d'un hôpital bordelais, où le scientifique s'est retrouvé après qu'il a eu un malaise à l'opéra.

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15:59 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 13 février 2015

Les Nouveaux Sauvages

   Cette comédie satirique hispano-argentine s'inspire des oeuvres du regretté Dino Risi, Les Monstres (1963) et Les Nouveaux Monstres (1977). Le principe est de montrer l'absurdité ou la cruauté de l'existence à partir de situations de la vie quotidienne. Les six courts-métrages qui composent ce film montrent aussi comment un événement en apparence anodin peut avoir des conséquences insoupçonnées.

   La première histoire a pour cadre un avion, dans lequel s'installent des passagers très divers. Deux d'entre eux engagent la conversation. On pense assister à une classique scène de drague (lourde) entre un quinquagénaire libidineux et une jeune femme séduisante lorsque l'on découvre que ces deux personnes sont liées... entre elles, mais aussi aux autres passagers. Je vous laisse découvrir le fin mot de l'histoire.

   L'action du deuxième petit film se déroule dans un restauroute plutôt bas-de-gamme, où travaillent une robuste cuisinière et une serveuse pas très sûre d'elle. Arrive un client assez odieux, qui n'a pas reconnu la serveuse avec laquelle il est pourtant lié. Un cruel dilemme se pose en cuisine, où l'une des deux femmes aimerait bien changer l'assaisonnement du plat servi au client...

   Les voitures sont au coeur des trois histoires suivantes. La première met en scène un cadre supérieur un peu trop sûr de lui, habitué à ce qu'on se plie à ses volontés, et pour qui tout va déraper après un rapide passage dans une pâtisserie de luxe, située en centre-ville. Le réalisateur réussit à représenter la dégradation de la vie familiale, de la vie professionnelle et de la vie sociale à l'aide de quelques saynètes fort bien senties. Même si j'ai trouvé le fond un brin poujadiste, c'est à mon avis globalement bien vu.

   La vignette suivante est peut-être celle qui va le plus loin. Assez classiquement, elle montre la rivalité de deux "coqs" en voiture, aucun ne voulant céder à l'autre. Ce n'est pas nouveau nouveau, mais j'attendais avec impatience de voir jusqu'où les scénaristes allaient pousser le bouchon. Je n'ai pas été déçu...

   L'avant-dernière histoire est une critique sociale. Il est question d'un accident de la circulation, provoqué par un fils à papa. Les conséquences sont abordées au niveau de la famille de la victime, mais surtout du point de vue de la famille du chauffard, avec intervention du papa, de la maman, de l'employé de maison, de l'avocat... et du procureur. C'est de l'humour très noir, un peu amer (le plus savoureux).

   On termine avec un mariage bourgeois, plus précisément le repas festif qui succède aux cérémonies et au vin d'honneur. Le début est chic et clinquant, plein de faux-semblants. Un geste anodin va déclencher la tempête, qui va (presque) tout emporter sur son passage. (Mention spéciale à l'actrice principale Erica Rivas.)

   L'ensemble est à réserver aux amateurs d'humour "vache". On ne pouffe pas à chaque instant, mais l'on ricane quand même souvent.

23:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

jeudi, 12 février 2015

Discount

   Cette comédie sociale bien de chez nous regarde du côté de Ken Loach et d'une brochette de films au casting pas forcément très glamour, mais à l'histoire prenante. C'est une plongée dans la "France d'en-bas", celle qui se trouve à la lisière du chômage et ne parvient pas à joindre les deux bouts. Elle est incarnée ici par les employés d'un "maxi-discompte", qui pourrait être Leader Price ou Lidl.

   Les "prolos" sont confrontés à la modernité : celle du discours du "management", celle du chronométrage en caisse, celle de la vidéo-surveillance et celle des futures caisses automatiques.

   De la demi-douzaine de rebelles se détache Christiane, très soupe-au-lait, à la gouaille parfois joyeuse. Elle est incarnée par Corinne Masiero, une habituée des productions télévisuelles qu'on a pu voir aussi au cinéma, par exemple récemment dans La Marche. Elle y avait déjà croisé M'Barek Belkouk, doté d'un bon potentiel comique.

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   Tous les autres acteurs sont bons. On les sent très impliqués dans ce film, qui a bénéficié d'un financement participatif. Parmi les figures connues, on trouve Pascal Demolon, vu naguère dans Radiostars. Cela pourrait donner un film "de gauche" très "politiquement correct". C'est mieux que cela.

   L'histoire est tout sauf angélique. L'image de prolos solidaires alterne avec celle de personnes finalement très individualistes, un peu paumées certes, mais pas forcément altruistes. Le lien qui se noue entre les membres de la bande est d'abord forgé par l'appât du gain. Habilement, l'intrigue suggère (à travers l'exemple des vigiles) que le système dans lequel ils évoluent a tendance à les monter les uns contre les autres. Mais, bien sûr, il y a autre chose, d'autant plus que la population de la région va soutenir ces Robins des bois des temps modernes. On reste toutefois dans le cadre de la société de consommation et dans la recherche des produits les moins chers possibles. Il n'y a aucune réflexion sur la manière dont ils sont fabriqués.

   L'autre angle intéressant de l'histoire est constitué par tout ce qui touche au personnage de la patronne, très bien interprétée par Zabou Breitman (vue récemment dans 24 jours). Bien qu'étant officiellement la responsable des malheurs des héros, elle est présentée comme quelqu'un de complexe. C'est une ancienne chômeuse, de surcroît mère célibataire... et musulmane. Elle s'en est sortie à la force du poignet, mais elle est soumise à de fortes pressions, n'étant que la directrice d'un établissement franchisé.

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   Cela donne une comédie savoureuse, qui tente d'introduire un peu de fantaisie dans un monde de plus en plus sérieux, où les êtres humains sont réduits à des chiffres dans des colonnes.

mercredi, 11 février 2015

Papa ou maman

   Cela démarre par un plan-séquence assez culotté, un soir de nouvel an, dans les locaux d'un campus universitaire. Alors que j'étais venu voir seulement une petite comédie pour me changer les idées, j'ai été agréablement surpris par cette mise en train, où l'on découvre les deux personnages principaux et certains de leurs traits de caractère, dans une ambiance un peu foutraque.

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   On les retrouve quinze ans plus tard. Autant le dire tout de suite : Laurent Lafitte et Marina Foïs sont excellents. Le premier campe avec assurance un médecin obstétricien sympa et impliqué dans son travail. La seconde incarne de manière très vraisemblable une battante, ingénieure devenue chef de chantier, qui "porte un peu la culotte" dans le ménage. Ils sont sur le point de divorcer, mais restent bons copains (pour l'instant). La séquence du repas avec les amis est délicieuse, avec, face aux héros, deux habitués des séries télévisées dans le rôle du couple de façade, usé par la routine.

   Les relations avec les (trois) enfants constituent un autre aspect de la situation de départ. N'hésitons pas à le dire (et à l'écrire) : c'est un trio de têtes à claques. L'aîné est l'archétype du fils de bourge gâté et immature, qui se prend pour un rebelle. La cadette ne pense qu'à sa poitrine (pas assez développée à son goût) et à son téléphone portable, avec lequel elle entretient une relation fusionnelle. (Si j'avais un marteau...) Le benjamin, plus sympathique, est quand même un peu capricieux et il a un côté monsieur-je-sais-tout assez insupportable.

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   Les spectateurs adultes attendent avec impatience le moment où les parents décident de se comporter en sales cons pour inciter leurs enfants à choisir d'aller vivre avec l'autre. Et là, je peux vous dire que ça devient jouissif. On commence doucement et subrepticement, par des allusions. Une étape est franchie quand papa et maman passent sérieusement à l'action. Florence invite un autre homme à la maison et agit, devant ses enfants, comme une personne qui ferait le trottoir. L'aboutissement est la boum à laquelle sa fille est invitée et où c'est la mère qui se montre la plus "ouverte"... De son côté, Vincent participe à une séance de krav-maga de son aîné... et la fait dégénérer d'une manière que je vous laisse découvrir. Il réussit aussi à foutre la honte au benjamin, à l'occasion d'un tournoi d'échecs.

   La seconde partie du film regorge d'autres moments savoureux, certains d'entre eux faisant intervenir un hamster... auquel il arrive quelques bricoles. Dans la salle, les adultes rigolent... et les ados sont interloqués.

   Même si la fin m'a un peu déçu, je recommande vivement cette comédie. J'ai ri à en avoir mal au ventre, ce qui ne m'arrive pas souvent au cinéma.

23:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

Eau argentée

   Ce documentaire d'Ossama Mohammed (présenté à Cannes en mai dernier) est consacré à la guerre civile syrienne. Dans sa première partie, il est composé d'un montage d'extraits vidéo postés par des Syriens sur internet. On y découvre la révolte d'un peuple (essentiellement masculin, ceci dit) avide de liberté et la férocité de la répression par le gouvernement de Bachar el-Assad.

   C'est donc un film difficile à regarder, d'abord en raison de la dureté de certaines images (qui montrent les victimes de la répression) et aussi parce qu'il s'agit de vidéo numérique de qualité très moyenne (voire mauvaise).

   Je ne m'étendrai pas sur les cadavres de jeunes hommes (voire d'enfants, victimes de bombardements), ni sur les têtes éclatées, les blessures sanguinolentes. Le plus étonnant est que certaines de ces images ont été tournées par des bourreaux, des militaires syriens qui ont torturé ces jeunes hommes. Le réalisateur insiste particulièrement sur l'un d'entre eux, dont les ongles des mains ont été arrachés et qui a été bastonné et, sans doute, violé.

   Dans les scènes d'extérieur, on ne voit pratiquement jamais les actes de violence, juste leurs dramatiques conséquences. Même si des indications de date et de lieu dont données, cela pose quand même la question de la source, pour certains extraits. On est prié de faire confiance au coréalisateur...

   ... parce qu'il y a une coréalisatrice, qu'il a d'abord rencontrée sur la Toile. A l'époque, elle habite la Syrie, plus précisément la ville d'Homs. C'est une Kurde, sans doute issue de la classe moyenne et d'esprit très indépendant. (Elle ne voit pas d'un bon oeil l'arrivée de combattants islamistes dans sa ville... et c'est réciproque.) Elle se prénomme Simav, qui signifie "eau argentée". Elle va prendre des risques fous pour témoigner de l'atrocité de la guerre.

   On retrouve donc dans cette partie des images horribles, en général de meilleure qualité que ce que l'on nous a montré auparavant. La jeune femme filme avec une caméra numérique, alors que les "youtubeurs" ont souvent posté des vidéos prises à l'aide de téléphones portables.

   L'originalité des séquences fournies par Simav est qu'elle suit des enfants (un en particulier) et qu'elle tente de leur faire classe. Elle est aussi attentive à tout ce qui vit, végétal comme animal. Au détour d'une rue, ce ne sont pas seulement des cadavres d'humains que l'on croise, mais aussi ceux de chevaux, d'ânes, d'animaux domestiques... Cela nous vaut quelques scènes très émouvantes avec des chats. On en voit de faméliques, qui mendient un peu de nourriture en miaulant. On en voit d'autres blessés, soit qu'ils ont été touchés par une explosion, soit qu'il ont été la cible de snipers particulièrement abrutis.

   Aux images sont ajoutés un commentaire sobre et une musique en général émouvante. Cela donne un ensemble hétéroclite, un peu long, parfois trop répétitif, mais qu'il faut avoir vu pour connaître un peu mieux les conséquences de ce conflit qui n'en finit pas.

mardi, 10 février 2015

Loin des hommes

   David Oelhoffen (coscénariste de L'Affaire SK1) a adapté une nouvelle d'Albert Camus, L'Hôte, dont l'action se déroule au début de la guerre d'Algérie, fin 1954. L'intrigue tourne autour de deux personnages, incarnés par deux acteurs formidables.

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   Viggo Mortensen s'est complètement approprié le rôle de l'instituteur humaniste, un des ces "hussards de la République" qui ont fait la grandeur de notre pays. Il vit et travaille dans un coin reculé de l'Algérie, l'Atlas saharien, situé dans le nord-ouest du territoire, mais complètement isolé des villes de la côte. Ses élèves sont des Arabes.

   Sa petite vie tranquille est bouleversée par l'arrivée d'un gendarme, qui lui amène un prisonnier. Ce dernier est interprété par Reda Kateb (dont j'espère qu'il recevra le César du second rôle pour sa prestation dans Hippocrate).

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   Une étrange relation va naître entre l'assassin présumé et l'instituteur, ancien combattant. Tous deux vont se retrouver confrontés à la famille de la victime, qui veut se venger, à des pieds noirs du cru, qui voient en tous les Arabes des menaces potentielles, aux fellaghas, qui se méfient de cet improbable duo, et aux soldats français, qui ont ordre de "nettoyer" la région.

   Dans son scénario, David Oelhoffen a quelque peu étoffé l'histoire qu'avait écrite Albert Camus. C'était sans doute d'abord une nécessité pour en faire un long-métrage. C'était aussi un moyen de faire saisir toute la complexité de la situation en 1954. On comprend ainsi la diversité du monde des pieds noirs, l'archaïsme de la société algérienne, sa misère aussi, ainsi que la brutalité de l'armée française... à laquelle ont appartenu nombre de meneurs indépendantistes algériens.

   Il faut ajouter que les paysages sont superbes. Le film a été tourné en zone montagneuse, dans un désert rocheux (au Maroc), où l'on peut successivement souffrir du froid comme du chaud. (La neige, omniprésente dans la nouvelle de Camus, est toutefois absente ici.)

   Des films (de fiction) récents consacrés à la guerre d'Algérie que j'ai vus, c'est sans doute le meilleur. Il ne souffre pas des (petits ou grands) défauts de Cartouches gauloises, de L'Ennemi intime ou de Hors-la-loi, oeuvres estimables au demeurant.

dimanche, 08 février 2015

Bébé Tigre

   Dans ce billet, il ne va pas être question d'un pays en développement d'Asie du Sud-Est, mais d'immigrés indiens en France. Ces jeunes hommes sont des sikhs, adeptes d'une religion minoritaire, qui s'est développée entre l'hindouisme et l'islam. Voilà pourquoi on aperçoit de nombreux turbans dans ce film, en particulier quand les hommes se rendent au temple.

   Le "bébé tigre" est Many (Harmandeep Palminder, une révélation), un adolescent à statut particulier : il est mineur isolé étranger, entré clandestinement, mais sans adulte référent, puisque c'est sa famille qui l'a envoyé en France. Or, à 15 ans, âge auquel il arrive dans notre pays, un enfant doit être scolarisé. C'est la source du premier conflit, le garçon voulant surtout gagner de l'argent pour l'envoyer à sa famille.

   Les choses ne se passent pas comme prévu parce que Many se révèle doué à l'école... et aussi en affaires. Il travaille au noir, pour le compte d'un compatriote qui gère aussi une filière d'immigration clandestine... et qui est pour Many une sorte de père de substitution. (Vikram Sharma est excellent dans le rôle). Le second conflit tourne autour de la légalité. Jusqu'où le garçon est-il prêt à aller ?

   Dans le même temps, il s'intègre à son environnement scolaire. Il peut même envisager de nouer une relation avec une ravissante Black, Elisabeth. Mais il risque de ne pas pouvoir tout gérer... surtout s'il doit mentir à sa famille d'accueil.

   Dit comme ça, cela donne peut-être l'impression d'être un film sociologique à thèse, pesant. Ce n'est pas le cas. Les acteurs, pour la plupart non professionnels, sont très bien dirigés et criants de vérité. Une réjouissante fraîcheur émane des scènes entre adolescents. Le travail de documentation du réalisateur a nourri l'ensemble de l'histoire, d'un grand réalisme, avec quelques moments de poésie, comme lors de cette journée en costumes traditionnels.

   Par certains côtés, cette oeuvre m'a rappelé L'Esquive, d'Abdellatif Kechiche (en moins violent, sur le plan verbal) ou encore La Désintégration, de Philippe Faucon (en moins désespéré).

   P.S.

   Sur le site du distributeur, on peut télécharger un dossier de presse très bien fichu.

La Nuit au musée 3

   On retrouve Ben Stiller et sa bande de potes pour le troisième volet de leurs aventures (plus ou moins) délirantes. Cette fois-ci, le relais est passé d'un musée américain au British Museum de Londres. La séquence inaugurale (tout comme la finale) ne s'en déroule pas moins aux Etats-Unis. Elle pose le problème et s'achève par un beau bordel !

   Mais les meilleurs moments comiques sont réservés aux épisodes britanniques. Cela commence quand Larry (Ben Stiller, sobre, presque trop) découvre quels sont ceux de ses compagnons qui ont réussi à se joindre à lui. Par contre, l'introduction du personnage de la gardienne stupide n'est pas une réussite. Ses interventions sont en général assez bas de plafond et ne m'ont pas fait rire, sauf avec le Néandertal Laaa.

   Ce dernier est l'une des agréables nouveautés de ce volet. Il ressemble étrangement au gardien et le considère comme son père. Cela nous vaut plusieurs moments réussis, notamment un dans la cuisine du British Museum. Quant au personnage de Lancelot (bien interprété par Dan Stevens), il est doté d'un certain allant. Il apporte parfois une touche comique inattendue mais, comme les scénaristes l'ont utilisé pour faire rebondir l'intrigue, il a aussi un rôle négatif, ce qui rend son image moins lisible. (Il est un peu à l'image de l'opinion que les Américains ont de leurs cousins britanniques.)

   Les meilleurs gags sont liés aux personnages classiques. L'adorable et facétieux capucin Dexter, comme on a pu le voir dans la bande-annonce, sait utiliser ses liquides corporels fort à propos. Il est toujours aussi stupéfiant d'humanité dans sa gestuelle... et très émouvant sur la fin, quand il dit adieu au gardien.

   J'ai aussi beaucoup aimé retrouver les deux hommes miniatures (le cowboy et le légionnaire), incarnés avec gourmandise par Owen Wilson et Steeve Coogan, ce dernier très ambigu quant à sa sexualité... (Les spectateurs attentifs remarqueront les quelques allusions qui passeront au-dessus de la tête des bambins.)

   Comme les effets spéciaux sont chouettes (peut-être meilleurs que dans le premier volet) et la musique entraînante, on passe un bon moment et on est indulgent pour les faiblesses du film (notamment les dialogues). On peut aussi se passer de la leçon de morale familiale et se sentir plus touché par la prestation de Robin Williams en Théodore Roosevelt. A un moment de l'histoire, il demande au gardien, de manière prémonitoire, de les "laisser partir" (c'est-à-dire mourir). De retour aux Etats-Unis, il est le dernier personnage animé à se figer pour l'éternité.

   P.S.

   Le site officiel propose quelques jeux sympatoches.

12:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 07 février 2015

Souvenirs de Marnie

   Cette production du studio Ghibli (coproduite par Disney !) est signée Hiromasa Yonebayashi, un nom qui ne vous dit sans doute pas grand chose... mais sachez qu'il est le réalisateur d'Arrietty, un petit bijou d'animation sorti il y a quelques années. Auparavant, il a fait ses premières armes aux côtés d'Hayao Miyazaki : il a eu en charge les effets visuels du splendide Voyage de Chihiro.

   On retrouve la qualité de l'animation (même si l'on n'atteint pas tout à fait la virtuosité du maître Miyazaki). Soyez notamment attentifs aux mouvements, ceux des humains comme ceux des objets : par exemple, quand l'héroïne Anna tourne les pages de son cahier de dessins ou quand le couple qui l'héberge pour les vacances se trouve à table (les mouvements de baguettes sont rendus avec un réalisme stupéfiant). Ces dernières scènes sont tellement réussies qu'elles mettent en appétit ! Voilà donc un film à voir juste avant un bon resto.

   L'histoire semble hyper classique au premier abord : une orpheline de douze ans connaît des problèmes de santé et elle a du mal à s'intégrer à sa nouvelle école, où l'a inscrite sa mère adoptive. On l'envoie à la campagne, en bord de mer. C'est là qu'elle va faire des rencontres déterminantes. La plus importante d'entre elles est celle de Marnie, aussi blonde qu'Anna est brune, aussi intrépide qu'Anna est timorée.

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   Une belle amitié se développe, dans un contexte mystérieux. C'est le soir et la nuit que les deux enfants se rencontrent, lorsque le manoir isolé, où habite Marnie, s'illumine. Mais le jour, il semble abandonné.

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   On commence à se poser des questions. Anna est-elle atteinte d'une maladie mentale, ou bien quelque chose de surnaturel est-il à l'oeuvre dans cette zone marécageuse ? Qui est réellement Marnie par rapport à Anna ? Des indices nous sont donnés, en particulier dans quelques scènes très courtes, celles des rêves d'Anna.

   D'autres personnages vont contribuer à éclaircir le mystère : le pêcheur muet, l'aquarelliste âgée et la nouvelle voisine, une gamine à lunettes curieuse comme tout, qui introduit un peu d'humour dans cette histoire mélancolique. Y contribuent aussi les époux qui accueillent Anna, un duo bienveillant et assez truculent, dans la tradition de l'animation japonaise.

   Cela donne un ensemble hétéroclite, étrange, émouvant et drôle à la fois, sur un rythme qui m'a toutefois paru un peu lent.

12:33 Publié dans Cinéma, Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 06 février 2015

Taken 3

   Olivier Megaton et Luc Besson ont remis le couvert sur les aventures de l'ancien agent de la CIA Bryan Mills (le premier volet ayant été réalisé par Pierre Morel). Pour accompagner Liam Neeson, on retrouve, côté féminin, la charmante (mais parfois transparente) Maggie Grace et (au début uniquement) Famke Janssen, qui a eu l'obligeance de se libérer entre deux aventures des X-Men. Côté masculin, Leland Orser (un vétéran des séries télévisées) apporte une touche de fantaisie.

   Au niveau du casting (si on laisse du côté les méchants plus ou moins caricaturaux), la nouveauté est l'arrivée de Forest Whitaker, qui semble débarquer d'un épisode de Criminal Minds: Suspect Behavior (pour ceux qui connaissent).

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   Il incarne (habilement) un enquêteur atypique... mais les scénaristes ont veillé à ce qu'il ne prenne pas trop de place dans l'intrigue (tout comme les autres personnages "secondaires"). La vedette est et doit rester Liam Neeson.

   Le héros a un peu vieilli. S'il est en grande forme pour quelqu'un qui a dépassé soixante ans, à plusieurs reprises, on sent qu'il est un peu "juste" pour incarner une machine à tuer. Les scènes d'action n'en sont pas moins plaisantes, à commencer par la première poursuite, au montage haletant. Les bagarres sont assez convaincantes, si l'on supporte le fait que le héros ne soit touché par quasiment aucune balle des méchants, alors que plusieurs d'entre eux sont des professionnels aguerris.

   Autre point positif du film : les décors. J'ai particulièrement apprécié la tanière du héros et l'hôtel de luxe ultra-sécurisé où séjourne le chef mafieux. Ce bâtiment est d'ailleurs le théâtre de l'une des plus belles séquences. Les amateurs d'action pure apprécieront aussi l'introduction d'un avion, tout à la fin.

   Mais, même si on laisse de côté certaines invraisemblances, le film souffre d'un autre défaut : la médiocrité des dialogues (dans la version française), en particulier ceux qui accompagnent les scènes intercalées entre les moments d'action. Si l'on est indulgent, l'ensemble constitue un divertissement très correct, mais moins abouti qu'Equalizer, par exemple.

11:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 03 février 2015

Charlie's country

   Le pays de Charlie est l'Australie... enfin, c'est le nom que les colons venus d'Europe lui ont donné. Lui appartient au peuple d'origine, ces Aborigènes nomades, chasseurs-cueilleurs-pêcheurs, qui ont aujourd'hui souvent oublié qu'ils vivaient jadis en harmonie avec la nature.

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   On découvre d'abord notre héros dans sa vie quotidienne, toujours à joindre les deux bouts, bricolant de-ci, de-là, pas toujours dans la légalité... et prenant parfois un malin plaisir à rouler ces "White bastards" (je vous laisse le soin de traduire). On remarque d'ailleurs que lui et ses vieux potes (tout aussi barbus, chevelus... et grisonnants que lui) ne pratiquent aucune discrimination dans ce domaine, arnaquant aussi bien des trafiquants de drogue que des membres des forces de l'ordre.

   Pour des raisons que je vous laisse le soin de découvrir, Charlie décide de tenter le retour à la nature et à la terre de ses ancêtres. Cela ne se passe pas tout à fait comme il l'avait envisagé, d'autant plus qu'il n'est plus le jeune homme vigoureux qui était capable d'avaler des dizaines de kilomètres à la suite (à pieds, bien évidemment). Si vous ajoutez à cela une tendance un peu trop prononcée à la fumette, personne ne s'étonnera qu'un séjour en hôpital se profile à l'horizon.

   L'homme du bush va curieusement se fixer en ville et rejoindre une communauté d'aborigènes glandeurs et alcooliques, symboles de la décadence de son peuple. Le second choc arrivera bien vite. Il va conduire le héros dans un lieu encore plus éloigné de ses préoccupations quotidiennes. Superbe est la scène de la tondeuse, qui transfigure Charlie. Paradoxalement, cet épisode, marqué par la répétition et la monotonie des journées, va lui apporter un peu de paix. Une nouvelle étape s'amorce grâce à une fonctionnaire d'Etat, avec laquelle s'engage une série de conversations caustiques (notamment autour de l'alcool et de la fréquentation des personnes qui en consomment).

   Je laisse à chacun le soin de découvrir comment tout cela se termine.

   P.S.

   Attention, c'est un film un peu bizarre, qui évolue à son rythme. Le réalisateur Rolf de Heer avait déjà tourné avec l'acteur principal (et ici co-scénariste) David Gulpilil dans 10 canoës, 150 lances, 3 épouses. Le visage de ce dernier n'est de surcroît pas inconnu des cinéphiles, qui ont pu le voir dans des productions aussi diverses qu'Australia, Le Chemin de la liberté (à voir si vous en avez l'occasion) et même Crocodile Dundee !

00:57 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 01 février 2015

Queen and country

   John Boorman fait partie de ces réalisateurs qui ne cherchent pas à occuper les écrans à tout prix. Il n'a tourné qu'une vingtaine de films en cinquante ans de carrière (pas tous réussis, ceci dit). Les cinéphiles les plus âgés ont été marqués jadis par Délivrance. Leurs cadets ont été éblouis par Excalibur (qui a un peu vieilli).

   Queen and country est une oeuvre autobiographique. Le réalisateur ressuscite ses débuts dans l'âge adulte, à une époque où le Royaume-Uni est engagé dans la guerre de Corée (aux côtés des Etats-Unis) et où la jeune Elisabeth II est sur le point de succéder à George VI.

   La famille du héros est assez originale. Elle vit sur une petite île fluviale, à laquelle on ne peut accéder que par barque, après avoir sonné une cloche. Si le père incarne une autorité martiale traditionnelle, on comprend peu à peu que la mère n'a pas tout à fait respecté les règles que la bienséance impose aux épouses bourgeoises de son époque. C'est encore pire au niveau de la fille aînée (Vanessa Kirby, délicieuse). Cette gredine délurée s'est déjà fait engrosser deux fois (dont une à 17 ans... My God !) et vit désormais seule... enfin sans compagnon officiel.

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   J'ai trouvé toutes les scènes de famille très réussies. Elles sont tournées pour la plupart de jour, sous une lumière magnifique. Accessoirement, c'est dans le contexte familial que le héros va entrer en contact avec le monde du cinéma : des studios de tournage se trouvent à proximité et il arrive que des scènes soient tournées sur l'île. Bill est aussi un ardent cinéphile, amateur des oeuvres d'Alfred Hitchcock et emballé par la virtuosité d'un réalisateur japonais jusqu'alors inconnu (Akira Kurosawa), auteur du superbe Rashomon.

   Sa vie bascule avec sa convocation pour le service militaire. Si l'influence de grands films de guerre américains est perceptible à l'écran, Boorman veille à mener cette partie de l'intrigue à sa façon, c'est-à-dire avec humour et tendresse. C'est d'abord une histoire d'amitié entre Bill le grand timide et Percy le rouquin audacieux, celui-ci incarné par Caleb Landry Jones, remarqué il y a deux ans dans Antiviral.

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   Les deux compères vont tenter de contourner le règlement strict de la caserne, épaulés par un vieux renard vaguement handicapé, interprété (avec talent et enthousiasme) par Pat Shortt. Une horloge sert de fil rouge à l'histoire. Je n'en dirai pas plus... Signalons aussi l'excellente composition de David Thewlis en sergent-major Bradley. C'est un habitué des seconds rôles, que l'on a pu voir notamment dans Harry Potter et Cheval de guerre.

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   L'autre versant de l'histoire est constitué des débuts amoureux des deux jeunes hommes. Percy engage les manoeuvres d'approche auprès de deux spectatrices d'un concert de musique classique, pendant que Bill ne pense qu'à sa mystérieuse inconnue, si chic... mais inaccessible. Les pérégrinations des deux compères sont assez drôles, avec notamment une histoire de téton collé à une vitre qui vaut son pesant de cacahuètes !

   Je pense qu'au travers de tous ces éléments, John Boorman a voulu montrer comment il s'était construit comme homme et comme (futur) cinéaste. Mais on peut se contenter de regarder le film comme une chronique douce-amère d'une Angleterre qui n'existe plus.

14:18 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 31 janvier 2015

Into the Woods

   Walt Disney revisite les contes de fées, à la mode comédie musicale... mais pas sous la forme d'une animation. De vrais acteurs ont été requis, accompagnés d'une foultitude d'effets spéciaux.

   Une intrigue principale (un couple de boulangers auquel une sorcière promet une grossesse -et donc un enfant- s'ils travaillent pour elle) est placée à l'intersection de plusieurs histoires, celle du Petit Chaperon rouge, celle de Cendrillon, celle de la Princesse Raiponce et celle de Jack et le haricot magique.

   Cela marche parce que les décors comme les effets spéciaux sont très bons. J'ai retrouvé avec plaisir l'ambiance de mystère et de féérie des histoires de mon enfance. Mais ce n'est pas tout à fait dans l'esprit acidulé des anciennes adaptations de chez Disney. Les contes d'origine sont plus cruels que celles-ci et l'on en a tenu compte (ainsi sans doute que des réflexions de Bruno Bettelheim). Ce sont de bonnes leçons de vie.

   Du coup, il y a un paquet de second degré dans ces historiettes. Le Petit Chaperon rouge, sous ses dehors de gentille fille obéissante, n'est qu'une immonde goinfre, dont le visage angélique cache une redoutable voleuse. Quant aux deux princes charmants (celui de Cendrillon et celui de Raiponce), ils se livrent à un duel vocal assez inattendu, en tenues moulantes... et je ne vous dis pas ce que devient par la suite l'un d'entre eux.

   Globalement, je trouve quand même que les personnages féminins sont les plus réussis. A tout seigneur, tout honneur, voici donc Meryl Streep, éblouissante en sorcière-mère-poule :

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   Face à ce monstre sacré (qui, de surcroît, sait pousser la chansonnette... à écouter en V.O. sous-titrée), on aurait pu croire que les autres actrices auraient du mal à exister. C'est le cas pour quelques-unes d'entre elles, mais d'autres se débrouillent très bien, à commencer par la délicieuse Emily Blunt (rappelez-vous, dans Lopper et Edge of tomorrow...) :

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   Cette épouse (presque) soumise au début, va petit à petit s'affirmer et jouer un rôle déterminant dans l'achèvement de l'entreprise de son mari. Audace suprême, vers la fin, elle ose faire passer son plaisir avant son devoir.

   La troisième actrice marquante de cette superproduction est Anna Kendrick, à qui a échu la lourde tâche d'incarner Cendrillon. Elle s'en sort très bien, alors que l'intrigue, qui se poursuit après la traditionnelle conclusion de chacun des contes, fait évoluer son personnage de manière assez inattendue, mais très contemporaine :

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   A leurs côtés, il faut signaler Lilla Crawford en Petit Chaperon rouge (dont on reparlera sans doute) et le trio qui incarne la belle-mère et les demi-soeurs de Cendrillon.

   Face à cette brochette de talents en jupons, les mâles font pâle figure. il n'y a guère que Johnny Depp en Grand Méchant Loup qui tire son épingle du jeu. Mais les princes comme le gamin sont insupportables, trop monolithiques et stéréotypés dans leur jeu. Et que dire de James Corden, chargé sans doute d'incarner l'Américain moyen, un peu enveloppé, un peu idiot, un peu macho, mais pas mauvais gars au fond...

   Mais ce n'est pas le plus gros défaut du film. Je veux bien entendu parler des chansons. Si quelques-unes sont assez bien troussées, la plupart sont sans intérêt et ralentissent inutilement l'intrigue. C'est vraiment dommage, parce que l'emballage est superbe et certaines prestations d'actrices méritent vraiment le détour.

 

22:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 30 janvier 2015

L'Affaire SK1

   Ce polar est consacré à la traque du "tueur de l'Est parisien", Guy Georges. Il a été tourné de manière à nous présenter le travail des enquêteurs et l'engagement des avocats de la défense. Le tueur lui-même est surtout un objet d'étude dans le film : on ne le voit jamais commettre l'un des assassinats. Quant à l'action de la justice, elle n'est qu'esquissée. Je reviendrai plus loin sur ces deux derniers points.

   Les acteurs sont très bons, même Raphaël Personnaz, qui ne m'avait pas trop convaincu dans Le Temps des aveux. Il retrouve d'ailleurs Olivier Gourmet, qui ne déçoit pas. Du côté des flics, il faut aussi signaler Michel Vuillermoz et Thierry Neuvic, pour les hommes, et Chloé Stéfani, pour les femmes. Du côté des avocats, Nathalie Baye comme William Nadylam sont très bien.

   Mais la véritable "perle" de la distribution est Adama Niane, qui incarne Guy Georges de manière supéfiante :

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   Pour les "vieux" dans mon genre, ce film est l'occasion de constater à quel point la France a changé en une vingtaine d'années. Le téléphone portable n'y occupait qu'une place marginale... et les commissariats étaient sous-équipés en matériel informatique.

   Sur le plan de l'intrigue, il n'y rien à dire. C'est propre et bien fichu. Alternent à l'écran les moments de tension et les séquences de "décompression". La sauvagerie des assassinats n'est que suggérée, par l'intermédiaire des cadavres des jeunes femmes.

   C'est aussi la principale limite du film. Et ce n'est à mon avis pas involontaire. On a voulu éviter que les spectateurs ne jugent le tueur à partir des meurtres qu'il a commis. Le film "lui donne sa chance" (d'autant plus qu'il est très bien interprété). Il est presque tout le temps calme. A deux reprises seulement, il s'énerve un peu. Quand on voit l'état dans lequel il a laissé les corps et quand on entend les extraits des rapports de police ou des médecins légistes, on a peine à croire qu'il s'agisse du même homme. A cela s'ajoute la grande place laissée aux arguments des avocats, qui ont longtemps cru ou fait semblant de croire à l'innocence de leur client. On finit par nous servir un propos sociologisant, faisant du monstre uniquement le produit de notre société. Allez dire cela aux familles des victimes...

   Certains spectateurs pourront aussi s'étonner que l'aspect "ethnique" de l'affaire soit escamoté. Guy Georges est un métis, fils d'un soldat noir américain et d'une Française blanche, qui l'a abandonné. Or, dans sa "carrière" de violeur et tueur en série, il ne s'est attaqué qu'à des jeunes femmes blanches...

   Enfin, si le film pointe les dysfonctionnements de la police, il passe très rapidement sur l'étonnante indulgence (incompétence ?) de la justice, qui a, à plusieurs reprises, rapidement laissé libre un individu déjà identifié comme extrêmement dangereux. La lecture de la fiche Wikipédia qui lui est consacrée est à cet égard éclairante.

   A ceux qui l'ignoreraient, précisons que ce tueur considéré comme irrécupérable est libérable, en théorie, à partir de 2020. Il aura 58 ans...

 

23:35 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 25 janvier 2015

108 Rois-Démons

   Cette coproduction franco-belgo-chinoise adapte une légende du "pays du milieu". Dans des décors animés sont insérés les évolutions des acteurs, dont on a capturé les mouvements. Le résultat est parfois surprenant, mais de qualité sur le plan visuel.

   L'histoire part sur des bases classiques : l'assassinat d'un empereur et l'arrivée au pouvoir d'un régent comploteur. Le prince héritier va devoir échapper à la mort qu'on lui promet. Dans le même temps, l'ancien chef de la garde impériale se retrouve mis au ban de la société, mais il va faire d'étonnantes rencontres.

   La grande réussite de cette animation est la caractérisation des personnages. Le prince héritier est au départ un gamin obèse et capricieux, un fils unique qui n'est pas sans évoquer ceux qu'on appelle "les petits empereurs" dans la Chine contemporaine. Un vieux sage (un peu magicien), le Maître Céleste (qui a des airs du Yoda de Star Wars) va le sauver et le remettre dans le droit chemin, à coups de bâton sur le crâne s'il le faut. La deuxième partie du film, qui met en scène cet improbable duo, est souvent très drôle.

   On en vient rapidement à s'intéresser à une bande de marginaux qui va se constituer autour de Tête-de-Léopard... Oui, tous ont un surnom "qui claque", comme Tourbillon-Noir, Vipère-Jaune, Mort-Prématurée ou encore Scorpion-de-Fer. Cette troupe hétéroclite m'a fait penser aux compagnons de Robin des Bois.

   Quant au principal personnage féminin (Vipère-Jaune), il semble s'inspirer de l'une des protagonistes du Secret des poignards volants (de Zhang Yimou), qui manie à la perfection de longs rubans de tissu. Se joint à la troupe une gamine à l'imagination débridée, qui va apprendre à écrire (au pinceau) et devenir la narratrice de l'histoire.

   L'intrigue est bien construite, ménage des rebondissements. A intervalle régulier, on nous sert de bonnes scènes d'action. Mais ce sont surtout les pointes d'humour qui m'ont plu. Les marginaux se chambrent souvent et les enfants (pas trop caricaturaux, c'est à signaler) sont sources de gags. Et, comme les personnages des "méchants" (principalement le régent et son bras droit à la mémoire défaillante) sont eux aussi réussis, on passe un bon moment.

   P.S.

   Le public francophone appréciera de voir le mouvement des lèvres des personnages correspondre aux répliques qu'ils prononcent, phénomène suffisamment rare dans le monde de l'animation pour être signalé.

11:53 Publié dans Chine, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 21 janvier 2015

Festival Télérama 2015

   Du 21 au 27 janvier, les cinémas qui ont noué un partenariat avec l'hebdomadaire culturel "de référence" permettent de (re)voir (à tarif réduit) quelques bons et moins bons films d'art et essai de l'année écoulée. (Ce sont les seize préférés des critiques maison.)

   Le numéro sorti ce mercredi contient la liste des cinémas partenaires. En Aveyron, il s'agit uniquement de La Strada, à Decazeville, et du Cap Cinéma de Rodez. Et encore, seule une partie des films est proposée aux spectateurs rouergats. Ainsi, il faut sortir du département pour trouver une salle (re)programmant le superbe Ida (un concurrent sérieux de Timbuktu dans la course à l'Oscar du film en langue étrangère).

   Heureusement, à Rodez comme à Decazeville, The Grand Budapest Hotel est disponible, en version originale sous-titrée. Il vient de décrocher neuf nominations aux Oscar 2015. A cette occasion, j'ai découvert avec étonnement que l'entraînante musique qui accompagne le film est l'oeuvre du Français Alexandre Desplat, qui "a la cote" à Hollywood.

   Il avait d'ailleurs déjà travaillé sur les précédents longs-métrages de Wes Anderson (Fantastic Mr Fox et Moonrise Kingdom). En consultant sa filmographie, j'ai pu constater qu'il avait contribué à l'habillage de nombre de films que j'ai beaucoup appréciés.

   Aux spectateurs de The Grand Budapest Hotel, je conseille donc de ne pas quitter la salle trop vite. Le générique de fin est un festival de balalaïkas et, dans sa seconde partie, il est agrémenté d'un personnage animé, dont je me garderai bien de décrire les évolutions à l'écran.

samedi, 17 janvier 2015

Invincible

   Si le titre français du nouveau film d'Angelina Jolie est bien choisi, il n'est toutefois pas aussi pertinent que l'original, Unbroken. Il donne bien la tonalité de l'histoire, celle du fils d'immigrés italiens que rien ne va briser, que ce soit le racisme des gamins de son âge, l'action de la police (contre ce voleur à la tire), le talent de ses adversaires en course, la faim, la soif, les blessures, les requins... et même la fixation sadique qu'un commandant de camp fait sur lui.

   La première heure est construite sur des allers-retours entre la période de guerre dans le Pacifique (au début des années 1940) et la jeunesse du héros. A l'écran, c'est magnifique. Dès le début, on est cueilli par ce plan aérien où, petit à petit, on commence à distinguer les bombardiers qui se détachent des nuages. A plusieurs reprises, on constate le très grand soin apporté à la photographie. La qualité de la mise en scène est aussi visible au niveau de la construction des plans. Les scènes sportives sont bien fichues, mais ce sont les scènes de camp qui sont les plus impressionnantes. La réalisatrice varie les angles de prise de vue et certains mouvements de caméra sont particulièrement judicieux. Je pense notamment au moment où les prisonniers, qui viennent de changer de camp, attendent, alignés dans la cour et entendent les pas du directeur, qui descend les escaliers de son logis.

   Il y a donc plusieurs films dans cet Invincible. Certains seront surpris de voir que les années 1930 ne sont présentées que sous l'angle nostalgique. (Et la crise, alors ?) Le passage par les Jeux de Berlin est aussi ambigu : c'est surtout un moment d'émerveillement pour le jeune homme, qui va se faire un nom en battant le record du dernier tour du 5 000 mètres. (Pour la petite histoire, sachez que c'est un petit-fils de Zamperini qui incarne le porteur de la flamme olympique !) On ne nous dit toutefois pas qu'il a terminé huitième de la finale, remportée par un duo d'increvables Finlandais. On ne montre pas non plus sa rencontre avec Adolf Hitler. Il est vrai que cela aurait perturbé le propos du film et que cela ne révèle rien sur le personnage. Plus tard, devenu soldat, il a prouvé qu'il ne se laissait pas acheter. (Aux curieux, je recommande un article de Slate, qui confronte le scénario du film à ce que l'on sait de la vie de Louis Zamperini.)

   Nous voilà projetés dans la guerre du Pacifique. Les scènes de combat aérien sont "chouettes". (Signalons la qualité des effets spéciaux, particulièrement visibles à cet instant, mais tout aussi efficaces -et plus discrets- à d'autres moments.) Angelina Jolie tire un bon parti des possibilités offertes par un bombardier. Vient ensuite la séquence de l'errance en mer. Trois des onze membres de l'équipage ont survécu à l'accident. Si ce n'est pas la partie du film la plus rythmée, elle n'est pas la moins intéressante. On se demande ce qui, de la faim, de la soif, de la tempête, des Japonais ou des requins est le plus dangereux. D'un point de vue physique, on voit la santé des personnages se dégrader : au-delà d'un style assez hollywoodien, le souci de réalisme est présent.

   Il est même omniprésent dans la troisième partie, celle de l'emprisonnement, au Japon. Les survivants vont passer par un camp de la jungle avant de rejoindre ce que l'on peut sans conteste appeler un camp de concentration. Ils vont y découvrir le sadisme du commandant Watanabe (très bien interprété par un musicien japonais, Miyavi). On sent qu'Angelina Jolie a vu et apprécié Le Pont de la rivière Kwaï et Furyo. J'ai cependant trouvé que certains effets étaient trop appuyés, en particulier dans la séquence de la poutre, un grand moment que je me garderai bien de raconter.

   Zamperini (incarné avec conviction par Jack O'Connell) devient une figure quasi christique. Au cours de la guerre, il s'est converti et cela a influé sur sa vie ultérieure. Cela contribue à renforcer le côté extraordinaire du personnage. Non seulement il était doté d'une santé et d'une volonté de fer, mais il a été capable de prendre du recul sur ce qu'il vivait.

   C'est un film à voir.

mercredi, 14 janvier 2015

Captives

   L'intrigue entremêle principalement deux époques : celle à laquelle l'enfant a été enlevée et celle qui voit ses parents et la police se rapprocher de la vérité sur ses ravisseurs, huit ans plus tard.

   Attention toutefois : ce n'est pas présenté de manière linéaire et, cerise sur le gâteau, on a ajouté des scènes qui se situent chronologiquement entre les deux époques. Cela donne un puzzle scénaristique qui, s'il nécessite de la part des spectateurs un réel effort d'attention, contribue à accentuer l'aspect dramatique de l'histoire.

   C'est servi par une excellente distribution, composée principalement d'habitués des seconds rôles et des séries télévisées. La plus connue est Rosario Dawson, récemment vue dans Sin City 2. Elle incarne une pugnace enquêtrice de la brigade des mineurs, qui va bénéficier de l'aide d'un flic de base, plutôt "rugueux" dans ses méthodes de travail.

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   Mais c'est le couple de parents formé par Mireille Enos et Ryan Reynolds (remarqué dans l'excellent Buried) qui m'a le plus marqué. La mère n'a plus de vie depuis la disparition de sa fille... d'autant que quelqu'un semble s'amuser à jouer avec ses nerfs. Quant au père, il pense encore pouvoir retrouver la gamine après toutes ces années, mais ne fait aucune confiance à la police, qui l'a d'abord considéré comme le suspect principal.

   L'ambiance est tendue, sur le fil du rasoir. La musique est au diapason. On perçoit bien la souffrance psychologique des parents et l'on a une idée précise du pouvoir de nuisance dont disposent les "méchants" (un peu trop machiavéliques à mon goût cependant). Au bout d'un moment, on comprend que les allers-retours entre le présent et le passé convergent vers la résolution de l'énigme, que je me garderai de révéler.

   Si l'on aime le style "polar glacé", je conseille vivement.

19:48 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

lundi, 12 janvier 2015

Exodus : Gods and Kings

   Ridley Scott est de retour avec une superproduction hollywoodienne. Ses dernières oeuvres m'ont un peu laissé sur ma faim, de l'agaçant Robin des Bois au très réussi American Gangster, en passant par les corrects (sans plus) Prometheus et Mensonges d'Etat.

   L'une des premières séquences confirme, s'il était nécessaire, le savoir-faire du réalisateur dans les scènes d'action. Il est question de la bataille de Qadesh, qui opposa les Egyptiens aux Hittites. Le tout est servi par une pléiade d'acteurs connus, Christian Bale se détachant nettement du lot dans le rôle de Moïse. Par contre, on ne peut que regretter le choix de Joel Edgerton pour incarner Ramsès. D'autres personnes avaient été pressenties. Dommage... d'autant plus que le doublage n'est pas très réussi.

   Ceux qui ont vu Les Dix Commandements ne seront pas surpris par le déroulement de l'intrigue. Scott introduit toutefois une nouveauté qui a produit son petit effet : la présence d'un enfant, qui parle comme un adulte et que Moïse est le seul à voir (ainsi que les spectateurs, bien sûr). Cette incarnation divine est une excellente idée, d'autant plus qu'elle commence à apparaître à Moïse après qu'il a été victime d'un accident (avec plaie à la tête). Le scénario joue sur les deux tableaux, tentant de satisfaire aussi bien les croyants que les sceptiques.

   Cela se vérifie lors de la grande séquence de la mer Rouge. On peut interpréter le retrait des eaux aussi bien comme un phénomène naturel que comme le résultat d'une intervention divine. La suite est plus classique, mais elle a été précédée d'une éblouissante scène de poursuite en chars égyptiens, à flancs de montagne.

   Tout aussi impressionnante est la représentation des dix plaies d'Egypte. Cela constitue un véritable morceau de bravoure, une des plus belles réussites visuelles de ces derniers mois. Toujours aussi habile, Ridley Scott présente ces catastrophes comme des punitions divines mais, par la voix de l'un des personnages, il en propose aussi une explication rationnelle (ce en quoi il rejoint certains scientifiques).

   Ces moments épiques sont entrecoupés d'intermèdes intimes. Au palais, les scènes sont assez convenues, plutôt clinquantes, mais convaincantes. On retrouve avec plaisir la délicieuse Golshifteh Farahni (naguère étincelante dans Syngué Sabour) en reine Nefertari. Les péripéties qui se déroulent dans la ville du vice-roi Hegep sont plus palpitantes. Moins vraisemblable est par contre l'intrigue conjugale, qui vise le public "familial".

   Malicieux, au moment où il est question de la remise des Dix Commandements, Ridley Scott abandonne la surenchère numérique pour donner une version somme toute sobre de la gravure du texte sacré. C'est un peu à l'image du film, une grosse machine bien huilée dans laquelle le réalisateur a introduit quelques grains de sable personnels.

   Un soir, pour se détendre, dans une grande salle (après avoir vidangé la vessie), c'est idéal.

23:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 10 janvier 2015

Night Call

   La première partie du film nous présente ce drôle de rôdeur nocturne, un jeune homme solitaire, aux traits émaciés, qui s'exprime doucement et de manière presque obséquieuse... mais qui ne recule pas devant un acte illégal. Jake Gyllenhaal (récemment vu dans Enemy et Source Code) excelle à incarner ce quasi-raté, avec son improbable coiffure (il doit se peigner les cheveux à l'eau... et ne pas se les laver régulièrement).

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   Il semble végéter dans ses combines à la petite semaine quand, une nuit, il arrive par hasard sur les lieux d'un accident. A sa grande surprise, un quidam filme les événements, avant d'appeler une chaîne de télévision pour lui proposer les images... moyennant rémunération. Lou Bloom a la révélation : voilà sa vocation !

   La deuxième partie de l'histoire nous le montre dans ses premiers pas de "crash reporter" free lance... L'intrigue prend de l'épaisseur, dénonçant la course à l'audience et aux images chocs des chaînes de télévision. Dans le même temps, on suit ce nouvel auto-entrepreneur, énième incarnation de Rêve américain... et de ses dérives : Lou a intériorisé l'ultralibéralisme ambiant et en reproduit le schéma avec son employé.

   Celui-ci est incarné par Riz Ahmed, une vieille connaissance des cinéphiles, puisqu'il était l'un des principaux acteurs de deux très bons films engagés : The Road to Guantanamo et We are four lions, une comédie satirique sur un groupe d'apprentis djihadistes occidentaux.

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   Mais c'est avec une femme que les relations du héros vont être les plus albiguës. Rene Russo incarne avec un talent fou la directrice de l'info d'une petite chaîne californienne. Entre eux deux, c'est un peu la dialectique du maître et de l'esclave. On se demande qui dépend le plus de l'autre. Au départ, c'est évidemment le néo-reporter qui est dans la dépendance de la patronne. Puis la situation évolue, avec pour point d'orgue une fantastique séquence de restaurant. Mais la situation n'est pas figée...

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   Lou est ambitieux... et pas maladroit avec une caméra. La suite de l'histoire nous montre ses progrès. Il comprend que, pour battre ses concurrents (il n'est pas le seul à marcher sur les plates-bandes de la police pour se faire du blé), il lui faut sortir des sentiers battus. Le film prend une autre dimension quand le héros décide de ne plus se contenter d'attendre qu'un accident ou un fait divers se produise. La dernière partie de l'intrigue, toute en montée de tension, tourne autour d'un duo de cambrioleurs ultra-violents. Cela nous vaut notamment une superbe poursuite automobile, dans les rues de Los Angeles (très bien filmée de nuit).

   A voir absolument... et c'est sans doute l'un des meilleurs films de  2014, qui aurait figuré en bonne place dans mon palmarès si je l'avais vu plus tôt !

10:53 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

vendredi, 09 janvier 2015

Cours sans te retourner

   Bien qu'adaptée d'un roman, l'intrigue s'inspire d'une histoire vraie, celle d'un gamin juif de Pologne, séparé de ses parents au cours de la Seconde guerre mondiale, et qui a surmonté d'incroyables épreuves pour arriver à s'en sortir.

   C'est d'abord destiné aux enfants... et cela se sent. Les effets sont appuyés (ne parlons pas de la musique...) et, pour les vieilles bourriques dans mon genre qui ont déjà vu pas mal de films sur un sujet approchant, cela manque d'originalité au niveau de la mise en scène.

   Que reste-t-il de tout cela ? Eh bien les anecdotes (avec pas mal de rebondissements) et la prestation de certains acteurs. J'ai trouvé très belles les scènes faisant intervenir la mère de famille esseulée qui va recueillir le gamin. Comme, de surcroît, elle a les traits (et le charme...) d'Elisabeth Duda, cela passe très bien. Subtile aussi est la partie du film qui voit le jeune héros s'installer définitivement (?) à la campagne, où il sembler trouver une seconde famille.

   L'histoire brosse un tableau nuancé de la Pologne des années sombres. On sent chez le réalisateur la volonté de montrer que, si une partie des catholiques se sont comportés comme de gros enculés vis-à-vis des juifs, d'autres ont été de véritables héros, mettant en danger leur vie (voire celle de leurs proches) pour sauver des civils victimes d'une des pires oppressions que le monde ait connue.

   C'est quand même globalement maladroit... et parfois extrêmement cliché, notamment quand on suit une bande de gamins réfugiés dans les bois. Cela tourne presque au documentaire sur les scouts. Enfin, j'ai été très gêné par l'une des dernières séquences, lorsqu'un homme de la ville (juif) vient chercher le gamin dans son dernier refuge. La manière dont c'est mis en scène est vraiment très très ambiguë...

   P.S.

   A la fin, on nous montre l'homme dont la vie a inspiré le roman puis le film. Très âgé, il habite aujourd'hui en Israël. Ce procédé a tendance à se généraliser dans les films biographiques consacrés à des anonymes dont le destin a été bouleversé par le cours de l'histoire. (On a pu le vérifier récemment dans A la vie.)

   C'est peut-être aussi un moyen de désarmer le scepticisme de certains spectateurs, échaudés par la tromperie dont Survivre avec les loups avait été l'objet.

15:27 Publié dans Cinéma, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

dimanche, 04 janvier 2015

Coming Home

   Je n'avais pas vu un film de Zhang Yimou depuis La Cité interdite, qui m'avait laissé sur ma faim. Mais, la présence au générique de Gong Li et le contexte de la Révolution culturelle m'ont incité à tenter l'expérience.

   L'histoire se divise en deux temps principaux. La première partie prend place sans doute à la fin des années 1960, alors que la Révolution culturelle fait rage. L'époux de l'héroïne (un "intellectuel bourgeois") s'est échappé de son lieu de déportation et tente de reprendre contact avec elle et avec sa fille, qui ne l'a plus vu depuis ses trois ans. La reconstitution est soignée et le cinéaste réussit à mettre en scène l'encadrement de la population par le Parti communiste. Un véritable chantage est exercé sur la fille, qui voudrait devenir danseuse. Deux séquences sont particulièrement marquantes : celle du retour de l'époux, un soir de pluie, et celle de la gare, trop mélo toutefois.

   Le deuxième époque s'étend sur la fin des années 1970 et le début des années 1980. L'ambiance a changé dans le pays. L'époux (Chen Daoming, très bien) est de retour mais il s'aperçoit très vite que sa femme est victime d'une amnésie sélective (dont on ne découvre la véritable cause que beaucoup plus tard). Si la répétition des scènes de gare est un peu lassante (l'héroïne attend toujours le retour de son époux, qu'elle n'a pas reconnu), l'insertion dans l'intrigue de la lecture des lettres non envoyées est une très bonne idée. La qualité du jeu des acteurs est particulièrement perceptible dans la scène du piano, que je me garderai bien de raconter.

   L'histoire se poursuit jusqu'à l'époque récente. Si les effets mélodramatiques sont trop appuyés à mon goût, l'ensemble se laisse voir sans déplaisir.

15:24 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

samedi, 03 janvier 2015

Nature

   Après le succès de Sur la terre des dinosaures, qui, en France, avait attiré environ 500 000 spectateurs l'an passé, la BBC s'est à nouveau lancée dans le long-métrage documentaire.

   Tournées dans plusieurs pays d'Afrique, les images mettent en scène les habitants de différents milieux naturels. Cela commence par la forêt tropicale, où l'on découvre divers insectes, en particulier les fourmis noires, très voraces. Mais c'est sur les gorilles que l'attention se porte le plus longtemps. Ils sont superbement filmés... et si proches des humains :

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   Une autre séquence marquante est celle qui a été filmée autour d'un grand lac, où se réunissent chaque année des milliers de flamants. En consommant une algue spécifique, ils vont petit à petit rosir. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à un autre documentaire (superbe), Les Ailes pourpres.

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   Plus loin, c'est le désert (celui du Namib) qui est mis à l'honneur. On y suit un caméléon et un lézard qui tentent d'attraper différentes proies. Le second rencontre beaucoup de succès auprès du jeune public en raison de la chorégraphie qu'il exécute avec ses pattes, tant le sable est chaud. Il doit cependant se méfier du calme apparent du désert, qui cache parfois un prédateur comme la vipère :

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   Du désert, on passe aux plaines arides, où évolue une faune plus imposante : les éléphants... et les lions. De manière assez classique, les pachydermes sont présentés sous un angle positif, en famille. La quête de l'eau et de la nourriture motive leurs déplacements. Ils sont surveillés de près par les gros matous (hélas pas aussi bien mis en valeur que dans Félins). Les femelles sont évidemment les chasseuses. Elles s'occupent aussi des petits :

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   Du côté des cours d'eau, on rencontre des ruminants, les gnous, qui doivent choisir entre la soif qui les tenaille et le danger qui les menace au bord de l'eau : une attaque des crocodiles (très impressionnants).

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   Des cours d'eau, on passe aux mers et océans, avec des images toujours aussi superbes (même en 2D). On suit différents groupes d'animaux, les plus photogéniques étant les poissons-lions :

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   Ce n'est pas nouveau nouveau (notamment pour ceux qui ont vu Océans), mais c'est un grand plaisir des yeux et le commentaire dit par Lambert Wilson n'est pas trop envahissant. De surcroît, on nous annonce régulièrement quelle espèce apparaît à l'écran.

   La dernière partie africaine du documentaire nous emmène sur le mont Kenya où, dans la même journée, l'hiver succède à l'été. Les plans "minéraux" sont magnifiques. J'ai aussi trouvé très touchants les singes velus qui peuplent ces lieux particulièrement ventés. L'une de leurs principales activités consiste à mutuellement s'épouiller.

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   Le film aurait pu s'arrêter là. Mais non, il a fallu qu'on nous balance des enfants à l'écran. On en voit donc plusieurs s'amuser, l'été, sur une place garnie de jets d'eau. C'est le type même de la fausse bonne idée : alors que la plupart des séquences animales nous ont précédemment démontré la préciosité de la ressource en eau, le documentaire s'achève sur un exemple de gaspillage (sans le dénoncer, bien sûr) ! C'est vraiment dommage, parce que cela donne l'impression que pour les auteurs, la possibilité de faire de belles images est plus importante que la préservation de cette incroyable biodiversité.

17:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinema, cinéma, film, films

jeudi, 01 janvier 2015

Les "Riton" 2014

   L'année écoulée fut, elle aussi, riche en aventures cinématographiques. Là encore, plutôt que d'administrer le sempiternel palmarès en dix films (une aberration cinéphilique inventée pour tenir dans un petit article de presse), je propose un florilège de ce qui m'a le plus plu, dans les salles obscures.

   Dans la catégorie "les (bonnes) comédies embellissent notre vie"

- Riton du film romantique aux dialogues incisifs : Magic in the Moonlight

- Riton de la meilleure comédie allénienne : Apprenti Gigolo

- Riton de la comédie transalpine (de cheval) : Palerme

- Riton de la révélation comique française : Babysitting

- Riton de la comédie populaire : La Famille Bélier

- Riton de la comédie équine : Des chevaux et des hommes

- Riton de la comédie scandinave : Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (un bon candidat au titre de meilleur film de l'année)

- Riton de la comédie sociale britannique : Pride

- Riton de la comédie familiale : Paddington

 

   Dans la catégorie "les animations sont parfois bien mieux conçues que les films"

- Riton de l'animation humoristique : Minuscule

- Riton de l'animation parodique : La Grande Aventure Lego

- Riton de l'animation jouant sur plusieurs niveaux de compréhension : Les Boxtrolls

- Riton du Disney de l'année : Maléfique

- Riton de l'animation pour "grands" : Patéma et le monde inversé

- Riton de l'animation qui ne prend pas les enfants pour des imbéciles : Les Fantastiques Livres volants de M. Morris Lessmore

- Riton de l'animation musicale : Le Piano magique

 

   Dans la catégorie "certains documentaires sont faits pour être vus au cinéma"

- Riton du documentaire intello et déjanté : Conversation animée avec Chomsky

- Riton du documentaire animalier : Grizzly

- Riton du documentaire conceptuel : Shirley

- Riton de l'hommage photographique : Le Sel de la Terre (une des plus belles réussites visuelles de l'année)

- Riton du documentaire biographique : A la recherche de Vivian Maier (un de mes coups de coeur)

- Riton du documentaire agricole : Les Chèvres de ma mère

- Riton du documentaire spirituel : Le Temps de quelques jours

- Riton du documentaire proche-oriental : Dancing in Jaffa

 

   Dans la catégorie "fictions en prise sur leur époque"

- Riton de la fable orientale : Girafada

- Riton du film israélien : Bethléem

- Riton du film qui dérange : 24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi (Ce n'est certes pas un chef-d'oeuvre, mais encore moins un navet... et, à ma connaissance, il n'a pas été programmé à Rodez.)

- Riton de la dénonciation poétique de l'islamo-fascisme : Timbuktu

- Riton du film sur la cruauté du monde actuel : White God (un autre bon candidat au titre de meilleur film de l'année)

- Riton du film sur les conséquences de la perte des valeurs : Terre battue

 

   Dans la catégorie "films à caractère historique"

- Riton du film dénonçant l'exploitation de l'homme par l'homme : 12 Years a Slave

- Riton du film dénonçant l'exploitation de la femme par la femme : Philomena

- Riton du film dénonçant l'exploitation des enfants : Le Grand Cahier (un film très dur, mais incontestablement l'un des meilleurs de l'année 2014)

- Riton du film évoquant un aspect méconnu de la Seconde guerre mondiale : Les Vivants

- Riton de la plus belle épure philosophico-historique : Ida (mon 2e ou 3e film de l'année écoulée, en concurrence avec White God, mais quand même derrière celui dont je parlerai plus loin)

- Riton du film de Guerre Froide : D'une vie à l'autre

- Riton du film balkanique : Circles (encore un potentiel "meilleur film de l'année")

 

   Dans la catégorie "films de genre"

- Riton du western : The Salvation

- Riton du film de frontière : The Homesman

- Riton du film de l'outback : The Rover (sans doute dans le top 10, lui aussi)

- Riton du film de vendetta : Blue Ruin

- Riton du film de baston : Equalizer

- Riton du polar pervers : Gone Girl (aurait pu être le film de l'année, s'il avait été un peu plus resserré... et si le personnage principal avait été interprété par un meilleur acteur que Ben Affleck)

- Riton du film au scénario le plus délicieusement alambiqué : Enemy

- Riton du thriller français : La prochaine fois, je viserai le coeur (avec Guillaume Canet bien parti pour le César du meilleur acteur)

- Riton du thriller culinaire : Amours cannibales

 

   Dans la catégorie "films inclassables"

- Riton de l'aventure familiale : Vie sauvage (avec Mathieu Kassovitz, un concurrent sérieux pour G. Canet)

- Riton de la fiction expérimentale : Boyhood

- Riton de la crise existentielle : Chemin de croix (une des "grandes claques" de l'année)

- Riton du film inspiré : Noé

- Riton du portrait de famille : Un Eté à Osage County

- Riton du portrait hollywoodien : Maps to the stars

- Riton du portrait d'adolescents : Leçons d'harmonie (pas loin du top 10)

 

   Et enfin, voici, inclassable parmi les inclassables, le meilleur film de l'année 2014 (pour moi), excellent aussi bien au niveau du scénario que des dialogues, de la mise en scène, de la photographie et du jeu des acteurs... voici donc... The Grand Budapest Hotel.

 

   Archives :

- les Riton 2013

- les Riton 2012

- les Riton 2011

- les Riton 2010

- les Riton 2009

- les Riton 2008

- les Riton 2007

- les Riton 2006

15:41 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mercredi, 31 décembre 2014

Les Pingouins de Madagascar

   Je me demande si le public français est le seul à avoir été induit en erreur par le titre. Etant donné qu'une partie de l'action se passe en Antarctique (au début) et que cette séquence initiale est une parodie de La Marche de l'Empereur, il est évident que, pour leurs créateurs, les héros sont des manchots et pas des pingouins. Problème : en anglais, les premiers sont nommés penguins...

   Ce "Penguins Origins" n'en est pas moins savoureux. Il m'a mis dans de bonnes dispositions, alors que j'étais sorti assez mécontent de Madagascar 3. Cerise sur le gâteau, à un moment, le Commandant avoue en avoir marre de la chanson-vedette associée au film qui les a fait connaître (I like to move it...).

   Hélas, très vite, cet effort d'autodérision est ruiné par une pique francophobe (sorte de marque de fabrique de certaines productions DreamWorks...). Ainsi, lorsque les manchots tentent de prendre le bon avion pour retrouver le méchant, ils se retrouvent à bord d'un vol à destination de Paris. Cela suscite une réaction de rejet du Commandant, qui déclare : "Là-bas, ils vont nous plumer avec leurs impôts !" Quand la connerie états-unienne rejoint la mentalité beauf...

   Heureusement, on nous a épargné ce genre de saillie dans la suite des événements. Le film prend la forme d'une parodie de James Bond, avec des séquences d'action à gogo, notamment une poursuite démentielle à Venise. On appréciera aussi la représentation caricaturale des super-espions (visiblement des agents de la CIA)... finalement moins efficaces que notre bande de branquignols en noir et blanc.

   J'ai beaucoup aimé le second degré des dialogues et les ruptures de ton, comme lorsque le chef des méchants tente de communiquer avec les espions, après avoir piraté leur système de transmission.

   Le problème est qu'une bonne partie de l'humour comme de l'intrigue passe au-dessus de la tête de la marmaille que des parents inconscients ont emmenée voir ce film. En dépit des cascades et des nombreux gags "basiques", c'est plutôt destiné à des enfants déjà bien éveillés. Et 1h30, c'est finalement un peu long pour ce produit dérivé.

23:32 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

mardi, 30 décembre 2014

Quand vient la nuit

   Michael R. Roskam s'est fait remarquer en 2012 par le formidable Bullhead (dont on retrouve d'ailleurs l'acteur principal, Matthias Schoenaerts, dans un rôle plus secondaire). Il a gagné son ticket pour Hollywood. Il est ici chargé de l'adaptation d'une nouvelle de Dennis Lehane (dont l'un des romans a inspiré naguère le Shutter Island de Martin Scorsese).

   L'action se déroule dans les bas-fonds de New York, là où sévit la pègre tchétchène. Chacun des personnages principaux a quelque chose à cacher. Il y a Marv, le gérant du bar dont il a jadis perdu la propriété. Sous ses airs bonhommes se cache un homme blessé. Dans son dernier rôle, James Gandolfini est impeccable.

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   A ses côtés se trouve son cousin Bob (Tom Hardy, un acteur à suivre). C'est un gars taciturne, modeste, qui ne cherche pas d'histoire. De prime abord, on pourrait même le prendre pour un demeuré. Un soir, il trouve un chiot dans une poubelle. Cette découverte va changer sa vie.

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   Le chiot lui permet de faire la connaissance de Nadia, une serveuse à peine plus causante que lui, et qui semble avoir un lourd passé. Noomi Rapace excelle à restituer la combinaison de force et de fragilité de son personnage.

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   Et puis il y a Eric, ce petit truand que l'on soupçonne d'avoir dézingué un mec, il y a environ dix ans. Il est un peu dingo et très arrogant. On le croit capable de tout... et c'est Matthias Schoenaerts qui s'y colle. Il faudrait aussi parler des mafieux tchétchènes, des policiers qui comptent les coups entre les truands et des employés du coin, qui viennent se saouler chez Marv.

   Petit à petit, les secrets de chacun sont révélés. L'intrigue se complaît toutefois un peu trop à laisser ses personnages patauger dans la merde des bas-fonds. Cela donne un film très noir, avec un poil d'optimisme. L'ambiance est bien campée, les acteurs très bons. Du coup, dans la salle, le public est saisi... même le groupe de djeunses que j'ai eu la surprise de voir débarquer. Comme quoi, ça vaut le coup de programmer un polar art et essai, à Rodez, en version originale sous-titrée !

23:03 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films

White God

   Certains spectateurs se trompent lorsqu'ils donnent le titre de ce film. Influencés par son contenu (et peut-être par un reste de dyslexie), ils demandent une place pour White Dog. L'histoire tourne donc autour des chiens, des mauvais traitements que différents humains leur font subir... et de leur révolte. De ce point de vue, le propos est assez proche de ce qui était dit dans une animation des années 1980, The Plague Dogs.

   Mais ce "dieu blanc" est aussi tout simplement l'homme blanc, celui qui se croit supérieur aux autres. A l'image du procédé utilisé dans La Planète des singes, les chiens sont des substituts d'humains considérés comme inférieurs et traités comme tels.

   La première séquence (saisissante) montre la ville de Budapest, vide, et une meute de chiens qui semble poursuivre une jeune fille à vélo. On se croirait dans un film d'horreur de George Romero. Mais, dans un premier temps, on ne sait pas comment la séquence se conclut.

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   Le retour en arrière permet de donner plus d'épaisseur à l'intrigue. S'y greffe une histoire familiale, dans la Hongrie contemporaine. La vie quotidienne est difficile, y compris pour l'enseignant, contraint de travailler dans un abattoir pour préserver son niveau de vie. Son épouse l'a quitté pour un mec plus jeune et visiblement plus friqué. Elle lui amène leur fille Lili. (En fait, elle s'en débarrasse pour trois mois...) Entre la gamine, élevée hors de Hongrie, à l'occidentale, et le père traditionaliste, c'est un peu le choc des cultures... d'autant plus que la gamine apporte avec elle un chien, nommé Hagen. La père n'aime visiblement pas ce genre d'animal et, de surcroît, ceux qui ne sont pas de "race pure" doivent être livrés aux autorités, ce qu'une voisine pète-sec se charge de lui rappeler.

   Comme on peut le constater, la vie est triste dans ce Budapest de fiction. Même à l'école de musique, où la gamine espère s'épanouir (elle joue de la trompette), l'ambiance n'est pas des plus amicales. Heureusement qu'elle a son chien, mignon tout plein. Mais elle va le perdre.

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   A partir de là, le film se poursuit du point de vue des animaux (qui ne parlent pas ; on reste dans une optique réaliste). Le gentil Hagen va découvrir à quel point les humains peuvent être fourbes et cruels, ne pensant qu'à leur intérêt immédiat. Cela va des agents de la fourrière au sans-domicile-fixe, en passant par les types louches qui organisent des combats de chiens. Certaines scènes sont à la limite du soutenable, à tel point que j'ai vu des spectateurs quitter la salle (et pourtant, c'était à l'ABC de Toulouse, où les gens sont sensés savoir ce qu'ils viennent voir).

   Précisons tout de suite que ces scènes sont simulées. Dans le générique de fin (comme dans le dossier de presse, téléchargeable sur le site du distributeur Pyramide), il est clairement précisé qu'aucun animal n'a été maltraité durant le tournage. Techniquement, outre quelques effets spéciaux, le réalisateur a fortement usé du champ-contre-champ et de scènes coupées, le montage et l'imagination des spectateurs faisant le reste. C'est dire l'efficacité de la mise en scène.

   Les "acteurs principaux" canins ont été très bien dressés et guidés sur le tournage. (Luke et Body, qui incarnent Hagen, ont d'ailleurs reçu la Palm Dog 2014, à Cannes, où le film a décroché le prix "Un Certain Regard".) Le résultat est impressionnant. Le dernier tiers du film montre la révolte des chiens et la vengeance de Hagen, qui incarne désormais une sorte de tueur en série. Je me garderai bien de révéler comment tout cela se termine. L'intrigue ménage encore quelques surprises.

   C'est un film à voir si vous en avez l'occasion et, pour moi, c'est l'un des meilleurs de 2014.

14:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, cinema, film, films